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Full text of "Mélanges Graux"

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ASHMOLEAN MUSEUM 
LIBRARY 
Deposited by Brasenose Collège 
1950 

r 

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MÉLANGES GRAUX 



RECUEIL DE TRAVAUX 

D'ÉRUDITION CLASSIQUE 



1CKLAN0S8 ORAUX. a 



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PARIS 

TYPOGRAPHIE GEORGES CHAMEROT 

19, RUB DBS SAINTS-pftRBS, 19 



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4 




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MÉLANGES GRAUX 



RECUEIL DE TRAVAUX 

D'ÉRUDITION CLASSIQUE 

DÉDIÉ A LA MÉMOIRE 

DE 

CHARLES GRAUX 

MAITRB DK CONFBRBNCBS a L'bCOLB pratique DBS HAUTES ETUDES 
ET A LA FACULTÉ DES LETTRES DE PARIS 
BIBLIOTHECAIRE A LA BIBLIOTHEQUE DE L'UNIVERSITÉ 

Né à Yerwimm la 23 novembre 1852, mort à Parif le 13 janvier 1882 




PARIS 

ERNEST THORIN, ÉDITEUR 

NORMALE SUPÉRIEURE 
ET DE ROME 

1884 



g^^lRC DU COLLÈGE DE FRANCE, DE L'ÉCOLE 
DES ÉCOLES FRANÇAISES D'ATHÈNES 

7, RUE DE MÉDICIS, 7 



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TABLE 

DES COLLABORATEURS ET DES ARTICLES 



Pâges. 

BENOIST (EuoèNR), professeur de poésie latine à la Faculté des lettres de 

Paris. — Le Plaute de François Guiet 461 à 480 

BERGAIGNE (Abel), chargé du cours de langue et littérature sanscrite à la 
Faculté des lettres de Paris, maUre de- conférences de langue sanscrite à 
rÉeole pratique des hautes études. — La place de l'adjectif épithète en 
vieux français et en latin « 533 à 543 

BERGER (Phiuppb), sous-bibliothécaire de l'Institut. —iifca^ne. . . * • 611 à 619 

BEURLIER (L*abbé Éicilb), ancien élève de TÉcole pratique des hautes 
études, maître de conférences à Flnstitut catholique de Paris. — Campi- 
doctores et campiductores. 297 à 303 

BEURUER. — Voir DESJARDINS. 

BLASS (Frédéric), professeur de philologie classique à l'Université de Kiel. 

— De Archytae Tarentini fragmentis mathematicis 573 à 584 

BOISSIER (Gaston), membre de T Académie française, professeur de poésie 

latine au Collège de France. — Les Prologues de Térence 79 à 86 

BOUCHÉ-LECLËRCQ (Auguste), professeur suppléant d'histoire ancienne à 

la Faculté des lettres de Paris. — Chorographie astrologique 341 à 331 

BRÉAL (Michkl), membre de Tlnstitut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), professeur de grammaire comparée au Collège de France. — Le 
nom propre Mixxo; 545 

BRUNS (Ivo), docent à l'Université de Gôttingen. — Un chapitre d'Alexandre 

d'Aphrodisias sur Vàme 567 à 572 

CAVALLIN (Christian), professeur de langue et littérature grecques à TUni* 

Tertité de Lund. — De Homerica forma geneiivi in -oio. 537 à 566 

CHATELAIN (ÉmIlé), maître de conférences de philologie latine à TÉcole pra- 
tique des hautes études, bibliothécaire à la Bibliothèque de TUniversité. ^ 
Jtêcherehês sur un manuscrit célètfre de Sidoine Apollinaire 321 à 327 

CLERMONT^GANNEAU (Charles), correspondant de Tlnstitut, secrétaire- 
interprète du^uvemement, directeur-adjoint à TEcole pratique des hautes 
études. — Un chapitre de l'histoire de VA B C, Origine des caractères com^ 
pUmentaii es de l'alphabet grec : Y 4) X Y H 415 à 460 

COBET (Charles-Gabriel),. professeur de grec à l'Université de Leyde, — M 



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vr MÉLANGES GRAUX. 

Page» 

memoriam optimi viri Charles Graux (sur quelques passages corrompus 

et interpolés d'Hérodote) là 5 

COELHO (F.- Adolphe), professeur de linguistique au Cours supérieur des 
lettres de Lisbonne. — Sur la forme de quelques noms géographiques de la 
péninsule ibérique 231 à 233 

COMPARETTI (Dominique), professeur de littérature grecque à Tlnstitut 

supérieur de Florence. — Sur me inscription d'Halicamasse 175 à 185. 

CORDIËR (Henri), chargé de cours à VÉcole spéciale des langues orientales 
vivantes, directeur de la Revue de l'Extrême Orient. — De l'origine des 
noms que les Chinois ont donnés à l'empire romain 719 à 721 

CROISET (Alfred), professeur-adjoint, directeur d'études pour les lettres 
et la philologie à la Faculté des lettres de Paris. — Essai de restitu- 
tion d'un passage de l'Éloge d'Hélène attribué à Gorgias 127 à 132 

GROS (Henry), statuaire et peintre, et HENRY (Charles), bibliothécaire à la 
Bibliothèque de l'Université, à Paris. — Critique de quelques textes se rap- 
portant à la peinture à l'encaustique 643 à 649 

DARESTE (Rodolphe), membre de l'Institut (Académie des sciences morales 
et politiques), conseiller à la Cour de cassation. — Cicéron, Pro 
Flacco, XXIX-XXXn 7àl2 

DELISLE (Lêopold), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
belles-lettres), administrateur général de la Bibliothèque nationale. — Notes 
sur les ancieîines impressions des classiques latins et d'autres auteurs con- 
servées au Xr» siècle dans la librairie royale de Naples 245 à 296 

DERENBOURG (Hartwio), professeur d'arabe littéral à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes. — Les mots grecs dans le livre biblique de 
Daniel 235 à 244 

DESJARDINS (Ernest), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et 
l>elles-Jet(res), professeur-suppléant d'épigraphie et antiquités romaines au 
Collège de J''rance, et la conférence de seconde année d'antiquités romaines 
à l'Ecole pratique des hautes éludes (MM, Gellens-Wilford, Beurlier). — 
Nouvellcsmobservations sur les légions romaines y siw les officiers inférieurs 
et les emplois divers des soldats 671 à 687 

DUCHESNE (l'abbé Louis), professeur à l'Institut catholique de Paris. — Les 
documents ecclésiastiques sur les divisi07îs de l'empire romain au quatrième 
siècle 133 à 141 

DU JARDIN (P.), à Paris. Héliogravures (portrait de Charles Graux, et huit 
planches pour les articles de MM. Gardthausen, Omont, S. Reinach, Ruelle, 
Schoene, Thewrewk de Ponor). 

EGGER (Emile), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles- 
lettres), professeur d'éloquence grecque à la Faculté des lettres de Paris. 
Question homérique : manquât-il un épisode dans le récit que fait Homère 
des voyages de Télémaque à la recherche de son père ? . 35 à 39 

FOERSTER (Richard), professeur de philologie et d'archéologie à l'Univer- 
sité de Kjel. — Libanii et Choricii fragmenta 629 à 641 

FOURNIER (Eugène), docteur en médecine et ès sciences naturelles, à Paris. 

— Éclaircissement d'un passage d'Athénée 21 à 22 

GARDTHAUSEN (V.), professeur à l'Université de Leipzig^ — Différences 
provinciales de la minuscule grecque. — Avec* deux héliogravures de 
M. Dujardin. 731 à 736 



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TABLE DES COLLABORATEURS ET DES ARTICLES. vu 

Pages. 

OELLENS-WILFORD. — Voir DESJARDINS. 

GSRTZ (Martin-Clarsnce), professeur de philologie latine et grecque à 

rUniversité de Copenhague. — Emendationes Annaeanae 353 à 379 

OOMPERZ (TaicoDORB), professeur de philologie classique à TUniversité de 
Vienne (Autriche), membre de l'Académie impériale de Vienne. — Une 
dizaine de noies critiques 49 à 53 

HALEVY (Josra>H), maître de conférences de langues éthiopienne et himyari- 
tique à TEcole pratique des hautes études. — Les principes cosmogoniques 
phéniciens IldOo; et Mwt 55 à 61 

HAUPT (Hbrman), D' phil.,de la Bibliothèque de l'Université, â Wûrzburg. 

— La marche d'Uannibal contre Rome en 211 23 à 34 

HA VET (Louis), suppléant au Collège de France, maître de conférraces à 
rÊcole pratique des hautes études et à la Faculté des lettres de Paris, 
Ton des directeurs de la Revue critique d'histoire et de littérature. — 
Les fautes issues de corrections dans les manuscrits de Nonius, . . . 803 à 814 

HEIBERO (Jban-Louis), D' phil., à Copenhague. — Archimedis icep\ o^oufiévcov 

/lAer 7, graece restituil 689 à 709 

HENRY. - Voir CROS. . 

HSRWERDEN (Henri van), professeur de philologie classique àlllniversité 

d'Ulrccht. — Animadversiones criticae et philologicae ad Euripidem. 187 à 223 

HUMPHREYS (Hilton W.), professeur à Vanderbilt University, à Nashville, 
Tennessee. — Observations sur Thucydide, I, :lï, 711 à 717 

JACOB (Alfred), maître de conférences de philologie grecque à TÉcole 
pratique des hautes études. — Le classement des manuscrits de Diodore de 
Sicile 525 à 531 

JULLIAN (Camille), ancien membre de l'École française de Rome, chargé 
de coars à la Faculté des lettres de Bordeaux. ~ Les limites de Vltali^ sous 
f empire romain . à 126^ 

LALLIER (Roger), professeur à la Faculté des lettres de ToulouU« chargé 
de conférences à la Faculté des lettres de Paris. — Note sur la trùgtdis de 
Uvius Andronicus intitulée Equos Troianus 103 à 109 

LAMBROS (Sptridion P.), inspecteur général de Tinstruction primaire, pro- 
fesseur agrégé d^histoire grecque et de paléographie à l'Université d'Athè- 
nes. — Notes épigraphiques et paléographiques 621 à 628 

LA VISSE (Ernest), professeur-adjoint, directeur d*études pour Thistoireà 
la Faculté des lettres de Paris, maître de conférences à TÉcole normale 
supérieare. — Charles Graux xiàL 

LEBÉGUE (Henri). — Index alphabétique des matières 817 à 824 

LOEWE (Peu Qustwe), Dr. phil., de la Bibliothèque de l'Université, à 
Odttingen. — Contributions à la critique des gloses aabavus » (cod. Pari- 
sinus 7690) 767 à 779 

MAASS (Ernest), docent à l'Université do Berlin. — Observationes palaeo- 

grapMcae 749 à 766 

MADVIG (Jean-Nioolas), ancien professeur de philologie à l'Université de 
Copenhague, membre étranger de l'Institut de France. — Fragmenta ali- 
quotpoetarum graecorum, quae apud Athenaeum exstanf, emendata. . 71 à. 78 

MARTIN (Albert), maître de conférences à la Faculté des lettres de Nancy. — 
Notice sur les manyacrits grecs de la Bibliothèque Classense, à Ravenne. 553 à 556 



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VIII MÉLANGES GRAUX. 

Pagei. 

MENDELSSOHN (Le conseiller d*État Louis} , professeur de philologie 
classique à l'Université de Dorpat. — De Ciceronis episiidarum codice 
Tw-onensi iOO à 173 

MISTCHENCO (Théodore), professeur agrégé à l'Université de St- Vladimir, 

à Kiev. — Sur la royauté homérique, 159 à 162 

MOMMSEN (Théodore), membre de l'Académie royale de Berlin, correspon- 
dant de l'Institut de France, professeur à l'Université de Berlin. Officia' 
Hum etmilitum Romanorum sepulcretum Carthaginieme 505 à 513- 

HOWAT (Robert), membre résidant de la Société nationale des antiquaires 
de France, à Paris. — Le Tombeau d'un légat propréteur d'Aftnque, à Arles. 
Origine du hom de la Camargue 63 à 10^ 

MUELLER (Charles-Conrad), phil,, de la Bibliothèque de l'Université, à 

Wûrzburg. — Sur les manuscrits de Polyen 723 à 729 

NICOLE (J^jles), professeur de langue et de littérature grecques à l'Uni- 
versité de Genève. — Le poète tragique Carcinus et ses fils dans la para- 
base de la Paix d'Aristophofie . . 163 à 167 

NOLHAC (Pierre de), ancien élève de l'École pratique des hautes études, 

membre de l'École française de Rome. — Lettres inédites de Muret, 381 à 403 

OMONT (Henry), de la Bibliothèque nationale. — Inventaire sommaire des 
manuscrits grecs des bibliothèques Mazarine, de t Arsenal et Sainte^ 
Geneviève, à Paris. — Avec une héliogravure de M. Dujardin 305 à 320 

REINÀCH (Salomon), ancien membre de l'École française d'Athènes^, à Paris. 

— Les terres cuites de Smyme et la statuaire du quatrième siècle. — Avec 

une héliogi^avure de M. Dujardin 143 à 15^ 

REINACH (Théodore), avocat à la Cour d'appçl, à Paris. — Siir un artifice 

de modulation rythmique employé par les poètes grecs 225 à 229 

RIEMANN (Othon), maître de conférences à l'École normale supérieure. 

L'i question de V aoriste grec. . , . ... . . . 583 à 599 

ROBERT (Pierre-Charles), membre de l'Institut (Académie des inscriptions 
et belles-lettres), à Pans. — Inscriptions laissées dans une carrière de la 
haute Moselle par des légions romaines 329 à 34 

ROBERT (Ulysse), inspecteur général des bibliothèques. ^ Notice paléogra- . 
phique sur le manuscrit de Prudence, 8084 du fonds latin de la Biblio- 
thèque nationale 405 à 413 

ROBIOU (Félix),, correspondant de l'Institut et de la Société des antiquaires de 
France, professeur de littérature et institutions grecques à la Faculté des 
lettres de Rennes. — De quelques monuments gréco-égyptiens du Louvre. 60 1 à 609 

ROCHAS D*A1GLUN (A. de), commandant du génie, à Blois. — Traduc- 
tion du Traité des MacAines d'Athénée 781 à 801 

RUELLE (Charles-Émilb), bibliothécaire à la bibliothèque Sainte-Geneviève. 

— Notice du codex Marcianus 246 , contenant le traité du philosophe Da- 
mascius sur les premiers principes. — • Avec une héliogravure de M. Du-" 
jardin 547 à 5S2 

SAUSSURE (Ferdinand de), maître de conférences de gothique et \*ieux- 
haut-allemand à l'École pratique des hautes études. ■- Une loi rytlmiique de 
la langue grecque 737 à 748 

SCHËNKL (Charles), professeur de philologie classique à TUniversité de 
Vienne (Autriche).— De codicibus quibus in Xenophontis HieiH>ne recensendo 
utimur m à 120 



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TABLE DES COLLABORATEURS ET DES ARTICLES. ix 



SCHOENE (Alfr«d), D*" phil., ancien professeur de faculté aux universités 
de Leipzig et d'Ërlangen, actuellement à Paris. — De hoo^atis papyro 
Massiliênsi {hoa\ or. Il ad Nicociem, paragr. 1-30). — Avec deux hélio- 
gravures de M. Dujardin • 481 à 504 

SCHWARTZ (Edouard), D' phil., membre correspondant de l'Institut archéo- 
logique allemand de Rome, à Gdttingen. — De quibusdam scholiis in Eu- 
ripidit Àndroniachen 651 à 657 

SUSEMIHL (François), professeur de philologie classique à l'Université de 
Greifswald. — De Rhetoricorum Arisioteleoinim liàiv primo quaestiones 
eriticae 87 à 96 

THÉDENAT (Henri), ancien directeur du collège de Juilly, membre résidant 
de la Société nationale des antiquaires de France, à Paris. — Sur une 
inscription inédite conservée au municipe de Tarente 515 à 524- 

THEWREWK DE PONOR (Émilb), professeur de philologie classique à lUni- 
versité de Budapest. — Codex Festi breviati Trecensis. — Avec une hélio- 
gravure de M. Dujardin 659 à 669 

THOMAS (Émilb), professeur de littérature latine à la Faculté des lettres de 
Douai. — Note sur un Gemblacensis aujourcThui à Bruxelles, n° 534S-5352, 



THOMAS (Paul), professeur d'histoire et de littérature anciennes à l'Université 

de Oand. — Un commentaire du moyen âge sur la Rhétorique de Cicéron. il à 45 

THUROT (Feu Charles). Son adhésion au projet du présent recueil, . . 815 et 816 

VITELLI (Jérôme), professeur de paléographie et de langue grecque à Tlnsti- 
tat supérieur de Florence. — Ad Euripide e Sofoçle [Eur. Hipp. 115. 441. 
Soph. Frgm. 609 Dnd.) 97 à 102 

WEIL (Hbkri), membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres), 
dojen honoraire de la Faculté des lettres de Besançon, directeur-adjoint 
des coaférencec de philologie grecque à TEcole pratique des hautes études, 
maître de conférences à l'École normale supérieure. — D'un signe critique 
dans ie meilleur manuscrit de Démoslhène 13 à 20 



M. le Directeur de rimprimerie Nationale a bien voulu associer ce 
grand établissement à Tœuvre entreprise par les amis de Charles 
Graux. Les bois qui ont servi à illustrer l'article de M. de Rochas ont 
été prêtés par Tlmprimerie Nationale à titre gracieux. Les parties de 
Tarticle de M. Scboene imprimées en caractères grecs spéciaux ont été, 
par permission particulière, composées à Tlmpriraerie Nationale. 



Pagei. 



Xlh siècU 



47 à 48 



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Les feuilles 1 à 4 des Mélanges Graux ont été tirées le 2 novembre 1882. 





5 et 6 




23 — 




7 à 12 




15 janvier 1883. 




13 et 14 




9 février. 




15 à 19 




19 mars. 




20 à 22 




3 août. 




23 à 31 




17 novembre. 




32 et 34 




19 — 




33 et 35 




8 janvier 1884. 




36 à 39 




18 — 




40 




12 février. 




41 - 




15 — 




42 et 43 




18 — 




44 à 46 




19 - 




49 à 51 




20 - 




47 et 48 




26 mars. 




52 




29 — 




rt, b, c, d. 




29 - 



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CHARLES GRAUX 



Charies Graux est né à Vervins (Aisne), le 23 novembre 1852. Fils unique, 
après le décès d'une sœur morte en 4856, son éducation fut considérée par 
ses parents comme le grand devoir de leur vie et le premier mot de cette 
biographie doit être un hommage rendu au père de Charles Graux; car 
M. Henri Graux a découvert chez son fils, pour les cultiver avec une suile 
admirable, les qualités qui devaient faire de lui l'homme dont la trop courte 
existence nous a laissé de si beaux exemples (i). 

Au mois d'octobre i858, Charles Graux commençait ses études primaires 
dans une école libre de Vervins (2). C'était une de ces modestes maisons qui 
rendent de grands services, lorsqu'elles sont dirigées par un maître assez éclairé 
pour voir ce qu'il peut faire , assez sage pour ne vouloir faire que ce qu'il 
peut. Uu enseignement primaire complet, comprenant la langue et la littéra- 
ture française, l'histoire, la géographie, le dessin linéaire et les premiers 
éléments des sciences était donné à tous les élèves ; ceux qui se destinaient 
aux études secondaires j étaient préparés par des exercices sur les racines 
latines et grecques. Cet enseignement était donné simplement, selon les règles 
d'une méthode réfléchie. Charles Graux profita de ces premières leçons, 
comme il devait profiter de toutes celles qu'il reçut. Ses parents avaient soin 
^e lui faire donner à l'avance, sur les parties les plus difficiles, des leçons 
particulières qui préparaient celles de l'école et les rendaient plus mtelli- 

(1} M. Henri Graux était alors greffier du tribunal de Vervins. Il a cédé sa 
charge en 1876. Bien qu*il n*ait fait que des études primaires, il a pu diriger toutes 
les études de son fils. Il n*a point appris avec lui les langues anciennes et n'est 
jamais entré dans les détails de son travail. Il a fait mieux : il s'est rendu un compte 
exact des règles et de la méthode du travail intellectuel. Il n'a pas eu de peine à y 
plier Tesprit docile de son fils; mais il a eu le mérite de discerner toujours à l'avance 
ce qa*il convenait de faire et d*éclairer par ses informations et ses réflexions le che- 
min qiCil voulait faire parcourir au jeune écolier. Quand Técolier fut devenu un 
maître, le père continua de se faire expliquer tout son travail et à lui donner des 
conseils que Charles Graux demandait toujours dans les circonstances importantes, 
ne voulant rien publier sans que son père eût vu et corVigé les épreuves. Ainsi, 
très instruit de la marche des études philologiques, M. Henri Graux aura son rôle 
dans la publication des œuvres posthumes de son fils. ' 

(i) Cette école était dirigée par M. Courtebotte. 




XII 



MÉLANGES GRAUX. 



gibles. Dans les notes de son premier maître, je trouve ces mots : « Réponses 
nettes, claires et précises..., candeur, naïveté charmante, sincérité, grande 
lucidité d'esprit, ardeur au travail et travail bien ordonné. » Charles Graux 
promettait déjà ce qu'il devait donner. 

Au mois d'août 1862, il quittait Técole primaire. Il avait dix ans moins 
deux mois. 

Son père avait pour maxime que dans la vie il faut, sans jamais se presser, 
ne jamais perdre une minute; aussi apprçuva-t-il l'idée qu'eut Graux de 
demander à.^n jeune élève du collège de Vervins, qui venait de gagner son 
diplôme de bachelier, des leçons de latin pour les vacances d'août et sep- 
tembre 1862. C'est ainsi que Charles Graux fit sa huitième : il entra donc en 
septième au collège. 

Le collège de Vervins, fondé au xvi« siècle par un Coucy (1) et devenu 
collège universitaire après la Révolution, avait vécu péniblement dans la petite 
ville, avec trois ou quatre pensionnaires et une vingtaine d'externes, jusqu'en 
l'année 1851. Profitant alors de la retraite d'un principal septuagénaire, la 
Tille résolut de transformer son collège universitaire en un établissement 
privé, auquel elle donneredt un concours officieux. Elle offrit la direction de 
la maison à M. l'abbé Joseph Tourneux, vicaire à Vervins, et à son frère aîné, 

(1) Voir sur le collège de Vervins une note instructive lue par M. Papillon, le 
3 janvier 1879, à la Société archéologique de Vervins, et publiée dans la Thiérache, 
recueil de cette société. Le collège a été fondé par le « bon prélat » Jean de 
Coucy, protonotaire apostolique, aumônier de François I®', abbé de Bonnefon- 
taine, etc., etc., membre de la famille de Coucy, qui possédait, entre autres sei- 
gneuries, celle de Vervins. Ce Jean de Coucy, troisième fils de Raoul II de Coucy, le- 
quel mourut en 1515, avait été mis par son père u aux escolles à Paris ». Il voulut 
faire goûter à la ville de Vervins les bienfaits de la Renaissance. « Se resentant de 
la vertu de ses ancêtres, comme dit LaloOete, Thistorien de Coucy, qui ont acquis 
tant de gloire et de réputation, mémement en la ville de Vervins, que Tun comme 
un Pyrrhus, a fondée par sa force et sa puissance... lui Ta voulu faire florir et 
estimer par les lettres en bâtissant un collège et temple des Muses, pour instruire 
et enseigner la jeunesse du lieu et da pais par bons et savants précepteurs qu'il y 
doit mettre.., On dira dorénavant par proverbe, pour remarque d'une œuvre insigne 
et de singulière utilité Collège de Vervins^ édifice de Coucy ^ comme on a autrefois 
dit de Hipparcus, pour beaucoup moindre occasion, ayant seulement clos de murs 
Une académie. >» En Tannée 1578, Jean de Coucy donna en effet à la ville de Ver- 
vins, en bonne étrenne^ une maison pour y loger le collège , antérieurement fondé 
par lui à une date incertaine. Le collège vécut jusqu'à la Révolution, d'une exis- 
tence modeste et utile, grâce à la sollicitude de la municipalité, des seigneurs de 
la ville et de l'intendant de Soissons. Au dire de Dupeuty, qui y était régent au 
commencement du xvni^ siècle, ce collège « petit » et qui n'était « rien en appa- 
rence », a toujours été « fécond en gens de lettres »; mais il fournissait surtout des 
recrues à l'Église : a On en voit tous les jours sortir comme du cbeval de Troye, 
ajoute le même Dupeuty, des jeunes gens qui embrassent l'état ecclésiastique. » 
Les régents du collège (il n'y en eut qu'un jusqu'en 1714, et deux depuis cette date) 
étaient prêtres et remplissaient divers offices à l'Eglise. Il est assez curieux que, 
soixante ans après la Révolution, la ville, voulant relever le collège, ait demandé 
ses maîtres à l'église de Vervins. Aujourd'hui le collège n'a plus la prospérité dont 
il jouissait au temps de Charles Graux : le nombre des élèves a considérablement 
diminué. Le bail des abbés Tourneux, d'abord fait pour quinze années, et renouvelé 
pour une égale période en 1871, finira en 1886, et, à ce qu'il semble, ne sera pa» 
renouvelé par la ville. 




LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



liii 



H. fabbé Potydore Tournenz, caré de Caffies depuis dix ans et qui avait 
professé pendant nn an au séminaire dans la classe de cinquième. Avec Tan- 
torisation de révèclié, les deux frères acceptèrent les propositions de la ville. 
Comme ni l'un ni Tautre n'était bachelier et qu'il fallait satisfaire pour le grade 
et pour le stage aux prescriptions de la loi de 1850, la maison fut d'abord placée 
sous la direction nominale d'un professeur de l'ancien collège; les abbés 
Toumeux prirent, l'un ap>ès l'autre, le grade de bachelier ès lettres ; M. l'abbé 
Poljdore Toumeux; ayant le premier accompli son stage, devint en octobre 
1835 supérieur du collège; l'année d'après, un troisième frère, M. l'abbé 
Théophile Toumeux, vicaire d'Origny et bachelier ès lettres, vint rejoindre ses 
aînés. Les trois frères se partagèrent toute la charge de l'enseignement, avec 
le concours de quelques maîtres auxiliaires. Leurs deux sœurs, les demoi- 
selles Toumeux, dirigeaient l'une la lingerie et l'autre la cuisine. En 1855, la 
ville concéda par un bail à cette famille ecclésiastique le vieux bâtiment en 
briques, dont la haute porte flanquée de tourelles rappelle la noble origine. 
Le collège ainsi transformé prospéra: les abbés Toumeux furent secondés 
par les curés des environs; ils avaient quatre-vingts pensionnaires quand 
Charles Graux commença ses études. 

CTest un avantage de ces modestes maisons que l'écolier j appartient 
davantage à sa famille et à lui-même. Il y est vraiment quelqu'un et non point 
une sorte d'être de raison, que l'on force à passer par un certain nombre de 
salles, à la porte desquelles sont écrits des numéros : 7«, 6«, 5« et cxtera, et qui 
doit mériter Vexeat par une présence d'un nombre fixé d'années. Charles Graux 
fit en une seule année sa sixième et sa cinquième ; plus tard, sa rhétorique et sa 
philosophie. A seize ans, il avait terminé ses études secondaires, littéraires et 
scientifiques. Il est vrai qu'elles avaient été bien conduites. Son père lui 
interdisait cette résignation à ne point comprendre, qui est la philosophie de 
tant d'écoliers. Il lui faisait expliquer ses versions, l'arrêtant quaqd le sens 
n'avait pas été bien trouvé : « Je ne comprends pas, tu dois te tromper; 
cherche encore. » Dans ces leçons paternelles, Charles Graux prit l'habitude 
de ne point se payer de mots. 

En même temps ses parents s'emparaient de tous les auxiliaires qui s'of- 
fraient à eux. Au collège, on n'enseignait que l'anglais, mais un employé de 
la recette des finances de Yervins avait épousé une Badoise : cette dame devint, 
sur la prière de U^^ Graux, la première maîtresse d'allemand de l'écolier; 
elle arait un livre de messe allemand : Charles en eut un, et, à l'église, il 
lisait ses prières dans un Missal und Vespéral. Un journal donna un jour 
une annonce de la librairie Lacroix, proposant un abonnement à ce charmant 
journal des familles, die Gartenlaube : Charles y fut abonné. 11 commença donc 
à apprendre l'allemand, sans efforts et comme par récréation. 

Les leçons de grec données au collège n'étaient pas suffisantes : il y fallait 
le secours des traductions interlinéaires; mais à Fontaine-lès- Yervins, petit 
village de quelques centaines d'âmes, vivait un curé qui avait reçu le don 
des langues. Entre toutes, il aimait le grec, et, qui mieux est, il le savait : 
Graux lui présenta son fils, qui, à partir de la troisième, devint l'élève 
de M. le curé Magnier (1); deux fois par semaine, le jeudi et le dimanche, 

(1) M. l'abbé Joseph-Aristide Magnier est né à Tavauz (Aisne) eu 1829; après 




XIV 



MÉLANGES GRAUX. 



Charles prenait le chemin de Fontaine; en seconde, en rhétorique surtout, 
les voyages devinrent plus fréquents; c'est que Técolier lisait Plalon avec 
le maître, et souvent le maître ramenait Técolier jusqu'auprès de la ville, 
en parlant de Platon. Charles Graux fit sa philosophie dans ces entretiens. 

L'étude des sciences n'était pas négligée. Ici encore, Charles eut la fortune 
de rencontrer un maître excellent, M. Rogine, un de ces savants comme on 
en trouve quelquefois au fond de la province : ils se sont formés eux-mêmes ; 
ils n'ont ni les instruments ni les dispositions d'esprit nécessaires pour être 
des inventeurs, mais leur curiosité se satisfait tranquillement par une lecture 
et une étude continuelles, et leur modeste cabinet s'éclaire de la lumière 
qu'envoient de loin les académies, les universités, lout ce qui pense et tra- 
vaille. M. Rogine était l'ami de la maison Graux : c'est chez lui, plus encore 
qu'au collège où il était professeur, qii'il donnait des leçons au jeune écolier. 

Telles furent ces études secondaires, très bien entendues et dont l'objet 
était la formation d'un esprit préparé à la vie intellectuelle, non point à tel 
diplôme ou à tel métier. Le diplôme et même les diplômes se placèrent d'eux- 
mêmes sous la main de l'écolier. Comme il n'avait pas seize ans, au com- 
mencement de novembre 1868, son père demanda pour lui une dispense d'âge, 
qu'il obtint; le iO novembre, Charles Graux était reçu bachelier ès sciences; 
le 44, il était reçu bachelier ès lettres (I). Ce fut la première récompense, . 



Quand un écolier s'élève fort au-dessus de la moyenne, dans un de ces 
petits collèges, où l'on a le respect des grades universitaires^ il arrive qu'un 

avoir commencé ses classes chez le curé de son village, il les continua au petit sé- 
minaire de Laon et les acheva au grand séminaire de Soissons; professeur de 
seconde au séminaire de Laon, en 1853, et professeur de rhétorique au collège 
ecclésiastique de Saint-Léger, de Soissons, en 1854, il s*y appliqua à Tétude du 
grec^ qu*il enseigna suivant une méthode personnelle; professeur d'écriture sainte 
et d'histoire ecclésiastique au grand séminaire de Soissons, en octobre 1855, il 
apprit rhébreu, afin de connaître les textes qui devaient faire la base de son ensei- 
gnement. En septembre 1858, il fut nommé curé de Fontaine-lès-Vervins, petit vil- 
lage de 900 âmes. 11 y est demeuré jusqu'en février 1879, très aimé de tous pour sa 
bontés pour sa simplicité, donnant à Tétude les loisirs que lui laissait sa fonction 
sacerdotale , et quelquefois distrait dans cette fonction même y comme le jour où il 
publia au prône les bans d'un jeune couple, marié par lui un an auparavant, et qui 
l'entendit avec stupéfaction : la note était sans doute demeurée au milieu de notes 
de grec. Plusieurs fois M. l'abbé Magnier déclina l'honneur que voulut lui faire 
MST révéque de Soissons , en l'appelant à des cures importantes. En 1879, il fut 
nommé chanoine honoraire et appelé à Soissons, en qualité d'aumônier de l'Hôtel- 
Dieu. Il y est encore aujourd'hui, travaillant toujours. Il connaît les principales 
langues sémitiques. Il est au séminaire de Soissons le professeur des séminaristes qui 
se destinent à l'enseignement. 

(1) Les deux examens furent subis à la Sorbonne. L'année d'avant (1867), 
M. Oraux avait amené son fils à Paris. Le père et le fils y venaient pour la pre- 
mière fois. Ils étudièrent ensemble avec le plus grand soin l'Exposition universelle. 
M. Oraux se rendit compte de ce que son fils comprenait et nota les lacunes qu'il 
remarqua dans sa curiosité. Il attribue une grande importance à ce voyage dans 
l'histoire du dévelopoement intellectuel de son fils. 




LA VISSE. - CHARLES GRAUX. 



XV 



mailre se met en lèle la grande ambition de le pousser jusqu'à la licence ès 
lettres. M. l'abbé Josepb Tonmeux eut cette ambition pour Charles Graux. 
Les parents approuvèrent. Ils désiraient pour leur fils une vie honorable et 
tranquille, conforme aux goûts qui se manifestaient en lui. Ils choisirent à 
ce moment pour lui, et d*accord avec lui, la carrière du professorat : du 
licencié on ferait un docteur, et le docteur demanderait quelque jour une 
chaire de Faculté. Le lendemain de Texamen du baccalauréat, on se munit 
des instruments nécessaires pour la préparation à la licence. On acheta des 
livres. Charles Graux vit alors avec son père les libraires allemands de Pans; 
le premier catalogue qu*il feuilleta fut celui de la librairie Haar et Steinert. 
On alla aussi faire visite au libraire Vieweg, que Ton connaissait parce qu'il 
servait Tabonnement à la Gartenlaube. Vieweg fut frappé de Tair sérieux des 
deux visiteurs : « Si votre fils, dit-il à M. Graux, veut faire de bonnes études, 
demandez-moi des conseils. Je lui dirai comment il faut s'y prendre. » 11 ajouta 
que la philologie était très négligée eu France et qu'il y avait là une fortune 
scientifique à faire. Le conseil plut à M. Graux, qui souhaitait à son fils 
une carrière point trop encombrée. La collection Teubncr fut alors acquise en 
partie, et l'annonce d*éditions nouvelles où le texte des auteurs devait être 
remanié donna à Charles Graux la première idée du travail philologique appli- 
qué à l'établissement des textes. 

Au retour à Vervins, en décembre 1868, commença la préparation à la 
licence. EUe dura longtemps : le candidat ne devait réussir qu'après deux 
échecs. Il y eut à ces échecs plusieurs raisons. D'abord l'idée ne vint même 
pas à l'écolier qu'il dût enfermer tout son esprit dans la préparation à la 
licenre. Son père, pour Tinstruire, se tenait au courant de l'activité intel- 
lectuelle en France. Tous les jours, il consacrait une ou deux heures à la 
lecture des journaux et revues que recevaient le Journal de Vervins et le 
cercle de la ville. Il menait Charles au cercle , et, après la partie de billard 
faite entre jeunes gens, lui donnait à lire des articles de la Revue des Deux 
Mondes qu'il avait choisis. Dans la liste de ces articles que j'ai sous les yeux , 
je trouve un seul i*oman, le Roman d^un jeune hotnme pauvre d'Octave Feuillet; 
quelques articles d'histoire : de M. Boissier, sur le « Testament politique 
d'Auguste » (à propos de la découverte de M. Perrot) et sur « Juvénal et 
son temps » ; d'Amédée Thierry sur « Jean Chrysostome et Eudoxie » ; de 
M. A. Manry sur « Ninive et Babylonè »; quelques articles de philosophie : 
de Vitet à propos des « Méditations sur l'essence de la religion chrétienne 
de II. Gnizot de Littré, sur la Philosophie positiviste; de Guizot, sur la 
Science et le surnaturel; de M. Janet, sur le Cerveau et la pensée; de 
H. Langel, sur Darwin et ses critiques; enfin et surtout des articles sur les 
grandes découvertes et les grandes questions scientifiques : de M. de Quatre- 
fages sur « l'Unité de lespèce humaine », sur « l'Acclimatation des races 
humaines » et sur « la Physiologie comparée » ; de M. Laugel sur « les tra- 
vaux de M. Pasteur » ; de Claude Bernard, sur « le Progrès des sciences 
physiologiques », sur « la Physiologie du cœur » , et sur « lè Problème de 
la physiologie générale »; de M. Saveney, sur « l'Équivalence de la chaleur 
et du travail mécanique » et sur « l'Unité des phénomènes naturels » ; de 
P. Papillon, sur « la Lumière et la Vie »; sur « l'Auatoniie générale et les 
travaux de M. Ch. Robin »; de M. Martin, sur « la Période glaciaire »; de 



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I 



MÉLANGES GRAUX. 



M. Grimard, sur « le Gbftne, essai de physiologie végétale w; de M. Laugel, 
sur « la Voix, l'oreille et la musique, d'après Helmholtz »; etc., etc. (1). 

C'étaient là des lectures variées, sérieuses, sérieusement faites : elles don- 
naient au père et au fils matière à de longues conversations qui se prolon- 
geaientjusqu'à ce que toutes les notions principales fussent clairement perçues 
par l'un et par l'autre. Excellente méthode par laquelle la curiosité de toutes 
les choses intéressantes était tenue éveillée dans l'esprit de ce jeune homme, 
qui, en 1870, écrivait sur un cahier ces mots : « Ma deyise, Quasdam aries 
kaurire, omnes libare debeo, je dois approfondir quelques parties, toucher à 
toutes ». Excellente méthode, dis-je, mais qui ne préparait pas à la licence ès 
lettres. 

Il fallait aussi tous les jours donner du temps à la musique. L'éducation 
musicale avait commencé dès la première enfance. Dans la famille, du côté 
maternel, on était musicien de père en fils. Le bisaïeul de Charles Graux 
et un arrière grand-oncle, nés à Saint-Quentin, avaient été de bons élèves de 
Bernard Jumentier, maître de chapelle à la collégiale de Saint-Quentin au 
commencement du règne de Louis XVI, et nommé par Fétis dans la Biogra- 
phie des musiciens. Le premier devint chef d'orchestre du théâtre d'Orléans; 
le second dirigea pendant quelques années la maîtrise de la collégiale. L'aïeul 
maternel, Louis Pierre Dollé, était violoniste; professeur de musique à Ver- 
vins, il avait donné et fajt donner à madame Graux une bonne éducation 
musicale. De son QÔté, le père de Charles avait quelque peu pratiqué la 
musique instrumentale et vocale. Grand-père, père et mère collaborèrent à 
l'éducation de l'enfant. A l'âge de sept ans, Charles Graux apprit à lire la 
musique sur le piano; le piano fut hientôt laissé pour le violon et l'enfant 
prit régulièrement chaque jour des leçons d'une demi-heure, qui, le jeudi 
et le dimanche, se prolongeaient. Rien qu'il n'eût point ces dispositions 
extraordinaires par lesquelles se manifestent les artistes prédestinés, il avait 
une aptitude réelle pour la musique ; il y prit goût et y mit la même appli- 
cation qu'à ses autres études. Quand il eut onze ans, un quatuor fut organisé 
à la maison avec le concours de M. Carnet, élève du grand-père et profes- 
seur de musique à Vervins. M. Graux père se mit au violoncelle, s'acquittant 
le mieux qu'il pouvait de ses parties. C'est ainsi que l'enfant apprit à con- 
naître, pendant les années de collège, presque toute la musique d'opéra. U 
puisait dans la bibliothèque du grand-père ; mais comme elle était un peu 
surannée, M. Dollé ayant gardé un goût presque exclusif pour la nfiusique 
française du xviii* siècle, M. Graux la mettait peu à peu au courant. On 
avait bien soin de ne pas choquer les idées du vieillard. Graux s'aperçut 
que son Ûls craignait comme le grand-papa d'employer l'archet du talon à la 
pointe; pour l'affranchir de cette mauvaise habitude, elle l'envoya plusieurs 
fois par semaine prendre des leçons particulières chez M. Camet, et cette 

(1) Il y faut ajouter la lecture de la Revue française (1864-66), de la Revue con- 
temporaine (1865-66), de la Critique française (1862-64), et celle de livres, comme 
les Révolutions de la mer, par Adhémar ; l'Homme fossile, par H. Le Hôn ; la Gram- 
maire générale indo-européenne, par Eichhoff; la Matière et laforce^ deux conférences 
par Tyndall; r Acoustique ^ par Radau; la Nouvelle École électro-chimique et FAto- 
misme opposé au dynamisme, ces deux derniers ouvrages par M. Emile Martin, de 
Vervins. 




LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XVII 



petite fi-aude fut pieusement cachée au grand-papa. Après la mort de celui-ci 
en 4866, les exercices musicaux continuèrent, sous la direction et avec le con- 
cours des parents et de M. Carnet. En même temps que les éludes littéraires 
supérieures commencèrent alors les études musicales supérieures. C'e^t à ce 
moment là que Charles lut les articles sur la Voix, l'oreille et la musique et 
sur V Acoustique, dont il a été parlé plus haut. 

La musique devait être la grande joie de sa courte vie, et c'étaient des 
hetires bien employées que celles qu iJ y donnait alors ; mais pour en revenir 
à notre sujet, cela non plus ne préparait pas à la licence ès lettres. 
. Il faut bien dire aussi que Charles n'avait qu'une médiocre aptitude pour 
les exercices littéraires proprement dits. Toute son éducation, qui se trouvait 
conforme à la nature de son esprit, Téloignait de la rhétorique. Dès Tannée 
186:1, alors qa*il conunençait à se préparer à la licence ès lettres, son parti 
était pris : il annonçait non pas un rhétoricien, mais un érudit. 

Un voyage qu'il fit à Paris avec sa mère au mois de décembre i869, décida 
tout à fait de son avenir. 11 connut alors M. le professeur Egger, auquel il fut 
présenté par une carte du libraire Vieweg, et il assista aux premiers cours 
d'enseignement supérieur. M. Duruy venait de mettre la' main à la réforme 
de notre haut enseignement. H avait créé l'École des hautes études et autorisé 
ces cours libres sur toutes matières que l'on professait dans les salles de la rue 
Gerson. Charles Graux alla tout droit rue Gerson et à l'École des hautes 
éludes; il alla aussi à la Sorbonne et au Collège de France. Les lettres qu'il 
écrit à son père retracent ses sentiments à merveille, et j'y trouve quelques 
anecdotes, qui intéresseront ceux qui ont assisté aux débuts modestes d'une 
réforme qui va lentement, mais qui, tous les ans, fait quelques pas et garde 
le terrain gagné. 

i< J'assisterai, diUl (1), jeudi, rue Gerson, à cinq heures du soir, au cours 
d'ouverture de M. Hartwig Derenbourg sur la langue arabe. Je ne sais comment 
je serai reçu; mais je te cite ceci sans commentaire : vers quatre heures et 
quart, heure, à ce qu'il parait, de l'ouverture du cours de M. ... (le nom 
m'échappe, mais ne fait rien à la chose), je rôdais aux environs de la salle 
Gerson, pour to»*; or, comme j'étais entré pour regarder de plus près une 
afllche, un monsieur (quelque appariteur sans doute) s'est approché de moi 
le plus honnêtement du monde, et m'a demandé de son ton le plus poli : 
•c Vous voudriez assister sh cours de M. Girard de Rialle (le nom me revient) ?» 
Je l'ai remercié de mon côté, avec une égale politesse, car je ne connaissais 
pas M. Girard de Rialle, je ne savais pas de quoi il traiterait, et maman 
commençait à désirer rentrer. Je me suis rendu compte plus tard que c'était 
une inritation à assister à l'ouverture du cours sur les langues zende et sans- 
crite védique. » 

L'écolier conclut de cette petite aventure qu'il serait bien reçu dans des 
cours pour lesquels les appariteurs zélés recrutaient des auditeurs à la porte 
des salles. Il alla en effet au cours de M. Hartwig Derenbourg. U entendit successi- 
vement plusieurs professeurs du Collège de France et de la Sorbonne. Il exprime 
dans ses lettres le grand plaisir qu'il a éprouvé à écouter M. Egger parler 
de Quinte-Curce, « ce premier romancier d'Alexandre », et M. Boissier expli- 

(1) Lettre du 13 décembre 1869, à son père. 

MÉLAHOM ORAUX. b 



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XVIU 



MÉLANGES GRAUX. 



quer Horace et se montrer si « fort sur la critique des textes, sur les scbo- 
liastes et les interprétateurs ». Il a voulu voir aussi nn professeur à la mode, 
au Collège do France. Voici le portrait qu*il fait de lui : 

« M. ... est un professeur choyé; on Tapplaudit à son arrivée; on l'ap- 
plaudit quand il a fini de parler... Ce qui platt chez lai, c'est le trait, quel- 
quefois hasardé, quelquefois un peu forcé, mais qui réussit toujours à exci- 
ter l'approbation de son auditoire. Moi, je lui reproche de trop parler de lui, 
de ses études sur Tauteur dont il traite et qu'il préfère sans scrupule à tout 
autre, qu'il a clioisi pour le meilleur, le plus complet, en un mot pour te plus 
parfait du monde. Je n'aime pas qu'on relève tant, au détriment des autres, 
le sujet qu'on a choisi, et j'aimerais mieux aussi de belles considérations, 
douces, modérées et puissantes dans leur simple vérité, que ces défis qu'il 
jette à la têle de ses auditeurs de lui prouver qu'il a tort... Il a bien « santé » 
mais en revanche il a été bien applaudi. >» 

C'est assez pour montrer que ce jeune homme, fraîchement arrivé do sa 
petite ville, s'était fait une idée nette de ce que doit être l'enseignement sapé- 
rieur et de ce qu'il ne doit pas être. Je note aussi dans ces lettres du mois de 
décembre 1860 la haine, la sainte haine du profane, ce meuble gênant de nos 
salles de cours : Graux parle avec colère de « vieilles bêtes qui ne compren- 
nent pas un mot de ce que dit le professeur, mais qui s'imaginent faire 
quelque chose de fort méritoire en assistant à ses leçons ». 

Mais l'événement de ce vojage fut la première visite de Charles Graux à 
l'École des hautes études, où il fut introduit par une carte de M. Vieweg : 

« J'ai travaillé aujourd'hui (1) deux heures à l'École pratique des hautes 
études (2), od j'ai été admis à la conférence de M. Toumiersnr la paléographie 
grecque; j'ai participé au déchiffrement d'un texte grec que l'on se prépare à 
publier d'après un manuscrit inédit du ix^ siècle, ie la Bibliothèque impé- 
riale. » 

Deux jours après, il décrit ainsi celte conférence : 

K J& me suis extrêmement amusé à voir rétablir, ou mieux chercher à 
rétablir le texte du manuscrit qui fai^it le sujet de la leçon. C'était aussi fort 
agréable de travailler ainsi en commun avec le professeur, qui ne vous 
impose pas son idée, mais qui, malgré la snpériorité ordinaire des siennes, 
ne laisse pas de vous demander les vôtres et ne veut décider en sa faveur que 
lorsque c'est l'avis de tous. M. Tournier a, parmi ses six ou sept élèves, quatre 
abbés et un Allemand, qui commence à parler le français d'une manière 
suffisamment correcte, mais qui parait pas mal fort (eu égard aux autres) en 
grec et en critique. Son érudition n'est pas prodigieuse, et, soit dit tout bas, 
je sais à peu près autant de grec que lui (3). » 

Dès le premier jour, Charles Graux se sentit chez lui, dans cette laborieuse 
conférence, et lorsque M. Tournier, après lui avoir demandé beaucoup de 
renseignements sur ses projets, voulut bien l'engager à venir s'installer à 
l'École des hautes études, aussitôt après sa licence, il retint le conseil, et il 
entrevit son avenir. 

(1) Lettre du 15 décembre 1869. 

(2) Ces mots sont écrits en grosses lettres. 

(3) Lettre du 17 décembre 1869. 




LAVISSE. — 



CHARLES GRAUX. 



XIX 



Qa'on Teaille bieo remarquer que Charles Graux avait un peu plus de 
dix-sept ans lorsqu'il écrivait les lettres dont on vient de lire des extraits. 

•c Après la licence », avait dit M.Tournier! Charles Graux retourna à Ver- 
vins pour s'y préparer. J'ai sous les yeux les. devoirs qu'il faisait alors. Les 
vers latins sotat mauvais; les dissertations, d'une langue mal assurée; mais 
ee sont de vraies dissertations : l'écolier veut tout dire sur son sujet. Un travail 
de cette sorte, De philosopha Marone in sexto Mneidos Hbro, a 27 pages grand 
in4«. L'exposition est gauche, les transitions sont pénibles; mais il y a une 
analyse complète du livre VI; des notes où sont relevés les passages où 
Virgile a imité et ceux qui ont été imités de lui; des discussions philologiques, 
de nombreuses citations grecques; deux citations en caractères hébraïques : 
M. Magnier avait donné quelques leçon« d'hébreu à son élève et lu avec lui 
aoe cinquaqtaine de pages de la Bible. Qualités et défauts de ces premiers 
essafi expliquent les deux échecs à l'examen de la licence. Charles Graux en 
eut quelque mauvaise humeur. Après le premier échec (en avril 1870), il écrit 
à sa mère (1) : « Il y a de la boutique dans ces examens-là. » Quand il se pré- 
senta une seconde fois en juillet 4870, il ne fut pas content des com|)ositions 
qu'on lui donna. A propos de la composition latine, il écrivait à son père (H) : 

« La dissertation latine de ce matin était : Oratio Q. Cxcilxi Epiroiœ 
grammatin. J'ai mis pour la forme un Quintes en commençant, et, 
ne connaissant pas le gratnmairien Ëpirotas, j'ai exposé It^s idées des autres 
80QS son nom; il lui était bien permis, j'espère, d'avoir de bonnes idées. Ces 
idées étaient sur l'histoire romaine : Diseipulos docet (je cite en latin pour 
M. Magnier) JÏRfMia prxlegens quanta cum arteVirgiliu^ij in argumenta a fabula 
peti(o, romnnœ historiœ, et reeentiori qiiidem, locum fecerit. » J'ai mis à contri- 
bution M. Patin, Tissot, Servius, Delille, Justinien même, l'empereur juris- 
consulte, et c'est Epirotas qui porte toift, style et pensées. Je n'ai tiré qu'une 
idée de mon fonds, elle m'est venue au moment, et je l'ai trouvée bonne. 
Elle a formé une dizaine de lignes d'un mouvement assez réussi, m'a-t-il sem- 
blé. Il est vrai que le nouveau-né de M. Trissotin... ! » 

L'idée ne sauva pas le candidat. Après le second échec il retourna à 
Vcrrins. 

L'année terrible allait commencer. On ressentit vivement les douleurs 
publiques dans la famille Graux, où tout le monde était patriote. Charles se 
consola en travaillant plus que jamais, mais sans se renfermer plus qu'aupa- 
ravant dans la préparation de cet examen, qu'il avait deux fois manqué. II 
étudiait alors Talgèbre, la géométrie descriptive, la trigonométrie sphérique. 11 
allait prendre des leçons chez M. Rogine : le petit logement du professeur 
était rempli de soldats saxons; on travaillait sur le carré, malgré le froid et 
saosse laisser troublAr par les allées et venues des soldats, qui s'arrêtaient un 
moment ébahis devant le tableau noir où se multipliaient les sinus et les 
ctmmis. Pendant ces tristes jours (la Commune venait de succéder à la guerre), 
M. Georges Perrot, passant par Vervins, entendit parler de l'écolier qui était 
l'orgueil de sa ville natale : il le vit et lui donna pour le présent, c'est-à-dire 
pour la préparation à la licence, et pour l'avenir, les plus sages conseils. 

lit Lettre du l*'mai 1870. 
{2 i Lettre du 25 juillet 1870. 



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XX 



MÉLANGES GRAUX. 



Charles )*alla voir à Paris au mois de juillet 187K G*est à ce moment4à que 
fut prise par lui, du consentement de ses parents, la résolution de s'établir 
à Paris, pour y conquérir enfin le grade de licencié, mais aussi pour se 
préparer À la vie scientifique. Dans une lettre à ses parents (I), il résume 
ainsi ses projets : 

« Il s'agit de prendre la licence à Pâques (de 1872), et, dans un temps 
plus ou moins rapproché, de faire une thèse. VoilA pour les titres universi- 
taires : j'entends bien qu'après il est des titres à friire valoir, dont on ne peut 
se passer; ce sont les connaissances acquises. Il faut les acquérir. » 11 appelait 
la préparation à l'examen « du métier ». Il devait faire du métier avec un pro- 
fesseur, indiqué par M. Egger pour corriger les dissertations, et en suivant 
les conférences de Técole des Carmes. Pour l'apprentissage scientifique, il 
comptait sur l'École des hautes études : « Cette école, dit-il (2), est un bon 
instrument de travail : je ne veux pas trop savoir où elle me mènera. 
Savoir, d'abord; on trouvera bien après le moyen d'être bon à quelque 
chose. » 

Au mois d'octobre 1871, Charles Graux vint s'établir à Paris. Son père l'in- 
stalla dans un petit appartement de la rue des Écoles et le quitta. C'était la 
première séparation et l'éloignement de cette maison, dont il était toute la 
vie. C'était l'isolement, après ces années d'adolescence où les parents et les 
maîtres avaient entouré Técolier d'une sollicitude qu il sentait à chaque minute 
de la journée; mais l'écolier était un homme 

(( J'ai vu partir papa hier à midi, écrit-il à sa mère (3). Je ne sais, quel 
effet a produit en lui la séparation, car on ne lit rien sur sa figure quand il 
ne le veut pas. Il est entré dans la salle d'attente, où je ne pouvais pas le 
suivre. Alors je m'en suis allé lentement; il me sembla un moment que 
j'aurais eu du plaisir à pleurer; mais je t'^sure que je ne pleurai pas. Pour- 
quoi l'aurais-je fait ? En avais-je sujet ? Puis il serait inexact de dire que 
j'eusse envie de pleurer. Suivant mon habitude, au lieu de m*abandoiiner à 
mes sentiments, j'étais occupé à les examiner. Cela fait qu on en est le 
maître. » 

Pendant ces premiers jours, il arrange son eiistence, et il arrête des 
règles de conduite avec la maturité et la sérénité d'un philosophe. 

« Je n'ai pas encore ressenti le moindre moment d'ennui, écrit-il encore 
à sa mère (4). Je suis persuadé en outre que je ne m'ennuierai pas plus à 
r avenir que je n'ai fait jusqu'à présent. La distraction qui m'est venue avec 
Garbe (5) m'a peut-être aidé à éviter l'ennui. Je ne suis pourtant pas assuré 

(1) 7 juillet 187Ï. 

(2) Juillet 1871, sans date de jour. 

(3) Lettre du 31 octobre 1871. 

(4) Lettre du 2 novembre 1871. 

(5) M. Paul Garb«, ancien élève de rËcole normale, maître de coofôrences à 
la Faculté des sciences de Montpellier, n^é au Nouvion-en-Thiérache (Aisne), a été le 
camarade de Charles Graux au collège de Vervins; ils avaient contracté là une intime 
amitié à laquelle Tun et Vautre sont demeurés fidèles. A Paris, ils-sé voyaient fré- 
quemment, pendant que Tun était élève de l'Ecole normale et Tautre élève de TÉcole 
des hautes études. Pendant les trois années que M. Qarbe a passées à Paris, comme 
délégué au lycée Louis-le-Grand ou comme préparateur de M. Desains, il n vécu 




LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XXI 



da toot que j'aurais dû m'ennuyer si je ne Pavais pas eu. Je me suis Iracé ma 
ronle : les obstacles qai m*empècberaient de la suivre ne peuvent parvenir de 
moi. Papa, qui n'a pas plus tort en cela qu'en lout le reste, trouve que les 
résolutions qui ne sont pas prises vite, sont seules bonnes. Mes volontés ne 
sont pas actuellement affaire de sentiments; elles sont librement réfléchies, 
librement déterminées. Aussi sont-elles maltresses. J'en suis à vouloir ce que 
je veax, à ne pas avoir d'ennui puisque ce n'est pas Tennui que je suis venu 
chercker ici. » Et lui, qui était un fils doux et tendre, il se défendait avec 
fermeté contre Tamour maternel, qui, un mois après la séparation, le rappe- 
lait à la maison, ne fût-ce que pour trois jours. 

« Je regarde avec quelque frajeur, écrit-il à son père (1), l'idée de voyager 
trois jours... Je me suis pris au sérieux... Mes projets d'études sont vastes, 
nullement ambitieux pourtant : avec beaucoup d'ordre, mes études multiples 
doivent se poursuivre sans fatigue... Il s'agit aujourd'hui de me faire. Pour 
cela, il faut que je donne tout mon temps, tout, à la réalisation de mes 
projets. Laisser inoccupée derrière moi une journée qui, dans le plan, avait 
«a somme de travail indiquée, c'est me causer un regret. Ma besogne, à moi, 
n'est pas limitée ; je ne puis pas me mettre en avance, pour être libre tel 
beau jour qu'il me plaira. Seulement je puis très facilement perdre l'occasion 
de faire nn pas, manquer (VacquétHr, pendant tant de temps que je voudrai. 
Voilà qui serait, je le crois du moins, à l'heure présente, une source de véri- 
tables regrets. Je ne crains qu'une chose, qui m'empêcherait d'être heureux, 
od que je sois, même auprès de nies parents : n'avoir pas fait ce que j'aurais 



Ailleurs encore, il dit, toujours pour se défendre contre les instances 
maternelles : « Je ne puis marcher, s'il faut que je compte avec une volonté 
extérieure. » Encore une fois, la rigueur des principes qui dirigeaient la 
conduite de ce jeune homme de dix-neuf ans, s'alliait en lui à la tendresse du 
eopur. Que de charmantes lettres je pourrais citer, comme celle qui, adressée 
à sa mère, commence par ces mots : « Si j'étais toi, comme je viendrais voir 
mot / n 

Sa vie était, comme il disait, bien occupée. Il faisait de très lents progrès 
dans les exercices classiques préparatoires à la licence ; décidément, il ne s'y 
plaisait pas. 11 y a dans une lettre de mars 1872, de la mauvaise humeur, 
de la colère même. A la veille de l'examen, on en faisait aux Carmes la répé- 
tition générale : tous les candidats comppsaient sur toutes les épreuves. 
« Ceei, pour trancher le mot, m'embête.,. Je suis hors de la dissertation latine, 
qui a été sur le sujet le plus bête et le plus rhétorique du monde. 11 y a 

arec son ami. Tous les deux avaient reçu au collège de Vervins une libérale in- 
itmction qui les avait préservés des mauvais effets de ce déplorable système de la 
bifurcation^ qui faisait ses premières victimes au moment où ils commençaient leurs 
études. L*élève de TÉcole normale, section des sciences, lisait avec l'élève de TÉ- 
eole des hautes études, section d'histoire et de philologie, du grec et de Talle- 
mand, et celui-ci continuait dans les conversations avec son ami son instruction 
dans les sciences mathématiques et physiques. Après que M. Garbe, nommé à 
PEcole supérieure d'Alger, eut quitté Paris, les deux amis restèrent en correspon- 
dance régulière. Au moment où Charles rendait le dernier soupir, un télégramme 
arrivait d* Alger : « Pas reçu lettre. Es-tu malade ? — Garbe. » 
(1) Lettre du 5 novembre 1871. 




MÉLANGES GKAUX. 



encore du faux et de rartificiel dans cette frime-là, une sorte de petite guerre, 
qui n*est pas même une partie de plaisir, et que je ne puis considérer comme 
sérieuse.... Je deviens, maintenant que j'ai ma portion de vérité à mettre 
en lumière, révolutionnaire dans l'empire de la routine universitaire et sco- 
laire. Je me révolte facilement en moi-même toutes les fois qu'on attente à 
ma liberté d'esprit, et qu'on fait des empiétements sur un terrain qui lui est 
réservé; or je youdrais lui réserver mes formes d'études et mes habitudes de 
travail et de division du temps. Je n'aime pas à passer six heures aux Carmes, 
faisant un travail d'imagination et de mémoire peu utile, parce qu'il ne s'ap- 
puie pas sur des documents ou des faits dont j'aie tous les moyens de vérifi- 
cation. Cela est écrire pour écrire et non pas écrire pour apprendre à soi-même 
et aux autres. » 

Dans cette querelle entre Charles Graux et les maîtres qui le préparaient à 
la licence ès lettres, les torts étaient partagés. 

L'écolt«r avait raison quand il se plaignait de l'abus de la rhétorique. C'est 
mal élever des jeunes gens que de leur donner à résoudre ce problème, qui 
se trouve dans presque toutes les matières à discours : Étant donné quelqu'un 
que vous ne connaissez pas, faites-le pai'ler sur des choses que vous ne con- 
naissez pas davantage. A cela répugnait le sens si droit de Charles Graux. 
Il avait assurément l'instinct du style. Sa langue (on en peut juger par ses 
lettres) sonne clair et franc. Il dit très bien tout ce qu'il veut dire; mais sa 
plume s'embarrasse à la première ligne d*une dissertation. Il a comme cette 
gaucherie que l'on trouve dans le monde aux gens qui ne sont pas du monde. 
11 se croit obligé à faire des manières, et soutient mal ce rôle : le naturel 
s'échappe par quelque geste et par quelque parole qui plairaient ailleurs, 
mais qui, après tant de façons, font l'effet de trivialités. C'est que, pour 
être à l'aise, il avait besoin de ne parler que de choses qu'il connût : là où 
d'autres se sauvaient par le seul mérite de la forme, il se tourmentait inuti- 
lement et se perdait. 

L'écolier avait tort, quand il n'admettait pas même le légitime usage de 
la rhétonque, et ne sentait pas l'indiscutable utilité que l'on peut tirer des 
exercices de style, à condition que le sujet en soit pris, comme il est si facile 
de le faire, soit parmi les maximes de la morale et du goût, soit dans le 
domaine des connaissances acquises. Sa mauvaise humeur allait trop loin, et 
l'on aurait de lui une. idée fausse si Ton croyait qu'il n'était en quête que de 
vérifications de faits et de documents. Il lisait aussi, et beaucoup, pour le 
plaisir do lire. Il aimait sincèrement, profondément les grands Français : 
Bossuet, Pascal (I), Descartes, Corneille, Racine, La Fontaine et Molière: j'ai 
sous les yeux de nombreux extraits de ses lectures. Ses préférences me parais- 
sent être pour La Fontaine et Molière; car il y avait dans son esprit un grain 

(I) Son exemplaire de Pascal (édition Havet) contient un certain nombre de 
notes de sa main« témoignant qu*il 8*esi consciencieusement appliqué à comprendre 
les parties difOciles. Au collège, ne possédant qu^une ancienne édition des Pensées^ 
il avait deviné que le nom SaIonu)n de Tultie, qui se trouve dans une des pensées 
sur Téloquence et ie style, était Tanagramme de Louis de Montalte. Il' fut très fier 
de celte découverte; mais, lorsqu'il eut Tédition de M. Havet, il apprit qu'elle "avait 
été faite avant lui, dès 1834, par un pasteur hollandais. 



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LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XXIIl 



de malice ; par là, il était on vrai enfant de la France, comme par cet iiupé- 
rieiix besoin de toît clair en toutes choses. 

Enfin, an mois d*avril 1872, il obtenait son diplôme de licencié. 11 était 
libre de se donner tout entier aux études qull avait choisies. 



Ces études avaient déjà commencé. Dès le mois de novembre 1871, Charles 
Graox avait pris place à V École des hautes éludes, A la première conférence de 
M.Tournier, celui-ci reconnut Técolier; il Temmena chez lui, où il le garda plus 
de deux heures : « Le résultat est que M. Tournier, ravi de me trouver dans 
les conditions qu'il faut, vent faire de moi son élève. 11 s*agit de faire de moi 
on philologue en langue grecque (1)... » Le but était marqué. Il ne le perdit 
point de vue pendant les trois années où TÉcole des hautes études le compta 
poar élève; mais on voit par la liste des cours qu'il a suivis quelle large con- 
ception il avait de la philologie grecque. En 1871-1872, cours de M. Tournier : 
deux conférences par semaine. Tune consacrée à V Exposition des pnndpes 
de la paléographie el de la critique verbale^ Tautre à des Exercices pratiques de 
aitique auxquels les élèves prenaient part;, cours de M. Robiou : deux 
eoaféf«nces par semaine, l'une consacrée à VÉtude des constitutions anciennes 
de la Grèce, .d'après les momments épigraphiques et littéraires, expliqués et 
commentés par les élèves, l'autre à VÉtude topographique des expéditions 
gttcqwês en Asie. En dehors de TÉcole des hautes études, cours de M. Labbé à 
la Faculté de droit sur le droit romain (2;; cours de M. Egger à la Faculté 
des lettres; cours de M. Boissier au Collège de France; au Collège de France 
encore, cours sur l'épigraphie grecque de M. Foucart, duquel il dit : « Je me 
livre avec une ardeur toute neuve à l'épigraphie grecque... Deux cours par 
semaine au Collège de France, et une séance pratique le jeudi au Louvre pour 
la lecture des inscriptions grecques... M. Foucart s'attache extraordinairement 
à moi, de préférence à tous antres (3).» En 1872-1873, aux cours de M. Tour- 
nier (Exercices de critique verbale et Paléographie) ^ de M. Robiou {Monuments 
de l'AUique et Iliade expliquée au point de vue des coutumes et des croyances), 
de M. Foucart {Épigraphie grecque) s'ajoutent ceux que professent à l'École des 
hautes études M. Nicole (Syntaxe attique et Bibliographie), M. Louis Havet 
•Histoire de la prononciation, de l'orthographe et de la flexion dans le latin 
artkaique, exercices de grammaire et de métrique), et le cours de Géologie de 
M. Hébert, k la Faculté des sciences. Ea 1873-1 874, cours, à l'École des hautes 
études, de MM. Tournier (Critique verbale), Nicole (Morphologie attique et ex- 
pHeaHons)^ Perrot (les Institutions judiciaires^ à Athènes , d'apr^ les Guêpes 
if Aristophane) ; au Collège de France, cours de M. Léon Renier (Épigraphie 
latme) et de M. Foncart (Épigraphie grecque); un cours d'architecture grecque 
4 rËcole des beaux-arts. 

(1) Lettre da 16 novembre 1871. 

'l) suivait en outre, mais moins régulièrement, le cours de M. Paul Oide, à 
b Fseolté de droite et la méthode de ce professeur, mort prématurément aussi, lui 
•eabUitm modèle. 

(3j Lettre dn 9 mai 1872. 



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XXIV 



MÉLANGES GRAUX. 



Sur la plupart de ces cours, il reste des notes en grand nombre et en boa 
ordre. Pour quelques-uns, les notes sont prises avant la leçon. Charles Graux 
préparait certaines conférences, comme s'il les devait faire lui-même; il 
arrivait ainsi chez M. Robiou et chez M. Nicole, les mains pleines; maîtres et 
camarades puisaient dans ses provisions. Il s'initiait ainsi au professorat. 
M. Tournier, son maître préféré, Vy destinait : Graux raconte qu'il accompa- 
gnait souvent le professeur chez lui t comme faisaient les disciples de 
Socrate ». Ses lettres parient sans cesse des conférences de paléographie et 
des exercices de critique verbale. Il y note avec joie ses premiers succès. 
« Hier, dit-il dans une lettre du 7 décembre 187<, à la conférence de critique 
des textes, j'ai eu, selon l'expression de M. Tournier, les honneurs de la 
soirée. C'était un premier devoir que nous présentions : il y avait dans les 
copies de chacun de nous naturellement bien de la gaucherie. Enfin, pai-mi 
mes conjectures, il y en avait une tout à fait heureuse, à laquelle M. Tournier 
lui-môme n'avait pas pensé en dictant le texte, mais qu'il a, sans l'adopter 
définitivement, déclarée plausible, probable et bien prouvée. » Ce premier 
succès fut suivi de beaucoup d'autres ; mais c'est en paléographie que Charles 
Graux se distingua le plus. Ses progrès furent si rapides que, dès le mois de 
novembre i873, M. Tournier lui confia une part de son enseignement, à la 
grande joie du jeune étudiant, qui écrivait le 27 mars i874 : « J'ai clôturé le 
premier semestre avec la leçon sur les palimpsestes. Auditoire au grand com- 
plet : MM. Tournier, Nicole, le ban et l'arrière-ban des élèves. Le temps nous a 
favorisés. Avec le soleil splendide qu'il faisait, on avait tout autaut de lumière 
qu'on en pouvait désirer. Les expériences bien entendu ont réussi, parce que 
la chimie n'a pas de caprices et que tout était préparé dans de bonnes condi- 
tions. Il a réapparu de belles grandes lettres, de jolis petits accents et de 
gentils esprits, les uns noirs, les autres verts, au commandement, là où l'on 
ne soupçonnait pas la queue d'un iota en s'écarquillant les yeux. M. Tournier 
était fort content. » 

Pour cette année < 873-1 874, le rapport de l'École des hautes études porte 
cette mention : « L'une des conférences de M. Tournier a été consacrée à la 
paléographie; le cours a été fait par M. Graux. » Ce fut la dernière année 
d'étudiant de Charles Graux, qui allait prendre place parmi les maîtres do 
l'École. . . 

Avant de le suivre dans cette nouvelle carrière, il faut s'arrêter encorç sur 
ces trois années d'études. On doit à ceux qui sont morts jeunes, de réparer 
l'injustice du sort, en cherchant jusque dans les détails de leur vie ce qui 
peut honorer leur mémoire, aftji que le regret qu'ils laissent soit égal à l'es^ 
pérance qu'ils donnaient. 

Bien d'impur n'a souillé cette jeunesse. Elle appartenait tout entière à 
l'étude. Elle a été pourtant joyeuse, de cette joie sereine que donnent le 
travail, l'amour du chez soi, l'amitié de cœurs d'élite, la piété filiale, l'amour 
des lettres et la culture du plus poétique des arts, la musique. Comme ces 
leltres sont saines, ces longues lettres où toute son existence est racontée, 
presque jour par jour! Le jeune étudiant sent vivement la poésie du chez soi- 
II aime la table où il lit du grec, le foyer devant lequel il s'assied pour jouer 
du violon ou pour lire, comme il fait tous les soirs, un peu de poésie fran- 



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LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XXV 



çaise on allemande ; le balcon de son petit appartement de la rue des Écoles, 
où il va de temps à autre faire quatre allées et quatre venues, « sans avoir, 
comme le Malade imaginaire, grand embarras de savoir s'il faut les faire en 
long et en large », mais regardant « le clair de lune magnifique (|ui dessine 
une mosaïque avec Tombre do sa balustrade (!)•». Dans cet intérieur 
paisible pénètrent des amis en petit nombre, des amis de choix. Paul Garbe 
et Paul Bonrget sont les plus aimés. Paul Bourget, qui vient de finir ses 
étud^ secondaires, a plu, dès le premier jour : « Intelligence vive, vaste, 
non routinière », dit Charles Graux en présentant à ses parents son nouvel 
ami. « Nous avons philosophé, en sortant de la conférence de TÉcole des 
hautes études, très sé/ieusement pendant une heure et demie; paitis de 
Platon, nous avons parlé une heure et demie esthétique, comme des hommes... 
La philosophie est une si attachante et importante chose que j*y reviens tou- 
jours volontiers... » Ce u*est pas que les deux amis s'entendent toujours : tout 
va bien quand on lit Aristophane ensemble, ou qu'ensemble on cherche des 
coojectares pour M. Tournier ; mais en philosophie, l'intelligence non routinière 
de l'un pousse un peu trop loin, au gré de l'autre, l'horreur des routes frayées. 
« Paul Bourget en revient toujours au beau, douterait presque volontiers du vrai! » 
Là-dessas, <c grand sujet de discussion, enragé partisan que jé suis de la vérité 
, que j'aime à poursuivre (2) ! » Mais ces discussions mômes plaisaient à Charles 
Graux y et c'était un charmant contraste que faisaient les esprits de ces jeunes 
gens de vingt ans, qui annonçaient bien ce qu'ils devaient être : l'un, un 
savant, en quête de vérités précises et démontrées, sans fermer son âme aux 
émotions de Tart ; l'autre un écrivain, semant à travers le monde la curiosité 
de sou esprit, mais qui a le droit, ayant appris, de parler de beaucoup de 
choses, et même, ayant beaucoup et sérieusement raisonné, de taquiner 
la raison, comme il le fait de temps à autre avec sa grâce native. 

Il fallait faire une sorte de violence à Charles Graux, pour l'entratner hors 
de chez lui, dans, quelque soirée, otx il u regarde pendant cinq ou six quarts 
d'heure des mines de gens qui jouent aux cartes ». 11 allait pourtant au 
théâtre, à la Comédie-Française, les jours de Molière, de Racine ou dj Cor- 
neille, et à ropéra. Son amour de la musique croissait sans cesse. « J'ai 
toajour^s été tranquille dans ma vie, a-t il dit un jour, à proportion de la 
place qu'y a tenue la musique. » Un dimanche, sortant du concert Pasdeloup, 
où ti était fort assidu, il écrivait à sa mère, avant de se mettre au grec : 
« Cela m'a rais l'esprit dans une heureuse disposition d'avoir entendu le 
septuor de Beethoven. » Il était un des plus anciens membres de la Société 
la Trompette et il suivait autant qu'il le pouvait, les concerts du Conservatoire. 
J'ai retrouvé dans ses papiers un grand nombre de programmes de concerts; 
plusieurs sont annotés de sa main. Avant d'arriver à Paris, il n'avait joué que 
de la musique d'opéra; à Paris, il prit le goût de la grande musique. « Sans 
posséder la virtuosité d'un artiste, il avait une remarquable facilité pour 
saisir et déchiffrer les classiques. Haendel, Bach, Haydn, Mozart et Beethoven 
loi étaient familiers; il les rendait avec précision et avec âme. Les maîtres 
modernes, tels que Mendelssohn, Chopin, Schumann et Rubinstein ne lui 

(1) Lettre du 20 janvier 1872, à sa mère. 

(2) Lettre du 3 février 1872. 



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XXVI 



MÉLANGES GRAUX. 



étaient pas moins accessibles. La modestie qui était habilaelle au savant se 
relrouTait chez le musicien. Il jouait avec une grande simplicité pour sa 
satisfaction personnelle et celle de ses amis, nullement pour être écouté et 
admiré... La musique faisait partie de sa nature et répondait à un besoin de 
son intelligence (i). » 

Sur le travail un peu aride auquel il donnait toutes ses forces intellec- 
tuelles, la musique versait sa poésie. Elle charmait les loisirs que lui laissaient 
ses études régulières, sans les remplir toutefois; car le vaillant étudiant 
trouva le moyen de faire bien des choses encore. 11 acheva, pendant ces trois 
années, de se rendre maître de la langue allemande; il apprit le danois et 
ranglais (2). On a vu qu'il suivait un cours de géologie à la Faculté des scien- 
ces. Les notes qu'il y a prises sont très abondantes. Deux fois, il accompagna 
le professeur Hébert dans des excursions géologiques. Il complétait ainsi 
Texcellente instruction que lui avait donnée M. Rogine dans des leçons ou 
dans des excursions faites en Thiérache. Avec son ami Garbe, il étudiait 
le dimanche la méthode inQnitésimale, l'astronomie et la physique céleste, 
faisait de la photographie, et travaillait les palimpsestes, slnformant exac- 
tement de Faction des produits chimiques sur Tencre, car il n*était pas 
homme à pratiquer une opération, sans en comprendre les moyens et les 
effets. Ces études, outre qu'elles satisfaisaient la curiosité de son esprit et 
son goût pour les choses exactes, avaient pour lui des applications marquées 
à l'avance : il savait bien qu'il n'y a point de philologue complet sans in- 
struction scientifîque. De Tantiquité, il voulait tout comprendre, et, comme 
il devait le dii*e plus tard, « comment comprendre les Géorgiques, si Ton ne 
peut se rendre compte des levers et des couchers des étoiles ? les sièges dans 
Polybe et dans Arrien, si Ton ne connaît le matériel poliorcétique des Grecs, 
et si Ton ne peut, à- Taide de calculs, restituer une hélépole ou une batiste? 
les mystères antiques, si l'on ne peut s'expliquer, à l'aide de l'hydrostatique, 
la machinerie des temples païens? la vie quotidienne des Grecs et des Romains, 
sans des connaissances métallurgiques, géologiques, etc., etc. (3) ? » 

Charles Graux se proposait donc d'arriver un jour à la connaissance 
exacte de la vie antique. Les projets de travail , dont il fait la confidence à 
ses parents, en 1872-1873, sont ceux-ci : étude sur les successions athéniennes; 
étude sur l'authenticité des pièces intercalées dans les plaidoyers de Démo- 
sthèuc; étude sur la théorie de la musique chez les Grecs; étude sur la guerre 
de sièges; étude sur la stichométrie. Parmi ces projets, le premier fut aban- 
donné, après que Charles Graux, qui avait accumulé des notes sur le droit 

(1) Extrait d'une note qu'a bien voulu me communiquer Bréal, chez qui 
Graux allait souvent faire de la musique. « Ritschl aussi était musicien, dit M. Louis 
Havet dans un article consacré à Oraux. Oraux en fait la remarque {Revue critique^ ' 
1881, 1, p. 68)^ peut-être en pensant à lui-même. » {Revue critique, 1882, I, p. 145, 
note 2.) 

(2) Il avait appris un peu d'anglais au collège de Vervins. En 1871, pendant la 
Commune, il avait pris à Vervins de bonnes leçons d'allemand et d'anglais dans des 
conversations familières avec M. Lucien Tricot, un jeune avocat qui a fait partie 
de ce groupe déjeunes gens sérieux et distingués avec lesquels vivait Charles Graux. 

(3) Note lue à la Société pour l'étude des questions d'enseignement supérieur, 
le 17 mars 1879 {Bulletin, page 331). 



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LAVISSE. - CHARLKS GRAUX. 



XXVII 



grec, vit la question traitée par M. le professeur Gaillemer; il aurait sans 
doute poursuivi le second et le troisième; on verra bientôt qu'il a mené les 
autres à bonne fin. Son parti était donc pris ; le 2 novembre 1873, dans une 
lettre à sou père, il déclare « sa préférence ardemment marquée pour Tétude 
de la Grèce aux points de vue technique et scientifique, prenant ses points 
d'appui sur la paléographie et la critique verbale ». 

C'est ce qu'il appelait avec raison, dans une lettre citée plus haut, avoir 
de t< vastes projets ». 11 ajoutait « pas trop ambitieux pourtant », parce 
qu'il connaissait la puissance du travail , et avait mesuré ce qu'il pouvait 
porter de fatigue. Il trouvait encore le temps, lui dont on vient de voir la vie 
habituelle, de donner de longues heures à des collations de manuscrits grecs, 
faites à la Bibliothèque nationale, soit jiour des explications aux conférences 
de rÉcole des hautes éludes, soit pour des savants étrangers; d'assister à 
des séances de ï Association pour ks études grecques, dont il était membre 
depuis l'année 1870, et à celles de la Société de linguistique, où il était entré 
en 1878; enfin de fonder avec la collaboration de son ami, M. Louis Havet, 
la Réunion périodique des élé:es de VÈcole des hautes études, où il fil, plus 
souvent que tout autre, des communications (1), et notamment, le iO jan^ 
TÎer 1879, une communication sur le faussaire Simonidès et ses tromperies 
littéraires, et le 10 mai suivant, un compte rendu 'du livre de M. Mézières, 
sur Gœthe. 



Par un arrêté ministériel du 30 octobre 1874, Charles Graux fut « chargé 
des fonctions de répétiteur pour la philologie et les antiquités grecques près 
la section d'histoire et de philologie de TÉcole des hautes études, en rempla- 
cement de M. Nicole, démissionnaire ». Son. enseignement a duré six années. 

En 1874-73, il exposait dans ses conférences du jeudi les Éléments de la 
crilique des textes. Pour cela, il enseignait à ses auditeurs la lecture des ma- 
nuscrits, figurant au tableau les alphabets, les lettres liées et les abréviations, 
employant comme texte d'exercice des fac-similés soigneusement choisis. Il 
étudiait les confusions de lettres, en citant comme exemples de nombreuses 
corrections, tant inédites que publiées, fournies par les manuscrits ou dues 
à la conjecture. A partir du mois de mars, il exposait les principes du classe- 
ment des manuscrits^ et les appliquait au classement de 18 manuscrits de 
Tiogénienr Philon. Le samedi, il expliquait au point de vue exégétique et 
critique des chapitres des Mémorables de Xénophon, puis des paragraphes du 
VU« discours de Lysias^sur VOlivier sacré). Pendant le second semestre, il 
donnait rendez-vous à ses élèves deux fois par semaine à la Bibliothèque 
nationale, pour les exercer au déchiffrement et à la collation des manuscrits 
difficiles (2). 

En i875-1876, il consacrait son premier semestre à un voyage en Espagne, 

(1) Notice par M. Châtelain, dans la Revue de philologie, 1882, p. 106. 

(2) Rapport sur l'École pratique des hautes étiides, section d'histoire et de philo- 
logie, 1874-75 , p. 4. Élèves de celle année : MM. Jacob, Marchand, abbé Montel, 
Basset, Paréja, Rouch, Sturm. Lenel, ^erthault. M. Ruelle suivait cette confé- 




XXVIII 



MÉLANGES GRAUX. 



où le ministère de rinstruction publique lui avait donné mission de visiter 
les bibliothèques, pour y dresser le catalogue des manuscrits grecs. Pendant 
le second semestre, il étudiait, le mardi, les Particules de la langue grecque, 
dictant des exemples que les élèves interprétaient à toar de rôle, réservant 
toujours une partie de la conférence pour Texplication du XXII® discours de 
Lysias (sur les Mai*chan(is de blé). Le jeudi, il exerçait les élèves à la publica- 
tion d'un texte inédit; il avait choisi un traité militaire inédit de l'empereur 
Nicépbore II Phocas, dont la Bibliothèque nationale possède trois manuscrits. 
Les élèves copiaient un chapitre sur un des manuscrits et collationnaient 
leur copie avec les deux autres. En outre, nn manuscrit de la bibliothèque de 
l'Escurial, postérieur d'un demi-siècle au plus à la mort de Nicéphore, et dont 
Charles Graux avait rapporté une collation, fournit une base solide à la 
constitution du texte. Sept chapitres ont été ainsi préparés comme pour une 
publication (i). 

En 1876-1877, Charles Graux étudiait, le mardi, la Déclinaison et la conju- 
gaison dans le dialecte attique, employant, pour éclaircir les points controversés, 
le témoignage des inscriptions, des grammaiiiens anciens et des manuscrits 
jouissant de quelque autorité, et expliquant en grand détail quelques pages 
du Lexiphane de Lucien, pour y chercher la distinction des mots du dialecte 
attique et de ceux de la langue commune. Le mercredi, Conférence pratique de 
paléographie^ où les élèves déchiffraient des fac-similés, et où le maître traçait 
au tableau toutes les abréviations qui ont été enus^eaux différentes époques 
de la paléographie grecque. La conférence était complétée par des exercices, 
faits à la Bibliothèque nationale, de déchiffrements de manuscrits datés et 
pouvant servir de types des variétés de l'écriture grecque. Le jeune maître 
était déjà secondé par ses élèves : M. Dulac présidait avec lui aux exercices 
de la Bibliothèque nationale. M. Dulac encore et M. Martin travaillaient sur 
les manuscrits de la Bibliothèque iiationale pour le recueil des commentateurs 
d'Aristote préparé par l'Académie des sciences de Berlin (2). 

En 1877-1878, le mardi. Exposition des principales règles et des cas parti- 
mliers les plus utiles à connaître de la syntaxe attique. Avant d'énoncer une 
règle, le maître djctuit un exemple caractéristique, que les élèves expliquaient; 
des exemples étaient aussi présentés et expliqués, lorsqu'il s'agissait défaire 
ressortir la différence de construction entre deux ou plusieurs cas, si bien que 
les élèves entendaient expUquer les règles et les différences d'emploi, en 
ayant les exemples sous les yeux. Le mercredi, conférence de paléographie en 
deux parties : de 9 à 10 heures, exercices de déchiffrement de manuscrits, 
dirigés tantôt par le maître et tantôt par M. Dulac ;^de 8 à 9 heures, confé- 
rence où le maître dirigeait les élèves de seconde année dans l'étude des 
manuscrits grecs datés de la Bibliothèque nationale. MM. Nigoles, Jacob, 
Dulac, Martin, Omont, abbé I^epitre, ont étudié chacun un ou plusieurs manu- 

(1) Rapport sur VÉcole pratique, etc., 1875-76, p. 5. Élèves : MM. Bergaux, 
Dulac, Guilleminot, Jacob, Karels (Luxembourgeois), abbé Montel, Porcheret, 
Rouch. 

(2) Rapport, etc., 1876-77, pp. 140-41. Élèves : MM. Dulac, Martin, Angellier, 
Jacob, Krebs, Rébouis, Sudre, Nigoles, Mistchenko (professeur à rUniversiié de 
Kïew), Karels (Luxembourgeois), Jecklin (Suisse), Buser (Suisse), Lacoste, Marty, 
Mas, Porcheret. 




LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



scrits. Les élèves remetlaient sur leur travail une monographie. Leur premier 
soin était de copier, d'étudier et de corriger la souscription du manuscrit, 
qu'ils soumettaient ensuite à un examen minutieux, en vue de répondre à 
an questionnaire dressé par le répétiteur, et composé d'une trentaine de 
qoeslioQS relatives à l'écriture et à l'ornementation. Cette critique des sous- 
criptions de manuscrits grecs permettait de corriger certaines erreurs et de 
montrer que tel manuscrit, qui passe depuis Montfaucon pour avoir été copié 
en 971, a été, à une époque bien postérieure, recopié, texte et souscription, 
d'un manuscrit datant en effet de cette époque. C'étaient là des questions 
neuves et qui n'avaient encore été traitées dans aucune publication concernant 
la pcdéographie grecque (I). 

En 1878-1879, le lundi, de 8 à 9 heures. Éléments de paléographie grecque : 
le maître exposait Thbtoire de l'écriture grecque sur le papyrus et le parche- 
min, faisant déchiffrer aux élèves de nombreux fac-similés choisis. A la fin de 
Tannée, les élèves lisaient couramment les manu scrits de toute époque. M. Ja- 
cob, qui, depuis trois années complètes, avait suivi assidûment les travaux de 
la conférence de paléographie, aidait le maître dans ces exercices réservés 
aux élèves nouveaux. Le même jour, de 9 à iO heures, avec les élèves les plus 
avancés, continuait VÉtude des manuscrits grecs datés de la Bibliothèque natio- 
nale. Des travaux étaient remis sur t7 manuscrits, par MM. Martin, Omont, 
Jacob, de Richement. A propos d'un de ces manuscrits, qui contient des ves- 
tiges d'un systèniè de sténographie, employé aussi dans un manuscrit de 
Londres et dans un manuscrit du Vatican, la conférence s'dccupait de la 
sténographie grecque; à la fin de l'année, les élèves étaient arrivés à déchif- 
frer très correctement cette sténographie. Le vendredi, le maîti'e traitait de 
VHistoire littéraire de la Grèce après Aristote; il commençait par les historiens, 
chronographés et géographes, et continuait par les écrivains techniques de l'art 
militaire, les mécaniciens et les physiciens, les mathématiciens et les astro- 
nomes, les philosophes, les écrivains de l'histoire naturelle et de la médecine. 
Dans le second semestre, il passait en revue les rhéteurs ét sophistes, depuis 
Démétrius de Phalère; les grammairiens et philologues, depuis le commen- 
cement de l'École d'Alexandrie, en s' arrêtant au iv" siècle après Jésus-Christ; 
les poètes des éèoles alexandrine, romaine et byzantine ; les historiens et 
chronographés byzantins; le reste des auteurs byzantins, depuis le iv« 
siècle jusqu'à la chote de Constantinople. Sur chaque auteur, le maître don- 
nait une biographie, une liste des écrits conservés, avec courte analyse do 
chacun d'eilx, l'indication des principaux manuscrits et des principales édi- 
tions; une liste de» écrits perdus (2). 

(1) Rapport, etc., 1877-78, pp. 6 et 7. Élèves : MM. Dulac, Martin, Angellier, 
Jacob, Krebs, Schaefer, Sudre, Baudat, Doret, Blanchard, Nigoles, Omont, abbé 
Lechevallier, abbé Lepitre, abbé Letteron, abbé. Schmitz (professeur à TAthénée de 
Loxembourg), Le Denff, Lebègiie, Corda, Rieder, Besson, Charlier, Matheescob, 
Oosijnski, Rabany, Bltim, Gaillard, Wagener (Luxembourgeois). — Cette année-là 
M. Dulac travaillait encore pour TAcadémie de Berlin; MM. Dulac, Martin et 
Aogellier collaboraient, les deux premiers très activement, à la Revue des revues, 
qui venait d'être fondée. 

(2) Rapport, etc., 1878-79, pp. 6 et 7. Élèves : MM. Martin, Jacob, Baudat 
(Suisse), Omont, Rébouis, Bénet, Desbassyns de Riohemont, le P. Lechevallier, 




XXX 



MÉLAiNGES GRAUX. 



En i87d-i8S0, les mercredis, Éléments de paléographie grecque; pendant une 
heure, exercice de déchiffrement ; pendant une demi-heure, exposé de no- 
tions historiques' relatives au matériel de la paléographie, encres, papiers et 
parchemins, manuscrits palimpsestes, ros'^aux et plumes à écrire, reliures, etc. ; 
notions sur les copistes, les bibliothèques, etc. Les écritures du ix* au 
XIV* siècle étaient étudiées avec un soin tout particulier, à cause de l'impor- 
tance spéciale qu'elles ont pour la constitution du texte des classiques grecs. 
Le maître faisait étudier des fac-similés photographiques de manuscrits, 
pleins d'abréviations, datés du xiii« siècle, rapportés par lui de TEscurial. Le 
vendredi. Élude des formes du dialecte atligue; le verbe pendant le premier 
semestre, et les autres parties du discours, pendant le second ; les témoigna- 
ges des manuscrits, des grammairiens, des inscriptions, l'étude d'Aristophane 
et des comiques, où le mètre garantit l'authenticité de certaines formes, 
celle du Bcmquet des Sophistes d'Athénée, du Lexiphane et du Pseudosophiste 
de Lucien, étaient mis à contribution pour arriver îi la distinction des formes 
propres du dialecte attique, depuis Thucydide jusqu'à Démoslhène(i). 

En 1880-81, le mercredi, Exercices de paléographie grecque; pendant le pre- 
mier semestre les élèves de seconde et de troisième année étaient exercés à 
la lecture des papyrus grecs, depuis le temps des premiers Ptolémées jusqu'au 
vn* siècle de notre ère. Le maître leur exposait le développement de l'écriture 
grecque, pendant ce millier d'années, et la bibliographie du papyrus. Une 
heure y était consacrée ; pendant une seconde heure, les exercic3s de déchif- 
frement de fac-similés en minuscules étaient dirigés par M. Lebègue, élève 
de seconde année. Pour le second semestre, Exercices critiques : les élèves 
étaient exercés, sur les quinze premiers chapitres de la Vie de Cicéron, par 
Plutarqne, au métier d'éditeur de textes. Le maître dictait à chaque confé- 
rence, sur line certaine étendue de texte, les variantes proposées par le ma- 
nuscrit étudié par lui à Madrid et non encore utilisé par les éditeurs de 
Plutarquo; les élèves relevaient dans les éditions critiques les variantes des 
autres manuscrits. Un élève spécialement désigné pour préparer telle partie 
du texte, discutait toutes ces variantes et donnait son opinion motivée, qui 
était immédiatement discutée par toute la conférence. Le jeudi. Syntaxe 
attique: le maître, après avoir étudié dans une introduction certaines ten- 
dances générales et dominantes de la langue grecque, qui rendent compte 
d'un grand nombre de règles particulières propres à cette langue, étu- 
diait en détail la valeur et l'emploi de l'article et des pronoms, puis les 
rapports du sujet, du verbe et de l'attribut, toujours en dictant aux élèves 
et en leur faisant expliquer un grand nombre d'exemples (2). 

Il est bien inutile que je dise avec quel soin Charles Graux préparait ses 

Krebs, Fayot (Soisse), Lebègue, abbé Gaugain , abbé Garilhe, Ogereau , Henne- 
quin (Suisse). En cette année 1878-1879, M. Baudat, élève de seconde année, faisait 
une conférence supplémentaire sur la Grammaire des dialectes grecs, 

(1) Rapport, etc., pour 1879-80, pp. 8 et 9. Elèves : MM. Dosson, Lebègue, Le 
Foyer, abbé Beurlier, Desbassyns de Richement. 

(2) Rapport, etc., 1880-81, pp. 8 et 9. Élèves : MM. Jacob, de Nolhac, Lebègue, 
Le Foyer, abbé Beurlier, Desbassyns de Richement, Psichari , Marossy (Hon- 
grois). 



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LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XXXI 



conférences, comme il ^taît sûr de tout ce qa'il appoilait, quelles belles 
leçons de méthode il donnait à ses élèves par cet enseignement qui ne se ré- 
pétait jamais, on qui, du moins, était renouvelé sans cesse par des recherches 
et par des découvertes. 11 voyait avec orgueil TÉcole des hautes études durer, 
prospérer, prendre une grande place dans le monde savant. « Il régne en ce 
moment à TÉcole un mouvement et une animation qu» je n'y ai jamais vus, 
écrit-il le 26 novembre 1876. Nos cours de grec 'sont très fréquentés. L'en- 
semble imposant que nous formons maintenant pour renseignement de la 
philologie grecque fait de Teffet. Un Russe, agrégé de rnni\ emté de Kicw, 
qui étudiait depuis un an à Leipzig, a quitté FAUemagne et vient chez nous 
où il est enchanté de notre manière. Ce qui Ta attiré, c'est notre enseigne- 
ment de la critique des textes et de la paléographie, deux conférences qui 
n'ont pas leur pendant dans les universités allemandes. » Chaque année, dans 
les lettres de novembre, il rendait compte à ses parents de la -situation à la 
reprise des cours. U notait, mais toujours avec modestie, les progrès qu il fai- 
sait lui-même : « Mon exposition d'ouverture aux élèves de première année, 
écrit-il le 19 novembre i878, a été très claire et je vais, pour la première foi?, 
faire un cours bien charpenté et bien nourri. » Il s'agit du cours de paléographie 
qu'il professait depuis quatre années déjà, on sait avec quelle autorité. 

11 s'en fallait que l'enseignement prit toute la vie de Charles Graux. Il y don- 
nait ses meilleures heures, mais il y avait tant $l'heures dans sa vie laborieuse! 
D'abord il était resté, en devenant professeur, étudiant. Il suivait à l'École 
des hantes études les leçons de M*. Weil, au Collège de France celles de 



n trouvait le temps d'obliger, par les collations qu'il faisait à la Bibliothè- 
que nationale, les savants de l'Europe entière et d'entretenir avec eux une 
correspondance active, où il recueillait une ample moisson de remerciments, 
car, dans ce commerce avec tant d'hommes éminents, il était bien rare qu'il 
fûtrubligé. 

Il d^bmtait, le 23 janvier 1875, à la Revue critique, et ses articles montrent 
qu'il embrassait dans ses éludes, le monde entier de l'antiquité grecque. 
Chacun de ces aKicles était pour lui une occasion de s'instruire, et ïpa voit 
çà et là par sa correspondance qu'il a étudié plusieurs sujets comme s'il eût 
dû les traiter lui-même. Au mois de mai 1879, M. Gaston Paris lui faisait une 
. proposition qui le « flattait au plus haut point », celle de remplacer à la Revtie 
critique, dans le comité des trois directeurs, M. Bréal qui se retirait, après sa 
nomination d'inspecteur général. Graux accepta cette proposition. 

Quand M. Tournier fonda en 1877 la Reme de philologie, il s'adjoignit 
M. Louis Havet pour la philologie latine. Ce recueil devait comprendre une 
Ketw des Revties où fussent résimiés tous les articles relatifs à l'antiquité 
publiés dans les revues d'érudition. Il ne s'agissait de rien moins que du 
dépouillement annuel de 200 volumes donnant environ 80,000 pages. M. Tour- 
nier s'était adressé d'abord à quelqu'un, qni, si zélé qu'il fût, plia bientôt 
sous le fardeau. Il en chargea donc Charles Graux, qui, au mois de mars 1877, 
envoyait aux collaborateurs une circulaire rédigée par M. Tournier pour leur 
expliquer ce qu'on attendait d'eux. Il avait trouvé la plupart de ces collabo- 
rateurs parmi les nombreux savants étrangers avec lesquels il était en rela- 



M. Bréal. 




XXXII 



MÉLANGES GHALX. 



tîons. Il désigna des rédacteurs généraux, confia l'analyse des revues spé- 
ciales à des spécialistes. Il dressa la liste des revues à dépouiller, dont la plupart 
étaient inconnues en France, et Ton pense bien qu'il travailla plus que 
personne au dépouillement. La première année, sa pari fut de 43 volumes. 
Il était en même temps secrétaire de la lievue de philologie, chargé de la cor- 
respondance avec les auteurs (I). 

Pendant près de trois ans, il garda le secrétariat de la Revue de philologie 
et la rédaction en chef de la Revue des Revues, Corrigeant toutes les épreuves, 
il lut trois fois le résumé de tout ce que les revues françaises et étrangères 
avaient publié pendant les années précédentes. Après, il demeura un colla- 
borateur zélé de Tune et Tautre partie du recueil'. 

De février 1872 à avril 1878, Charles Graux remplit les fonctions de 
secrétaire de la section des sciences historiques et philologiques à l*École 
des hautes études. Elles ne lui plaisaient guère, parce qu'il fallait dépenser 
quelques heures par mois pour dresser des états de traitement et aller chercher 
de l'argent au ministère des finances. Il eut au contraire un grand plaisir 
à être attaché au service de la bibliothèque de l'Université, comme sous- 
bibliothécaire (octobre 1876) d'abord, comme bibliothécaire ensuite (1°' aoÉkt 
1881) : il y a rendu les plus grands services. La bibliothèque était riche 
déjà en ouvrages de philologie ; mais il sut ^ien trouver des lacunes, car il 
portait dans sa tête un catalogue en bon ordre et il avait toujours sous 
la main une liste de desiderata, qui lui permettait de proposer à M. Léou 
Renier des acquisitions par lesquelles se complétait la bibliothèque autant 
que le permettait son budget, qui était et qui est encore misérable (2). Charles 
contribuait ainsi à faire de la bibliothèque de TUniversité ce qu'elle doit 
être, <c l'outil de l'enseignement supérieur ». Il se préoccupait de ce qu'elle 
deviendrait dans la Sorbonne reconstruite et il avait préparé sur ce sujet 
une note très intéressante pour la Société d'enseignement supérieur, dont il 
était membre et où il tenait une grande place dans la section des lettres (3). 

Comment trôuvait-il encore du temps pour ses travaux personnels ? En 
ne perdant pas une heure. Il défendait jusqu'à ses minutes, parce que, comme 
il l'écrivait un jour, il convertissait ces « minutes en philologie ». L'amour du 
chez soi grandissait toujours en lui; il menait ce qu'il appelait « la vie sans 
mouvement ». « Si quelqu'un bougeait autour de moi, écrivaib-il le 9 novembre 
1878, il me semble que je rentrerais dans la vie réelle », et deux jours après : 
« Si vous saviez comme je défends mon calme contre tout ce qui peut tenter^ 
de l'altérer. Mon calme, c'est toute ma forée et toute ma fortune ! » Il se 
couchait alors à huit heurés du soir, dormant dès qu'il avait la tête sur 
l'oreiller ; à quatre heures du matin il était levé. 

Ainsi peut-on expliquer qu'en même temps qu'il enseignait comme il fai- 
sait, qu'il collaborait à ses deux chères revues, dirigeait le service des colla- 
tions à l'École des hautes études, et celui des acquisitions philologiques à 

(1) Notice sur Charles Graux, par E. Châtelain, dans la Revue de philologie, de 
littérature et d^histoire ancienne, 1882, pages 104 et auiv. 

(2) Ibidem, page 106. 

(3) Cette note a été publiée dans la Revue internationale, organe de la Société, 
le 15 mars 1882, pages 271 et suiv. 




LAVLSSE. -« CHARLES GRAUX. 



la bibliothèque de rUniversité, il ait pu mener à bonne fin des travaux consi- 
dérables dont l'histoire est liée intimement à celle de ses quatre voyages à 
Tétranger. 



Le premier voyage fat entrepris à la fin d'août 1875 et dura jusqu'à la 
mi-avril 1876. Charles Graux en avait exposé Tobjet dans une lettre adressée 
an ministre de Tinstruction publique au mois de mai 1875, pour solliciter la 
mission qui lui fut accordée : visiter les bibliothèques de Madrid et de TEscu- 
rial ; étudier un manuscrit de la Cyropédie de Xénophon et un autre de Stobée, 
tous deux du xi^ siècle et signalés par M. Miller, un autre du siècle, conte- 
nant les auteurs publiés par M. Wescher dans la Poliorcétique des Grecs, et, 
en outre, un certain nombre d'écrivains militaires, parmi lesquels Philon, 
1 ingénieur d'Alexandrie, auteur des deux traités sur V Artillerie et sur la 
Fortification, qui sont les monuments les plus anciens et* les plus curieux de 
Fart de llugénieur dans Tantiquité. La valeur du manuscrit avait été signalée 
par M. Miller dans un article du Journal des Savants, en 1868. Depuis deux 
ans, Charles Graux préparait une nouvelle pubUcation de Philon Tingénieur, 
et il avait réuni les collations de dix-huit manuscrits, dont dix appartenaient 
à des bibliothèques étrangères. Il se proposait encore de copier quelques 
textes inédits et signalait ceux du rhéteur Choricius, qui u gtt, aux deux tiers 
inédit, dans une bibliothèque madrilène ». Pour cela, il demandait quati^e 
mois; mais, à peine arrivé en Espagne, mesurant mieux la besogne, il expri- 
mait le désir d y demeurer plus longtemps; une prorogation lui fut accordée 
par le ministre, par lettre du 21 décembre 1875 (1). 

Les résultats de celte mission ont été exposés par Charles Graux dans son 
Rapport stir une mission en Espagne (2). Il y donne la liste de 49 bibliothè- 
ques de Barcelone, Cordoue, TEscurial, Grenade, Madrid, Salamanque, Sé ville, 
Tarragone, Tolède, Valence, qu'il a toutes visitées, à l'exception de neuf : 
quatre de celles-ci étaient fermées pour cause d'absence du bibliothécaire; 
cinq ont été négligées par Graux parce qu'il avait acquis « la certitude 
qu'elles ne cachaient pas de manuscrits grecs ». En outre il étudia plusieurs 
bibliothèques particulières. En somme, il fit, des recherches personnelles 
dajis plus de soixante bibliothèques, oCi il tint plus de 450 manuscrits grecs, 
qu i] a décrits le premier, ou dont il a revisé la description quand elle avait 
été faite avant lui. Ce rapport a un intérêt particulier pour la biographie 
de Charles Graux. On y trouve Tannonce de ses travaux futurs, et on y voit 
qa'il avait étendu le terrain de ses recherches bien au delà des hmites qu'il 
s'ét&it d'abord assignées. La collation des manuscrits de Xénophon et de 
SLobée fut abandonnée par lui, quand il ^'aperçut que les résultats ne répon- 
daient pas à l'attente qu'il en avait conçue, mais il fit une collation complète 
des Météorologiques d'Aristote» du prétendu cinquième livre de Philon l'ingé- 
oiear et des trente-deux chapitres inédits du Traité militaire attribué à 

(1) Graux avait^ avant de partir, commencé d'apprendre Tespagnol; au retour, 
il savait la langue. 

(2) Archives des missions scientifiques et littéraires^ 3« série, t. V, pp. 111 et suiv. 



uifLAKOKS ORAUX. 



c 




XXXIV 



MÉLANGES GHADX. 



Nicéphore H Phocas ; de VEutyphron de Platou ; de la troisième PhiUppiqùe 
de Démosthène ; du Breviatium hisloriae romanœ de Rafus; de fragments de 
inanascrits de Thucydide, Euripide, Plutarque, Arrieu, Alexandre d*Aphrodisie, 
Philostrate, etc., etc. ; d'une collection de 1 à06 proverbes, dont le dépouille- 
ment lui fournit de bonnes variantes, et çà et là, de petites partie^ inédites. 
Enfin, il copia urv certain nombre de textes inédits : de saint Jean Chrysos- 
tome, le Aôyo; à)9é>.t[jLoç, et une homélie, qui lui semblait d'une authenticité 
douteuse ; de Libanius, un passage qu'il envoya à M. le professeur Foerster 
de Rostock, pour qu'il pût combler une lacune de deux pages à la fin de 
la première des Deux Déclamations inédites de ce rhéteur, publiées par lui; 
de Jean Laurentios Lydos, de longs fragments du traité Tcepl ÔtooYjjjLsiwv, pris 
dans nn membi^anaceus contenant une rédaction ancienne, qui permettra de 
restituer le chapitre IX tout entier, avec le début du chapitre suivant, et d'y 
remplir des lacunes considérables. Il fit photographier deux fragments ano- 
nymes sur l'histoire de Tancienne musique grecque, pour les transcrire à 
son retour en France (1). Il copia intégralement quatre pièces beaucoup plus 
importantes : un discours du rhéteur Ghorikios de Gaza; 2° une Apologie 
des mimes, du même auteur (le Discours contient des matériaux pour l'his- 
toire byzantine au temps de Justinien, et V Apologie des détails neufs et 
curieux sur l'hi^oire du théâtre à la même époque) ; 3* une lettre d'Harpo- 
cration à un empereur, qui semble être Julien; 4<»'un Traité militaire de 
l'empereur Nicéphore II Phocas (2). G'était là une bonne moisson pour un 
premier voyage de découvertes. Et déjà Graux laissait entrevoir, dans le 
rapport, l'idée de l'œuvre qui devait être la plus importante de sa courte 
vie , lorsqu'il disait qu'il s'était efforcé de démêler l'origine des différents 
dépôts de manuscrits grecs en Espagne. Il était allé très loin dans cette 
recherche, car il savait en grande partie d'où vient le millier de manuscrits 
grecs qui se trouvent dans ce pays, à quelle époque ils y sont arrivés; et il 
était à même d'afQrmer qu'il n'y restait pas de manuscrits grecs provenant 
des Arabes (3). 

L'immense travail accompli pendant cette mission et constaté par ce 
rapport officiel, Charles Graux le décrit et l'explique presque jour par jour 
dans les lettres écrites à sa famille. Ces lettres seront un guide précieux pour 
celui ou pour ceux de ses élèves qui voudront suivre ses traces en Espagne 
et achever quelques travaux qu'il se proposait d'aller y terminer un jour. 
Elles sont intéressantes aussi pour le biographe; car elles abondent en traits 
de caractère. 

Graux était parti avec joie. C'était son premier voyage, et ses lettres sont 
pleines d'une gaieté charmante. Portrait des compagnons de route, de 
Paris à Marseille; description de Marseille et de ce littoral aux « teintes chau- 
des, où la craie, dans le lointain, paraît comme mystérieusement trans- 
formée »; récit d'une excursion à Arles et au Pont du Gard: tout cela respire 

(!) Publiés par M. Ch. Em. Ruelle dans VAn7iuaire de V Association pour Ven- 
couragement des éludes grecques e?i France , année (1877), pages 147 et suiv. 

(2) Celui-là dont le texte a été étudié en conférence, à l'École des hautes études, 
dans le second semestre de l'année scolaire 1875-1876. 

(3) Revue critique, 1882, p. 143. 




LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XXXV 



le pluair d*uii jeane homme qui s'en va à la découverte, tout fier d'avoir 
dans la po^ftson premier passe-port; car il avait un passe-port et même un 
passe-port diploMtique, qui lui fut fort utile le jour où il rentra dans Arles 
après nue excursioa (ûte aux environs avec blouse et sac de voyage. Un gen- 
darme lui demanda s'il «tait des papiers. « Je souris si doucement qu'il fut 
géné, à ce qu'il me semble, d«fis les entournures ; il ajouta pendant que, 
souriant, je dépliais lentement, presque élégamment mon passe-port diploma- 
tique, — car mon passe-port n'est pas un vulgaire papier, il est signé De- 
cazes — , il ajouta : « C'est qu'ici c'est comme ça. On demande des papiers. » 
11 lot jusqu'à la dernière lettre. Arrivé aux mois chargé d'une mission scienti- 
fquâj il s'interrompit : « Scientifique », dit-H d'un air drôle ? — « Scientiûque », 
répondis-je d'un air simple. Je ne sais s'il vit un rapport entre scientifique 
et ma blouse sale ; mais je crois qu'il m*avait pris pour un carliste (1). 
Charles garda pendant tout son voyage cette belle humeur. A l'entrée en 
Espagne, il est pris d'enthousiasme : « Je me demande si ce voyage, écrit-il 
après le débarquement à Barcelone, n'est pas le début heureux d'un beau 
rêve oriental! » Mais le ti'avail commence tout de suite, le travail acharné. 
On le suit de Barcelone à Osuna, d'Osuna à Séville, à Grenade, à Cordoue, 
à Madrid, à Tolède, à Madrid encore, et à l'Escurial. Partout^ il note les résul- 
tats de ses recherches, le progrès de ses travaux, les espérances pour le 
travail à venir. Il s'informe avant chacune de ses visites ; il contrôle ensuite 
les informations, vent tont voir et met une douce et malicieuse ténacité à 
vaincre tous les obstacles. 

Il sait qu'U y a dans la bibliothèque de la cathédrale de Cordoue deux 
cents manuscrits; il veut vériGer s'il ne s'y trouve pas quelque manuscrit 
grec Or il a une lettre de recommandation pour un commerçant, lequel 
se trouve avoir un ami, qui est l'ami de M. le chanoine pénitencier, 
gardien de la bibliothèque. A neuf heures et demie, le 28 septembre, il s'en 
▼a, plein d'espoir, attendre à la sortie du chœur le pénitencier, « un tout 
petit homme jeune, de manières calmes et très posées, comme un directeur* 
de conscience déjà expérimenté». Il lui expose l'objet de sa requête et s^en^- 
tend inviter d'un ton fort affable, à revenir le lendemain à la même heure. 
D est fort exact ; M. le pénitencier aussi. Celui-ci le mène à la porte de les- 
calier de la bibliothèque : elle est fermée. Le pénitencier dépêche uri grand 
enfant de chœur qui revient, disant : <c Personne ne sait où est la clef. » Le 
pénitencier répète la phrase au visiteur, qui demande ce qu'il doit faire. 
m Aller à Séville ou à Cadix, répond le prêtre, et venir en repassant voir si la 
def est retrouvée. » — « innocent, sans défiance, je lui avouai que je n'allais pas 
à Séville, puisque j'en revenais, mais que j'avah l'intention de visiter Grenade : 
il m'envoie à Grenade, façon de m*envoyer promener. » Et, pendant que 
Graux demeure « ahuri », le pénitencier s'en va, la figure impassible. Il se 
croyait débarrassé, mais,, à deux pas de l'église, notre visiteur, qui réflé- 
chissait au moyen d'ouvrir une nouvelle attaque , rencontre « un rat d'église 
ekerone ». Il lui conte l'aventure et lui promet un pourboire, si la clef se 
retrouve. Le soir même, le rat d'église lui annonce qu'il a parlé au sacristain 
Agoitar et que celui-ci a la clef. Là-dessus, pourboire, avec promesse d'aug- 

!) Lettre à Paul Garbe, de Séville, 17 septembre 1875. 




XXXVI 



MÉLANGES GRAUX. 



mentation, s'il y a des maauscrits grecs. « Je viens de voir le pénitencier, dit 
alors le cicérone; je lui ai appris que la clef est chez le sacristain et que vous 
reviendrez demain. 11 m'a répondu : « Ne dites rien ; s'il vient demain, il 
viendra, on verra. » Ces paroles étaient de mauvais augure; jGraux n'en 
était pas moins à la cathédrale, le lendemain, à 9 heures et demie, et il 
avait ce dialogue avec le pénitencier : 
« N'a-t-on pas retrouvé la clef? 

— Vous déviez revenir après Grenade ? 

— Mais je désirerais vérifier maintenant. Il ne vous manque que la clef, 
non la bonne volonté. Je croyais que la clef était retrouvée. 

— L'iiomme qui l'a n'est pas ici maintenant. 

— Mais vous l'avez vu hier. 

— Je ne l'ai pas vu. 

— Tâchez de le voir d'ici demain ; je repasserai encore. » 

Le pénitencier s'en va. Mais le sacristain, Raphaël Aguilar entre à ce mo- 
nieut. Graux le prie de donner la clef au pénitencier pour le lendemain, 
mais il sent que son homme se retranche : 

» Je la lui donnerai, dit-il, s'il me la demande. 

— Il ne lui manque pour cela qvîe de vous voir; faites en sorte de lui 
parler. 

— Mais c'est que je Tai rencontré hier ici après-midi; il ne m'a pas parlé 
de clef. » 

Graux compare cette déclaration à celle du prêtre, qui avait assuré 
n'avoir pas vu le sacristain. Il en conclut qu'on ne lui a pas dit « la vérité 
toute nue ». Alors il se pique au jeu. Il découvre en s'informant que le 
sacristain reviendra pour allumer les cierges, à trois heures et quart, et qu'à 
trois heures et demie, le pénitencier devra être prêt à entrer dans le chœur. 
Il en conclut qu'il y aura un moment où « le sacristain sera encore à la 
cathédrale et où le pénitencier s'y trouvera déjà ». A trois heures il est à son 
poste, voit arriver le sacristain, court à la sacristie, où il trouve le péniten- 
cier. « D. Raphaël Aguilar est ici maintenant, lui dit-il. Voulez-vous lui 
demander la clef ? » Le pénitencier répond que ce n'est pas nécessaire, ren- 
voie au lendemain, reparle du voyage de Grenade. « Non, réplique Graux, 
vous m'avez dit demain, à demain I » Pendant celte conversation, don Ra- 
phaël Aguilar avait disparu. Du moins, un grand pas était fait: il était con- 
staté que la clef était là, et qu'il n'y avait qu'à tendre la main pour l'avoir. 
Le lendemain, à huit heures du matin, l'obstiné visiteur était à la cathé- 
drale. H surprend Aguilar, qui promet d'ouvrir la porte, quand le pénitencier 
sortira du chœur à neuf heures et demie; mais le pénitencier confessait, 
confessait toujours. Il ne sortit du chœur qu'à dix heures et quart : le sacris- 
tain s'était éclipsé. Graux aborde le pénitencier, le prie d'attendre deux mi- 
nutes, court chez Aguilar, qui demeure à 40 mètres de la cathédrale, retourne 
au pénitencier, qui s'impatiente, court de nouveau chez Aguilar, qui lui dit 
qu'un autre homme ouvrira à sa place, retourne à la cathédrale, se croyant 
éconduit cette fois et pour tout de bon. « Par bonheur, un second rat d'église, 
à qui j'avais été présenté la veille par le rat cicérone, s'était intéressé à 
mon affaire, en voyant la rare ténacité dont je faisais preuve. Il s'approcha 
du prêtre, auquel il demanda, devant moi , s'il lui fallait aller, de sa part. 



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LWISSE. - CHARLES GRAUX. 



XXXVII 



dire à Aguilar de lui remettre la clef.' Le pénitencier, pris de court, ne put 
loamer. Il lâcha un om : Tautre alla et revint avec la clef. Nous entrâmes 
tous trois. Mon cœur battait à l'aise. J'étais d'une joie enfantine d'avoir 
Taîacu le pénitencier! » C'est à M. Tabbé Magnier que Charles Graux raconte 
cette jolie histoire (<). Le plus curieux de l'affaire, c'est qu'il n'espérait rien 
découvrir qui l'intéressât. En effet, dans cette bibliothèque, qui contenait 
deux mille volumes, et où les imprknés et les manuscrits étaient môlés, 
il trouva de beaux manuscrits latins, une vingtaine ou une trentaine d'é- 
ditions afdines et autres d'auteurs grecs, mais point de manuscrits grecs. 
Comme il s'attendait â ce résultat, au moment mêtne où il soutenait cette 
latte acharnée, il avait « un moment douté de sa persévérance «; mais, 
ajoute-t-il, « c'était au fond une question de caractère et de principe. Cela 
m'a rendu fort. • On peut juger, par cette anecdote , que Charles Graux ne 
négligeait rien pour bien accomplir sa mission; lorsqu'il dit : « Il n'y a rien 
en tel lieu », ou bien : « Il est impossible de pénétrer là », on le peut croire 
SOT parole. 

Pendant le temps qu'il demeura en Espagne, il fut tout entier au tra- 
vaiL Les lettres de recommandation qu'il avait emportées lui avaient donné 
les plus brillantes relations. La haute société de Madrid l'accueillit à mer- 
Teille, ^t il eut à se louer surtout de la bienveillance de M"« la comtesse 
de Montijo et de M. le duc de Sesto. 11 eut môme l'honneur d'être reçu par 
le roi d'Espagne, et, dans cette audience, il demanda à ce prince de 
vingt ans à peine établi sur le trône, de s'intéresser à la question du prêt des 
manuscrits à l'étranger ! Il fit cela simplement et naturellemeht, n'imaginant 
pas qu'il pût parler d'autre chose que de l'objet de sa mission.^ Le roi, qui fut 
sans doutç un peu étonné, promit de s'occuper de la chose, après que la guerre 
carliste serait terminée et que les communications seraient plus sûres, et 
Graux, après avoir pris congé, passa, sans orgueil, entre les deux rangs de 
hallebardiers qui gardaient la porte royale et qui le saluèrent en frappant le 
sol de leur hallebarde. « Voilà, écrivit-il à sa mère (2), ton désir accompli (car 
c'était à Vervins que l'on avait désiré cette audience)... Enfin, je sais main- 
tenant par expérience ce que c'est qu'une audience de roi : c'est toujours 
autant. » 

Il répète dans ses lettres qu'il n'est fait ni pour le monde, ni pour 
la cour. Il aimait la nature, et ses lettres offrent de bien jolies des- 
criptions. Mais on y retrouve toujours la préoccupation de savoir mêlée 
au plaisir de sentir. S'il parle du beau ciel étoilé qu'il a admiré à Grenade, 
il ajoute qu'il remarque bien que le pôle a baissé, que la Grande Ourse, qui 
est circompolaire en France, disparaît en partie sous l'horizon : « Si je sa- 
vais mieux mon ciel, ce serait intéressant. On ne devrait pas voyager sans 
savoir son ciel : je l'apprendrai un jour (3). » — 11 fait une excursion dans 
la Sierra de Guadarrama, « montagne bien élevée, dil-il pour sa mère, qui 
n a ni précipices, ni avalanches, ni toutes les vilaines manières du commun 
des grandes chaînes ». Il y admire le paysage, mais il observe le phénomène 

(1) Lettre datée de Grenade, i^^ octobre 1875. 

(2) 29 janvier 1876. 

(3) Lettre, déjà citée, à M. l'abbé Magnier, de Grenade, 1" octobre 1875. 




XXXVIIl 



MÉLANGES GRAUX. 



de la formation des torrents par la f'ônte des neiges, et il étudie la roche 
pour savoir en quel terrain il se trouve (1). — Les mille choses qui attirent 
les touristes le laissent froid, ou du moins'il n'y va pas tout d'abord; il com- 
mence par travailler, puis, quand il juge qu'il le peut^ il se donne «une 
récréation d'un jour ou deux, comme il fait à Tolède /-d'où il écrit le 11 jan- 
vier : « Plus de philologue dans ma peau! Il n'y reste qu'un touriste! » Il se 
refuse à se détourner fie son chemin pour assister à une féte. Au mois de 
février, à Madrid, an l'engage à retourner à Sévi lie pour y voir la célèbre 
foire : « Que m'importe à moi, écrit-il, tel que la Providence m'a bâti, la 
gaieté andalôuse (2) ! » Il se fait une fête au contraire de « se retirer du 
monde », et d'aller passer un mois « dans la tranquillité de l'Escurial ». 
Admira'blement reçu par le bibliothécaire, il fut installé dans une cellule 
où il travaillait toute la journée, fenêtre ouverte. Sur la porta étaient écrits 
ces mots: Pdx esl in celia, forts aiUem plurima bella, 11 a passé là les 
meilleures heures du voyage d'Espagne. 

C'est en Danemark et en Suède que Charles Graux fit son second voyage 
scientifique, pendant les grandes Vacances de l'année 1877. L'objet en est 
marqué dans sa lettre au ministre du 3 mai 1877 : faire des recherches dans 
les manuscrits grecs des bibliothèques d'Upsal, Stockholm, Lund et dans les 
deux bibliothèques principales de Copenhague; enti^eprendre le catalogue des 
manuscrits grecs conservés à la bibliothèque royale de Copenhague; agrsui- 
dir les relations' de l'école française de philologie classique avec les univer- 
sités du Nord; établir avec les professeurs Scandinaves, les Madvig, les Ussing, 
les Cavallin, « une alliance.... comme celle qu'ont déjà conclue arec Paris, 
M. Cobet et la brillante école de Leyde ». La mission fut accordée par un 
arrêté ministériel du 9 juin 1877, et Charles Graux* partit le 18 juillet (3). A 
Bruxelles, il s'arrêta pour visiter la collection des manuscrits grecs ; il visita 
aussi celle de Leyde. Ni dans l'une ni dans l'autre, il n'y avait de découvertes 
à faire : il y releva pourtant des indications paléographiques, intéressantes 
pour ses études générales sur les manuscrits grecs. S'il resta trois jours à 
Leyde, c'est qu'il se plut extrêmement en la compagnie du professeur Cobet. 
L'illustre philologue connaissait les travaux de Charies Graux; il l'avait loué 
dans sa Revue, la Mnemosyne, l'appelant vir illustrissimuSy « ce qui est la 
traduction latine du mot monsieur », comme dit Charles Graux, dans une 
lettre à ses parents, où il leur traduit le passage, si flatteur pour lui, de la 
Mnemosyne (4). Cobet accueillit cordialement le jeune savant, qu'il fut tout 
étonné de trouver si jeune. Celui-ci se plut à merveille dans cette ville calme, 
pleine de fraîcheur et d'ombre, où la vie d'un savant est naturellement fé-. 
conde. « Je me prends à regretter, écrit-il, de n'être pas libre d'y venir 

(1) Lettre à M. Graux, de l'Escurial, dimanche gras de 1876. 

(2) Lettre de Madrid, 20 février 1876. 

(3) On a vu qu'il avait appris le danois, qu'il parlait fort bien. Il a aussi un peu 
travaillé le hollandais et le suédois. Il y a, dans sa bibliothèque, des dictionnaires et 
des grammaires de ces deux langues. 

(4) Lettre à M. Graux, de Paris, 27 avril 1877. 




• LAVISSK. - 



CHARLES GKAUX. 



XXXIX • 



étudier une bonne année entière. Leyde m'explique Cobet (1). » Le Vo juillet, 
il arrivait à Copenhague après avoir fait de Kiel à KorsÔr une délicieuse tra- 
versée de nuit pendant laquelle « la lune, brillant, à Tarrière, dans Taxe du 
bateau, semait l'argent sur les vagues et Técume que nous laissions derrière 
noQs jusqu'à Fhorizon ». 

Charles Graux n'a pas publié de rapport sur cette mission ; mais il a 
donné dans trois lèttres adressées à M. le baron de Watteville, alors chef de 
la division des sciences et lettres , des indicatioas précises sur ses travaux : 
Catalogue des quatre-vingts manuscrits grecs de la bibliothèque de Copen- 
hague; découverte d'un manuscrit important pouf les études messianiques, 
parchemin du x« siècle contenant un texte des Psaumes de Salomon beaa- 
coup meilleur que celui des deux seuls manuscrits, dont Tun est au- 
jourd'hui perdu, que Ton a connus de ce livre (2). A Upsal, catalogue des 
63 manuscrits de la collection; étude d'un vieux manuscrit des Évangiles, qui 
fournit quelques données curieuses sur une antique bibliothèque de Jérusalem 
et sur la stichométrie du Nouveau Testament (3). En rentrant en France, 
Charles Graux passa par Heidelberg, pour étudier le fameux manuscrit de 
FAnthologie palatine, dont une partie est restée à Paris, « vénérabl^codex », 
dont l'étude lui permit d'arriver à des résultats nouveaux, en ce qui concerne 
la distibction des différentes mains et des différentes encres (4). » Pendant 
tout ce voyage, il tint sa promesse de chercher des relations utiles; il recueil- 
lit plusieurs engagements que prirent des savants hollandais et Scandinaves, 
d'envoyer, par amitié pour la France, des articles à la Revue de philologie, 
et à la Revue des Revues, et se félicita de n'avoir plus à craindre d'être 
incomplet en ce qui concernait la Suède et la Norvège (5). 

Ses lettres à sa famille contiennent, ici encore, des détails sur sa vie 
quotidienne, en particulier sur les fêtes du centenaire de l'Université d'Upsal, 
et sur les huit jours qu'il a passés, vivant « de pair à compagnon » avec 
MM. Gaston Boissier et Gaston Paris, représentant la France à cette céré- 
monie, fc tous deux si gais causeurs et si au courant de touti » Ici encore, 
il vit tout ce qui était à voir. Apprenant qu'il y avtiit Linkôping, au tiers 
du chemin entre Stockholm et Lund, des manuscrits grecs, il prit le temps 
d'aller visiter cette petite ville, « où il y a eu de tout temps des évêques, 
qui sont tous, de père en Ois, de braves gens, comme l'attestent les belles 
pierres tombales qu'on leur a sculptées ». Il arriva de nuit, dut errer à la 
lueur des étoiles, en quête d'un gite, car l'unique hôtel était rempli par les 
députés de la Diète, alors réunis. Il constata le lendemain que les manuscrits 
méritaient l'oubli où ils vivaient et repartit sans témoigner la moindre mau- 
Tai^ humeur. 

De ce voyage en Scandinavie, Charles Graux rapportait de nouvelles 
connaissances paléographiques et les notes nécessaires pour dresser le catâ- 

(1) Lettre à ses parents, deLeyde, 21 juillet 1877. 

(2) Lettre à M. de Watteville, 6 août 1877, de Cbarlottenlund-station, près 
Copeoiuigue. 

(3) idem, 13 septembre 1877, d'Upsal. 

(4) Idem, 6 octobre 1877,.d'Heidelberg; et cf. Revue critique, 27 octobre 1877. 
(5; Lettres citées, du 6 août et du 13 septembre. 



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XL 



MÉLANGES GRAUX. 



logae, qu'il devait publier plus tard, des manuscrits grecs, avec des rensei- 
gnements philologiqjies de diverse nature sur les plus importants d'entre eux. 

Dès le mois de mai i878, quelques mois après sa rentrée à Paris, Tinfati- 
gable travailleur sollicitait du ministre une nouvelle mission en Espagne. Il 
exposait que, lors de son premier voyage, occupé à dresser Tinventaire des 
manuscrits grecs, il n'avait pu donner assez de temps à la copie des textes 
inédits et ^ la collation des manuscrits de valeur. Il désirait copier à Madrid 
des anecdota considérables de Ghorikios; collationner, à TEscurial et à Ma- 
drid, quatre manuscrits très anciens des scbolies homériques et de la Cyro- 
pédie de Xénophon ; prendre des fac-similés de certains manuscrits datés et 
particulièrement remarquables au point de vue de l'histoire de l'écriture 
grecque; enfin, explorer les bibliothèques du Portugal et celles du N.O. de 
l'Espagne, qu'il n'avait pas visitées. Le crédit des missions étant alors épuisé, 
Graux dut attendre l'année suivante. Deux rapports, l'un daté de l'Escurial 
(19 août 1879), l'autre de Paris (31 décembre 1880) (1), donnent les résul- 
tats de «ette mission, à laquelle il employa deux voyages (19 juiIlet-24 octo- 
bre 1879; 15 mars-26 avril 1880). 

Gharles Graux eut alors la joie de découvrir à Madrid un manuscrit offrant, 
pour huit biographies de Plutarqne, un texte meilleur que celui de la vul- 
gate actuelle. Dans la partie de ce manuscrit qui contient les quatre paires 
de Vies parallèles de Nicias et Grassus, Alcibiade et Goriolan, Démos thène et 
Cicéron, Agésilas et Pompée, il releva de très nombreuses variantes, qui re- 
nouvelaient le texte, et faisaient disparaître beaucoup de passages embar- 
rassants et inintelligibles. « La découverte de ce Plutarque sera considérée 
comme importante par les philologues, dit-il dans son rapi$6rtau ministre; » 
et, dans une lettre à ses parents : « Mon manuscrit de Plutarque va faire une 
révolution dans la constitution des Vies parallèles, » Aussi travaille-t-il avec 
acharnement : « Je te souhaite autant de lièvres, écrit-il, le 4 octobre 1879, 
à Paul Garbe, qui chassait alors -dans la forêt du Nouvion, que je trouve 
de variantes. » 

En même temps, il menait u une campagne photographique. » Il avait 
entrepris de réunir une collection de fac-similés, qui présentât les principaux 
types d'écriture grecque, choisi s dans une série de manuscrits des ix«, x", 
xi«, xïi*», xiii», XIV* et xv« siècles, jusqu'à la prise de Gonstantinople. Il prit 
plusieurs clichés à Madrid* avec l'aide du bibliothécaire du ministère de 
l'instruction publique, D. Sancho Rayon, qui possédait un laboratoire de 
photographie où furent transportés les manuscrits choisis. A l'Escurial, la 
besogne fut plus difficile ; si complaisant que fût le bibliothécaire en chef, 
M. Félix Ro^anski, dont Graux loue dans chaque lettre la cordiale et char- 
mante hospitalité, il ne pouvait se résoudre à laisser sortir les volumes de la 
bibliothèque. Il fallut « se démener chez lui, en buvant du thé, comme un 
ou plusieurs beaux diables (2) ». Don Félix accorda que les manuscrits fussent 
portés, pendant l'opération photographique, dans l'élégante Galeyia de los 

(1) Archives des missions scientifiques et littéraires (3'' série, t. VII, Paris, 1881). 

(2) Lettre à M. Paul Garbe, de rEscurial, 4 octobre 1879, déjà citée. 




LAVISSE. — CBARLES GRAUX. 



XLI 



cofTwalescientes, portiqûe en équerre, tourné vers le levant et le midi. Une 
cellale abandonnée servait de cabinet noir.* Il n'y avait dans toute la journée 
que quelques heures favorables; le matin, avant que le soleil se fût élevé 
au-dessus du toit de la galerie, puis entre deux et quatre heures. Le matin, 
il fallait que Graux'allât réveiller le garçon de la bibliothèque et reprendre 
les manuscrits qui étaient rentrés pour la nuit. De midi à deux heures, 
nouvelle rentrée des manuscrits; il fallait aller les redemander au garçon, 
mais celui-ci, à cette heure-là, montrait la bibliothèque aux étrangers: 
on perdait ainsi une demi-heure et quelquefois une heure. Tout cela ne 
gênait guère notre photographe : muni de sa machine montée sur deux 
roues, il la faisait évoluer suivant la position du soleil dans le ciel. Le soir, il 
révélait dans de mauvaises conditions, seul avec une lanterne rouge qu'il ne 
pouvait accrocher nulle part et qui Téclairait de bas en haut, ou, pour mieux 
dire, ne féclairait pas du tout. Il put cependant prendre d'une façon très 
satisfaisante 54 clichés répartis entre 15 planches dont il donne la descrip- 
tion dans son rapport, cité plus haut, du 31 décembre 1880. 

Enfin, dans ce second séjour en Espagne, Graux poursuivit le travail 
historique sur la formation des collections espagnoles de manuscrits grecs 
dont il avait eu l'idée lors du premier voyage, il releva les souscriptions des 
manuscrits, étudia les signes de provenance et les marques de classifica- 
tion qu'ils ont portées successivement, ainsi que les fers des reliures. Il 
dépouilla les inventaires de collerions particulières réunies au temps de 
Charles-Quint, de Philippe II et de Philippe IV; il parcourut la correspon- 
dance de plusieurs savants de la Renaissance, espagnols et italiens ; il arriva 
ainsi « à des résultats sûrs, considérables et de deux sortes, devant sef vir, les 
ODS aux historiens de la renaissance des lettres en Espagne, les autres aux 
philologues, qui s'occupent de la constitution des textes grecs, classiques et 
sacrés. D'une part, en effet, le spectacle de la formation laborieuse dos biblio- 
thèques de manuscrits réunies par Antoine Augustin, par les deux Covarru- 
bias, les deux Mendoza, etc., nous fait entrer dans la confidence de leurs 
idées. D'autre part, la recherche individuelle de chaque manuscrit, en remon- 
tant autant que possible jusqu'à sa naissance, nous fait connaître ou nous 
aide à deviner l'archétype, souvent encore existant de nos jours, sur lequel 
il a été copié. Les questions de classement des manuscrits des auteurs se trou- 
vent par là simplifiées et éclairées (1). » Dans ce vaste sujet, il commençait 
à traiter à part l'histoire des origines du fonds grec de l'Escurial, après avoir 
remarqué qu'elle « formait un tout en soi, bien un et bien délimité (2). » 
U se sentait sûr de lui-même : « J'ai terminé ma première revision des 
580* manuscrits grecs de l'Escurial, écrit-il le 8 septembre 1879 (3). Je sais la 
provenance des trois quarts. Je vais, cette semaine-ci, prendre un à un les 
* récalcitrants, pour en réduire quelques-uns à merci. » Et il disait avec joie : 
« C'est du travail tout neuf que je fais là, surtout en ce qui concerne la 
méthode employée (4). », 

C'est au retour du troisième voyage en Espagne que Charles Graux 

(1) Rapport, plus haut cité, du 19 août 1879. 

(2) Rapport, etc., du 31 décembre 1880. 
(3} Lettre à sa mère. 

(♦) Carte postale du 17 août 1879. 



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XLTI 



MÉLAiNGES GftAUX. 



acheva les deux thèses qu'il destinait à la Faculté des léttres {{). Il Jes soutint 
le ii janvier 188<; la soutenance lui valut le grade de docteur ès lettres à 
Tunanimité et elle fit désirer à la Faculté de s'attacher un savant de si grand 
mérite. Quatre mois après, par un arrêté ministériel (i2 mai i88t), Graux 
était u chargé de faire à la Sorbonne deux conférences par semaine de philo- 
logie et d'histoire grecques ». Le second semestre était déjà commencé : il fit 
pourtant quelques leçons où il expliqua et commenta l'opuscule sur (a Aépti- 
blique des Athéniens attribué à Xénophon. 

Aussitôt Tannée scolaire finie, Charles Graux partit pour l'Italie, sans 
même prendre un jour de repos : le ministre de l'instruction publique lui avait 
donné sur sa demande la mission d'y aller étudier « les manuscrits des Vies 
parallèles de Plutarqup, la fixation de l'âge des manuscrits grecs et la forma- 
tion des principaux cabinets do manuscrits grecs de la Renaissance (2) ». 

Il désirait depuis longtemps faire ce voyage : « Je m'étais toujours promis, 
écrit-il de Venise le 16 septembre, d'offrir le voyage d'Italie au paléographe 
que M. Tournier a fait éclore en moi ! » Aucun de ses voyages ne fut plus gai 
que celui-là. a Je suis tout pénétré d'aise, écrit-il à sa mère, des bords du lac 
Majeur. Au lieu de gagner Milan au ()lus vite, je passe délicieusement tout ce 
dimanche à Stre2a(3). » Et il raconte gaiement les incidents de voyage, décri- 
vant ses compagons de route de nationalités diverses, les scènes qui se pré- 
sentent à lui, comme le sei^on du curé de Streza : « Je Tai quasi compris 
tout du long; il parlait de la foi, disait qu'il faut la grâce pour l'obtenir, etc.. 
Il était persuadé que j'étais un Anglais chancelant dans mon protestantisme : 
j'aurais juré, de ma place, vers laquelle il était toujours tourné, qu'il s'occupait 
de ma (inversion. » Jamais il ne se donna autant de loisirs que dans ce voyage. 
Son esprit, indéfiniment perfectible, s'ouvrit alors à toutes les jouissances que 
donne en Italie le spectacle des monuments de tous les arts. Pendant des 
heures, pendant des journées entières et pendant des séries de journées, il 
donne congé au philologue, pour adhiirer tranquillement les statues, celles 
du moins qui sont d'une beauté sévère, car il « n'aime pas le déclamatoire en 
marbre »; les églises, non point les églises du style rococOy non point 
même celles de la Renaissance, mais les vraies églises du Christ, romanes ou 
gothiques. C'est pendant ce voyage qu'il commença de prendre goût à la 
peinture. « Les limites entre fesquelles se trouvent renfermés les travaux de 
cette jeunesse féconde, a dit M. Louis Havet, ne sont point les limites de ses 
aptitudes et de sa curiosité (4). » Rien de plus vrai : les limites •réelles de 
sa curiosité reculaient sans cesse. « La belle peinture décidément, écrit-il 
de Florence (5), me touche plus que je ne croyais... J'ai des progrès à faire. » 
Il aurait fait ces progrès et il y a dans quelques-unes de ses lettres, des mots 
de critique d'art, inspirés par une sincère admiration des maîtres. Il sent 
avec vivacité l'étrange ou gracieuse beauté des villes où il s'arrête. Il a de 

(!) De Plutarchi Codice manuseripto Mainiensi injuria neglecio. Paris, Klinck- 
sieck, 1880, 57 pp. gr. in-8. — Essai sur les origines du fonds grec de CEscuriaL 
Paris, Vieweg, 1880, mi et 529 pp. in-8. 

(2) L'arrêté est du 6 avril 1881. 

(3) De Streza, 4 septembre 1881. 

(4) Revue critique, 1«' semestre, 1882, p. 144. 

(5) Lettre du 24 octobre 1881. 




LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XLIil 



jolies descriptions de Venise, de RaTenne, où il se plalt si bien, qu'il y demeure 
trois jours an lieu d'un. Il est tout pénétré du charme de Florence. 

A Rome, il ne sait « comment faire pour satisfaire la moitié des désirs 
que la Ville fait naître en lui ». « Si tu jouis de mes joies, écrit-il à sa mère (1), 
comme tu dois être aise de me savoir ici ! » C'étaient toujours des joies 
sérieuses ; alors même qu'il voyageait en touriste, il n'était point un voyageur 
« du grand troupeau », comme il disait. A Saleme, a coin de pays tiède et 
embaumé comme une serre d'orangers », il étudie, comme un architecte, les 
styles de la cathédrale; à Pœstum, il regarde les murs en connaisseur, et 
renvie lui prend d'aller chercher à Rome les niveaux, équerres d'arpenteur 
et autres instruments nécessaires pour relever les fortifications et en faire une 
étude. 

Tels furent les loisirs de cette campagne en Italie. La moisson du travail 
fat abondante. A Venise, où le bibliothécaire de la bibliothèque de Saint- 
Marc, M. Veludo, le reçoit à bras ouverts, il trouve de quoi mettre « dans la 
jubilation » le paléographe et contenter en même temps l'éditeur de Plu- 
tarque et l'historien de la philologie (2). En elfet, il étudie un manuscrit du 
XI* siècle en onciale — il désii*ait « depuis longtemps voir un manuscrit de la 
sorte de celui-là » ; — puis un Démosthène du x*' siècle, où les stiques sont 
numérotés de 100 en 100; il tient avec profit 60 manuscrits, et « augmente 
sensiblement son expérience en paléographie » : voilà pour le paléographe. Il 
met la main sur un manuscrit important de Plutarque et sur des pièces 
concernant Antoine Éparque : voilà pour l'éditeur de Plutarque et pour l'his- 
torien de la philologie (3). A Bologne, il étudie trois fonds de manuscrits 
grecs, dresse pour son usage personnel un catalogue de 23 manuscrits et un 
index de 70 (4). A Florence, il copie le chapitre III de la Vie de Démosthène 
et toute la Vie de Cicéron sur « un manuscrit de la famille de son fameux 
manuscrit de Madrid » (5). Il travaille à la consCllution du texte de la Vie 
d'AgésHaf, étudie un manuscrit portant de l'écriture tachy graphique dans 
les marges, et la stichométrie de toute une série de saint Basile. A Rome, 
il travaille surtout aux bibliothèques Vaticane et Barberini. A la Vaticane, lui 
et son élève et ami, M. Martin, arrivaient toujours les deux premiers pour avoir 
les bonnes places; la Vaticane fermant à midi, il courait à la Barberini, 
où il restait jusqu'à deux heures. C'est l'éditeur de Plutarque surtout qui fut 
satisfait de ce travail : « La question de Plutarque touche à sa fin », écrivait-il 
le 16 novembre, et le 24 : « Plutarque est fini, sauf des vérifications à faire 
à Florence et à Milan en retournant. » 

Le séjour de Rome touchait à sa fin. Graux était attendu en France où la 
Faculté des lettres avait recommencé ses travaux de l'année scolaire 1881- 
1882. Déjà, il lui avait fallu demander à M. Wallon, doyen de la Faculté, une 
{mlongatioo de quelques jours qui allait expirer ; mais un des bibliothécaires 
du Vatican, M. Stevenson , à la veille de mettre sous presse le catalogue des 

(1) 29 novembre 1881. 

(2; Lettre de Veuise, 21 septembre 1881. 

(3) Lettres de Venise, 24, 26, 27, 29 septembre; 4, 6 et 8 octobre; de Bologne, 
Il octobre. 

(4} Lettre de Ravenne, 12 octobre. 

f5) Lettres de Florence, 21, 24, 31 octobre. 




XLIV 



MÉLANGES GRAUX. 



manuscrits grecs da fonds palatin, lui demanda, d'accord avec Son Éminence le 
cardinal Pitra, bibliothécaire en chef, de donner son avis sur la date qui doit 
être attribuée à chacun des 435 manuscrits dont se compose le fonds. Graux 
n'eut garde de refuser ce service à rendre et ce moyen de s'instruire. Il m'é- 
crivit alors que c'était une occasion unique d'être, pendant huit ou dix jours, 
seigneur et maître d'une admirable (collection, de comparer les écritures, les 
mains qui ont ajouté telle ou telle note, les reliures, « choses difficiles à faire, 
quand on ne peut tenir que quelques manuscrits à la fois ».Il ajoutait qu'à son 
avis la Faculté ne pouvait qu'être flattée de voir un de ses membres appelé à 
dater les manuscrits de Rome. Ce fut aussi l'avis de M. Himly, qui venait 
d'être nommé doyen de la Faculté, et qui accorda l'autorisation demandée. 
Graux resta donc à Rome pour faire ce travail jusqu'au 18 décembre. Le 23, 
il rentrait à Paris (l). 

Tout en mettant en ordre ses notes de voyage. Graux préparait ses confé- 
rences de l'École des hautes études et de la Faculté. Dans une conversa- 
tion qu'il avait eue avec M. Dumont, directeur de l'enseignement supérieur, 
lors de sa nomination, au mois de mai I88i, M. Dumont lui avait dit que a l'on 
comptait sur lui pour prendre une grande. part au progrès de l'enseigne- 
ment supérieur ». Graux avait répété le mot dans une lettre à ses parents (2), 
témoignant, comme toujours, de Tétonnement de l'honneur qu'on lui 
faisait. Pourtant, lorsqu'on repasse l'histoire de son travail et de sa forma- 
tion intellectuelle, on voit bien que M. Dumont avait dit l'exacte vérité. 

Enseignement, travail personnel, missions, tout avait concouru à faire de 
lui un maître. Il y a dans le travail de celte jeunesse féconde une harmonie 
qui prouve qu'il était dirigé de haut, par un esprifqui savait son chemin. 

D'abord, Graux avait en main tous les instruments du travail. A la connais- 
sance des langues anciennes (3), il avait ajouté celle des principales langues 
européennes, allemand, anglais, danois, espagnol (4). 

(l) Eq Italie, comme en Espagne, en Hollande, en Danemark, en Suède, comme 
partout, il fat admirablement accueilli et se lit des amis. Ses lettres sont pleines 
d'expressions de sa reconnaissance pour M™" Perruzzi, qui lui donna à Florence 
une charmante hospitalité. C'est chez elle qu'il fêta, le 4 novembre, la saint Charles. 
Quatre Charles étaient présents; un invité improvisa en leUr honneur un sonnet, 
dont trois jolis vers étaient consacrés à Charles Graux : 



A Rome, il reçut aussi un gracieux accueil de M™« la comtesse Lovatelli. Il fut 
très honoré des prévenances qu'eurent pour lui M. Geffroy, directeur de l'École de 
Rome, et M. de Rossi, qui voulut bien le conduire au cimetière de Callixte et lui 
donner ainsi une féte archéologique dont il fut tout fier, comme il dit, d'être « le 
héros ». 

(2) 12 mai 1881. 

(3) u II était latiniste ; la latinité de sa thèse sur Plutarque a été remarquée, et 
lui -môme savait juger le latin des autres». Louis Havet, Revue a'itiqne^ 1882, 
t. I,p. 144. 

(4) Dans ses lettres datées d'Italie, on voit qu'il parlait l'italien, suppléante par- 



Qaei cava un raggio délia greca aurora, 
Come il colon dal guscio trae pisolli, 
Da carte che rischi&r d* ire in malora. 




LA VISSE. — CHARLES GRAUX. 



XLV 



U possédait les connaissances bibliographiques les plus étendues et les 
plus précises ; il connaissait, pour les avoir étudiés de près, les catalogues 
des principales bibliothèques de l'Europe; directeur de la Revue des Revues, 
bibliothécaire à la bibliothèque de l'Université, il surveillait l'activité scien- 
tifique dans tout le domaine de la philologie ancienne. 11 avait dressé pour 
lui-même un inventaire de tous les manuscrits de Plutarque^ qui se trouvent 
dans les bibliothèques européennes. Il était donc admirablement informé, et 
savait où se trouvait, en quelque endroit qu'elle fût, la matière de son travail. 

Il était un paléographe de premier ordre et un critique de textes de grande 
autorité. M. L. Havet l'a dit dans la Revue critique : « Il s'était livré avec une 
patience incroyable à un long et fastidieux labeur, la vérification de Vincipit 
et du desinit pour des centaines et des milliers de textes manuscrits. Jamais 
manœuvre obscur et docile ne mérita par un travail plus rebutant la pitié des 
littérateurs. Tout en compulsant les in-folio et en classant ses fiches, Graux, 
dans le secret de sa pensée, soumettait la science paléographiqne à une 
refonte presque générale; il l'embrassait d'un coup d'œil, et, sans se laisser 
guider par les idées courantes, il en brisait et en reformait les cadres. Nul ne 
connaissait mieux que lui la forme des écritures ; il avait approfondi après 
Ritschl les questions relatives à la stichométrie ; il savait trouver mille révéla- 
tions dans le genre des reliures, dans les curmoiries qu'elles portent, dans la 
nature des encres, dans la matière du papier, dans le dessin des filigranes, qu'il 
avait parfois le soin de reproduire dans ses catalogues. » Ses Notices sommaires 
des manuscrits grecs de la Bibliothèque royale de Copenhague (i) sont un modèle 
du genre ; elles disent ce que valent les Notices sur les manuscrits grecs d'Espagne, 
demeurées inédites, mais préparées pour l'impression, avec copie de nom- 
breux et quelquefois assez longs passages. Son grand travail sur la Stichomé- 
trie, publié dans la Revue de philologie i'Z) (avril 1878} avait si bien renouvelé 
les notions acquises sur la matière, ainsi que Graux le raconte dans une lettre 
à ses parents, du 6 mai \ 878, que Biass lui écrivit : « Mes positions sont mena- 
cées. » Il avait eu la satisfaction de mettre au jour des fragments inédits, 
ceux que nous avons cités, à savoir VÉloge d'Aratios et de Stephanos et l'Apo- 
logie des Mimes, de Chorikios (3), une Lettre (^'Harpocration à un empereur (4), 
on supplément au Corpus parcemiographorum grœcorum (5) ; un important traité 
de Philon de Bjzance, précédé d'une notice et illustré de notes, publié avec la 
collaboration de M. de Rochas (6) ; il préparait pour l'impression, entre autres 
fragments inédits, un traité militaire de Nicéphore II Phocas (7). Au cours 
de ses recherches paléographiques, il avait réuni les notes et collations néces- 

foifl on mot italien par un mot espagnol, mais 8e faisant comprendre. Il n'aurait 
pas eu de peine assurément à se rendre complètement maître de la langue. Cf. ci- 
dessus, note 3, p. XXXV11I. 

Archives des missions, 3« série, t. VI, pages 133-242. 

(2) Revue de philologie, 1878, p. 97 et suiv. 

(3) Idem, janvier 1877, juillet 1877. 

(4) /dem, janvier 1878. ^ 

(5) /dem^ juillet 1878. 

(6j Idem, janvier, avril, juillet 1879. 

(7) Rapport sur TÉcole pratique des hautes études, 1875-1876; et lettre du 
21 avril 1878. 



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XLVl 



MÉLANGES GRAUX. ♦ 



sairespour contribuer à des éditions nouvelles de traités d*aiiteui*s classiques, 
par exemple des Météorologiques y d'Aristote. Il avait donné lui-même une 
édition des onze premiers chapitres des Économiques j de Xénophon. Ses 
édiliofls des Vies de Démosthéne et de Cicéron (1), par Plularque, étaient le 
début d'une édition complète de Plutarque. Il sentait bien qu'il serait 
prochainement capable de donner un traité de Paléographie , faisant loi sur 
la matière; en attendant, il recevait Fhommage d'une dédicace du traité 
de Gardthausen, et il en rendait compte dans le Journal des savants (2); puis 
il préparait une galerie de clichés photographiques de pages ou de fragments 
de pages de manuscrits espagnols et de manuscrits de la Bibliothèque natiO' 
nale, pour servir à l'histoire de la paléographie. 

Connaissance des langues, bibliographie, paléographie, critique n'étaient 
pour lui que des niojens de travail : le but, il Ta marqué en donnant la 
dérfiniticm de la pliilologie au commencement de sa thèse française (3) où il dit 
que les philologues de la Renaissance cherchaient dans l'étude de l'antiquité, 
« non pas une inspiration ou seulement une pure jouissance du goût, mais 
la connaissance de Tantiquité même et de sa vie, de sa civilisation et de sa 
manière de penser ». 

Connaître la vie, la civilisation, la manière de penser de l'antiquité, telle 
était l'ambition de Charles Graux. Chacun de ses maîtres avait voulu le retenir 
auprès de lui, dans la partie de la science qu'il cultiveiit. « Consacrez-vous à 
la paléographie, lui disait-on, ou bien, à la critique verbale, ou bien à 
l'épigraphie » ; mais il poursuivait doucement son chemin , tâchant de ne 
froisser personne, résolu pourtant à être lui-môme. Dans sa thèse latine De 
Plutarchi codice manuscripto matritensi injuria neglecto (4), il montrait, par les 
corrections historiques tirées du manuscrit, à quoi il peut servir à un histo- 
rien d'être aussi un philologue. Il était prêt, dit M. L. Havet, à parler avec com- 
pétence d'histoire romaine (5). Et, de fait, ^1 avait écrit déjà quelques chapitres 
de l*histolre de l'antiquité. Sa Note sur les fortifioations de Carthage à Vépoque 
de la troisième guerre punique (6), et ses annotations de l'édition de Philon 
de Byzance, montrent qu'il avait une connaissance précise de l'art militaire 
chez les anciens. Ses articles de la Revue critique, attestent que sa curiosité 
s'étendait toujours. II allait se prendre à l'histoire politique proprement dite. 
C'est dans ce grand milieu intellectuel de la Faculté des lettres qu'il aurait 
donné la mesure de sa valeur, car il s'agissait pour lui, et il le sentait bien, 
d'employer tous ses moyens de travail à ce difficile enseignement par lequel 
les maîtres de la Faculté transmettent aux étudiants leur méthode, tout en 
les instruisant des connaissances acquises. Pendant le second semestre de 
l'année 1880-81 , il avait expliqué et commenté devant ses élèves de la 
Faculté le Traité de la République des Athéniens, qui ne doit plus être attri- 
bué à Xénophon (7). Sur l'affiche du premier semestre de 1881-82, il avait 

(1) Chez Hachette. 

(2) Journal des savants, avril, mai 1881. 

(3) A la page 4. 

(4) Rev, de philologie, 1881, p. 47 et suiv. 

(5) Revue critique, 20 février 1882. 

(6) Bibliothèque de l'École des hautes étw/esj fasc. 35. 

(7) Revue historique, !882, de janvier-février, p. 172 et s. 




LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XLVll 



aanODCé son cours sous le titre de Philologie et histoire grecques, et il se 
proposait d'étudier, une anuée, les institutions religieuses et les coutumes 
domestiques, une autre année, les institutions politiques. Ce n est pas sans 
quelque hésitation qu'il abordait ce genre, nouveau d'études; mais il avait 
pris son parti, ce qu'il ne faisait jamais sans avoir consulté ses forces et jugé 
qu'elles suffiraient. Certainement, s'il avait pu professer ce cours comme 
il a professé les autres, avec son travail opiniâtre, revenant toujours à la 
tâche et croyant n'avoir rien faii tant qu'il demeurait quelque chose à faire, 
la France aurait eu dans quelques années un véritable historien de l'anti- 
quité grecque. Sa thèse française, qui porte en sous-titre : Épisode de Vkistoire 
de la renaissance des lettres en Espagne, demeure pour montrer avec quelle 
sûre méthode il aurait écrit l'histoire. • 

Il est donc bien vrai qu'il allait prendre part, et une grande part, à la réforme 
de l'enseignement supérieur. Un homme qui s'était armé comme lui patiem- 
ment et sans jamais plaindre sa peine de tous les instruments nécessaires à la 
découverte de la vérité, qui était capable de travailler de ses mains au progrès 
de la science et qui l'aimait assez profondément pour en communiquer le 
goût à ses élèves, était capable entre tous de transmettre avec le trésor des 
connaissances acquises la méthode qui permet de les accroître. Jamais espé- 
rances ne furent mieux jusliliées que celles que Charles Graux avait fait conce- 
Toir de lui. Hélas, nous ne pouvons plus compter aujourd'hui que sur la force 
de son exemple ! 

A la fin du mois de décembre 1881, Graux alla passer quarante-huit heures 
auprès de ses parents. Je voyageai avec lui jusqu'à Vervins : en chemin nous 
parlâmes un peu de son voyage d'Italie et beaucoup de ses prochaines leçons 
à la Faculté. De retour â Paris, il écrivait, le 31 décembre, à ses parents : 
« J'achève Tannée en travaillant à ma slichométrie. » Le 7 janvier 1882, il 
écrirait à sa mère une lettre de quatre pages, où je lis ces mots : « Je songea 
m'élablir très prochainement une petite vie calme et tranquille, dans laquelle 
avec l'un et l'autre de vous ici et avec vous deux au Pont-de- Pierre (1) nous 
reformerons notre famille, qui est toute disloquée, chose que je ne vois plus 
en enfant, aujourd'hui que j'ai trente ans. Et puis, aussi vite que possible, va, 
je saurai bien me marier, vous m'aidant de toute façon. » Il ajoutait, conti- 
nuant sans doute une conversation du dernier voyage à Vervins, où ses parents 
avaient parlé de quitter tout à fait le pays pour venir s'établir à Paris : « Toute 
pensée de mariage m'emmenant chez des autres me fait mal... Ce n'est pas 
seulement notre maison, c'est ma contrée que j'aiine, ma Thiérache 'et ma 
Picardie de la vallée de l'Oise. J'y resongerais avec trop de mélancolie dans 
mes vieux jours si je ne m'y savais plus un gîte à moi : et ma propriété, celle 
que papa faisait pour moi? J'y ai mes souvenirs de famille. A Paris quelle 
£unîlleai-je trouvée? L'ardeur de dix ans de recherches m'a fait sentir moins 
le vide : aujourd'hui j'y pense plus souvent et toujours plus profondément. » 
Il fouseillail donc aux siens de ne pas se transporter à demeure hors du Pont- 
de-Pierre; mais il souhaitait qu'ils vinssent passer régulièrement quelques 
mois à Parts dans un logemient « aussi près de moi que possible ». C'est la 

;1} Le Pont-de-Pierre est un hameau de la commune de Fontaine, tout voisin de 
U Tille de Vervins, et situé près de la gare. 




xLvm 



MÉLANGES GRAUX. 



première fois que Charles Graux exprimait ces sentiments dans une lettre : 
il les avait toujoui's cachés, pour ne point accroître dans Tâme de ses parents 
Tamertume de la séparation. 

Lorsqu'il écrivait cette lettre, U était mortellement atteint. Je le vis ie jour 
même; il m'avait fait savoir qu'il était fort inconmiodé d'une grippe. Je le 
trouvai étendu sur un canapé, pâle, la main brûlante; il parlait malaisément, 
ayant la gorge embarrassée de mucosités. J'appris alprs qu'il avait ressenti 
un frisson le l^^' janvier, à TÉlysée, où il s'était rendu avec la députation qui 
était allée porter à M. le président de la République les hommages de la 
Faculté des lettres. Je lui demandai s'il avait vu un médecin; il me nomma 
M. le docteur Geoffroy, qui devait revenir le lendemain. 11 ajouta qu'il se trou- 
vait mieux et qu'il avait colnmandé son dîner, se sentant eu appétit pour 
la première fois depuis quelques jours. Le lendemain matin M. le docteur 
Geoffroy entra chez moi, très ému, et me dit que Graux avait la fièvre typhoïde. 
Il lui avait parlé d'upe fièvre muqueuse, comme on fait toujours en pareil 
cas, et lui avait conseillé de faire venir quelqu'un de sa famille. Le malade 
l'avait prié de passer chez moi et de me charger d'écrire à Vervins, disant 
que j'étais le meilleur ami qu'il eût à Paris. Qu'on me permette de répéter 
ce mot : je le retiens avec orgueil. Je courus rue Monge (1) : Graux était au 
Ut, très calme : « La maladie sera certainement longue , me dit-il , elle peut 
être grave; mais enfin je suis plus tranquille qu'hier; je sais ce que j'ai; c'est 
maintenant au médecin à me tirer de là. » Plus tranquille qu'hier! Il était 
donc inquiet, lorsqu'il évoquait dans sa lettre le souvenir de son enfance, et 
parlait avec mélancolie des vieux jours qu'il voulait passer au lieu de sa nais- 
sance I 

M. Graux père, mandé par moi après la visite de M. le docteur Geoffroy, 
arriva le soir même ; c'était le dimanche 8 janvier. 11 ne quitta pas le chevet 
du malade, où M"« Graux vint le rejoindre le jeudi. M. le professeur Brouardel 
et M. le docteur Dupuy, de Vervins, médecin de la famille, apportèrent leur 
concours au docteur Geoffroy. Tous les soins furent inutiles : le malade expira, 
le vendredi 13 janvier, à midi et demi. Il avait vingt-neuf ans, un mois et 
vingt-trois jours. M. le professeur Brouardel avait diagnostiqué que la maladie 
particip€Lit à la fois de la fièvre des pays marécageux et de la fièvre typhoïde 
ordinaire; il n'avait point hésité à dire que le germe en avait été pris en 
Italie, pendant ces derniers jours où l'infatigable travailleur s'était surmené. 
Charles Graux est donc mort victime de son dévouement à la science. 

La nouvelle se répandit aussitôt à la Faculté des lettres, qui était réunie 
ce jour-là pour la discussion d'une thèse, et à l'Académie des Inscriptions, qui 
tenait sa séance hebdomadaire. Elle y produisit une impression douloureuse 
qui se renouvela ie lendemain à l'Académie des Sciences morales. Tout le 
monde savant connaissait ce jeune homme. Pendant deux jours, ses parents 
virent se succéder, dans ce cabinet où il a tant travaillé, ses maîtres, 
ses collègues, ses amis, ses élèves, toute cette famille intellectuelle où il 
tenait une si grande place. Le dimanche 15 janvier, jour où le corps fut 
transporté à Vervins, comme les collègues et les amis du mort étaient réunis 

(1) Graux habitait rue Monge, 26, depuis qu'il ^vait quitté, le 15 octobre 1878, 
Auteuil, où il avait passé, avenue de Versailles, 53, un an et neuf mois. 




LAVISSE. — CHARLES GRAUX. 



XLiX 



devant la maison de ]a rue Monge, M. Louis Havet leur proposa de se con- 
certer ponr élever en commun un monument inlellecluel en l'honneur de 
Graux. L'idée fat acceptée par tous et, quelques jours après, dans une réu- 
nion tenae à la bibliothèque de T Université, sous la présidence de M. Léon 
Renier, un comité de cinq membres était chargé d'organiser la publication 
d'un Tolame de mélanges d'érudition qui serait dédié à la mémoire de 
notre cher mort (i). Ce monument, auquel les philologues les plus illus- 
tres de la France et de l'étranger ont apporté leur pierre, était bien celui 
qui convenait à Charles Graux. Dans les cabinets des savants, dans les 
bibliothèques de l'Europe, il défendra contre Foubli la mémoire de ce jeune 
homme, protégée déjà par ses œuvres connues auxquelles s'ajouteront bientôt 
ses œuvres inédites (2). 

Les obsèques de Charles Graux ont été célébrées à Vervins, le mercredi 
18 janvier 1882. Le corps avait été transporté au collège, dans un salon 
transformé en chapelle ardente, tendue de blanci A l'église, le service fut 
célébré p^- M. l'abbé Polydore Tourneux, l'absoute donnée par M. l'archi- 
prétre. ]((. rid)bé Magnier monta ensuite en chaire, pour y prononcer, autant 
que l'âpîiion le lui permettait, Téloge funèbre du défunt, en prenant pour 
texte ces mots de l'Ecclésiastique : Laudent eum opéra ejus (3). Puis il se joignit 
à M. Gaston Paris, à M. E. Châtelain et à moi pour tenir les cordons du poêle. 
MM. les abbés Tourneux, en habits sacerdotaux, précédaient le cercueil. 
Toute la viUe de Vervins le suivait. Au cimetière, situé hors de la ville, près 
du Pont-de-Pierre, M. Gaston Paris, au nom de l'École des hautes études, et 
moi au nom de la Faculté des lettres (4), nous rendîmes un dernier hommage 
à notre ami, pendant que sa famille et ses premiers maîtres pleuraient au 
bord de la fosse ouverte. 

La mort de Charles Graux est une grande perte pour la science française, 
et pour la France, par conséquent, puisque la renaissance des hautes études 
est an des moyens par lesquels notre pays doit refaire son honneur et rassé- 
réner son esprit. Les œuvres qui louent Charles Graux, pour reprendre le texte 
de Tabbé Magnier, ne sont point seulement celles que les érudits connaissent 
déjà ou que la piété paternelle va mettre au jour : c'était une grande œuvre 
que l'exemple qu'il donnait. S'il est vrai qu'il n'existe point de perfection hors 
de la vertu, et que la qualification de vir bonus se doive trouver dans la défini- 
tion de tout office humain bien rempli, aucun maître n'a mieux mérité que 
notre ami d'être appelé un vir bonus docendi peritus. Sa science procédait 
d'aoe vertu, la bonne foi, ou plutôt elle était cette vertu même appliquée 

(1) Ceeomité se composait de MM. Henri Weil, de TAcadémie des Ins<5riptions 
et Belles-Lettres; Gaston Boissier, de TAcadémie française; Ernest Lavisse, Alfred 
Croiset, Louis Havet. — M. Louis Havet s*est chargé de toute la correspondance et 
de la réception des manuscrits; il a dirigé Timpression, prenant ainsi la principale 
charge d*ane publication dont il a eu le premier Tidée. 

(2; Voir la fin de cette notice. M. H. Graux entreprend la publication des 
(mms complètes de son fils, publiées et inédites. 

^3) Le discours a été reproduit par le Journal de Vervins, puis tiré à part, 
Vervins, 1882. 

^4; Les deux discours ont été publiés dans la Revue internationale de l'enseigne- 
wunl du 15 février 1882, et tirés à part pour être distribués aux élèves de la Faculté 
des lettres. 

MÉLANOES ORAUX. d 




MÉLANGES GRAUX. 



au travail intellectuel. De même qu'il ne se donnait jamais pour autre qu'il 
n'était, de même il n'écrivait, ne disait, n'enseignait que ce qu'il savait. 
Celte bonne foi était accompagnée d'une telle finesse d'esprit, et la notion 
du réel^élait si claire en lui qu'on ne lui en imposait point et qu'il n'a jamais 
été dupe dans la vie, tout bon qu'il était : de même il pénétrait toute impos- 
ture littéraire et scientifique, et son regard lucide perçait, à travers l'appa- 
rence, droit au vrai. II était si modeste que ses parents mêmes, qui avaient 
toutes ses confidences et suivaient de toute leur attention chacun de ses 
pas, ont ignoré jusqu'au dernier jour la place qu'il tenait dans le monde 
savant : sa modestie le préservait de cette froide arrogance qui se rencontre 
quelquefois chez les jeunes érudits et elle ajoutait à ses qualités de professeur 
cette charité envers l'élève ignorant, qui est notre vertu professionnelle. 
Tout à ses devoirs, sans ambition d'aucune sorte, ne se comparant jamais à 
d'autres, content de faire tout ce qull pouvait de tout ce qu'il devait, il lais- 
sait rayonner autour de lui l'auréole de son bonheur intime, inspirant à tous 
l'envie de faire coinme lui, pour être heureux autant que lui. Et parce que 
son exemple valait et pouvait plus encore que sa science, il est bien vrai, 
comme nous l'avons dit au premier jour, que la perte que nous avons faite 
est irréparable. 



ERNEST LAVISSE. 




% 



NOTICSE BIBL.ICX3RAPHIQUE 

DES 

PUBLICATIONS DE CHARLES GRAUX ' 



PUBLICATIONS EN VOLUMES : 

Éctnoviqae de Xénophon , chapitres I à XI. Texte grec, avec notes en français. 

Édition scolaire, 1 toI. in-16. Paris, Hachette et C>e, 1878. 
Soticet sommaires des Manuscrits grecs de la grande bibliothèque xoyale de 

Copenhague. Tirage à part des Archives des Missions, série, tome VI, 

2* livraison. Imprimerie nationale, 1880. 
Essai sur les origines du fonds grec de TEscurial. Épisode de Thistoire de la 

renaissance des lettres en Espagne. 1 vol. in-8<>. Paris, Vieweg, 1880. 
De Piutarchi codice manu scripto Matritensi injuria neglecto. Tirnge à part de 

la Revue de Philologie, de Littérature et d'Histoire anciennes. Année 188] , 

l'* livraison. Paris, Klincksieck. 
▼ie de Démosthéne, par Plutarque. Texte grec, accompagné d'une notice sur 

les sources de la vie de Démosthéne, d*un argument et de notes en français. 

Édition scolaire, 1 vol. in-i6. Paris, Hachette etC*^ 1881. 
¥ia de Gicéron, par Plutarque. Texte grec, accompagné d'indications bibliogra- 
phiques, d'une notice sur les sources de la vie de Cicéron, d'uii argument et de 

notes en français. Édition scolaire, 1 vol. in-16. Paris, Hachette et f», 1882. 



PUBUCATIONS DANS DES REVUES ET RECUEILS DIVERS : 

!• Revcb cfiiTfQUE d'Histoire et de Littérature. Paris, Vieweg, 1875; 
Leroux, 1876 et années suivantes. 

Awmfm Art. 

1875. 23 janvier. 18. Bnée, Poliorcétiqne, par A. Huo. 

— 8 mai. 85. Études critiques sur le texte de la République de 

Platon, par H. Heller. 

— 12 juin. 113. Recherches sur la première Idylle de Théocrite, par 

Albin Krumbholz. 

— 4 septembre. 180. Les Dialectes grecs; Manuel, par Louis Dufour. 
U) Cene notice a été rédigée par M. Henri Graox, père de Charles Graux. 



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Anaue*. 

1875. H septembre. 

— 18 septembre. 

1876. 12 août. 

— 21 octobre. 

— 28 octobre. 

— 4 aovembre. 

— 4 novembre. 



— 23 décembre. 

1877. 20 janvier. 

— 14 juillet. 

— 27 octobre. 

— 17 novembre. 

— 1" décembre. 

— 29 décembre. 

1878. 30 mars. 

— 12 octobre. 

— 2 novembre. 

— 30 novembre. 



— 21 décembre. 237. 

1879. 8 février. 

— 15 mars. 

— 27 mars. 

— 26 avril. 



MELANGES GRAL'X. 

Art. 

186. Etudes sur Tancienne musique grecque, par Ch.-Em. 
Ruelle. 

190. Choix de discours de Lysias, par Frohberger. 

151. Les Études grecques en Espagne, à propos de livres de 
MM. Apraiz et Roda. 

205. La Bibliothèque d* Alexandrie et sa destruction, par 
MM. Lbfort et Wenioer. 

209. Fac-similé des écritures grecques, par Wattenbach. 

217. Recherches sur Solon, par Beqemann. 

219. Fragments d'Apollonius de Rhodes, par Michablis. — 
Les Recueils lexicographiques d'Aristophane de 
Byzance et de Suétone, par Fresen. — Le Traité de 
Théophraste sur TAmitié, [>ar Hbylbut. 

^55. Notés critiques^ par Theodor Doehner. 
11. La Comédie <t Nouvelle » à Athènes, par Ussino (de 
Copenhague). 

132. Plan et disposition des maisons grecques et romaines, 
par UssiNG. 

205. Recherches critiques sur l'Anthologie grecque, par 
Finsler. 

221. Annales de la grande bibliothèque royale de Copen- 
hague, par Bruun. 
229. Critique du texte d'Antoninus Liberalis, par Herchbr. 

— Note sur l'Odyssée, même auteur. 

247. Introduction à la paléographie grecque, par Watten- 
bach. — Contributions à la paléographie grecque, 
par Gardthausen. 
66. Tables pour l'histoire de l'écriture grecque et pour 
l'étude de la paléographie grecque, par Watten- 
bach. 

184. Mémoire sur les colonies athéniennes au v* et au rv® 
siècle, par P. Foucart. 

199. L'Éloquence attique, Isocrate, Isée, Démosthène; dis- 
cours d'Isocrate. 2 vol. par Blass et Benseler. 

223. Observations critiques et paléographiques sur les anti- 
quités romaines de Denys d'Halicarnasse, par Cobet. 

— Remarques sur les auteurs attiques, par Fuhr. — 
Contributions à la critique et à l'explication d*écri- 

, vains grecs, par Gomperz. 

Étude sur le manuscrit C de l'Anabase de Xénophon. 

— Étude sur Énée de Stymphale, écrivain arcadieh 
de l'époque classique. 2 vol. par Arnold Hug. 

22. Des Modes et des temps du discours indirect dans 

Hérodote, par Cavallin. 
42. État des catalogues des manuscrits des bibliothèques 

de Belgique et de Hollande, par U. Robert. 
46. Histoire de la philosophie grecque, par Beltram y 

Rôzpide (Madrid). 
68. Écrits choisis de Lucien, par Sommerbrodt. — Un 
Épisode de la vie de Lucien, le Nigrinus, par 
M. Croiset. 



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PUBLICATIONS 

Art. 



DE CHARLES GRAUX. 



LUI 



1879. 24 mai. 
— 19 juillet. 



16 août. 

27 septembre. 



— 6 décembre. 229. 



— 13 décembre. 234. 



1880. 2 février. 

— 9 février. 

— 16 février. 

— 22 mars. 

— 22 mars. 

— 24 mai. 

— 2S jnia. 

— 5 juillet. 

— 6 septembre. 



27 décembre. 
18 octobre. 
15 novembre. 
22 novembre. 



— 29 novembre. 261. 



— 20 décembre. 277. 



1881. 



3 jsnvier. 
17 janvier. 



— 24 janvier. 



Page 386. Lettre en réponse à M. Hua. 
132. Recherche sur le tirage au sort appliqué à la nomina- 
tion des archontes athéniens, par Fustbl de Cou- 

LANOES. * 

Variétés : Pontaticum, 
187. L'Éloquence politique en Grèce, Démosthène, par 
Brébif. 

Un Papyrus inédit de la bibliothèque de M. Ambroise 
Firmin-Didot. — Nouveaux Fragments d'Euripide et 
d'autres poètes grecs. 2 tirages à part, par H. 
Weil. 

L'Économique de Xénophon, p. p. Linckb. — L'Écono- 
mique de Xénophon, p. p. Graux. — Riemann. De la 
Constitution du texte des Helléniques de Xénophon. 
Denys d'Halicaroasse, première lettre à Ammée. Édi- 

tipns de Weil, Gastb, Bernaoe. 
Chronique. Traduction espagnole de Daphnis et Chloé 
(Anonyme). 

Étude sur Denys d'Halicarnasse ; Thèse, par Baudat. 
— Les Collections d'Apophthegmes attribués à Plu- 
tarque; Thèse, par Schmidt. 
Le Différend entre César et le Sénat ; Thèse, par 

GUIRAUD. 

Plutarque, Vie de Démgsthène; Éditions par Julien, 

Pessonneauz, Bernage, Dblaitrb. 
Manuel de philologie classique, par S. Rbinach. 
Chronique, sur le Bulletin critique de littérature, d'his- 
toire et de théologie. • 
Complète concordance de l'Odyssée et des hymnes 

homériques, par Dunbar (Oxford). 
Extraits des auteurs grecs concernant la géographie et 
l'histoire des Gaules, texte et traduction par Edm. 

COUGNY. 

Page 517. Rectification du n^ 197. 
Les Maximes de l'Urbinas, par Wilhblm Meter. 
Les Savants de la Renaissance, par Figuier. 
Abréviations tachy graphiques des manuscrits grecs, 

par Lehmann. 
Promenades archéologiques : Rome et Pompéi, par 
G. Boissibr. 

De la Critique des sources de l'histoire ancienne de 
Rome, par Peter. — Écrivains grecs de l'histoire 
rqmaine, par Volloraaf. 
2. Éléments de grammaire grecque, par Guardia et 

WlERZEYSKI. 

9. Mélanges publiés par le Cercle philologique et histo- 
rique de Copenhague. — Études philologiques sur les 
mathématiciens grecs, par Hbiberg. 
17. Ritschl, Contribution à l'histoire de la philologie, par 
Ribbeck. — Ritschl, Biographie scientifique, par 
L. Muller. — Haupt professeur, par Belgbr. 



26. 



31. 



53. 



54. 



104. 



142. 



197. 



225. 

255^ 

258. 



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LIV 



MÉLANGES GRAUX. 



Annéet. 

1881. 31 janvier. 

— 14 février. 

— 14 mars. 



— 14 mars. 



28 mars. 
4 avril. 
4 avril. 



11 avril. 
2 mai. 



16 mai. 

(> juin. 
20 juin. 

4 juillet. 

4 juillet. 

1®' août. 

1«' août. 

1" août. 

22 août. 
3 octobre. 



Art. 

21. 



30. 
48. 



59. 
65. 



70. 
86. 



96. 
115. 
133. 
141. 
142. 

160. 

161. 

162. 

173. 
200. 



12 décembre. 257. 



1882. 2 janvier. 
— 23 janvier. 



2. 
21. 



Lycurgue, Torateur, et son administration financière, 

par Droboe. 
De la Critique d*Isée, par Roedbr. 
Platon, la République, VI1I« Kvre, par Aubb. — Démos- 

thène, discours sur les affaires de la Chersonèse, 

par Marcou. 

Chronique sur le compte rendu, par Loth, de la ver- 
sion latine du Pentateuque, publiée par Ulysse 
Robert. 

Petite Histoire des Grecs, par Van dbn Bbro. 
L'Incendie de Rome par les Gaulois , par Thourbt. 
Chronique sur l'article publié par Ch. Trochon dans 

les Annales de philosophie chrétienne, concernant le 

Pentateuque de Robert. 
Les Biographies de Suidaa, par Daub. * 
Principes de fortification antique, par de Rochas d'Aï- 

GLUN. — L'Artillerie dans l'antiquité et au mo^-en 

&ge, par Hub. — La Phalange, par de Sêrignan. 
Cicéron historien, par Freund. 

L'Inscription de Tauromenium, par Lafate et Martin. 
Les Copies mécaniques d'inscriptions, par Hubner. 
Les Monuments de Part antique, par 0. RÀybt. 
Les Comptoirs des Carthaginois dans les Sortes, par 
• Perroud. , 

Le Bulletin méthodique des études classiques (Dbla- 
lain). 

Aristote, Morale à Nicomaque; Éditioift par Phili- 
bert, Carrau, Lbvy, Thurot. 

Étude sur le Conseil élu par les États de la seconde con- 
fédération athénienne, par Lbnz. 

Plutarque, Vie de Démosthène, par L. Feuillet. 

Édition critique de la République des Athéniens, par 
KiRCHHOFF. — La République d'Athènes , lettre 
adressée par Xénophon à A-gésilas, par Belot. - 
Recherches sur le livre .« De la République des 
Athéniens », par MuLLER-STRtjBiNO. 

Mémoire sur les papyrus d'Herculanum, par Compa- 

RETTI. 

BoRMANN. Les Fastes de Tauromenium. 
Warnkross. Deux chapitres des Parémiographes. 



2® Revue de Philologie, de Littérature et d'Histoire anciennes. Paris, 
Klincksieck, 1877 et années suivantes : 

1877. Janvier. Diicoors Inédit de Ghorikios : Éloge d'Aratios et de Stéphanos. 

— Avril. Motes paléographiqoes : Sur un manuscrit des Mémorables de 
XéBOphoB, à la Bibliothèque nationale; sur un manuscrit de 
Dioscoride, à la même .bibfiothëque ; sur Topinion de MoBtfaacon 
qu'il existait des manuscrits en papier de coton, antérieurs au 
xii« siècle ; sur un manuscrit dfi la Vie d* Apollonius de Tyane^ par 



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1877. Jaillet. 

— Octobre. 

1878. JanWer. 

— AtHI. 

— Juillet. 

— Octobre. 

1879. Janvier . 



— Avril. 

— Juillet. 

— Octobre. 
1880. Janvier. 



— Octobre. 



m\. Mai. 



PUBLICATIONS DE CHAKLES GRAUX. lv 

Philoftrate, à TEscurial ; sur un manuscrit, — livre d^Évangiles, 
— réputé avoir appartenu à saint Jean Ghrysostome. 

Œnrre médite de Chorikios : Apologie des Mimes. — Notes de 
Grammaire grecque. — Note sur un passage de Yégèce (4, 23). 

Revue des revues : 34 analyses de revues. 

Lettre inédite d'Harpocration. 

Recherches sur la stichométrie. — Sur une inscription publiée 

comme antique par TAOïrivatov. 
Supplément au Gorpos Paroemiographomm Graecomm. 
Revue des revues : analyses de revues. 

Note p^léographique : sur la reproduction par Yoemel, en fac-similé, 

d*une souscription de manuscrit. 
Philon de Bysance, Fortification : Notice et commencement du texte, 

avec notes. 

Phflon de Byiance. Suite du texte, avec notes. 

— Suite et fin. 

Revue des revues : Analyses de revues. 

Notes paléographiques : un Fragment de Sapho chez Choricius; 
TEncre à base métallique dans Tantlquité ; Age d*un Plntarqne 
de Florencj;un prétendu bombycimis de Tan 1095.^ Manuscrit 
d*autears militaires grecs à la bibliothèque Barberine. — Bulle- 
tin bibliographique : Le droit de succession légitime à Athènes, par 
E. Caillemer. 

Note sur Appien, Guerres civiles, n, 82, s. fin. — Bulletin biblio- 
graphique : Die tachygraphischen Abkûrzungen der griechischen 
Handschriften, von Dr. Oskar Lehmann. 

Notes paléographiques : une Olympique de Pindara écrite à Tencre 
d*or; rOnciale des fragments juridiques de Sinal; le Penta- 
têuque latin de Lyon. 



3* Ai^NUAiRE DE l'Association pour l'encouragement des études grecques. 
Paris, Maisonneuve et O^. 

1875. Notice et extrait d*un manuscrit grec de Bàle (Fragments militaires). 
1877. Sur un texte nouveau, relatif à Ménandre. 

— Introduction à deux textes grecs inédits sur le Canon musical. 
1881. Sur deux manuscrits de Plntarque, en Italie. 



AmcHivEs DES Missions scientifiques et littéraires. P^ris, Imprimerie 
oalionale : 

3« série, tome V, page lit (1879). Rapport sur une mission en Espagne. 

— tome VU, page 73 (1881). Rapport sur une seconde mission en Espagne. 

Bulletin de la Société de l'Enseignement supérieur, et Revue inter- 
nationale DE l'Enseignement. Paris, Hachette et G*S et G. Masson : 

1879. Juillet. Note sur Futilité qu'une Faculté des sciences existe près d'une Faculté 
des lettres. 



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LVI 



MÉLANGES GRAUX. 



1882. Mars. Note sur l'organisation de la bibliothèque de la nouvelle Sorbonne. 

— Juillet. De renseignement de la philologie dans une Faculté des lettres. 

1883. Mai. L'Université de Salamanque, en 1875. 

6® Revde historique. Paris, Germer Baillière et G*® : 
1882. Janvier-Février. Compte rendu critique : La République d'Athènes, par Belot. 

70 Journal des Savants. Paris, Imprimerie nationale : 

1881. Avril. Griechische Paleeographie, von V. Gardthansen, 1*' article. 

— Mai. — — — 20 article. 



8° Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, sous la direction de 
MM. Ch. Daremberg et Edm. Saglio. Paris, Hachette' et C'«, 1875-<880 : 

l^f volume, page 528. Atramentatnum. 



— page 1138. Chrysographia. 

9® Bibliothèque de l'École des hautes Études. Paris, Vieweg, 1872-1878 : 

lOo fascicule. Exercices critiques de la conférence de philologie grecque {jpasnm), 
350 — Note sur les fortifications de Garthage. 



Charles Granx a laissé en travaux et matériaux inédits, principalement : 

Notices sur 474 manuscrits grecs d'Espagne. 

— sur environ 100 manuscrits grecs de Suède et d'Italie. 

Les clichés photographiques de 30 planches, comprenant chacune un certaili nom- 
bre de pages ou fragments de manuscrits grecs, avec des notes sur des manuscrits 
grecs datés de la Bibliothèque nationale, à Paris, et d'autres bibliothèques. 

Des notes diverses sur la paléographie grecque, la grammaire grecque, etc. 

Des transcriptions, d*après les manuscrits, de textes inédits de Lydos, Numenius, 
Nicéphore II Phocas, Léon l'Empereur, Synésius, TAnonyme dit Héron le 
jeune, Alexandre d'Aphrodisie, saint Basile, saint Nil, saint Cyrille, Théo- 
doret, Théophane, etc. 

Des collations et autres matériaux pour une nouvelle édition d'un certain nombre 
de Vies parallèles, par Plutarque. 

Les collations (sur des manuscrits espagnols, danois, etc.) des Météorologiques 
d'Aristote, des prétendus psaumes de Salomon, du Songe, par Lucien, de VEu- 
typhron de Platon, d'œuvres de Ghorikios, etc. 



page 529. Atramentum. 




IN HEHORIAH OPTlHi YlRl 

CHARLES GRAUX 



qui immalura morte lilcris ereptus amicis omnibus, in quorum 
numéro me glorior fuisse, flebile sui desiderium reliquit. Non facile 
dixerim ulrum plus eius eruditionem et indefessam et prope incredi- 
biiem industriam admirareran simplex et candidum pectus diligerem 
et amarem. Itaque certior factus amicos dilectissimi viri in Gallia 
constituisse MisceUanea eruditiom's classtcae eius memoriae dedicare, 
ul esset suae erga eum pietatis monumentum, committere nolui ut 
i^Tu^iêo^ix; ex eo certamine discederem et quem vivum colueram eum 
mortuum non bonorarem. Ëo igitur consilio scripsi bas pauculas 
annotaUones DE LOGIS NONiNULLIS APUD HERODOTUM CORRU- 
FTIS ET INTERPOLATIS, quas ordine subiiciam. 

Herod. I. 56 : 6 Kpowo; — i?Sa6Trj i'kitit.tt)^ V^aCovov où8a|jLà àvt' àvSpô; pa<Ji- 

lutolerabili soloecismo banc verborum compositio laborat. Non 
aliter Graece dici potest quam : o08* wv aùTôç oOSè TOYC aOtoO tzolù- 
9s^zC xoTc^ sed mirati Graeculi banc repentinam casuum mutationem 
opem tulerunt scilicet inconsulto, ut soient, et imperite. Postulat 
Graecitatis ratio ut dicatur : Kpotao; ilizC^tûy oOSénots aÙTÔ; rîi; à^x^^ 
«taôai et t).ictîa>v TOYC auToO oOSéicoTs ';caij«<jôat TÎjç àp^-î^ç. Ubi baec 
duo coniunguntur pcp xxl — xa(, oQTe — oOts, oOôè — oOSi, coniungitur 
necessario nominativus eum accusativo. Proponam ordine plerosque 
omnes Herodoti locos, qui bue faciunt : 

n. 5i : Içfltoav — Î^K^TTiaiv ^tyéXr^y ôicd acpûv yevéaôat — xat àveupsîv <j<péa; 

II. 118 : eïvat autà icdvra âv AlyOïrrw xal oôx &v SixaC&x; «ùtOI 8(xa^ 

m. 53 : Pou).£ai rfjv TupawC$a i; (S>.>.oik; içc<î8Îv — ^ aOtOC acpéa à'Ktk^ù)^ 

m. 62 : iX-RlacKi |i.iv It^tw àlr^^ict aôrOC ts içpo8e56<j9ai. 
IV. -43 : 9«<îi ol «ÙT-^i [liÇw Î^TrjiiCYiv îmôtiaeiv i?Jiçcp èxetv ov. 

MÉLAX0B8 ORAUX. 1 



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2 



MÉLANGES GRAUX. 



IV. 1 37 : o^Jxe aô-rOC Mt^Y^aCcov ol6<; xt fffe(j8at àp^ctv oute iXko'v ouSévx 
oôSajiwv, ubi in libris omnibus estolci^Te €CTAI, quod rectissime Reiz 
emendavit. 

V. 13 : f<pa<jav ot veYjvCtjxot tîvaillaCovgç xal èxeCvtjv eîvat acpfwv à8£\(pn5v. 

V. 86 : AlyivTiTat 8è (^.éyouat) ÀÔYjvaCouç — icoX).Yi<ïi vyju^I èict-rc^.éetv a(p(«t èiçl 
TT^v j^copYjv, aÔTol 8é ff<pt eîÇat, 

VI. 67 : 6 8è— tîice a'jTÔç |j.£v à{icpoT£pwv t^Syj luticcip'îS^at, xtîvov 5è o{5. 

VII. 136 : Sép^Y^ç — oOx ?<pY| 6^aotoç faedGai AaxeSatjtovCowf xtCvou.c ji-èv 
yàp auyj^éai là icdvTwv àvôpwicwv vd{ii|j.a — , aOtdç 8è xà IxeCvokji liri'ïc).T5a«i 
TaOxa oO lîoii^^etv. Ad hanc lucem et veteres Griticorum emendationes 
confirmari poterunt et novae reperiri. IV. 196 : liyorjci 8è xalTi8£ Kap- 
5rv8ôvtof — à8txéttv o'i8£Tépouç • oStc y^P «OtOYC toO j^pudou éticTs^at — oute 
êxeCvouç Twv cpopTCwv [fiTïTs^TÔat]. Veriim vidit Bekker oQte yàp aôtOI repo- 
nens. Eadem opéra expunge inepte repetitum éLiista^oLi, V. 84 : oi 8è 
(ÉitiSaripiot) àicicpaivov X^yw oôx à8'.xéotev • 6^<jov |i.êv yàp j^pdvov tî^^v Tà 
àyd).ji.aTa èv X***?*"!! i'ïït'fs^^»^^ <Juv<8evT0, iTcel 8è iarepYjaGai aÙToiv où 8Cxai- 
ON tîvfltt àicocpipciv Iti à>.>.à xoO; f^^vraç aOtà Alytvtjraç [7cpY5<iae(j6«i èxé>.tuov], 
Optime Bekker correxit où 8(xaiOI e^vaiàicocpépeiv Iti. Utraque emendatio 
spemitur, quamquam vera et certa, sed nondum loci emendatio est 
perfecta. Delenda sunt ultima verba irpt^weaSav èxé).euov, quae verbo- 
rum compositionem vitiant. Ëpidaurii dixerant : oO^ Viî«tç 8Cxatot l<ï|i.èv 
àiçocpfpetv, àWoi ïy(o^xtç aOti Atyiv^tai, quae in indirectam orationem sic 
erant converlenda : oO 8(xaioi eîvat àicocpépctv àWà toO; l^ovta; aOtà Alyi- 
vt{Ta<;, nempe 8ixaCouc elvoci àicocpépeiv. Est operae pretium cum bis con- 
ferre locum in Euripidis Heraclidis vs. 494 : 

xà{iol >.éyei {i.àv où da^ âç, Xéyei 8i iccoç 

Vjjta; jièv à^^Yjv yaïav eûpC(Txeiv Tivi, 
auTÔç 8è 9b)<;ai tj(^v8s poO>.tTAI ic<5>.iv. 

Non fugit yetus mendum acumen Reiskii, cuius evidens correclio 
atÔTÔç 8i — poOXeCSAI non est recepta. Ô8oO, içipipyov in iniegrum resti- 
tue vitiosum èÇaji.Y)^avtJ<jo|i.8v rescribendo : 

Quod modo dicebam ex eiusdem rei observatione novas in Hero- 
doti libris emendationes reperiri posse nunc probare conabor. Editur 
III. 53 : n8pCav8po; 8è xi^puxa icépLicet fouXdjtevo; aùxôç [lèv Képxupav -fixeiv, 
âxetvov 8è [êxéXeue] èç K6piv6ov àictx6|j.£vov 8id8oxov yevéaGat tïJç Tupavv(8oç. 
Estne satis manifestum emblema? Éxeîvov 8è — 8idi8o;^ov yevioGai tîjç 
Tupavv(8oc pendet a pou>.(5[i.evoç, quemadmodum aôtd; [i-èv -^ixjiv, ut par- 
ticularum pilv et U collocatio déclarât. Quam saepe xeXcucov, xt>.eâetv, 



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COBET. — DE LOCIS NONNULLIS APUD HERODOTUM. 3 



tWktut soleant a sciolis interpolari multis exemplis ad Demosthenem 
ostendi. Alterum exemplum eiusdem erroris praebet locus Hero- 
doU 111. 75 : xal Stj tkv(t tôv jiàv Rûpou 2[t£p5iv aÔTÔç ûtïô Kapi60<7e(i) 
àvarvTtas^^Ji^voç àicoxTtCvsic , xobi Mayou; 8è paaiXeOetv. Sine COntroversia 
haec verborum conformatio vitiosa est, sed est facile sanabile malum. 
Dele molcstiim à; et statim emicabit vera lectio haec : tkiyt tôv jtèv 
Kupou £{iip8iv aùxdç Ka{i.60^o> àvayxaÇdiisvoç à';coxTeXN A I , xaO; Mayo^C 

Hisce igitur argumentis et exemplis fretus Herodoto reddendum 
censeo oOô' wv aOTÔç oOSè TOYC aOioO icaù<îs<j6a( xoTe vr^^ ^^yfï^' Neroo 
enim in banc rem abuti débet loco III. 83 : i-ni toOxw 8è 67r£^(a-:a{iat 
TÎ;; ipX'^i? ^"^^ H* o08£v6<; 6[j.é(ov àpÇoj/iat oute aÙTÔi; ây*** ^{Jtc oi àit' itJLeO 

alcl yT.v6[t«voi, nam plane diversa est buius loci ratio : iic' ^ Te outb aùTÔç 
Êyw Ipîoaai oûte ol àn* è|t£'j àpÇovTat. 

Herod. IV. 131 : ol SxuSéwv faadée; ït:i\lizo^ x-v^puxa Swpa AapsCw cpépovTa 
^viOâ Tç xal pLuv xal pdtTpa/ov xal dï<JTOÎ>ç icévTe. 

Délibérant inter se Persae quid sibi ea dona velint. Darii sententia 
erat Scythas se suaque omnia Persis dederc. Cap. 132 : <juve<rn^x£s 8è 

Ta-jTTi rÇ yvcijtYi Fw^pOea) — elxiî^ovTo; Tà Sûpa \iyz\y • "î^v jx.y| ^pvtÔfi; ysv6- 
jt£voi àyd-Kvf^àht èç tôv oOpavôv, J> nép<iai, nl^ ixiisç [yevôjtsvot] xaTà ttjÇ yïjç xaTa- 
ôvTiTE ^dTpa^oi [yevôf/ievot] Tà; XCavaç £(j7nr)$Y^aY)Te , oOx àicovoan^aeTe 
S'xi'siù 'J1CÔ TÛv8e Twv ToÇ£ujLàTa)v [pa>.).(J[i.£vot]. 

Est ea communis labes Godicum etiam antiquissimorum, quibiis 
Graecorum et Romanorum scripta continentiir, ut scateant alienae 
manus additamentis, quae a sciolis olim in margine adscripta deinde 
in textum irrepserunt et aut vira dictorum frangunt aut nitorem 
obscurant. 

Relegebam nuper Thucydidem, ubi oditur I. 82 in oratione Archi- 
dami : dbveicC«p9ovov 8è 6^<Joi [ô<J7C£p xal Vjpî;] ùtt' ÀdiQvaCcov èiçt6ou).£u6[i.e8a 
jiY^ ÉXXTjvaç jwîvov àXkà xal ^apôipouç wpocXaêôvTac SiafTwO-î^vai. Apertum 
est sententiam loci respuere verba â<;ic£p xal Vi{i£i;, quod inest, opi- 
ner, in Sint, èici6ou).euOM€9A et non. tantum insulsum est sed plan'e 
absurdum. Sic etiam in Herodoti loco, quo de agimus, tria participia 
sunt a magistello icape[i.6£6>.Y|ji.éva, bis y£vô[i.£voi et ^cùl6\i.tyo\.. 

Non sum nescius multos esse et in bis quosdam pereruditos, qui 
hoc genus emendandi fastidiant ac propemodum oderint, quorum alii 
natura acerbiores magna asperitate verborum criticos insectantur, 
alii mîtioris indolis et ingenii bilarioris iocis et facetiis fastidiosos 
criticos eludunt. Hos omnes ego non contemnendos esse censeo sed 
argumentis grammaticis et invictis in nostram sententiam placide et 
coouter pertrabendos, cuius rei faciam in Herodoti verbis periculum. 



Cur Herodotus dicere non potuit oùx à'ïçovo<iTï^<j£T£ dicCao) ôicô Ta)v8£ t(uv 
To{iufiiT4»v BAAAOMENOI? 

Quia cum rerum natura et cum Graecitatis ratione et usu pugnat 



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4 



MÉLANGES GRAUX. 



^iXko\i.%\. ùftà To$£0{iaTOç . non enim tô TdÇeujia ^âXkti^ sed 6 TÔ fiiXoç 
àcpieCç et qui sagitta ictus est pé6>.T,Tai ToÇeùjtaTi, non ùicà ToÇeufjLaToç. 
Hectissime dicitur ûiçô xo^eOjiaToç, Oie' al^jt-rj;, ôiç' dSdvTo; et sina. 
àîcoOvtScncetv , TeXeutav, àitoXéaOat, ut apud Herodotum I. 38 : ôitô yàp 
ai^^ixtjç iiSYjpéYjç àLitokita^oLi, et I. 39 : ôicô otlj^ii.'îic aiSYjpérjç — TeXeuTY^aEiv, 
et post pauca : ôwô dôdvto; TeXeim^dsw, sed P(i>.Xea6at non nisi cum dativo 
(instrumenti, ut grammaticorum filii loquuntur) componitur ut apud 
Homerum : 

^ §o'jpt TuittU i\ pXY^jieyo; la», 

id est -îi p>.iriôel(; To^euîtati, ut apud Herodotum I. 34 : «Ij^ji^? atôirjpÉTi 
pXYiOévTa, et I. 43 : ^M^zk OLl^m- VII. 218 : oi 8è 4»a)xs£; ÈêànovTO 
Toidi ToÇeO[x.aat iço>.).owC ts x<Jfcl icuxvoîat oï^ovto çeuyovTc;, et IX. 72 : 
èTpwjtaTCoÔY) ToÇeOjtaTt tà icXcupd. et IX. 22 ; 6 Maat^Cou fjCTroç pd>.X£Tai 
ToÇ£U|iaTt Tà w).£upà, et sic constanter Graeci omnes loquuntur. Contra 
oOx àTCOvo<rn^aeTC dicCaw utcô twv8e tûv TO^EujtaTwv noto et frequenti USU 
signiftcat : quo minus redealis in patriam haç sagittae prohibebuni. 
Thucyd. VII. 78 : oO yàp Iti àico^^wpîtv oldv i^v ùirô xwv titiclcov. 
Herod. IX. 49 : ài:ô toO 'luoTaji.oO y^p ^^9^ o'^^^ ^^"^"^ uStop (popùaOai U7c6 te 
Tûv tiîîréwv xal To$£U|jLàTci>v. Arisloph. Lysistr. 3 : 

o05' àv ôtfXÔEÏv yJv àv Oicô tûv Tujticdvwv. 

Herod, V. 10 : utcô tout^wv (twv uL£).i<j(jé(«)v) oOx EÎvai ôuaOeÎv tô 

ItpO^JWTépO). IV. 7 : OJX oCà TE ICpoaWTépft) StE^lévat ÙTZà TCTEpWV XE}(U|i.év(i)V. 

IV. 105 : xaTéXaêfi ex^itteiv TYiv ^^wpviv itaaav 6tcô dcpCtov, et sic passim 
apud optimum quemque. 

In iis quae praecedunt bis esse interpolatum yt^6\i.tyo\, grammalicis 
argumentis probari non polest, sed, ut ita dicam, musicis. Sunt quos 
nihil de génère hoc ofTendat quoniam aurem teretem non habent, sed 
deprehendilur fraus ab iis, quibus assidua veterum lectione subacta 
auris est — Tîi; £Opuô[j.Ca; tô yvwpKijta ô-îJTvOv tw — TETptajtévG) Tà (IiTa :tpôç 
Ti?)v (juvOeoiv tûv <j£pt5v xal à^-/jxi(ày Xdycov, ut loquitur Longinus in 
Arle rhetofHca, pag. 137 Bakii. Hi sentiunt quae oratio aptis verbis 
constructa numerose cadat et contra quae verbis supervacaneis 
onerata aurem excruciet. Dabo alterum exemplum II. 146 : xaTi- 
iTEp fipax^.é-rjç 6 AaçpiTpùwvoç VEvdaEvoç xal xal AwJvuaoç 6 ex 2ÊU.é^Y)ç 
xal Ilàv 6 âx lÏYjvEXdmriç [yEvdaEvoç]. Quid diceres si quis post 6 âx SsaéXYjç 
addere vellet yEvdu-Evoç? Nonne sentis secundum yEvdtxEvo; sine mora 
expungi oportere ? Sic et I. 4 ; tô |i.£v vuv àpuaÇEtv yuvatxa; àvSpwv àS{x(i>v 
yo\Ll^ziv Ipyov EÎvat, tô 8è dpita<}OEi<ié(i)v ffirouSirjv -jtotyjaaçOai TijjKupéEiv àvoif^Twv, 
TÔ 8è |jLir)8£[i.Cav wpyjv I^^eiv [àpicaaOEtaéwv] (jwcppôvwv. Spurium est repetitum 
àp7:a(jÔEi(jéwv. Prius absolute'positum est, nam Tt[ia)péEtv dativum regit^ 
et ad utramque sententiae partem refertur. 



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COBET. — DE LOCIS NONNULLIS APUD HERODOTUM. 5 
Levé mendum superest in àvairrf,a6£. Repone ex certa analogia 

dÉvdîmriO^c, ut àvir/yit^^t et sim. 

# 

Unum tantum locum addam ut ostendam quam puerilia addita- 
menta sine ulla suspicione legantur. Editur III. 3â : ËXXtive; "klyoïjci 
Kx^Su^x ^[t6a>.ctv ffxujjLvdv Xéovroç 9xt3>.axi xuv6ç, Ocù^péeiv 8è xal 'ct,v 
Y'JvaXxa t-xutïiv, vixcdjiévou 8è toO (TXij).axo<; àSe^oedv aùtoO [à).Xov (TXi5).axa] 
i«oppV,$avTx Tôv 8ec[jLÔv irapayevéoOai oi. Quis praesertim admonitus 
sine risu relegere potest additum &Xkoy cnc^îXaxa? In optimo (k)dice 
Romano scriptum est : àSsXcpeôv iXloy aO-roO cxuXaxa. Nempe in arche- 
typo erat : 

a>Xov axuXaxa 

Haec îgitur scripta snnto in memoilam cari amici, de quo mihi 
idem licet dicere quod dixit vir eximius in Gallia (M. Miot, le tra- 
ducteur d'Hérodote) de intimo amico (M. de Volney, l'auteur des 
Ruines) : // me reste la triste satisfaction de payer publiquement à sa mé- 
moire le tribut de ma reconnaissance pour t amitié dont il m'honorait, 
de mon estime pour son caractère^ et de mon admiration pour ses talents. 

C.-G. COBET. 

Lugdani Batavorum, m. Februario 1882. 



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GoogI 



CICÉRON, PRO FUCCO, XXIX-XXXII 



Les chapitres XXIX-XXXII du plaidoyer de Gicéron pro Flacco 
noos font connaître une série de contestations et de procès entre un 
citoyen romain établi en Asie et un habitant de la province. Flaccus 
avait rendu une décision dans ces affaires, et on Taccusait d'avoir pré- 
variqué. Gicéron s'efforce de justifier son client en montrant dans 
quelles circonstances la décision incriminée a été rendue. Il discute 
plus qu'il n'expose, et il emploie constamment des termes techniques 
empruntés soit au droit romain, soit au droit grec. Aussi traducteurs 
et commentateurs se sont-ils souvent fourvoyés dans l'explication de 
ce morceau. Je n'ai point l'intention de relever ici les erreurs qu'ils 
ont commises; je me propose seulement d'expbser et de reconstituer 
en quelque sorte l'affaire au moyen des éléments qui nous sont four- 
nis par Gicéron lui-même, et en cherchant à déterminer le sens exact 
des termes qu'il emploie. Je suis partout le texte publié par Klotz dans 
la collection Teubner. 

Decianus est un citoyen romain, établi depuis trente ans dans la 
ville d'Apollonide, à quelques stades de Pergame. Il y fait le com- 
merce et la banque. Son père y avait exercé un pouvoir, probablement 
comme receveur des impôts pour le compte de la puissante Compa- 
gnie des fermes d'Asie qui s'était formée à Rome après la loi de Gaïus 
Gracchus (1). 

Apollonide est une ville libre, elle a sa juridiction et ses lois, qui 
sont celles de tous les Grecs d'Asie. Toutefois la juridiction supérieure 
appartient au gouverneur romain de la province d'Asie, préteur ou 
proconsul, qui réside à Éphèse, et tient ses assises tour à tour dans les 
principales villes de son gouvernement. A ce point de vue Apollonide 
est placée dans le ressort judiciaire {conventus) de Pergame (â). 

Amyntas est le plus riche citoyen d'Apollonide. D'après le récit de 

(1) IfoiofSBN, HUL Rom,, t. II, p. 113. 

(2) Fus., UisL nat, V, 30, 33, 126. 



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MÉLANGES GRAUX. 



Cicéron, des démêlés sont survenus entre Decianus et Amynias. La 
femme et la belle-mère de ce dernier Tont quitté, probablement après 
un divorce, pour aller demeurer avec Decianus. La première y est 
accouchée d'une fille. La seconde s*est laissé dépouiller de ses biens 
par Decianus, qui Ta amenée par fraude à lui consentir des actes de 
vente. 

La femme d'Amyntas a figuré dans ces actes de vente, comme ven- 
dant conjointement avec sa mère. Elle n'était cependant pas proprié- 
taire, mais sa qualité d'héritière présomptive justifiait et rendait 
môme peut-être nécessaire son intervention. Il y a des exemplès d'in- 
terventions de ce genre, alors surtout que les biens vendus sont des 
propriétés de famille, des propres, et non des acquêts (1). 

Enfin les deux femmes ont figuré dans ces actes comme assistées 
d'un tuteur, parce que, d'après la loi grecque, une femme ne peut alié- 
ner sans cette assistance. On en trouve de nombreux exemples dans 
toutes les parties de la Grèce. Ce tuteur est souvent le mari, ou le fils. 
« Lex Bithynorum, dit Gaïus (I, 193), si quid mulier contrahat, mari- 
lum auctorem esse jubet, aut filium ejus puberem. » Mais il n'en 
était pas toujours ainsi, et souvent le tuteur est un étranger. 

Dans l'espèce, le tuteur est en efl*et un étranger, nommé Polémo- 
crate, mais ce tuteur complaisant n'a été, selon Cicéron, que l'agent 
d'une fraude ourdie par Decianus. 

Muni de ces actes de vente, Decianus a pris possession des biens 
vendus. Des gens à lui se sont réunis en troupe et ont expulsé Amyn- 
tas par la violence. Amyntas paraît avoir été blessé dans la lutte. 

Mais cette possession de fait n'est pas suffisante. D'après la loi 
grecque, les ventes d'immeubles ne sont valables à l'égard des tiers 
qu'autant qu'elles sont transcrites et publiées. A cet effet l'acte doit 
être présenté dans un certain délai à un magistrat municipal qui, si 
l'acte est régulier, le fait publier et transcrire et en ordonne le dépôt 
dans les archives publiques. Cette formalité s'appelle àvaypacpT^, mot 
que Cicéron traduit littéralement psLvprosmptio. Théophraste en pose 
les règles dans son traité des lois (2). Decianus fait donc transcnre 
son titre à Apollonide, mais à ce moment ses adversaires forment 
opposition. Ici commence le procès. Un certain Dion, sans doute un 
parent des deux femmes, intente àPolémocrate une action civile pour 
dol et fraude. Entre deux Grecs ce procès devait se juger d'après la loi 
grecque (3), et parles juges grecs, c'est-à-dire à Apollonide, sans qu'il 
fût nécessaire de le porter devant le conventus de Pergame, qui était 

(1) Voir, pour les' ventes d'esclaves, les inscriptions de Delphes et le Mémoire 
de Foucart (1867), pp. 7-9; voir aussi le testament d'Épicléta à Théra (Bœckh, 



(2) Voir le texte de Théophraste dans Slobée, FloriL, xliv, 22. 

(3) L'action de dol, en droit attique, s'appelait 5ixy) xaxotexviûv et tendait à des 



n» 2448). 




R. DARESTE. — CICÉRON, PRO FLACCO. 



9 



une juridicUon romaine. Poléraocrate est condamné à des réparations 
civiles, et les actes de vente se trouvent ainsi annulés par voie de con- 
séquence, ainsi que les transcriptions que Decianus a fait faire à Apol- 
lonide. Decianus n*est pas directement atteint par cette décision à 
laquelle il n'a pas été partie. Ce que Dion a fait juger contre le tu- 
teur, Poléraocrate, n'est pas jugé contre Tacheteur, Decianus. Seule- 
ment les juges d'Apollonide ont annulé la transcription faite à Apol- 
lonide. 11 faut donc renouveler la formalité. Decianus s'adresse alors 
à la ville dePergame, qui est la métropole elt le chef-lieu judiciaire du 
ressort dont dépend Apollonide. La transcription pouvait, sans doute, 
se faire indifféremment soit au lieu de la situation des biens, soit au 
chef-lieu du ressort (1). Mais l'attention des habitants de Pergame a 
été éveillée. Ils refusent d'admettre la transcription des actes de vente 
dont il s'agit. 

Recours de Decianus au préteur P. Orbius (690-691), qui, après 
avoir pris connaissance de l'affaire, rend in jure un décret par lequel 
il confirme la décision du sénat et du peuple de Pergame. 

L'année suivante, P. Orbius est remplacé par un nouveau préteur, 
P. Ser\ilius Globulus (691-692) (2). Decianus fait de nouvelles démar- 
ches. On ne peut lui opposer la chose jugée, puisqu'il s'agit d'un sim- 
ple décret et qu'il n'y a pas eu dejudictum (3). Globulus parait avoir 
accueilli, au moins dans une certaine mesure, la requête de Decianus, 
et l'avoir autorisé à rester en possession. 

Mais les habitants d'Apollonide s'adressent au Sénat romain. Ils 
envoient à cet effet des députés à Rome sous le consulat de Cicéron. 
Le Sénat répond en adressant au nouveau préteur d'Asie, L. Flaccus, 
des instructions favorables aux habitants d'Apollonide. Flaccus connaît 
de Taffaire et punit les auteurs des violences commises. Quant à De- 
cianus qui, sans doute, avait eu la précaution de ne pas se montrer, 
lors des violences commises, et qui, d'ailleurs, était citoyen romain, 
Flaccus se borne à rendre contre lui, quoique non comparant, un décret 
pronouQknlldi 7'estitu(io in tntegrum. En cela, Flaccus n'allait pas au delà 
de son droit, car d'une part il avait la juridiction criminelle contre 
tous les provinciaux, même de condition libre, et d'autre part le pré- 

dommages-intéréU. Telle était sans doute Taction intentée par Dion contre Polé- 
mocrate. Du moment où cette action était purement civile, on ne peut songer ni à 
1* j^*^ texpoini;, ni à la dénonciation appelée fd^tç. Voir Les Plaidoyers civils de 
Démoiikène, 1. 1, introduction, p. zxvii. 

(1} Le 1720 b des Inscriptions grecques de fAsie Mineure recueillies par Le 
Bas et Waddington contient un fragment d'un acte de vente consenti par une femme, 
et croové à Pergame . C'est mal à ]iropos que les éditeurs ont cm reconnaître dans 
ce texte an fragment de loi. 

(2) Voir Waodinoton, Fastes de la province cTAsie, même recueil, pp. 673-674. 

(3) L. 14, D., De re judicata (xlii, 1) : a Quod jussit vetuitve, prœtor contrario 
imperio tollere potest. » 



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MÉLANGES GRAUX. 



leur pouvait statuer coutre le défendeur qui ne coniparaissait pas, 
quoique présent et dûment appelé par son adversaire (1). 

L'effet de la restHutio in integrum ainsi prononcée après causse co- 
gnitio était de faire tomber le décret rendu par Globulus (2). 

Decianus se plaignait surtout d'avoir été jugé en son absence. Mais 
cette absence était volontaire de sa part. Sans doute Flaccus aurait 
pu, avant de statuer, faire citer le défaillant à son tribunal, par des 
édits renouvelés de dix jours eniiix jours et dont le dernier aurait été 
péremptoire (3). Mais le préteur n'était pas obligé de recourir à ce 
moyen. Il pouvait se contenter de l'appel en cause adressé à Decianus 
par son adversaire ; et dans ces circonstances Gicéron est fondé à dire 
à Decianus : « Quand bien même on eût procédé contre toi par cita- 
tions et par édit, tu n'en serais pas plus avancé, car tu n'aurais pas 
comparu davantage. » 

Le successeur de Flaccus, Quintus Gicéron, eut aussi à s'occuper 
de l'affaire. Malheureusement le texte est si altéré en cet endroit qu'il 
faut renoncer à en tirer un sens (4). Ge qu'il y a de certain, c'est que 
Quintus Gicéron n'a pas rapporté la décision prise par Flaccus. 

Ainsi, Decianus, malgré tous ses efforts, n'a pas obtenu la tran- 
scription de ses actes de vente. Il ne s'en est pas moins maintenu en 
possession, car si la restitutio in integrum prononcée au profit de ses 
adversaires a fait revivre pour ces derniers l'action en revendication 
des fonds de terre usurpés, il ne parait pas que les parties intéressées 
aient intenté cette action. Les choses sont donc restées en l'état. Mais 
Decianus veut, à toute force, donner à sa possession un caractère de 
légalité et de publicité. En conséquence, il se décide à faire inscrire 
les biens litigieux sur les registres du cens, à Rome. 

Gette inscription ne produisait pas, à beaucoup près, les mêmes 
effets que la transcription sur les registres publics. Elle ne préjugeait 
pas les questions de propriété, pas plus que ne les préjugent chez 
nous les énonciations cadastrales. Toutefois, au point de vue de la 
possession, il pouvait y avoir une certaine importance à se déclarer 
propriétaire, sous la foi du serment, et à payer l'impôt, à raison des 

(1) La restitution contre la décision prononcée in eremodicio n'était accordée 
que si Tabsence était justifiée par des motifs valables. L. 7, § 12, D., De mino- 
ribus (IV, 4). 

(2) Voir au Digeste le titre De m integrum restitutionibus (IV, \) et Paul, Sent., 
I, 7, De integri restitutions 

(3) L. 68, 73, 75, D., De judiciis{\, 1). 

(4) Le texte porte : « Quas easdem mulieri a me datas apud Pataranos requi- 
sivit. » Je serais tenté de lire t « Quas easdem mulieri Romse datas apud Thjrati- 
ranos requisivit. » Tbyatira était voisine d'Apollonide, tandis que Patara était en 
Lycie, dans un autre gouvernement. La phrase fait partie d'un morceau qui ne se 
retrouve actuellement dans aucun manuscrit et qui fut ajouté par Peutinger dans 
Tédition de Cratander. Le mot Pataranos est omis dans cette édition ; il fut à son 
tour ajouté par Naugerius, on ignore d'après quelle autorité. 




R. DARESTE. — CICÉRON, PRO FLACCO. M 



immeubles ainsi déclarés. Le tributum ex censu était un impôt sur le 
capital, proportionnel aux valeurs déclarées (1). 

Decianus s'est donc présenté à Rome devant le censeur et a fait, 
sous la foi du serment, une déclaration [dedicatin) comprenant : 1" les 
immeubles litigieux situés à Apolionide; 2^ une somme de 130,000 
sesterces; 3* un certain nombre d'esclaves qui avaient été, sans doute, 
attachés par Amyntas à lexploitation des terres dont il s'agit, et qui, 
depuis que Decianus s'était mis en possession par violence, avaient 
rejoint leur maître Amyntas. 

Cette déclaration était-elle régulière? Nous sommes porté à le 
penser. Marquardt (2) fait observer, avec beaucoup de raison, que la 
déclaration de Decianus avait été reçue par le censeur, et Gicéron lui- 
même ne prétend pas qu'elle soit nulle. Il s'attache seulement à prou- 
ver qu'elle n'était pas nécessaire et qu'elle peut entraîner de fâcheuses 
conséquences. Les esclaves sont restés en la possession d'Amyntas. 
L'argent comptant vient peut-être aussi d'Amyntas {eam opinor tibi nu- 
meratam non esse abs te). Quant aux fonds de terre, il y aura double em- 
ploi. Examinons cette dernière critique. 

Dans les premiers temps de la République romaine, les fonds de 
terre situés en Italie étaient seuls portés nominativement sur les re- 
gistres du cens. Eux seuls étaient res mancipi, susceptibles de manci- 
pation et en général de translation par un des modes solennels usités 
à Rome (3) ; eux seuls étaient soumis à l'application du jus civile, et 
par suite étaient classés comme prxdiacensuicensendo. Les autres fonds 
de terre, c'est-à-dire les fonds provinciaux, ou encore les simples pos- 
sessiones ayri publici, étaient res nec mancipi (4), aliénables par la seule 
tradition, soumis à l'application du jus gentium^ et ne pouvaient figu- 
rer nominativement et directement sur les registres du cens. Mais rien 
ne s'opposait, ce semble, à ce qu'ils y fussent mentionnés sous une 
autre forme, c'est-à-dire comme capitaux, comme valeurs. En d'autres 
termes, il n'était pas nécessaire, et Gicéron lui-même le reconnaît, que 
les fonds déclarés fussent inre. Ils pouvaient être seulement i/î/)os«e5- 
siene. 

L'immeuble inscrit nominativement au cens, Vagej* censui censendo, 
avait encore cet avantage que lui seul pouvait être engagé à l'État à 

(1) VoirMADVio, Die Verfassung und Verwaltung des Rômischen Staates, Leipzig, 
18Si. 1. 1, p. 402. 

(2) Maeqcardt, llônûsche Staalsverwaltung, t. 11^ Leipzig, 1876, p. 162, note 4. 

(3) Ulpiex, XIX, 1 : « Oranes res aut mancipi sunt aut nec mancipi. Mancipi 
niDt pnedia in Italico solo, tam rustica qualis est fundus, quam urbana qualis domus ; 
it«iD jura prsediorum rusticorum, velut via, iter, aquœductus, item servi et quadru- 
pède* qiue dorso collove domantur velut boves, muli, equi, asini. Cetene res nec 
mancipi sunt. • 

{4j OaIus, inst.^ II, 2i : « In eadem causa (nec mancipi) sunt provincialia 
pr»dia. > 



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MÉLANGES GRAUX. 



titre de garantie par les fermiers des impôts publics ou par leurs cau- 
tions (prœdes). Celte déclaration [subsigjiatio] produisait des effets tout 
particuliers, notamment au proût de TÉtat Texécution parée, sans 
forme de procès (1). Mais là n'était pas la question. 

Decianus aurait pu répondre aux plaisanteries de Cicéron : « Je ne 
prétends pas que les fonds dont il s\igit soient res mancipi. Je les ai 
déclarés comme faisant partie de ma fortune, pour qu'ils fussent 
inscrits selon leur valeur. C'était mon droit. Ce ne sont pas d'ailleurs 
de simples possessiones agri public}, précaires et révocables, pouvant 
être retirées par l'État pour être distribuées à une colonie de la plèbe 
romaine. Ce sont des propriétés privées. Il suffit que je les possède. 
Peu importe à quel titre. » 

Mais, objecte Cicéron, si l'État a besoin d'une contribution, les 
fonds dont il s'agit payeront deux fois, à savoir : à Rome et à Apol- 
lonide. — L'objection n'a pas une grande portée, car d'abord s'il con- 
vient à Decianus de payer deux fois, c'est son affaire. En second lieu, 
il est bien possible que, sur les registres d'ApoUonide, la belle-mère 
d'Amyntas figure comme propriétaire, et non Decianus. Dans ce cas, 
c'est cette femme qui payera, sauf recours contre Decianus, à raison de 
la possession de ce dernier. 

Cicéron s'arrête ici, et nous ne savons ce que devint l'affaire. Il est 
probable que Decianus, qui avait réussi à maintenir le statu quo 
pendant quatre ans, malgré tous les efforts de ses adversaires, con- 
serva en définitive le bénéfice de la possession qu'il avait usurpée. 
Toutefois, avant de condamner Decianus, n'oublions pas qu'il n'a pas 
été entendu, et que les plaisanteries de Cicéron n'étaient peut-être pas 
d'irréfutables arguments. 

(1) Schol. Bobbiensia (Orelli, t. V, 2« partie, p. 244) : 'c Et subsignandi hœc 
solebat esse causa ut aut qui vectigalia rediroeret aut qui pro mancipe vectigalium 
fidem suam interponeret, loco pigneris prsedia sua reipublicœ obligarent, quoad 
omnein pecuniam rederaptores vectigalium repeusarent. » Voyez Rivier, Vnlersuch" 
ungen ûber die Cautio pradibus prœdiisque, Berlin, 1863. 



RODOLPHE DARESTE, 



Membre de Vlastitut, conseiller à la Cour de cassation. 




D*UN SIGNE CRITIQUE 



DANS LE MEILLEUR MANUSCRIT DE DÉMOSTHÈNE 



Je dois à Charles Graux une excellente collation d'une partie du 
meilleur manuscrit de Démosthène, S ou 2, comprenant la Midknne, 
ainsi que plusieurs autres discours qui trouverontplace dans le volume 
que je prépare. Dans la Midienne, pour laquelle M. Tabbé Duchesne 
a bien voulu s'associer à Graux, un fait m'avait été signalé qui n'est 
relevé ni dans l'édition de Bekker, ni dans celle de Dindorf : à 
divers endroits du discours un nombre plus ou moins grand de lignes 
se trouve précédé d'un trait horizontal. Le recto de la feuille 135 en 
offre le premier exemple : on y voit une barre devant toutes les lignes, 
mais ni le verso de cette feuille, ni celui de la feuille précédente n'en 
présente aucune trace. Or la page en question commence au milieu 
d'un sens, au mot xaxsivoi;, du § 39, et finit de même au § 42 par les 
mots Toj; v<SjjLOj;. Je me souviens d'avoir CAUsé avec Graux de ce fait 
singulier, nous tombions d'accord qu'il n'y avait pas lieu de s'arrêter 
autrement à ce qui nous semblait un caprice de copiste. Aussi me 
suis-je abstenu de le mentionner dans mon édition^ afin de ne pas 
surcharger les notes critiques de détails inutiles. Si j'avais examiné 
attentivement les autres endroits où figure ce signe, j'aurais certaine- 
ment changé d'avis. L'autre jour, une lettre deM. W. Christ rappela 
mon attention sur ces détails que j'avais perdus de vue. Le savant 
professeur de Munich a remarqué les mêmes barres dans le manu- 
scrit que les éditeurs de Démosthène désignent sous le nom de Ba- 
varicus; mais là elles portent sur un morceau nettement limité qui 
est formé par les quatre paragraphes 38-41. 

Il n'y a plus de doute, le copiste de S a mjs quelques barres de 
trop à la fin de sa page, et il a oublié de marquer d'un trait la der- 
nière ligne de la page précédente; encore est-il possible qu'il ait 
voulu réparer cet oubli en mettant deux barres à la première ligne 
de la page en question. M. Christ considère ces barres comme des 
obéis, et il a raison. 11 s'agit seulement de déterminer ce que veut dire 



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i4 



MÉLANGES GRAUX. 



ici ce signe critique, quel sens y attachait le grammairien inconnu 
qui le plaça en marge du texte. 

Trouve-t-on d'autres o6e^ dans les manuscrits aujourd'hui existants 
de prosateurs grecs profanes? Si Graux vivait encore, il nous aurait 
éclairés sur ce point; tout ce que je sais, c'est que, au témoignage 
de Diogène Laerce (1), l'oôe/, ainsi que d'autres signes critiques, 
figurait dans le texte de Platon. En feuilletant le \ieux manuscrit du 
philosophe qui est à la Bibliothèque nationale, j'y ai bien vu des signes 
qui ressemblent aux traits horizontaux du manuscrit de Démosthène; 
mais ils ont évidemment la valeur de paragraphes indiquant les chan- 
gements d'interlocuteur, et non d'obels (2). 

Peut-on croire qu'un grammairien ait eu l'intention d'éliminer de 
la Midienne les §§ 38-41, comme interpolés? Après avoir parlé, dans 
les deux paragraphes précédents, de cas analogues que Midias pourra 
alléguer et dans lesquels l'insulte n'avait pas été suivie de poursuites 
judiciaires, Démosthène explique comment les autres coupables avaient 
des excuses qui font défaut à Midias^ et il oppose la conduite intéres- 
sée des magistrats insultés qui transigèrent pour de l'argent,* au 
désintéressement avec lequel il persiste lui-même à réclamer devant 
la justice la satisfaction due aux lois violées et à l'autorité publique 
méconnue. Tout cela est écrit d'un style qui porte le cachet de 
Démosthène, et ne pourrait être retranché qu'à la condition de 
changer le commencement du morceau suivant. Mais on sait que 
Démosthène laissa tomber le procès et qu'il ne persista pas dans la 
ligne de conduite dont il se fait ici un mérite. Évidemment, s'il avait 
publié son plaidoyer, il n'y aurait pas laissé ce passage ; mais il faut 
dire que cette supposition môme est inadmissible : les mêmes raisons 
qui auraient empêché Démosthène de maintenir ce passage, s'oppo- 
saient à la publication du discours. 

Passons maintenant en revue les autres endroits marqués du signe 
critique et commençons par celui qui fournit la preuve que nous 
avons bien réellement affaire à des obéis. C'est le morceau qui com- 
prend les i paragraphes 88-91 et la première phrase du paragraphe 
suivant jusqu'aux mots àxupov icotet (3). A propos de quelques mots 
obscurs qui se lisent au § 89, le scholiaste dit : Toîjto tô jjLépo; ù)^i).tffTott 
icapà Twv xpiTtxûv xal tî»; àôt(5p6o)70v 'kh^cùàXivk^t.k, Gela signifie- 1- il que, 
au jugement des critiques, Démosthène n'avait pas mis la dernière 
main à ce passage? Je ne sais; il se peut qu'il manque quelque 
chose après tîx;, et que le scholiaste entende que les critiques se sont 

(1) Dioo. Laert., III, 66. 

(2) Les obéis du vieux manuscrit de Grégoire de Nazianze indiquent les propo- 
sitions hétérodoxes que Torateurva réfuter. Voyez A. Pibrron, éd. de Vlliade, II, 
p. 530. 

(3) La dernière ligne obélisée se termine par xaCtoi el ica-. 




WEIL. - D UN SIGNE CRITIQUE DANS DÉMOSTHÈNE. i5 



abstenus de reviser et de rectifier ce morceau. Quoi qu'il en soit, il 
serait exiravagaul de Tattribuer à un autre qu*à Démosthène. 

Outre Tobscurité déjà signalée, on peut découvrir une contradic- 
tion, plus apparente, il est vrai, que réelle, entre ce morceau et 
quelques lignes qui se lisent un peu plus haut. Démosthène assure au 
§ 90 que Midias s^abstint de se pourvoir contre certaines condam- 
nations par défaut. Or, au § 86 il est dit que Midias demanda la cas- 
sation de la sentence arbitrale, mais qu'il s'abstint de prêter le ser- 
ment sans lequel son pourvoi ne pouvait avoir de suites légales. 11 est 
à remarquer que les lignes qui contiennent cette dernière assertion 
(r?iv uiv ôCaiTav... jji>.^ov ).a9f iv) sont aussi obélisées d^ns notre ma- 
nuscrit (i). 

Au § 139 Démosthène met les juges en garde contre certains ora- 
teurs à gages dont Midias s'est entouré, et contre une bande de 
témoins dressés à confirmer par des signes de tête les mensonges pro- 
duits par ces défenseurs mercenaires. Il ajoute qu'il ne croit pas que 
ces gens aient rien reçu de Midias, mais qu'ils subissent l'ascendant 
qu'exerce la richesse. 11 est évident que ces derniers mots ne se rap- 
portent qu'aux témoins honteux; mais le scholiaste les rapportait 
d'une manière générale à ces témoins et aux orateurs mercenaires, 
lesquels auraient donc reçu de l'argent et n'en auraient pas reçu. Le 
commentateur s'efforce d'atténuer et d'expliquer tant bien que mal 
la contradiction qu'il trouve dans le texte. Or, dans notre manuscrit 
la seconde partie de ce paragraphe (OO; jtà touç Otouç... p.apTupgtv) est 
précédée de traits horizontaux (â). Le scholiaste témoigne indirecte- 
ment de la présence de l'obel critique ; il semble en contester la^néces- 
silé, en essayant de donner une solution (XO^t;) de la difficulté (àiropCa) 
qui le provQqua. 

Un peu plus bas, un autre morceau d'une certaine étendue est 
marqué du môme signe. L'orateur fait un parallèle entre Alcibiade, 
qui fut banni d'Athènes à cause de son insolence, et Midias, qui, plus 
insolent encore sans avoir ni la naissance ni le mérite d'Alcibiade, 
doit être châtié sans pitié. Les §§ 143-147 et le commencement de 148 
jusqu'au mot âvStixvti{Mvo; sont marqués du signe critique (3). On peut 
croire que le grammairien était choqué des nombreuses erreurs his- 
toriques, volontaires ou involontaires, qui étonnent dans ce morceau. 
Cependant on ne pourrait le retrancher sans modifier les considéra- 
tions qui suivent; tout au moins faudrait-il supprimer aussi les mots 

C'est ici le lieu de parler d'une scholie qui était restée obscure, 

(1) Cinq lignes, dont la dernière se termine par tc).su*. 

(2) La dernière ligne comprend encore les mots itavta 6e Tavta oi-. 
La première ligne marquée commence par -x^po; rvit icoXireCai. 



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i6 



MÉLANGES GRAUX. 



mais qui va s'éclaircir maintenant et jeter un jour nouveau sur This- 
toire du texte de Démbsthène. Un peu plus bas, au commencement 
du § 149, aux mots yévou; 2v£xa v^j Aia, on lit dans le Bavaricus cette 
notice: ToDto curîiirTat (lisez: ffuvtJicTo) toT; icapa<nî{i.otç, icplv SiopôwÔTjvai 
TÔv "Xdyov Tà Sè jj.é<îa èvsTéÔYj. Le terme içapà(j7)|jwi indique évidemment 
le morceau dont Tauthenticité était contestée et qui est marqué dans 
notre manuscrit du signe de Tobel. Nous apprenons que, dans le texte 
primitif, ce morceau était immédiatement suivi des premiers mots du 
§ U9, et que le passage intermédiaire, qui le sépare aujourd'hui de 
ces mots, a été inséré par le réviseur du texte, évidemment le môme 
que Fauteur de Tathétèse. Mais ce passage n'est pas de la façon de ce 
critique; il a dû se lire d'abord ailleurs, et il n'est pas difficile de de- 
viner à quel endroit: on peut affirmer que sa place primitive était à la 
fin du § 150. La transposition fut imaginée dans l'intérêt de Tathé- 
tèse : après avoir supprimé le parallèle entre Midias et Alcibiade, on 
se trouva en face d'un morceau acéphale, et ou eut recours à une 
transposition qui pouvait sembler ingénieuse et plausible. Mais, si le 
morceau obélisé est de Démosthène (chose dont on ne peut douter 
raisonnablement), la transposition ne saurait être acceptée. On n'a 
qu'à relire le § 148, les mots : Mt?i toCvuv OuIv... ne se rattachent point 
à ceux qui les précèdent, la transition est impossible. Il est vrai que, 
si nous ôtons le passage intercalé, la transition n'en devient pas plus 
facile, mais cela tient à l'altération du texte. Voici comment les phra- 
ses se suivaient, avant le remaniement du critique inconnu : ÀvTtSwji^v 
St?j t(; ûv xal TC<Jt xauV èvScixvOiJLEvOs (sous-entendu èTCoCïjffe TaOta). Févo'jç 
é'vÊxa vf, ACa • xal tC<; oOx oISev Ta; àicoppv^TOUç ,w<J7cep èv TpaywSta, [ta;] toutou 
Yovd;... On a cherché à expliquer t((ji TaîîT' èvSgtxvij|jLevoç, je l'ai essayé 
moi-môme; mais sans trouver rien de satisfaisant. Aujourd'hui je vou- 
drais écrire : TC^t .TauT' èSaxoùuLtvoç. L'orateur vient d'opposer à la 
conduite insolente d'Alcibiade les excès plus graves encore commis 
par Midias, et il continue ainsi : » Complétons maintenant le paral- 
lèle : quel est cet homme et par quel mérite rachète-t-il ces excès 
(pour oser se conduire ainsi)? Est-ce à cause de sa naissance? » Mais, 
répond Démosthène, Midias est un étranger à Athènes, un barbare, 
et sa conduite le prouve bien. Venait ensuite la conclusion : « Mt?i toCvuv 
û|i.iv, iipôç Tw xa),6v, 11.7) «5è 6£|i.itôv vojjLCÇeTe... Croyez donc que, non seu- 
lement l'honneur, mais toutes les lois humaines et divines ne vous 
permettent pas de pardonner les méchancetés, les violences, les in- 
solences d'un tel homme, qui ajoute au vice de sa naissance la lâcheté 
en face de l'ennemi et l'impertinence envers ses concitoyens. « Si 
j'avais à donner une nouvelle édition de la Midienne, je n'hésiterais 
pas à rétablir l'ordre que j'indique : c'était l'ordre primitif, si j'ai bien 
compris la scholie citée plus haut. 

Jusqu'ici nous pouvions rapprocher les scholies des signes criti- 



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WEIL. — D'UN SIGNE CRITIQUE DANS DÉMOSTHÈNE. M 



ques; nous n'aurons plus ce secours pour les autres obéis. En voici 
cependant dont le motif est évident sans commentaire. Tous les lec- 
teurs de ce discours ont remarqué une belle comparaison très déve- 
loppée qu'on lit au § 101 et qu'on retrouve à peu de chose près aux 
§§ 184-185. La seconde rédaction vaut peut-être mieux qué la pre- 
mière, et elle est très bien placée dans J'ëpilogue. Nous comprenons 
facilement pourquoi- le § 101 a été obélisé; mais les signes commen- 
cent plus haut, et le § 100 est marqué de la même condamnation (1), 
je ne vois pas pour quelle raison. 

Au paragraphe 97, les obéis placés avant les mots xal im^Tc ioptri;... 
xsfd^ctyjta ron^crsTc se justifient pleinement. Le texte cloche, et les 
éditeurs modernes ont proposé soit d'en supprimer une partie, soit de 
marquer une lacune, soit de transposer certains mots. 

On devine plus difficilement quel scrupule a pu engager un criti- 
que ancien à obéliser deux lignes du paragraphe 49. L'orateur y fait 
ressortir l'humanité de la loi athénienne qui protège contre l'outrage, 
non seulement les hommes libres, mais jusques aux esclaves, et il 
ajoute : xal icoWoùç •^J^tj icapa6ivTa; tôv v6jtov toutov i^Yi {jLwuxadt OaviTco. Ces 
mois (2) sont marqués du signe critique. Un grammairien aurait-il 
jugé incroyable que l'outrage exercé sur la personne d'un esclave ait 
jamais été puni de mort dans Athènes? 

Voici maintenant deux obéis dont la raison m'échappe tout à fait. 
Quelle difficulté -peut-on trouver à la fin du § 9â dans les mots : El yàp 
iTx,|x.ta xal v(S(Uiiv xal Sixûv xal irdvTcov orépiqav; èxcCvou TàSix^^taToç irpooK^xouo' 
M. SCxTi, Tîiç y' C^P««»>Ç K-vxpà BdvaToç <pa(v6Tat (3). Voici ce que dit l'ora- 
teur : Si Midias avait le droit d'infliger la dégradation civique à un 
homme qui avait blessé son orgueil, la mort est un châtiment léger 
pour le délit commis par Midias lui-même. Le grammairien n'aurait-il 
pas compris qu'en se servant de ce tour hypothétique, Démosthène 
n'entendait nullement approuver la conduite de Midias envers Straton? 

Le paragraphe 133 et la première phrase de 134 jusqu'aux mots 
xdvxz< i?i>.auveç, sont également précédés de l'obel (4). Ici je ne puis 
pas même soupçonner les motifs du critique. Tout se suit, tout se 
tient^ tout sert l'intention de dénigrer l'ennemi pessonnel ; et si l'on 
ôlait ce morceau, la suite ne se comprendrait plus. 

Tous les obéis que nous venons de passer en revue sont de la pre- 
mière main ; les suivants ont été marqués par le copiste qui ajouta les 
scholies, et ils se trouvent tous vers la fin du discours. Dans les §§ 205- 

(1) La première ligne commence par les deux dernières syllabes de MttdCou, et 
la dernière finit par Totvw 4* ^ 

(2) Pour être minntieiisement exact, disons qne xcd se trouve dans la ligne pré- 
eédente. 

(3) La première des lignes obélisées contient aussi le mot irapaéacvovToç. 

(4) La première ligne contient aussi la dernière syUabe de icpdrretv. 

MEUUC0B8 GRAUX. 



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18 



MÉLANGES GRAUX. 



207, Torateur prend à parti Eubule, le plus influent des hommes po- 
litiques qui allaient intercéder en faveur de Midias. Tout ce morceau 
est marqué de traits horizontaux (1). On croira difficilement qu'un in- 
terprète sensé ait entendu révoquer en doute l'authenticité de ce mor- 
ceau ; mais les premières lignes sont en très mauvais état et présen- 
tent un texte altéré et mutilé. 

Un peu plus bas, Torateur dit aux juges : J*ai <ionné suite à la sen- 
tence du peuple, j'ai fait mon devoir, faites le vôtre; les §§ 217-218 
sont précédés du signe critique, sauf les mots : OO yàp âx icoXiTix-fi; 
altCaç... ôuva<j6ai xpCvetai (2). Si on rattachait ces mots à Mt)8a|i.<oç, qui se 
lit au commencement du§ 217 et qu'il faut nécessairement conserver, 
les idées se suivraient et la transition serait satisfaisante, plus satisfai- 
sante même que dans le texte actuel. Je ne suis pas éloigné de croire 
que l'orateur nota dans son manuscrit plusieurs additions succes- 
sives, sans prendre le temps de les raccorder ensemble. 

S n'est pas le seul manuscrit dans lequel certains passages de la 
M idienne sont précédés d'obels; ily en a aussi dans leBavarûms et dans 
le Marcianus F. Les trois manuscrits s'accordent généralement, à ce 
qu'il parait, pour l'emploi de ce signe, mais non toujours. Ainsi les 
deux lignes du § i9, que nous avons vu obélisées dans le manuscrit 
de Paris, ne le sont pas dans les deux autres. En revanche, le co- 
piste du Bavœncm a marqué du signe critique les quatre paragra- 
phes 189-192 (3). 

Démosthène y combat d'avance deux moyens dont se servira l'ac- 
cusé pour le rendre suspect aux juges : il lui reprochera d'être ora- 
teur, il lui reprochera d'apporter un discours médité. Par le fait, ces 
deux moyens n'en font qu'un. Le critique inconnu pensait-il qu'il 
conviendrait de supprimer soit les deux premiers, soit les deux dei> 
niers de ces quatre paragraphes? En ce cas, le scholiaste aurait déjà 
répondu à son scrupule : il explique très bien l'artifice par lequel 
Démosthène distingue deux points qui semblent se confondre. 

Ajoutons enfin une dernière athétèse qui n'est mentionnée que 
dans les scholies. Un certain Straton avait été privé de ses droits de 
citoyen par les intrigues de Midias; cet homme ne peut plus être 
témoin ni parler en justice, et Démosthène se borne à le faire paraître 
devant les juges afin de les exciter contre Midias parla vue de ce per- 
sonnage muet. Au témoignage du scholiaste, ce passage avait été obé- 

(1) Le dernier mot du§ 204, irauatoOat, est compris dans les lignes marquées; 
le dernier mot du § 207» icoiiQ9St(, n*y est pas compris. 

(2) La première ligne obélisée commence par -ftsiaOe 0{j.eî; {&T]$a(jL(ô; ; puis les 
otels s'arrêtent à oUou tivoc. Ils reprennent à -tep oSv, et finissent à di;. 

(3) Je tiens ces renseignements de M. Christ. On trouvera plus de détails au 
sig'et des manuscrits de Munich et de Venise, dans le mémoire que prépare ce savant 
sur les copies de Démosthène appelées 'ATtixiavà. 



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WEIL. — D'UN SIGNE CRITIQUE DANS DÉMOSTHÈNE. \9 



Usé par la raisoa qu'un citoyen Mppé d'attmte n'aurait pas môme eu 
le droit de paraître en justice. Cette observation peut être fondée ; 
mais ce n'est pas une raison suffisante de croire que Démosthène n*ai.t 
pu avoir l'intention de produire cet homme quand même. En disant : 
i^rdvai yàp iÇé<rcai 8i5itou6ev aÙTû (i), il semble indiquer qu'il fait une 
chose peu conforme à l'usage. 

Essayons maintenant de répondre à la question que nous nous 
étions posée au début, à savoir : quel est au juste le sens des signes 
critiques que les scholies attestiînt deux ou trois fois et que les ma- 
noscrîts offrent en assez grand nombre. Le fait que ces signes ne se 
trouvent que dans le discours contre Midias ne peut être regardé 
comme indifférent dans cette question. Démosthène laissa tomber ce 
procès, et il ne publia certainement point son plaidoyer. Photios nous 
apprend que certains critiques anciens expliquaient par cette circon- 
stance les redites et doubles emplois qui les choquaient dans ce 
discours. Démosthène, disaient-ils, n'a laissé qu'un premier jet^ un 
brouillon, non un texte attentivement revisé en vue de la publica- 
tion (S). Il est vrai que Photios en dit autant du discours de VArnbas- 
sadûj et je ne sache pas qu'on ait remarqué des obéis dans ce discours. 
Mais il est possible que les copistes aient été plus négligents pour cet 
autre plaidoyer. Si les grammairiens dont parle Photios sont les au- 
teurs de nos obéis, on doit supposer qu'ils entendaient marquer de ce 
signe des passages auxquels manquait la dernière main. Cette sup- 
position est la plus charitable, car il serait vraiment exorbitant d'at- 
tribuer à un autre que Démosthène. la plupart des morceaux obélisés. 
Cette interprétation de l'obel semble confirmée par la scholie du § 89, 
que nous avons citée plus haul, quoique, h vrai dire, le sens de cette 
scholie ne soit pas absolument certain. D'un autre côté, l'obel a bien 
certainement, en quelques endroits^ la valeur d'une véritable athétèse. 
Nous avons vu que le parallèle entre Midias et Alcibiade était écarté 
do texte authentique. La scholie du § 95 indique la même intention 
de la part des critiques. Pensaient-ils que celui qui tira la Midienne 
des papiers de Démosthène et la donna au public, se permit de la 
compléter par des additions de sa façon? En effet, des interpolations 
nombreuses et considérables s'expliquent plus facilement dans les 
ouvrages qui n'ont pas été publiés par l'auteur lui-même. 

Quoi qu'il en soit, le fait le plus intéressant qui résulte du rappro- 
cbemeot des obéis et des scholies, c'est qu'une transposition faite par 
certains critiques anciens envahit les copies de Démosthène au point 
qu'il ne reste plus de trace du texte primitif dans aucun de nos ma- 

(!) .Jf«/., s »5. 

(î) P»mo8, Biblioih. CCLXV, p. 491 Bekker : TEv tvîcoiç xatoXtiçOtivai, àXXà 




20 



MÉLANGES GRAUX. 



nuscrits. Gela rappelle un autre fait connu depuis longtemps : un 
morceau qui se trouvait anciennement dans le Discours de la Cou- 
ronne^ et un autre du plaidoyer Cmtre Néère, avaient choqué le goût 
des grammairiens grecs. Hermogène les cite (1), mais ils ont disparu 
de nos manuscrits. 

(1) Hermogènb, t. III, p. 308 Walz : 'Exetva (uvrot oià tô ayav eOteXèc xal 
Xtaàv Ttvec xal Ons^iXovTOy faio; ôpOw; irotovvTCÇ. 



HENRI WEIL. 



Paris, février 1882. 




ECLAIRCISSEMENT 

D'UN PASSAGE D'ATHÉNÉE 



Phanias d*Ërèse (ou de Lesbos), Vun des disciples d*Aristote, avait 
écrit à Texemple de Théophraste un traité de botanique, qui conte- 
nait au moins sept livres et qui ne nous est connu que par 17 ou 18 
fragments (1). 

La plupart de ces fragments nous ont été conservés par Athénée. 
On conçoit parfaitement qu'ils ne nous soient pas parvenus dans un 
état de conser^^ation parfaite^ et que, dans leur état actuel, ils ne soient 
pas toujours d'une clarté parfaite. C'est ce qu'on remarque en parti- 
culier de celui qui contient la description du fruit d'une Malvacée 
nommée par l'auteur -?!|upo<; (ta).ix,^, qui servait de légume à Athènes 
et qui offrait une tige très développée (2) , probablement le Lavatera 
arborea. Ce passage se trouve dans Athénée au livre II, cap. 52. Nous 
le reproduisons d'après le texte de Schweighaeuser (3). 

X3^iT3ii rXotxoOç, l)i.<ptpY|(; ôv aÔTÛ • ' TÔ jiiv yàp xtcvcjSk; àvàXoyov xaOiicep Vj 
TO-> icÀixo'jvTo; xpT,m;, xaTà {liaov Sè tou icXaxouviixou ^yxou tô xivrpov d)i.(pa- 
Atxdv xiX îctpi^Tj<p6eCoY|; Tri? xptjmSoç ^»jtotov YCveTaiTOÎç 9a).awCotç icepiyeYP*!^ 

Tel qu'il est, ce passage est qualifié, dans une note même de l'édi- 
tion de Schweighaeuser, de « locus obscurus etdefectus». Il nous 
semble possible de l'expliquer d'une façon claire à condition de modi- 
fier légèrement, de la manière suivante, la dernière phrase. 

xal xcpOie^Of CoY); (i) Tfjç xptjicîôoç 6taoi<5v ti y^vccai toXç Oa^ocoaCoi; nepiTe- 
^psjLjiivoK (5) tjKiyoi^. 

(1) F. MeLLBR, Fragm. histor, gtMCor., t. II, pp. 300-301. 

(2) Theophr., de Plantis, I, 3, 2; — I, 9, 2. 

(3) Le texte de Meineke (1858) n'en diffère que par Torthographe. 

(4) Cette correction, la sabsUtuUon d'un s à Tvi, qui transforme le participe de 
la^ùa^Svtm en un participe de icspiXcm», est indiquée en marge de Texemplaire de 
la bibliothèque de M. Egger. 

(5) On préférerait, pour le sens, icspic9Tpa(&(Uvot;, mais la correction serait trop 
hardie. 



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22 



MÉLANGES GRAUX. 



On obtient ainsi le sens suivant: Phanias, dans son ouvrage sur 
les plantes, s'exprime ainsi : L'appareil séminal de la Mauve cultivée 
porte le nom de galette, étant semblable à ce gâteau. La partie pec- 
tinée est en effet comparable à la crénelure de la galette, et au milieu 
de la masse du gâteau estTéminence ombilicale; et lorsqu'on a décor- 
tiqué la crénelure, on voit apparaître quelque chose de semblable aux 
oursins de mer roulés sur eux-mêmes. 

Lorsque le fruit d'une Malvacée (Mauve, Rose-T^émière, Lava- 
tera, etc.) est formé, on aperçoit en effet la face supérieure, plane et 
circulaire, du fruit, comparable à une galette, du centre duquel 
émerge le reste de la colonne centrale que constituaient les organes 
sexuels (1); c'est là ce que Phanias nomme xfvipov (îp.(pa>.tx(5v. 

Le pourtour du fruit est formé par les logettes renfermant les 
graines, logettes dont les cloisons correspondent à autant de dépres- 
sions, les graines à autant de reliefs de la face supérieure et de la 
marge. C'est là ce qui explique les termes xpr^icC; et xtevûScç. Ces grai- 
nes et les cloisons qui les séparent figure assez bien un corps continu, 
arrondi, circulaire, annelé et velu. Aussi l'auteur grec dit-il que 
quand on enlève le revêtement de la crénelure, on voit apparaître 
comme un oursin de mer enroulé sur lui-même. Ce qu'il appelle Oa- 
\(i<5<5Ko<i *X^voç, c'est l'holothurie, sorte de ver marin qui en se recour- 
bant sur lui-même et formant un cercle, donne bien l'aspect d'un 
corps continu, arrondi, annelé et velu. 

Nous connaissons bien peu Phanias, mais ce passage suffit pour 
lui reconnaître des qualités descriptives rares dans l'antiquité. 11 im- 
porte d'ajouter que le mot <TicepitaTix6; se retrouve dans presque tous 
les extraits qui nous restent de lui : on peut donc dire qu'il s'est par- 
ticulièrement attaché à la reproduction et à la structure des fruits. 
Ce serait comme le Gaertner des botanistes grecs. 

«i 

(1) On sait que les Malvacées sont classées par Endlicher parmi ses Columni- 



ferm. 



EUG. FOURNIER. 



Paris. 




LA MARCHE D'HANNIBAL CONTRE ROME 

EN m 

PAR HERMAN HAUPT 

(Traduit de l'allemand.) 



Au rapport de Polybe (B, 3-7), les proconsuls Ap. Claudius et 
Q. Fulvius, qui assiégeaient Capoue, ayant victorieusement repoussé 
les attaques d'Hannibal, celui-ci, pour délivrer ses alliés campaniens, 
se résont à essayer d'un coup de main contre la ville de Rome. Avant 
que les Romains soupçonnent son approche, il parait devant leurs 
murs, qu'il se dispose à assaillir; mais la fortune veut que, juste 
à ce moment, de nombreuses recrues aient rendez-vous dans Rome. 
Aussitôt les deux consuls, Gn. Fulvius Centimalus et P. Sulpicius 
Galba, leur font prendre les armes et les opposent aux Carthaginois. 
Ainsi les projets d'Hannibal sont traversés : il craint de voir survenir 
une partie de Tarmée romaine du sud, et, abandonnant le siège de 
Rome, il se retire avec un riche butin dans l'Italie méridionale ; en 
route, il inflige à Galba qui le poursuit un rude échec. 

On sait que, sur presque tous les points, il y a contradiction for- 
melle entre ce récit de Polybe et la version de Tite-Livc (XXVI, 5-il). 
Suivant celle-ci, Fulvius le proconsul a eu vent, avant même qu'Han- 
nibal fût en marche, de son projet de surprise, et aussitôt il en a 
envoyé avis à Rome. Pendant que les Carthaginois traversent la Gam- 
panîo et le Latîum, qu'ils mettent à feu et à sang, à Rome le sénat 
tient une séance. 11 mande aux proconsuls que l'un d'eux, s'il est 
possible, accoure avec une partie de l'armée au secours de la capi- 
tale. En conséquence, Q. Fulvius se présente devant Rome presque en 
même temps qu'Hannibal, et se joint aux troupes commandées par 
les consuls. A deux fois, Hannibal essaie d'attaquer l'armée romaine 
et sa tentative est rendue vaine par un orage soudain. Il apprend enfin 
que, pendant qu'il reste immobile devant les portes, les Romains ont 



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24 



MÉLANGES GRAUX. 



détaché sur TEspagne une partie de leurs troupes ; alors il perd cou- 
rage et bat en retraite vers le Bruttium. 

Plusieurs (1) ont essayé de faire remonter à Coelius Antipater les 
assertions de Tite-Live, qui en effet allègue Tautorité de Coelius dans 
une discussion incidente sur l'itinéraire militaire d'Hannibal. On a cru 
particulièrement reconnaître cet annaliste à Tignorance des faits mili- 
taires, manifeste dans cette partie de ITiistoire de Tite-Live, à la pré- 
dilection pour les tableaux merveilleux et romanesques, et aussi à 
la fréquence des expressions archaïques, fort coutumières à Coelius 
comme chacun sait. Fricdersdorff, pour faire de Coelius Tunique auto- 
rité de Tite-Live, va jusqu'à prêter à ce dernier de singuliers torts. 
Non seulement Tite-Live aurait, de façon violente, corrigé les dires 
de Coelius sur l'itinéraire de l'armée carthaginoise, mais il aurait 
brouillé complètement ce que disait Coelius de la marche d'attaque et 
de la marche de retraite. Réfuter une conjecture si risquée n'est 
plus nécessaire après la discussion convaincante de Gilbert (2). Mais, 
à prendre les choses d'une façon plus générale, jusqu'à quel point, 
dans les chapitres du livre XXVI qui nous intéressent ici, Tite-Live 
nous représente-t-il l'exposé de Coelius? Pour le déterminer sûre- 
ment, il faut avoir examiné d'abord les sources du récit parallèle 
donné par Appien. 

Le lien étroit entre Appien et Coelius avait déjà été signalé à 
l'attention, par Gilbert surtout (3), quand moi-même j'ai pu récem- 
ment m'expliquer tout au long à cet égard (i). J'ai essayé de démontrer 
que tous les livres d'Appien relatifs à l'histoire de la seconde guerre 
punique ont pour fondement une même relation, laquelle concorde 
exactement, d'une part avec les sections du texte de Tite-Live où 
il s'écarte de Polybe, d'autre part avec de nombreuses allégations 
de Dion Cassius qui s'écartent à la fois de Polybe et de Tite-Live. Un 
détail que j'ai considéré alors comme particulièrement important, 
c'est que, parmi les fragments de Coelius Antipater, il en est six qui 
correspondent à autant de passages de Dion Cassius, et deux autres 
aux allégations d'Appien. Les recherches deZielinski (5) sur la guerre 
d'Afrique en 205-202, qui parurent en même temps, sont dans le plus 
complet accord avec les conjectures que j'avais présentées. Ce m'est 
un encouragement pour essayer de démontrer, dans ce qui va suivre, 

(1) Voir surtout WOlppun, Antiochus von Syracus und Coelius Antipater (1872), 
p. 64 et suivantes, 77 et suivantes, etc.; et F&ibdbrsdorfp, Bas sechsundzwanzigstt 
Buch des Livius (Marienburg, 1874), pp. 5-13. 

(2) Die Fragmente des L, Coelius Antipater {Jahrbûcher fûr classische Philologie, 
Supplementband X, 1878-1879), p. 449 et suivantes. 

(a) Rom und Karthago in ihren gegenseitigen Beziehungen 513-536 u. c. (Leipsig, 
1876), p. 3 et suivantes. 

(4) Dio Cassius (rapport annuel, Philologus, vol. XL), p. 152. 

(5) Die letzten Jahre des zweiten punischen Krieges (Leipzig, 1880). 




H. HXUPT. — LA MARCHE D'HANNIBAL EN 211. 23 

que les dires d' Appien sur la marche d'Hannibal contre Rome, direc- 
tement ou non, sont tirés de Goelius Antipater. 

Un premier indice pour nous ramener à Goelius est, ce me semble, 
Vobservallon-d'Appien (1), qu*Hannibal en marchant sur Rome travet^sa 
le territoire de beaucoup de nations hostiles, dont les unes lui firent en 
Tain résistance, les autres n'osèrent même pas tenter la lutte. Que 
par ces mots, Appîen ait voulu indiquer la marche directe d'Hannibal 
par la voie Latine, cela est d'autant moins vraisemblable que Tite-Lîve 
n*a pas connaissance de combats-livrés par Hannibal dans sa traversée 
de laCampanie et du Latium. Goelius, au contraire, le faisant marcher 
par le pays des Samnites, des Péligniens, des Marrucins, Équicules, 
Marses, Sabins et Étrusques (Liv. XXVI, il), n'était très probablement 
pas à court de récits d'escarmouches entre les populations guerrières 
des montagnes et l'armée carthaginoise. Ge n'est pas tout. Appien 
nous apprend ce fait remarquable, qu'à Rome, à peu près en même 
temps qu^Hannibal, il arriva deux mille habitants d'Alba Fuccntia, et 
qu'ils furent incorporés dans l'armée romaine; leur fidélité à l'alliance 
est rapprochée par Appien de celle des mille Platéens de Marathon (2). 
Or, comment ces fidèles purent-ils se rendre à Rome? Si l'on suppose 
qo'Hannibal suivit la voie Latine, il n'est pas croyable qu'une petite 
ville du pays èque, située à environ soixante milles romains de Rome, 
en pleine montagne, ait appris le départ des Garthaginois avant que 
ceux-ci fussent déjà sur l'Anio. Admettons d'ailleurs cela comme pos- 
sible, il est bien plus incroyable encore que, sur cette nouvelle, les 
gens d'Alba soient sortis de leurs montagnes pour se porter au secours 
de la capitale avec une armée ; car enfin ils devaient craindre de 
tomber en route aux mains des Numides d'Hannibal. Nous n'avons 
donc d'autre alternative que de voir en eux non point un corps de 
secours organisé, — dans Appien même (Àw. XXXIX) c'est des consuls 
qu'ils reçoivent des armes ! — mais des fugitifs, chassés vers Rome 
par l'ennemi qui menace leur propre ville. Gette conjecture est con- 
firmée pour nous par Goelius Antipater, d'après qui Hannibal, en 
passant du pays des Marrucins dans celui des Marses, toucha le 
territoire d'Alba Fucentia(3). 

{!) 'AvY. XXVni : ouvTÔvc^ dè oicouS^ 6ieX0à>v lOvv) icoXXà xai TcoXI{j.ta, twv 
piv ©v Svwi^évTMv axtxànt èxioxctv, tûv oè oOdè 1; icttpov iXOuv (»7J0<TTàvT«v, àiiô ôuo xai 
Tftozovra ersSiMv tîi; *Pm{iyi; ifftpaToicéStuasv lui toû '^vitivo; icoxaptov. 

{i) Ce rapprochement, comme il résulte de la discussion qui va suivre, doit être 
u ornement inséré par Appien. Or KeUer (Der zweite punische Krieg und seine 
QueUem, Marburg, 1875, p. 53) y avait, comme on sait, trouvé la principale preuve 
à Pappoi de son hypothèse, que pour Thistoire de la guerre «l'Hannibal la source 
de Dion et d* Appien aurait été le roi Juba. 

•3) Liv. XXVI, 11 : Goelius Romam euntem ab Ereto devertisse eo (ad lucnm 
Peromiae) Hannibalem tradit iterque eius ab Reate Cutiliisque et ab Amitemo orditur ; 




26 



ÉLANGES GRAUX. 



En approchant de Rome, Hannibal, suivant le récit d'Appien, 
trouve le pont de TAnio coupé, et effectue le passage du fleuve de la 
façon suivante : il se porte avec son armée en amont (pour tourner les 
sources de tAnio, remarque Appien dans sa simplicité), tandis que la 
cavalerie numide traverse aussitôt le fleuve à la nage et dévaste les 
environs de Rome. Fulvius le proconsul, qui de son côté arrive de 
Gapoue, et qui d'abord a suivi sur le bord opposé les mouvements 
d'Hannibal, se voit forcé de se tourner contre la cavalerie ennemie, 
de sorte que le gros de l'armée carthaginoise passe sans obstacle 
d'une rive à l'autre (1). Cette façon de présenter les choses est complète- 
ment inintelligible, si les Carthaginois arrivent du sud ; elle s'explique 
au contraire sans difflculté si Appien, avec Coelius, les fait venir 
d'un point situé au nord de Rome, et probablement le long de la via 
Salaria. Ainsi en effet le courant passablement large et rapide de 
l'Anio, qui se jette dans le Tibre à trois milles romains au nord de 
Rome, les séparait du camp de Fulvius et de la \ille même, et ils 
pouvaient tâcher d'utiliser pour le passage du fleuve un gué du cours 
supérieur. Or, précisément, la manœuvre décrite par Appien corres- 
pond de tout point à ce que nous apprend Coelius sur le passage du 
Pô par Hannibal (2) : ici aussi les cavaliers, ainsi que l'infanterie légère, 
traversent le fleuve à la nage, tandis qu'Hannibal, avec le reste de 
Tarmée et les éléphants, va chercher un gué qui se trouve plus loin 
en amont. Enfin Coelius (3) a mis en œuvre un motif analogue en dé- 
crivant le passage du Rhône par Hannibal ; ici ce sont les cavaliers et 
l'infanterie légère qui marchent en remontant le Rhône ; puis ils tra- 
versent le fleuve, afin de tomber sur les derrières des Romains au 
moment où le gros de l'armée carthaginoise se dispose à passer. 

Fulvius et Hannibal livrèrent-ils encore une autre bataille ? Appien 
ne nous apprend rien de tel {A). Ou bien, au moment où Hannibal espé- 

ex Campania in Samnium , inde in Paelignos perveaisse, praeterque oppidum Sulmonem 
in Marrucinos transisses inde Àlhensi agro in Marsos^ hinc Amiternum Forulosqne 
vicum venisse. Appien dit expressément que nombre de fugitifs vinrent des environs 
de Rome dans la ville ( ^w. XXXIX : ot èè ix xwv iy^iâ^ awvêOeov éç tô «<xtu fipôjMp). 

(1) Voilà évidemment comment il faut expliquer et compléter le récit embrouillé 
d*Appien ('Aw. XL), récit allégué par C. Peter {Zur Kritik der Quellen der ûlteren 
Hômischen Geschichte^ Halle, 1879, p. 131) comme une preuve de l'inexactitude 
d*Appien et de l'impossibilité de déterminer à quelles sources il puise. 

(2) Liv. XXI, 47 : Coelius auctor est Magonem cum equitatu et Hispanis pedi- 
tibus flumen extemplo transnasse ; ipsum Hannibalem per superiora Padi vada exer- 
citum traduxisse. Zonar. VIII, 24 (ed. Dindorf, vol. II, p. 241, 3-7) : tôv (xèv àStÀçÀv 
MaytAva <ywv toi; iTwreûdi îiaviQ^aerOai x«i éTTiStûÇai tov; 'Pwjaoûouc èxtXevaev, axtxà; 8è 

(3) Zonar. VIII, 23 (Dind. II, p. 239, 7-19). Comparer Liv., XXI, 27. 

(4) Appien, 'Aw. XL : h/oLOx^é^ai icKanvviv, eîre Oeoû napâYovro; aOrèv àc), û; 
xal TÔTf, efTC T^v Tvic irôXeeo; àpetfiv xal TOxr,v Sc^da;, eue, <î>c aOtôç toi; iaSaXelv icpo- 
TpÉicouaiv SXeysv, ovx iOiXwv t6v 9côXe{J.ov IxXûaai, déet Kapxo^ovieav, fva xal nfjv cTpa- 
TviYidiv aÙTàç &7Co0oito. 



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H. HAUPT. — LA MARCHE D'HANNIBAL EN 24 1. 27 

rail se rendre maître de Rome, un dieu se plaça comme toujours sur 
son chemin, ou bien il redouta la vertu guerrière et la fortune d'une 
telle TÎUe, ou enfin, — et ici est invoqué un aveu d*Hannibal lui-même, 
— U fit exprès de prolonger la guerre pour n*ôtre pas dépossédé par 
les Carthaginois de son commandement. Telles sont les remarques 
d^Appien. Or Goelius avait la manie d'enregistrer des événements 
surnaturels, attribuables à Tintervenlion personnelle des dieux; la 
preuve, c'est que, sur soixante fragments conservés de son ouvrage, 
on ne trouve pas moins de six récits de rêves merveilleux, de prodiges 
et d'apparitions divines (1). Sans doute la méfiance d*Hannibal à l'égard 
des autorités de Garthage, expressément notée par Appien, semble 
conduire à un rapprochement différent : l'auteur suivi ici par Appien 
devait se ranger à la façon de voir de Fabius Pictor (combattue par 
Polybe, r, 7), d'après laquelle, pendant toute la guerre d'Hannibal, 
il y avait eu dans le sénat carthaginois un parti hostile à la famille de 
Barca. Mais, ainsi que Zieliuski (ouvrage cité, p. 122-127) l'a montré 
de façon convaincante, Goelius, dans cette question, contredisait 
Polybe et Valérius Antias, et se rangeait du cêté de Fabius Pictor. 

Si, d'après ce qui précède, nous pouvons être assurés que la sec- 
tion d*Appien étudiée par noub repose pour l'essentiel sur le texte de 
Goelius Antipater, la première question maintenant est de savoir si 
Ton ne doit pas en dire autant pour Dion Cassius ; en effet, le récit de 
Dion sur la guerre d'Hannibal est, comme nous l'avons déjà remar- 
qué, dans un lien étroit avec celui d'Appien. Ici, Posner (2), Wôlffiin, 
Friedersdorff, font puiser Dion dans Goelius ; nous repoussons cette 
idée, et, au lieu de Goelius, nous mettons Tite-Live (3), autorité à laquelle 
Dion a fort souvent recouru au besoin. Notre point de départ pour 
arriver à cette conclusion, c'est que, dans les passages de Zonaras 
(IX, 6 ; Dind. Il, p. 265,17 à 267,3) qui traitent de la marche d'Hannibal 
contre Rome et de la prise de Gapoue, d'une part l'examen le plus 
méticulenx ne peut faire découvrir entre Zonaras et Tite-Live la 
moindre contradiction de fait; d'autre part la disposition générale, 
la forme du récit, parfois le détail des mots, accusent entre les deux 

(1) OiLBBRT, Die Fragmente des L. Coelius Antipater, p. 463. Zieunski, ouvrage 
cité, p. 152. Comparer Appien, !lw. XII : *Avvt6a; dà Oeoû icapaY^YOvTo; avTÔv 
hà xiv lévtov oSOïc irpéin). 

(2) Qmlnu auctoribui in bello Hannibalico enarrando usus sit Dio Cassius (Bon- 
■ae, f 874), p. 60. Sieglin aussi {Die Fragmente des L, Coelius Antipater, — Jahrbû- 
cher fSr eiassiêche Philologiey Supplementband XI, 1880, — p. 60) parait admettre 
4|«e Coelini est l'unique source de Dion pour Thistoire de la seconde guerre pu- 

(3) Comparer Baumoartner, Veber die Quellen des Cassius Dio fur die ùltere 
Mâwnsehe Gesckickte (Tûbingen^ 1880). Cest aussi à Tite-Live qu'il ramène l'endroit 
eo qMstioa de Dion Cassius. 



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MÉLANGES GRAUX. 



narrations une analogie surprenante (1). Or Dion Cassius, dans cette 
section, $*écarte notablement d'Appien, qui un peu auparavant était 
avec lui on plein accord; puis vient presque immédiatement un 
endroit (2) où l'analogie avec Tite-Live cesse, en môme temps que re- 
parait rbarmonie la plus complète avec Coelius-Appien. 

Quelques mots d'Orose concordent avec Appien (3). Faut-il en con- 
clure qu'Orose au besoin recourût à Goelius? C'est une question à 
laisser en suspens. 

Il est également impossible, dans les endroits de Florus (I, 22, 
43-48) et de Frontin (III, 18, i) qui nous intéresseraient ici, do 
trouver des traces directes d'une dépendance à l'égard de Coelius 
Antipater (4). 

Nous revenons à l'étude des sources de Tite-Live, 
Pour cette étude nous avons maintenant, en debors de Polybe, un 
fondement sûr : c'est la comparaison du récit de Goelius Antipater, 
qu'Appien nous fait connaître, bien que sous forme d'extrait et avec 
mainte altération. C'est Tite-Live lui-même qui s'explique le plus net- 
tement (XXVI, 11) sur le rapport qui l'unit à Coelius. D'abord il ex- 
pose très en détail la marche d'Hannibal par la voie Latine (ce qui 
contredit Coelius), et rattache très étroitement à cette donnée un récit 
des actes du séi^at romain et de la marche de Fulvius vers Rome; puis, 
sans qu'on puisse voir où il aurait quitté une source pour puiser dans 
une autre, il poursuit le cours des événements jusqu'à la retraite 
d'Hannibal, lequel franchit l'Anio. Ici Tite-Live se trouve amené à 
mentionner Coelius : il observe que, sur la marche offensive et sur la 
retraite des Carthaginois, ses propres dires et ceux de Coelius sont en 
contradiction directe. Évidemment, pour la plus grande partie de la 
période qui nous occupe, il doit avoir suivi une autre source (5). La 
supposition que Coelius aurait été, mis à contribution, ne fût-ce que 
pour le récit des attaques d'Hannibal contre la capitale et contre l'ar- 
mée romaine, et des orages qui les interrompirent, est donc extrê- 
mement invraisemblable. Elle le serait môme si nous accordions 
qu'Appien ajustement en vue ces merveilleux phénomènes de la nature 
quand il parle d'un dieu s'opposant à Hannibal. 

(1) Comparer par exemplè soit les passages de Zonaras {ibid,., p. 266, 12-20) et 
de Tite-Live (XXVI, 11) sur les motifs qui firent abandonner à Hannibal le siège de 
Rome, soit le discours de Vibius Virrius (Zonar., p. 266, 30-33; Liv., XXVI, 13), 
reproduit dans les deux écrivains sous forme directe. 

(2) Zonar., p. 268, 1-4. — Appien, 'Aw., XLIX. 

(3) Orose, IV, 17 : (Cwm) matronae quoque amenles pavore per propugnacula 
currerent et convehere in rauros saxa primaeque pro mûris pugnare gestirent. Ap- 
pien, 'Avv., XXXIX : Y^vxia 5è xal icatota Xîôou; xaî psXyj itapé^epov. 

(4) Comparer sur ce point Friedersdorlf, ouvrage cité, p. 11. 

(5) C'est dans ce sens que se prononce Gilbert, Die Fragmente des L. Coelius 
Antipater, p. 449-452. 




H. HAUPT. — LA MARCHE D;HANNIBAL EN 2ii. 29 

Maïs il y a une preuve plus convaincante que, dans Tite-Livc, — 
qu'il soit bien entendu qu'il ne s'agit d'abord que de notre passage, — 
Coelîus est rejeté au second rang et cède le premier rang à un autre 
annaliste. Examinons en effet les dires de Tite-Live sur les derniers 
combats d'Hannibal devant Gapoue (XXYI, 5-6), et là aussi nous le 
voyons mettre en œuvre des données parallèles tirées de deux sources 
distinctes. D'après la première source il parle d'une grande bataille, où 
les pertes d'Hannibal et des gens de Gapoue montèrent à 1 1,000 hom- 
mes; tout ce qu'il a trouvé dans la seconde, c'est le récit d'une ten- 
tative nocturne des Carthaginois contre le camp romain, laquelle 
d'ailleurs échoue au dernier moment. Or plusieurs ont remarqué déjà 
que cette dernière version répond trait pour trait à la description 
donnée par Appien ('Aw., XL!) d'un combat de nuit entre Hannibal 
et les troupes de Fulvius le proconsul. Seulement Appien place ce 
combat dans la retraite d'Hannibal, qui se retire de Rome vers l'Italie 
méridionale ; et ceci est d'accord avec Polybe (B, 7), d'après qui les 
Carthaginois, en retraite sur le Brutlium, assaillent de nuit le camp 
des Romains qui les ont poursuivis. Évidemment Appien a reproduit 
le récit de Coelius bien plus fidèlement que Tite-Live. Ce dernier 
(comme à propos de l'itinéraire d'Hannibal) se contente de marquer en 
quoi Coelius s'écarte du livre d'annales dont il fait sa principale source. 
Si, à un moment donné, il n'eût mis Coelius entièrement de côté pour 
quelque temps, il n'aurait pu commettre l'erreur qu'il a commise. Il 
fut trompé par cette circonstance, que dans le récit du combat de 
Gapoue, donné par l'autre livre d'annales, aussi bien que dans le récit 
de Coelius sur la surprise du camp romain, les éléphants d'Hannibal 
avaient un rôle prépondérant ; par suite il sauta tout l'ensemble de 
l'exposition de Coelius, depuis la marche d'Hannibal de Tarente à 
Gapoue, jusqu'à sa retraite de l'Anio. 

De là il résulte maintenant avec évidence que non seulement la 
description du combat de nuit, mais toutes les sections de Tite-Live 
qui font corps avec cette description, ne peuvent pas dériver de 
Coelius Antipater. S'il en était autrement, Tite-Live eût dû nécessaire- 
ment s'apercevoir des fautes où il était tombé. 

Quant à déterminer exactement quel livre d'annales est la source 
principale de Tite-Live, nous n'avons pas pour cela des points de re- 
père aussi sûrs que pour opérer le départ des sections empruntées à 
Coelius. Un point toutefois n'est pas douteux, c'est qu'entre la source 
principale de Tite-Live et les fragments de Coelius Antipater, conservés 
dans Tite-Live et Appien, Técart est beaucoup moins grand qu'entre Po- 
lybe d'une part, et les deux annalistes d'autre part. L'un et l'autre expli- 
quent le dénoûment, exactement de la même façon, par la marche 
de Fulvius le proconsul le long de la voie Appienne, et font, pour le 



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30 



MÉLANGES GRAUX. 



salut de Rome, intervenir les dieux en personne. La mesure des diver- 
gences entre ces deux annalistes est marquée dans une observation 
de Tite-Live lui-même à propos du combat de Gapoue : « Le récit 
d'une sanglante bataille rangée, qui aurait coûté aux Carthaginois et 
Capouans 11,000 morts et 33 enseignes^ est en contradition avec d au- 
tres sources, où rien^ne dit que le combat ait été à ce point considé- 
rable (1). » 

Dans ses paroles se fait jour un blâme léger sur les exagérations 
du récit en question, blâme qui tout de suite nous fait penser à un 
personnage maintes fois accusé par Tite-Live de falsifier Thistoire, — à 
Valérius Antias. « Il ne connaît point de bornes dans le mensonge ! » 
s'écrie Tite-Live indigné dans un passage bien connu du même livre (2), 
et quand ailleurs il concède qu'en comparaison de certains de ses dires 
« Valérius ment modérément (3) », cette expression est tout le con- 
traire d'un éloge. 

Un second indice, pour déterminer la source principale de Tite- 
Live, se trouve dans la relation des débats qui auraient eu lieu dans 
le sénat romain relativement aux mesures réclamées par l'approche 
d'Hannibal (4). P. Cornélius Asina veut que de l'Italie entière toutes 
les troupes à la fois se rabattent sur Rome ; Fabius Maximus au con- 
traire entend que, sans tenir compte d'Hannibal, on continue le siège 
de Capoue. Ces deux propositions sont également rejetées, P. Valérias 
Flaccus s'étant prononcé pour un troisième avis, lequel consiste à re- 
mettre aux proconsuls campés devant Capoue le soin de décider s'ils 
détacheront sur Rome un corps de secours. Plus l'ensemble du récit 
parait invraisemblable, plus est important le détail qui fait découvrir 
la vraie voie du salut par un Valérius. Nous ne croyons pas nous éga- 
rer en voyant là une invention nouvelle de la vanité de Valérius 
Antias. 

En fait de sources romaines, Tite-Live, dans les livres XXV à XXX, 
ne cite en dehors de Coelius, Pison et Clodius Licinus que Valérius 
Antias; et il cite Coelius six fois, Pison et Clodius chacun une fois, 
Valérius sept fois. Cela suffirait à faire voir quel parti, pour les der- 

(1) Liv. XXVI, 6 : Caesa eo die, qui huius pugnae auciores sunt, octo milia ho- 
minum de Hannibalis exercitu, tria ex Campanis tradunt, signaque Carthaginien- 
sibus quindecim adempta, duodeviginti Campanis. Apud alios nequaquam tantam 
molem pugnae inveni, plusque pavoris quam certaminis fuisse. 

(2) Liv. XXVI, 49. Valérius Antias est fort bien caractérisé par G. F. Unger, 
Die rômUchen Quelien des Livius in der vierten und fûnften Dekade (Philologus, 
Supplementband III, Abtheilung 2, 1878), p. 14-20. 

(3) Liv.XXXlU, 10. Comparer lU, 5. XXX, 19. XXXVI, 19 et 38. XXXVIII, 23. 
XXXXV, 43. — Vollmer aussi (Die Quelien der dritten Dekade des Livius , pro- 
gramme des cours de Dûren, 1881, p. 19) fait de Valérius Antias la source de Tite* 



Live pour le passage qui nous occupe. 
(4) Liv. XXVI, 8. 




e. HAUPT. — LA MARCHE D'HANNIBAL EN 211. 31 



nières années de la guerre d'Hannibal en particulier, il a tiré des 
Annales de Yalérius Antias. Un fait qui est d'ailleurs en plein accord 
avec les résultats auxquels nous voler arrivés, c'est que dans le livre 
XXVI Coelius et Valérius sont les seules autorités invoquées par Tite- 
Live. 

Étant maintenant en présence des trois récits de Polybe, Coelius 
Antipater et Valérius Antias, voyons quel crédit ils méritent. 

D'après les deux annalistes romains, Fulvius le proconsul marche 
au secours de Rome. Nous ne croirions pas nécessaire d'examiner la 
vraisemblance de cette version, rejetée par Mommsen (1), L. von 
Vincie (2) et d'autres, si tout récemment elle n'avait trouvé un par- 
tisan dans Urne (3), qui s'est prononcé contre Polybe. Quels motifs 
ont pu l'y amener ? Le récit de Polybe, — il faut le reconnaître môme 
si Ion tient pour Coelius et Valérius, — est également exempt de 
contradictions et d'invraisemblances. Polybe puise visiblement à une 
source carthaginoise, Silénus probablement, et pourtant il sait très 
bien se garder de présenter les opérations d'Hannibal sous un jour 
défavorable aux Romains. Tout en s'inclinant devant la grandeur mi- 
litaire d'Hannibal, il n'a nullement cherché à colorer les échecs des 
Carthaginois. Ce qui enfin est le principal, les points décisifs de son 
récit sont entièrement confirmés pour nous par la tradition romaine, 
conservée dans Tite-Live. Par exemple, on ne pourra guère contester 
14-dessus, Fulvius le proconsul n'aurait eu pour suivre l'armée d'Han- 
nibal verç le nord aucun motif pressant, si de fait la ville de Rome 
n'était dégarnie de troupes ; or cela n'était point, et Polybe n'est pas 
le seul à nous l'apprendre. Suivant lui,'Comme on l'a vu, Hannibal 
arrive à Rome au moment oh une légion est appelée à s'y former sous 
les enseignes, et où l'on en lève une seconde ; le récit de Valérius Antias 
suppose aussi qu'avant l'arrivée de Fulvius le proconsul il y avait dans 
Rome des forces considérables. Autrement, comment Fabius Maximus 
86 serait-il opposé à ce qu'on mandât Fulvius ? et surtout comment 
la capitale, sans attendre la retraite d'Hannibal vers la Tutia, aurait- 
elle pu détacher des troupes sur l'Espagne? A supposer même que le 
sénat eût jugé nécessaire de faire venir des troupes, et qu'il eût eu le 
temps de les appeler, il y avait en dehors des légions de Capoue une 
seconde armée, qui se trouvait probablement plus à proximité que 
celle des proconsuls, et dont, selon toute apparence, le mouvement 

(1; Rômisehe Geschichte (sechste Auâage, Berlin, 1874), p. 640 {Histoire romaine, 
tndmie par C.-A. Alexandre, t. III, p. 225) : « Leurs légions étaient restées immo- 
biles dans leurs lignes; seole, une faible division (?), à la nouvelle du mouvement 
d*Hannibal, s*était détachée et Tavait suivi. » 

(2) Dertweiie punùehe Krieg (Berlin, 1841), p. 281-284. 

(3) BômMie GescAichte, Xom» II (Leipzig, 1870), p. 275. 




32 



MÉLANGES GRAUX. 



▼ers Rome n*était entravé par aucun obstacle. En Ktrurie en effet, en 
211, le propréteur M. Junius Silanus commandait un corps de deux 
légions ; il ne nous est pas parlé d'opérations militaires par lui faites 
en Étrurie ; Tannée suivante nous le voyons quitter ce poste pour ac- 
compagner le jeune Scipion en Espagne (1). 

L'invraisemblance du tableau tracé par Ihne, d'après la tradition 
romaine, nous paraît suffisamment indiquée au point de vue de la 
conduite prêtée aux Romains. Les difficultés que soulève la conduite 
d'Hannibal ne sont pas moins décisives; et, comme elles sont assez 
claires par elles-mêmes, il suffit de les mentionner. Hannibal, impli- 
citement, est bel et bien accusé par Coelius et Valérius de trois des 
fautes stratégiques les plus grossières. En premier lieu, il s'y prend si 
mal pour cacher son plan de surprendre la capitale , qu'avant que 
son mouvement ait commencé un messager est déjà sur le chemin de 
Rome pour y annoncer l'approche des Carthaginois. Ensuite, sa mar- 
che vers Rome a lieu par des détours, et avec une lenteur incompré- 
hensible. Enfin, lorsqu'il se trouve devant Rome et en face de Ful- 
vius, il a totalement oublié que le but de toute son entreprise était la 
délivrance de Gapoue : au lieu de tenter une attaque contre l'armée 
affaiblie des assiégeants, le voilà qui court vers le Bruttium (â) ! 

Sur la façon dont se sera formée la légende de Fulvius, nous ne 
pouvons être embarrassés. Elle repose sur une confusion de Gn. Ful- 
vius Gentimalus le consul avec Q. Fulvius Flaccus le proconsul, et on 
peut conjecturer que Goelius, le premier, l'aura fait passer de la tradi- 
tion orale dans l'histoire écrite. Il fallait donner du temps à Fulvius, 
pour qu'il pût arriver à Rome en même temps qu'Hannibal ; en con- 
séquence Goelius a fait partir Hannibal du Samnium, — qu'il touchait 
aussi dans le récit de Silénus-Polybe, — pour faire un tour vers la 
côte orientale de l'Italie et gaspiller son temps dans des combats inu- 
tiles avec les alliés de Rome. Quant à Valérius Antias, qui, moins 
éloigné de la vérité, fait cheminer Hannibal par la voie Latine, à peine 
au départ de Gapoue il compte un jour de repos à Téanum, à Gasinum 
deux jours encore. A Frégelles nouveau retard : le pont du Liris est 
rompu et l'armée carthaginoise ravage la campagne. Ge n'était donc 
point la peine qu'Hannibal prit un chemin plus court : il n'avait pas 
le droit de devancer à Rome les légions de Fulvius. 

En ce qui touche les orages merveilleux qui séparèrent les com- 
battants romains et carthaginois, — et qui rappellent fort le célèbre 
tremblement de terre, attesté par Goelius seul, qui eut lieu pendant 
la bataille du Trasimène, — il ne serait guère possible non plus d*ôter 
à Goelius Antipater l'honneur de l'invention. Valérius Antias d'ailleurs 

(1) Liv.,XXVl, 1 et 49. 

(2) Comparer L. yod Vincke, ouvrage cité, p. 283. 




H. HAUPT. — LA MARCHE D'HANNIBAL EN 2H. 33 



aura pu rivaliser avec son modèle par des détails intéressants et 
nouveaux. 

Rien ne jette un plus mauvais jour sur le crédit de Coelius Anti- 
pater qu'un changement, par lui apporté de parti pris, aux dires d'un 
auteur dans lequel il puise. 11 s'agit du combat de nuit, déjà men- 
tionné, entre Hannibal et les consuls Galba et Fulvius qui le poursui- 
vent. Voici le récit de Polybe (B, 7), qui, sans doute possible, suit ici 
la même autorité que Coelius (Silénus probablement) : quand l'armée 
carthaginoise, chargée d'un riche butin (1), veut traverser l'Anio, 
elle trouve les ponts coupés ; elle ne réussit à passer que grâce aux 
cavaliers numides, et non sans subir des pertes notables (2). Ce suc- 
cès des Romains leur ayant inspiré trop de confiance, Hannibal les 
surprend de nuit et les chasse de leur camp. Le jour revenu, il voit 
les fuyards romains retranchés sur une hauteur d'accès difficile ; pour 
ne pas perdre inutilement son temps il renonce àles poursuivre, et il se 
hâte de gagner le Bruttium à marches forcées ; un peu plus, et il s'em- 
parait de Rhegium sans coup férir. 

Qu'est devenue dans Coelius Antipater cette exposition aussi claire 
que vraisemblable ? Dans Coelius aussi (.S), le rempart du camp ro- 
main est escaladé... par les éléphants d'Hannibal, suivis seulement de 
quelques troupes légères avec des musiciens, trompettes et cors. Voilà 
le camp dans la confusion; les clameurs des vainqueurs, les appels 
désespérés des Romains surpris dans leur sommeil, les cris des élé- 
phants retentissent; ces animaux écrasent les tentes, tandis que les 
bêles de trait forcent leurs barrières et courent affolées au travers du 
camp. Vraiment c'est le cas pour Hannibal de faire donner toutes ses 
forces, et de porter le coup décisif; quant aux consuls (4), tout ce 
qui leur reste à faire serait de donner pour mot d'ordre Sauve qui 
peut. Mais point ! Coelius a mieux à dire. Les trompettes qui trans- 
mettent aux légionnaires romains l'ordre de se retirer sur une hauteur 
voisine sont des Carthaginois, habillés par Hannibal d'uniformes ro- 
mains, et qui s'expriment en langue latine; la cavalerie numide, en 
embuscade, épie le lieu qu'ils indiquent pour rendez-vous; Hannibal 
cependant, ainsi que ses troupes de pied, n'a point de rôle dans l'af- 
faire. Ne nous étonnons pas que, dans de telles circonstances, les 
Romains n'aient pas donné suite à l'invitation des trompettes cartha- 
ginois. On apporte les torches, on se convainc du petit nombre des 



(i ) C«ci fait penser au coup de main sur le bois et le temple de Féronia. 
tS) Sûrement c*estce premier combat qui aura fourni à Coelius le modèle de son 
récit, discuté ci-dessus, sur le passage de TAnio par Hannibal. 
(%) Liv., XXVI, 6. Appien, îl^w., XLI. 

(4 1 Les consuls selon Tite-Live (XXVI, 6), qui contredit ainsi sa propre narra- 
tkra (voir plus haut). Dans Appien c'est le proconsul Fulvius qui commande le camp 
romain. 

MÊLANOB8 ORAUX. 3 



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34 



MÉLANGES GRAUX. 



ennemis, on les taille en pièces; enfin on blesse les éléphants et on 
les pourchasse, jusqu'à ce qu'ils s'échappent hors du camp avec un 
vacarme de cris épouvantable. — En voilà assez pour reconnaître de 
quelle façon grossière Goelius, trait à trait, a défiguré la réalité. Il ne 
s'est guère souôié d'effacer les traces de la falsification^ car il énonce 
tout d'une haleine trois causes qiii auraient fait échouer Hannibal : 
la trahison d'un Carthaginois prisonnier, l'habileté et la défiance de 
Fulvius, enfin un avertissement divin (i). 

Dans ce passage, et dans tout le récit de Goelius sur la marche 
d'Hannibal contre Rome, nous voyons cet écrivain frivole jouer avec 
des données imaginaires. Or ceci le caractérise en général : partout où 
nous pouvons contrôler son histoire, elle dépasse de très peu le niveau 
de nos modernes romans historiques. 

Quand il nous est donné, comme ici, de confronter Goelius Anli- 
pater avec Polybe, nous pouvons arriver d'ordinaire à démêler les 
exagérations et falsifications nombreuses d'un arrangeur sans con- 
science, et à dégager ainsi le noyau des deux traditions romaine et 
carthaginoise (car il mêlait l'une et l'autre); au moyen de ce résidu 
nous pouvons peut-être, sur des détails isolés, compléter Polybe (2). 
Mais, quand les fragments de Polybe nous abandonnent, nous n'avons 
plus ni contrôle ni garantie du crédit dû à Goelius et à la littérature 
historique issue de lui. Alors des mythes prennent pour nous le nona 
d'histoire. 

(1) Appien, 'Aw., XLII : ^ouX6io^ Sà àii xiva npoaSoxûv èvé$poiv %cà toûto Oico- 
iTTEUbiv év éhiaat xoî; 'AvvtSou, eîô' W clxsia; totb oweaico;, etTc OcoXiqiit(|) Yvuftig icpo;- 
iceaobv, etTs icapù alxtA^XcoTou tà àxpi6É(7xaxa {iaOcov, xx).. 

(2) Comparer Zielinski, ouvrage cité, p. 81 : « Sur tous les points oii la tradition 
conservée par Dion Cassius et Appien contredit Polybe, nous voyons qu*elle est in- 
digne de créance. » 



HERMAN HAUPT. 



Wtirzburg. 




QUESTION HOMÉRIQUE 



■ANQUE-T-IL UN ÉPISODE DANS LE RÉCIT QUE FAIT HOMÈRE 
DES VOYAGES DE TÉLÉMAQUE A LA RECHERCHE DE SON PÈRE? 



Depuis que la pénétrante critique de Wolf a renouvelé la méthode 
de nos études sur Homère, on a signalé, dans les épopées qui portent 
ce nom illustre, bien des interpolations, dont quelques-unes même 
provoquaient déjà les doutes des philologues alexandrins. Par exem- 
ple, ces anciens philologues (ot àpj^aToi, comme les appelle Euslathe), 
voyaient déjà dans le X* chant de l'Iliade (la Dolonié) une rhapsodie 
tout à fait distincte, et qui n'appartenait pas à la composition primi- 
tive du poème, où ils la supposaient introduite par Pisistrate. Chose 
plus hardie encore : on sait par le témoignage des Scholies que le célè- 
bre Aristarque et, avant lui, Aristophane de Byzance, terminaient 
rOdyssée au vers 296 du XXIII' chant; ils devaient donc attribuer le 
reste à un autre poète qu'Homère (1). Le VHP et le XP chants de ce 
poème ont soulevé bien des doutes du même genre. Au XIX% le récit 
de la chasse d'Ulysse chez Autolycus n'est pas moins suspect d'inter- 
polation, et Ton a quelque raison de croire que cet épisode manquait 
dans les manuscrits qu'Aristote avait sous les yeux (2). Mais, si le 
dessin primitif de l'Odyssée s'est élargi par des additions de date plus 
récente, en revanche, ne s'était-il pas amoindri par la perte de quel- 
ques rhapsodies, que n'avaient pu se procurer les arrangeurs du temps 
de Pisistrate? En d'autres termes, l'Odyssée, telle que nous la possé- 
dons, n'offre-t-elle pas quelques lacunes? 11 n'est pas trop hardi de 
poser au moins la question et, pour ma part, j'ai depuis longtemps 
essayé d'y répondre, en montrant çà et là, dans ce poème, les traces 
d'un épisode qui parait s'être perdu. Ce problème délicat a-t-il échappé 
jusqu'ici à l'attention de tous les critiques? C'est ce que je n'ose affir- 

(1) Voir surtout Spoh» : De extrema Odyssex parte inde a rhapsodia W versu 
CCXCVU mvo rectntiore oria qtiam Homerico. Lipsise (Berlin), 1816. 

(2) Voir notre noie sur ce sujet, à la suite de V Histoire de la Critique chez les 
Grecs (Paris, 1849), p. 508 et suiv. 



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36 MÉLANGES GRAUX. 

mer, tant il est difficile de connaître tous les travaux publiés sur les 
poèmes homériques, surtout depuis un siècle. La dernière édition de 
la Bibliotheca scriptorum classicorum d'Engelmann, publiée en 1880, 
recense plus de dix-huit cents dissertations sur Homère, et il s'en faut 
de beaucoup que ce recensement soit complet. Si quelqu'un a traité 
avant moi le sujet dont je vais parler, on voudra bien m'excuser de 
n'avoir pas connu mon devancier. 

L'unité de l'Odyssée a frappé si vivement les critiques anciens, 
comme les critiques modernes, que partout où elle semblait compro- 
mise par quelque détail de la rédaction traditionnelle, on a volontiers 
torturé le texte, pour cacher ou pour corriger le défaut de liaison 
qu'on avait cru y apercevoir. Ainsi Télémaque, ayant quitté Ithaque 
sur le conseil de Minerve, pour aller à la recherche de son père, visite 
d'abord le vieux Nestor à Pylos, puis Dioclès à Phères, puis Ménélas à 
Sparte, et, de Sparte, il revient par Phères à Pylos, d'où il se rembar- 
que pour regagner sa patrie, sans avoir d'ailleurs rien appris de triste 
ou de rassurant au sujet de son père Ulysse. Or il semble que les 
anciens aient connu, par quelque tradition, une quatrième visite, 
celle-là beaucoup plus lointaine, de Télémaque. En effet, un manu- 
scrit harléien, consulté par Porson, et qui s'accorde sur ce point avec 
un manuscrit de la Bibliothèque ambrosienne, porte à la marge, après 
le vers 93 du I" chant, le vers suivant : 

KeT6ev 8è Kpi^TYjvSs -jrap' i8o}i.evYia àvaxia, 

lequel vers est suivi d'un second vers visiblement emprunté à un autre 
passage du poème (I, 286) : 

Une note précieuse des Scholies sur le III' chant (vers 313) se rap- 
porte expressément à cette tradition. Là, le poète nous représente 
Nestor conseillant à Télémaque de ne pas faire un trop long voyage : 

Kal (ju, <p0.o;, p-t) SrjGà 8<5|j.(«)v àTro tî^V à'kâXr^GO, 

en laissant sa*maison et sa mère Pénélope exposées aux attentats des 
prétendants. « Ce passage, dit le scholiaste, avait persuadé à Zéno- 
dote, dans son commentaire sur le voyage de Télénaque (èv toî; wcpl Tri<; 
à7coST,{iîaç Tï))v£jiLà;^ou), de mettre en comparaison la Crète avec Sparte. 
Car il pense que, d'après son discours, Nestor entend, sans le dire, 
que Télémaque lui a parlé d'un voyage par mer à la recherche de son 
père. Aussi, dans la P® rhapsodie (vers 93), éçrivait-il : 



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I 
î 



EGGER. — TÉLÉMAQUE EN CRÈTE. 37 



Et Minerve dit ailleurs (I, 284) : 



IIpcoTa {jiv iç liù'koy i\H [xal EÏpeo Nécrcopa 8tov •] 
x£T6cv 8* Èç KpVjTTjV TE lïap' i8o{jLevt)a àvaxTa, 



Sur un autre passage (II, 359), où Télémaque dit àEuryclée : «Je 
vais à Sparte et dans la sablonneuse Pylos », le scholiaste remarque 
encore qu'il n'est pas question d'un voyage en Crète. 

Enfin, au chant IV (vers 702), où le héraut Médon dit à Pénélope : 
« Il (Télémaque) est allé aux nouvelles de son père dans la riche Pylos 
« et dans la divine Lacédémone », un scholiaste remarque de môme 
qu'il n'est pas question d'un voyage en Crète. Mais si la pensée de ce 
voyage n'est pas dans l'esprit de Minerve, et si la déesse ne l'a pas 
suggéré à Télémaque, d'où peut venir l'étrange interpolation qui suit 
levers 93 du premier chant? D'où viennent les scrupules de Zénodote 
et sa subtile explication du conseil de Nestor? Aussi, est-on bien tenté 
d^admettre qu'un récit de ce voyage en Crète existait jadis dans quel- 
que rhapsodie, et qu'il s'était perdu au temps où Pisistrate fit mettre 
en ordre, par des rédacteurs plus ou moins habiles, les copies jusque- 
là éparses des poèmes homériques. A l'appui de cette conjecture, une 
preuve se présente, qui me paraît avoir échappé, à tous les critiques, 
en particulier à Boivin le cadet, dans sa Chronologie de f Odyssée (2). 

L'Odyssée débute par les préparatifs de Télémaque pour les voya- 
ges en question, et par ceux d'Ulysse pour quitter l'île de Calypso. Le 
père et le fils arrivèrent et se rencontreront à Ithaque, le trente-cin- 
quième jour après ce début du poème. Mais, sur les trente-quatre jours 
qui répondent à ces deux actions parallèles^ et qui sont scrupuleu- 
sement comptés pour ce qui concerne Ulysse, il n'y en a que six dont 
nous sachions l'emploi par son jeune fils; et c'est à la fin de la sixième 
journée, ou tout au plus de-la septième, que nous le voyons reprendre 
par mer à Pylos le chemin d'Ithaque. N'y a-t-il pas dans cette discor- 
dance l'indice de quelque lacune, qui serait naturellement remplie 
par le récit d'un voyage en Crète ? Pour éclaircir nos doutes sur ce 
sujet, nous serions heureux de posséder l'édition que les Crétois 
avaient fait faire du texte homérique, et dont l'existence est attestée 
au moins par une note du grammairien Séleucus, dans les Scholies de 
Venise sur Tlliade (I, 381). Un autre témoignage du zèle des Crétois 
pour leurs vieilles légendes héroïques, témoignage non moins intéres- 
sant quoique moins direct, nous est fourni par une inscription de 

(l) Scholia grjpca in Homeri Odysseam edidit G. Dindorpius, Oxonii 1855; * 
tome L» p. i30. Comparer sur cette scholie les réflexions de Dûntzbr, De Zenodoti 
êtudiù homericis {Gœttingue, i848, in-8o), p. 104. 

(2; Mémoires de t Académie des Inscriptions, tome II (p, 386 et suiv.) 




38 



MÉLANGES GRAUX. 



Téos (1), où nous voyons qu'un musicien, nommé Ménéclès, député 
par les Téiens auprès de la ville crétoise- de Priansos, s'y fît particu- 
lièrement bien venir pour avoir apporté avec lui « un cycle de récits 
« sur les dieux et les héros de la Crète, recueil formé d'après beau- 
« coup de poètes et d'historiens». Si un tel recueil nous était parvenu, 
sans doute il nous eût éclairés sur la tradition qui rattachait au 
royaume d'Idoménée quelques souvenirs d'Ulysse et de son fils. Au- 
jourd'hui, faute de renseignements précis, nous ne pouvons faire, sur 
l'épisode en question, que des conjectures. Mais ces conjectures pren- 
nent quelque vraisemblance, par leur rapport avec toute l'histoire des 
poésies homériques. Combien cette histoire nous était mal connue, 
avant la découverte des Scholies de Venise sur l'Iliade ; et combien de 
lumière aurait pu jeter sur l'autre poème homérique la découverte 
d'un recueil semblable à celui qui répandit un jour si nouveau sur la 
tradition philologique du texte d'Homère ! 

Les seules aventures d'Ulysse et de Télémaque étaient le sujet de 
traditions bien divergentes dans l'antiquité. On en a un frappant té- 
moignage dans l'analyse qui nous est parvenue de la Télégonie^ c'est- 
à-dire du dernier des poèmes qui formaient le cycle épique (2). La 
touchante légende de Pénélope offre, même dans l'Odyssée, des va- 
riantes qui laissent voir chez les Homérides une certaine confusion de 
souvenirs (3). Il ne faut donc pas s'étonner si la seconde des épopées 
homériques donne aujourd'hui tant de prise à une critique surtout ja- 
louse d'en rechercher les origines et d'en expliquer la formation. 

Une dernière remarque, avant de clore cette rapide excursion dans 
le domaine homérique. On sait que la première édition des Aventures 
de Télènaque (édition qui, d'ailleurs, n'était pas complète), parut en 
1699, sous le titre : Suite du quatrième livre de V Odyssée d'Homère; et 
l'on sait quelle place occupent, dans cette première partie de l'ou- 
vrage, le voyage et le séjour de Télémaque, chez Idoménée. Fénelon 
était grand lecteur d'Homère. Avait-il, par hasard, soupçonné quelque 
chose du problème que nous essayons ci-dessus de résoudre? Je suis 
loin de l'affirmer; mais il est singulier que son roman épique se trouve 
précisément combler le vide que nous avons cru apercevoir dans le 
récit homérique des Voyages de Télémaque, 

Pour revenir à Homère, la chronologie de l'Iliade présente aussi 
plus d'une difficulté, qui embarrassait déjà les anciens commentateurs. 

(1) Corpus Inscriptionum yrscarum, n» 3057; inscription complétée par Lk Bas, 
Voyage archéologique, \^ partie, d9 82 ; traduite par nous dans le Mémoire sur les 
Traités publics chez les Grecs et chez les RomatTis, Paris, i866, pp. 273-274. Ce docu- 
ment est de Tan 193 avant Tëre chrétienne. 

(2) Voir en général, sur ces variétés des légendes concernant Ulysse, la thèse de 
Û£BHART : De varia Ulyssis apud veteres poêlas persona; Paris, 18ô0, in-8<*. 

(3) Voir Odyssée, 1, 275-276; U, 53; XV, 16-17. 




EGGER. — TÉLÉMAQUE EN CRÈTE. 



39 



Au XXIV* chant de ce poème, dans les plaintes si touchantes que 
prononce Hélène devant le cadavre d'Hector, on lit ces vers (765-6) : 



« Voici la vingtième année depuis que je suis venue de là-bas (de 
« Mycène) et que j'ai quitté ma patrie. » 

Si eUe compte vingt ans depuis son arrivée à Troie jusqu'à la 
dixième année de la guerre, il fallait donc que les préparatifs des 
Grecs eussent duré dix ans? Ce que l'on ne peut expliquer sans recou- 
rir à des suppositions bien futiles, dont on retrouve la trace dans les 
Scholies sur ce passage. D'un autre côté, ni les deux vers que nous 
venons de relire ne pourraient être supprimés sans rompre la suite 
naturelle du discours, ni la critique n'oserait effacer, dans cette belle 
et lugubre scène, toute la tirade que prononce la coupable épouse de 
Ménélas, et qui est empreinte à la fois de ses remords, de son tendre 
respect pour Hécube etPriam, de sa reconnaissance envers Hector. 

C'est ici plus que jamais le cas de remarquer que, si les éditeurs 
des chants homériques ont pu justement y signaler des incohérences, 
des interpolations ou des lacunes, ces vénérables dépôts de la poésie 
héroïque doivent, dans leur ensemble, être maintenus pour nous en 
rélat où les Grecs nous les ont transmis. Parmi les vers suspects, il en 
est bien peu qui ne méritent pas d'être conservés à leur place, sinon 
pour leur beauté poétique, au moins comme témoignage tantôt des 
vieilles mœurs de la société grecque, tantôt des scrupules ou de l'in- 
expérience des anciens rédacteurs et des premiers philologues édi- 
teurs de l'épopée homérique. 



yàp vOv [jLOt T(58* èeixoarôv Itoç è<rr{v. 



ÉMILE EGGER, 



de rinstitut. 



Paris. 




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GoogI 



UN COMMENTAIRE DU MOYEN AGE 

SUR 

LA RHÉTORIQUE DE CICÉRON 



Le manuscrit n* 10057 de la Bibliothèque de Bourgogne (Biblio- 
thèque royale de Bruxelles), qui, dans VInventaire généi^al, porte le 
litre étrange de Apulpi Rhetorica, contient en réalité un commentaire 
du moyen âge sur la Rhétorique de Gicéron. Il se compose de 30 feuil- 
lets de parchemin, format çetit in-4°, à deux colonnes, couverts d'une 
écriture fine et serrée avec beaucoup d'abréviations. Il paraît dater du 
XII* siècle. 11 se trouve relié avec d'autres manuscrits d'écriture et d'âge 
diflérents. — Les feuillets 1 à 29 v« renferment l'ouvrage complet. Au 
feuillet 29 v* commence une seconde copie du commentaire (y com- 
pris la préface), écrite d'une autre main, en caractères plus gros et 
plus lisibles. Cette seconde copie, qui va jusqu'à la fin du 30° feuillet, 
reproduit à peu près tout le premier feuillet. Elle n'a été faite évidem- 
ment que pour remplir les pages restées disponibles. — Le manuscrit 
n'a ni litre ni souscription. 

L'auteur du commentaire est un certain Theodoricus. Il parle de 
lui-même en deux endroits : d^'abord dans la préface, ensuite dans 
une espèce d'apologie sous forme d'allégorie, qui termine la première 
partie de son commentaire (1). 

Nous transcrirons en entier ces deux morceaux, qui nous semblent 
assez curieux (2) : 

Fol. 1 r*, col. a, 1. l et suivantes : Ut ait Petronius (3), nos magislri 

(1) Cette partie comprend les quatorze premiers chapitres du livre I de la Rhé- 
torique. 

\i} Tomme il ne 8*agissait pas ici d^un texte classique, nous n*avons pas cru 
deToir indiquer les changements que nous avons apportés à Torlhographe et à la 
ponctuation du manuscrit, les fautes de copie que nous avons corrigées, les variantes 
(le la seconde copie de la préface, etc. 

(3) Sa/., c. III (p. 6, éd. Buecheler, 1871). 




42 



MÉLANGES GRAUX. 



in scolis soli relinquemur nisi multos palpemus et insidias auribus fe- 
cerimus. Ego vero non ita. Nam médius lidius paucorum gratia multis 
mea prostitui. Sic tamen consilium meum contraxi ut vulgus profa- 
num etfarraginem scolae petulcam excluderem. Nam simulatores in- 
genii execrando studium et professores domestici studii dissimulando 
magistrum, tum etiam scolasticae disputationis histriones inanium ver- 
borum pugnis armati , taies quidem mea castra secuntur ; sed extra 
palatium, quos sola uomînis detulit aura mei, ut in partibus suis studio 
pellaciae Theodoricum menliantur. Sed, ut ait Persius (1), Esto^ dum 
7wn deterius sap'iat pamucia Baucis, Atque haec hactenus, ne cui prae- 
fatio incumbit, is eam prolixitatis arguens forte rescindât atque hinc 
initium commentarii sumat. 

Fol. 9 r®, col. b, 1. 3 et suivantes : Invidia faiso vultu dialecticae 
subornata Famam sic alloquitur, et fallacibus verbis ut solet aggredi- 
tur: « Diva potens, notum est cunctis quantum rerum momentum in 
(( te consistât. Nam ut taceam quod auctoritatetui judicii reruiu huma- 
« narum pretium libretur, illud singulare totus praedicat orbis, quod 
« caelitum gestamina vicissim assumas : Satumi falcertiy fulmen Jovis, 
« Aî*cadis alas, Gradivi frameam^ tum spicula caeca Dionae, Tum Phoebi 
« ciiharam, tum spicula certa Dianae (2). Te omnes poetae ac ora tores 
« sequuntur; te quidam ex sectatoribus meis summum bonum esse 
« reputant. Te omnis mundus timet offendere. Te etiam ego ipsa ve- 
« neror, tum propter antiquam familiaritatem et amicitiam, tum prae- 
« sertim quia sine le scola nostra tepesceret. Cum igitur et in divinis 
« et in hûmanis tam potens appareas, quid est quod iam patienter 
« obprobria sustines? Ecce Theodoricus Brito, homo barbaricae na- 
*i tionis, verbis insulsus, corpore ac mente incompositus, mendacem 
« de se te vocat, quod ei nomen meum super omnes non ascribas. 
« Idcirco igitur te verbis turpissimis persequitur ille superbus, invidus, 
« detractor, inimicis supplex , amicis contumeliosus, sicut etiam sui 
w discipuli de eo attestantur. Quare âge, et quod (3) maxime de tuis 
« bonis appétit aut meretur, illud ei subtrahe, ut ne promeruisse vi- 
te deatur. » Talibus Invidiae verbis Fgma permota alas concutit, sonos 
multiplicat, urbes et nationes duce Invidia peragrat, rumoribusimplet. 
Theodoricum ubique accusât et ignominiosis nominibus appellat. Cum 
vero rudibus et indiscretis loquitur, Boeotum crasso tune (4) aère na- 
tum (5), quando vero religiosis, tune necromanticum vel haereticum 
vocat. At inter conscios veritatis tacet, eljw de eo mentio fiât, aliam 

(1) Sat. IV, V. 20-21. 

(2) Ms. : tum spicula ceca diâne. tum phebi citharam. tum spicula certa (cor- 
rigé de ceca) diane. Comparer Juvénal, XIII, 78-83. 

(3) Ms. : 5. 

(4) Ms. : te. Peut-être doit-on corriger te en m. 

(5) Horace, Epist., U, i, 244, 




p. THOMAS. 



— THEODORICUS SUR CICÉRON. 



43 



historiam inceptat. In scolis vero et scolariuna conventibus, mentes 
commutât ut ignoraniiam ejus lucretur. Platonem ei concedit, ut 
rhetoricam auferat. Rhetoricam vero vel grammaticam quasi per hy- 
pothesim donat, ut dialecticam subripiat. Quibuslibet vero potius 
quam dialecticam (1). Tura mores ejus improbos, tum negligentiam in 
studio, tum longas interpretationes inculcat. Ad ultimum, cum cetera 
deficiunt, obicit eum légère provectis, ut novos detineat vel potius 
corrumpat, ut ulterius non possint apud eum proficere. Hactenus Invi- 
diae respondi. 

Nous avons vainement cherché à nous procurer des renseignements 
plus précis sur la vie de notre auteur. Nous devons nous contenter de 
signaler ce personnage à Tattention des médiévistes. 

Pour le fond comme pour la forme, le commentaire de Theodori- 
cus est essentiellement scolastique. 

Au point de vue de l'interprétation, rien de plus stérile que ce fas- 
tidieux fatras rédigé en un latin barbare. 

Les auteurs anciens cités par Theodoricus sont : 

Aristote, les Catégories et les Topiques d*après la traduction latine 
de Boèce, 

BotXE, 

GicÉRON, De Oratot^, les Ve7Ttnes, les Philippiques, 
L'auteur de la Rhétorique ad Herennium, 
Griluus, commentaire sur le De Inventione, 
Horace, 

JUVÉXAL, 
Luc A IN, 

Martianus Gapella, 

Ovide, 

Perse, 

Pétrone, 

QuiNTiUEN, De Institutions oratoria, 

Stage, 

Térence, 

VicTORiNus, commentaire sur le De Inventione, 
Virgile. 

Il faut ajouter deux citations du jurisconsulte Paul, m libins Institu- 
tion um, quenous avons( publiées dans la Revue de V Instj^uction publique 
en Belgique (tome XXI, lêS8, p. 30-31), mais qui paraissent apocry- 
phes (2). 

(1) Le texte est altéré ou il y a une lacune. Au lieu de quibuslibet, il faut lire en 

tout cas quidlibet, 

(i) Nous croyons bien faire en reproduisant ici ces deux citations : 

Fol. 23 T*, col. 6, I. 1 et suivantes : Secundum Paulum in libris Institutionum 

sccîpere nomen extra {mt. : ex corrigé en extra par ta même main) ordinem est (om. 




44 



MÉLANGES GRAUX. 



Au point de vue de la critique du texte, l'ouvrage qui nous occupe 
n'est pas dénué d'intérêt. ^ 

11 y a en premier lieu les leçons des lemmata et celles qui résultent 
de l'interprétation même donnée par le commentateur. Nous en avon^ 
relevé un grand nombre. Ces leçons, autant que nous en avons pu 
juger, n'ont aucune valeur intrinsèque, mais elles présentent quelque 
utilité pour l'histoire du texte de la Rhétorique. 

Ce qui est plus important, ce sont les variantes mentionnées en 
termes exprès par le commentateur. Nous en donnons ci-dessous la 
liste complète^ 

Fol. 4 v% col. a, 1. 3. L. I, c. 5, § 7 (p. 9, 1. 2 de l'édition Weid- 

ner, Berlin, 1878) : positum m disceptatione] Quidam libri habent 

positum in comultatione (1). * 

Fol. 7 v\ col. b, 1. 13. L. I, c. 11^ § 14 (p. 15, 1. 8) : aequi et recti 

natura] Quidam libri habent aequi et iniqui natura^ quod satis pla- 

num est (2). 

Fol. 15 v\ col. a, 1. 14. L. I, c. 28, § 43 (p. 39, 1. 14) : (Le texte 

suivi par le commentateur portait actio) Quidam libri habent 

pactio. 

Fol. 19 col. b, 1. 23 et suivantes. L. I, c. 45, § 85 (p. 61, 1. 17) : 
Cujus praedae, etc.] Duplex littera et potius triplex solet hic esse. Nam 
potest ila legi : Cujus praedae sectio .i. distinctio non venit in divisione. 
Yel ita : Cujus praedae sectione ei venerit equus. Nam quando praeda 
dividitur sua pars (3) cuique contingit. Vel ita : Cujus praedae sectio 
non venerit {sic!) .i. non est vendita sed relenta (4). 

Fol. 21 r% col. b, 1. 12 et suivantes. L. Il, c. 2, § 4 (p. 76, 1. 20) : 
Quod quoniam, etc.] i. quoniam consimilis (?) voluutas accidit nobis. 
Nam ordo litterae in legendo sic faciendus est (5) : Quod voluntatis (6) 
quoniam accidit nobis, etc. In quibusdam libris invenitur voluntas, et 
tune ponetur quod pro, etc. {sic). 

Tous les manuscrits connus jusqu'ici ont voluntatis. Voluntas est 
évidemment la vraie leçon. Quod quoniam ne forme qu'une exjlression. 
Voir Madvig, Grammaire latine (traduction Theil), § 449. 

par lems.) sic accusare aliquem, ut oporteat eum respondere sine respecta loci, lem- 
poris,- condicionis, dignitalis. (Les développements qui suivent sont dus sans doute 
au commentateur.) 

Ibid.y 1. 36 et suivantes : Secundum Paulum in eodem libro praejudicium est 
accusât! (corrigé de accusanti) reatus ante causam. 

(1) in disceptatione] et consultatione add. mrg. P, vel in consultatione s. 1. S*. 
— Nous avons recours à Tapparat critique de Weidner. 

(2) recti] CM, iniqui P* ex II, 109. 

(3) Le ms. ajoute eorum^ qui a été ensuite exponctué. 

(4) veyiieini] veneint C. 

(5) Après est^ le ms. a qm, qui a été ensuite exponctué. 

(6) Corrigé de voluntas. 




p. THOMAS. — THEODORICUS SUR CICÉRON. 45 



Fol. 26 v% col. a, 1. 28 et suivantes. L. Il, c. 39, § lU (p. 

1. 23) : delihari] Delibet'arî {sic) vero dixit quasi diminui. Nam deli- 

berare {sic) duas habet signifîcationes, aut .s. aliquid consiliando exco- 
gilare aut de quantitate rei aliquid dinumerare (?). Quidam libri ha- 
bent deliberari {sic), quod satis manifestum est (1). 
Fol. 27 col. a, 1. 6 et suivante. L. II, c. 45, § 134 (p. 132, 1. 18) 

ne si extra] Quidam libri habent nisi extra, quod satis planum 

est (2). 

Fol.28vScol.a,l. 7et suivantes. L. II, c. 54, § 164 (p. 143, 1. 19: 
in odium alicujus [injectionis]) : Clementia, etc.] Ordo verborum sic 
faciendus est : Clementia est per quam animi temere concitati in 
odium alicujus invectionis .i. in odium ex aliqua invectione. i. injuna 
ortum retinentur comitate .i. quadam urbanitate sive curialitale. Qui- 
dam libri habent injectionis, quod idem valet. Quidam vero neutrum 
habent, quod satis planum est (3). 

Cette dernière leçon confirme l'opinion de M. Weidner, qui regarde 
le mot injectionis ou invectionis comme interpolé. 

Fol. 29 T^, col. b, 1. 10 et suivantes. L. II, c. 58, § 174 (p. 147, 

1. 22) : deliôatum] Bene vero delibernre {sic) posuit pro diminuere. 

Nam deliberare est quasi deliberare {sic) .i. aliquid de libra auferre. 
Quidam libri habent deliberare, quod satis planum est (4). 

(I) deUbari S, deliberari VP, in V s. 1. m. 2judicari adscripsit. 
(2; «j nisi P«. 

(3) injectionis V F * S , invectionis P *. 
(4} deliberatum PAT. 



PAUL THOMAS. 



Gand. 




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NOTE 





SUR UN GEMBLACENSIS 



AUJOURD'HUI A BRUXELLES, No 5348-5352, Xn« S. 



Ce ms. provenant de la Bibliothèque de Bourgogne , forme un vo- 
lume de 315 millimètres de hauteur sur 235 millimètres de largeur. Il 
se compose de 15 cahiers non marqués, tous de 8 feuillets, sauf le 
15' qui n'en a que 6. Il manque le dernier feuillet du 10® cahier, le 
1" du 11" et Pavant-dernier du 15°. Les pages ont 43 lignes, d'abord 
en une seule colonne, puis à partir du fo 80 en deux colonnes. Gomme 
ce changement correspond à la fin du 10® cahier, il est possible que 
l'exemplaire actuel soit formé de la réunion de deux mss. du même 
format et du même temps; tel paraît être l'avis de Baiter d'après la 
note placée en tête des Tusculanes. Mais l'écriture, qui seule permet 
de se prononcer avec sûreté en pareil cas, n'offre pas d'une partie à 
l'autre des différences assez tranchées pour que cette distinction soit 
regacdée comme certaine. Nous considérerons donc ce Gemôlacensis 
comme un seul exemplaire. 

Écrit avec beaucoup de soin et de netteté, d'après une orthographe 
qui sauf quelques inconséquences reste à peu près la même d'un bout 
à Tautre, le ms. contient : du 1 à 32, Marcî Tullii Ctceronis ad Be- 
rennium libri I-Vl; du 33 à 63, Libn 141 Rethorkorim M. Tullii Ci- 
eeronisy autrement dit le traité en deux livres sur l'Invention ; du 64 
à 79, le commentaire de Grillius sur le traité précédent; du 80 à 
113, Ciceroms Tusculanarum Dtsputaiionum libn V; enfin du 113 6 à 
115 le Pro Arckta. 

Baiter a donné dans la seconde édition d'Orelli, pour le Pro Archia 
et pour les Tusculanes, une collation très suffisante du ms. Il vient 
pour les Tusculanes après le Gudianus et le Parisiensis 6332. Kay- 
ser (p. XIX et xxvi, n» 15) a connu le Gemblacensis et l'a classé parmi 
les mss. de la seconde classe de la Rhétorique à Hérennius. Il restait 
donc à examiner la valeur des autres parties du ms., soit le commen- 
taire sur le De Inventioney dont Halm {fihetores lattni, p. xv) n'a eu en 





48 



MÉLANGES GRAUX. 



main qu'un extrait, et le De Inventione, que le dernier éditeur de ce 
traité, Weidner (Berlin, 1878), ne paraît pas avoir connu. 

I. Le Commentaire de Grillius n'a ici ni titre ni suscription; il 
s'arrête après les mots : de hac re inquit judicabitis, Ilalm, p. 604, 27. 
Son texte se rapproche de celui du ms. de Bamberg sans être le 
même. 11 n'a pas plusieurs fautes de ce ms. ; ainsi il donne p. 598, 33 : 
Nam sicut in Cornelianis, et p. 598, 10 : cum Saloninum diceret 
(cf. Servius, Bue. IV, i) ; mais l'ouvrage est d'une valeur si médiocre qu'on 
ne peut pas attacher à ces différences une bien grande importance. 
Pour les citations de discours perdus qui seuls ont ici quelque prix, no- 
tamment pour les fragments nouveaux du Pro Cornelio, p. 598, 33, p. 602, 
13 et 16, p. 60i, 18, le Geinblacensis ne donne pas de leçons différentes. 
— Il est fâcheux que, dans sa publication, Halm n'ait indiqué qu'à un 
seul endroit (p. 597, 28), les suppressions qu'il a cru devoir faire. 

II. Le traité de Cicéron a ici pour titres : Incipit liber pi^imm retho- 
ricorum M. Tullii Ciceronis; f* 47 : ExpUcit liber primus; incipit se- 
ctindvs; et pour suscription : Explicit liber secundus relhoricomm 
M, Tullii Ciceroîiis, J'ai collationné le ms. au commencement ( — § 16) 
et dans les deux passages que n'ont pas les mss. principaux, I, 62-76, 
et II, 170-175 (voir Weidner, p. xxv). Le texte du Gemblacemis dérive 
du même original quele San-Gallensis {S), duix*vx* s., le moins bondes 
trois mss. principaux collationnés par Weidner, et dans le Gembla- 
censis cette recension est moins bien conservée. Le ms. est donc inu- 
tile pour toutes les parties de l'ouvrage que nous avons encore dans 
le San-Gallemis, — Dans les deux grandes lacunes, il se rapproche 
beaucoup des deux mss. (AT) que suit alors Weidner; il est meilleur 
qu'eux dans la seconde lacune, mais en somme une collation particu- 
lière du Gemblacensis n'apporterait pas de changement notable au texte 
du dernier éditeur. 

On voit que dans toutes ces parties, malgré la netteté et le soin de 
la copie, malgré la valeur des originaux qu'il a reproduits , le Gembla- 
censis ne doit cependant être rangé que parmi les mss. de second or- 
dre, et qu'il ne vient en première ligne que pour le P?'o Archia, où 
nous n'avons pas de source plus ancienne ni moins altérée. Il ne faut 
donc pas s'étonner si dans ce dernier ouvrage \e Gemblacensis donne en 
quelques endroits (par exemple 5 sed etiam; 10 gravât in; 28 hujus ae- 
que imperii; 32 qune firme a me) un texte corrompu qu'on n'a pu en- 
core corriger d'une manière satisfaisante. 

Un autre ms. de Bruxelles, n*» 9998-9999, xiii* s., contient aussi le 
De Inventione, Mais il n'offre aucun intérêt, son texte étant à peu près 
partout celui de la Yulgate (w). 



ÉMILE THOMAS. 



Douai* 




UNE DIZAINE DE NOTES CRITIQUES 



1. Àp5^<; dhci«7i; T^yeiMov è<jTiv ^.ôyoç. C'est ainsi que M. Wilhelm Meyer 
écrit ce monostique, en changeant Vè<jTi du manuscrit d'Urbino en 
^<mv [Die urbxnaiische Sammlung von Spruckversen etc., Munich, 1880, 
p. ÎS, n. 7). Mais, quand on parle de la raeson comme arbitre souverain 
des affaires humaines, ce n'est certainement pas un fait que Ton con- 
state, c'est un vœu que l'on forme, un désir qu'on exprime. Il faut 
donc de toute nécessité remplacer l'indicatif par l'impératif et écrire: 



î. Les lois somptuaires de Zaleucus se distinguaient, s'il faut en 
croire Diodore (12, 21), par un esprit extrêmement ingénieux. Elles 
plaçaient les transgresseurs devant l'alternative ou de subir des peines 
très graves, ou de chercher leur salut dans un aveu honteux. Telle 
dame, par exemple, désire relever ses charmes par une parure d'or, 
par une robe bordée de pourpre. Libre à elle de le faire, pourvu qu'elle 
renonce à toute prétention de femme honnête ; 8tô xal ^aSCox; Taî; tûv 

d3{ Tuv èiçtTr,8£U|i.dT(i)v oô8el< yàpèêoOXeTO TYjv ala^^pàv x6).a(Jtv 6 ^loXq f^aoL^ 
xrcaYi^a<rro« èv Totç Tzokixoiiç elvat. La peine (x6>.a<Jiç) pouvait et en effet 
devait être des plus dures, mais ce qui déshonorait le coupable, c'était 
Vexemption de la peine (aloxp^ ûireÇaCpe(ji<;), la circonstance peu. honora- 
ble, que Ton faisait valoir pour se soustraire au châtiment. Écrivez 
donc: tJjv alc^^pàv i:p6ça(ji.v 6ji.oXo'pi<Ja<. 

3. Du des tisserands les plus fameux des temps antiques fut Héli- 
con, natif de Salamine en Chypre. Sur un de ses chefs-d'œuvre, que 
Ton admirait à Delphes, on lisait l'inscription qui suit : 



Au lieu d'îxewe les manuscrits et les éditions d'Athénée (II, 48^) 
portent l-nu^c, ce qui est d'une grossièreté choquante et d'un mal-à- 
propos tout à fait insupportable. La déesse protectrice des arts et des 



TcuÇ' É^txàv Àxeaa 2a>.a{i(vvo(;, èvl jt^<i\'^ 



ldBLA»(M ORAUX. 



4 




oO 



MÉLANGES GRAUX. 



artistes n'a pas besoin de « fabriquer » la grâce qu'elle veut prodi- 
guer à ceux qu'elle aime ; elle en abonde , elle en regorge , elle 
la verse à pleines mains sur ses favoris et sur leurs œuvres. 
L'auteur de i'épigramme a évidemment imité Homère (comp. Odyss. 
2,12 = 17,63 : 6e<nce<j(t)v 8'àpa t<J> ye x*^P^^ xa-cl^euev ÀOiJvyi; 8,19: tw 
Àôtiviq II ôedTceaCtjv xaTéj^eue x^?^^ xttfCLk^ tê xal &\lÔ\^\ 23^156: aOiàp 
xàx xttfOLkr^ç y.(iXkoi izokb j^sOev ÀOk^vt, — et pour la construction, Iliade 
9,215: aÙTàp èireCô' wimriae xxl elv iltoXaiy Ij^suev). Remarquez les allitéra- 
tions : TUdTVia, Tl7Xki(:, — 7/p<itv, ijz^tj y^<iptv. 

4. Socrate compare Mélétus, son accusateur principal, à un jar- 
dinier judicieux et prévoyant , qui soigne en premier lieu les plantes 
jeunes et tendres: dpôûç ydp Iw tûv véwv icpôTov £mju>.Yj8Yivat, 6^iïw; 
faovTat 6^ Ti àpiOTOi, â^icep yt(ùçyày twv véwv ^utûv elxô; icpwTov im- 
iu>.ir)ôtivav, jJieTà 8è TaOta xal tûv à\>.(i)v • xal xal MéXr,TO<; ïffwç icpûtov 
jjièv Vij^a; IxxaôaCpet toOç [twvvéwv] Tàç ^'kifS'COLç 8ia<p6e CpovTaç — (fu- 
ihyphron- p. 3*). Si Platon avait voulu rendre sa pensée plus claire 
qu'elle ne l'est par elle-même, peut-être aurait-il pu parler des « bour- 
geons de la cité » ou « du peuple », comme Eschine (si c'est en effet 
Eschine, comp. l'édition de Weidner) a dit « xà x>.i^jtaTa toO Sn^ji-ou» 
{contre Ciésiphon, § 166); mais les « bourgeons des jeunes gens », c'est 
une phrase qui pèche en même temps contre les règles de la logique 
et contre celles du bon goût. 

5. Épicure, en parlant du caractère relatif et dérivé, mais nulle- 
ment factice, du droit, s'exprime en ces termes (chez Diogène Laerce, 
9,152) : lUTaTcCircYi tô xatà 8Cxaiov GU|jL(pépov, j^pdvov 8é Tiva el; r^v 
TCpéXiQ^J^iv èvapji.6mr), où8èv T?ircov èxeivov tôv j(p6vov VJv SCxatov Totç çwvaîç 
xevat; lauTOÙç ^vTapdrcouaiv , àWà ic>.£TaTa TCpàyi^aTa p>.£icou«tv. 
Lisez : àW^ elç tà itpàyjjLaTa p^^éicouaiv, — et comparez Philo- 
dème, de la fihétw^tque (volumes d'Herculanum, coll. nouv., V, 101 
= copies d'Oxford, papyr. 1015,50) : — o08' (à)vT(^vu(j(Tov toGto) to etSd; 
èdTi ji.t(Taxe)t.pC<ïaaOai, àvSpôç Iv éxà<jTOi<; si; (7cp)(£y|x.aTa pXéTCOVTo; xal 
(à>.)7)6iv9>.oyo0vTo<;, oOx èvOu [jlyJ [ia<j(i)v xcvoiç j(p(<i)) [lévou , Stj^^ov. 

6. Grégoire deNazianze célèbre l'héroïsme de plusieurs philosophes 
grecs en ces vers (Épigramme 4; éd. Gaillau, II, 1164): 

ÎOTtv ÊmxTï^Toio jiéya xXéoç iv icpOTépowJiv , 

2wv ÀvaÇdtpj^ou • Jiv 6 |i.èv àyvi5|ji£voç 
TÔ x>.éo<; oôx à>.éyvÇev, 6 8' Ajiou x^^P*< ?X^vto<; 

X07ÇT(5|JLev6ç y' i66a • ^(tfaetc tôv OOXaxov. 

Épictète n'eut pas à plaindre la perte de sa gloire (bien que l'on ait 
voulu traduire : « confractus gloriam non curabat » I), mais la frac- 
ture de sa jambe (<Jxé>.o<:). Comparez Grégoire lui-môme {cajinina, X, 
de Virtute, v. 684-88; II, 448 Gaillau) : 



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GOMPERZ. — NOTES CRITIQUES. • 51 



et, encore, son quatrième discours contre Julien (I, c. 70 : xal tô Êicv- 
xtT^Tou nfkoi xal TÔv ÀvaÇàpxou 6û>.axov), où i'évêque aigri a la mauvaise 
grâce de reprocher à l'empereur son admiratiôn des vertus païennes, 
se montrant cette fois-ci plus sévère qu'Origène {contre CelsuSy VII, 
p. 368 Spencer :Y€wato<; jUv o5v 6 ÀvàÇapxo<; x'f^-) et ne cédant le pas qu'à 
lïpre piété du farouche Tatien {ad Graec. c. 19 ; 86,2 Otto : 8ià 
"^fyt dtvOpûMcCvTjv 8oSo[tavCav, Àv<£$(xpx°<;, àTcoOvTf^axm). Enfin,' une allu- 
sion à l'accident fâcheux qu'Épictète a si vaillamment supporté se 
rencontre dans l'épître à Philagrius (Ép. 32; 28« Caillau) : olov tôv 
iviUpxov âxetvov, tôv ÉtcCxttjtov, tôv SwxpàTYjv, tva ^.éya) icoi^.oiiç • Jiv 6 
j«v èv éiX|t<j) xoicTOji.^vwv aÔTOu twv j^etpwv oîiTO) toO Tupdvvou xeXeiSovToç ircCcdetv 
t^v ÀvoÇipj^oii 6'j>.axov 8i£X£).e0eTO toÎç padavKrratç. C'est la peine de 
rappeler tous ces passages, parce qu'ils contiennent la seule version 
naturellement possible et, selon moi, authentique des tourments 
d'Anaxarque. En effet, l'ineptie du récit ordinaire, dans lequel le phi- 
losophe figure comme criant i^îace, ircCdce tôv SùWov, pendant qu'on 
le pile lui-même dans un mortier, saute aux yeux aussitôt que Ton y 
regarde de plus près. Le livre d'Ératosthène icepl xaxûv xal àyaOûv, écrit 
cité en pareille occasion par Clément d'Alexandrie {Stromat.^ IV, 8; 
p. 589 Potter) et, après lui, par Théodoret {Graec, affect. curât., 8, 
p. 120; p. 328 Gaisford), est peut-être la source où Grégoire a puisé 
ces détails curieux, ailleurs inconnus. 

7. Grésus en accueillant Solon lui adresse les paroles suivantes : ^etvs 
À(K;^aîe, icap' Vijiiaç yàp ittpl déo ^dyoç àmxxat ico).\ôç xal ao<pCt)< tîî; (tî^ç xal icXd- 
VII?, ^iXo^cpécAv yîiv ito>.>.i?|v 6e(i>pCY)çeî!vexev èire^i^Xuôaç • vOv xtI. (Hé- 
rodote,!, 30). Les deux mots que nous venons de souligner font double 
emploi auprès de 9v>.oao<pé(i)v, car l'une et l'autre phrase exprime la 
même pensée, c'est à dire, que la curiosité, le désir de savoir est le 
motif des voyages lointains du sage Athénien ; de plus, ils se retrou- 
vent peu de lignes auparavant (aôT£5v hi\ toûtwv xal Tî^iç 6ea)pCY)(; èxSt)- 
îiTn«a< 4 Ï6>.tov etvfxcv). En éliminant cette redite oiseuse et importune 
on rapproche ce qui n'aurait jamais dû être séparé ; car en écrivant yï^v 
tol).T,v iictXi^luOa^ l'historien s'est fait l'écho d'une phrase homé- 
rique: -K^W^^ 5' èict\ifi>.uôa yatav {Odyss, 4,268). 

8. Zénon l'Épicurien, dans son cours de logique inductive, avait 
traité des idiosyncra$ies , qui au premier abord paraissent propres à 
ébranler notre foi dans la certitude des inductions. Un jeune philo^ 
sophc, M. Robert Philippson (« de Philoderai libro qui est irepl (jTr)|xe(- 

TuX (7T)|uiitf<Te6>v » etc., Berlin, 1881, p. 10), en se souvenant bien à 
propos d'une phrase de Sextus Empiricus {Hypotyp., I, 81 ; 19,24 



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52 



MÉLANGES GRAUX. 



Bekker), m'a suggéré la restitution sûre de la fin du passage en ques- 
tion (Philodème, col. 20), qui jadis avait déjoué tous mes efforts : è|é(ÔY)xe 
8)è xa(l t)ôv Ix tî^ç [x.ovoYeveCa((: ^.dyov) xat'^ô irapaçépovToî (-civa ^) xaV S.Xkow 
Tpdirov . 8ia).>.dT(T0VT)a aa^eùeiv Tàç xaxà tt^v (($jÀ0t)6TyjTa <rr)|ji£i(i<jei<;, c!)v i<TT(lv 
T)d Ttvà(ç) a(ï)Yet(a) xpéa ^a(iov xérce)tv yj xà [lHAapogr. OXOn.] ôoxouvta 

{fzokx) toOt)(i)v eOxaTe(pYa<j)T' eîva(i jxaX>.ov), iiôev xtI. Ce savant a égale- 
ment bien mérité de col. 16, 24-25, où un supplément proposé par lui 
et légèrement modifié par nous , (ir)pO((; tô) Te^^eurfi; aO-coO; (à)8éxT0u(<; 

eI)Vai, comble une lacune, la seule qui était restée dans un ensemble 
continu de près de 150 lignes. 

9. Plutarque {Moral, p. 20*) a seul conservé le fragment de tragé- 
die suivant {adesp. 281 Nauck) : 

A. tC ôtita Oiistv 8eX at xaTOavoOjjLevov ; 

B. àW IdTiv oùSelç xàjjiaToç eôdeêeXv Seou;. 

Le premier de ces deux vers a été restitué par M. Gobet il y a près de 
quarante ans (voir la préface de son Diogène Laerce, p. III), le second 
a été étrangement négligé par les critiques. Au lieu de àW I<jtiv on 
lisait àpivov, mot qui me paraît parfaitement absurde, mais que 
Valckenaer seul a remis sur le tapis, en voulant le remplacer par Ayd- 
Itepov («hariolor autem, haec enim mera tantum est hariolatio, ex 
Euripidis Palamede petitos », ad Phoeniss. v. 1331). 

« A quoi bon » — ainsi parle Tun des deux personnages — « te 
fatiguer en sacrifiant, en priant les dieux, puisque, quoi que tu fasses, 
tu ne saurais échapper à la mort » (à peu près comme dit l'oracle cité 
par Hérodote, 6, 86, 3 : iitel GàvaTdç ys xal eôopxqv jtévei àvSpa)? — 
«N'importe! » riposte l'autre, «ce n'est pas une corvée, mais un 
besoin impérieux de notre âme, de vénérer les dieux et de leur pro- 
diguer nos hommages ». 

10. On a beaucoup traité et un peu maltraité les deux vers de 
Sosiphane, que Stobée nous a transmis {FloHlège 20, 18 = Sosiphan. 
frg. 2 [p. 638] Nauck) : 

vuv dot irpô; 6uji.ô<; Viê^Tc»), yépov* 
vuvl 8fiX (îpYTf^v, V^vCx' IvStxov, Xaêeîv. 

L'hiatus au second vers me semble de bon augure pour la restitution 
de ce petit morceau; car la faute est trop évidente pour qu'on puisse 
l'attribuer à autre chose qu'à une simple erreur de copiste, et en 
pareil cas il est généralement aisé de retrouver le sentier de la vérité, 
ses traces n'ayant pas été systématiquement effacées. Voilà pourquoi 
j'ose écrire : 



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GOMPERZ. — NOTES CRITIQUES. 



53 



« Qu'à cette vue, ô vieillard, ton âme redevienne jeune et vigou- 
reuse; maintenant que ta colère est légitime, lâche la bride à ta 
passion. » 

Pour comprendre Taltération qiie le second vers a subie, Ton n'a 
qu'à supposer que les deux mots vOv Vivf aient été écrits ainsi : NYNINI , 
ce qui sera devenu NYNIACI, corruption presque spontanée qui 
aura entraîné les autres, le changement de XAAA ou XAAA en 
AaCcîv et d'<5pYYiç en dp^^v. Quant au précepte de quelques critiques 
modernes, qu'il ne faut jamais corriger plus d'un mot dans une phrase, 
j'y fais la sourde oreille. Il n'y a qu'une seule chose qu'un critique ne 
doive jamais faire, c'est de poser des règles fixes et immuables dans 
un art qui n'en admet point, qui doit sans cesse varier ses procédés 
pour les plier aux exigences les plus diverses, et qui en somme doit 
être aussi souple, aussi changeant et, si j'ose le dire, aussi ondoyant, 
que la matière sur laquelle il s'exerce. 



TH. GOMPERZ. 



Vienne en Autriche. 




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LES PRINCIPES C0SM060NIQUES PHÉNICIENS 

noeOS el MÛT 



Eusèbe (1) nous a conservé quelques fragments; du livre de Philon 
de Byblos sur la Théologie phénicienne. Philon affirme quMl a puisé 
toutes ses données dans Touvrage de Sanchoniathon, auteur phéni- 
cien auquel il attribue une haute antiquité. Il est à peu près certain 
aujourd'hui que le polygraphe grec avait en effet entre les mains un 
ouvrage oriental qu'il comprenait passablement^ sinon autant qu'on 
Veût désiré dans Fintérèt de la solidité de son interprétation. Malgré 
cette réserve que commande la prudence, on est d'accord à recon- 
naître la valeur inestimable de ces renseignements relatifs à la reli- 
gion phénicienne, de laquelle il reste à peine trois ou quatre monu- 
ments indigènes quelque peu instructifs. Parmi les fragments de l'ou- 
vrage de Philon qui ont le plus attiré sur eux l'attention des savants, 
figure le premier de la série, qui traite des quatre principes de la 
cosmogonie phénicienne, laquelle semble participer à la fois de la 
mythologie grecque et de la Genèse hébraïque. Les noms des deux 
principes n<S6o; et Mc&t ont tout spécialement exercé la sagacité 
des interprètes ; mais les tentatives faites jusqu'à ce jour pour en dis- 
siper l'obscurité ont notoirement échoué. Dans les lignes qui suivent, 
je proposerai une nouvelle solution du problème, en mettant à profit 
les récentes découvertes de l'assyriologie. La comparaison des reli- 
gions sémitiques entre elles me semble le seul moyen efficace 
autant que légitijne qui puisse nous conduire au but et livrer un 
résultat qui, indépendant de toute appréciation personnelle, atteigne 
présque la certitude d'un fait. 
Ce fragment est ainsi conçu : 

Ti,v Twv ^(i)v àp5^i?|V ûicoTCÔtTat àépa ^ocpc^Sir) xal irveu|jLaT(ii8Y| , ^ irvoi^v 
iipo; I^ocpûSouç , xal lào^ Oo>.epôv Ipe6c58e^ * TaOta 8è elvai àiteipa , xal 8ià 

(i) Pmpar. Erangel. lib. I, cap. z, 7. Cf. Orblli Sanchoniaihmis fragmenta , 
pp. 8-12. 



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56 



MÉLANGES GRAUX. 



)^ûv, xal èyévÊTO (JÙYXpa<jt;, Vj tcT.oxyi èxeCviq Ix^tiôri icdôoç * aO-nrj 8à àp;(^Tj xt(- 
a£(i); àwdvTwv aÙTÔ 8è oùx èYivoxjxc t^v «OtoO xtC^vv xal èx tti; aÙTou <ju|i.- 
•7c).oxYi; ToO irveO|j.aTO<; èyévcTO Mait. to0t6 Tivéç çadiv 0>.ir)v, ol 8è ôSatwSou; 
{iCÇecjç ctJ^/iv. Kal èx T(xOty)ç lyéveto waaa ffwopà xtC^co;, xal yévsdtç tûv iTXwv. 
(Hv 8é Tiva Çwa oùx £;(0VT3t aï^^iv, èÇ aiv èyéveto Çwa voepà, xal lx>.Ti8ti 
Z«i)(paay)|jLlv, tout' l<jTtv oùpavoO xaTÔirTai), xal àvcTC^.dt^ÔY) 6[j.o((i>ç àoO g^^yJ {xaTi, 
xal èÇ£Xa|jn{;E McoT •^j^.id; Te xal (jeT^Y^vY), à(jTépe<; Te xal à<jTpa [j.eyd>.a. 

Le passage que j'ai mis entre parenthèses doit être placé à la fin, 
et de la sorte la proposition relative à Mwt reprend son unité primi- 
tive et ne laisse rien à désirer sous ce rapport. 

La division des principes primordiaux est quaternaire : Ài?ip , Xdo?, 
n^Oo; et MwT ; principes qui rappellent en quelque sorte les quatre 
éléments dont, d'après la philosophie grecque, se composent les êtres 
corporels. Des quatre noms que je viens de mentionner, le premier, 
Ày5p, est bien Tair élémentaire; le second, Xào;, l'espace ouvert et 
rempli d'une substance atomique et poussiéreuse, représente visible- 
ment l'élément terreux ; le troisième, nôOo;, le désir ou l'amour qui 
agite la masse chaotique et la met pour ainsi dire en fusion, figure 
convenablement le feu; enfin, pour ce qui est du quatrième, nommé 
MwT, l'auteur même l'explique par « boue aqueuse », ce qui ne diffère 
pas essentiellement d' « eau trouble », expression à laquelle on peut 
d'autant plus facilement substituer lennot « eau » tout court, que, 
ainsi que nous le montrerons plus loin, MoiT est réellement l'eau par 
excellence, la mer. 

Ce schématisme, apparemment grec, est de nature à inspirer une 
juste méfiance. Cependant les circonstances atténuantes ne manquent 
point, et nous devons en tenir compte. D'abord la croyance relative 
à l'existence primordiale de l'air et du chaos, tous deux invisibles et 
presque immatériels, est tellement naturelle qu'elle a à peine besoin 
d'être énoncée. Tous les peuples sont également unanimes à admettre 
le caractère primordial de la mer ou de l'océan. Voilà déjà trois 
éléments admis ou sous-entendus à peu près partout. Les autres traits 
de cette cosmogonie, comme par exemple l'antériorité des ténèbres 
sur la lumière, reposant sur l'expérience quotidienne, sont également 
des conceptions humaines communes. On voit de là que l'affirma- 
tion de Philon d'avoir trouvé ces données cosmogoniques dans un 
ancien écrit phénicien n'a rien qui doive étonner, et qu'il n'est pas 
absolument nécessaire de supposer que cet auteur les ait emprun- 
tées à Hésiode ou à Aristophane. Ce sentiment est même corroboré 
par la considération de la locution nvoïj àépo; îo9c!)8ou(; qui frappe 
par son air sémitique et qui se ramène aisément au phénicien mèmat 
rah kêkat. 

Le seul point vraiment embarrassant est celui qui concerne l'in- 



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J. HALÉVY. — noeOS ET MÛT. 



57 



troduction dans la cosmogonie phénicienne du principe toi^ bellé- 
nique de II(56o;, même en faisant abstraction du rapprochement tenté 
ci-devant avec le feu élémentaire. Non que le principe de l'Amour 
désirable — Ëpw<; 6 i:o6£iv<5;, comme l'appelle Hésiode — soit particu- 
lier à la cosmogonie grecque ; au contraire, partout oii l'anthropomor- 
phisme prédomine, Tesprit est forcément conduit à envisager la créa- 
tion comme le résultat d'un acte de génération primordial consommé 
parTunion de deux principes de sexe opposé. L'union étroite (ic>.ox7i) 
de ces principes devient en môme temps la source du mouvement et 
de la modalité. Tout cela, dis-je, est la conséquence inéluctable de 
la conception anthropomorphe et peut être commun à plusieurs 
peuples à la fois. Ce qui frappe dans l'exposition de Philon, c'est le 
caractère cosmogonique de DdOoç, qui, semblable à l'Eros grec, tend 
à laisser dans l'ombre les trois autres principes vraiment cosmiques. 
Notre méfiance relative à l'authenticité de 11660^ dans . la cosmogonie 
phénicienne grandit encore par suite d'une autre considération. Un 
autre passage, également extrait du livre de Philon de Byblos, men- 
tionne n(56o; et Ép<i)ç comme les deux fils d'Astarté et d'Ouranos (1) ; 
ce sont donc des divinités de la création et nullement des principes 
cosmogoniques, comme c'est le cas chez les Grecs. La contradiction 
ne peut pas être plus flagrante. 

Ce qui vient d'être dit me semble établir l'origine grecque du 
0(^80; de Philon. Il s'agit maintenant de décider si Philon l'a introduit 
de propos délibéré dans la cosmogonie phénicienne, ou bien s'il l'a 
substitué, sans s'en douter, à un autre terme de l'original de San- 
choniathon. La première alternative doit être repoussée par la raison 
péremptoire que voici : si Philon avait voulu intercaler un principe 
hellénique à la cosmogonie phénicienpe, il aurait choisi de préférence 
le nom nettement hésiodique d'Éros au lieu de nôOoç, expression 
beaucoup plus faible et passablement prosaïque. La seconde alterna- 
tive, au contraire, ne présente aucune difficulté, car notre auteur est 
coQtnmier du fait des substitutions. En parcourant les fragments qui 
restent de son œuvre, on constate qu'il assimile sans gêne les divinités 
de dififérents peuples, chaque fois que son éclectisme y trouve quel- 
que avantage. Dans son esprit d'évhémériste doublé de néoplatonicien , 
l'Amour, qui joue un rôle prépondérant dans la cosmogonie grecque, 
ne devait ni ne pouvait manquer dans celle des Phéniciens ses com- 
patriotes ; et, pour l'y introduire, il suffit que l'expression de l'original 
N y accommodât d'une façon ou d'une autre. C'est ainsi, pour citer un 
exemple très caractéristique, que Philon, ayant trouvé que la con- 
ception d'un dieu ichthyomorphe répugnait aux Grecs, n'hésita pas à 
changer le dieu phénico-sémitiquc Dâgôn^ dont le nom vient de Dâg, 

(t) Orblu, /. c, p. 32. 




58 



MÉLANGES GRAUX. 



poisson^ en un Zeù; àp<5Tpio;(i), en identifiant ce nom avec Thomophone 
Dâgânubién («rttoç). La plupart de ces étymologies fictives ont leur source 
dans rhabitude des anciens de n'envisager que la transcription grecque 
des mots orientaux, transcription qui, étant donné le manque dans 
l'alphabet grec des gutturales et des lettres emphatiques propres aux 
langues orientales, était si imparfaite qu'elle donnait souvent lieu aux 
plus singulières confusions. Dans le passage que nous étudions, le 
hasard a particulièrement favorisé la tendance étymologique du my- 
thographe de Byblos. En comparant le passage connu de Damascius 
sur la cosmogonie babylonienne, M. Renan a montré depuis long- 
temps que Philon de Byblos avait sous les yeux le nom de Aica<j(ov que 
les Babyloniens considéraient comme l'époux de Tau6V|, la mère des 
dieux, nom qu'il a interprété par n<56o<;, « désir ». M. Renan a pensé, 
— et c'était alors très légitime, — que la forme phénico-babylonienne 
de Àita^ûv était hippâçôn, nom abstrait formé de *hêpheç «désir» 
et que, de telle sorte, l'idée cosmogonique de n(56o<;=Ëp6)ç aurait été 
réellement sémitique. Ce point de vue me semble devoir être modifié 
aujourd'hui que le type primitif de l'Apason babylonien nous est par- 
faitement connu. Ce type est Apsu « Océan » et nullement hippâçôn 
« désir ». Pour s'en convaincre, on n'a qu'à se rappeler les termes delà 
première tablette babylonienne delà création, où les principes cosmo- 
goniques sont énoncés d'une façon très précise : 

Enuma elii la nabû samamu 

^Saplis [ki-] tum èuma la zakrat 

Apsuma [la] patû zaf^un 

Mûmmu Tiamat muallidât gtmrisun 
5. Melunu tstenis iteqûma 

Gipara la kîççura'çuça la le' 

Enuma an-mel la supu manama 

"Suma la zukkuru àimatam..,? 

Ibbanûma an mes gal-mes 
10. An-Lahmu an-Lahamu ustapû 

Adi trbû 

An-har an-ki-sar ibba[nn]. . 

Unnku ud-mei 

An-Anu 

15. An-'Sar 

(( En ce temps-là, en haut, le ciel était innommé; 2 en bas^ la 
terre n'était pas désignée par un nom; 3 (c'est alors que) l'Océan 
{Apsu) sans borne (fut) leur générateur 4 (et) la dame Mer {Tamat) la 
génératrice d'eux tous. 5 Leurs eaux s'agitèrent ensemble, 6 (pareilles) 

(1) Orelu, /. c, p. 32. 



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J. HALÉVY. — noeOS ET MÛT. 



59 



à on verger sans fruits, à un lac sans plantes. 7 En ce temps-là, 
aucun des dieux ne brillait; 8 aucun nom n'était mentionné, et le 
destin ne... 9 (Enfin) les grands dieux furent créés; iO Lahmou 
et Lahamou parurent... 11 et se multiplièrent... 12 Aschour et 
Kischar furent créés; 13 de longs jours se passèrent... ; 14 Anou... 
15 Aschour... » 

On le voit, les Babyloniens admettaient comme cause éternelle de 
toute existence l'union amoureuse de deux principes dont l'un, Apsou, 
le chaos aux germes atomiquçs, est mâle et actif; l'autre, Tamaf, la 
mer féconde et grouillante, est femelle et passif. Cette génération 
primordiale produit tout d'abord les dieux cosmiques ZaAmow et Laha- 
mou (Substance et Consistance?), Aschour ei Kischar (Étendue et Acti- 
vité?), puis les dieux planétaires Anou [et Bel\ (Saturne et Jupiter), 
dieux qui, pourvus d'une nombreuse famille, exécutent de concert la 
création aux dépens de leurs grands aïeux dont elle rétrécit le domaine. 
La cosmogonie phénicienne ne devait guère s'écarter de la conception 
babylonienne qui représente pour ainsi dire l'idée sémitique par excel- 
lence. Et ceci est d'autant plus vraisemblable que la plupart des dieux 
supérieurs du panthéon babylonien se retrouvent en Syrie et en Phé- 
nicie sous des noms identiques. Par conséquent, il y a tout lieu de 
supposer que l'ouvrage de Sanchoniathon portait en réalité le terme 
phénicien Ap$ (=héb. epkes «vide »), correspondant exact du baby- 
lonien Apsu «Abîme, Océan», et que c'est Philon seul qui a rapproché 
Aps de ffepç (=héb. hépheç « désir ») afin d'obtenir le principe du 
n<i9o;, si proche parent de l'Eros grec. 

Le rétablissement exact du premier principe cosmogonique de la 
mythologie phénicienne nous fournit aussi un moyen sûr pour réta- 
blir la forme primitive du second principe, femelle par sa nature, qui 
porte dans nos éditions d'Eusèbe le nom de Mwt. On a vu précé- 
demment que Philon explique ce nom par ^Iri « boue, matière », 
notamment « boue ou pourriture {^^^<;) d'un mélange aqueux 

Étant donné l'impossibilité de ramener cette forme à une expres- 
sion hébréo-phénicienne qui ait un sens tant soit peu convenable, 
plusieurs commentateurs en sont venus à rapprocher l'égyptien MoOÔ 
«mère», épithète fréquente d'Isis, ce qui va assez bien à l'idée de 
la matière, fit ais, outre la différence d'orthographe et l'invraisemblance 
de la supposition que Philon ait sciemment remplacé le nom phéni- 
cien de l'original par un nom égyptien, il y a cette difficulté insur- 
montable, suivant moi, que chez les Égyptiens môme, Isis n'a jamais 
été un principe cosmogonique et encore moins le représentant de Té- 
lément liquide. C'est donc dans une autre direction qu'il faut chercher 
le mot de l'énigme, direction vers laquelle nous a déjà conduit l'in- 
terprétation du premier principe^ savoir : la cosmogonie babylonienne. 




60 



MÉLANGES GRAUX. 



Le parèdre féminin de VApsu-kizafsêv babylonien est nommé par 
Damascius Totu6Vj et par Bérose BauàTO. La dernière forme corres- 
pond aussi rigoureusement que possible au nom de la déesse-mer ba- 
bylonienne, Tiamaton Tamat,iç\ qu'il se lit sur la tablette cunéiforme 
transcrite plus haut. L'orthographe TauO^ figure de son côté très fidèle- 
ment la forme plus commune /awi/w. On sait qu'en Babylonie le son m se 
confondait dans la prononciation avec le son grec. C'est donc le 
correspondant phénicien du Tamat ou tamlu babylonien, et nulle autre 
expression, qui a nécessairement dû se trouver dans le texte de San- 
choniathon. Or, la forme phénicienne du terme en question peut être 
rétablie avec certitude au moyen du terme hébreu /e^()w,« mer, abîme,» 
qui figure précisément dans le récit de la création {Genèse, I, 2). Le 
mot iehôm, complètement sécularisé dans l'usage des auteurs mono- 
théistes de la Bible, devait naturellement avoir un sens mythique et 
anthropomorphe dans la théologie phénicienne. D'autre part, il y a 
plus d'une raison philologique pour'admettre que la forme phénicienne 
affectait la terminaison féminine /, qui s'observe aussi dans l'arabe 
tihâmat, en sorte que la forme réelle du nom phénicien que nous 
discutons était Tehàmât ou plus exactement Tehémât, en vertu du 
changement régulier d'à en d dans la prononciation phénicienne. 
Transcrite en caractères grecs, la forme tehoinàt donne naturellement 
To[j.(6t. Les éditions d'Eusèbe n'ont conservé de cette forme que la 
dernière syllabe Mwt et cette altération a été le point de départ d'un 
grand nombre d'hypothèses aussi peu fondées les unes que les autres. 
Le membre de phrase èy^vexo M(ot doit donc être corrigé en Iy^veto 
ToiJLWT, et il suffit d'y jeter un coup d'œil pour se convaincre que la 
chute de la syllabe initiale to a été déterminée par le to final de 
èyévETo. La même correction doit aussi être pratiquée dans la phrase 
finale xal i^Ckfx^'^^t Mwt ^\\.6<i te xal (jE^ifivY) x.t.>.., dont la construc- 
tion exige impérieusement l'insertion de la proposition Ix devant le 
nom propre. Je crois donc que ce passage doit être rétabli ainsi qu'il 
suit ; xal èÇé).a[i4'Ê ix To|jL(i)T -fiXidç te xotl iê^y^vyi x.tA. ; et cela s'accorde 
parfaitement avec le mythe babylonien qui fait sortir les divinités 
sidérales du sein de Tamat-HloLctja, fécondé par le principe mâle 
A /?SM-lixÊav(5;. 

De ce qui vient d'être exposé, il résulte que Philon, en assimilant 
le nom de To[j.wt à ^Iri ou (nj^^^;, a de nouveau cédé à ses ten- 
dances hellénisantes, comme il l'a déjà fait relativement à Aps dont il 
a tiré n<56o<;. C'est à ces mêmes tendances qu'il faut très probable- 
ment attribuer cette circonstance que dans son exposition l'air s'unit 
à ses propres atomes (^px^O pour produire Tomot, tandis que dans la 
cosmogonie babylonienne l'union génératrice a lieu entre Apsu et 
Tamat, Océan et Mer. Cela donne une idée exacte de la méthode inter- 
prétative qui dominait du temps de Philon ; les noms mythologiques 




J. HALÉVY. — nOeOS ET MûT. 



61 



que Ton trouvait chez les auteurs orientaux servaient de prétextes pour 
attribuer à ceux-ci des idées helléniques. Si Ton relire les superféta^ 
lions et les incidentes que le mythographe grec y a accumulées, le texte 
de Sanchoniathon peut se rétablir dans toute sa simplicité orientale de 
la manière suivante : 

Au commencement il y eut un souffle d'air ténébreux et l'Océan 
troublé. 

Ds sont tous deux sans limites et n'auront pas de limites jusqu'à la 
fin des siècles. 

L'Océan s'unit à la Mer et il se fit un mélange. 

De celle-ci sortit la semence de toute la création ; et cette semence 
fut formée en figure d'œuf. 

Et de la Mer sortirent (aussi) en brillant le Soleil et la Lune, les 
astres et les grandes étoiles. 

(Puis), il y eut (sur la terre) des êtres vivants privés d'intelligence, 
desquels sortirent des êtres doués d'intelligence qu'on nomme Zopka- 
samin (- Çôphé- ^Samêm « contemplateurs du ciel »). 



J. HALÉVY. 




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LE TOMBEAU 

d'on 

LÉGAT PROPRÉTEUR ^AFRIQUE, A ARLES 

ORIGINE DU NOM DE LA CAMARGUE 



Le musée d'Arles^possède un fragment de grande dalle de marbre 
portant une inscription qui a été publiée par divers auteurs depuis le 
Mècle dernier (1), mais toujours avec des passages défectueux ou dou- 



//////////////// 
/////////////////F. 



10 



llllllllllllllllll 

niiiiimiiii 

i:i iniiiniiiiniii 
éfiiiinii/i/ifiii 
iniin/i/iiii/n 
iiinniiiiiiiimix 
iiiiniiimiiim 
iiniimii/iiin 
iiiiiinnmiii 



mu/n/imimn thletar 



////////////////// 



13 



iinimiiiiiiiinifito 
nnmiifiiuiiin 



N I V s 



C AMARS 

IVDTRIBMIL 

R EQ ROM TVRM 



LEB • PRAET/ PROCoS 
PR PROVAFRICAE 
SSIBI ETT- ANNIO 
ARGLiBRiSQDED 
QVARMANVPRET 
IT ITEM HS NCC 
ISOMNIBVS ANnIs 
AVT • CIRCEN 

TVR 

RIAE- AETERNITAT 
EXTRVXIT 



0«,45 

(1) HuRATORi, Sov, thés, vet. inscr,, p. 622, no 6; Maffei, Mus. Veron., p. 418, 
••l;DcM0XT, Inscr. cT Arles, n<» 23, à la suite de VHist. d'Arles par Noble Lalau- 
»Êti; MujjN, Voyage dans le midi de la France^ t. III, p. 624 ; Estranoin, Descr. de 
^nlU d'Arles, p. 223; Herzoo, Gall. Narbon. Hist, append. epigr., n<» 322. Maffei 
^ apprend qa*en 1749, à l'époque où il publiait son Muséum Veronense, Tinscrip- 
^ *e trouTait à Arles chez le chanoine Sabathier. 



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64 



MÉLANGES GRAUX. 



teux. Un estampage, exécuté par M. Huart, conservateur du musée, el 
obligeamment mis à ma disposition par M. L. Palustre, directeur de la 
Société française d'Archéologie, me permet de donner de ce texte une 
copie où, pour la première fois, les lettres se montrent dans leurs 
proportions et dans leurs positions respectives. 

La tablette a 0™75 de hauteur sur 0™i5 de largeur, avec des mou- 
lures d'encadrement à droite qui réduisent Taire épigraphique à 0"36 
de largeur. Linscriplion se compose de quinze lignes dont chacune a 
perdu une portion notable de son commencement. La hauteur des let- 
tres va en décroissant : 8 millimètres à la première ligne ; 5 millimè- 
tres à la deuxième ; 3 millimètres 1/2 à la troisième ; 3 millimètres à la 
quatrième ; 2 millimètres aux six lignes suivantes; 1 millimètre 1/2 aux 
quatre dernières. 

Une cassure a emporté en partie le S final de la première ligne et 
celui de la deuxième ; la queue d*un R est encore visible sur le bord de 
celle-ci, à gauche. 

Muratori, d'après la copie de Bimard, et Millin lisaient libriscoded 
à la huitième ligne, Maffei libris oded, tandis que Herzog y voyait 
lIrrIcoded qui n'a pas plus de sens. J'y ai déchiffré lIbrIsqded, libris- 
q[ue) ded[it). 

A la neuvième ligne, je reconnais avec Muratori, MafTei et Millin le 
groupe PRET, pret{ium), que Herzog a défiguré en un mot inintelligible 

TRET. 

A la douzième ligne, je lis thletar, [a]tkletar{um), dans le groupe 
que Muratori transcrit, sans explication possible, par t hi et ar, 
Maffei et Millin par tmetar. Herzog conjecturait palmar, joa/ma;'(es), 
qui est matériellement inadmissible sur l'estampage. 

Au surplus, je reproduis la lecture de l'ensemble sous la forme typo- 
graphique si incommode et si déplaisante des caractères courants, 
que Herzog a malencontreusement adoptée pour tout son recueil : 

Annius. . . | R Camàrs | Xvir stlit[ibm) iud- 

[icandis)^ tHb[unus) mtl{itum)\ leg{ionis), . . ,$eviv eq(uilum) Rom(ano- 
rum) turm(a) | . . . . çuaest{or), tnb[unus) pleb(is), praet(or), proco(n)- 
s(ul) I pro*'{mciae) Narb{onensis), leg{a(us) pr{o) pr(aetore) prov(inciae) 

Africae | vivus sibi et T. Annio | fil{io) fec{it). Idem. ... X ar- 

g(enteos) LIrrIco (?) ded(it) qyar.manvtret] rfonavit, 

item HS n(ummum) ce | dédit, quorum ex usuj^ls omnibus annis | die m- 
tali suo ludi palmaLT{es) aut circen(5es) Arelate ederenim \\item ad 
nom{inis) sui memoriae aeternitat(em) | hoc monumentum extruxit. 

Malgré les lacunes et les mots douteux, Herzog avait bien reconnu 
qu'il s'agit d'un personnage, Annius Camars, qui, après avoir énoncé 
les fonctions publiques par lesquelles il a passé successivement — 
décemvir judiciaire, tribun de légion, chef d'un des six escadrons de 
chevaliers romains, questeur, tribun du peuple, préteur, proconsul 



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MOWAT. — ANNIUS CAMARS. 



6S 



d'une province, légat propréteur d'Afrique — déclare qu'il a fait cons- 
truire un tombeau de famille, et qu'il a institué une donation pour la 
célébration de jeux anniversaires destinés à perpétuer son sou- 
venir. 

Herzog avouait n'avoir d'autre motif pour restituer à la Narbon- 
naise le proconsulat de ce personnage que le fait de l'érection de son 
tombeau dans cette province. La raison alléguée paraît cependant 
insuffisante ; il est plus naturel de supposer que si Annius Gamars, 
pendant, ou plutôt après son commandement d'Afrique^ s'est fait 
construire un tombeau à Arles, c'est qu'il avait l'intention de finir ses 
jours dans cette ville où il avait des attaches de famille par parenté 
ou par alliance. 

D'après l'exemple de L. Novius CrispinusMartialis Satuminus (i), qui 
fut proconsul de Narbonnaise avant d'être légat propréteur d'Afrique 
en l'an 145, x>n peut supposer qu'il en a été de même pour Annius 
Camars ; mais rien n'empêche non plus de supposer qu'il ait été pro- 
consul de quelque autre province prétorienne, de la Macédoine par 
exemple, comme l'avait été P. Junius Junianus Mai*tialianus (2). La 
restitution du mot Narb{onensis) dans l'inscription d'Arles n'est donc 
que possible, mais nullement certaine. 

Au commencement de la deuxième ligne, j'ai dit qu'on aperçoitun 
vestige de lettre ; Herzog y a bien reconnu la queue d'un R, mais il 
n'en a tiré aucun parti. Or cette lettre précède le cognomen Camars; 
elle appartient donc à l'un des noms de tribus dont l'abréviation se 
termine par cette lettre, cor, Cojmelia, uor, Horatia, qvir, Quirina, 
SEB, Sergia, ter, Tere{n)ttna ; entre ces cinq noms il en est deux, le 
premier et le dernier, qui sollicitent particulièrement notre atten- 
tion. 

Le surnom Camars, identique avec l'ethnique Camers qui n'en est 
qu'une variante dialectale, indique que notre personnage était d'extrac- 
tion ombrienne; Umbros Camet*tes, dit Frontin [Stratag,, I, ii, 2). Or les 
Gamerles avaient pour chef-lieu Camerinum, ainsi que cela est prouvé 
par deux inscriptions de cette ville dans lesquelles ils sont appelés 
Claoïertes (3), et l'on sait que Camerinum était de la tribu Cornelia (4). 
La branche de la gens Annia à laquelle appartenait Gamars était donc, 
à l'origine, inscrite dans cette tribu ; peut-être était-il à la fois parent 
et compatriote du G. Annius G. f.Gor. Interrex qui a laissé une trace de 
son séjour à Nimes (5), dans le proche voisinage d'Arles. On aurait 
ainsi quelques motifs pour attribuer la même tribu à Camars. 



(1) RsxisR, Inscr. rom. de tAlgériey n« 198. Corp, Inscr, Lat„ t. VIII, n© 2747. 

(2) Rtobr, Irucr, rom, de r Algérie, 1505. Çorp. Inscr, Lat, t. VIII, n« 2392. 

(3) Orklu, Inscr, lat. ampl, colU, no 920 et 2172. 

(4) OnonmcD, Imper, rom. trib, descr.j p. 43. 

(5) Pelbt, Catalogue du musée de Nimes, éd. 1863, p. 37. 

1CSL4JC0B8 ORAUX. 5 



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66 



MÉLANGES GRAUX. 



D'autre part, si, comme on peut le supposer, ce dernier avait, dès 
l*âge viril, son domicile légal à Arles, ce n'est pas dans la Comelîa^ 
mais dans la Tef'enttna qu'il aurait été inscrit, de même que tous les 
citoyens romains domiciliés dans cette ville (1). 

En conséquence, la restitution du mot à suppléer dans l'inscrip- 
tion avant le cognomen Camars est circonscrite à l'alternative entre 
Cor[nelia) et Ter[entina). Le groupe cor, ou tkr, était cerlainement 
précédé du mot fil, précédé lui-même d'une sigle de prénom indé- 
terminée. 

Le cognomen Camars est très rare, car je ne l'ai rencontré que 
dans une seule autre inscription. Par une coïncidence bien remarqua- 
ble, il s'y trouve accompagné précisément du gentilicium Annius, et, 
qui plus est, celui qui le porte y est qualifié de tribunus pkbis. Ce rap- 
prochement n'a encore été fait par personne que je sache, pas même 
parMaffei, qui cependant a inséré les deux inscriptions dans son Mu- 
séum Veronoise à quelques pages d'intervalle, sans s'apercevoir qu'il 
s'agit du même individu de part et d'autre. Or il n'y a pas à hésiter sur 
l'identification. Voici, avec les suppléments nécessaires, le texte que 
je signale (2) ; il provient de Rome et se trouve actuellement au musée 
de Vérone : 

LARiBVS AVG ET GENis cAESARVM- ùnp, Cocs, Domitiano. Aug. cos, viiu 

DESlGXP-PPERMISSVAANXICAMARTlSTRift.Jo/eÔ.aerf/Ctt/am.r^^.^v/cO^ 

ris eT'vIrtvtis magistri anni Lxxxxii- A so/o. impensa. 5wa.mfi/Merwn^ 

C IVLIVS C L ZOSIMYS M' BIRRIVS M' L HIERVS M'-BmRIVS J/an./. 

Ce qui doit se lire ainsi : Laribus aug{usth) et Geni(î)s Caesarum, 
[lmp{eraton) Caes[ari) DomittanoAug{usto)^co{n)s{uli)nonum], desig{nalo) 
decimum, p[ah'i) p[atriae); permissu A(tilï) Anm{i) Camartis, lr[ib{unij 
pleb[is), aediculam reg{tonis) pinmae vico Honoris] et Virtutis mogistri anni 
nonagesimi secundi a s[olo, impensa sua, restituerunt ] : C{aius) Iulius, 
C{aii) l{ibertus)f Zosimus; Man{ius) Binnus, Man[ii) l{ibertus)y Hierus ; 
Man[ius) Bimus, [Man{ii) l{ibertus)^ ] 

Ce texte est précieux à plusieurs égards ; je me borne ici à en tirer 
ce qui peut être utilisé pour l'éclaircissement de l'inscription d'Arles. 
Tout d'abord on y trouve le prénom A{ulus) qui seul manquait à la 
restitution de la première ligne et qui est extrêmement rare dans la 

(1) <}ROTEPEND, Imper, rom. trib. descr,, p. 117. 

(2) Gruter, Insci\ antiq, tôt. orb, rom.^ p. 106, n» 6, d'après Smet; Maffei, Mus. 
Veron.j p. 101, n© l ; Henzen, Corp. Inscr, Lat., t. VI, 449. J'ai adopté les supplé- 
ments de M. Henzen, construits sur le modèle d'inscriptions complètes du même 
genre; cependant, au lieu du génitif vfct qu'il restitue conformément au passage 
REG • XllII • VICI • CENSORI (n© 451), je préféré l'ablatif vico, qui est plus correct et 
qui se justifie par un passage écrit explicitement, en toutes lettres, au 450, R£- 
GIONIS • VI • VICO • PORTAE • COLLINAE. 




MOWAT. — ANNIUS CAMARS. 



67 



gens Annia; des trois ou quatre exemples que j'en ai relevés, Tun est 
de Roine(l), un autre d'EIspagne (2). Un troisième se lit sur une ins- 
cription de Marsillargues (Gard), aujourd'hui conservée dans Tabbaye 
de Saint-Gilles, près d'Arles (3). 

DEO 
SILVANO 
A'ANNIVS 
ËROS 
V-SL-M 

Ledédicant est visiblement un affranchi, qui a emprunté son 
prénom et sonnomen gentilicium à son ancien maître, un A. Annius, 
très probablement le même que Gamars, et qui habitait le domaine 
de MarceUanicae (Marsillargues), aux environs d'Arles. 

Ala mairie de Saint-Remy (Bouches-du-Rhône) on conserve un petit 
autel portant l'inscription (4): 

SILVANO 

A- A- A 
VSLM 

L'auteur de cet ex-voto se contente d'indiquer ses noms par trois 
initiales qui paraissent devoir être interprétées A(ulu$) A{nnius) A(...), 
et le rattacher aussi en qualité d'affranchi à la famille de notre A. 
Annius Gamars, en raison de la rareté de son prénom et en raison de 
la provenance respective de leurs monuments. 

11 est remarquable que les représentants de la gens Annia sont rela- 
tivement plus nombreux dans les environs d'Arles que dans toutes 
les autres localités réunies de la Narbonnaise et du reste de la Gaule ; 
On trouve, à Arles, un L. Annius Tullus ; à Aix, un Sex. Annius Seve- 
ms; à Bonnieux, un Q. Annius Bottus ; à Nîmes, un G. Annius Interrex, 
on Annius Vegetus, une Annia Eutychia, une Annia Tuta, un App. 
Annius Apolaustianus, un L. Annius Allobrox. De l'ensemble de ces 
faits on peut raisonnablement conclure que la famille d'Annius Gamars 
possédait des domaines dans cette partie de la Narbonnaise. 

Revenons à Tinscription du musée de Vérone. Outre le prénom de 
notre personnage, on a la bonne fortune d'y trouver une importanter 

(1) G&tma, p. 931, no 12. 

(2) Corp, huer, Lat, t. II, n» 2991. 

(l) J.-P.-A. PsRaoT, Hiêt. desAntiq, de Nîmes et de ses environs, éd. 1856, p. 205, 
m» 44; Hsuxet, dans le BuU. de la Soc. des Antiquaires de France, 1875, p. 163; 
HowAT, dans le BuU. épigr. de la Gaule, t. I (1881), p. 64. 

<4) Héaor db YiLLBrossB, dans le Bull. Monum,, t. XLIV (1878), p. 66. 



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68 



MÉLANGES GHAUX. 



indication chronologique. En effet, elle nous apprend qu'il était tri- 
bun du peuple en Tan 83 de notre ère, pendant le neuvième con- 
sulat de Domitien qui coïncide (1) avec la quatre-vingt-douzième 
année d'existence du collège des quatre magislri institué en Tan de 
Rome 745 (l'an 9 av. J.-C.), et chargé, entre autres attributions, de 
veiller au culte des Lares du quartier Honoris et Virtutn. Suivant 
les règles de l'avancement, A. Annius Gamars a dû devenir préteur 
l'année suivante, en 84 ; puis, proconsul d'une province prétorienne, 
au bout de cinq ans, c'est-à-dire en 89 ; et enfin, cinq ans après, 
légat impérial propréteur d'Afrique pendant le triennium de 90 à 92, 
sous Domitien. M. L. Renier a démontré (2) que Galigula avait enlevé 
au proconsul d'Afrique, relevant du Sénat, le commandement des 
forces militaires, et l'avait confié à un légat relevant de l'empereur, et 
résidant à Lambëse en Numidie, tandis que le proconsul avait son 
siège à Carlhage, dans l'Afrique propre. Vers le temps de Septime 
Sévère, ce commandant militaire réunit à ses attributions le gouver- 
nement civil de la Numidie, qui apparaît dès lors comme province 
séparée et dont le gouverneur prit le titre de légat impérial propré- 
teur de la province de Numidie, au lieu de celui de légat impérial pro- 
préteur de la province d'Afrique qu'il avait eu jusqu'alors. Le résultat 
auquel on arrive par le rapprochement des deux inscriptions d'Arles 
et de Vérone est donc particulièrement intéressant pour les Fastes des 
provinces africaines, dont le régime politique a subi des variations 
comparables en quelques points, mais pour d'autres causes, à celle 
de l'Algérie française. 

Quant au monument d'Arles, on peut dès à présent le rapporter à 
l'an 93, ou à quelqu'une des années qui le suivent de près. La restitu- 
tion certaine de la première ligne détermine la longueur de la lacune 
que l'on reconnaît être exactement égale à la portion existante, si Ton 
se conforme au module des lettres ; et comme la fin de chacune des 
lignes aboutit à une bordure d'encadrement, on en conclut que, par 
symétrie, tous les alinéas d'en tête étaient semblablement adossés à 
une bordure opposée. En d'autres termes, la dalle parait avoir été sciée 
par son milieu, dans toute sa hauteur. Cette condition limite le champ 
de restitution en montrant que chaque lacune doit être remplie par 
un nombre de lettres égal à celui dont se compose la portion de ligne 
correspondante à droite. Herzog n'avait tenu aucun compte de cette 
obligation architectonique, et sa lecture, acceptable quant au sens 
général, offre dans le détail des passages d'une faiblesse manifeste ; 
c'est ce qui ressortira des observations suivantes. 

Septième ligne. — La lacune qui précède le mot t?ivt« contenait cer- 

(1) Corp. Inscr, Lat.y t. VI, commentaires des no» 454, 456 et 457. 

(2) Bulletin du Comité de la Langue^ de rHistoire, etc., t. II (1854), p. 47. 




MOWAT. — ANNIUS CAMARS. 



69 



tainemeni un litre bonorifiqae. Annius Camars, arrivé au terme de son 
commandement d'Afrique, pouvait prétendre au consulat. On ne sait 
s'il y est par\'enu, car son nom ne figure point parmi ceux des con- 
suls suffects de Tan 93, dont la liste est d*ailleurs fort incomplète, 
puisqu'on ne connaît pas ceux du deuxième, ni ceux du quatrième 
trimestre (i). Mais, consul ou non, il est vraisemblable qu'arrivé au 
terme de sa carrière politique et fixé à Arles, il reçut de ses conci- 
toyens, à raison de sa baute situation, le titre de patron de la colonie. 

Huitième ligne. — La lacune devait contenir le cognomen du T. 
Annius mentionné à la fin de la ligne précédente. Au lieu du mot 
énigmatique lirrico que Herzog croyait lire, je vois les mots lïbris q{ué), 
lesquels, venant après arg{enti)^ se rapportent clairement à la dépensé 
du tombeau. 

Neuvième ligne. — Les mots manu pret{ium) indiquent une main- 
d'œuvre d'ornements accessoires ; on ne peut guère s'imaginer autre 
cbose que les statues, ou les bustes, du titulaire et de son fils, sculp- 
tés sur le tombeau. 

Dixième ligne. — La lacune doit être remplie par la mention du 
prix de cette main-d'œuvre évaluée en livres d'argent ; la sigle N en 
annonce le chiffre, et signifie numéro « au nombre de », et non pas 
nummwn qui serait incompréhensible immédiatement après les sigles 
H S, seslertia, sans compter le pléonasme. 

Douzième ligne. — La lecture [a]THLETAR(wm) n'avait pas encore été 
proposée; elle me semble cependant justifiée parla locution apposée, 
ami circen{s€8). 

En résumé, voici comment j'essayerais d'interpréter l'ensemble 
de l'inscription, sauf quelques chevilles de remplissage provisoire : 

[A{ulus) An]nius,\[A{uli)? fil{ms), Co]r{neUa) ou Te]r\entina tribu), 
Camart, \ [Xvirstli't{ilms)]jud{icandis),trih{^^ 

»evi]req{uùum)rom{anorum) turm{a) \ [n®..., quaest{o7''),trib{unus)p]leb{is), 
praei{or), proco(n)s{ul)\[pîvv{inciae) Narb{onen$îs)?, leg[atus) Aug[usti) 
fr[o)] pr{aetort) prov{inciaé) Africae, \ [co(n)5(w<), palr{pnui) C[oloniae) 
I\uUae) P{atema€) A{relalis), vivu]s sibiet T[ito) Annio \ [cognomen, /l[i&*o) 
fecii ex C..]X arg{enti) librù q{ua8) ded\]ù;item stat{uas) posuit ob] 
qMâar{um) manu pr€t{ium), \ [...X af*g{enti) libr{as) adjec]it ; item sestertia 
n{wnero) ducenta \ [dédit, quor{um) ex usur]is, omnibus annts, \ [die nat{alï) 
smo, tpeet{acula) a]tkletar{um) aut €trcen\[ses ludi ederen]tur ;\[item, ad 
nom{ims) $tn mem]ortae aetemitat \ [em], extruxit. \ 

Il a été dit précédemment qu'un haut personnage comme l'était 
A. Annius Camars devait, suivant toutes probabilités, posséder de 
Tastes domaines aux environs de la ville d'Arles où il s'était retiré sur 
la fin de sa vie. Si l'on en cherche des traces dans la nomenclature 

(1) Klbin, Fasti Ccnsulareit p. 50. 




70 



MÉLANGES GRAUX. 



territoriale, il se présente immédiatement an toponyme qui, même 
sous la forme actuelle, frappe par ses traits caractéristiques de simili- 
tude avec le surnom de Camars ; c'est celui de la Camargue, île for- 
mée par le delta du Rhône. Or la ville d*Arles occupe le sommet de 
ce delta ; on ne peut exiger un voisinage plus rapproché. Un texte de 
Tan 975 fournit la forme onomastique la plus ancienne, Catna;vca, dont 
le ij bref et atone, dans la formation moderne, a disparu comme dans 
Fabrica, Fargue (Lot, Lot-et-Garonne, Tarn). Il est visible que Cama- 
r{i)ca est à Camars comme Marais à Mars, comme Mamercus à Mamers 
(nom du Mars osque), comme parcus à pars. Notez que le t du sufQxe 
final, visible dans les cas obliques Mamer-liSy par-tem, ne participe pas 
à la dérivation de Mamercus, de parcus ; ainsi en doit-il être du t de 
Camar-tis, témoin Camer-inum, nom d'une ville emprunté à celui de 
ses habitants, les CameMes. L'adjectif CamaWca est donc tiré très régu- 
lièrement du mot Camars. Nous en conclurons que Vmsula Camarica (1) 
doit son nom au Romain qui en fut le propriétaire, ou qui y fit exé- 
cuter des travaux de navigabilité pendant son proconsulat de Narbon- 
naise : on sait que Marins et Drusus donnèrent leur nom aux canaux 
qu'ils firent creuser, l'un, précisément dans le delta du Rhône, Fossae 
Marianae, l'autre, du Rhin à l'Océan, Fossa [h*usiana. 

Je ne dissimulerai pas que la solution de ce petit problème incidem- 
ment soulevé peut être cherchée dans une autre direction, tant il est 
vrai que les questions d'étymologie de noms propres, même serrées 
de près et suivant les principes de la philologie comparée, ont souvent 
pour tort de rester frappées d'une espèce d'indétermination. 

Ptolémée mentionne chez les Cantabres une ville appelée Ka[tdtpwca; 
c'est là un cas remarquable d'homonymie. Le nom de cette ville paraît 
bien être d'origine indigène. Or on connaît un nom d'homme gaulois, 
Camaro (2), duquel on peut dériver la forme adjective Camartca, exacte- 
ment comme Corsica de l'ethnique Co7*si, ou du nom d'homme ligure 
Corsius (3) qui se lit sur une inscription transportée à la bibliothèque 
de Digne (Basses-Alpes). 

{{) Comparez la terminaison des noms d'îles, Corsica, Majorica, etc. 

(2) Coi-p. Inscr. Lnt. t. VII, 1336, 320. 

(3) De Laurière, dans Bull. Monum,, t. XLIV (1878), p. 483. 



ROBERT MOWAT. 




FRAGMENTA ALIQUOT 



POETARUM GRAECORUM 



In eius doloris parlera, quem mors praematura et necopinata 
Caroli Graux omnibus iis, qui îngenium eius animumque dilige- 
banl et slu(}iis eius uberrimos litteris fructus spondebant, gravera 
iustumque attulit, ego quoque e longinquo venio, quem brevis terapo- 
ris consuetudine et usu sic devinxerat, ut etiam in absente non sola 
ingenii bona amarera. Itaque quura paulo post tristem obitus nuntiura 
certior factus essem, parari a philologis Gallis raonuraentura aliquod 
litterarium, quo raeraoria eius cohonestaretur, atque ipse quoque in 
eius rei societatem honorifice invitatus, pio rae officio non defuturura 
promis! . Circumspicienti deinde, quem quasi flosculura ex studiis meis 
senilibus decerptum coronae sepulchrali cari horainis innecterem, 
visus mihi sura non indecore facturus, si in eius horainis raeraoria 
colenda, qui surarao studio sumraaque peritia codices raanuscriptos 
graecos investigasset^ aestimasset, ad usura protraxisset ipseque iis ad 
tollenda menda usus esset, graeci scriptoris locos aliquot scribarum 
erroribus depravatos restituere in integram forraam conarer. Venit 
igilur in mentem, rae ante paucos annos post édita Adversariorura cri- 
ticorum duo voluraina Athenaei Aciitvo(joçwTi<;, quos pleruraque philo- 
logî carptira et particuiatira attingere soleraus, totos perlegendos 
sumpsisse ad cognoscendara oranera rerura, quae îbi tractarentur, 
varietatera atque in ea lectione in poetarura fragraentis, quibus vel 
maxime Atbenaei opus comraendatur, nonnulla quae aliorura aciera 
fogissent, correxisse. Ex bis eraendationibus eas, quae mibi nunc 
retractatae veritatis notas continere visae sunt, hic breviter proponara, 
tenue pietatis munusculura. 



QUAE APUD ATHENAEUM EXSTANT 



EMENDATA AB 10. N. MADVIGIO 




72 



MÉLANGES GRAUX. 



1. — Liber II, p. 49a Cas. 

In commemoratione generis cuiusdam mensaruiu elegantium et 
pretiosarum Gratini citantur versus duo sic scripti : 

{jLsCpaxeç (patôpal Tpiireljai Tpt^e).£t(; acpevSàjiivtvai. 

Etiam si nonper se appareret mensas non potuisse simpliciter ipsas 
appellari [leCpaxa; (patSpàç (virgunculas hilaras), tamen id concursus per- 
versus epithetorum declararet, ne quid dicam de adverbio wô' inepte 
posito. Una littera mutata sententiam et orationôm restituet : 

Fauptôjaai V àva[jLévouaiv, (î>ç iwïjY^^aïajiiévai 
jiLeCpaxeç <pai6pal, TpàTCiÇa». Tpi^£).eX(; (j<pevSa|jLvivai. 

Mensae splendentes cum puellis ornatis et hilaris comparantur. 

2. — Liber III, p. 125c. 

Epigramma ponitur Simonidis, quod is ex tempore protulisse dici- 
tur, quum in convivio aestivo ceteris ad vinum temporandum nix 
praebita esset, ipse autem praeteritus : 

Tr, icot' O0).0[nroio icepl icXeupà; èxà).u^}/ev 

(î>xù<; àirô BpVSxYj; dpvC|i£vo; popéY);, 
àvSpwv 8' à^).aCv(i)v SSaxe cppévaç, aOtap êxàjxcpOT) 

niepCiqv Y^v è7rve(j<ja[jLévY), 
Iv Tiç è|iLol xal Tîj; j^eéto) |iépoç* où Y^p ?oixe 

6ep[JLV ^aaràÇeiv àvôpl cpO^to icpdTcoatv. 

Apparet primis quattuor versibus describi et significari nivem ex 
montibus allatam, ad quam nivis significationem in quinto versu 
refertur pronomen tîJç; neque enim id ullo modo cum eo quod proxime 
praecedit nomine ^«oif^ coniungi potest. Atque haec ipsa « vita », ut 
nunc verba scribuntur, et perversissime ntcpCYjv y^v induta dicitur et 
omnino sententiam pervertit, quam non pertinere ad superiora de 
frigoris vi molesta continuanda, sed contrarii aliquid continere deberc 
particula aOtàp ostendit. Sed id nomen, quo ab initio nix significata 
erat, latet aperte sub litteris rij fa, fuitque, ut iam intelligitur^ femi- 
nini generis mensuramque habuit trochaei. Scripserat Simonides : 



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MADVIG. — FRAGMENTA POETARUM GRAECORUM. 73 



cùxùç àizà Bpijxtjj; dpvû|JL€vo<; PopéYj;, 
àvôpûv 8'à5(^>.a(v(i)v I8axfi çpivac, àuiàp âx(£[i(p87j 

Çw-îl IIiepCiQv yîjv èirtE<j(ia|iév7i. 
Iv Tt; cjtol xal -rij; x. t. "X. 

Nivem poeta tamquam letalem quandam pestem Olympum con- 
lexisse dicit omniaque frigore implevisse molesto, deinde tamen 
lerrae Pieriae amoenae et tepidae contactu quasi vitae quadam parti- 
cipatione mollitam; huius iam iucundae nivis sibi partem dari vult. 
Apparet recle habere èxdtpLçpôrj, pro qiio Porsonus ipfeliciter èSiçpôïj 
scribi voluit. Non opus esse credo exemplis confirmari, poetas graecos 
eadem signiûcatione dicere x^**''* xaXîiictctv Tccpl 5po; et 5po; xa).u7rr£iv x^Covi. 

3. — Liber IV, p. 175/. 

Ponuntur Sophoclis versus ex Thamyra fabula, quibus aperte 
describilur laetus in convivio instrumentorum musicorum strepitus et 
îocum sermonumque sonus sublatus et in contrarium mutatus ; sed 
sententiam obscurant et evertunt verba sic scripta : 

Oï^wxe Y<^P xpoTYjTi iîtixtCSwv (i.é).Y), 
"kù^OL |iova'j).otç Te j^eijjLwvtec»); 
vaoç OT£prjji.a xcDULaadariç. 

Secundi versus emendationem, quam facilem et manifestam 
sabiieit servatum oinnibus litteris aptissimum ad sententiam adver- 
bÎQin Téid;, video a Nauckio praeceptam. Tertii versus emendandi viani 
non minus ceriam monstrat participium x(i)[ia(T(X(nq(;, quod cum senten- 
tia comparatum recta ad id nomen, quod sub litteris vao(; latet, quae- 
rentes deducit, doinde ad reliqua. Totus enimiocus sic scribendus est : 

Oljjtùxt yàp xpoTYiTa wvjXTCSwv [i£Xyj 

Musicorum instrumentorum cantui adiungunturconviviiin proter- 
vam comissationem conversi sermones. 

4. — LiBKR VI, p. 236e. 

la Eupolidis versibus ex KoXdxcov fabula parasilus artem suam 
describens bis inter alia verbis utitur : 



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74 



MÉLANGES GRAUX. 



Postrema verba sensu careni. Is orietur rectissitnus una mutala 
liltera ; scribendum enim : 



Raro tamen accidere dicit, ut parasitum suus ipsius sequatur ser- 
vus. Tantum ab universi generis mentions et plurali numéro (âdjtàv... 
5toi<ji) transit ad suam unius personam ; itaque sequitur proximo versu 



Ëpicharmus in fabula, quae inscribebatur MoO<;at, ut solebant inler- 
dum comoediarum scriptores in coenarum apparatu ciboruraque gene- 
ribus splendide longa versuum série commemorandis ludere, pisces 
raros et pretiosos alicubi appositos enumeraverat, inter quos eum, 
quem Graeci ÏXq-kol appellabant, qui aliis norainibus y.âXkv/^tJi et 
xaX\i(6vu[ioç vocabatur. Ex eo fabulae loco haec apud Atbénaeum 
ponuntur : 



Primum apparet certissimo indicio orationis formae (6 8' aOT<5<;) in 
litteris sensu cassis x^^^o? <î>vio; latere alterum piscis nomen scriben- 
dumque esse : (6 8' aO-cô? xa>.).i(6vu|j.oç), ex que sequitur apud ipsum 
Athenaeum paulo ante pro «aCYYjxev scribendum esse oO (jectyrjxsv. 
Atque id perspicue ipsa sententia requirit et Alhenaei consilium; 
neque enim erat, cur duo altéra H^otto; nomina apud Epicharmum non 
legi annotaret; contra aptissime additur, ne alterum quidem nomen e 
pulchritudine piscis ductum apud Epicharmum déesse. Verum his cor- 
rectis nihilo magis reliquorum Epicharmi verborum sententia intelli- 
gitur. Ea perspicua erit oratione sic distincta et scripta : 



IjxaTCo) 8é jiLot X. T. \, 



5. — Liber VII, p. 282, d et e. 



Eva |iL(5vov, xotl XYÎvov ô ZeOç tk%^i x"^jX£).7^<jaT0 
xa-cOéjtev otOtw Té ot xotl Ta 8i|/.apTi OcoTépu). 



T(5v Te icoX'JTCaaTov OwOira (6 o' aÔTo; xa"X')xia)vu[/.o;) 
sva jxovov • xal xy^vov 6 ZeO; tkfx^t x'i^xe>.T,ffaTO 
xxT0éjx.6v a»jTÛ Té ol xal Ta 8à|iapTi OcoTepov. 




MÂDVIG. — FRAGMENTA POETARUM GRAECORUM. 75 



Ridicule poeta Aoica tantum unum appositum dicit (accusativus 
enim ex verbo, quod praecedebat, pendei), alterum, quum duo ad- 
foissent, lovem cepisse et sibi lunonique seponi iussisse; tantum eius 
piscis pretium esse. Hoc enim verba significant : Et illum (tôv ïXoTca)..., 
alterum scilicet e duobus. 

Fieri potest, ut verba xal x-î^vov significent, idem simileve aliquid in 
superioribus versibus de alio pisce praedicatum fuisse. 

6. — Liber VII, p. 290c. 

Id versibus Hegesippi e fabula ASeXçûv coquus artem suam extol- 
lens inter alia gloriatur, se, quum homines a pompa funebri tristes et 
cum luctns insignibus redeant, dempto ollae operculo subito vultus 
eorum exhilarare : 

^rav Iv iceptSeCitvtj) Tir^àvw 8iaxovb>v, 

Qui a funere redeupt, non pdirta gestant, h. e. vestem splendîdam 
et floridam, sed atri et jteXaveCjtovtç sunt. Itaque valde suspicor Hege- 
sippum scripsisse Tà 9x1* l/ovre;, nigram et squalidam vestem. 

7. — Liber VIII, p. UÂe. 

Plato comicus in fabula aliqua Myniscum tragoedum eriserat para- 
situmque designaverat bis verbis : 

Ô8l jiiv Àvayupdtdtoç dpçcu; itnl <jov. 

6' <p(Xo<; Muv(<jxoç fdô' 6 Xa).xt8ei5<;. 

B. xaXw; ^éyevç, 

Pro litteris corruptis 6* 0O6' 6? alter versus sic scribendus est leni 
mutatione : 

ToïStcj» <pCXo<; MuvC^o; M' 6 Xa>.xi8ei5<;. 

Nominato homine divite et luxurioso huic Myniscum amicum esse 
addit; id recte habere et se, quo id pertineat, intelligere altéra per- 
soni subiicit (xalâç liyciç). 



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76 



MÉLANGES GRAUX. 



8. — Liber IX, p. 402*. 



Ut demonstretur in Italia Siciliaque aprum appellari à(3xiS(.>pov, 
ponuntur versus duo Scleriae poetae Tarentini, qui <p).t5axa; scripseral : 



Alque banc scripturam in verbo quod est xaicpco^cTai confirmât 
EustatbiusOd. XIX, 439 auctoritate Atbenaei utens, in quo tamen ipso 
vocabulo certissimum tenetur mendum. Nam neque xaicpcoCeoBatproeo 
quod est xaïupâtv aut alibi reperitur aut ulla analogia defenditur, neque 
loci herbarumque insalubritas ( — eam enim a poeta significatam esse 
manifestissimum est ex verbis ; Ëv6' oôte icoijtiJiv àÇiot vé[iL£tv poxà — ) ex 
co ostenditur, quod aper ibi non lascivit, quod potius salubris pastio- 
nis indicium est. Dicendum erat, ne aprum quidem in illo loco impune 
et sine fraude pasci, idque poeta dixit verbo in hoc sententiae génère 
usitato et litterarum ductibus simillimo : 



Non feret impune, si pas lus fuerit. Solet enim in hoc verbo futu 
rum tempus quasi in comminatione poni. 



In loco ex Dionysii fabula, quae inscribebatur Bedjtotpdpoç, deprompto 
coquus de arte sua magnifiée disserens discipulum sic admonct : 



Postremus versus in solo codice A servatus sententiae et orationi 
prorsus necessarius est, causaque, cur in ceteris codicibus exciderit, 
manifesta, quod duo versus apte et de industria eodem vocabulo ter- 
minabantur. Sed Tà ^(aia nihil hic loci habent et aperte desideratur 
aliquid, quod ea, quae de scriptis subiiciuntur, cum superioribus 
coniungat, in quibus nuUa est praeceptorum litteris traditorum signi- 
ficatio. Quod desideratur, facillime eruitur; scripserat enim Dio- 
nysius : 



out' àa^é6(i>po; veji.(5|jLEvo; xawpwÇsTai. 



9. — Liber IX, p. 405c. 



icàvc' àxoue W-T^Sà icàvTa ji^vôave 




MADVIG. — FRAGMENTA POETARUM GRAECORUM. 77 



\L-^ icdvT* àxout jiYjSè icivTa [tivOave 
Tûv ^i6\C(ii)v • for' ivCoTe Tà Y2Ypa|iL|iiéva 
x£và jtaxXov i/J éiTî VJv oOS^tcw yty^7,y.iLé^0L, 

10. — Liber XI, p. 465*. 

Euripides, inquit Atheaaeus, Iva Tb>v toO H>.Cou l'iriccov cpiqdv elvai 

Aiôora, iceiuxCvovT' dp}(^dTOuç d7CCi)pivoO<; • 
o{i ppOTol xa).oîî<jiv olvov atOoTca. 

Corruptum esse <piXav6éo; manirestum est neque genitivum Rax^Cou 
habere unde pendeat. Scripserat Euripides : 

BaXy^Cou (pCXov Oeou 

AtOoYCX X. T. \, 

11. — Liber XI, p. 466a. 

In fragmenio ex Thebaide cyclica deprompto Oedipus dicitur diras 
filiis imprecatus esse vaticinatusque : 

Sd^^aivt', àuLÇOTépotat 8' foi it<5).£[ioC Te [iiaxai ts. 

Primom subesse irxtpwr (vel polius cum Meinekio TuaTpwï') recte 
intellectam est; sed quod Hermanno auctore nunc editur èvYjeC-ri 
çà^TTiTo^, neque apte coniungitur èvYjtCYi «pildTYjTo; (est enim prorsus 
idem alqoe <pvX<5TYjTi) et audacter ex 9t>.6TrjTi fit <pd<5TYjTo<;. Scribendum 
erat : oO oi -cà «Tp^r iv i^eCiri (piX^-rriTi. Grata caritate, cum bona gra- 
tia. Tenemus enim hic adiectivi quod est -^ôt; formam femîninam, 
coios etiam alibi vestigia obscura sunt. 

12. — Liber XV, p. 696c. 

In nobili scolio Aristotelis sU ÉpjtcCav v. 6 sqq. haec leguntur de 
virtute : 

ToTov 2icl ^piva pàWtvç 

xopicdv t' àSivaTov )(pu«oC te xpeCatfd) 

xal yovéwv {ta\axairp^TOi<S 6' Gitvou. 

Permire in hac cum yirtutis fructu comparatione divitiis et paren- " 
tibos (h. e. generis nobiiitati) tamquam tertium adiungitur somnus, 



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MÉLANGES GRAUX. 



nec minorem admirationem habet adiectivum huic substantivo adiun- 
ctum, sive jwt>.axauYT^Toio scribas sive jtaXaxau^^i^Toto ; neutraenim forma 
probabilem significationem derivationemque habet. Veri indicium 
tenue codex B praebet, in quo Cirvouc; legitur. Scripserat enim Aristo- 
teles [^aWau^^t^TOKS 0' C^ouc. Gum divitiis et stirpe coniungitur fastigium 
dignitatis et maiestatis magniftcum et superbum (gloriose se iactans). 

Poetarum fragmentis addam locum, in quo ipsius Athenaei verba 
de poeta posita ita depravata sunt, ut sententia et res, quam tradide- 
rat, perverteretur. 

Liber IV, p. 146/'. 

haec leguntur : 

4>t).(5Çevo; 8' ô RuÔT^pto; iv tw è7CiYpa<po|xév(|) AeCirvco, cticep toutou xal 6 
X(i>|jL(})8ioicoiôç n^dtTcov èv TÔ 4>(i(i>vi Iji-VK^ (jOt,, xal tou AeuxaSCou 4>iXoÇévou, 
Tota^TYiv èxTCOeTat i:apaweui?jv SeCirvou. 

Gum Philoxeni Cytherii testimonio ex certo libro (tû AeCicvw) 
deprompto nihil omnino coniuncti habet ea, quae subiicitur, dubita- 
tio, utrum hune Philoxenum an alterum Plato comicus nominasset, 
omninoque haec fabulae Platonicae mentio prorsus inutiliter et per- 
verse interponitur. Illud contra iure Philoxeni testimonium ponenti 
in mentem veniebat, dubitari posse, utrum liber, ex quo testimonium 
poneretur, noti illius Cytherii csset an alterius cuiusdam Philoxeni, 
quoniam huius quoque exstaret memoria conservata etiam in Platonis 
fabula, atque de ea re lectores admonendi occasio erat. Scripserat 
Athenaeus : 

4>t).6Çevo; 8' 6 KuOtJpto; èv t^ è7ctYp<*90[iévt}) AeCirvo), eïictp toutou xal 
TOU Aeuxa8(ou 4>i\o^évou ou xal 6 x(i>[ia>8i07uoiô< IlXdTtav èv Tâ 4>aa>vi è^vn^GOî), 
TOiaOTYjv èxTCÔETai -reapadxeuViv 8eCicvou. 

lam omnia recta sunt et apta. Librarii oculus a priore xa( (xal (i.ti) 
ad alterum (xal 6) aberravit ; itaque verba interiecta omisit simul cum 
pronomine o'5, quod obscurabatur praecedente toi^tou ; deinde, huius 
oblitus, cetera incommodo loco supplevit aut potius in margine, unde 
in eum, quem nunc tenent locum, irrepserunt. 

10. N. MADVIGIUS. 

Hauniae mense Martio. 



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LES PROLOGUES DE TÉRENCE 



Les prologues que Térence a mis à ses pièces nous donnent sur 
l*histoire du théâtre latin des renseignements très variés, et peuvent 
être l'objet d'études très diverses. De toutes les questions qu'ils sou- 
lèvent et qu'ils permettent souvent de résoudre, je n'en veux ici traiter 
qu'une : je cherche s'ils nous apprennent quelque chose sur les causes 
qui ont amené à Rome la décadence rapide de la comédie imitée du 
grec {comœdta palliata). 

En général, nous n'avons pas une idée très juste de la manière 
dont les Romains l'ont accueillie et du temps qu'a duré son succès. 
0>mme elle a produit coup sur coup trois hommes de génie, Plante, 
Caecilius et Térence, et que l'éclat de ces grands noms fait sur nous 
une sorte d'illusion, nous sommes tentés de la mettre parmi les genres 
littéraires d'origine grecque qui se sont le mieux acclimatés à Rome. 
Les anciens pensaient autrement que nous, etQuintilien dit en propres 
termes que c'est dans la comédie que les Romains sont le plus faibles : 
in amœdia maxime claudicamus (1). Il est sûr que, si elle a jeté d'abord 
beaucoup d'éclat, ce succès a été assez court. Térence et son contem- 
porain Turpilius sont les derniers poètes célèbres qui aient écrit des 
paliiatx; après eux, jusqu'à la fin de la république, nous n'avons plus 
conservé que quelques noms obscurs. Au siècle d'Auguste, quand tous 
les genres littéraires semblent se ranimer, on ne cite qu'un seul poète 
comique, Fundanius; encore son nom n'est-il prononcé qu'une fois, 
par Horace, qui l'appelle » le premier des auteurs vivants, pour la 
comédie (2), » éloge qui a paru suspect d'un peu de complaisance et 
qui n'a pas empêché celui qui en était honoré de tomber, après Horace, 
dans an parfait oubli. Pendant l'empire nous ne connaissons d'autres 
poètes comiques que ce Verginius Romanus, mentionné par Pline le 
jeune, qui imitait les comédies de Ménandre et même quelquefois celles 
d'Aristophane, et composait pour les lectures publiques des pièces où 

.1} QcwT., X, 1, 99. 
(2) HoR., SaL, I, X, 48. 




80 



MÉLANGES GRAUX. 



il faisait entrer le nom de ses amis avec beaucoup de compliments (1), 
etTApulien Pomponius Bassulus, entièrement inconnu du reste, qui 
nous dit, dans son épitaphe, qu'il a traduit quelques comédies de 
Ménandre et en a fait d'autres de son crû « pour ne pas passer sa vie à ne 
rien faire, à la façon des bêtes (2) » . Ce sont les seuls dont nous puis- 
sions dire avec assurance qu'ils ont écrit des palUatx sous l'empire ; et 
ils n'écrivaient pas pour le théâtre. Sans doute les anciennes pièces 
n'étaient pas alors bannies de la scène, et l'on a quelques preuves 
qu'elles figuraient encore dans les jeux publics (3), mais je suppose 
qu'elles n'y paraissaient que dans des circonstances assez rares, par 
exemple quand les empereurs voulaient donner au peuple quelque 
spectacle extraordinaire auquel il n'était plus accoutumé. On nous dit 
que Yespasien, lorsqu'il inaugura le théâtre de Marcellus qu'il avait 
restauré, « reprit d'anciens genres de spectacle (4) », et qu'Hadrien 
« fit représenter des pièces de toute sorte à la façon antique (5). » 
Mais ces représentations ne prouvent pas que la palhata eût conservé 
son ancien succès. Si le peuple avait eu quelque plaisir à entendre des 
pièces de ce genre, il n'aurait pas manqué de gens pour en composer. 
L'absence complète d'auteurs de palliatx pendant l'empire prouve 
manifestement le peu de goût que le public avait pour elles. Quelle 
est la raison qui l'en a détourné, et comment expliquer que, vers la 
fin de la république, elles aient cessé de lui plaire? — Demandons aux 
prologues de Térence s'ils peuvent nous aider à répondre à cette 
question. 

Ils nous apprennent d'abord à quel point la passion du théâtre était 
vive à Home au moment où les pièces de Térence furent représentées. 
Quoique ce fût un plaisir assez nouveau pour les Romains, puis- 
qu'il ne datait guère que d'un siècle, il était entré tout à fait dans leurs 
habitudes. Il y avait des rivalités de troupes, des jalousies d'auteurs et 
d'acteurs qui donnaient lieu à des disputes violentes. Une première 
représentation était un événement important qu'on attendait avec 
impatience et qui excitait la curiosité publique. On essayait de savoir 
ou de deviner le sujet de la pièce qu'on allait jouer; on se faufilait, 
pour la connaître, dans les répétitions ou les représentations d'essai 
qui se donnaient devant quelques personnes; on en discutait les 
mérites, et des cabales se formaient d'avance pour assurer le succès 
ou la chute de l'ouvrage. C'est ce qui a donné à Térence l'occasion 

(1) PUN., EpÎBt., VI, 21. 

(2) MoMMSENy Inscr, Neap., 437. 

(3) Friedlasnder (Sitteng., II, p. 269) a réuni, dans une note, quelques textes 
qui montrent que la représentation des palliats} n'a pas cessé sous Tempire. Je suis 
très étonne qu'il ait conclu de ces textes si rares et si obscurs « qu'eUes se sont tout 
à fait maintenues dans la faveur du public. » La conclusion me semble peu juste. 

(4) SuET., Vesp,^ 19 : Vetera quoque acroamata revocaverat. 

(5) Spartibn, 19 : Fabulas omnis generis more antiquo in theatro dédit» 




BOISSIER. — LES PROLOGUES DE TÉRENCE. Bl 



d'écrire la plupart de ses prologues. Sa pièce étant attaquée par ses 
eDnemis avant d'être connue du public, il était tenu de la défendre 
avant que la représentation n'en fût commencée. Il lui fallait employer 
ses prologues à dissiper des préventions qui auraient empêché les 
auditeurs d'écouter favorablement sa comédie. 

Le premier ennemi contre lequel il eut à lutter fut Luscius de 
Laonvium, qu'il appelle « un vieux poète malintentionné, malevolus 
vêtus poeia ». Luscius n'était pas seul; il avait avec lui tout un parti, 
et Térence, après ne s'être adressé d'abord qu'à lui, emploie bientôt 
le pluriel pour désigner ceux auxquels il répond (1). Ce parti était 
tenace, et le chef qui le dirigeait ne fut pas facilement réduit au 
silence. Dans les prologues de VAndrienne, de VEunuque, de YHeaulon- 
twiortimenos, dn Phormion, le vêtus poeta est directement attaqué; s'il 
n'est pas nommé dans celui deç Adelphes, on voit que c'est encore de 
lui que Térence veut parler. Il l'a donc rencontré sur ses pas jusqu'à 
la fin de sa vie, et YHécyre est la seule de ses pièces qu'il n'ait pas eu 
à défendre contre ses attaques. 

D'où venait cet acharnement; et quels étaient les griefs que le 
vieux poète et ses partisans faisaient valoir contre Térence? Il y en a 
un dont je ne veux pas m'occuper en ce moment; c'est le reproche 
qu'ils lui adressaient de se faire aider par ses puissants amis, et de 
n'être pas le seul auteur de ses ouvrages. Quelque intérêt qu'il y eût à 
l'examiner de près, comme il ne rentre pas dans la question que je 
traite, je le laisse de côté. Parmi les autres accusations, la plus impor- 
tante était celle de mêler deux pièces grecques pour en faire une seule. 
On appelait ce procédé d'un seul mot, contaminatio, et ce mot con- 
tenait un blâme sévère (2). Le vieux poète comptait beaucoup sur 
l'effet que cette accusation devait produire, car il y est revenu plu- 
sieurs fois. Cependant Térence ne paraît pas s'en être fort inquiété. 
Nous voyons qu'il y répond partout d'un ton jissez tranquille. Dans le 
prologue de sa dernière pièce, les Adelphes, il prend les devants sur 
son ennemi ; il annonce lui-même qu'il a commis la faute dont on 
Ta d'autres fois accusé et laisse le public juger s'il faut lui faire un 
crime ou le louer de l'avoir fait (3). 

D a moins d'assurance pour répondre à un autre reproche qui 
pourtant nous semble moins grave. Fidèle à ses procédés ordinaires, 
il avait introduit dans son Eunuque deus: personnages tirés du Colax de 

(1) Andr.^ prot,^ 8 : quam rem vitio dent.,, 15 : id isti vitupérant».. 

(3) O mot était employé par les patriciens, dans leur lutte avec les plébéiens, 
poor lignifier que, si Ton permettait le mariage entre les divers ordres, le sang de 
la noblesse en serait corrompu et gâté. Tite-Live, IV, 1 et 4. Il avait fini par dési- 
gner une maladie effroyable. Horace, Odes^ I, xzxvii, 9, et Julius Obsequens, 
de IW., 89. 

{%) Adelph , prol., 4. 

lOLAXaBS ORAUX. _ 6 




82 



MÉLANGES GRAUXi 



Ménandre, un parasite et un soldat fanfaron. Or le Colax avait été déjà 
traduit par Naevîus et par Plante, qui par conséquent avaient employé 
pour leur compte les deux personnages placés par Térence dans sa 
comédie. C'était assez, à ce qu*il parait, pour Taccuser formellement 
d'être » un voleur plutôt qu*un poète (1) ». Ainsi les mêmes gens qui 
lui faisaient une loi de copier les auteurs grecs lui défendaient abso- 
lument de toucher à un sujet déjà traité par un auteur latin ; dans le 
premier cas limitation était un devoir rigoureux, dans le second elle 
devenait un crime : telles étaient les lois de la critique de ce temps. 
Térence ne cherche pas à les contester. Il lui aurait été pourtant facile 
de répondre que, puisque Plante avait repris le Colax de Ménandre 
après NaBvius, il lui était bien permis de le reprendre après Plante. Il 
se contenta d'alléguer, pour se défendre, qu'il ignorait entièrement* 
l'existence des deux comédies latines, et cette réponse est instructive 
pour nous. Elle montre que ces vieilles pièces n'étaient pas reprises 
alors sur le théâtre ou répandues parla lecture, ce qui confirme l'opi- 
nion que Ritschl a émise à leur sujet dans ses Parerga{i). Il pense que 
Plante fut quelque temps délaissé, après sa mort, pour des auteurs 
qui avaient le mérite de la nouveauté, mais que le public revint à lui 
quand il vit que i< les pièces nouvelles ne valaient pas mieux que les 
écus neufs (3) », c'est-à-dire vers la fin du vi* siècle, et que ses comé- 
dies furent alors reprises avec des prologues qu'on ajouta pour la 
circonstance. 

Je m'étendrai moins sur un dernier grief que le vieux poète et sa 
cabale n'adressent à Térence qu'après avoir épuisé les autres, car il 
ne se montre que dans le prologue d'une de ses dernières pièces. Ils 
trouvent que son style est sans ampleur et que sa poésie manque de 
force : 



C^est justement ce que dit César, dans les vers dix il a si durement parlé 
du demi-Ménandre : 



(1) Eun,, prol., 23. 

(2) ParergOt 1 etsq. 

(3) Ce sont les termes qu*emploie Tauteur du prologue de la Casina, qui fut pré- 
cisément composé à propos d*une de ces reprises de Plaute après la mort de Té- 
rence. 

(4) Ce mot scriptura, qui revient plusieurs fois dans les prologues de Térence, 
est très curieux. Il nous ramène au temps où le mot poeta n'était pas encore en 
usage. Scriba voulait dire alors le poète, et scriptura la poésie. Le premier de ces 
deux termes disparut quand poeta fut mis en honneur, mais scriptura resta quelque 
temps encore. Le mot poesis signifiait non pas la poésie en général, mais une œuvre 
poétique de longue haleine (voyez les fragments de Lucilius, Sat, 9). 

(5) SuBT., Vita Ter. 



Tenui esse oratione et scriptura levi (4). 



Lenibus atque utinam scriptis adjuncta foret vis (5). 




BOISSIER. — LES PROLOGUES DE TÉRENCE. 83 



J*ai tena à énumérer toutes les critiques que le vieux poète et ses 
partisans adressaient à Térence. Il me semble que la nature de ces 
critiques nous aide à deviner ce qu'ils pouvaient être eux-mêmes et 
ce qu'ils voulaient. C'étaient évidemment des gens instruits, cultivés, 
qui aimaient les lettres et se préoccupaient du style. Ils connais- 
saient le théâtre latin, ils admiraient le théâtre grec ; ils se piquaient 
den comprendre et d'en goûter la perfection, puisqu'ils ne voulaient 
pas permettre qu'on y changeât rien quand on l'imitait. Térence leur 
reproche d'être des délicats, des raffinés, qui poussent trop loin les 
scrupules littéraires, et qui finissent « par pe plus rien entendre aux 
choses à force défaire les entendus (1) ». Ils formaient sans doute 
une jeune école qui voulait se rattacher de plus près à la Grèce ; 
longtemps avant Horace, ils trouvaient que les vieux auteurs sont 
grossiers et rudes, et qu'ils ne travaillent pas assez leurs ouvrages. 
Aussi Térence a-tril grand soin, en leur répondant, de se mettre 
sous la protection de ces grands écrivains qu'ils affectaient de mépri- 
ser; il se range à la suite de Naevius, de Plante, d'Ënnius, et déclare 
qu'il aime mieux imiter leur négligence que la basse régularité de 
ceux qui l'attaquent (2). — Tels furent les preniiers adversaires 
auxquels il eut à résister. Il ne tarda pas à en rencontrer d'autres. 

Dans le prologue de VHeaulontimorumenos, le vieil Ambivius qui, 
voyant le danger que courait son poète, avait voulu réclamer lui-môme 
l'indulgence du public, commence par répondre longuement à Luscius 
et à sa cabale. Au moment de finir, il annonce qu'il va jouer une de 
ces pièces d'un genre plus calme qu'on appelait des statafnœ. Il demande 
aux spectateurs de le lui permettre, et de ne pas troubler la représenta- 
tion. « Il n'est pas juste, dit-il, qu'on me condamne à représenter tou- 
jours des comédies qui contiennent un esclave haletant, un vieillard 
en colère, un parasite affamé, un impudent sycophante, un avide leno, 
des r^les enfin qui ne peuvent êtrejoués qu'avec beaucoup de fatigue et 
de grands cris (3). » Évidemment Ambivîus ne s'adresse plus ici aux 
mêmes spectateurs que tout à l'heure. Ces gens qui n'ont de goût que 
pour des pièces animées, pleines de mouvement et de spectacle, qui 
veulent qu'on leur montre à tout prix des lenones et des parasites, ne 
sont pas ceux qui se plaignaient qu'on altérât la belle ordonnance des 
pièces grecques quand on se permettait, pour les rendre un peu plus 
intéressantes, d'y mêler des personnages nouveaux ou des incidents 
étrangers. Aux recommandations que leur adresse Ambivius «d'écouter 
la pi^ en silence », on voit bien que nous n'avons plus affaire à des 
lettrés et à des délicats, mais à cette foule dont Horace dit qu'elle est 

(1) Amlr.,proi,, 56. 

(2) IMem, 21. 

(i) HeoU., pro/., 37. 




84 



MÉLANGES GRAUX. 



plus bruyante que les forêts du mont Garganus ou les flots de la mer 
de Toscane (1). Ces spectateurs sont les mômes qui ont empêché deux 
fois de suite de jouer VHécyre. S'ils n'ont pas voulu Tentendre jusqu'au 
bout, ce n'est pas parce qu'ils la trouvaient mal écrite ou traduite trop 
librement du grec. Ils avaient d'autres motifs d'en troubler la repré- 
sentation. La première fois ils la sacrifièrent à un spectacle de funam- 
bules. Ils étaient en train la seconde fois de l'écouter avec plus de 
résignation que de plaisir, lorsque la nouvelle se répandit qu'on allait 
donner un combat de gladiateurs. « Aussitôt le peuple se rasSbmble; 
on s'agite, on crie, on lutte pour avoir les meilleures places»; ce 
bruit empêche les acteurs de continuer, et la charmante pièce est de 
nouveau interrompue. — On voit bien qu'il n'est plus question ici 
du vieux poète et de ses amis, et il n'est pas douteux que ceux dont 
Térence se plaint dans le prologue de VHécyre ne fussent pas les mêmes 
auxquels il répondait dans le prologue de VAndrienne. 

Ainsi Térence a eu à combattre presque en même temps deux sortes 
d'adversaires placés aux deux extrémités opposées : il lui a fallu se 
défendre contre les exigences des lettrés et contre les brutalités de la 
foule. Ce sont les attaques des lettrés qui paraissent lui avoir été 
d'abord le plus sensibles : il était naturel que ce délicat ressenUt 
vivement les reproches que lui faisaient des délicats comme lui. 
Quoiqu'il prétende très haut que c'est pour tout le public qu'il écrit (2), 
il cherche surtout à satisfaire cette élite de gens difficiles qui con- 
naissent et qui admirent les Grecs. C'est à eux qu'il pense quand il 
affirme que sa pièce est toute grecque, qu'on y trouvera un style irré- 
prochable. Ses préoccupations exclusives se trahissent encore plus 
dans ce passage du prologue de VHeautontimojnimenos oh il dit : « Je 
vous apprendrais ici le nom de l'auteur et le titre de la pièce grecque 
si je ne pensais que la plus grande partie d'entre vous le sait 
déjà (3). » On voit clairement qu'il ne parle ici qu'aux gens qui ont 
quelque littérature ; le reste ne paraît pas exister pour lui. Mais pen- 
dant ^qu'il ne s'occupe que de ceux-là, l'orage se forme dans une 
autre partie du théâtre. La foule, qu'il a trop négligée, perd patience, 
et refuse d'écouter une comédie qui n'est pas faite pour elle. 

Il était naturel que, dans un pays comme Rome, où la littérature 
venait de l'étranger, elle n'eût pas également pénétré du premier coup 
dans toutes les classes de la société. Comme elle était arrivée du 

(1) KoK.,Ep,,lh 1, 202. 

(2) Andr., prol,, 3 : Populo ut placèrent quas fecieset tabulas. 

« (3) Heaut., 7. Il ne peut pas être simplement question, comme on Ta pensé, de 
la pronuntintio iituli qui se faisait avant la représentation, et qui contenait avec le 
titre de la pièce le nom de Fauteur grec d'où elle était imitée. Tout le monde ayant 
entendu la proclamation, il ne dirait pas qu'une partie seulement des spectateurs 
sait de qui la pièce est prise. 




BOISSÏER. — LÈS PROLOGUES DE TÉRENCE. 85 



dehors et toute formée, elle n'avait pas pu faire l'éducation du peuple 
et rélever peu à peu jusqu'à elle. 11 devait donc y avoir nécessairement 
deux publics au théâtre, l'un qui était mieux préparé par son éduca- 
tion à goûter les pièces qu'on y jouait ; l'autre qui avait plus de peine 
à les comprendre et qui ne pouvait les accepter qu'avec quelques 
ménagements. Cette différence parmi les spectateurs existait déjà du 
temps de Plante, et l'on en trouve chez lui quelques traces. C'est au 
publie lettré qu'il songe quand il dit, dans le prologue des Ménechmes, 
« que les poètes supposent que l'action se passe à Athènes pour que le 
sujet paraisse plus grec (1) ». 11 y a trois pièces, dans son théâtre, qui 
paraissent plus spécialement écrites pour ce même public : ce sont les 
Captifs, le Trtnummus et le Rudem. Dans le prologue des Captifs, il 
s'adresse directement aux riches, aux gens qui paient l'impôt : 



C'est aux mêmes personnes qu'à la fin de la pièce il demande de 
Tapplaudir : 

Spectatores, ad pudicos mores facta hsec fabula est, 
Neque io hac subagitationes suut, ueque ulla amatio... 
Qui pudicitise esse voltis prœmium, plausum date. 

Plaute ordinairement s'exprime d'un autre ton^ et les spectateurs 
auxquels il tient surtout à plaire ont moins de souci de la vertu. La 
fin de Casitia, par exemple, forme un contraste parfait avec celle des 
Captifs, et l'on voit bien qu'il ne parle pas aux mêmes personnes, 
quand il leur dit : 

NuDC vos œquum est manibus meritis meritam mercedem dare; ■ 
Qui faxit clam uxorem ducat scortum semper quod volet. 

Cette séparation du public en deux, que nous entrevoyons déjà chez 
Plaute, devient naturellement plus visible et plus complète après 
lui (3). Tandis que les gens distingués de Rome faisaient sans cesse 
des progrès dans la connaissance de l'art grec, le peuple restait à peu 
près au même degré d'ignorance. La distance augmentait donc tous 
les jours entre eux, et il était difficile qu'ils pussent longtemps se plaire 
aux mêmes spectacles. C'est une difficulté qu'on a évitée chez nous en 
ouvrant des théâtres différents pour les diverses classes de la société : 
chacun va où son éducation l'appelle et où il est sûr de trouver du 

;i) Men.,proL,l. 
(2) Capt,,proi,, 15. 

f3} Voy«z les hypothèses ingénieuses de Ritschl sur la manière dont Cœcilius 
s*ett peu à pen rapproché des Orecs, sans doute pour plaire aux lettrés de Rome 
et som la pression de quelque vêtus pce ta de son temps. Parer ga, p. i44 et sq. 



Vos, qui potestis ope vostra censerier (2). 




86 



MÉLANGES GRAUX. 



plaisir. Mais il n'y avait alors qu'un seul théâtre (1) ; les jeux scéniques 
étant des fêtes religieuses destinées au peuple entier, il fallait qu'il y fût 
réuni, et des gens d'intelligence et d'éducation différentes étaient 
condamnés «à entendre les mêmes pièces. Si le poète plaisait aux uns, 
il risquait de déplaire aux autres, et quand il voulait tenir le milieu, 
il y avait de grandes chances qu'il les mécontentât tous à la fois. Les 
prologues de Térence nous ont montré la lutte qu'il eut à soutenir 
des deux côtés, et nous voyons par les attaques acharnées du vieux 
poète et le triste sort de YHécyre que, malgré ses efforts, il ne parvint 
à satisfaire ni les uns ni les autres. 

Il n'y a donc pas à douter que la présence dans le même théâtre 
de deux publics différents qu'on ne pouvait pas contenter de la même 
manière n'ait été une des causes de l'insuccès définitif de la paUiata, 
Ambivius avait raison de trouver, quand il défendait YHécyre, que les 
circonstances étaient graves. Gomme il devenait de plus eh plus diffi- 
cile qu'une même comédie pût plaire à deux catégories de spectateurs 
de plus en plus différentes, il était naturel que la séparation se fît 
entre les pièces, comme elle s'était faite dans le public. Les plus 
grossières, par exemple le mime et la pantomime, restèrent en posses- 
sion de la scène ; la palliata fut contrainte d'aller chercher dans les 
lectures publiques des spectateurs mieux disposés. Elle dut d'abord y 
êtrè bien accueillie et s'y trouver plus à l'aise; mais, comme ce genre 
de succès restreint, loin d'un public véritable, est contraire à s* 
nature, en se résignant à s'exiler du théâtre, elle se condamnait à 
périr. 

(i) Ce théâtre servait à des représentations très diverses, puisqu*on y voyait des 
funambules et des gladiateur?. Donat fait remarquer, dans le prologue de VHéq/rey 
que plus tard cet usage cessa : hoc abhorret a consnetudine nostra. 



GASTON BOISSIER. 




DE 



RHETORICORUM ÂRISTOTELEORUH 



Ad Garoli Grauxii, cuius praematuram mortem non patria solum 
eius Ingeiy sed omnes omnium genUum homines sincero antiquitatis 
tam Graecae tum Romanae amore imbuti summo cum dolore con- 
quenintur, pie memoriam celebrandam pauca coUatunis non possum 
non mentionem simul facere CSaroli Thurotî virl acutissimi doctissimi 
humanissimi cum illo eodem fere tempore bonis litteris erepti. Qui 
duumviri ut vivi quondam saepenumero bibliothecariim armaria meum 
in usum insigni cum liberalitate et comitate perscrutati in studiis Ari- 
stoteleis egregie me adiuverunt, ita nunc ego quidem Manibus eorum 
paoca haec atque levidensia, quae intra nimiam concessi temporis 
breTitatem ex hoc ipso génère studiorum potui delibare, pio gratoque 
animo consecro. Et elegi quidem disserendi materiam locos quosdam 
primi Rhetoricorum libri criticae artis auxilio, ut videtur, egentes, quo* 
nim complures scite iam ante me tractavit Thurotus (i). 

Primam prooemi partem e paucis tan tum verbis I, 1. 1354 1-1 i. 
th%i constare, secundam et tertîam multo longiores e sequentibus 
1354a, 11. vOv— 1355a, 18. 1(rc(v et 1355a, 18. ^ti — é, 7. àSCxux; ex ipsa 
palet rei natura et ex enumeratione 1355 b, 7-9. ^ti (lèv ouv oOx i(mv 
o&rt b*6^ Tivoç yévouc à(pwpi9|x.évou Vj ^ir)Topixri/i, àXkà xaSdiccp Vj Sia^cxTixn^, xal 
ffri xf^«ijto<; çotvtp<5v. Nam in hac ad verba oOtc - 8ia>.txTixTi^ complenda 
secundam constantem linguae Graecae consuetudinem alterum mem- 
brom ab eadem particula o{^rt incipiens usque requiri, postquam du- 
dom iam is, qui operum Aristoteleorum editionem tertiam Basileen- 

(i) Oè$ervatûm$ criiique$ sur la Rhétorique (tAristote, Paris, 1861 {Revue ar- 
chiol.^ unitUt tarie, t. IV, pp. 52-65 et 291-308; t. Y, pp. 40-61). 



LIBRO PRIMO 



QUAESTIONES CRITICAE 





88 



MÉLANGES GRAUX. 



sem paravit, ut structurae laboranli succurreret, frustra o^z delevit, 
probe intellexit Thurotus et ita est extra dubitationein,nit hanc ob- 
servationem ne memoratam quidem esse in editione Spengeliana iure 
tuo mireris : argumentum autem secundae illius partis si spectas, sic 
fere alterum hoc membrum : oure -fi Ivte^^voç icepl SXko ti Tà; icC<jtêk; xal 
\Lâlifr:aL Tzi^X Tà èvôujjLYijjLaxa è<jTC vel similis sententiae aliis verbis reû- 
cies. 

Sed praeterea in illius partis ipsius initio 1354 a, 11-3! corrigenda 
est vitiosa, quae in omnibus invenitur editionibus, interpunctio : sic 
potius distingue : vOv pièv o5v ot Tiç Tl^^va; twv \6y<ùy (TJVTiôévTe; (Î).(yov 
iteTcoiY^xot^tv auTîi; |jL<îptov. al yàp icC^ci; Ivtsj^v^v èori |jl<5vov, Ta 8' SXkoL wpoî- 
Oï^xai* ot 8è Tçepl |jLèv èvGujjLYjjjLdTwv o05èv ^éyouaiv, ^iicep èorl ^âjjia rf,; icC^tsw;, 
irepl 8è TÛv EÇd) TO'j irpayiiaTo; Tà it>.£i<JTa icpaYjjLOtTeûovTai, SiaêolVj yàp xxl 
f).eo; xal dpyvi xal Tà ToiotuTa icdGr) tî); ^u^^^ ^^'^ "^^P^ '^^^ icpiyjiiaT^; ècrriv à).'Xà 
icpô; TÔv Sixaam^v. ù><jt' si icepl 7cà<ja; i^v Tà; xpwei; xaOdîtep èv èv(ai; ye vOv èori 
Tc5v ir6>.£<i)v xal pid^tOTa TaX; eOvojiioujiLévai;, oùSèv &v eî/ov ti ).éyu)aiv. fiirav- 
te; yàp ot |jLèv otovTat 8eXv O'^jto) toO; v<Î(i.ouç àyopeûetv, ot 8à xal j^pûvTai xal xw- 
^.uouaiv iÇo) ToO lïpàyiiaTo; ).éyeiv, xaOiTcep xal èv Ape((j> itdy(j), dp6(i>; toOto vo- 
[iLCÎJovTEç. oO yàp 5ei tôv 8ixa<jTi?|v SiaoTpécpciv el; (Îpy7|v irpodyovTa; ^ çpôdvov ^ 
Iasov (6'[iLOiov yàp xâv et ti;, w jii>.^ei ;^pti<JÔai xavdvi, toOtov izovriatit crpsê^^dv)* 
2ti 8è (pavepôv ô'ti toO [iièv àiJLcpiaÔYjToOvTo; oOSév èoriv eÇw toO SetÇai tô icpay[ti 
ô'tiIçtiv t\ oOx foTiv yéyovev où yéyovev, el 8è (i-éya jjiixpôv 8(xaiov tj 
Sixov, Saj. [iiVi ô vo[iLoOéTY); 8twptxev, aOTÔv 81^ tcou tôv 8ixaaTT^v 881 yivc5^£tv xal 
oO [jLavOàveiv Tçapà twv à(i.cpi(j6Y)TouvT(i>v. Neque v. 12. codicum lectio ireicoiY^- 
xaaiv, pro qua Bekker antiquam coniecturam haud quidem inelegan- 
tem, sed sententiae non magis aptam irsicopCxa^iv recepit e marginc 
A<^ optimi codicis, ubi adscripsit, nisi fallor, corrector antiquissimus (1), 
toleranda est, sed quod expectat Spengelius <î)8o7çoiY5xa<jiv vix dubito 
quin rêvera scripserit ipse Aristoteles, vide v. 8. ^r{kov 6^ti eitj aOtà xal 
ô8oiroittv : eiusdemque Spengeli coniecturae v. 19. xaOdTçep <i:£pl 
Ttvà;>vel xaGiwgp < irepl 8(xa<; Ttvà;> quae obicil Thurotus, de ois 
mihi non persuasit. Nolo longus esse de hac re : ut causa simul cor- 
ruptionis aperiatur, potius xaGdliïep < irepl èvCa; > èv êvCai; propono. 

Praeterea aliquanto post 1355 a, 10. 8'particula e protasi causali 
(êiïel 8è X. T. \. v. 3 sqq.) in apodosi post ^r{ko^ repetita si ferri nequit, qua 
de re v. quae congessitad hune locum Spengelius, certe non delenda, 
sed adhibita leniore modela in 8*^ mutanda est. 

(1) De hoc primi dumtaxat Ubri correctore et frequenti eius cum Guilelmo de 
Moerbeka vetere interprète consensu y. qoae monuit Vahlenus Mus, Rhen, XXII, 
1867, p. 102 sq. Hoc quoque loco quae habet vetusta translatio « adepti sunt » certe 
non reddit icenoirixoaiv lectionem : e iceicopixaaiv potius haec fluxisse censet ii>8e 
Spengelius. Quapropter non credo eidem asseveranti iceiropixaaiv ab ipso co- 
dicis librario vel potius Ypâf sxai oufièv (î>c tlnclv iceicopncaai a^rîi; |iôpiov scriptum 
esse. Utinam tandem aliquando divulgetur accuratissima huius codicis collatio 
Vahleniana I 




SUSEMIHL. — DE RHETOR. ARISTOTEL. LIE. I. 89 



lam ut redeam ad enumerationem, haud maie quîdem Thurotus : 
«il vaudrait mieux mettre un point après <pavep<5v (1355 6, 9) ; car tout 
ce qui suit est surajouté comme une sorte de postscriptum à la réca- 
pitulation et ne dépend pas de la particule o*^v, y. 8 » (quamquam quae 
V. 15 sqq. leguntur artissime cohaerent cum a, 29-38), nihilominus ta- 
men comma a Bekkero aliisque positum servandum est, quoniam p.év 
particulae, quae est in Initio enumerationis v. 7, respondet demum 
V. U. Recta igitur distinctio haec est 1355 7-23 : ôti |i.àv ouv oOx 
ïffTiv oute £v<5ç tivo; yévouç àcpwpKîjiévou •i\ fYjToptxYj , àXkk xaOàicep Vj 8wt)<E- 
xTuciî, <o5Tt»,, >• xal i^Ti ^pt^dipLOî, çavepdv, xal 6iti oO tô iceXaat Ipyov 
a^ç, èXkài TÔ lôeTv Tà ôîtdpj^ovTa iriôavà irepl ^xaTcov, xaôdicep xal èv Tat; 
lÀlzi; tij^vatç ica«aiç (ou8è yàp larpixi^ç tô Oyia *ïrotf,aai, à^^à [i^ij^pi o5 ?v5é- 
j^mt, P^^^ TOÛTOU irpoayotyuv * Icrt yàp xal toO; àSuvàTOu; (i.eTa).a6gXv ûyieCa; 
^[tw; ÔtpaicsOaai xa)i5ç), icpô; 8è toutoiç ôti rf); aOrîiç t4 te iriBavôv xal 

çaiv^juvov iSttv iciôav6v , ûoTcep xal ItcI rf,; 8ta).£XTtxtS; (ju^Xoytajxdv ts xal 
9ziv^{uvov au^Aoyi<jjjL(5v (-^ yàp doçiTCixVj oOx èv SuvàjiLei à).V iv rÇ itpo- 
2ip£«îf 7:).^^^v ivraiôa |jl6v l^cai 6 |jLèv xxTà ti?|v àiri(m5 [iLiriv 6 8è xarà tqv 
^poïCpeaiv fV|Tu)p, âxet 8è «JoçKmfj; [iièv xatà n^iv lïpoaCpEaiv, 8iaXexTixô(; 8è où 
xarà Tf,v xpoaCpew dXXà xatà tifjv 8ûva[^iv) • icepl 8è aOrî); i?i8Yj Tri; [^e8(58ou 
xtipûjuOa ^éyxiv x. t. "X. 

In capite secundo verborum 1356 a, 35 — by 5. tûv 8è 8ià toC 8ei- 
oûvai ti çaCvetjOai 8eixvtSvai xaOàxsp xal Iv toi; 8ia).6XTtxoX; tô ji^èv iTcayïoyii 
bn t6 8è uu^loywjiô; 8è <patv<î[i.evo; <JuXXoyw[iL<5;, xal IvTaOôa ô[^o£ti>;. 
Irn yip jiiv itapi8eiy[jjt èTcaywyt^, tô 8' Ivôùj^YjpLa au).)^yi<JUL6;, tô 8è cpatvô- 
I«vov è/6i5jtti|i.x > çaivôjtevo; <îuX).oyia|jLÔ;. xa^û 8' èvGOjA-TjpLa ji.èv ^yjto- 
P'jtôv TJA).oyi<jjt<iv , icapdt8eiy[iLa 8è èitaya>yT?jv ^YjTopvxiJv qui mecum pulat 
sententiam esse banc : a ut in dialectica ita etiam in rhetorica arle 
instrumenta probandi sunt syllogismus et inductio, quoniam eorum, 
quae in rhetorica adhibentur, enthymematis et exempli, alterum syl- 
logismi, alterum inductionis peculiaris quaedam species est : quapro- 
pier enthymema appello syllogismum rhetoricum, et exemplum in- 
ductionem rhetoricam », is mecum b, 4. 8i^ pro 8\ quod est in codi- 
cibus, editionibus, vetusta iransiatione, aut pro yàp, quod praebet 
Dionys. Hal. £p. adAmm, I, 7, restituere non dubitabit. 

Qaaeattlem de loco misère corrupto et mutilatol356 6, 26 sqq., in 
qoo iam haeserunt Muretus et Vater(l), in Mus. Bken. XXIII. 1868, 
p. 539 sq. partim recte partim maie disserui, data bac scribendi 
opportunitate retractabo. Recte enim,ut nunc quidem opinor, Thuro- 
tus laconam ante 33. xaSdicep agnoscendam esse iudicavit, recte quo- 
modo secundum protases explenda sit, verbis his : « La rhétorique ne 
raisonne que sur ce qui n'est pas persuasif par soi-même » significavit, 
recte t. 36. ix utrumque absurdum esse ostendit : ncque enim ex eis 

II) àmmadversùmct ad Aristotelis libros très Rheioricorum, Lip«. 1794, p. 27. 




90 



MÉLANGES GRAUX. 



rebus^ quae et ipsa egent demonstratione (tôv \&fo\} 8eo(t£vfÉ>v), dia- 
lectica neque ex eis, de quibus deliberatione apud plurimos opus est 
(t€îv i/jSY) poi»>.eOeaOai clci>86T(k>v) , rhetorica quidquam concludit, sed 
utraque ars ex eis, quae iam per se sunt omnibus clara atque pec- 
spicua (tî^v èvSéÇcov), ea dérivât, quae de aliis incertis vel deliberatione 
apud plurimos egentibus sint iudicanda. Suo igitur iure, id quod iam 
locoIaudatoconcessi,icepl potius desideravit vir ingeniosus (1), sicut 
1357 a, 22 rectissime idem coniecit Muretus (2). At quomodo oriri 
potuit tanta depravatio, praesertim si etiam v. 34 sq. oO iccpl pro oOx il 
cum eodem Tburoto scribere velis? (3). Sed vereor, ne bac in re 
erraverit : certe quamquam sententia, quam tali ratione e verbis 34 sq. 
xal yàp èxeCw) mj>.).OY(îeTat oOx wv Ixujty (<pa(veTai yàp àrca xal toX; irotpa- 
>.Y)pou(jiv) elicuit : « en effet, la dialectique ne raisonne pas sur les 
premières propositions venues ; car il en est d*évidentes même pour 
des insensés » prorsus sane rei est accommodata, tamen non minus 
ad rem quadrat tradita lectio, secundum quam non ea, quae quibus- 
libet sine demonstratione clara sunt (<paCvcTai)^ velut fatuis stulUsque, 
sed ea tantum, quae sanae mentis hominibus omnibus (de his igi- 
tur intellege illud Toiot<ï8c v. 33), principia sunt conclusionum dialecti- 
carum. Itaque nunc quoque puto etiam post 35. icapaXt^poO^iiv nonnulla 
intercidisse et postquam hoc factum sit, propter ii v. 35. sic quidem 
proxime antecedens bis v. 36. icepl in eandem particulam esse muta- 
tum, hoc est specie cohaerentiae restituta reapse cum verba tum 
■sententiam etiam magis corrupta : neque me poenitet eorum, quae 
ad hoc quoque damnuni quadamtenus reparandum proponere sum 
ausus. Totum ekiim locum si accuratius consideramus , enuntiati 
pnoris 26. i-KtXyàL^ — 34. 8ia>.€XTixK^ apodosin 32-34. oôôè -f^ fir|Topac9i 
xa6* ExaoTov 2v8oÇov Oecapt^aei — àWà ToiotdSe x.t.).., id quod recte mo- 
nuit Thurotus, e tertia sola protasi 28-31. oOSepiCa 8à ré^vr) (sxomX 
xa6* îfxadTov sequi videmus : priorum duarum 26-27. iml môavdv tivI 
iciôavôv èoTt et 27-29. xal tô \iàw cOÔO; ùiti^yt^ 8t' aÔTÔ îciôavôv xal ict^v 
TÔ 8è SeCxvuoOai Soxetv 8ià toOtcov , ut nunc legitur haec apodosis, 
nuUus est usus. Quod vero eam ne cohaerere quidem putant cum 
comparatione adiecta 33 sqq. xaOàTccp xal i^ 8vaXexTixi^. xal yàp IxcCw) 

(1) Et post eum nulla eius mentione facta Spengelius Aristot. Rhet II, p. 58. 

(2) Quocum de hao re praeter Spengelium consentit etiam Yahlenus Zur Kritik 
AtistotelUcher Schriften, Vindob., 1861, p. 46 {Sitzungsber, der phiL-hist, Classe 
der Wiener Akad,^ XXXVIII, p. 102). Idem- tamen addit : « Allerdings konnte il im 
weiteren Sinne nicht bloss von den Formen, aus denen das Enthymem gebildet wird, 
sondem auch von der Materie, auf welehe es sich bezieht, gesagt werden » (exempla 
desidero), «c und so ist wohl 1356 6, 36 f. zu fassen, Worte, die ûbrigens aus aftdern 
ROcksichten » (e quibusnam ?) « nicht unbedenklich sind. » 

(3) Tacite iam Rothius in translat. German. (Stuttg. 1833) plane eadem ratione 
hune locum reddit ex eadem fortasse sententia, quam postea protulit Vahlenus, 
Y. n. 5. 




SUSEHIHL. — DE RHETOR. ARISTOTEL. LIE. I. 9i 

x.':X Yater et Thurotiis et iam ante eos, ut videtur^ Muretus, hoc 
quidem ei, qui confinnationem huius comparationis sequentem xal 
yàp tuiwi x.x.X (v. 34 sqq.) ita ut ego explicat, praefracte negandum, 
sed eidem tamen fatendum est, quid commune inter se habeant oO 

xaB^fxaoTov ëvSo^ov SeotpeXv, àWà tô Toioî<î8e et oO <s\jXkoy0^tf:^%\ i| wv ÎTu;^ev, 
olov oOx èx Tuv (paivo^vcdvTot^ icapaXY)pou9iv, tamdiu nouliquere, quamdiu 
non ToiotSaSe illos magnam illam esse hominum multitudinem maxi- 
mam quidem partem indoctorum, at sanae mentis compotum exprès- 
sis verbis dictum sit (1). Et profecto si ipsam rem respicis sine omnibus 
bis difEciiltatibus, quomodo hoc ipsum, quod est totius rei cardo, 
silentio potuit transin? Quis satis habet discere ea quaeri ab arte 
rhetorica, quae certae cuîusdam qualitatis hominibus probabilia 
Tîdeantur? quis non expectat potius, ut accuratius audiat, quaenam 
sit tandem ista qualitas? Itaque ut et huic expectationi et compara- 
tioni illi additae et prionbus duabus pro^sibus satis fiât, primo loco ad 
àkkà. ToX<; ToiotaSe talem fere explicationem : 'kiytù Sè olov oO toiç <ïo(poic 
pîvov, àXkà toi; voGv I;^ou(ji ic5<îi, secundo alterum apodoseos membrum 
velut où8è to'jtok; xà 6i' aOxà ivSoÇa ici6avà icoicioOai âTci^cipii^oci, àW Si Itti 
cuXXoYC^s'rOai ix tûv toiotHcov si ita adicio, ut simul ex homoeoteleuto 
ToioX<j$c et ToiouTcov origincm iacturae explicare studeam, videor mihi 
etsi non ipsa perdita verba, tamen, quantum omnîno fieri potest, ge- 
nuinam eorum sententiam refecisse. Quae si ita se habent, duae res 
propriae sunt et oratoriae demonstrationis et dialecticae, altéra non e 
quibusiibet sententîis, sed ex eis tantum, quae omnibus sanae mentis 
hominibus liquent, argumenta deducere, altéra minime de bis ipsis 
disserere, sed his tamquam firmis fundamentis adhibitis de aliis 
rébus, de quibus magna illorum hominum multitudo dubitare solet 
simolque aut mpditari aut deliberare, conclusiones sive veras facere 
sive speciosas. Deest igitur in altero enuntiato xal yàp ixeCw) x.tA. 
(t. 34 sqq.) transitus ab illa re ad hanc, id est, ut Graecis verbis utar, 
ab 14 «i»v ad xiplâv, iterumque, nisi fallor, homoeoteleuton hoc impor- 
tayit detrimentum. Si enim haec fere scripserit Aristoteles v. 36 sq. 
èXk <:;éxaTépa oôSè icepl J)v ïtuj^cv, à W > âxeCvTrj |jLèv x.tA. equidem sane 
nesciam, quid amplius queat desiderari. Unum restai, ut totum locum 
1356^,26 — 1357 a, \ cum supplementis et emendationibus ante oculos 
lectoribus ponam : èictl yàp tô iciOavôv tivI iciOavôv iaxi, xal tô [i.èv eOOO; 
(ncàçi/tx Si* otM KtOocvdv xal ici^rôv tô Sà tc5 SeCxvuaSai Soxciv 8ià toioOtcov, 
oSAt^loL 8è Tij^vTfi moicct TÔ xaô' lxa(rcov, olov i^ laTptXT?| tC SwxpàTtt ûywivév 
iflTw RaXXCa, àXkèL t( ToicôSe ^ toT; toioX^Sc (toOto |JLèv (2) y^p ïvrtj^vov, 
?6 &è x«6* fxaoTov àicetpov xal oOx âici<m)T<5v) • o08è fTrjTOpvxV| tô xa8' Exa^ov 

(1) Omnium honyn scrupulomm apnd Spengelium nec vola invenitur neo vesti- 
ginm. 

(2) |ftK om.A^, del. Spengeliiu, at vereor ne hoc vitium dnmtaxat sit codicis 
•fv^egii. Ht complura eiuimodi alia. 



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92 



MÉLANGES GRAUX. 



lv8o5ov 6ea)pY5«ei, olov Swxpdtei ^ fiï7t(a, iXkà. tô ToioîaSe, <^'kif<ii 8è oîov oO 
toi; aocpoT; jjL<5vov, à>.).à toi; voOv fj^ouci «aaiv, oOSè toOtoi; Tà 8i' autà IvSoÇa 

ôiTçtp xal Vî Sta^-exTix-ïJ • xal yip èxgCvYj au).).OY(ΣTai oOx wv îtuj^sv («paCvttxi 
yàp àrra xal toÎ; icap3i>.Y)poO<ïiv), àW <éxaTépa o08è 'jrepl wv Itr^ev, àAV> 
êxsivY) {lèv icepl tcov ^.dyou 8eo[i.év(i>v, i^ 8è firjTopixiri Tcepl tc5v i?i8TQ ^ou^eueoOai 

lam in proxîme sequentibus e tota bac disputatione colligit (recte 
enini 1357 a, 1.8'^ pro 8à coniecit Spengelius) Arisloteles baec duo, 
versari artem rbeioricam in eis rébus, de quibus est deliberatio, et in 
talibus auditoribus, qui nequeant longas argumentorum séries com- 
plecti: ÎOTi 8V| tô Epyov aOrî)? icepC Te toioOtwv tcepl wv Pou'Xeu<5|«ôa xal T£;^vaç 
jiiT?) f^ojiiev, xal Iv toT; toioutoi; àxpoaTat; ot oO 8ùvavTai 8ià 'KoXkêy ^vopav 
o08è ^oyCÇttyOai TçtJppwBev (1357 fl, 1-4). Deinde illinc concludit res muta- 
biles ab ea tractari : ^ouXeu($[i.e^a 8è ireplTcov ^aivo{i.évci>v èv8é^ea6ai à^A^orépca; 
i'/t\y ' îctpl yàp Tc5v à8uvàT<i)v â^Xco; nfi y^'^^^*'- ^ if| f^^iv o08£l; ^ou- 

>.£i5eTat oOtcix; ô«o>.a[^6dv<i)v • o08èv yàp icXéov (v. 4-7) : hinc conclusionem 
praeparat inserto novo syllogismorum discrimine. Duo enim esse 
monet syllogismorum gênera, quae ad artem oratoriam minime 
quadrent, syllogismos ex aliis syllogismis aptos et syllogismes e 
propositionibus compositos,quae nequaquam per se liqueant:âv8éxs':3i^ 
8è au>.^oyCÇe<j6at xal «uvayciv ji.èv ix «^^^.oyiajiiévajv itptÎTepov Tà 8' àauX- 
loyCoTwv ji.èv 8E0{i.év(i)v 8è ^^.^.oyiijjioO 8ià tô jj^Vj eîvai lv8oÇa • dvdtyxYi 8è 
TOUTwv TÔ jxèv ji.T?j eîvai e0e7caxo).oû6YjTOv 8tà tô [iLtJxo; (6 yàp xpiTT^^ç ôicdxeiTai 
tivai àic^oO;), Tà 8è jtVj itiSavà 8ià tô |jl7j ô[iLo).oyou [livwv elvai [^yj8' èv86^(i)v 
(v. 7-13), quibus in verbis aegre caremus particula xaC (=etiam) post 
xal (juvdyeiv (v.8) adicienda (1). Nihilominus illis non prorsus posse abs- 
tinere oratorem tametsi non expressis verbis docet Arisloteles, banc 
esse eius sententiam inde apparet, quod formam certe quam maxime 
decurtatam in illis adbibendis postulat v. 16-22: contra hos utique non 
reiciendos esse hodie non legimus quidem in verbis sequentibus, in 
quibus omnia, quae antea exposuit, una consecutione comprehendit (2), 
ûiT* ivayxatov x.t.).. v. 13-22, attamen vix et ne vix quidem potuit 
boc philosophus plane silentio praeterire. Quamobrem rectissime 
hune quoque locum lacunosum esse con tendit Thurotus (3). Quam- 
quam quae scripsit : «remarquons d'abord que la proposition xal 
d>.Cyci>v x.T.X. (v. 16 sq.) a grammaticalement pour sujet Tenthymème et 
rexemple,et ne se rapporte pour le sens qu*à Tenthymème» vera qui- 

(1) Ëxtat enim profecto tertium praeterea syllogismorum genus et id optimum, 
ipsos illos dico syllogismos il àtjvXko^iaxm \kh àXX* ôiioXoyoutAévuv Te xac ivï^wv. 

(2) Ergo ante haec verba punclum esse ponendum suo iure- eodem tempore mo- 
nueruQt Thurotus et Vahlenus 1. 1., p. 44 (100), sed Spengelius maluit comma vitio- 
sum retinere. 

(3) At Spengelius denuo ne commémorât quidem banc coniecturam. 



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SUSEMIHL. — DE RHETOR. ARISTOTEL. LIE. I. 93 



dem sunt, sed hoc loquendi genus minus accuratum non librario- 
ruiB errori, sedipsius scriptoris neglegentiae tribuendum esse («même 
en admettant une irrégularité de. rédaction » ipse adiecit Thurotus ) 
inde patet, quod in A*" codice te particula ante H. twv addita est, 
quam suc iure recepit Spengelius. Habemus igitur iterum distinctio- 
nem eandem bipartitam icepl (Lv et il &y particulis hoc ioco ts et xal 
copolatam, ut in altero quoque'membro ambo subiecta èvGO|jLYi|i.a xal 
iwpi8«y|j^ maneant. Ergo, nisi fallor, haec fere sola ante 16. èÇ perie- 
runl : 6(to).oYou(iiva)vTe xal èv8<i^«i>v tI\, totaque conclusio haec fere olim 
fuit : àvayxaîov t6 tc IvôûjjLTjaa sîvai xal tô TçapdSeiyjjjt irepC te tûv èvSe- 
XOjiivuv Tà TzoXkèL l^^siv xal (xal fortasse rccte om. A*" vet. transi. 
Speng.) IX^Ci); (1) jiiv TcapiSeiy^iia iirav'wYT^v tô 8' lvOuaY)|jLa axnXkof^' 
ffo^, xal < 6[jio).OYOi>{jLiv(i>v t« xal tv8<5Ça>v ^ el èx (je^JuX^oyKjj^évwv, ]>• 
^(ywv TE (lege yt) xal iço).Xdxi(; è).arc(5vu)v 7^ 6 irpc5To; cuX).oyt(HiL<J(; 

x.tA. 

6. 1362 A, 10-12. nunc legitur : tôSaijiovCa- xal yàp xaô' auTÔ atpcTov 
xal a^rropxe;, xal Evexa adroO izoXkk atpoujisOa : at non muîta felicitatis 
gratia optamas, sed quaecunque optamus omnia : nonne igitur pro 
(t. 11) scribendum est tiHa? 

7. 1363 A, 16. Gur aikoO pro ou restituendum esse credam, demon- 
stravi in Mus. Rhen. 1. 1. p. 691. 

1364 bj 7-10. xal Jiv al litt<rrîi[jjtt xa^XCou; ^ arcouSaiÔTepai, xal Tà Tcpày- 
Itata xa^X((i> xal ^ouSawSiepa* a»; yàp lytK âm<îni[iLYj, xal tô à).YjÔé;* xe).£ue'. 
5à a'WSç éxi<rrri verborum sensus si est hic (nec video alium) : « quan- 
ti pretii est quaeUbet disciplina, tanli etiam res, in qua versatur : mm 
illa hanc définit », non xe).£U£i 8è v. 9, sed xe^^eOti yàp Aristotcles 
scripsit. 

1365 A, 14-16 frustra omnes adhuc, qui de verborum xal a ).aveàvtt 
xap4rr* -5^ >.av8àvci' Tcpô; oCk-ffitiT.'i yàp Te(vei TaOta. 8iô xd -tc^-outciv 
çavttïj fiv jwv^ov àyaSdv toO Soxetv integritate dubitaverunt, in eis corri- 
gendis laboraverunt, neque mihi contigit, ut verisimilem corrupti 
îoxtXv vocabuli emendationem invenirem, sed corruptum hoc esse 
nihilominus firmiter teneo. Non enim intellego^ quomodo scribere 
potuerit Spengelius : « divitiae, quibus aliquis gaudet, facile cogno- 
scuntur:non apparent in eo, qui dives esse videtur, at non est: igitur 
maius bonum est icXouTttv toO 8oxfttv. » Immo ut stare posset exem- 
plum, argumentandum esset sic : divitiae magis apparent quam spe- 
cies divitiamm : hoc vero absurdum 'esse quisque concède t. Species 
polios et id, quod in oculos hominum cadit, unum plane idemque est : 
utram veritati respondeat an non, hoc solum, quamdiu species ma- 
net, est occultum. Yeras igitur divitias maius bonum esse quam spe- 

(1) Camma in editionibus hoc lo€0 positum cur delendum sit, demonstravit Vah- 
l«B«i I. L p. 45 (101), Tenim eam non audivit Spengelius. 



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94 



MÉLANGES GRAUX. 



ciem solam diviiiarum neque confirmari potest tali ratione neque 
omnino eget confirmatione, mirumque videtur ipsi Spengelio de re 
tam certa illud <pavcCir) àv. Quapropter recte aliud potius bonum sub 
voce $oxeiv latere, cuius possessio haud ita ut diviiiarum sub oculis 
hominum posita est, vidit Knebelius : at vix recte SucaCou coniecit. 
Infinitivum servandum esse arbitrer : expecto OyiaCvciv, et rêvera for- 
tasse non est hoc loco maior litterarum similitudo quaerenda, sed 
postquam evanuit maior verbi pars, e reliquiis infelix illud $oxetv con- 
suerunt. V. quae paulo antea, v. iO. legitur : ô ic>.oGto; xal -f^ tjyUwt 
jiiyiora Soxet civat. 

8. 1366 a, 4-6. lori 8à $Y)[i.o)C(>aT{a{ |iiv Té^o; è).eu6tpCa, d).iYotp5^(a< ôè icXoO- 
Toç, àpi^oxpaTCflt; 8è Tà icepl irai8e(av xal Tà v<5|jLt[iLa, TUpotwvSoç 8è çuXaxt^. 
Deest paddeCaç TéXo;. Pessime commentator anonymus ante xupawCSoç 
inseruit ^aoiXcia; 6è tô âw6{i^(; iTci^xTttv, multo melius Pacùxlctç $à tùcp- 
ywCa post ffxAoLx-ii e codice Dresdensi Yahlenus (i). At beneficium 
potius est regni origo, v. Polit. III, 15. 1286 é, 10 sq. àit* eôcpyeaCa; 
xaÔC<rca(jav toùç 6a(jdet;. VIII (V), 10. 1310 0,34-40.^1 xaV eôepyeaCaç ^ 
xxxà TaGTa xal 8t5va|i.iv. éEicavTc; yàp tûepycTï^aavTtç ^ $uvd{uvoi ' Tà; icAei; ^ 
Tà I8yr| eOepyeTetv èTÛy^^avov tîJç TtjjL'fi; TaÙTTji; x.t.>.., finis regni non magis 
quam aristocratiae est. Neque est rêvera diversus utriusque secundum 
Aristotelem finis, quoniam optimum tum aristocratiae tum, si ita res 
fert, regni genus optimam simul esse reipublicae formam docet, cf. 
inprîmis Pol. VI, 4. 1289 a, 31 sqq. tô yàp icepl rîi; àpCemi; iroXiTeCa; btta- 
p"fiaai TaOTÔ xal icspl toûtwv IotIv elictiv tûv dvojJLiTcov (h. e. itepl àpt^oxpotTia; 
xal poLcCktioLÇ, V. 30)* foO^eTat yàp éxaTépa xaV dpcnf^v mjvtoTdvai xt^^optjyrj- 
(t<vir)v, et omnino de regni et aristocratiae affinitate haec apud eum 
leguntur Pol. VIII (V), 10. 1310, 32 : paddeCa TéTaxTat xaTà v^^ àpi- 
(TToxpaTCav. Quae si comparas cum Rhetoricorum verbis proxime ante- 
cedentibus V. 2 sq., quibus monarchiarum quae sunt duae species ita 
inter se distinguuntur, ut sit -fi f xaTà TiÇtv Tivà pa<it>.e(a, -fi 8' à6pi<rcoç 
TupavvCç, idoneam certe causam es->'e concèdes, cur ex te quaeram, 
anne, id quod iam olim (2) conieci, hoc quoque loco eundem finem 
regno, eundem aristocratiae tribuerit philosophus. Quod si fecit, post 
àpidToxpaTCaç v. 5. exciderunt xal pa<n\e(a; : sin aliter se res habet, 
quem esse finem regni dixerit, ignoro, (eOepyE(;Cav saltem vix dixit), 
neque scio, quomodo discerni queat, utrum lacunae sedes cum scho- 
liasta, Vatero, Spengelio ante TupawCSo; 8è (puXaxt) an cum Vahleno 
post haec verba quaerenda sit. 

9. 1366 a, 25. pro yàp legendum esse 8à unusquisque, ut opinor, 
mihi concedet. 

1366 b, 22-34 punctum pro colo pone post 24. I8civ et colon pro 

(1) Ind. lect. aeêiiv. Berol. MDCCCLXXV. 

(S) In Barsiani relatU annal. III (1874/5), p. 381. 




SUSEMIHL. — DE RHETOR. ARISTOTEL. LIE. I. 95 



poncto post 27. Ipyoi : omnia enim, quae inde a y. 24. <pave(><5v usque ad 
34. w9x(>Tuc, non ea sola, quae usque ad 27. Ipya proferuntur, conti- 
nent caosam, cur sit icepl tuv AX^cov oO ^a\ei?ôv iSetv (v. 24). 

1367 é, 28 sqq. Recte Thurotus verba tô 8' èYxa»|i.iov twv Ipy*^'' ^^^'^ 
(28 sq.) et xal iYX(k>(tid^o{uv TcpàÇavTcç (31) traiecit post 33. toioîjtov 
(quamqnam de hac quoque re apud Spengelium altum silentium est), 
sed nimis arlificiose simul interposita xà Si xùx^w — elvat (29-31) priori- 
bos illis praemissa in eundem locum ablegat et ad totam banc trans- 
positionem firmandam perperam v. 31. 8' cum yàp permutât. Immo 
T. 29. potius hac mutatione facta optime membra se excipient sic : 26-28. 
ÎTn ô' l^aivo; "X^yo; epi^QCvi^cuv [téytôo; àpeTYi<;* Ôu o5v tà; icpàÇei^ èmStt- 
xv^ai TowtuTai • 29-31. Tà yàp xOx^co el; tcteriv, olov suyévtta xal icat8eCa 
(tixdçyàp àyaÔûv dtyaOoO; xal tôv oQto) Tpaçévra toioutov etvat), 31-33. tà 
5* fpya OT^jtetai Tti; S^eco^ èorCv, ètcel èicaivot[tev <&v> xal j^i?! iceicpay^Ta, el ict- 
^;iOi{uv eîvai toioOtov. 28-29. tô 8' 2yxc!»(f.iov tûv Ipycov è^Cv 31. 8tô xal 
^fx«*uLii2^0{uv itpiÇavTa;. 33-36. jiaxapt<î[*.ôç 8à xal cû8at[i.ovt(j|iL6<; aûrotç 
îûv Tavri, toOtoiç 8' où TaOrdt, àXV ô^Ep e08ai|x,ovîa tT?jv àpe-n^v, xal 6 
tv8ai{toyi9{^dc icepti^ci tauTa. Hoc est : eu8ai[i.ovi^uL6c sive [taxapi9[t6(; prae- 
dicat totam felicitatem, l^aivocvirtutem, quae ut gravissima felicitatis 
pars est non in actionibus, sed in interiore animi sensu (rÇ icpoaipéaei) 
siU, ita ex actionibus cognoscitur aliis rébus (toi<; x6x>.C{>), velut nobiii- 
tate et bona educatione, in auxilium vocatis, èyxc&|i.iov ipsas tantum 
bonas acUones, sive e vera virtute fluxerunt sive ex gloriae cupidine 
aut alio quolibet animi affectu, quas ita tantum licaivoc respicit, ut ex 
eis Tirtutein demonstret easque ita esse comparatas conflrmet, ut non 
nisi ex virtute originem possint traxisse. 

11. 1370 a, 27-32. Ex àel Iv pro x^lv recepit Spengelius : at neu- 
Ira lectio placet, mirorque ne ab illo quidem p.erspectam esse absurdi- 
Utem conclusionis. Quid? Quia voluptas inestin perceptione, et quia 
imaginatio est perceptio debilitata, eas ob causas in reminiscente et 
sperante semper invenitur imaginatio quaedam eius rei, cuius memi- 
nit?el quam sperat? Audire velim, quanam figura et quonam modo 
syllogismorum ex illis duabus propositionibus hauriri queat haec con- 
dosio. Etqua omnino demonstratione opus est inre tam aperta? quis, 
quaeso, negabit neque memoriam neque spem in quoquam inesse posse 
sine rei, de qua agitur,imaginatione?Quid multa? verba 29-31. àcl Iv 
IU{ivi}{iivij» x«l xCf è^icC^ovri àxo>.ouÔot ftv çavraaCa Tt^ o5 [lij^viriTai •î\ è'XwCÇgt 
non conclosio sunt, sed tertia protasis. Partem igitur veri retinuerunt 
libri détériores, aliam partem optîmus liber : nisi enim huius solius 
vestigia sequi malis scribendo : àel <8'>. èv, haud dubie xal àel èv uti- 
que resUtuendum est. Apodosin autem ut recuperemus, colo post 
tAxdJtx posito 8£ hoc quoque loco (v. 30) cum 8ii commutare sofflcit : 
tel 8* :f|8ea6ai Iv tû alo6dveaOa( tivoç icàSouç, i^ 8à çavraaCa l(rclv 

a^s^oic àa6cvi({, xal àcl Iv |U|i.VT)(iivC}> xal T(5 iXicC^ovrv àxoXouOot 



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MÉLANGES GRAUX. 



(S|xa {i.e[ivY){jLévoi; xal iX'icîl^ouaiv, èiceCiccp xal aïoOiQaiç. 

Contra prorsus sanus est locus 15. 1375 6, 20-23, quem Thurotus 
ut lacuna deformatum esse putaret, eo tantum coactus est, quod non 
ut ceferi adhuc omnes obiectum (Germanice dixeris « den Arzt ûber- 
kliigeln » vel « klîiger sein wollen als der Arzt »), sed subiectum verbi 
irapa<jocp(îe(y6ai (v.21) accusativum tôv laTp<5v (v, 22) esse ratus enuntiatum 
prius xal SxK h Taiç à).^ai; Té^^vai; ou T^uaiTcXei '7capa<jo<p{Ï£a6at tôv laTp6v 
in banc sententiam detorsit : « Aristote veut dire qu'il n'est pas 
avantageux qu'un médecin prétende faire Thabile en sortant des pres- 
criptions de Tart. » Sed ne Aegyptii quidem longius quam per tri- 
duum vel quadriduum medicos scriptis legibus vinciebant,Po/.III, 15. 
1286 12 sq., aGraecorum more quantum talia recédèrent, si omnino 
huius rei testimoniis opus est, videre licet ex hoc ipso Politicarum 
loco aliisque, velut III, 16. 1287 a, 38 sqq. II, 8. 1268 b, SA sqq. 
1269 19 sq. : neque usitatissima illa comparatio medici et iudicis 
impedit, quominus alia adhibita comparandi ratione medicus eundem 
potius locum in arte medicinali quam legumlator in arte politica 
teneat. 



FRANCISCUS SUSEMIHL. 



Scripsi Gryphiswaldiae mens. Mart. MDGGGLXXXII. 




AD EURIPIDE E SOFOCLE 

(Bar. Hipp. 115. 441 ; Soph. Frgm. 609 Dod.) 



Sut y. iio deir Ippolito di Euripide abbondano le congetture. 
Brunck pensô che fosse addirittura spurio Tintero verso, e oggi è 
incerto il Weil se si debba ricorrere alla emendazione o air atetesi. 
Richiaroiamoci un po* il contesto alla memoria. Ippolito non ha la 
débita venerazione per Afrodite, e aile reiterate rimostranze del suo 
scno finisce col non più rispondere direttamente, dando perô a vedere 
che egli non ha per questo mutato opinione : 

E allora il servo : 

115 9povoOvTeç o5t<i)ç Tcpéirsi 8o0>.oiç "Xéy^iv, 
Tcpoacu;^<5jte<j6a toÎ^i <îoi<; ayi^^pLa^t, 
6é<7itoiva Kûicpi xtI. 

Negli scolii troviamo dei tentativi di interpretazione pe* quali biso- 
gnerebbe intendere cppovoOvceç nel senso di <ppovouvTeç e unire oOtox; — 
)iyttv con 'ïcpo«'j)^<5jt£(jOa; nè dagli antichi scoliasti fino per esempio a 
lu von Jahn {Anmerk, z. Eur, HippoL p. 6) la interpretazione hafatto 
alcon progresso. Ma se gli scoliasti .hanno la disinvoltura di soppri- 
mère illlyciv nelle loro parafrasi^ potremo forse noi seguirlî su questa 
troppocomodavia? Diremo piuttosto che il verso çpovouvTEç — \i>(t\.^ non 
ha senso; ma appunto perché non ha senso non abbiamo il diritto di 
espungerlo. Invece lo espungeremnK) con ragione, se fosse vero il §o6- 
Ao^7povelv del Reiske(l), c cosi ha infatti pensato il Barthold. Ma nulla 

(1) oofo»; ç^vûv propone R. Fecht in Philologische Rundschau nr. 19 (ap. Weck- 
l«in nel Jahresberieht pel 1880) : congettura fatta evidentemente in grazia non del 
co&tocto Euripideo, ma del çpovitv Reiskiano con buone ragioni oppugnato dal 
Bartbold. 

MÉLANGES SRAUX. 7 



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MÉLANGES GRAUX. 



prova che Reiske abbia dato nel vero, quantunque si debba facilmente 
concedere che la sua congettura sia preferibile, poniamo, al ho^lou^ 
\t)(lf^y del Bothe, per non dire dell' infelicissimo (ppovoOvta; aikwi; 
(= |i^TaC(i)ç), J> icpéicei Soû^otç \6ytà npoff£u;^6|X£c6a xt>.. del Jacobs (Ani- 
madv. in Eur. p. 26 sq.). Anche il Weil non pare abbia molta fiducia 
nel suo SoOXok; ScâSv, nè puô contentarsene chi ripensi al brève ma 
importante scolio : àvxl toD à7cappY)<jid<jT(i)<; \akiû, che ci indica un 
senso troppo adatto al contesto per potere essere trascurato. 

Mpltissimi critici dal Musgrave in poi hanno riconosciuto quale 
debba essere il pensiero espresso dair affezionato servo, ma non occorre 
esaminare ad una ad una le loro congé tture, perché tutte, cecetto 
quella deir Hartung (p. 13 e 136 délia sua edizione deir anno 1818) 
ripetuta recentemente dal Gomperz {Zeitschr. fur d. oest. Gymn. 1879 
p. 94) e dal Metzger (ap. Wecklein nel Jahresbericht pel 1880), sono 
evidentemente false. Hartung legge dunque cppovoOvTa; con Tyrwhitt e 
muta oCtcix; <a>{ icpéTcet in âoTcep où i7péitei. La variante cppovoOvxaç è notata 
dal codice P, e anche in L, come del reste mi figuravo, ho trovato di 
prima mano <ppovouvT. . , e corretto da altra mano <ppovouvTe;. L'accusa- 
tivo è senza dubbio quelle che ci vuole, ma è certo anche violenta (i) 
la correzione ûdTcep oO icpéicei; e indirettamente lo riconosce Gomperz 
stesso quando soggiunge : « Schilt man aber meine Aenderung gewalt- 
sam, so erwidere ich mit dem Verlangen nach einer minder gewalt- 
samen, aber nicht minder sinn- und sprachgemâssen Herstellung der 
Worte. » Ora io non so se il Gomperz abbia trovato soddisfatto il suo 
desiderio nella congettura, che a me sembra s tenta ta, deir Hilberg 
(nei Wiener Studien, II, p. 143) : <ppovouvTa; — oOtw ic w (; itpéirci SoùXot; 
^éyeiv — npo9eu;^d|U(jOa xtI. ; per conto mio gli propongo non senza 
speranza : 

^povoOvTaç o6t<i); «Jx; itpéicei 8ot5>.otg axéyeiv, 
icpoaeuj^^jteaSa xtI. 

Il buon serve 'kaCktl àitapptjaibldTtuç, e invece di dire apertamentexaxâ; 
çpovoOvTaç oppure àdeêoOvTaç, dice eufemisticamente <ppovoi3vTac o6t«; 6; 
Tcpéwet 8oO>.otç (rcéyetv (= siknU'o celàre, reticere) : lodevole riserbo, y*^ 
8e(j7c<5Tai<; al<ïxp<5v (mi sia lecito adattare al mio scopo un note fram- 
mento délia Fedra di Sofocle) 8oO).ou; dx^Yeiv. E quando altrove ci 
dice Euripide (Fr. 376) che un buon serve deve esser fedele e deve 
irréYetv fà SedicoTwv, mi figuro che nel -rà SeaTcoTwv vadano anche com- 
presi « i difetti dei padroni » ; hoùXtù y^îtp (è Euripide stesso che ce lo 

(1) E violenta è anche la congettura di Enrico MûUer, Kritische Bemei*kungen 
MU EuripideSf fiurg, 1876, p. 8 sq., çpovoûvToi; &ç oOx âv icpéicot xri. 



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VITELLI. — AD EURIPIDE E SOFOCLE. 



99 



dice, fr. 315) ol6v 'tà'krfir^ ^éy^tv, cl Ss^dTawt ji-Vj icpéicovTot Tuy- 
XhoK. Del resto tutti ci rammentiamo senza dubbio dell* affezionato 
Pedagogo nella Medea, il quale, avendo adoperato a proposito délia 
sua padrona TescIamazioDe ^ (lûpoc, si affretta ad aggiungere el 
ksKàxoL^ clicetv i6^z. Che poi la correzione proposta sia paleograficà- 
mente delle più probabili, nessuno vorrà negarlo : SoO).ou; (r:t(tii 
direnne per solito errore Soû^oiç Téyew, e quindi fu corretto xiyetv in 
Ufiiv. Cosi per Iph. Aul. 872 liuxéXumi vOv tcoô' t^ji-Îv oÔ(rciva<; Xéyet; 
Idpu^ propose con molta probabilitàdxiyeK; F. G. Schmidt {Anal. 
SopkocL et Euripidea p. 72 sqq.), e anche per Soph. OR. 294 àW tl ti 
idv 5e{jMix6ç y' i)(t\, jiipo; mi sembra che a ragione G. Gurtius (ZeiUchr. 
ftr die oest. Gymn. 1851 p. 800) raccomandasse la congettura dello 
Schneîdewin 8tC|tatTo; ^rréyci (cod. Med. pr. 8eCjiaT<5<rc' if^^et), quantunque 
io la Tegga oggi negletta dal Dindorf, dal Nauck, dal Wecklein. 

Ammesso dunque che la blandissima correzione Sot^Xoiç <rcéyetv dia 
quel senso che il contesto richiede, quale ragione vi sarebbe per 
cpndannare col Brunck Tintero verso ?L*euritmia del dialogo! Ma per 
questo $olo motivo nè Hirzel, si foret in terris, ricorrerebbe, nè Bar- 
thold, nè sperabilmente altri vorranno ricorrere ai rimedii estremi 
délia critica. 

n frammento délia Fedra di Sofocle, a cui accennavo poco fa, è il 
seguente (614 Nk., 609 Dind.) : 

fftiyyvwTC xàvdcï^eoOc (Jtyûdat • yàp 

yuvaiÇlv al<J5y>dv èv («. /. <juv) yuvaixl Set {v, L sic) oréyctv. 

Nauck(l)havisto cheyuvaucldeve essereyuvatxa edha quindi abban- 
donata la volgata correzione del Grozio âv yuvai^l; ma è lecito dubitare 
della sua resUtuzione c5 yuvoîxa, e più ancora del «ruyyuvatxa proposto 
recentemenie da P. Schroeder {Jahrlmcher f. PhiloL 1880, p. 408). 
Sappongo che Sofocle scrivesse : al(jxp6v ^p^ yuvaîx' àel (jTlytw, e 
che per un errore frequentissimo (e qui tanto più perdonabile, per- 
cbèfu facile sostituirementalmenterespressione quasi équivalente yu« 
W «pl»u) a suo XPHrVHAlKACI diventasse XPHrVNAlKI A€l 
iielI*archetipo dei nostri mss. di Stobeo. Si corresse allora da alcuni 
K ywaixl da altri <ri>v yuvaixl 8tî. 

Da Sofocle mi sia pennesso tornare ancora airippolito Euripideo. 
Tutti riconoscon grave corruzione nel v. 441 di questa tragedia, nes- 
suno è contente delle emendazioni finora proposte. L'accorta nutrice 
di Pedra vuol dimostrare che Tessere innamorati non è una suf&ciènte 
ragioiie per voler morire : 

(I) De Trag, graecorum fragmentis observationee cHticae, p. â6. 




m 



MÉLANGES GRAUX. 



440 xàîcetT' {p(i>To; etvexa ^J^u^^Vjv dXttç ; 

oOx àpa y' oO Set Totç ipûai tûv icé^aç 
^aot Tt [*.AXou5\ il ôaveiv aÔToùç XP****'^* 



Non ignoro che, anche emendato questo luogo, rimangono gravi 
difflcoltà nei versi precedenti e nei seguenli ; io sono anzi di opinione 
che si debba ordinare Fintero brano nei modo seguente : w. 435 sq. 
439-442. 437 (tout' Apa icepurdôv xt>..) -438. 444 sqq., espungendo cosi 
il verso 443, certamente Euripideo anche esso, ma di altra tragedia 
(del primo Ippolito?), e già in epoca molto antica passato per errore 
da annotazioni marginali nei testo. Sia perô quel che si voglia di 
questa opinione^ che cercherô di esporre convenientemente altrove, 
sembra ad ogni modo che il senso dei w. 439-42 debba essere : «Tu 
sei innamorata. Ebbene che meraviglia è questa? Sei forse la sola? 
E vuoi morire perché innamorata? Bel frutto si ricaverebbe dall' 
amore, se tutti gli innamorati dovessero darsi la mortel » Invece, 
pensa la nutrice, tanti s* innamorarono e s'innamoreranno senza 
darsi per questo la morte, e tutti crederono e crederanno che ben 
altrimenti dolce sia il frutto deir amore. Ora per ciô che riguarda 
il V. 441 troviamo nei mss. oQt' àpa oppure oôx àpa (o3 Tàpa è del 
Monk), e negli scolii : toOto èx toO xa8o>.ixa)Tépou, 5vt<o; oô >.ufftTe>.8t, oô 
(jujtçpépei, çTiaC, toi; tûv icT.YjaCov Ipwai, xal 6aoi \kiXko\jav^ èpav, el 
Xpeàv XT^., e inoltre : ^tdcei tô ip5v. 6 8è ^(Syoç, oÔTe toi; vOv ipûatv, oikt 
Toî; [té>.>.ouaiv ipdtv ^udtTe^sî tô ipàv, eïiccp xt^. Che questi scolii presup- 
pongano Toôt' àpa (o meglio oô Tàpa) Xùti del Valckenaer, non credo 
neppure io che si possa affermare con sicurezza ; e giustamente 
osservô il Matthiae che lo stesso oO SeX potè essere spiegato con oô \\)' 
(jtTe>.eî, oO <ju[i.^ép£i, etc. Cosi per Eur. Suppl. 450 xTa^ai 8à ic>.outov xal 
pCov t( 8et Tixvoi; — ; Androm. 765 tC y^P ^«'^ (i) Ssdôv 5vt' cô(Jci)[taT£iv ; 
Iph. Aul. 1035 tC 881 icovetv; (cfr. Soph. OR. 896 tC 8et \u euodxoEÎv; 
Wecklein) — , se avessimo scolii troveremmo probabilmente spiegato 
ilTC8u; con tC WiTcXet; o più probabilmente ancora con oO Xu<ïit6)xî. 
E per accorgersi che in Eur. Frgm. 211 tC 8ei xcLlr^i; yuvaottfç, el xt).. 
il senso è tC >.uGiTe^eî xa^tj -/tjvy^ xt>.. , non credo ci sia neppur bi- 
sogno di tenere a confronto Frgm. 552 t( ttîç eô[top<pCac ^^e^oc, irrav ti; 

A dir benenon è dunque il verbo 8et la dîfficoltà principale del lao- 
go : sono invece le parole Tfa>v icé^a; quelle che non dànno senso ragio- 

(1) E ufâcio di scoliasta assunse per questo luogo il Brunck, proponendo t( 
Xvti : congettura rîpetuta recentemente dair HeioiKoeth (Krit, Stud. p. 163). Dindorf, 
che nella 5*. edizione dei Poetae Scenici cita invece xi yoip xp^ corne congettura di 
Heimsoeth, ha probabilmente guardato molto in fretta quella pagina 163, che ho 
or ora indicata. 



ê 




VITELLL — AD EURIPIDE E SOFOCLE. 



iOl 



nevole. Hariung eNauck hanno egregiamente osservato che in un con- 
teste siffatto non c'è posto per un sentimento cosi innocente come è 
Famore del prossimo; e che interpretare , come alcuni interpretano, 
ff quelli che presentemente amano altriy> è far violenza aile parole 6 far 
torto ad Euripide. forse ipav senza il tûv içé).aç vorrebbe dire « inna- 
morarsi di së stessi » ? 

Ma è anche vero che la emendazione deir Hartung : 



introducono anche esse un pensiero che, come notô già il Weil, non 
ha connessione con ciô che précède e con ciô che segue. Ë con di- 
ritto anche maggiore rifiuteremo tutte le altre innumerevoli congettu- 
re, da quella dello Scaligero in poi, che, felici o infelici nel resto, non 
risol?ono la difficoltà deir èpcîai tcov TziXaç (1). Ora è per causa appunto 
di queste parole che non pochi critici vogliono in un modo o neir altro 
eliminare VSaoi te itél^oua', che cosi com' è non potrebbe esser ge- 
nuino; ma io stento d'altra parte acredere che nessuno abbia finora 
pensato a correggere invece il tôv «Aa;, che pure è la vera pietra 
dello scandalo. Gome mai nessuno avrebbe osservato che nei versi 
segaenti (451 sqq.) la nutrice fa persino una dotta escursione nel 
campo della jnitologia e rappresenta a Fedra gli esempii di Zeus e di 
Semele, di Eos e di Kephalos? La parola irAa; non è che i*'/ (= ità- 
Aot) corrotto in e V errore porté con sè la correzione di toTç in twv. 
Questo resultato mi sembra sicuro, checchè si pensi della emendazio- 
- ne deir intero verso. Dell' àpa y* dei codici è ben difficile contentarsi, 
e si potrebbe forse accettare il XOei del Valckenaeï* : 



(i) Wecklein propose dapprima (Ars Soph, em, p. 189) âv oOSeU toi; ép. 

tfirv «ûx vooov l{iaXot9a(v, tl xtX., unendo, a quanto credo, oOStic t«^v icéXac; e pro- 
pose ora (Jahràûcher fur Phil. 1880, p. 384) ou Tdcpa Xuti rot; i^îùvt xûv niXaç v6aov 
paXétwn, cl xxX. Weil congetturô nel 1867 tout* ipà y\ o5 dtî toÎç ipcôat tûv icsXa;; 

x€ p.ùXovc\ ^ Oavccv xaÙToO; XP^^ * Perô ha ritirata ora la sua congettura, 
ettendoti persuaso che il genitivo tcôv néXa; nel iesto genuino si riferisse a quel 
gmppo di parole che si nasconde sotto la lezione corrotta 6<rot ts (i,t>Xoua*, giacchè 
egli dasidererebbe il senso : « n n*y a donc point d*avantage pour les amants 
à être pajés de retour (ou bien, à tâcher de fléchir Tobjet de leur passion), s^ils 
sont obligés de mourir. » 



e qaella del Nauck : 



Tcoy Tipa tcoO Set toi; Ipwdi twv itCka^ 



oS Tàpa toi; èpw^t toT; icdD.ai 




102 



MÉLANGES GRAUX. 



Poichè nessuno, mi fîguro, potrebbe trovar difetto nel présent 
\6t\. : passato e futuro uniti rappresentano tutto il tempo compreso 
il présente, e dei luoghi citati da Schneidewin-Nauck a Soph*. Ai. 34 sq. 
icdvTot yàp t' o5v icdpoç Td t' elç iTceiTot ofj xu6epv(5p.at j^epC, piacemi 
trascrivere soltanto Antig. 64 (v. la nota a q. 1. e ad El. 676) t<S 
liceiToi xal TÔ (ii>.>.ov xal tô icplv èitixpaxet v6|i.oç 6^8e. 

Altri ad ogni modo potrebbe preferire : 



Cosl, anche se si volesse scrivere icoîJ "Set (28ti), a?remmo il van- 
taggio di non mutare quasi nulla nella lezione tradizionale (OYTA- 
PArOYACI in OYTAPAPOYACl), di collegare più stretUmente 
per mezzo del relativo o5 {$ciL IpwTo;) le due proposizioni interrogative 
(cfr. Kiihner, 2 p. 938 sqq.)f e flnalmente di guadagnare una costru- 
zione (8et tiv( tivo;) non affatto ignota ad Euripide, e frequentissima 
del resto in tutto TAtticismo. Ma, ripeto, di sicuro non vedo che il 
toi; icd).ai. 



Firenze, Febbraio 1882. 



P. S. A proposito del v. 115 deir Ippolito vedo che già Heimsoeth, 
Index SchoL aestiv, Bonnens, 1873, p. v, a?e?a negata per questo luogo 
ogni importanza alla simmetria numerica (w. 108-113 = 114-120 eli- 
minando 115); ma citandolo non intendo sottoscrivere a tutte le sue 
ossenrazioni analoghe, nelle quali si ri?ela almeno tanta esagera- 
zione quanta in alcune delle ipotesi che egli combatte. Gosi cite an- 
che la correzione da lui stesso proposta {Ind, SchoL aestiv, B<mnA%1\, 
p. VII sq.) : çpovouvTaç wS' <î)<; oO icpiitci SoùXoiç \i^tK>i — , ma non trovo 
motivo per pentirmi délia mia. — In un' altra pubblicazione accade- 
mica. De ratione quae interced. inter Aeschyli SchoL Medicea, etc, Bonn 
1868, p. 3, Heimsoeth vuol dimostrare che nel v. 441 délia stessa tra- 
gedia la glossa ou >.u<jiTe>.£i presuppone stcuramente il 'kùti, del Valcke- 
naer : anche in questo egli non mi ha convinto. 



xà^eiT* IpwToç etvexa '^^uxi^v d^et; ; 
oSxapaicou 8eî toi; èpûai toi; icd^ai, 
^aoiTC ji.é^).oua\ el 6xvîiv auTou; XP**»*^ î 



G. VITELLI. 



G. V. 




NOTE 



SUR LA TRAGÉDIE DE LIVIUS ANDRONICUS 



INTITULÉE 



EQUOS TROIANUS 



Nonius au mot Opttula, p. 475, nous apprend que Livius Andronicus 
avait composé une tragédie sous ce titre « Equos Troianus » et il cite 
quelques mots de cette tragédie : 



Tel est, du moins, le texte donné par M. Ribbeck dans ses Tragicot*um 
romanorum fragmenta (2« édition, p. 3) et qu'il reproduit sans change- 
ment dans son histoire de la tragédie romaine [Die rômische Tragôdie im 
Zeitalter der fiepublik^^.^S), Je ne dois pas dissimuler que le texte de 
M. Ribbeck n*est pas universellement adopté (1); mais, de quelque 

(1) M. Quicherat tient ponHge pour très suspect; mais on peut dire qu*il a signalé 
le mal, plutôt qu*îl n*a trouvé le remède. Je dois à M. L. Havet la communication 
raÎTante : « Livius Andronicus, Equus Troianus, cité par Nonius au mot opitulap, 475 : 

• da miAi hasce opes quas peto, quas precor; corrige, opitula. Ce texte se partage 
« de lui-même en six parties, dont les quatre premières sont des crétiques et la 
« siiième un péon quatrième, équivalent du crétique ; la cinquième est un mot évi- 
« demment corrompu. Comme dans le rhythme crétique les pieds finissent d*ordi- 
« naire avec les mots, il faut partir de ce point que notre fragment appartient sans 
« aucun doute à ce rhythme. Il appartient d^aiUeurs à un^pe acatalecte, c*est-à-dire 
« vraisemblablement au plus ordinaire, le tétramètre acatalecte. — En général on 
« doit supposer qu*une citation commence avec un vers : si cela est, le premier vers 
« finit avec quas precor, c*est-à-dire là justement oii le sens indique une coupure. — 
« Reste une difticulté : mihi devant s*élider devant hasce, le premier pied est incom- 
« plH; il faudrait, pour empêcher Télision, insérer tu par exemple. Or ce tu n*a 

• point été omis purement et simplement par les copistes. On lit en effet après opitula 
« le lemme suivant : « Fite imperatiuo modo. Cato de praeda militum diuidenda : 

• tu (eu dans le ms. de Paris) dites fite. » Evidemment, par suite d*une correction 
« m&l exécutée, tu 2l été déplacé, et nous devons à la fois le retrancher de la prose 

• de Caton et rajouter au vers d*Andronicus. — Corrige est généralement luporrîge-. 



Da mihi hasce opes, 
Quas peto, quas precor : 
Porrige, opitula! 




m 



MÉLANGES GRAUX. 



façon qu'on dispose les mots cités par Nonius, le sens général du 
fragment reste le môme. 

Aussi, je ne vois aucune raison pour ne pas accepter la conjecture 
que présente M. Ribbeck. D'après lui, les mots cités par Nonius, et qui 
appartenaient certainement à un canticum, proviennent du rôle de 
Cassandre. Au moment où les Troyens, abusés par les mensonges de 
Sinon, vont introduire le cheval de bois dans la ville, la fille de Priam 
se tourne vers Apollon et le prie, le conjure de lui donner la force de 
persuader ses malheureux compatriotes. Elle voudrait les avertir du 
danger qui les menace, leur démontrer qu'ils courent d'eux-mêmes à 
leur perte, et elle demande au dieu de communiquer à ses paroles 
l'autorité qui lui a toujours fait défaut jusqu'ici, pour faire passer dans 
leurs esprits la conviction qui l'anime. On pourrait, sans doute, pro- 
poser d'autres hypothèses ; mais celle que je viens de citer est très 
ingénieuse et très vraisemblable, et elle me paraît pouvoir èlre 
adoptée. 

Si je reviens sur la question, c'est pour la reprendre au point où l'a 
laissée M. Ribbeck, et essayer d'élucider une difficulté qu'il a négli- 
gée. A quel poète grec Andronicus avaiUl emprunté son Equos Trota- 
nus? Quelle est la pièce qu'il avait ou imitée ou traduite? Sur ce point, 
M. Ribbeck indique rapidement son opinion, sans insister, comme s'il 
s'agissait d'un détail trop peu important (1). Il commence par remar- 
quer que nous ne connaissons aucune tragédie grecque qui porte ce 
titre : le Cheval de Troie^ bien que certainement cette légende, comme 
les divers incidents qui ont accompagné ou suivi la prise de la ville, 
ait été à plusieurs reprises mise en œuvre par les poètes dramatiques. 
Il rappelle ensuite que Sophocle avait composé un Sinon et un Lao- 
coon et, sans se prononcer nettement, il incline à voir dans la pre- 
mière de ces deux pièces l'original de la pièce latine. Tout au moins, 
Andronicus, dans son Equos Troianus, aurait porté sur la scène les 
mêmes événements et les mêmes personnages que Sophocle dans son 
Sinon. A l'appui de cette opinion, M. Ribbeck cite un fragment du 

« mais le oonsentoment universel (M. Quicherat, à juste titre, trouve portige très 

tt suspect) ne fait pas qu'une conjecture absurde devienne bonne. Ou il faut chercher 

« autre chose, ou il faut supposer que corrige est une indication qui s'adresse au 

« copiste (comme le require qu'on trouve assez souvent en marçe des mss.). Le voi- 

« sinage des impératifs da et opitufa aura fait prendre celui-ci pour une partie du 

« texte de Livius. C'est à cette hypothèse que je m'arrête^ jusqu'à ce que je con- 

« naisse une forme qui convienne pour le sens, qui ne s'écarte pas trop de corrige, 
a et qui fasse un crétique. 



Da mihi tu hasce opes quas peto, quas precor ; 
Opitula... » 



(1) Die rômisc/ie Tragôdie, p. 26-28. 




LALLIER. — L'EQUOS TROIANUS D»ANDRONICUS. 105 



Simm (fr. 499, éd. Nauck), avec la glose d'Hésychius (1). 11 y voit une 
raison de supposer que Gassandre, dans un accès de délire prophé- 
tique, avertissait les Troyens du péril auquel ils s*exposaient. Ainsi, 
elle aurait eu chez Sophocle un rôle analogue à celui qui lui aurait 
été attribué dans la pièce d'Andronicus, et ce rapprochement serait 
de nature à nous faire croire que la tragédie latine est une imitation 
do Sinon . 

Si considérable que soit Tautorité de M. Ribbeck, il me semble que 
celte hypothèse n*est pas acceptable, au moins sous cette forme. En 
admettant que Livius Andronicus ait imité Sophocle, il ne Ta pas 
imité directement. Tout en reconnaissant qu*il serait imprudent de se 
prononcer trop nettement en pareille matière, quand les textes sont 
insignifiants et font à peu près défaut, je voudrais exposer les raisons 
qui m'engagent à me séparer sur ce point de M. Ribbeck. 

Tout d'abord, si le poète latin n'a fait que traduire le Sinon, pour- 
quoi n'aurait-il pas conservé le titre de la pièce grecque? Sa traduc- 
tion de i'Ajax est bien intitulée At'ax Mastigophorus ; on ne voit pas 
pour quelle raison il se serait départi de la règle qu'il a suivie pour ses 
autres ouvrages. De plus, ce titre : le Cheval de Troie , plus général et 
plus conopréhensif, semble désigner qu'Andronicus ne s'était pas atta- 
ché à un épisode unique^ mais qu'il avait traité le sujet dans son en- 
semble. Nous éprouvons, il est vrai, une grande difficulté, quand nous 
voulons essayer de nous faire une idée de la tragédie d'Andronicus. 
Non seulement le fragment que nous en avons conservé ne nous 
fournit, à peu près, aucun renseignement, mais la pièce de notre poète 
adù être effacée dans le souvenir des Romains par cellfr que Nœvius fit 
représenter, quelques années plus tard, sous le même titre. C'est cette 
dernière qui s'est soutenue à la scène, qui a été reprise en 699, lors 
des jeux célébrés pour l'inauguration du théâtre de Pompée; c'est 
dans cette dernière qu'il est arrivé à iEsopus la mésaventure dont 
nous parle Cicéron (2), lorsque la voix lui manqua, au moment oîi il 
commençait à prononcer le serment. Si sciens fallo. D'après Cicéron, 
la tragédie de Nœvius elle-même n'aurait été qu'un prétexte, une oc- 
casion choisie par Pompée pour étaler aux regards des Romains les 
richesses qu'il avait rapportées de ses campagnes en Asie. Elle aurait 
servi de cadre à une exhibition pompeuse d'objets d'art et de vases 
précieux (3,000 cratères), et l'œuvre du poète aurait été opprimée et 
comme accablée par la magnificence du spectacle. A plus forte raison, 
on n'aurait pas été chercher pour une représentation aussi solennelle 
une pièce d'Andronicus, de ce vieil auteur délaissé et oublié, « dont 
les ouvrages ne méritaient pas d'être relus (3) » . 

(l) 'Ev^fiaxTo;' ivOov^wv xal èvOéaxToç. 
2 EpitL ad die, VII. i. 

(3) Cic, Brutus, 4 8, 7 1 : « Lmanse fabulœ, non satis dignœ quso iterum legantur. » 




m 



MÉLANGES GRAUX. 



Nous ignorons si VEqtws Troianus de Naevius était un simple rema- 
niement de VEquos Iroianus de son prédécesseur, ou s'il existait entre 
les deux pièces des différences assez considérables. Peut-être cepen- 
dant est-il permis, dans une certainé mesure, de chercher à conjec- 
turer, d*après la seconde, ce que pouvait être la première. M. Rib- 
beck (1) pense que la tragédie de Nœvius contenait quatre épisodes 
principaux : Sinon amené devant Priam et le trompant par ses men- 
songes; Gassandre prodiguant inutilement aux Troyens ses avertisse- 
ments prophétiques; Ménélas retrouvant Hélène et, après lui avoirfait 
entendre des menaces de mort, finissant par lui pardonner; les Grecs 
se partageant le butin après la prise de la ville et mettant à la voile 
pour retourner dans leur patrie. On ne se trompera guère en suppo- 
sant que la pièce d*Andronicus n*était pas moins chargée d*incidents. 
D'une manière générale, le théâtre latin a toujours aimé les drames 
un peu touffus, remplis et animés par de nombreuses péripéties. La 
simplicité des Grecs était pour lui trop indigente et trop nue. Ni les 
poètes ni les spectateurs ne se plaisent aux longues et délicates ana- 
lyses psychologiques : les premiers n'ont pas l'esprit assez puissant et 
assez souple pour varier et prolonger le développement d'un même 
sentiment ou d'une situation unique; les seconds ne sont pas assez 
instruits et assez patients pour prêter leur attention à des scènes de ce 
genre. Aux uns et aux autres il faut une action plus vive et plus nour- 
rie (2). Il en était encore ainsi au temps de Térence; les contempo- 
rains d'Andronicus devaient avoir au moins les mêmes exigences. Or, 
bien que nous ne puissions rien dire de certain sur le Sinonûe Sophocle, 
nous sommes autorisés à penser que l'intérêt ne se dispersait pas sur 
des incidents trop multipliés. A défaut de preuves positives et directes, 
cette opinion est justifiée par les habitudes mêmes de Sophocle et ses 
procédés ordinaires de composition. 

Nous sommes ainsi amenés à conclure qu*Andronicus ne s'est pas 
borné à traduire le Sinon du poète athénien. Il a pu le mettre à con- 
tribution, mais sa pièce contenait d'autres détails empruntés à une 
autre source. Il y avait là, en un mot, une sorte de eontaminatio. Cette 
contaminatio était-elle l'œuvre même d'Andronicus, ou bien avait-il 
reçu d'un intermédiaire, d'un poète grec dont l'ouvrage ne nous est 

(1) Ouvrage cité ^ p. 50. 

(2) Cest ainsi que, à une époque bien postérieure, Accius, dans son Armorum 
iudiciunty comme si le sujet par lui-même n*était pas assez riche, le complique et 
le complète par des emprunts faits à VÀiax de Sophocle (cf. Ribbeck, ouvr, cité^ 
p. 368 et suiv.). Même dans cette tragédie, tAiox Mastigophorus, oh vraisemblable- 
ment Andronicus se tenait assez près du texte de Sophocle, il y a tout lieu de croire 
quMl y avait également des souvenirs de la pièce d^Astydamas le jeune, Afaç imivô- 
I&evoc. Tout au moins, M. Ribbeck incline à lé supposer {ouvr, cUé^ p. 26], et cette 
conjecture est tout à fait probable. 




LALLIER. — L'EQUOS TROIANUS D'ANDRONICUS. 407 

pas parvenu, sa pièce déjà faite, un Cheval de Troie, oh Tépisode traité 
par Sophocle aurait été combiné avec d'autres incidents? 

La première hypothèse pourrait, à la rigueur, être soutenue. On 
trouverait, sans doute, à lui opposer les vers du prologue de VAn- 
drierme (17-18), où Térence, pour répondre à ses détracteurs, qui lui 
reprochaient d'avoir emprunté les éléments de sa pièce à deux comé- 
dies grecques, invoque les précédents et rappelle que ses prédéces- 
seurs avaient fait comme lui. Il met en avant les noms de Nsevius , de 
Plante, d*Ennius, et ne mentionne pas celui d'Andronicus. Il n'y a pas 
lieu, je crois, de se faire un argument de ce silence ; en tout cas, l'ar- 
gument ne serait pas décisif. D'abord, une énumération poétique n'est 
pas tenue nécessairement d'être complète. Ensuite, on s'explique très 
bien que Térence ait omis le nom d'Andronicus, alors môme que ce- 
lui-ci aurait traité les pièces grecques aussi librement que les autres 
poètes dont les noms sont cités. Ce n'est pas seulement parce que la 
réputation d'Andronicus avait moins d'éclat que celle de ses succes- 
seurs et que, par suite, son exemple aurait eu moins d'autorité; mais 
on sait qa'il était surtout estimé comme poète tragique. On avait pres- 
que oublié qu'il avait composé des comédies, si bien que son nom ne 
figure point sur la liste de Volcacius Sedigitus, où cependant Ennius 
avait obtenu une place, causa antiquitatis. Il suffisait i Térence de se 
mettre sous le patronage des poètes qui avaient cultivé le même genre 
que lui, et il n'avait pas à se réclamer d'Andronicus, dont le rang était 
plutôt marqué parmi les tragiques. 

Quoi qu'il en soit, c'est l'autre opinion qui parait devoir être pré- 
férée. Nous savons, en effet, par l'histoire du théâtre grec, que les suc- 
cesseurs des trois grands tragiques ont souvent repris les sujets déjà 
traités par leurs devanciers, et qu'ils les ont repris pour en varier et 
en compliquer l'intrigue. En particulier, les légendes troyennes ont été 
fréquemment remises à la scène. Mais ces sujets, toujours les mêmes 
au fond, sont rajeunis dans le détail. Le génie grec est à la fois très 
original et très attaché à la tradition ; c'est par un effet naturel de cette 
disposition d'esprit que les poètes reviennent sans cesse aux mêmes 
mythes, qu'ils se renferment dans l'histoire d'un petit nombre de fa- 
milles tragiques (1), bien sûrs, d'ailleurs, d'échapper à la monotonie, 
puisque, en multipliant les incidents ou les personnages, en déplaçant 
l'intérêt, ils donnent une forme nouvelle à ces légendes consacrées 
par le temps. A la condition de respecter les dénoûments traditionnels, 
il est permis de modifier la conduite de l'action et, pourvu que l'on 
arrive au même but, peu importe que l'on suive les chemins les plus 
divers (2). C'est ainsi que s'explique la prédominance, chaque jour 

(1) Abistotb, Poétique, ch. 14: Stà y&p toûto, 8icep icoXai erpT)Tai, oO irept izoXkà 
(9) Aristots, ioc, cit. : Toiiç |&èv oSv icapcOii)|A|iivovc |i,vOov;Xvciv ovx £<rTiv, Xéyta 




MELANGES GRAUX. 



plus grande, que prend la tragédie compliquée, -KzizlvfiLhri, remplie 
d*évënements et de péripéties variées, où la simplicité du mythe pri- 
mitif disparait souvent sous des fictions romanesques. Déjà, chez Eu- 
ripide et quelques-uns de ses contemporains (1), ce changement était 
visible; il s'accuse plus nettemeit chez les tragiques qui viennent en- 
suite. La principale préoccupation du poète est de faire défiler sous les 
yeux des spectateurs un grand nombre d*évënements et de person- 
nages; Tunité de la composition en souffrira, mais il s'en inquiète fort 
peu. Il ne faut pas croire, d'ailleurs, que l'imagination de ces tragiques 
de la décadence ait été inépuisable. Bien souvent ils ne tiraient pas 
de leur propre fonds ce qu'ils ajoutaient aux anciennes légendes; ils 
se contentaient de mélanger et de combiner d'une manière différente 
des épisodes que d'autres avaient déjà inventés et traités avant eux. Il 
n'y avait de véritablement nouveau dans leurs pièces que l'arrange- 
ment des diverses parties, mais chacune de ces parties, considérée 
isolément, était empruntée à des ouvrages antérieurs. M. Ribbeck 
trouve dans un passage d'Aristote (2) la preuve que les poètes grecs, 
devançant les poètes latins, pratiquaient déjà la contaminatio. Dans 
ces conditions, on a peut-être le droit de penser que le Sinon de So- 
phocle aura eu le sort de tant d'autres tragédies (3). Il aura fourni aux 
auteurs d'un temps plus récent des matériaux, qu'ils auront trans- 
portés dans quelque autre tragédie se rattachant au même cycle lé- 
gendaire; ou bien il aura été pour eux comme un cadre, dans lequel 
ils auront fait entrer, plus ou moins adroitement, des épisodes que 
Sophocle avait négligés. A notre connaissance^ trois poètes, Agathon, 
lophon et Nicomaque, avaient représenté sur le théâtre la prise et la 
destruction de Troie, i).Cou ic£p<ji;; d'autres sans doute avaient aussi 
traité le même sujet. Dans quelle mesure les uns et les autres s'étaient- 
ils souvenus du Sinon ou du Laocoon? Se sont-ils bornés à mettre en 
œuvre les documents que leur offrait la Petite Iliade^ ou bien, ce 

oîov xii^^ KXvTat(Lvqo"9potv àicoOavoùaav Oità toû 'Opcdxou xal trjv 'EpiçûXïiv Oicô toû 
!^Xx{taCtt>voç * avTÀv Si cOpCoxciv $eî, xod toi; icotpa8e8o{iivoiç xp^^^*' xoXwç. 

(1) C*e8t ainsi qu*Ion de Chios avait composé une pièce intitulée Meya 8pâ|&a et 
M. Ribbeck {ouvr, cité, p. 4) pense qu*elle devait son nom à la multitude des événe- 
ments dont elle était remplie. 

(2) Poétique, ch. 18 : toIc 8è Xoiicot; Ta ^d6(LCva où (iSXXov tou (j.vOou t) 5)Xt)c Tps- 
Y(t>SCa; iffTtv* Siô 2{i.6oXi(ia f^ou^iv, icpcotou âpÇavroç ^yâOcovoç toû toioutou. KaiTOt xi 
StxfÉpct T) é(jLpôXi{jLa aSetv ^Yjaiv il aXXou elc dcXXo &p(i6TTetv t) iictiaôStov SXov ; 

(3) Le décret de l'orateur Lycurgue ordonnait bien que les pièces des trois gprands 
tragiques ne fussent représentées que d'après des copies officiellement légalisées; 
mais ce décret n'avait d'autorité que dans Athènes, et dans tout le monde grec il n'y 
avait pas une seule ville de quelque importance qui n'eût son théâtre. Si le décret 
de Lycurgue protégeait à Athènes l'intégrité du texte des trois grands tragiques, 
partout ailleurs il était abandonné sans défense aux remaniements et aux interpo- 
lations qu'imposaient le goût du public et les exigences, souvent impérieuses, des 
acteurs. 




LALLIER. — L'EQUOS TROIANUS D'ANDRONICUS. 109 



qui est plus probable, n'ont-ils pas profité du travail de Sophocle, qui 
avait déjà donné une forme dramatique à ces légendes qu*ils reprodui- 
saient après lui? Il serait téméraire de rien affirmer; mais il y a tout 
lieu de croire que c'est à un ouvrage de ce genre qu'Andronicus aura 
eu recours. Si son Cheval de Troie contient des éléments qui pro- 
viennent du Sinon, il en contient d'autres aussi, qui étaient étrangers 
à la pièce primitive. Entre Sophocle et Andronicus, la distance est 
longne; pendant le trajet, la légende se sera grossie, à l'aide d'épi- 
sodes empruntés à d'autres tragédies, et c'est dans cet état, avec ces 
additions et ces complications nouvelles, qu'elle sera parvenue à Tau- 
teur latin. Il n'est pas possible aujourd'hui de désigner la pièce qui 
aura servi d'intermédiaire, mais cette pièce intermédiaire a existé; 
c'est elle qu'Andronicus a traduite, et non le texte même de Sophocle. 

Si obscure que soit la question et si peu importante qu'elle puisse 
paraître, elle intéresse cependant l'histoire de la tragédie romaine. Quels 
sujets d'étude, en effet, cette histoire peut-elle nous ofl'rir, quand 
toutes les pièces de la période républicaine, — la seule pendant la- 
quelle Rome ait eu vraiment une littérature tragique, — sont perdues, 
quand les fragments ne sont pas suffisants pour nous permettre d'ap- 
précier la conduite du dialogue, le développement des caractères et 
les autres qualités littéraires proprement dites? Nous ne pouvons que 
chercher à déterminer, d'une part, comment et dans quelle mesure 
chacun des tragiques a concouru à former et à perfectionner la lan- 
gue et la versification des Latins, et d'autre part comment ils ont en- 
tendu et pratiqué l'imitation de la littérature grecque. En ce qui con- 
cerne ce dernier point , il n'est pas indifférent de savoir si Livius 
Ândronicus a imité directement Sophocle, ou s'il a pris sa pièce dans 
le répertoire des tragiques de la décadence. Eu l'absence de preuves 
positives, le caractère général de la tragédie romaine et tout ce que 
nous savons de la pratique constante des poètes qui la représentent, 
comme des exigences du public auquel elle s'adresse, commandent 
que nous nous arrêtions de préférence à la seconde opinion. 



R; LALLIER. 




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DE CODICIBUS QUIBUS 

IN XENOPHONTIS HIERONE 

RECÈNSENDO UTIMUR 



Xenophontis quae dicuntur scripta minora cum omnino fortunam 
adversam experta sint, librariorum socordia ac neglegentia corrupta , 
maximam tamen traxit labem libellus qui inscribitur Hiero^ merito a 
Gobeio dictus yenustissimus. nam quae sit librorum manu scriptorum 
quibus nunc utimur condicio, facile coUigitur iis locis, quos Athenaeus 
et Siobaeus ex hoc opusculo excerptos suis operibus inseruerunt, per- 
lastratis. qua de re cum Cobetus Nov. Lect. p. 5^7 sqq. luculenterdis- 
pataverit, non meum esse puto rem actam agere, quamquam mihi 
persuasum est eum in scriptura constituenda nimis diligenter Athe- 
naei et Stobaei secutum esse vestigia. qui quin in excerptis illis haud 
paaca pro arbitrio immutarint, in primis verborum ordinem et con- 
stnicUonem^ omiserint multa, alia de suo addiderint^ omnino dubi- 
tare non licet. quam ob rem si codicibus ipsis, quibus is libellus nobis 
iraditns est, posthabitis Athenaeo et Stobaeo ducibus te committas, 
Terendum est, ne ea, quae hi intulerunt, amplectaris, germanas autem 
Xenophontis scripturas reicias. 

Quae cum ita sint, quamvis codices multis vitiis inquinati sint ac 
deformati, tamen certe operae pretium est, ut quae sit eorum condicio, 
quae auctoritas, quae inter singulos intercédât necessitudo, accuratius 
intellegatur. namGailio nuUam omnino fidem haberi posse constat; 
iam manca atque adeo magna ex parte falsa sunt, quae is ex libris eno- 
tavit. ac ne de Parisinis quidem codicibus, quos diligentius contulit 
G. Saappius, certum ferre licet iudicium ex iis, quae Breitenbachius in 
Hieronis editione ex copiis Sauppianis ac Sauppius ipse in adnotatione 
critica brevissima, quam praefationi adiecit, protulerunt. adde quod in 
his etiam graviores aliquot errores deprehenduntur, veluti ut unum 
proponam exemplum, II 4 adnotatum in Parisinis omnibus déesse 
^ovepà post OcôMjOat, cum ne in uno quidem sit omissum. 

Qoattuordecim habeo Hieronis libros diligenter coUatos. de quibus 
dao sont saeculi XII : Yaticanus gr. 1335 f. 220^ (A) et, ut testatur sub* 




112 



M'ÉLANGES GRAUX. 



scriptio in fine adiecta (1), Marcianus 511 f. 274 (N), duo saeculi XIIII : 
Vaticanus gr. 1950 f. 239^ (D) et Ambrosianus B il inf. f. 89^ (L), ceteri 
saeculi XV : Vaticani gr. duo 128 f. 430' (B) et 1334 f. 22' (G), Urbinas 
93 f. 447^ (E), Palatinus gr. 443 f. 127' (P), Parisini quattuor 4642 f. 
416^ (G), 4643 f. 44' (H), 2077 f. 46' (I), 2955 f. 78' (K), Marcianus 
369 (M), denique Vindobonensis ph. gr. 37 f. 9^ (P).codicesVaticanos in 
meum usum bénigne contulit A. Mauius, Parisinos, Ambrosianum, 
Marcianos, Vindobonensem ipse excussi. quintus decimus accedit Li- 
psiensis bybliothecàe senatoriae 9 f . 46' (0) saeculi XIIII, cuius libri 
accuratam collationem cum Breitenbachio communicavit G. Saup- 
pius. 

His igitur libris examinatis res confecta esse videtur, neque omnino 
sperare licet ullum ex libris, qui nondum sunt collati, veluti Vatican© 
gr. 4619 f. 445, Perusino, Caesenate, Monacensi ad scripturam consti- 
tuendam redundaturum esse fructum. qui libri cum omnes saeculo XV 
sint conscripli, exigua vel ut rectius dicam nulla sine dubio eorura 
est fides atque auctoritas. 

Sed ut iam accuratius in singulos codices inquiramus, primum 
duo ex ceterorum numéro eximendi sunt ac reiciendi, D et M. nam 
Vatic. 4950 descriptus est ex Vat. 4335, id quod factum esse constat, 
prius quam in A manus altcrius correcturae illatae sunt. quam rem ut 
comprobem, bas tibi proponam scripturas : I 44 6; âv A, D, 35 ôicoxpC- 
(Jck; AjD, II, 8 xoivwvôv A, D, IIII 40 ô'cov {6ao\j m') D,V 2 toi); <ïXXouç 
Aj Di 4 àv(57c>.ou(; A (v eras.) D, VI 4 àypoî*; ^ olxéTaç Aj D, 3 aÔTOùç A, D, 
XI 45 xéxTïjao A, D, unde iam de tempore, quo correcturas illas A ex- 
pertus est, statuere licet. correctus enim is liber est eadem aetate, qua 
descriptus est ex eo D, a grammatico quodam, qui in scriptura emen- 
danda partim codice alterius generis, quod infra littera Z significavimus 
(cf. VI 9 \aLyydyo\Lty, in mg. m* TUYX<^vo|i.ev, VII 6 in mg. m' icapà), par- 
tira suo iudicio usus esse videtur. ceterum is, qui librum D conscripsit, 
non ubiqitefideliterexemplum suumreddidit, sed in describendo quae- 
dam immutavit, et suam ralionem et codices quosdam, in primis eos, 
qui sunt eiusdera generis, sed classis alterius, quam infra littera X si- 
gnificatam invenies, in ea re secutus. Marcianum 369 autem ex altère 
Marciano descriptum esse iam Morellius {bibl. ms. g7\ et lat, p. 238) 
suspicatus est, cuius sententiam scripturis utriusquè libri collatis pro- 
bandam esse intellexi. 

Qui restant libri in duo dividuntur gênera, altero enim continentur 
A B E G K L N, altero G F H 1 P. quae gênera, ut brevitati consulam 
quam maxime, prius littera <I>, posterius littera Z denotabo. itaque 
bas quaeso conféras quibus ea res confirmatur scripturas : I 7 àitexpC- 
vxTO 4>, àicexpCveTO Z, 40 xal aè Soxai <l>, Soxû xal aè Z, 44 (â;) &v &v om. 

(1) Cf. Zanetti, gr. D, Marci bibL p. 275 et Xen. opp. édita a G. Sauppio I p. XVIin. 




SCHENKL. — CODICES HIERONIS XENOPHONTET. H3 



Z, ^oû).wvT3ti<ï>, PoO>.ovTai Z, 13 û^rre 4>, û^rre xalZ (ol om. 0, xal antc 6tiouv 
Fj, ^7 rapé^siv (tivà) 4», :caf£j^£i Z (Tivà om. F H J P), 28 <ppovou(JÛv 4>, eO- 
çpxivo'jowv Z, €).).e(^(i)ffi <l>, âA>.t7:(i)çi Z, 31 ârtxx).ou|i.évo'j 4>, èm xa).ou ^.eyo- 
jiivo'j Z, IIII 2 diçoYcOcffôai <l>, àiroyeOaaaôai Z, [i-Pj xal iv <ï>, x3lv Iv (om. [a.Tj) 
Z, 5 toio'Ito 4>, ToOxo Z, i0^vop.Cîot <l>, xa).oi Z, VI 5 ^^ay^^àvojjiev <ï>, xoyyâ- 
vopiiv Z, VII 4 posl çépcTe add. icav-ra A (quod temere repetitiim est ex 
eo quod antecedit irivxa; expunxit m*), TaOra Z (in H expunctum), om. 
cet., 6 uîcô 4>, itapà Z, VIII G -fi xKTxa 8* âv 4> (in A âv eras.), •fjxt^a ô* Z, VIIll 
i tl^tv 6 IiuLcavCSt); 4>, 6 Ii{i.(i>vC8iq(; elirev Z, 6 toi; post èv add. Z, om. ^, 
X 4 xal tout' Sv elSeuv 4», xal tC 5tv el8otev (el8etev P) Z. ex libris autem, quos 
liliera Z compleclor, simillimi sunt inter se FH IP; sic ut unum alte- 
rumque proferam exemplum, in bis II 4 deest ^iv, 5 ÔsaaOai an te SoxeiTs 
positum est, V 2 ot post -îi et VI il -Kokb omissa. contra inter G et 
artior quaedam intercedit necessiiudo, id quod ex bis, in quibus con- 
sentiunt illi, scripturis intellegas : IIII 9 Tà icapaii).ir^<jia, VII 6 oîJtw G 
^subscriptum tc) (in mg. oute), VIII 3 lnatvov et 4 toO omissa, XI 42 

Prions autem generis codicum duae statuendae sunt classes, etenim 
proprium sibi vindicat locum A, ceteri^ quos littera X significavi, ex 
libre, qui erat siraillimus buius codicis, profetti sunt. quo minus au- 
tem eos ex ipso A fluxisse statuas, ut taceam de scripturis diversis, 
quas librariis tribuendas esse aliquis coniciat, id obstare videtur, 
quod m 7 in X et Z Sk^^ou legitur, omissum in A, cui ne fidem babeas, 
Stobaei, qui Sti^cou tuetur, prohibet auctoritas. ceterum ex codicibus, 
qui huius classis sunt, ad A proxime accedit N, a quo distant aliquan- 
tum G et L, qui inter N G et B E K médium quodam modo locum ob- 
tinet, roagis etiam B E K, artissimo inter se coniuncti vinculo. quae res 
ut facile cognoscatur, iam quasdam ex bis libris proferam scripturas : 
I 5 ^Ti post ôoxû jioi add. B E K (D) et L (in quo Sx\. eras.), 8 nolb ^tita 
B E K et L, in quo litteris ^ et a superscriptis ordinem horum verbo- 
rum invertendum esse significatur, II 9 ye om. B E K, 18 tô antc irp(5<j08v 
om. B E K, m 8 aOTo{>; om. X, IIII 1 icoCa 8' fiv àvSpl B E K et L (in quo 
XV eras.), 5 tôv ante xùpawov om. X, yi ante toO om. L N (D), é<jTa<jiv X, 
V 3 SyvaTWTépoy; B E K et G (qui in mg. habet SeivoTipou;) et L (qui et 
ipse m* superscriptum praebet SeivoTépouç), VI 5 pLaA>.ov jièv X, X 6 
xpoi^96ai B E K (icpoaiOéoOai cet., quod in mg. libri B litteris yp» adie- 
ctis legitur). plura possum addere, sed et bas puto ad eam rem com- 
probandam sufficere scripturas. 

Quae si recte disputavimus, iam haec crunt statuenda. descripti 
sunt codices omnes ex uno, non ita anliquo excmplari, quod multis 
Tîtiis inquinatura erat. cuius exemplaris maxime accuratam nobis 
praebet imagiuem A, de quo mox uberius disputandum erit. paulo cor- 
rectiora, sed bic illic magis adeo depravata scriptoris verba exhibentur 
in X et Z. atque ex scripturis emendatis quaedam fortasse fluxerunt 

MÉLANGB8 ORAUX. S 



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il4 



MÉLANGES GRAUX. 



ex communi omnium librorum archetypo, plurimae vero sine dubio 
debenturlibrariis vel grammaticis, qui in describendo et legendo men- 
das corrigere et vulncribus mederi conati sunt. qua in re leviora quae- 
dam emendarunt vitia, graviora, ut fieri solet, plerumque intacta 
reliquerunl, nonnulla etiam pro arbitrio immutarunt. 

Itaque a Yaticano A in scriptura constituenda proficiscendum esse 
patet. num enim alteri librorum generi (Z) quicquam tribuendum sit, 
equidem quam maxime dubito. etenim quod in eo legitur VI 9 vj^i^o- 
118V aperte falsum est (cf. Gobet. N, L. 559 et Cyr. III i , 24, ubi Tuy^aveiv 
in G s. V. r. legitur); née maiorem fidem habet IIII 5 toGto, quo loco 
cum in A tegatur toioOtov (v eras.), scribendum esse videtur toioOt^v 
Ti (cf. Gobet. N, L, 557). neque vero ulla ex Stobaeo accedit scripturae 
TouTo auctoritas, cum in Vindobonensi ph. gr. LXVIÏ et Paris. A verba 
Tûv Toto'jTo icottjadlvTwv omissa siat. atque eodem modo IIII 2 àiroY£u£<ï6ai, 
quod a Stobaeo confirmatur, plus habet quo commendetur quam quae 
est in Z scriptura àTroyeu^xiOxi. unde iam non pluris aestimandum esse 
videtur illud xa).oi IIII 10, quamquam speciosum et propterea Frot- 
schero, L. Dindorûo, Gobeto probatum, et praeferendum quod est in A 
ceterisque eiusgeneris libris voaCÇoi. neque quod plaçait DindorfioVII 
6 icapà recipiendum est,tam maior sit scripturae in AX ôtcô auctoritas. 
librariorum igitur vel grammaticorum haec sunt commenta, quae 
luce dubia vigent, sicubi vero sol adfulsit, statim evanescunt. 

Sed iam ut facilius intellegatur, quae sit codicis A condicio, quibus 
in vitiis omnes libri consentiant, quae scripturae ex aliqua certe parte 
memorabiles singulis in codicibus inveniantur, scripturae delectum 
proponam ita, ut in ea re editionis Teubnerianae a Dindorflo curatae 
rationem habeam. utar autem in librorum generibus vel singulis co- 
dicibus denotandis iisdem quae supra commemoravi siglis; omnium 
codicum consensum littera ï signiflcabo. 

SsvoçûvTo; fTQTopo; Upwv \ T'jpawixd; A (ft^Tdpoç om. B G LZ, nulla in- 
scriptio in E). I 1 8t?) om. B E K Stob. 2 te post Tupawwcô; om. D Stob. — 
6 om. GDG I KOP et L (in quo xal mj, xaU m*) et Stob. 3 oGwç AZ. 
4 eîirev A. 5 ôoxouagv -JjSefJÔai ôtè V au ).uir£va6ai T. — xal xoirîi I, xal N, 
xoi^/ti xal cet., xal om. Stob. (xal eiciendum esse adparet, a quodam 
olim s. V. adscriptum). 7 post ô'irax; om. ï. — st ti (in v. ult.; post -K 
add.) N mg. Steph. Vill., ^ ti Stob. 8 tco^O [j-eCw BE K et L (f a super- 
scriptis) Stob. 9 oOtw; A. — T. — icàvTa; Aj G H P. Ji w; 5v A,. — 
à^toOEw-rata Aj G F 0, àÇioOsaTwTaTa H I P, à^ioOsaTOTata cet. — Soxet sîvai 
ï. 42 xpsCçfjove; ï (xpsCfjaou; G). — étjiia -ce A (te m^) GLN. 13 Ai' BF, Ai* 
cet. 14 t6 jjièv Aj. — 6^<îa èàv ... ô'<ïa âàv T. 15 eÏîcev A. — -îtiv-rc; T. 16 
<î)ç où r. 17 idÔCeiv xal irCvE'.v E F H (in quo xal ante èdôCsiv om.) I stob. 18 
-jrapz^TXEuactjLlva H (in mg. ai) cet. — oOÔè [iCav EH. — oi àvôpwirot F. 19 
6a<j(30v r. — XP^''*:^ âSwSïi; T. — |jLetovsxm; A (m* pLeiovexTEi 6) cet. — 
H (in mg. ':co).>.a7u).a(jia). 21 àY^uxé<yTepov ï. — 8<5Çeiev A. 22 ToOTO^ 




SCUENKL. 



— CODICES HIERONIS XENOPHONTEI. 



115 



H. — Tot; àvOponcoK; B G. — 23 «51 G et K (s. v.) Stob., om. cet. Tpucpf,; 
r, Tpo<pti; Stob. Vind., om. Par. A. 24 tc Y, — toûtwv d(j|w5v F Slob. 24 
àyjx^l^tù^ L (t m*) DE Stob. Par. A, àx*P^^<^^ cet. Stob. Vind. 25 
xldtjttvoçN Stob. 27 u) 8è A (8è eras.) 0, 4> G Stob., quod recipiendum, 
w cet. 28 itVî B F, |a.io ji-èv K, [lèv C ([n?i in mg. m*) cet. — icapay^veTai T. 

— al 8* (ora. Twv) Y. 29 |àv om. Y. 30 6 ante Ipw; om. Y. 33 -fi^aoy Y. 
33 i^açpo^iTWTaTxt A, B H L N. — al ante ifpiSe; add. A, G F 0. 38 yàp «0- 
TO'j; Y. — aÙTO'j; A|. II 1 8è Z, Ojn. cet. 2 it«pi<Jcà Y. 4 <pavepà post àveittu- 
Ypiva add. Y. — xaxoSaijiovav A, N et G (et s. v.), in L xal tô xaxo m* 
add. in ras. et a in tX mutavit. 8 Sv |i.èv G et H (in mg. jm?!). — xoivwvôv 
Aj. 9 •fi^'jy':^ et à<p£xovTai A,. 10 xpe(<j<Jov8; Y. — -îjadove; Y. — 8oxoO<Jiv Y. 
il Ozp<n^,9tu Z. 12 <yi>v (4 om.) irat; Y. 13 ic<5Ae[ioi A, L„ ito>.éjiioi cet. 14 ol 
^TJvtfvTE; Y. ITdÇciAEG, àpÇciBK. — SùvaTatA,. 18Toior3Ta)vAi. III 1 S' au 
cm. F H 1 P, Si (om. a5) G. — 6U xoivwvoOdtv Y. 2 £auTou Y. 3 xal ante 
■fJdtTTov GK, om. cet. — vY|iroivl Z, vtqicoivi?j n, VTJICOlvà K, vTjicotval BE , 
•/Ti^Lvcl cet. 4 8ox£t Aj. — aOtat; A (in mg. m* aOxoî;) Z. 3 àyaôà Y. 7 St^ 
«ou cm. A. 8 i:c2XTOvifjx<5Ta; Y. — TtoXkùy GO. 9 |X(£Xi<jTa <pi>.£i(j6ai Y. — 
yji-fiV (xptîv) Y. — IIII 2 oOte a b E G K P. — gitCoi; xpaTC^rot; Y. — àicoyeO- 
toOati AX, àicoysO^aoOai Z. 5 al ic<5).eiç aOToi; Y (mihi cum Richtero aOtoT?, 
quod aliquis ad Tipjpetv s. v. adscripsit, potius quam al ir^Xe^, quo acgre 
careas, eiciendum esse videtur). — tô om. Y. — toioOto A (v post o eras.) 
X, 'TOUTO z. 6 TiYttTai F, -îjyT^Tai vel V^Yrifai cet. — aôxw K, aOtû cet. 7 Tt 
om. Y. — àvpoù; ^ olxéxaç Aj, àypou; 0,. 8 -^ttov F, •^«J^ov cet. 10 ^i^ov 
A L,. — add. EN, post xotStou; G et Lj, om. cet. — xaXoî Z, vo|i.(!;oi 
cet. V 2 ûîceîaCpwvTai Y. 3 Sv om. Y. 4 <rjYX*^P'i F et K (in mg.), duyxwpeT 
cet. VI 2 Tt om. Z. 3 aOxô; N et A E L (in quibus u ante <; eras.), aOxou; 
cet. — 9uXiawvxa< Y. — à<Sic>.ou; G, àv<5ic).ou<; A (v eras.) cet. 5 ^apêdtpotç 
Tt Y. — 9<S6(i>v Tc A (in quo te eras.) Z. 8 ToiauT* H F P. 9 Vifistc xe Y. — 
«Tpxxia Y. — >.aYX^vo|i.ev A (in mg. m' xuyx^^^K-*^) X, xuyj^àvojuv Z. 10 

B F. Il <pu>j£<j^ovx«; Y. 12 5è ÎT,).ci!)(ja; A X. — xoù; 8è A. 13 xoO ante xupdv- 
vou add. B G H K L N P. — iauxoG A G Z. 14 xe ante Ur^ add. A G K L N. 
15 &5W£p Y^P 16 ài:a>.>.a<j(jo[iévou; Y. VII 2 xuYXàvaxJi Aj B 0. 3 aixCot; xc 
T (om. B). — i\t.^\rf^ Y. 4 ôi:o|ilv«iv icdvxa F. — post çlpexe add. A icdtvxa 
(sed m* expunctum), xaOxa Z (in H expunctum). — xtjiadôai A,. — 'ï\ 
om. A,. 6 al post OicoupyCai add. C, om. cet. — ôirô A (in mg. m* icapà) 
X, xapà Z. 7 xpeC^aoai Y. 9 ol àvOpoiTcot F. — icapaj^wpoOai A,. 11 oSxw; AZ. 

— ixaxHxxti H (qui tq s. v.), -xxirj vel -mri cet. — ôWp fiv Y. — xxTr5<n|xai 
A, HI N P, xxr,(jaixai L (iri m'). 12 èv (om. xal) xa^ixr, Y ^in H iv expun- 
ctom; xal eiciendum esse adparet). — ixxeCvwv F. — àvxi^capdo^^oi Y. — 
xrrfxTxvf Y. — VlU 1 ic).Eovexx£t L (ye in ras. m*, m* fortasse xs) N, 
«Itovsxxtîv Y« A (in quo v m' expunctum) K (in quo v eras.) cet. 3 8o- 
«îv A,. — ifop' 6icoxipou Y. 5 %oLkli<ù om. Y; in L post xouxov in v. ult. m* 
adscriplum KA\, in G add. fjSiov, idemque m' in A (s. v.) E (nihili est 
xx^Cm, quod vulgo receperunt ex Reuchlinii edilione, quem, nescio 




116 



MÉLANGES GRAUX. 



quibus argumentis nisi, codicibus meliorîbus usum esse slatuunt;'fiSiov 
autcm quamquam ex mera coniectura profectum et senientiae et ei 
quod sequitur àYaA).(5|i«6a bene convenire videlur). 6 5' âv ala^o; A {h 
eras.) X. — tojtou A, toOto cet. 7 SiairpiwovTg; T. 8 ol ante àvôpwTroi add. 
A m*, L m* s. v., cet. 9 jié>.).oi[iev Y. — <pu>.à<ja«iv Y. — 6dt).aa<jxv AEF. 
iO -njpdtvvou; A ct Lj. — l'jdTtjio; A, (-tC[iou; m*) CO, woxiuLCa; K, wotC- 
jiou; cet. — Tpé(pî<j6at A (in mg. m' Tpétpeiv). VIIII- 3 tôv ante àvàYXïi; om. 
Y. 4 icpocrT£8r,w A (a eras.) 5 xw>.JTtxà Y. — oOxw; A Z Stob. — ît<Spa; A, 
jtoCpaç cet. 6 icpo<jTt86£Y| A (<j eras.) — toi; post h om. AX. — <pi).ovixCatv 
H. — èvT<5v(i); D, 6ÙT($vci>; cet. 7 6p[i.ûvT<J yt A (in mg. m' iro îv) cet, 6p- 
jiwvTo âv (om. y) GN, 6p|iûvT(5 y' 5v L (y' fiv in ras. m*) et (?). — S-ko^ 
Aj. — ôaa<Jov (om. àv) Y. — «pdovtxCa; H. — tt^ictsia^oLi Y. 8 i?i(j<Jov Y. 10 
wivT(i)v Y. — TÔ (ante (Txotcciv) g, toO cet. — £iti|X£).6iaOxi Y. — 11 (poêct H 
(■îi s. V.), <po6yî cet. X 2 oOto); A Z. 5 Oip<jo; Y. — IÔiwtwv Y. — (pu>.ic(ïovTE; 
Y. 6 orpatta Y (rÇ post èv add. A s. V. et G). 7 xà; 8è K (8' om. cet.). XI 
2 içp(5Ttpov A, G. — -fi^ri Y. 3 îcpdTEpov Aj. — Sox-îi; Aj. — 5 el add. A nii, 
el èx m, in ras. L (âx m*). 7 «pod^rriTa; A,. — irpo<y<rraT£uei<; A,. — itacp^/Jiî 
A (tj m* in ras.). — ïtt^i A, l<rri vcl f<rr) cet. 8 ol àvOpwTtoi F. 10 icou Y. — 
Bcwpt^dwv tI h et (ex corr.) et C (in mg. add. yp). * i S' oOx A ELN. 12 
I5(wv post cûv add. Y (ISCwv -rs G). 13 àv add. A, G. — aQSeï Y. — 15 xé- 
XTTQdo A,, xtxTTj'sOïi cct. (G în mg. YP- xêxtY,|i.évo<;). — çOovyiOyJ^ y. Sevo- 
çûvTo; fir^Topo; Upwv -î^ Tupavvixd; A ct Scvo^pûvTo; om. G L. Divae Piorae K. 

His igitur codicibus collatis simul de editionibus veteribus ac de 
variis lectionibus a Victorio, Stephano, Villoisonio prolatis iudicium 
ferri potest. fluxerunt autem editiones illac ex codice tali, quales sunt 
B E K (cf. ut unum alterumve proponam excmplum II 3 oOSèv (om. ti) 
BEGKN, XI [i.iMiTx BEK). Reuchlinius in editione sua adornanda 
librum cius generis quod littera Z significavi adhibuit, id quod, ne 
plura adferam, ex eo intellegitur, quod VII 4 post çlpeTs : TaOTa inse- 
ruit. num autem quod VIII 5 restituit xi>.>.iov litteris KA\, quae in L post 
toOtov in versu ultimo manu altéra adiectae leguntur, innitatur, pror- 
sus incertum est. ceterum quin meliores in bac editione scripturae ex 
coniectura profcctae sint, equidem nihil dubito. ex lectionibus a Vi- 
ctorio commemoralis memorabilis est XI 15 xéxnrjao, unde colligi potest 
eum aut libro A aut eius apographo D usum esse. H. Stephanus, qui 
se libros Marcianos examinasse ipse compluribus locis testatur, quae 
in margino cditionis suae adscripsit, plerumque ex N deprompsit, ve- 
luti I 7 et Tt, II 4 xaxo8attjLovav, III 3 vYjiroivTi, IIII 5 àvjéTrpxTTTai (in L f 
add. m'), 10 olxTetpxi (olxTeCpet L, , olxTeCpxt Lj, olxTttpat G) ; quod praeterea 
hoc loco commemoravit olxteCpEt; (om. ti;), legitur in D; in E est oIxteC- 
pet; (oi m,) Ti;, VIII 10 <pp(5vY)u.x. -îr^.sovsxTeiTe quod coniecit scriptum for- 
tasse fuit ih L manu prima (1) is denique qui in margine exempli 

(1) VI 9 Iwoiotv legitur iii ubi voi in loco vacuo post addilum est; in B omis- 
lum fvix spatio relicto. 




SCHENKL. — CODICES HIERONIS XENOPHONTEL ii7 

Yilloisonii varias lectiones adscripsit, duobus in primis usus est codi- 
cibus, F et H. ac plurima eum hausisse ex F facile inlellegitur bis • 
scripturis, quae sunt in Palatino, collatis : 1 10 Àîa, 17 xal i<76{eiv xal 
irivtiv, 17 TÔ irap' ^juv icapaTt6é|jL€vov (<ju|i«ap. Vill.), II 3 {idtXwrca yàp, IIII 
I ctpl «{<7Tsa>; (quae leguntur quoque in P in mg. adiecta), VI au 
<ioi èpû, VIII 1 TO'jTo, VIIII 6 ifd yo^oU (in F x ex t factnm est), 7 irpoTpt- 
xopiivoiî, 10 iTtuLo;, X 4 PoYiQstv Sicaaiv, 8 ot àvSpwîroi. cum Parîsino H au- 
tem bae conveniunt scripturae ab bomine illo docto commemoratae : 

1 31 [M xtXoO] leyojiivou, 34 fY***Y* ^S^^O'^» H 4 xaxo8ai|iovav, IIIl 2 àiro- 
Ytu<ja<j6ai, 10 xa^ot, VI 5 <p<56a)v ts, VII 6 irapà, VIII 6 -^ixiora 8\ nibil 
igitur quod quidem alicuius sit auctoritalis in bis leclionibus inesse 
palet. 

Restât ut codicisVindobonensis Stobaei scripturas quae discrepant 
aParisinoA adiungam. sunt autem bae: I 2 as om., Tupavvix<5; Tc,Te(ex 
àv) xQtl Xù-KOLi, 3 oî|i»i |idD.t<rra, 4 |iot om., àx9o|i£vou; (à^^ ex corr.), 5 
<7xlipà xal OTpt^à, 6 8è xal, -ïi Tà, 7 wv, 8 |iàv (om. Si*)» f^*^* ^ 
voTŒTwv (ca corr.), iî^Yi^ouv, 10 àiceipot, 11 TÎi;, 12 à[tçl, 13 xal TauTa t( [teta, 
15 xaxû;, tÔt^ tiç, èitatvoOvTa;, Soxetç, 16 touç, twv om., àvSpwirwv, 17 w £t- 
jiwvCSti, 18 jutovtxToG^t, 20 fai;, 23 Tpoç-riç, 24 |i3l>.ov otoi[i.ai (t eras.), ày(a- 
piTwv, ^cSpcaxcù;, 25 oCtw; [névTOt, 26 [i.<5vov, èv yàp touto), 30 -fiStTat, è(pU[tevo;, 
àxokvjOKy Twv ViS(<rcwv à^poSiaCcov, II 2 iv, 4 xti^iiaTa, <pavtpà (scripturae 
quae est in A cpavtpûç nibil tribuendum esse adparet), xal tô £j8at|iov 
-rotç, 11 rjpawtuojtlvou;, III 5 icap', 7 irawl, 8 è9é).oi;, Wpwv, 9 twv an te 
7t^ux6T(ii>v add., oQtw;, y2, xpV|, IIII 1 [nV^v, 2 Siiy^i icwTeiiwv, irpwTOv om., 
4 oîm*;, icpoilrj>.06a«t, v6|tO'., 5 toOto, 7 6 jtèv yàp iStwTTj; àypoO -ÏJ olxfTOu 
tict.6uî«î, 8 tà jtèv, 9 otSv, eU tôt, 5Xt6po;, V 1 xal toO; àXxCjio'j;, Tf|;, VI 6 6 
U TOI (XXXVI t06 ToO aOToO âx toO Upwvo^). VIIII 1 ye aév»'toi (|ioi om.). 

2 èStpya!I<5javov, fdv ... iroioOvta, 8è, 3 ây<î), 4 îrpOTCOrj'Jî.v, icpo<rrlTaxtat, TÔtîièv 
èxiX^piTa, ToO àpxovTOç, xi 8è, iX>.wv, 5 oOto);, 10 6 àyaOdv tt;. qua SCriptu- 
raram enumeratione iam quanto opère bonitàte antecedat Vindobo- 
nensis Parisinum facile edocemur. 

His expositis de locis quibusdam, qui mibi nondum recte constituti 
esse videntur, breviter disputabo. 

1 7 baec leguntur in codicibus : û^e [lixP^ Y* toutou oOx oI8', et twi 8ia- 
çipci 6 rjpawixdc ^Coç toj l8ia>TixoO ^Cou. nulla fldes est babeuda StobàeO) 
qui (S Ti dédit pro tX tivi; neque quicquam ad Stobaei scripturam conllr- 
mandam facit lectio codicis N et ti, praesertim cum ti legatur in versu 
alUmo ac postea +^ adiectum sit. sed cum in iis quibus respondet Si- 
monides legatur : àXV h TowSt 8t«<pépei, vide num fortasse rectius scri- 
batur èv Tivty quod et ad sententiam aptius est et magis convenit iis 
qaae opponit Simonides. 

III absurdum illud h tovç SiàT^iç S^hùi; Oeàaaai inde natum esse vi- 
detur, quod quidam, qui Simonidis verba s. 4 8tà |ièv tûv d^OaT^aaiv 6pi- 
{Mim ante oculos habebat, ad buius loci exemplum ex iis quae antece- 



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1i8 



MÉLANGES GRAUX. 



dunt àicô Tïi; 6^t<a<; emblema illud Sià tïSç ^ttù^ confinxit. atque ab eodem 
• homine, nisi fallor, profcctum est OsxtidtTcuv ëvexoi iam a compluribus 
damnatum, quo tamen egregic confirmatur eum supra èv Totç Oed^taidi 
legtsse. id quod propterea moneo, ne quis Kappeynio, qui ôe(£{ta<7i ei- 
ciendum esse censuit, adsentiatur. sed iam veniamus ad verba ?v6i tà 
à^toSÉaf^TaTa 8oxet eîvat dvOpcuiroi; auvaysCpetai, de quibus multae ac diver- 
sae ab hominibus doctis propositae sunt sententiae. ac plerumque nunc 
probalur Dindorfli coniectura, qui eivav a librario additum esse suspi- 
catus est. sed ut haud facile explices, qui alicui in mentem venerit 
banc voculam addere, ita ea eiecta huius loci sententia mihi pessum- 
dari videtur. non enim haec dicere vult Simonides ex hominum opi- 
nione ibi res, quae speclatu sint dignissimae, confluere, sed res, quae 
hominibus maxime spectandae esse videantur, ibi congregari. undc 
iam patet Leonclavii coniecluram, qui 2v6a â (rectius fortasse Iv9« 
y' &) à. 8. et. à. (juvaysCpstai proposuit, praeferendam esse. 

I 25 recte intellexit Kappeynius xal twv (jCtwv ferri non posse. quo 
modo enim quaeso Hiero post odores a Simonide commémorâtes re- 
currat ad cibos, de quibus in iis quae antecedunt satis superque expo- 
situm est? et quis putet bis verbis apte responderi ad ea, quae de odo- 
ribus dixerat Simonides? sed neque Kappeynii conîectura, qui verbis 
xal Tûv <y(Tci>v eiectis ly(t^ ante fcpri inseruit, habet quo commendetur 
neque id quod suasit Nicolaius, ut verba oGto) (sic enim quod legitur 
xal immutavit) tûv <T(Ta>v ... icpo^av-ç in sectionem 23 post ao^KjjtdTwv 
transferantur. quam ob rem aliam viam ingrcssus tc5v aCt&iv corruptum 
ac ToiouTwv reponendum esse existimo. postquam igitur Hiero vera 
esse, quae de odoribus Simonides dixerat, concessit, haec addit : et 
eius modi rerum cui semper genus omne suppetit, is nihil earum sumit 
cum appetentia; verum cui quid raro contigit, is cum gaudio eo frui- 
iur, si quando obvenerit. quibus verbis iam illam de cibis et odoribus 
disputationem absolvit. 

I 30 ôdTCEp ouv tX Ti; àicsipo; ôv SC-^tj; toO icutv àiro>.aùoi, oîîtù) xal 6 àwtipo; 
ûv fpwTo; àTteip<5; â<rrt twv VjSwtwv àcppoSwCwv. eadem in his est sententia 
quae legitur in Cyi\ V 7, 82 ((î»;) ôi^^aa; tûv V|S(tcwv icotûv àTcolaûaexai. 
unde iam dubium esse non potest, quin hoc loco interciderit particula 
quae dicitur negativa, id quod iam intellexit Stephanus. maximam 
autem habet veri speciem intercidisse eam ante oCto» propter litte- 
rarum in utroque vocabulo similitudinem. quae cum ita sint^ banc 
-scripturam proponam: û<jitep ouv àv ti; ... àico>.at5ot o08év, oOtw ... 5v 
eiecto el iam restituit Leonclavius. quamquam non negem scribi 
^iam posse ouv tiç ... dirolatiei; nam ei et oi in libris saepissime con- 
fundi inter omnes constat ac iure quodam Geelius dixit indicativum 
à-KoloLùti melius respondere ei quod in altero membro legitur €<m. 

VI 2 itoXkix.i; 8è JJ-^XP^ xotvîiç âirt6u|i(a; i\Li^<; it xal twv irapdvTwv. sensu 
omnino haec sunt cassa nec quicquam proûcias ex eorum interpreta- 



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SCHENKL. — CODICES HIERONIS XENOPHONTEI, il9 

tione, qui lmOu[i,Ca; de libidine venerea dictum esse statuant, quod 
neque in bis verbis inesse potest neque ad huius loci sententiam 
omnîno quadrat. immo egregie iam Schneiderus intellexit eadem 
fere bis verbis signiiicare voluisse scriptorem quae paulo post dixit, 
jii^,v xxl Gitvov. atque apertaest in hoc loco gradatio. dicit enim Hiero 
se, cum bomo privatus esset, saepe in conviviis fuisse ita, ut totum se 
voluptati daret, cantaret, saltaret, denique, id quod in conviviis fieri 
solebat (1), ebrius factus cum ceteris convivis obdormiret. unde iam 
patet Weiskii coniecturam, qui âmOufiCa; in eô6'jjj.Ca; mutavil, nullo 
pacte probari posse, quamquam eam se gratum accipere proûletur 
Cobetus. quid enim interest inter eùOujiCaç et illud, quod in primo mem- 
bro eius enuntiati, in quo per singulos gradus adscenditur, legitur 
'ffi6iLt^oç ViSo{iévoK?merito igitur ceteri editores reiecerunt Weiskii con- 
iecturam ac ne Weiskius quidem eam confldenter protulit, sed dubi- 
tanter, donec melius quid daretur. quae cum ila sint, Scbneiderum 
recte de boc loco statuisse patet, cum txéOiQi; vel simile vocabulum olim 
hoc loco positum fuisse suspicaretur. sed quo modo 27ciôup.(a; ex [téOirji; 
ortum sit, baud facile explices. neque Schneiderus de hac voce resti- 
toenda cogitavit, sed tantum eius modi vocabulum in corrupto èiriOu- 
{iXo; latere signiiicavit. quae vero post Scbneiderum prolatae sunt con- 
iecturae, nihil certe babent, quo commendentur. nam et [léxp^ xoivri; 
ficiov (rectius firivov) jiiéÔTj; i\Lou reiciendum est, cum ut alia taceam 
abborreat a veri specie scriptorem verbo interposito turbasse orationis 
aeqaabilitatem ac concinnitatem, et quam maxime languidum est id 
quod Protscbero in mentem venit îiéxp^ xoCrric â7ci6u|i(a; vei adeo jj-é^p». 
xoivf^c xoC-nr^; imOupiCa^ a Nicolaio prolatum. quae cum ita sint, etsi nec 
mitai ipsi c^rta, qua succurram loco laboranti, praesto est medela, ta- 
men quod aliquam veri speciem habere videtur proponam. qua in re 
primum moneo librariorum neglegentia ac socordia in libres, quibus 
nuDC utimur in Hierene recensende, miras quodam modo illatas esse 
corruptelas. sic, ut unum adferam exemplum, Y 1 legitur xo<T(iLCou(, quod 
quin cerruptum sit ex à>jcC|jLou; Stebaei auctoritate conûrmato dubitari 
non potest. nam paulo post de iisdem legitur àvSpeCouç ac verbis toj; 
duLxCoo'j; xal aoçoO; x%\ SucaCou; in S. 2 inverse ordine opponuntur ot àSixoi 
'ti] x»l dbtpattt; xai àvSpaicoôwôttç. ac restant ex vera scriptura in xo- 
<?ljio*j( quaedam litterarum vestigia ; particula xe autem hoc loco eodem 
mode, que infra post &Sixoi, inepte inserla est : nec prière loco agno- 
scitur a Stobaee. scie equidem alteram etiam huius corruptelae expli- 
caodae rationero slatui posse : excidisse à>.x{{iou(; xal ante xo<t{iCou(;, quod 
adscriptum ad SixzCou;illustrandum aliène loco insertum esse; sed multo 
probabilior mihi prier ratio esse videtur. simili igitur modo ut ex dAxî- 
|tov; xo^litou; ita ex ittOù«w; èriOuji-Caç ortum esse suspicor. jtéô'jaK; autem 

(I) Vix opot esie pato, ut qui haec legent Convivii Platonici Admoneam. 




420 



MÉLANGES GRAUX. 



quamqiiam apud Tbeognidem solu(n(v. 838) legitur, tamen non pror< 
sus improbandum est in Xenophonle, qui ex prosae orationis scripto- 
ribus solus baud paucis eius modi vocibus poeticis iisque uno tantum 
loco usus est, veluti bis : ày^^ata de re eq. 5, 8, (Sypsuiia Comm, IIÏ 11, 7, 
àyxtTépuLwv Hier. 10, 7, à).t$TjTï^p Oec. 4, 3, àvTCicopo; An. IIII 2, 18, àrc\.^^ 
Gomm. III 8, 18, àTptjiCa Cyr. VI 3, 13, àçaupd; de re eq. 12, 8, ^iot»! 
«Cyr. VII 2, 27, y^l^^^? Cyr. IIII 6, 3, ysy^veiv Ven. 6, 24, yoz^Oii Cyr. 
IIII 6, 9, 8xiuLov5v Gomm. 11,9, SîiwYi Cyr. V 1, 6, Spiyjti Hell. VII 2, 
8, SpOirrecOai Cyr. III 1, 13, 8u<jx).ei^; Cyr. III 3, 53, Su^iWio; Hell. V 

2, 18, fx7:ay).o; Hier. 11,3 (quod immerilo in suspicionem vocavitCo- 
betus; SkIou; toi; èxTcayloTàTot; enim Xenopbon dixit memor locorum 
Homoricorum, quales suntU. X 254, 272 Siiko^'si^ Ivt Seivoi^iv), è;a>.x::zÇgiv 
An. VII 1, 29, ipTctTdt Comm. I 4, 11, euepiÇ Ven. 4, 6, ÇOyaitpov Cyr. Vil 

3, 1, xveçxio; de rep. Lac. 13, 3, \tr{k%^i% Hier. 1, 36, Vr^C; de rep. Lac. 
13, 11, ).ouTpox<5o; Cyr. VIII 8, 20, >.u[iaviYip Hier. 3, 3 (et 6, 6 apud Stob., 
in codd. aujiswv), ^Lokzh An. VII 1, 33, vét<j6xi Cyr. IIII 1,11, (njxdîciv 
Hell. III 2, 4, «rcjCêsiv An. I 9, 13, (jtppiyw|ix Hell. I 4, 3, -cx^x; Cyr. IIII 
6, 0, T^vxi Cyr. III 1, 2, ôicépevjjLo; de re eq. 3, 12, (peCijLtvo; Cyr. Vlll 7, 
18. itaque ut àyj^iTépiiwv, ïx«xy>.0i;, >.u|iavTï^p, ita Xenopbon jiéBudi; adhî- 
bere potuit. retinet autem baec vox vim suam propriam ac peculiarem 
ita, ut idem sit quod [teôO<TX£aOxi. ceterum magna intercedit similitude 
inter bune locum et Cyr. I 3, 10, ubi eaedem res iisdem fere verbis 
describuntur. 

VIII 10 oO yàp Tupdvvoi; W6Tt[io; àWdL itXtoveÇ(x; fvexx vojxCÇou^i toûtou; 
Tpé(pe<j6at. boc loco in arcbetypo sine dubio scriptum erat quod supra 
posui v7(5ti(jlo;, 1<tot{{iouc autem ex prava coniectura natum est. quod in 
K legitur l90Ti{i(x; a grammatico quodam inventum a Dorvillio quoquc 
(ad Cbar. p. 467 Lips.) propositum est. quos verum vidisse puto, 
quamquam eo obscuram et mancam fleri orationem statuit Weiskius. 
id quod facile intellegitur loco simillimo collato, Cyr. I 3, 18, ubi 
pa^iXtxdv et Tupxvvixdv comparantur ita, ut in illo tô 1<jov f/£iv, in hoc 
itkioy oXecôxi xp*'»"'*^ itàvTwv Ij^eiv inesse dicatur. régis igitur est id 
agere, ne quis se potentia, opibus, bonore superet, tyranni autem, ut 
ceteros omnes bis rébus antecedat. iam inlelleges, quo modo inter se 
opposita sint 1^oti;x(x; et ic>.£ove^{x;. non ergo ut eodem quo ceteri cives 
fruatur iure, mercennarii aluntur a tyranno, sed ut maiore quadam 
potentia ulatur, ut ipse dominus sit, ceteri servi, quae si recte suntdis- 
putata, non adsentieris Gobeto baec verba ulcus insanabile alere dicti- 
tanti neque dubitabis coniecturas, quae a grammaticis prolatae sunt, 
veluti rjpxvvl; la(5Ti|io;, Tupdtvvov; awTiQpCxç, fcl; Tt|ià(;, 13i(i)T(.xoO< reicere. 



CAROLUS SCHENKL. 



Vindobonae. 




LES LIMITES DE L'ITALIE' 



SOUS L'EMPIRE ROMAIN 



Le mol d'Italie n'avait jamais été, pendant les premiers siècles de la 
république romaine, qu'une expression de géographie physique. II 
entra dans la langue politique, du jour où les lois Julia et Plautia Pa- 
piria donnèrent aux Italiens le droit de cité, à Iltalie une constitution 
distincte de celle du reste de l'empire. L'Italie est la capitale pri- 
vilégiée du monde romain (1) : le sol n'y paie point le tribut des 
vaincus (2) ; les villes n'y dépendent pas d'un gouverneur (3); les ha- 
bitants en sont les égaux des habitants de Rome (4) ; Rome et l'Italie 
ne font qu'un (5). L'Italie s'oppose aux provinces (6), les droits et pri- 
vilèges dont elle jouit, à la condition des sujets de l'empire (7) : pour 
indiquer que la Narbonaise est peuplée de citoyens romains, Pline 
dit qu'elle fait partie de Tltalie plutôt que de la province, lialia ve- 
rtus quant provincia (8). 

Déjà, selon les idées géographiques du second siècle, la péninsule 
qui s'étend des Alpes au détroit de Sicile portait le nom d'Italie (9) ; 
Gaton considérait comme territoire italien le pays occupé par les Insu- 
bres dans la vallée du Pô (iO). Polybe fait positivement des Alpes la 
limite septentrionale de l'Italie ; mais celle-ci finit pour lui au pied 
même des hauteurs, à l'endroit où commencent les montagnes (il) ; 

(1) Makqcardt, Staativerwaltung, I (1881), p. 60. 

(2) Frontin, De Controversiis agrorum {Gromatici veteres, I, pp. 35. 36. Lach- 



(3; Appibk, De Beliis civUibus, 3, 30; 5, 3. 22; Dion Cassius, 48, 12. 

(4J Strabok, 5, 1, 1. 

(5j Corp. Inscr, Lat,, V, 7643. 

(6; Tacite, Annales, 1, 34; Subtonb, F. Claudii, 23; V, Vespasiani, 9; Jules Ca- 
moLnt, V, PU, 4; V. Max, et Baibini^ 17. 

(7) Dion Cassics, 48, 12. 

(8) Hùt, 4 (5), 31. 

(9) Sur rorigine et l*exteD8ion première da mot dltalie, cf. Bem. Heistbrbbrqk, 
Ceher denSamen Jiaiieny Freiburg in Br., 1881, in-8. 

(!•) Orig., 2, 11; p. 11, 1, Jordan; cf. Caton cité par Servius, In Aeneida, 10, 13. 
(11) 2, 14, 6 : T^v 5è Xond^v t^v icspd Tt Ta; âpxrou; xal ti^v (ifaÔY«(«v napattCvou- 
•cv, 6fiCti xaxà owcxi; ^ tmv ''AXicscav icopcôpcta. Sur le sens de icapwptta, comp. 




i22 



MÉLANGES GRAUX. 



les Alpes sont la citadelle et le rempart de Tltalie : elles n'en font 
point partie intégrante. 

Au commencement de Tempire, lorsque les armées romaines eu- 
rent soumis les peuplades des vallées alpestres, ce ne fut plus le pied 
des Alpes qui forma la limite septentrionale de Tltalie, mais le som- 
met même des montagnes^ ce qu'on appelle en langage géographique 
la ligne de partage des eaux. Strabon nous dit que, sur la route qui, à 
travers les États du roi Cottîus, conduisait de la Narbonaise à Turin, 
le premier lieu que Ton rencontrait après le passage des Alpes était 
Scingomagus, et que là commençait le territoire italien (i). Or Scin- 
gomagus correspond à l'emplacement d'Exilles, distant de quelques 
lieues à peine du sommet des Alpes (2). Velléius Paterculus, con- 
temporain de Strabon, dit plus nettement que la limite extrême du 
nord de Tltalie était marquée par les crêtes les plus élevées dos 
Alpes (3). C'est celle qu'admet fort probablement Pline l'ancien (4), 
et^ d'après lui, Martianus Gapella (5). A l'ouest, l'Italie commençait 
au cours du Yar (6), et les empereurs donnèrent une sanction offi- 
cielle à cette fiction géographique, soit qu'ils l'aient acceptée, soit 
qu'ils l'aient créée eux-mêmes : sur la route qui menait d'Italie en 
Gaule, les milles sont comptés, jusque sur les bords du Var, à partir 
des murs mêmes de Rome (7). A l'est, au moins du temps d'Auguste, 
la presqu'île de l'Istrie n'était point considérée comme une dépen- 
dance géographique de l'Italie. Strabon le déclare formellement (8) : 
or l'extrémité orientale de l'Istrie, c'est-à-dire de Vlllyricum, était mar- 
quée parle cours du Formio (9), aujourd'hui la Risana, petite rivière 
qui traverse l'Istrie dans sa partie la plus étroite. Aussi Mêla fait-il 
finir l'Italie au fond du golfe Adriatique (10) ; il a seulement tort do 
placer la frontière en deçà de Tergeste : Tergeste est sans aucun 
doute une villedes Carnes, c'est-à-dire une cité italique (11); leshabi- 

3, 60, 2, et 3, 60, 8 : Tuv Txvptvûv, ot tuy/^vouvi icpà; icapwpct^ xoctoiuoÛvts:. ~~ 
3,54, 2 : (*H 'ItocXia) outco — {^iceTceicTtôxet rot; icpoetpY](iÉvo(C ôpcatv, ÔŒTe ^wOewpov- 
us'vcov à(if oiv, àxponôXcfa); faivtoOai ÔidOeaiv éx^etv Tàç "AXiceiç Tvjç 6Xt}ç 'iToXi'a;. 

(1) 4, 1,3 : Àirô SxiYYoïiàyou lï rfiti 'lTa>.ta XéyeTai. 

(2) MoMMSEN, C, L L., V, p. 812. 

(3) 2, 109 : il summis Alpium jugis, quae finem Italiae terminant. 

(4) 3, 5 (6), 43; 20 (24), 138. 

^5) 6, 034 = PuNE, 3, 4 (5), 31 ; cf. 6, 636. 639 ; Cluvier, Italia antiqua, pp. 17. 
18; cf. TiTE-LivK, 1, 2, 5; 30, 38, 4; Florus, 1, 26 (17), 9; Pomp. Mêla, 2, 4; 
Dknys d*Haucarnasse, Aîitiq.^ 1, 10. 

(6) Strabon, 4, 1, 3. 9; 4, 6, 4; 5, 1, 1; Pomponius Mêla, 2,72; Lucain, 1, 404; 
Pline, 3, 4 (5), 31; 3 (6), 44. 46. 

(7) C. /. I., V, 8094-8107. 

(8) 7, 5, 3 : "Eçajisv Ô'èv tyî icepioîeîof xti; 'ItoXia; "'lorpou; eîvai irpwTou; tîic IXXv- 
pixtj; itapaXîa;. — Pline, 3, 26 (30), 151. 

(9) Pline, 3, 18 (22), 127; cf. C. /. L,, V, pp. 1, 53. 

(10) 2, 3, 57; 4, 61. 

(11) Strabon, 7, 5, 2; Punb, 3, 18 (22), 127. 




JULLIAN. — LIMITES DE L'ITALIE. 



i23 



tants de Tlstrie se rattachaient au contraire à la race illyrienne (1). 

Les limites naturelles de l'Italie, telles que se les figuraient les 
géographes, n'ont jamais, sous l'empire romain, coïncidé exactement 
aTCC la frontière politique. Avant la suppression de la province de 
Gaule cisalpine, ritalie indépendante s'arrêtait à l'Arno, aux Apen- 
nins et au Rubicon (2). Les triumvirs, après la bataille de Philippos, 
en reculèrent les bornes jusqu'aux Alpes (3). Néanmoins l'écart per- 
sista toujours entre les deux frontières. 

A l'ouest et au nord la frontière politique demeurait en deçà de la 
frontière naturelle, du Var et des Alpes : Nice, dépendance de la cité 
de Marseille, ne relevait pas de la 7'égion italienne de la Ligurie (4). 
Monaco partageait le sort de Nice (5) : c'est près de son port que 
finissait le territoire ligure de Vintimille (6). Un peu au nord de Mo- 
naco, là où s'élève aujourd'hui le village de la Turbie, se trouvent le 
trophée d'Auguste et l'inscription où sont énumérées les peuplades 
alpestres soumises par le premier empereur : c'est là où commençait 
la province des Alpes maritimes (7). 

A partir de la Turbia, la limite de cette province était marquée 
par la chaîne qui sépare la vallée de la Roja de celle des affluents du 
Var (8) ; sur le versant oriental des Alpes, elle suivait le pied môme 
des montagnes (9). La limite qu'on donnait au second siècle à l'Italie 
physique demeurait encore de ce côté la frontière politique : là, comme 
dit une inscription du temps des Antonins recueillie un peu au sud de 
Salaces, là finissait Rome et commençait la province (10). 

La limite des Alpes cottiennes coupait de môme les affluents du 
fleuve à l'endroit où ils entraient en plaine (11). Sur la vallée de la 
Dora Riparia, par exemple, la frontière était au point môme où la 

(1) PoMP. MÊLA, 2, 3, 57; 4, 61 ; Strabon, 7, 5, 2. 3; Appibn, De Reb, Wyr., 9. 

(i) Au moins en 59; auparavant la limite du côté de l'Adriatique était marquée, 
pïitt au sud, par TEsino (Aesis), Marqcardt, Staatsverw., I (1881), pp. 217, 218; 
Strabon, 5, 1, H. 

(3) ipsam (Italiam) ad Alpes promotam^ discours de Claude dans Tacite, Ann., 
11.24. 

4) Stkabox, 4, 1, 9; Pomponius Mêla, 2, 5, 76; cf. Titb-Livb, Periochae, 47. 
[h Strj^n, 4, 6, 1. 

(6j C.Î.L.y V, 7824, inscription de la tribu Falema^ don! fait partie Vinti- 
BiUe; cf. p. 900 et p. 908. 

(7j C. /. L., V, 7817. C'est sans doute à cause de la présence de cette inscrip- 
tioiietdece trophée» dit M. Mommsen, p. 907, que quelques géographes faisaient 
«wwMDcer les Alpes à la hauteur de Monaco (Strabon, 4, 6, 1). 

^8) Saorgio, dans la vallée de la Roja, appartenait à la tribu Falema, par con- 
•éqoeot au territoire de Vintimille, C. /. I., V, 7813 et p. 901. 

{9) C. /. I., V, pp. 903, 910, 912. 

(10) C. /. L., V, 7643 : P{rae)p{ositus) sta[t{ionis)] huius p{rovinciae) et u{rbis) 
*^«). 

(ti) C. /. X., V, pp. 810, 811. M. Mommsen place, avec raison. Forum Vihii Ca- 
*«<'^*m (Cavonr) dans les États de Cottius, p. 825. 



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i24 



MELANGES GRAUX. 



rivière sort des montagnes, entre la Ghiusa et Avigliana (i). Ocellum, 
près de la Ghiusa, était, au temps de Gésar, le point extrême de la 
province de Gaule ultérieure (2), et, sous Auguste, le commencement 
des États du roi Gottius (3). 

A partir du mont Genis, la frontière rejoint le sommet des Alpes : 
la vallée de la Dora Baltea tout entière est territoire romain, depuis 
Textermination des Salasses et la création de la colonie d*Aosle, Au- 
gusta Praetoria (4). Plus à l'est, au contraire, les peuplades alpestres 
ne jouissent que du droit latin ; leur territoire appartient, est attribué 
aux municipes romains de la plaine (5.) Les Lepontii (6) (Val d'Osola 
et Val Leventina), dépendaient soit de Novare, soit de Milan; les Ber- 
gaki {!) (Val Bregaglia), certainement deGôme;les Assertates 
Seriana) se rattachaient à Bergame (8) ; les Camunni (Val Gamonica) 
(9), les TriwnpUni (Val Trompia) (10), les Sabini (Val Sabbia) (il), 
relevaient sans doute de la riche colonie de Brescia; enfin les Anauni 
(Val de Non), les Tulliasses et les Sindum\ dans les vallées latérales 
deTAdige, étaient soumis à Trente (12). Ges territoires ne faisaient 
partie ni de la Rélie ni d'une province distincte ; cependant une ins- 
cription funèbre trouvée non loin de la rive occidentale du lac de 
Garde, à Vobarno^ se termine par ces mots : 



Italia ne peut désigner ici que l'Italie politique^ en dehors de laquelle 
on place donc toutes les nations alpestres de droit latin. 

Avec les territoires romains de Peltre, Bellune, Julium camicum{\l)f 
les deux frontières de l'Italie se confondent de nouveau sur le 
sommet des Alpes cadoriques et carniques, jusqu'aux sources de la 
Save. A partir de ce point, c'est la frontière politique qui est au delà 
de la limite physique, qui empiète sur le sol provincial. Non seule- 
ment toute la partie occidentale de Tlstrie, depuis lé Formio jusqu'à 



(1) C, LL„\, pp. 811. 812. 

(2) CÉSAR, De Bell. GalL, 1, 10. 

(3) Strabon, 4, 1, 3. 

(4) C. /. L., V, pp. 756, 757. 

(5) Marquardt, Staatsxierwaltung^ I (1881), pp^ 14, 13. 

(6) Punk, H. n., 3, 20 (24), 134. Les viUes de Milan et de Novare se partageaient 
les rives du lac Majeur (C, /. L,, V, pp. 590. 725. 732). 

(7) C. /. L., V, p. 559 ; 5050, 10. 

(8) PuNE, H, n., 3, 20 (24), 130; C. /. L,, V, p. 557. 

(9) Plinb, /. c, 134; CL L., V, p. 519 et 4954. 

(10) PuNB, /. c, C. /. L,, V, p. 515. 

(11) C. /. V, p. 512. 

(12) C. /. I., V, 5050 et p. 537. 

(13) C. /. L., V, 4905. 

(14) C. /. L„ V, pp. 195. 192. 172. 



FinibUB Italiae monumentum vidi Vobema (13). 




JULLIAN. — LIMITES DE L'ITALIE. 12o 

VAma (aujourd'hui TArsa), fut assimilée par Auguste à Tltalie, et 
comptée par Pline dans la dixième région, Venetia et Histria (1) ; mais 
encore au delà des Alpos juliennes, le territoire italien se prolongeait 
dans le plateau formé par la haute vallée de la Save, depuis sa 
source jusqu'à Laase, plateau dont le centre est Laibach, Tancienne 
Aemona, Aemona, probablement colonie d'Auguste, le bourg de 
Xauporius (Ober-Laibach ) , étaient comme des postes avancés de 
ritalie dans la province à peine soumise et encore barbare de Pan- 
nonie (2). 

Telles étaient, au commencement de Tère chrétienne, les frontiè- 
res administratives et politiques de Tltalie. Si elles dépassaient à Test 
les limites naturelles, elles étaient loin de les atteindre au nord et à 
l'ouest ; ce que l'Italie gagnait en territoire avec Tlstrie et la vallée 
de la Save, elle le perdait, et bien au delà, avec les régions alpestres. 
Il est vrai que le gain fut d'autant plus important que Tlstrie, politi- 
quement réunie à l'Italie, ne tarda pas à en être considérée par les 
géographes comme une dépendance naturelle, une subdivision physi- 
que (3) ; d'autre part, les empereurs songèrent dès le commencement 
à reculer les bornes politiques delà péninsule, à faire jouir des mêmes 
lois et des mômes privilèges tous les peuples qui habitaient le sol de 
lltalie. Au nord, cette mesure fut pour ainsi dire préparée en com- 
prenant les vallées alpestres dans la ligne douanière qui enserrait 
ritalie : elle suivait à peu près exactement la crête des Alpes depuis 
le mont Cenis jusqu'aux source de la Save (4). Bientôt toutes les 
vallées des affluents de l'Adige et du Pô furent définitivement réunies 
à l'Italie en recevant le droit de cité. Nous possédons encore le décret 
par lequel Claude l'accorde aux Anauni, aux Sinduni^ et aux Tul- 
Battes (^), Les autres peuplades ne reçurent la cité que plus tard, 
sans doute sous les Antonins, puisqu'elles ne la possédaient pas au 
temps où écrivait Pline l'ancien. 

Ce n*était donc plus que du côté de la Gaule, que Tltalie n'attei- 
gnait pas ses limites naturelles. Le dernier pas fut fait sous Dioclétien: 
dans la nouvelle constitution provinciale qui porte son nom, et qui 
dura jusqu'à l'arrivée des barbares^ la province des Alpes cottiennes 
devint province italienne, et dépendit du préfet du prétoire siégeant 

(!) Strabon, 5, m. 9; 7, 5, 3; Pline, Hist. 3, 5 (6), 44; 18(22), 127; 19 
23), 129. 

iî) Vellkius Paterculus, 6, HO [guerre d'Illyrie, de l'an 6] : Pars {Pannonio- 
^^)petere Italiam decreveratjunctain sibi Nauporti ac Tergestisconfinio, Cf. C. L L., 
Ul, p. 4S9. Aaguste construisit vers Tan 1 av. J. C. la voie qui allait d'Aquilée à la 
▼•lïéede la Save, C. /. I., V, p. 799. 

.3) Ptolêmbk, 3, 1, 1. 

'M Caonat, Le Portorium, pp. 34-42. Naturellement les Alpes cottienne»et mari- 
^i^w «ont en dehors de cette ligne. 

'.5) C. f. L.,V, 5030; cf. le commentaire de M. Mommsbn, Hermès, IV, p. 99. 



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126 



MÉLANGES GRAUX. 



à Rome (i). Sans doule à la même époque, tout le versant oriental des 
Alpes maritimes fut donné à la Ligurie (2). 

Mais il était de la destinée de Tltalie de demeurer toujours en de- 
hors de ses limites géographiques. Elle continue à les dépasser du côté 
de la Pannonie au quatrième et même au cinquième siècle. Aemona 
n'est pas encore rattachée à la Pannonie quand finit Tempire d'Occi- 
dent (3). A Touest au contraire Nice et Monaco continuent à dépendre 
de la Gaule narbonaise (4), et la vallée tout entière du Var est com- 
prise dans la province des Alpes maritimes, qui relève du préfet des 
Gaules : c'est sur la rive orientale du fleuve que se trouve Cemenelum, 
Cimiez, la ville principale et l'ancienne métropole de la province (5). 
L'écart qui existait entre la frontière politique de l'Italie et celle que 
lui assignaient ses géographes, après avoir diminué lentement pendant 
trois siècles, n'avait donc jamais pu disparaître complètement pen- 
dant l'empire romain : le moyen âge allait encore l'accroître. 

(1) Liste dite de Vérone, 5, 9, Seeck. 

(2) C. /. L., V, p. 903. Toutes les viUes de la province mentionnées par ISiNotitia 
Galliarum sont sur le versant occidental des Alpes; cf. Brambach, op. Rheinischet 
Musetwit n. s., xxiii, pp. 289. 300. 

(3) HÉRODiEN, 8, 1 ; C. /. L., III, 3705 et p. 489; Zosime, 5, 19. 

(4) Ptolkmée, 3, 1, 3; c. /. L., V, 7914 et p. 917. 
(3) C. /. I., V, p. 903. 



C. JULLIAN. 



Rome. 




ESSAI DE RESTITUTION 

DTN PASSAGE DE L'ÉLOGE D'HÉLÈNE 

ATTRIBUÉ A GORGIAS 



11 y a, dans VÉloge Hélène qui nous est parvenu sous le nom de 
Gorgias, un passage que les manuscrits présentent sous une forme 
absolument inintelligible, et que les derniers éditeurs renoncent à 
restituer d'une manière plausible. C'est celui qui forme, dans l'édition 
récemment publiée par M. Blass [Antiphontis oraliones et fragmenta, 
adjunctis Gorgiae Anttsthenis Alcidamantis declamationibus, ed. altéra, 
1S8I ; Bibliothèque Teubner), le début du § 12. 

Le savant éditeur, en reproduisant la leçon des manuscrits, ajoute 
en note : JteHqui librorvm scripturam con'upttssimam, cujus cef*tam mede^ 
hm non invenio. Ce qui ne Ta pas empêché d'ajouter ensuite quelques 
indications conjecturales d'une très sérieuse valeur. 

Voici les mots qu'il donne dans le corps même du texte, principa- 
lement d'après le Palatinus X (je parlerai tout à l'heure de plusieurs 
variantes) : 

T(ç o'5v alfCa xci)>.rSci xal ti?iv ÉaIvyjv (>[iLvo; t^XÔcv 6jto{ci)( &v oô véav oSaav 

ivi^XTi 6 tl8b»c EÇti |ièv O'jv, ti?iv 8è S'ivajtiv t?|v aOr^iv l^ei. 

11 est clair que ces mots n'ont aucun sens. 

Les éditions de Reiske, de Bekker, de Sauppe, n'offrent aucun 
secours pour triompher de la difficulté. Les différences qu'elles pré- 
sentent avec l'édition de Blass, soit que ces différences proviennent de 
variantes, soit qu'elles résultent des conjonctures des éditeurs, sont 
sans intérêt. Sauppe, qui propose en- note un remaniement complet de 
toute la phrase, n'attache lui-même à sa conjoncture qu'une impor- 
tance médiocre, et la fait, comme il le dit en propres termes, par 
acquit de conscience {ne nihil tentare videar). 

On sait, au reste, que le texte de cet Éloge d'Hélène^ quoique 
successivement publié par les trois grands érudits dont on vient de 
lire les noms, laissait singulièrement à désirer jusqu'à ces derniers 



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m 



MELANGES GRAUX. 



temps. Cela vient peut-être, selon la remarque de M. Blass, du peu de 
créance que rencontrait auprès d'eux Tauthenticité de Touvrage ; h 
quoi bon se donner tant de peine pour un écrit apocryphe, sorti de 
Tofficine de quelque rhéteur inconnu? M. Blass, au contraire, incline 
à considérer comme authentiques les deux déclamations allribuées à 
Gorgias, Y Éloge d'Hélène et la Défense de Palamède. A demi sceptique- 
encore dans le premier volume de son Histoire de Véloquence aftique^ il 
réforme aujourd'hui sa première manière de voir, et il 'écrit dans la 
préface de son édition (p. xxviii) : Gorgîx utraque mihi genuim videtur, 
quoque sœpius relego, eo firmius id apud me judicium stat. S'il en est 
ainsi (et je suis, pour mon compte, assez disposé à partager celte opi- 
nion), la question change de face. Au lieu d'une œuvre sans intérêt, 
nous avons là sous les yeux un des plus anciens et des plus curieux 
monuments de la prose grecque savante. Il vaut alors la peine d y 
regarder de près. 

C'est ce qu'a fait M. Blass, et c'est pour cela que son édition est 
sensiblement meilleure que les précédentes. 

11 a pourtant reculé devant la phrase que j'ai citée tout à Theure. 
Qu'en faut-il penser ? Le passage est-il donc désespéré ? Je le crois si 
peu qu'à mon avis près de la moitié de ce péle-môle de mots incohé- 
rents peut être corrigée avec certitude, et le reste avec une certaine 
vraisemblance. Je vais essayer de le démontrer; mais j'ai besoin 
d'abord, pour que mon entreprise ne soit pas taxée a prioin de témé- 
rité, de rappeler quelques-uns des caractères du morceau en question, 
et de dégager de cet examen quelques principes relatifs à la méthode 
que je crois devoir suivre dans mes conjectures. 

Ce qui rend possible, à mon sens, une recherche de ce genre, c'est 
la façon toute parliculière.dont cet Éloge d'Hélène est écrit. Le fond, 
sans doute, en est misérable, et la forme en est gâtée par une affecta- 
tion et une subtilité d'autant plus choquantes que ce grand effort a 
pour objet des idées sans importance. Mais il ne faudrait pas croire 
que le morceau dans son ensemble fût absolument méprisable : c'est 
l'œuvre d'un écrivain de fort mauvais goût, mais non d'un homme sans 
talent, tant s'en faut. Quelques-unes des qualités essentielles d'une 
bonne et forte prose s'y rencontrent en un haut degré : liaison rigou- 
reusement logique des idées, fermeté de la phrase, précision du voca- 
bulaire. On n'a pas affaire à une pensée molle, flottante, vaguement 
rendue. La pensée de l'auteur peut être subtile ou affectée, mais elle 
est nette, au moins d'une netteté spécieuse, sinon solide. La netteté 
s'y tourne même en défaut; elle aboutit à un abus fatigant de la 
symétrie. Le lecteur en souffre, mais l'éditeur y trouve un grand 
secours. Étant donné d'une part la logique de la pensée et d'autre 
part les procédés assez monotones de ce style, il n'est pas très difficile, 
en présence d'une courte lacune, de la suppléer presque à coup sûr. 




CROISET. — GORGIAS, ÉLOGE D*HÉLÈNE. i29 



En présence d'un passage comme celui qui nous occupe, il sera peut- 
être possible de retrouver, sous les mots incohérents des manuscrits, 
la trace à peine effacée des mots exigés par la suite presque néces- 
saire du discours. M.Blass lui-même Ta tenté dans ses notes critiques, 
et il y a mieux réussi que ses prédécesseurs. Je crois qu'on peut faire 
un pas de plus. 

L'idée développée par Gorgias dans la division du discours à la- 
quelle appartient le passage en question est celle-ci : v Si Hélène, en 
fuyant la demeure de son mari, a obéi à la persuasion d'une parole 
artificieuse, elle est aussi excusable qiie si elle avait cédé à la force. » 
Pourquoi? C'est que la parole a une singulière puissance (k6yo(; 8uvdt(rc7i; 
(Uyxç i<jzbf, § 8). Ici, tableau sophistique de cette puissance de la parole 
(§9-11); et ensuite (§ 12 : c'est le passage à discuter) application de 
cette description générale au cas particulier d'Hélène, avec cette 
entrée en matière : tC<; ouv aWa xw>.ûei xal -c^v Èké^y, etc. Le reste de 
la phrase est inintelligible; laissons-la de côté pour le moment. Ce qui 
n'est pas douteux, c'est l'application que l'orateur fait à Hélène du 
principe qu'il vient de poser : l'idée est Monc qu'Hélène est inno- 
cente. 

Gorgias ensuite continue en ces termes (d'après X) : -cà yàp 
x€'.Ot)'j; i^r^y 6 8è voO; xaCtoi el àvayxYj 6 el8à; EÇet 6 jj.èv ouv, rrjv 8è SOvajiLiv rrjv 
aOT?iv ïy(ti. Au lieu de SÇei 6 [liv o5v, M. Blass écrit, d'après le ms. A de 
Bekker, E^ei (Uv o5v. Passons sous silence les autres variantes, qui ont 
peu d*intérêt : on les trouvera dans le volume de M. Blass. La pensée 
de cette phrase a été très bien saisie par le dernier éditeur : elle est ' 
déterminée par les premiers mots (tô yàp rîii; iceiôouç), par àvàyxï), et 
par le dernier membre de phrase (tt^v 8è 80va|itv Tf|V aôr^iv fp^ei) ; c'est 
que la persuasion, bien que considérée comme différente de la con- 
trainte, a en réalité la même puissance. M. Blass écrit dubitative- 
ment : « Num igitur : yàp vf\<^ icciOoGç ïj^ei [lèv 5vo[iLa èvavrCov àvdtyxTjç, 

ht Sôvajutv, etc.?» Je crois que la leçon véritable doit être cherchée 
beaucoup plus près du texte même des manuscrits. Les mots dvdyxY) 
6 tl8w< ?^ci {liv ouv peuvent être lus avec certitude de la manière sui- 
vante : àviyxirj; elSo; l^et [nèv oô, ce qui s'oppose parfaitement à 8è 
$vva{uv T^iv ajTi?iv Ij^ei, et n'implique qu'une correction fort légère : 
on peut dire qu'ici la mauvaise leçon des manuscrits est transpa- 
rente, et qu'on distiiigue sans peine au travers ce qu'exigent à la 
fois le sens et la grammaire (1). Quel sera le sujet des deux ^x^i? 
Évidemment le mot icei6a», qu'il reste à retrouver dans les premiers 
mots de la phrase. Ceux-ci nous donnent d'abord : tô yàp Tf\(^ lueiOoO^ 

(1) Je remarque que C donne la leçon ou, au lieu de oSv. Comme d^ailleurs, 
aéne dans C, la phrase n*a aucun sens, il est probable que c'est là non une cor- 
rection du copiste, mais une bonne variante, et que C a plus de valeur qu'on ne le 
croit en général. 



MÊLàMGBS qracz. 



9 



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i30 MÉLANGES GRAUX. 

llr^s. Le dernier mot (ê^t^v dans X, EÇeiv dans A) n'a pas de sens ; mais 
il suffit de liret èvY)v pour avoir un sens excellent et une locution 
conforme à celles dont se sert ailleurs Fauteur du morceau. Nous 
lisons en effet, quelques lignes plus bas (§13) : S* icciQ<;> icpodoOoa 
Tcj) X&ft^, etc. Ces mots reprennent avec une légère modification, 
comme il arrive sans cesse dans VÉloge d'Hélène, la formule qui 
précède. Évt5v est donc à peu près certain. Gela signifie : « la per- 
suasion résidait (dans les discours qui ont séduit Hélène). » Gela posé, 
la correction des quatre mots 6 8è voO; xaCxot devient aisée : je les lis 
sans hésitation : 8' âvoOaa iceiBcâ, et la facilité même de cette correc- 
tion est une confirmation de la précédente. Voici alors la phrase tout 
entière : tô yàp t^ç ictiOoO; èvYiv • 8' èvoOaa izubà i^dyxr^ç et8oç l^ei |iiv 
ofl, Ti?iv 8è 8ùva[i.iv Ti?|v oL^xii^ ï)(ti{i), La liaison des idées est rigoureuse, 
et Tantithèse exacte : les termes employés sont conformes à Tusage 
du morceau, aussi bien que la répétition du terme iceid(6, destinée à 
rendre sensible le progrès logique du raisonnement. Enfin, point 
capital, la restitution sort d'elle-même des mots inintelligibles con- 
servés par les manuscrits. 

Je crois donc pouvoir affirmer que nous tenons ici le texte vrai de 
Gorgias, presque sans aucun doute. — Je citerai maintenant, pour con- 
firmer encore par une sorte de contre-épreuve la conjecture précé- 
dente, celle de Sauppe, qui est ingénieuse, mais qui substitue au 
raisonnement serré de Gorgias une suite d'idées flottante et indécise, 
et qui s'écarte arbitrairement des manuscrits. Il proposait : tô 
iceiSoOç UetXev • 6 8i voG; tXiu àvàyxti. ôvei8o<; |ièv o5v, n?|v 8è 6uvajj.iv 
r^w oLÙT^y l^tt 6 \6fO(i. 11 est évident que l'antithèse cherchée ici dans la 
fin de la phrase est inexacte et vague. Gorgias, ou l'auteur quel qu'il 
soit de cette déclamation, a le mérite incontestable d'écrire avec infi- 
niment plus de fermeté. 

Reste la première phrase : t(; o5v cdxia xw^^uet xal n^v É^ivr^v Spoç 
•^XSev ôjJwCw; âv où véav o5<jav âoicep tl ^ta-n^ptov p(a VipuàaÔYj. Ici, la certi- 
tude de la correction est moins grande ; je crois cependant qu'il est 
aisé, en s'attachant avec un égal scrupule à la liaison des idées et à la 
leçon traditionnelle, de serrer la difficulté de beaucoup plus près qu'on 
ne l'a fait jusqu'ici, et d'arriver, sinon à l'évidence, du moins à une 
probabilité assez forte. 

Le meilleur point de départ qu'on puisse prendre pour cette dis- 

(1) Le début authentique de V 'Eicizi^toc de Gorgias, conservé par Maxime Pla- 
nude (Hhetores grmciy Walz, t. V, p. 549), présente un emploi de jtpoaeW et de 
àictîvai tout à fait semblable à celui de Ivetvac et dé icpoffcTvat dans YÈloge d'Hélène : 
xi yàp àictjv xoî; dtvSpdai tovtoiç ^v 6et àvSpavi npoaéTvai ; t{ $è xal Kpoo^jv &v où 8ct 
npovéîvat; — La comparaison des deux passages pourrait faire préférer, pour les 
mots : t6 yàp ""iç wtOoûç iviiv, l'interprétation suivante : résidait dans Câme d'Hélène , 
au lieu de : résidait dans les discours qui l'ont séduite. 



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CROISET. — GORGIAS, ÉLOGE D'HÉLÈNE. 



cussion ési, ici encore, la conjecture de M. Blass, qui a parfaitement 
compris, selon moi, quel devait être le sens général de la phrase. Il 
écrit ceci : «Hocfere inesse putaverim : t( o5v yuùkûti xal v^y É).évï|v 6(toC<k>(; 

Un premier point fort important dans cette conjecture, c'est Téli- 
mination des mots véav ou<Tav. M. Blass a très bien vu que ces deux 
mots, qui ont Tair de signifier quelque chose, introduisent en réalité 
dans la phrase une circonstance inutile, et doivent cacher le mot 
essentiel dbcoïKiav. Seulement, le texte porte, dans les deux principaux 
mss. (A et X) : 6|ioU»ç &v oô vlav olaay ; les variantes des autres manu- 
scrits sont insignifiantes. M. Blass voit là une dittographie, et ramène 
le groupe oO viav o5<t{xv à ce seul mot (2xou<ïav. Je crois qu^il vaut 
mieux lire provisoirement : 6(to(a>ç oOx ixoC^av, qui est plus voisin 
du texte des manuscrits, sauf à voir si le début de la phrase peut justi- 
fier cet après à^JoUaq ; c*est ce que nous allons vérifier. 

Mais d'abord je remarque qu'il manque une idée essentielle au 
raisonnement dans la restitution de M. Blass : c'est Tidée hypothé- 
tique H à supposer qu* Hélène ait été séduite par des discours». Le rhéteur 
en effet, n'affirme pas la chose : il raisonne par hypothèse, et Thypo- 
thèse n'a été exprimée que fort longtemps auparavant, avant un déve- 
loppement général qui Ta complètement fait oublier. Il faut donc la 
répéter pour que le raisonnement soit solide : Gorgias, loin d'éviter 
ces répétitions, en use et en abuse. Gomment cette idée pouvait-elle 
être exprimée ? Le contexte (voir surtout cinq ou six lignes plus bas) 
nous fournit sans difficulté les mots nécessaires : Gorgias a pu dire quel- 
que chose comme ceci : "kàyt^ ilOetv iceujOeurav (participe rapporté à n^v 
É]iyv}v), et cçtte partie de la phrase aurait alors été ainsi conçue : t^v 
É>ivr|V, "X&x^ â^Otîv i:£ia6eî«av, â>.Oeiv 6\i.oliùç âv oô^ ixoucav û^ep el, etc. 

— Revenons aux manuscrits : A n'a conservé aucune trace de cette 
formule hypothétique ; mais G nous donne, au lieu de Spoc :^^ôev, les 
mots X^Yov i^06vTa. Il est bien tentant de voir dans >.<Syov un vestige du 
mot "i^àx^f et de supposer qu'ensuite l'œil du copiste aura sauté du 
premier iXM* au second, laissant ainsi de côté la fin de l'incidence et 
on des deux ilSw (1). Il est à remarquer que ce genre d'omission, 
plus on moins fréquent dans tous les manuscrits, l'est tout particuliè- 
rement dans ceux de V Éloge d'Hélène, où il y a peu de pages qui n'en 
présentent des exemples absolument certains. Gela s'explique sans 
peine par le style particulier du morceau, où d'incessantes répétitions 
de sons et de mots semblables devaient être pour le regard distrait 
d'un copiste un piège perpétuel (2). • 

(1) Je répéterai à ce propos ce que je disais tout à llieure de C à Toccasion de 
la leçon eO pour otv. 

(S) Le ms. H, d'après M. Schenkl (Wiener Sludien, ISSl, p. 81 et suiv.), pré* 
•nie après 6^^j^m^ une lacune d*uue quarautalne de lettres. Cette lacune correspond 




132 



MÉLANGES GRAUX. 



Pour la même raison, je rétablirais volontiers, devant ^^yu, le mot 
indispensable à la netteté de la phrase, et d*où résulterait une 
de ces allitérations qui sont si fréquentes dans Gorgias. Je lirais donc 
ainsi tout le début : 

TCç ouv alxCa XiAùti, xal tt?iv É).£v7|v <^\iyt\y^'^ ^dycj) <i).6etv iKi- 
aOtîffav,^ è>.Oeîv 6|toCci>( âv oOj^ éxoOaav (i) ûdirep el, etc. 

Restent les derniers mots. M. Blass écrit : a)<ncep el ^Ca i^picdcBr^, et 
voit dans pta-n^piov encore une dittographie. La chose est possible, et le 
sens est excellent. Je me demande pourtant si pia-nnpiov doit être effacé 
purement et simplement. J'incline à retrouver là â^idoOr). La formule 
26iia87) xal ^Ca Vipiidl<T6Y) paraîtra sans doute à tout lecteur moderne une 
insupportable tautologie. Mais je lis plus haut, dans ce même Éloge 
d'Hélène, lorsque l'auteur s'apprête à discuter Thypothèse d'un enlève- 
ment accompli par la force (§ 7), précisément ces mots : el ^Ca 
i^pudoOiT) xal àvd{xa>(; èêidoOir). Étant donné les habitudes du style de 
Gorgias, il est très vraisemblable que le mot èêiidOY) se trouvait répété 
ici; non seulement celui-là, mais aussi probablement M^^, dont on 
pourrait peut-être retrouver la trace dans ce bizarre Cpoç que donnent 
les meilleurs manuscrits à la ligne précédente, et qui, sous ce dégui- 
sement, ne serait autre chose que àv6[i.(D(; transposé. 

Voici donc, pour résumer toute cette discussion, comment il me 
semble que ce locus desperatus pourrait être édité, avec une certitude 
entière pôiir' les derniers mots, non sans vraisemblance pour le 
reste : 

TC(; o5v alxCa xtùkùti xal t?|v É>.év7|v<:;>.£ytiv,>.>.dy(i)<:;i^6ctv iiei<j6ei<ïav,> 
ilStXyf 6{xo£(oç îv oô^ ixouffav &citt^ tl ày6\uù(; èêidoOiQ xal fCa T^picdoOt) ; Tà yàp 
T?Sç ireiOoOç èvtiv • i^ 8' IvoOaa iceiOà àvdyxYjç tî8o; ïy(ii jxèv oS, t^v 8à Suvajtiv 

d*abord aux mots âv ov vcav oSffav des autres manuscrits, ce qui donne treize lettres. 
Mais ensuite Tespace restant (vingt-cinq lettres environ], ëtaii-il rempli par une in» 
terpolation sans valeur, ce qui est possible, ou par l'expression de Tidée que j*ai 
restituée sous la forme Xoycp iXOelv Tcet^OtT^av ? Il est impossible de le dire. Provisoi- 
rement, je crois les mots Xéycp iXOttv mtvOeiffav mieux placés avant iXOtlv 6|io(«>;. 

(1) OOx (au lieu de ne fait ici aucune difficulté, parce que les deux mots ov/. 
ixoûvoy n*en font réellement qu*un pour le sens et sont à peu près inséparables. 



ALFRED GROISET. 




LES DOCUMENTS ECCLÉSIASTIQUES 

SUR LES 

DIVISIONS DE L'EMPIRE ROMAIN 

AU QUATRIÈME SIÈCLE 



I 

Les signatures des conciles du iv* et du v* siècle sont souvent 
citées conime documents sur les divisions administratives de Tempire 
romain. Certains savants en font le plus grand cas et s'en servent pour 
corriger les listes de provinces qui nous sont parvenues par d'autres 
Toies. Cest ainsi que M. Kuhn, en s*appuyant sur les pièces* relatives 
aux conciles de Nicée (325), d'Antioche (341) et de Sardique (343) (i), 
a démontré [Jahrb. f. class. Philologie, 1877, p. 701-708) que la liste 
des provinces publiée par M. Mommsen d'après un manuscrit de 
Yérone et attribuée par lui à Tannée 297 doit être considérée comme 
un document remanié, où il ne faut pas chercher le tableau exact des 
divisions de l'empire sous Dioclétien. On lui a contesté ses conclusions 
et surtout sa méthode. M. C. Czwalina, dans un programme récem- 
ment publié (2), a repris la thèse de M. Mommsen et mis en relief les 
inexactitudes de certaines listes conciliaires. M. C. Jullian, dans la 
Aevue critique du 23 janvier 1882, sans admettre que la liste de 
Vérone remonte, pour toutes ses parties, au temps de Dioclétien, 
accepte cependant les arguments de M. Czwalina contre l'autorité des 
listes ecclésiastiques. 11 me semble que, d'un côté comme de l'autre, 
on a omis de faire une distinction importante entre deux catégories 
de listes épiscopales, conservées toutes deux dans les collections con- 
ciliaires, mais de provenance et d'autorité bien différente. 

l'I; M. Kuhn place toujours le concile de Sardique en 347; il serait temps de ne 
plus répéter cette vieille erreur. 

2) UeUr dos Verzeichnis der rômUchen Provinzen vom Jahre 297 von D' C. Czwa- 
ina, We*€l,r. Kûhler, 1881. 



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134 



MÉLANGES GRALX. 



Les évèques qui assistaient à un concile n'avaient pas, en général, 
de raison de se grouper par provinces, et ils ne le faisaient pas. Quand 
le moment venait de signer quelque document, le plus souvent une 
lettre collective adressée au nom de l'assemblée au pape ou à d'autres 
évéques, ils se présentaient, soit dans Tordre de préséance, réglé par 
la dignité des églises ou par l'ancienneté des titulaires, soit sans aucun 
ordre. Quelquefois ils se contentaient d'écrire leur nom et leur qualité 
d'évèques; en général, ils y joignaient l'indication de leur ville épisco- 
pale et de la province civile à laquelle elle appartenait. De plus, dans 
l'intitulé de la lettre, le synode indiquait ordinairement de quelles 
provinces venaient ses membres. Cet usage était fort ancien : nous le 
constatons déjà au concile de Carthage, tenu en 256 (1). Voici, par 
exemple, la siiscription de l'encyclique du synode des évèques orien- 
taux, datée de Sardique en 343 : Sancta Synodus in Serdtca congt^gata 
ex dwersis provinciis Orienlalium partium, Thebaide, Aegypto, Pahe- 
sttna, Arabia, Phoenice, St/ria Coeky Mesopotamta, Ctlicia, Cappadocia, 
Ponto, Paphlagonia^ Galatia, etc. (2). Il est clair que, soit dans ces inti- 
tulés, soit dans les signatures jointes aux lettres et autres pièces 
synodales, nous devons nous attendre' à trouver les désignations offi- 
cielles ou à tout le moins usuelles des provinces^ au temps où le docu- 
ment a été rédigé. Le tout est qu'il se soit bien conservé et que les 
copistes n'y aient pas introduit de ces altérations si graves qu'elles 
rendent toute restitution impossible. 

Il en est autrement des listes disposées suivant l'ordre géographi- 
que. Celles-ci représentent toujours un remaniement. Elles ont élé 
constituées d'après les listes originales, en supprimant l'indication de 
la province à la suite des signatures et en la remplaçant par une 
rubrique, écrite une fois pour toutes, sous laquelle on a rapproché 
tous les noms d'évèques de la même province. Ce changement intro- 
duit deux causes d'erreur. D'abord le dérangement de l'ordre primitif 
ne peut manquer d'entraîner la suppression, ou la répétition, ou l'al- 
tération de certains noms : ceci est dans la nature des choses. Déplus, 
ce qui est grave, nous ignorons la date à laquelle le remaniement 
s'est opéré et rien ne nous garantit que son auteur ait eu égard à la 
division contemporaine du concile plutôt qu'à celle qui était en vigueur 
au moment où il travaillait. Je crois donc qu'il est prudent de ne pas 
trop s'appuyer sur les listes disposées dans l'ordre géographique. 



(1) Cum in unum Carthaginem convenissent kaL sept, episcopi plurimi ex pro- 
vincia Afnca^ Numidia^ Mauritania cumpresbytttHs, etc. (Cypr., éd. Hartel, p. 435). 
Vérification faite des sièges épiscopauz indiqués dans ce procès - verbal , on n*en 
trouve qu*un, deux au plus, sur quatre-vingt-sept, qui soient attribuables à la Mau- 
ritanie ; cela montre qu*ou était exact à n*oublier, dans la formule i&itiale, aucune 
province, même quand elle était peu représentée. On avait d*aiUeurs tout intérêt à 
être complet. 

(2) HiLAR. DeSynodis, 33, t. II, p. 482; cf. Fragm. hist,, III, t. U, p. 647. 




DUCHESNE. — LES DOCUMENTS ECCLÉSIASTIQUES. 135 



comme celles de Nicée (325), d*Antioche (341), de Gonstantinople (381), 
de Ghalcédoine (451). Celle de Nicée, en particulier, provient d'un 
document assez suspect, qui parait avoir été compilé vers la fin du 
nr* siècle par une personne de peu d'autorité (1). 

(Test donc uniquement aux pièces officielles, émanant directement 
des conciles et conservées par les Pères du iv** siècle, qu'il faudrait, je 
crois, s'en rapporter dans ces études, sans cependant s'interdire de 
comparer les données fournies par les listes géographiques, ni surtout 
de chercher à préciser, par un examen plus approfondi, l'origine et 
l'autorité de ces dernières. 

Cette distinction faite entre les listes conciliaires, je vais relever 
quelques faits qui ne l'ont pas été jusqu'ici, du moins à ma connais- 
sance, et même signaler certains documents ecclésiastiques qui, pour 
n'être pas conciliaires, n'en ont pas moins leur intérêt dans la ques- 
tion des divisions de l'empire au iv* siècle. Les écrits de saint Hilaire, 
en particulier son traité De Synodis, et ceux de saint Athanase, four- 
nissent quelques renseignements qu'il n'est pas permis de négliger. 



Diocèse (TAsie. — Les points sur lesquels on n'est pas tombé d'ac- 
eord, pour ce diocèse, se rapportent à trois provinces seulement, 
celle d'Hellespont, celle de Phrygie et celle de Lycie et Pamphylie. 
La province d'Hellespont est mentionnée dans le préambule de la 
lettre du synode oriental de Sardique, en 343 (2). M. Jullian croit 
qu'elle appartient à l'organisation de Dioclétieu ; il cite à ce propos 
trois inscriptions (C.I.L.t.V 875 et t.VI 1682, 1683); la première est du 
temps de Trajan (105) : elle mentionne sans doute une province d'Hel- 
lespont, mais il faut entendre ici une circonscription financière et non 
pas une circonscription administrative (3). Cette inscription ne prouve 
donc rien. Les deux autres se rapportent à un même personnage, un 
Anicius Paulinus, qui fut préfet de Rome en 334 et, peut-être avant 
cette date, proconsul Asiae et Hellesponti. Les deux provinces avaient 
donc déjà, sous Constantin, des noms distincts. Mais rien ne prouve 

(1) Voj. mon compte rendu du livre de M. Revillout: Le Concile de Nicée d'après 
ies texie$ coptes, dans le Bulletin critique, t. I, p. 330 et suiv. Sur les difficultés 
que présente la liste des signatures du concile de Nicée, voy. Tillemont, Hist, 
efcL, t. VI, p. 806 ; Czwalina, /. c, p. 10-14. 

(2) HiuiR. de Synodis, 33, t. II, p. 482; Fragm., III, t. II, p. 647; Théodoret, 
BiH. ecc/., n, 7. 

(3) Waddinoton, Fastes asiat., p. 163. 



II 



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m 



MELANGES GRAUX. 



qué la dislinction des administrations remonte jusqu*à Dioclétien. 

Le premier document où Ton voie distinguer les deux Phrygies est 
encore le préambule du synode oriental de Sardique (343) (l). Elles 
sont encore indistinctes dans les signatures de Nicée. En revanche, ces 
signatures nous montrent déjà séparées les deux provinces de Lycie 
et de Pampbylie que nous savons avoir été réunies sous la même 
administration en 313 (2). M, Marquardt, qui n*accorde pas une entière 
confiance au catalogue nicéen, remarque qu'on n'a pas, avant la liste 
de Polemius Silvius (v. 385), de témoignage certain sur la division de 
ces deux provinces. Un passage de saint Hilaire permet de remonter 
beaucoup plus haut. Dans son De Synodis, écrit vers la fin de Tannée 
358, il se plaint de Tattilude des évêques du diocèse d'Asie : nam 
absque episcopo Eleusto et paucis cum eo, ex majori parte Asiame decem 
provinctae, intra quas consista , vere Deum nesciunt (3). Il y avait donc 
alors dix provinces dans le diocèse d'Asie, ce qui suppose que la Lycie 
et la Pampbylie étaient séparées, car si les listes de provinces^ depuis 
la fin du iv« siècle, en comptent onze, c'est qu'elles comprennent la 
Lycaonie, constituée vers 373. 

Diocèse de Dacie. — On sait que, sous Aurélien, les Romains qui 
habitaient au delà du Danube, dans la province de Dacie, furent 
ramenés en deçà du fleuve et que l'on forma alors, aux dépens des 
anciennes provinces (Je Thrace, de Mésie supérieure et de Mésie infé- 
rieure, deux nouvelles provinces, la Dacie et la Dardanie. Au temps 
de la Notttia, la Dardanie avait été démembrée et divisée en Dardanie 
et Dacie méditerranéen cette dernière ainsi appelée pour la distinguer 
de l'autre Dacie qui prit alors le titre de Dacie riveraine, Dada ripen- 
sis. Ce dernier nom se rencontre pour la première fois dans le code 
Théodosien en 364, celui de la Dacia mediten^anea en 386 (4). Les trois 
plus anciennes listes de provinces, celle de Vérone, celle de Rufus 
et celle de Silvius, ne mentionnent qu'une seule Dacie. De tous ces 
fiiits, M. Mommsen (5) conclut que le dédoublement de la province de 
Dardanie ne s'est effectué que vers la fin du iv* siècle. 

L'étude des signatures du concile occidental ou orthodoxe de Sar- 
dique (6) porte à croire, au contraire, qu'il y avait déjà deux Dacies en 

(1) Cette distinction n*est pas indiquée dans le texte des Fragments historiques 
de saint Hilaire; mais on la trouve dans le de Synodis (/. c), « ex... Phrygiis dua' 
bus », et dans Théodoret (/. c). 

(2) Cod. Theod., XIII, 10,2. 

(3) HiLAR. De Synodis, (t. II, p. 498). 

(4) Cod. Theod., XV, i, 23; I, 32, 5. 

(5) Mommsen, Mémoire sur les provinces romaines^ èd, française, p. 43. 

(6) 11 y a deux textes de celte liste, Tun à la suite des canons de Sardique, dans 
les collections canoniques, Tautre à la suite de la lettre du concile au pape, dans le 
fragment II de saint Hilaire. Tous les deux sont publiés dans les diverses collec- 
tions de conciles, par exemple dans Hardouin, t. I, p. 631 et G35. 




DUCOESNE. — LES DOCUMENTS ECCLÉSIASTIQUES. 137 



343. J'y trouve sept évêques des provinces qui nous occupent. Voici 
leurs signatures : 



Frotogenes a Dacia, de Serdica, 
Qaudeniius a Dacia, de NaUso, 
Vitalis a Dacia ripemi, de Aquis, 
Calvus a Dacia ripensi, de Castra Martis, 
Vakns a Dacia ripensi, de Isco, 
Paregorius a Dardania, de Scupis, 
Macedonius a Dardania, de Ulpianis. 



Il y a donc trois formules pour désigner les provinces, Dacia^ Dacia 
ripensis et Dardania, Nous obtenons ainsi une mention de la Dacia 
ripensts, de vingt ans plus ancienne que le rescrit allégué par 
M. Mommsen. 

Maintenant, consultons le Synecdemus d'Hiéroclès ; nous y trouve- 
rons les sept villes ci-dessus réparties entre les trois provinces de 
Dacia mediterranea, Dacia ripensis et de Dardania, exactement comme 
elies le sont dans la liste des signatures, sauf que celle-ci porte sim- 
plement Dacia, là où Hiéroclès et, avant lui, la Notitia, portent Dacia 
medilerranea. Il y a donc lieu de croire que là où les trois listes du 
ms. de Vérone, de Rufus et de Polemius Silvius ne nous montrent 
que deux provinces, il y en avait en réalité trois. C*est du reste ce qui 
résulte aussi de Tintitulé de Tencyclique du concile de Sardique, dont 
le texte grec a été conservé par saint Athanase (1). On y voit nommées, 
outre la Dardanie, deux Dacies. Ces documents ont d'autant plus 
d autorité qu'ils ont été rédigés au chef-lieu de l'une des provinces en 
question ; Sardique était la capitale de la province de Dacia méditer- 
ranea. 

Je crois donc qu'il y a lieu d'écarter ici le témoignage des listes et 
d'admettre que la province de Dardanie était déjà divisée en 343. 

Diocèse de Pannonie, — A la iin du iv® siècle, les anciennes 
provinces de Pannonie supérieure et de Pannonie inférieure en for- 
maient quatre : la Pannonie premihe, la Valéne, la Pannonfe deuxième 
et la Savie; celle-ci avait Siscia pour métropole. L'existence des trois 
premières provinces avant le milieu du iv^ siècle est suffisam- 
ment attestée. Il n'en n'est pas de même de la Savie, Elle est sans 
doute mentionnée dans la liste de Vérone; mais l'autorité de cette 
liste étant mise en cause, le document le plus ancien se trouve ôtre le 
bréviaire de Rufus (c. 8), écrit vers «69. Or saint Optât, contemporain 
de Rufus, ne connaît que trois Pannonies (2), ce qui semble indiquer 
que la Savie n'existait pas alors. — Les signatures du concile de 

(!^ T. I,p, 155; cf. Hardouin, 1. 1, p. 655. 

Optât, De nchitm. Donatistarum II, 1. Mommsen, dans le C. I. L. t. III, 

p. 416. 




138 



MÉLANGKS GRAUX. 



Sardique (1. c.) prouvent que Rufus et la liste de Vérone ont raison 
contre saint Optât. On y lit en effet Marcus ab A$ia de Siscia, 
qui doit évidemment être corrigé en Marcus a Sabia de Siscia. 

La passion de saint Quirinus, évèquede Siscia, martyrisé à Savaria 
en 308 ou 309, mentionne la première Pannonie, dont Savaria était la 
capitale, comme distincte de la province où se trouvait Siscia, c*est- 
à-dire de la province de Savie. Cette passion, publiée dans les Acla 
sincera de Ruinart, contient une phrase extraite textuellement de la 
chronique de saint Jérôme (a. Abr. â3âi; éd. Schœne, p. 189] (1); elle 
est donc au plus tôt du temps de Théodose. Il est possible que son 
auteur se soit référé, comme il arrive si souvent dans les documents 
de ce genre, aux divisions administratives en usage de son temps; 
mais il peut se faire aussi quMl se soit exprimé avec une entière 
exactitude. Dans ce cas, il e$t bon de remarquer qu*au temps de la 
mort de Quirinus la ville de Siscia était sous la juridiction du gouver- 
neur de la province voisine de Pannonie première, ce qui serait un 
nouvel exemple de deux provinces réunies sous une môme autorité 
administrative et judiciaire. 

Diocèse dC Italie. — La péninsule italienne était divisée en deux cir- 
conscriptions vicariales : le diocèse suburbicaire, comprenant, Rome 
exceptée, toute Tltalie du centre et du sud, avec les îles, et le diocèse 
dltalte, ou diocè'se annonaire, comprenant le nord, la partie continen- 
tale, avec la Rhétie et les Alpes Gottiennes. La frontière entre les deux 
diocèses fut modifiée dans le courant du iv* siècle et môme plus tard. 
Pour agrandir le diocèse annonaire, les deux provinces septentrionales 
du diocèse suburbicaire, celles de Tuscia et Umbrin et de Flaminia et Pi- 
cenurriy durent céder une partie de leur territoire à4a province d'Émilie 
dans la dioecesis Italiae, Plus tard, il se forma une province de Flamitua 
et Pic num annonarium, appartenant à ce dernier diocèse et distincte 
de la province de Picenum suburbicarium. Grâce à ces changements, la 
ville de Ravenne, qui appartenait d'abord au diocèse suburbicaire, fut 
annexée à Tltalie du Nord. A quelle date cette annexion eut-elle lieu? 
M. Loening, dans son intéressante étude sur les origines des circon- 
scriptions métropolitaines de Tltalie du Nord, la recule jusque vers la 
fin du iv« siècle En 399, une statue fut dédiée à Rome à un Cromus 
Eusebius v. c. Voici Tinscription dédicatoire : Cronio Eusebio v. c, con- 
sulariAerniliae^addita praedictaeprovinciae contuitu vigilantiae et iustitiae 
eius etiam Bavennatium civitate, quae antea Piceni caput provinciae vide- 

(1) Prudence, Peristeph, VII, n'a pas connu la passion de saint Quirinus, mais 
seulement le texte de saint Jérôme où il a cru voir que le corps du saint reposait i 
Siscia, tandis que d*après la passion, dont le témoignage est incontestable en ceci, 
son tombeau était à Savaria. Un peu plus tard, avant le milieu du siècle, on 
transporta ses reliques à Rome (de Rossi, Roma sott,, t. II, p. 420). 

(2) Geschichte des deûtschen Kirckenrtchts, 1878, t. I, p. 443. 



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DUCHESNE. — LES DOCUMENTS ECCLÉSIASTIQUES, m 



batur; meario Ilaliae, quae polestas supra diclo viro ob testimonium ante 
aeii honoris est adtrihuta petUwne senaius, contemplatione vitae atque elo- 
quMiae eius ab inmctissimis principibus est delata (1). Les invictissimi 
principes sous lesquels Eusèbe obtint le vicariat d'Italie ne peuvent 
être qu'Honorius et Arcadius. 11 est difficile de reporter à une date 
beaucoup plus ancienne son gouvernement en Émilie, pendant lequel 
la ville de Ravenne fut rattachée à cette province. M. Mommsen, en 
identifiant Ëusèbe avec le consul de Fan 359 (2), oblige à remonter au 
delà de cette dernière année. Mais cette identification est douteuse. 
Quoi qu'il en soit, les signatures du concile de Sardique conduisent à 
croire qu'en Tannée 343 Ravenne faisait partie du diocèse dltalie. 
Voici les faits : 

Il y avait à Sardique, en dehors des légats du pape, dix évèques de 
la péninsule, cinq du diocèse suburbicaire, cinq du diocèse d'Italie. Les 
premiers ajoutent toujours, à l'indication de leur ville, la mention de 
la province ; les autres se disent simplement ab Italia. Voici la liste : 



Vmcentius a Campania de Capm, 
Januarius U Campania de Benevenio, 
Calepodius a Campania de Neapoli (3), 
Maximus a Tuscia de Luca, 
Stercorius ab Apulia de Canusio, 
Lucius ah Ikdia de Verona, 
Fortunatianus ab Italia de Aquileia, 
Severus ab Italia de Ravenna, 
Ursacius ab Italia de Brixia, 
Protasius ab Italia de Mediolano, 



11 faut d*abord remarquer ici que la classification des sièges épi- 
scopaux se fait, dans le sud de l'Italie, par provinces, tandis que dans 
le nord on n'a égard qu'au diocèse. Et cette façon de parler n'est pas 
particulière aux évèques réunis à Sardique : nous la retrouvons dans 
divers écrits de saint Athanase. Ainsi, au début de sa première apo- 
logie, publiée entre 3i7 et 350, énumérant les provinces où il a recueilli 
des adhésions au décret de Sardique, il nomme V Italie^ le Picenum, 
laToscie, la Gampanie, la Calabre, l'Apulie, le Bruttium, la Sicile, la 
Sardaigne (4) : Tltalie ne semble former pour lui qu'une seule circon- 

(!) C. I. L., VI, 1715. 

(2) Bâmiiche Feldmesser^ II, p. 210. On ne s'explique guère, dans cette hjpo- 
Uièse, eiMiuiient on aurait oublié, dans Téloge épigraphique, de mentionner le con- 
niai de ce personnage. 

(3) L*iBdication a Campania manque dans un des deux textes de la liste, celui des 
eoUectiona canoniques; mais elle se trouve dans saint Hilaire, tr, II, p. 632. Dans 
ce dernier texte, les mots de Neapoli sont tombés ; je les rétablis d*après Tautre 
liste, oà OD Ut Calepodius Neapolitanus, 

\k) Âpol. contra ArianoM^ 1 (t. I, p. 123); Hiit, arian. 28 (t. I, p. 360). Ce dernier 
ovTrage a été écrit en 357. 




MÉLANGES GRAUX. 



scription ; on pourrait citer d*autre$ exemples de cette distribution 
des églises italiennes. 

Mais ce qui intéresse plus directement le sujet que je traite ici, 
c'est la signature de Févêque de Ba venue : Severus ab ItaUa de Ravenna. 
Isolée, cette formule n'aurait pas une bien grande importance; on 
pourrait croire que Sévère a employé un terme de géographie usuelle 
plutôt qu'une expression de la langue administrative. Mais cette expli- 
cation doit être écartée en présence des autres signatures et des con- 
sidérations que je viens de présenter sur l'usage ecclésiastique du mot 
Italie, vers le milieu du iv* siècle. Ravenne, je crois pouvoir le con- 
clure, appartenait, en 343, au diocèse d'Italia annonarîa et non point 
au diocèse suburbicaire. 

Faudra-t-il,pourcela,adopter l'identification proposée par M.Momm- 
sen entre le Gronius Eusebius de 399 et l'Eusèbe consul en 359 ? Pau- 
dra-t-il faire remonter jusqu'à l'année 3i3 au moias le gouvernement 
de ce personnage en Emilie ? Je ne le ferais pas volontiers. On peut 
d'ailleurs tout accorder sans cela. Les circonscriptions provinciales 
furent plusieurs fois remaniées en Italie ; on y voit souvent deux pro- 
vinces unies sous un même gouverneur, puis séparées, puis réunies. 
Il peut se faire que la situation de Ravenne ait changé plusieurs fois 
et qu'après avoir été, sous l'empereur Constant, annexée à TÉmilie, 
elle soit rentrée dans la province de Flaminiaet Ptcenum, pour en être 
détachée de nouveau. 

Dioche des cinq provinces. — La question du dédoublement de 
l'Aquitaine et de la Narbonnaise a été souvent agitée. La liste de 
Vérone présente, il est vrai, deux Aquitaines et deux Narbbnnaises; 
mais des titres comme ceux de vicqnus quinque provinciarum, de ratxo- 
nalà quinque pt^ovinciarum supposent qu'il y a eu un temps où le dio- 
cèse de Vienne contenait cinq provinces et non pas sept, c'est-à-dire 
où l'Aquitaine et la Narbonnaise n'étaient pas encore dédoublées. 
M. Czwalina (/. c, p. 19) ne par\ient pas à ébranler cette position (1); 
reste à savoir quand la division s'est faite. Le plus ancien document 
qui parle d'une seconde Narbonnaise est le concile d'Aquilée (381); 
quant à TAquitaine, elle est déjà divisée dans le BreviaHum de Rufus 
Festus (369). 

(i) L*argument qu*il tire du concile d'Arles (3i4} est sans valeur. Dans les signa- 
tures de ce concile, les évéques de la Viennoise ajoutent le nom de la province à celui 
de leurs cités respectives ; les autres évéques gaulois se bornent à indiquer leurs cités; 
de ce nombre est le prêtre Romanus qui représente révéque d'Apt. M. Czwalina 
en conclut avec raison que la cité d*Apt faisait partie d'une autre province que la 
Viennoise, et à tort que cette autre province était la seconde Narbonnaise : ce pouvait 
être la Narbonnaise unique. Si Ton objecte que la Narbone7isis II ayant été démem- 
brée de la Viennensis, la Narbonnaise où était Apt en 314 était nécessairement la 
deuxième, je répondrai que là Narbonensis If n'a pu être démembrée que de laNar- 
bonensis; autrement elle se serait appelée Viennensis II et non Narbofiensis IL 




DLCHESNE. — LES DOCUMENTS ECCLÉSIASTIQUES. I4i 

11 est étonnant qu'on n*ait encore tenu aucun compte, dans cette 
question, de la liste des provinces gauloises qui figure en tète du De 
Synodù de saint Hiiaire. Cet ouvrage était adressé Dilectissimis et bea- 
tisshnis fratribus et coepiscopis provinciae Gei^maniae primae et Gemantae 
seeundae et primae Belgicae et Belgîcae secundae et Lugdunensis primae 
et Lugdunensis secundae et provinciae Aquitanicae et provinciae Novem- 
popuianae et ex Narbonensi plebibus et clericis ToloSanis et provinciarum 
Bn'tanniarum episcopis. Si la liste n'est pas complète, on peut l'expli- 
quer par diverses considérations. Hiiaire répondait à une lettre collec- 
tive émanée des prélats gaulois et bretons restés fidèles à son sou- 
venir. L'évèque d'Arles Saturninus ne figurait certainement pas parmi 
ces prélats. 11 était, en Gaule, le représentant du parti arianisant et 
ragent fort zélé des volontés de l'empereur. On peut croire que son 
influence s'exerçait sur les prélats de la vallée du Rhône, de la Vien- 
noise et de la Narbonnaise ; car c'est avec l'appui d'un synode tenu 
dans cette dernière province, à Béziers, en 355, qu'il avait réussi 
à déposer Hiiaire et Rhodanius, évêque de Toulouse. Il est donc très 
concevable que les évèques qui avaient condamné Hiiaire en 355 
n'aient point pris part, deux ans après, à une manifestation collective 
en sa faveur. Les prélats des districts alpins, séparés par la Vien- 
noise du reste de la Gaule, et peut-être influencés par le puissant 
évêque d'Arles, ont dû aussi se tenir sur la réserve. Mais on voit très 
bien distinguées les provinces doubles de Germanie, de Belgique, de 
Lyonnaise, tandis que l'Aquitaine et la Narbonnaise sont présentées 
comme uniques. Et cela est d'autant plus remarquable que cette énu- 
mération sort de la plume d'un évèque aquitain, bien placé pour con- 
naître la nomenclature des circonscriptions de son pays, d'ailleurs 
parfaitement au courant de la Narbonnaise, où il avait séjourné 
malgré lui en .355 et sur laquelle son ami et compagnon d'exil, Rho- 
danius de Toulouse, aurait pu le renseigner au besoin. En joignant ce 
témoignage aux indices déjà réunis, on se convaincra, je pense, qu'il 
n'y avait encore, à la fin du règne de Constance, qu'une seule Aqui- 
taine et qu'une seule Narbonnaise (i). 

(1) Ce mémoire a été envoyé à l'impression avant la publication du travail de 
IL Jnllian, De la réforme provinciale attribuée à Dioctétien, dans la Revue historique, 
'Sillet-août 1882. 



L. DUCHESNE. 



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LES TERRES CUITES DE SMYRNE 

KT 

LA STATUAIRE DU QUATRIÈME SIÈCLE 



Les terres cuites d^origine asiatique sont encore très imparfaitement 
coDiuies (I). On sait que depuis Tépuisement des nécropoles de Tana- 
gre et les mesures sévères prises par le gouvernement grec pour 
empêcher les fouilles clandestines, les fouilleurs de profession ont 
émigré en Asie Blineure et ont transporté leur industrie de TupLêcopO^ot 
sur les rivages de Tlonie et de TÉolide. Un certain nombre de figu- 
rines entières et plusieurs centaines de tètes en terre cuite sont 
entrées ainsi dans le commerce, et se sont disséminées en Europe 
dans diverses collections publiques ou privées. Placées à côté des fi- 
gurines de Tanagre , les nouvelles venues d^Anatolie pouvaient satis- 
faire Tœil de Tartiste ; mais elles devaient mettre à une rude épreuve 
la sagacité des archéologues. En effet, parmi ces figurines, les unes 
étaient le produit d'une fabrication éhontée, propres à jeter le discré- 
dit sur tout Fensemble des terres cuites dites asiatiques (2) : les autres, 
de beaucoup les plus nombreuses , arrivaient en Europe, à Paris sur- i 
tout, sans indication précise de provenance, ou avec des indications 
falsifiées à dessein, afin de dérouter les archéologues et d'empêcher les 

(1) Voir la bibliog^phie des terres cuites d'Asie Mineure , publiées jusqu'en 
1179, dans la Gazette archéologique, t. V, p. 194. Une collection de très belles pièces 
ssiatiqnes a été publiée récemment par M. Frobhnbr, Terres cuites d'Asie Mineure, 
ISSi ; mais les proYenances indiquées par Péditeur ne doivent être acceptées qu'avec 
rcMTve , et quelques-unes sont manifestement erronées. Sur le caractère général 

terres coites asiatiques, voir les pages remarquables de M. Rayet, Gazette des 
BemÊX'ÀrUy 1878, p. 362 sq. ; il y décrit les collections exposées au Trocadéro en 
ir78. 

(S) Sur la fabrication des terres cuites à Smyme, à Athènes et en Italie , voir 
arckéoL, 1878, p. 201 ; 1879, p. 190; Contemporary Review, nov, 1878, p. 858; 
arekéol,, V Txxrif p. 137; Rayet, Catalogue^ p. 30. M. Lenormant a donné 
raeemmeot à TAcadémie les plus curieux détails sur les ateliers de faussaires en 
Onade Orèce. C'est là, en effet, et non à Smyrne et à Athènes, que la plupart des 
terres oûtes (ausses ont été fabriquées. 




MÉLANGES GRAUX. 



gouvernements européens d'entreprendre des fouilles régulières dans 
les nécropoles exploitées par les marchands. G*cst ainsi que les plus 
belles figurines asiatiques ont été désignées à Torigine sous le nom 
général de tefres cuites d'Éphèse (1), alors que la nécropole de cette ville 
n'a jamais donné que des fragments grossiers, et que la véritable 
provenance des objets vendus comme éphésiens était Smyme, Myrina 
ou Pergame (2). 

11 y a quelques années, un grand marchand d'antiquités de Paris, 
M. Hoffmann, avait reçu toute une collection de figurines asiatiques. 
M. de Longpérier déclara que c'était une collection de faux. Justement 
alarmé et justement incrédule, M. Hoff'mann fit appel à l'obligeance de 
M. Waddington, alors présidentdu Conseil, qui se trouvait en relations 
avec un riche propriétaire des environs de Smyrne, M. Aristide-bey 
Baltazzi, sur les domaines duquel des fouilles récentes avaient fait dé- 
couvrir un certain nombre de figurines. M. Waddiugton obtint quel- 
ques spécimens de la collection Baltazzi (3), dont la presque totalité avait 
malheureusement été volée : et ces spécimens suffirent à démontrer 
l'authenticité de la collection de M. Hoffmann. L'enquête de M. Wad- 
diugton eut encore cet excellent résultat de faire obtenir à rÉcoIe 
française d'Athènes le droit d'explorer méthodiquement la nécropole 
de Myrina, comprise dans les domaines de M. Baltazzi. Les fouilles 
entreprises sur ce terrain depuis le mois de juillet 1880 par M. Pottier 
et moi ont produit une importante collection de figurines (4), qui 
permettent de fixer exactement les caractères de la fabrique de Myrina, 
comme les fouilles de Langlois, en 1852, ont fourni des renseigne- 
ments précis sur les caractères dé la fabrique de Tarse. 

Outre ces deux nécropoles, dont la dernière n'a donné d'ailleurs 
que des fragments, il faudrait en citer un grand nombre d'autres oii 
les marchands et les paysans ont seuls fouillé jusqu'à présent. 
M. Rayet, qui ignorait la nécropole de Myrina, a nommé (5) les fabri- 
ques de Pergame (6), de Cymé (7), de Smyrne, d'Éphèse, de Magnésie 

(1) V. Gaz. archéol., 1879, p. 193 et le catalogue de M. Rayet, p. 30. 

(2j Voir le recueil d'héliogravures publié à Berlin, sous le titre de Griechiscke 
Terracotten aus Tanagi^a und Ephesos, 1878, n»» 29, 30, 31, 32. U Hercule debout 
{n^ 32) est probablement une des œuvres les plus remarquables et les mieux conser- 
vées de la fabrique de Smyrne. 

(3) Publiées dans le recueil cité de M. Frœhner, nos 17, 24, 27, 38. 

(4) Voir les quelques spécimens publiés dans le Bulletin de Correspondance hel' 
Unique de 1881 et de 1882. 

(5) Catalogue de la Collection de Jf. 0. Rayet, p. 30. 

(6) Les terres cuites de Pergame sont connues par quelques beaux spécimens da 
Musée de Berlin et de la collection Millosicz à Vienne. La récente exploration alle- 
mande n'en a pas rencontré. — V. aussi Gaz, archéol,,, 1879,. p. 237, pl. 33; Rayet, 
Monuments, liv. III. 

(7) J'ai pratiqué, pendant l'hiver de 1881, des fouilles à Cymé; mais les terrains 
ont presque tous été plantés de vignes depuis cinq ans» et je n'ai pu découvrir 




s. REINACH. — TERRES CUITES DE SMYRNE. 145 



do Méandre, de Hilet et de Mylasa. M. Froehner, dans son récent 
volume sur les figurines d'Asie Mineure^ en attribue plusieurs aux 
fabriques de Grynium et de Pbocée, dont l'existence est plus que 
problématique. Les figurines dites de Grynium sont des figurines de 
Myrina, dont l'emplacement a souvent 'été confondu avec celui de 
Grynium; d'autre part, les terres cuites de toute l'Éolide sont appelées 
par les marchands de Smyme terres cuites de Phocée. J'ai eu l'occasion 
de voir à Smyrne des figurines intéressantes trouvées à Érythrées, 
Aegae, Colophon, Samos, Mételin et dans la Crète (I), dont les nécro- 
poles, peu connues en Europe, ont pu fournir beaucoup de figurines 
importées comme'statuetles d'Éphèse, de Cymé ou de Phocée (2). Le 
grand nombre des provenances diverses de ces petits objets, le secret 
gardé par les auteurs de fouilles clandestines, la difficulté enfin de 
reconnaître l'origine d'une statuette à son mode de fabrication et l'ex- 
trême rareté de spécimens authentiques de chaque provenance, tout 
concourt à rendre impossible, pour le moment, une classification 
scientifique des terres cuites venues de Smyrne en Europe. Tout ce 
que Ton peut faire, c'est d'étudier sur place des collections particu- 
Uëres formées d'objets de provenances bien constatées, et de fixer 
ainsi on certain nombre de critériums propres à faire reconnaître les 
statuettes de même provenance dans les diverses collections euro- 
péennes (3). C'est ce travail que j'ai entrepris pour les terres cuites 
de Smyrne, en examinant de près une riche collection de fragments 
tous découverts sur le Pagus : je veux résumer brièvement les résul- 
tats auxquels je suis arrivé. 

qa^ane trentaine de stàtuettes, la plupart très grossières. Il est certain toutefois 
qa*avanC la plantation des yignes, beaucoup de statuettes remarquables ont été ex- 
traites <le la nécropole de Cymé. M. Lécuyer, à Paris, en possède de fort belles, que 
doit publier M. Cartault. La seule qui ait été publiée, et dont la provenance paraisse 
certaine, est décrite dans la Gaz, archéol., 1879, p. 189, pl. 25. 

(1) La plupart des figurines de Crète qu*on trouve dans le commerce depuis 
deux ans sont fabriquées à Smyme; mais j*en ai vu de parfaitement authentiques, 
qui sont des morceaux de grande valeur. Il y a une jolie collection de terres cuites 
d'Érythrées au Musée de TÉcole évangélique à Smyrne. La terre est rouge et peu 
cuite, comme celle de Colophon. Le même musée possède une terre cuite de Tralles 
avec la signature AITTIOXOr. Enfin M. Gustave Schlumberger a publié dans la Gaz. 
archéot. (1880, p. 191) des terres cuites de Coloé qui lui ont été envoyées de Smyme. 

(2) La fabrique de Chypre est bien connue par les fouilles récentes. J*ai vu au 
Musée de Constantinople de jolies têtes en terre cuite trouvées à Ilion. Mais il serait 
impossible de dresser aujourd'hui la liste des nécropoles de TAsie Mineure où Ton 
trouve des figurines : je pense qu'elles doivent être en très grand nombre. 

^3) Les critériums fondés sur la qualité de la terre sont encore très insuffisam- 
aent établis, malgré les travaux de MM. Rayet, J. Martha etFroehner. Il faut d'ail- 
leurs éYÎier de leur attribuer une importance trop grande, car les procédés de fabri 
catkm ont pu varier dans une même localité. L'étude des détails matériels, commé 
moyen de reconnaître les provenances, ne doit jamais être séparée de l'étude du 
style et des motifs favoris. 



MKLAKOBS O^UX. 



10 




146 



MÉLANGES GRAUX. 



I 



La nécropole du Pagus a été fouillée très anciennement, peut-être 
môme avant Tépoque byzantine (1), par les chercheurs de bijoux et 
d'objets précieux. Ceux-ci, après avoir ouvert les tombeaux et enlevé 
ce qui leur convenait, ont rejeté la terre en brisant les figurines, dont 
les fragments, mêlés à la terre et à des débris de tout genre, se sont 
trouvés accumulés sur certains points. Pareil fait, suivant Topinion 
de Langlois, se serait produit à Tarse, où l'on n'a rencontré que des 
fragments formant un véritable Monte Tesiaccio sur l'emplacement de 
la nécropole (2). Les figurines entières, ou pouvant être recollées, 
sont d'une extrême rareté àSmyrne. Celles que j'y ai vues diffèrent en 
général, par le style et les procédés de fabrication, des fragments 
qui se rencontrent en bien plus grand nombre. Elles ont été tirées des 
tombeaux épargnés par les anciens fouilleurs et paraissent appartenir 
à une époque plus récente (3). Nous proposerons donc, pour les terres 
cuites de Smyrne, une première classification en deux groupes dont 
voici les caractères saillants : 

L — Premier groupe. Terre rouge sombre avec un noyau noir, 
pailletée de mica (4), très-cuite et très-dure (5), sans adhérence pous- 
siéreuse. Presque toutes ces figurines portent la trace d'une dorure 

(1) Le crime de la Tu|i^pux^a devait être fréquent k Smyrne, à en juger par le9 
inscriptions funéraires où les TU(i6â>puxo( sont menacés de fortes peines (voy. Vidal- 
Lablachb, Commentatio de titulis funebribus graecis in Asia Minore^ p. 60). Au m* 
et au lY^ siècle de notre ère, la violation des sépultures devint une habitude géné- 
rale. L'influence du christianisme y contribua autant que la cupidité et le désordre 
des temps. Comme témoignage de cette coutume, voyez les quatre-vingt-cinq épi- 
grammes de saint Grégoire xarà Tv(i6(i>pvx(>»v , Anthol. Palat., 170-254. — De la 
même manière qu'à Smyrne et à Tarse, un grand nombre de tombeaux de la Russie 
méridionale ont été violés avant l'époque chrétienne (Stephani, Compte rendu de 
la commission archéologique, 1864, p. 6). 

(2) Voy. toutefois Heuzey, Gazette des Beaux-Arts, 1876, p. 398, qui préfère y 
voir, avec Barker, des rebuts de fabriques. M. Froehner {Terres cuites de l'Asie Mi- 
neure, p. 5) est revenu à Topinion de Langlois. 

(3) J'ai rapporté au Musée du Louvre une de ces statuettes, en même temps qu*an 
certain nombre de têtes et de fragments de l'ancien style. 

(4) Parmi les terres cuites de l'Asie Mineure, il n'en est guère où un examen 
attentif ne fasse découvrir des paillettes de mica. Cela tient à ce que les coroplastes 
se servaient de la boue argileuse des fleuves (l'Hermùs, le Méandre, le* Pythicus, le 
Calcus, etc.) qui charrient tous des paillettes. Je crois que les terres cuites qui ooD' 
tiennent le plus de mica sont celles de Smyrne ; puis viennent celles de Pergame, 
d'Érythrées, de Myrina et de Cymé. Je ne connais pas les terres cuites de Sardes 
dont parle M. Froehner. 

(5) M. Ratet (Catalogue, p. 30) se trompe en donnant à la terre de Smyrne 
Tépithète de friable. Il m'est arrivé d'en laisser tomber à terre des fragments sans 
qu'il se produisît la moindre cassure, alors qu'un petit choc suffit souvent pour 
mettre en morceaux les terres cuites de Myrina et de Cymé. 




s. REINACH. — TERRES CUITES DE SMYRNE. 147 



complète, non pas limitée, comme dans les statuettes d'autres prove- 
nances, aux ornements et aux franges des draperies, mais également 
répandue sur tout le corps et même sur la tête (1). Ainsi dorées, les 
figurines de Smyrne devaient présenter l'aspect de petits bronzes (2}, 
dont elles étaient probablement des surmoulages, suivant la remarque 
de M. Rayet (3). Le traitement de la barbe, des cheveux et des drape- 
ries, la précision pour ainsi dire métallique avec laquelle sont accusés 
les muscles et les os, font penser immédiatement à des originaux de 
bronze, comme certaines statues en marbre copiées sur des bronzes 
grecs. Tandis que dans les figurines de Tanagre le revers n'est presque 
jamais moulé avec autant de soin que la face {Â) , c'est au contraire 
la règle dans les terres cuites de Smyrne. Les terres cuites dorées 
présentent peu de traces d'autres couleurs, et jamais la décoration 
polychrome n'est aussi vive qu'à Tanagre; toutefois, les têtes de 
grotesques sont souvent recouvertes entièrement d'une couche de 
vermillon ou de rouge vineux. 

Un détail caractéristique et bien remarquable des figurines de 
celte fabrique est l'absence complète de trous d'évent (5), qui se ren- 
contrent sur le revers de presque toutes les figurines de la Grèce et 
de l'Asie. L'absence du trou d'évent, jointe à la couleur rouge de la 
terre et aux traces de dorure sur les chairs, peut suffire à faire re- 
connaître les terres cuites de Smyrne appartenant à cette première 
catégorie. 

n. — Deuxième groupe. Terre rouge clair ou jaune à noyau grisâtre, 
beaucoup moins dure que la précédente et beaucoup moins cuite, 
pailletée de mica et poussiéreuse. J'ai vu trop peu de pièces de cette 
seconde classe pour affirmer que le trou d'évent manque d'une ma- 
nière constante. Le traitement des muscles et des draperies ne rappelle 
plus le travail du bronze. Les types féminins, très rares dans la 
première catégorie, dominent dans la seconde. 

Il y a lieu de mentionner en outre une troisième catégorie de 
terres cuites qui paraissent être fort rares. Ce sont des statuettes cou- 
vertes d'un épais vernis soit vert, soit jaune brun, qui leur donne 
toute l'apparence de la porcelaine. H. Siméon Passadopoulo, numis- 

(1) UiM couche de jaune brun ou de rouge serrait de subêtratum à la dorure. 
Voir sur cette question de technique encore obscure Ratbt, Catalogue, p. 30, et 
FftomfSR, op. et/., p. 27. 

(2) Lliabitnde de dorer les bronzes est trës ancienne. On sait que Néron fit cou- 
vrir dm dorure le Neptune colossal de Lysippe (Plinb, N. H., 34, 63). Cf. les obser- 
vaAioBS de M. de Witte sur THercule Mastal {Annali, U zl, 1868). 

(3) Catalogue^ p. 30, et Gazette des Beaux-Arts, 1878, p. 363. 

(4) J. Maktba, Catalogue de la collection de la Société archéologique d'Athènes, 
p. zxi. 

(5) n manque également dans les figurines athéniennes du style récent (Martra^ 
Cmtmiogue, p. xxn). 



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148 



MÉLANGES GRAUX. 



mate à Smyrne, possédait un bras long de 0", 15, d'un admirable tra- 
vail, qui provient d une grande statuette vernissée en Jaune brun. La 
partie inférieure du bras est entourée d'une draperie vernissée en 
vert pâle. J'ai fait photographier cet important morceau, en même 
temps que quelques petites têtes en haut relief, vernissées en Jaune et 
en vert, qui proviennent également du Pagus. La seule terre cuite 
entière de ce genre que j'aie rencontrée est une danseuse, vernissée 
en brun clair, trouvée à Cymé et acquise en 1882 par le Musée du 
Louvre (1). Un fragment analogue, que j'ai découvert moi-môme à 
Cymé, est au Musée de Tchinly-Kiosk , à Constantinople. 



Si l'examen des caractères de la fabrication et des particularités 
de la terre fournit, pour la classification des terres cuites, des indices 
qui ne sont pas à dédaigner, l'étude des motifs traités de préférence 
et des qualités du style conduit à des conclusions non moins certaines 
et d'une importance plus générale. 

Le caractère distinctif de toutes les figurines de Smyrne qui ne 
sont pas des caricatures, est la petitesse relative de la tête par rapport 
au reste du corps. On reconnaît là, au premier coup d'œil, l'influence 
du canon de Lysippe, qui consacra, comme on le sait, cette recherche 
des formes élancées (2), si sensible dans les copies que nous avons 
conservées de ses œuvres. Les caractères du style de Lysippe se re- 
trouvent encore, d'une manière frappante, dans le dessin des tètes de 
notre première série : les yeux sont profondément enfoncés, le nez 
mince et très long, la coupe du visage d'un ovale prononcé. Tous 
les muscles sont indiqués avec une précision qui touche parfois à la 
sécheresse (3), mais qui dénote toujours une connaissance profonde 
de l'anatomie. Quelques-uns des fragments que j'ai étudiés sont de 
dimensions tout à fait insolites, et les figurines dont ils ont fait partie 
mesuraient au moins 80 centimètres de hauteur (4). A en juger par 
les fragments qui restent, surtout par les têtes et les bras, elles ont dû 
être de véritables chefs-d'œuvre, bien supérieurs, je n'hésite pas à le 
dire, à toutes les terres cuites de la Grande Grèce et de Tanagre. 

(1) Sur le revers du socle, on lit en creux le nom 4»ANrroir. Cest la seconde 
signature que Ton rencontre sur une terre cuite de Cymé; encore la première 
(MAIKYOS, de la collection Rayet) n*est-elle pas d*une lecture certaine. 

(2) PuNB. N. H., 34, 8, 19, 65. 

(3) Lysippe avait produit uniquement des statues de bronze, où cette sécheresse 
dans le rendu des muscles est presque inévitable. 

(4) La plus grande terre cuite trouvée en Asie Mineure a 64 centimètres de 
haut. Elle provient de la nécropole de Myrina et a été publiée par M. Froehnkr, 
op, ct7., pl. XXXV (où elle est donnée à tort comme provenant de OryniuQi). — Col- 
lection Hoflbiann. 



II 



« 




s. REINACH. — TERRES CUITES DE SMYRNE. 149 



On peut placer la fabrication des terres cuites de l'ancien style 
entre la fin du ly* et le milieu du ii* siècle avant notre ère. Celles du 
style récent que j'ai eues entre les mains m*ont paru des œuvres assez 
vulgaires, et probablement postérieures au siècle av. J.-C. 

Les types affectionnés par Tancienne coroplastie de Smyme suffi- 
sent à distinguer cette fabrique de toutes les autres fabriques du monde 
grec. On sait que dans la Grèce proprement dite, si Ton fait abstraction 
des figurines archaïques et généralement très grossières, les images 
des divinités supérieures sont fort rares (1). Déméter, Cora, Hermès et 
Aphrodite sont à peu près les seules dont il existe plusieurs exem- 
plaires nettement caractérisés (2). Parmi les 1,028 objets de terre- 
cuite qui composent la collection de la Société archéologique d'Athè- 
nes, il n*y a ni un Jupiter ni une Héra. M. Heuzey a observé de même 
que, dans les fragments de Tarse conservés au Louvre, il n'existe ni un 
Jupiter en ronde-bosse , ni une Héra, ni une Artémis : les types de 
Vénus et de Bacchus y sont au contraire nombreux. Dans les nécropoles 
de Myrina et de Cymé, on ne rencontre, sauf de rares exceptions, que 
des Vénus, des Bacchus et d'autres divinités secondaires. Il en est 
tout autrement à Smyme. Le type d'Aphrodite y est moins fréquent 
que dans le reste de l'Asie : par contre, on y trouve d'admirables têtes 
de Jupiter, en particulier de Jupiter-Sérapis, les seules œuvres de la 
coroplastie où le maître des Dieux soit représenté avec la même ma- 
jesté que dans la statuaire. Mais le type prédominant est celui d'Her- 
cule, tantôt placide, tantôt douloureux, tantôt gai ou irrité. En dehors 
de la série des caricatures, on ne trouve pas de figures de genre; mais 
les grotesques, les masques comiques sont très nombreux, et les cari- 
catures licencieuses ne manquent pas, tandis qu'elles ne se rencon- 
trent ni à Myrina ni à Cymé. Je ne saurais mieux faire, pour fixer les 
idées à cet égard, que de reproduire une partie du catalogue de la 
collection de figurines que j'ai eu l'occasion d'étudier à Smyme. 

1* Dimx supérieurs. — 1. Tète de Jupiler Olympien, avec une couronne de 
feoillage. H., 0,06. L., 0,06 (3). — 2. Tête de Jupiter couverte d'une couche 
de vermillon, cuite avec la figurine (?) et devenue semblable à un vernis. 
H., 0,04. L., 0,03.-3. Tête de Jupiter complètement dorée. H., 0,06. L., 0,04. 

(1) Les dÎTinités inférieures, Bacchus et son cortège, Silène, les Amours et les 
Oéniett se trouTent en grand nombre à peu près partout. Les types d'Hercule, dans 
la coroplastie grecque, sont le plus souvent des caricatures. Voy. Martha, Cata- 
logfue, n** 399, 904, 925, 926. 

(2) Encore les groupes dits de Déméter et Cora penvent-ils souvent admettre une 
explication réaliste. Il en est de même du type d*Aphrodite (Ratbt, Gazette des 
Beaux-Arts, 1878, p. 355). 

(3) Cette téte, que j'ai fait photographier de profil, et qui est malheureusement 
motilêe dans le haut, rappelle exactement le profil de la téte du Jupiter Olympien 
sur la monnaie d'Élis (Mionnvt, II, 201, 1). 




fSO 



MÉLANGES GRAUX. 



— 4. Tête de Jupiter Sérapis (I). Cheveux et barbe teints en rouge brun, «u6- 
stratim de la couche de dorure qui a disparu. H., 0,06. L., 0,05. — 5. Tête de 
Jupiter Sérapis, type rappelant le Jupiter d'OtricoIi, avec de longues boucles 
descendant le long du cou. H., 0,07. L., 0,04. — 6. Tète de Jupiter Sérapis 
couverte d'un vernis rouge. H., 0,06. L.,0,04. 

Toutes ces têtes de Jupiter sont de la plus grande beauté, et leurs dimen- 
sions indiquent des figurines d'environ 0,45 de haut. 

7. Tête de Minerve casquée. H., 0,07. L., 0,05. — 8. Autre semblable peinte 
en vermillon. H., 0,05. L., 0,04 (2). 

9. Tôle d'Apollon lauré. Les yeux, très allongés, ont la pupille creusée. 
H., 0,07. L., 0,06. 

10. Fragment d'une Vénus nue, presque accroupie, portant la main à sa 
jambe droite. Elle est ornée d'un collier, de deux bracelets au bras, de deux 
ornements semblables à la jambe et de deux bandeaux dorés croisés sur la 
poitrine avec trois boules en pastillage (3). Style de décadence. H., 0,08. 



2* Divinités secondaires. — 11. Grande tète d*Hercule placide, d'une perfec- 
tion de travail admirable. H., 0,075. L., 0,06.— 12. Tète d'Hercule souffrant, 
penchée sur l'épaule droite. H., 0,045. L., 0,04. — 13. Tète d'Hercule pladde. 
H., 0,04. L., 0,03. — 14. Tète d'Hercule souffrant (?). Le type de cette tête est 
très allongé, l'expression plaictive et résignée comme celle d'un Ecce-Hmo, 
H., 0,055. L., 0,04. — 15. Revers de la tète et du torse d'un Hercule, identique 
à l'Hercule Famèse. H., 0,10. L., 0,09. — 16. Fragment d'une jambe d'Her- 
cule de dimensions colossales. H., 0,17. L., 0,09. - 17. Tète d'Hercule souf- 
frant, inclinée à gauche. H., 0,05. L., 0,04.-18. Fragment d'une grande tète 
d'Hercule joyeux. H., 0,08. L., 0,07. — 19. Caricature d'Hercule combattant, 
armé de cestes. Il manque le bas des jambes. H., 0,17. L., 0,06. 

20. Tète de Gyclope. Il a un troisième œil au milieu du front. Exemplaire 
unique de ce type dans la coroplastie. H., 0,04. L., 0,05. 

21. Grande tète de Bacchus, couronné de fruits, de feuilles et de fleurs. 
Nombreux restes de dorure. H., 0,08. L., 0,08. 

22. Silène couronné de fleurs. La barbe est travaillée avec une extrême 
minutie comme avec la pointe d'une aiguille. H., 0,04. L., 0,03. 

23. Tête de Méduse, creuse à l'intérieur et surmontée d'un goulot. Motit 
très rare (4). H., 0,10. L., 0,06. 

24. Groupe d'Éros et Psyché, intact, appartenant à la seconde époque. 
Travail médiocre. Le même tombeau d'où ce groupe provient contenait un 

(1) Ce type de Jupiter-Hadès, reconnaissable au calathos, serait dû à Bryaxis, 
collaborateur de Scopas et de Léocharès dans la décoration du mausolée d*Halicar- 
iiasse. Cf. OvERBBCK, Kunsimythologie, I, p. 305. La tête de Jupiter Sérapis parait 
sur les monnaies de plusieurs villes de TAnatolie, Temnos en Ëolide, Téos en lonie, 
Hermopolis en Lydie, Hiérapolis en Phrygie.'etc. 

(2) Le type de Minerve est extrêmement rare dans la coroplastie. La collection 
d'Athènes n'en contient pas un seul exemplaire. 

(3) Sur cette profusion d'ornements, voir Pline, N. H. 33, 12; Mus. Borbonico, 
II, pl. 35. 

(4) V. Treu, Griechviche Thongefâsse in Statuetten und BUsten-foimen; Win- 
ckelmanns Fest-programm^ 1875. 



L., 0,07. 




s. REINACH. — TERRES CUITES DE SMYRNE. 151 



groupe semblable mais on peu plus grand, qui a été vendu, ^ensemble de la 
composition rappelle le groupe célèbre du musée Capilolin. Les deux cbeve- 
lures sont surmontées sur le devant d*un apex. Le revers est modelé et il n'y 
a pas trace de trou d'évent. Restes de dorure sur la draperie de Psyché. 
H., 0,145, L., 0,07 (1). — 25. Fragments d'un groupe d'Éros et Psyché, dans 
nn style intermédiaire entre les deux époques. Tout le -corps de Psyché, allongé 
et grêle à Texcès, est doré. Il est nu jusqu'à la ceinture (H., 0,26}. Le torse de 
l'Éros (H., 0,13) conserve aussi des traces de dorure. Une plinthe, dans le 
genre de celles de Tanagre, porte les pieds de TÉros, d*un travail très soigné. 
Pas de trou d'évent. A ajouter, comme le groupe précédent, au catalogue 
dres^sé par M. Collignon des représentations d'Éros et Psyché (2). 

3» Divers. — 26. Tête de jeune homme. Les pupilles des yeux sont creu- 
sées. Très beau style. H., 0,08. L., 0,06. — 27. Très belle tête de femme, cou- 
ronnée de ûeurs et de feuilles. H., 0,07. L., 0,05. — 28. Tête d'éphèbe, penchée 
à droite. H., 0,07. L., 0,05. — 29. Tête d'enfant avec diadème de feuillage. 
Les traits sont fortement accusés. H., 0,055. L., 0,04. — 30. Tête de femme 
diadémée penchée à gauche, entièrement dorée. H., 0,05. L., 0,04. — 31. Tête 
d'homme couronné de lierre, ressemblant au prétendu Sénèque, La barbe et 
la couronne sont dorées. H., 0,04. L., 0,04. — 82. Tête d'éphèbe identique à 
celle de TApoxyomène. Admirable travail. H., 0,05. L., 0,04. — 33. Tête d'en- 
fant coiffé d'un pétasos; restes de dorure. H., 0,05. L., 0,045. — 34. Tête 
d*homme avec un bonnet phrygien. Complètement dorée. H., 0,065. L., 0,04. 
— Je si^ale en outre plusieurs têtes d'un caractère très prononcé, dont l'une, 
avec de longs cheveux tombant sur le cou (H., 0,05. L., 0,04), parait être une 
tête de guerrier barbare. 

35. Torse de jeune homme avec de nombreuses traces de dorure. Le re- 
vers est modelé. Pas de trou d'évent. Travail très remarquable. H., 0,20. 
L., 0,07. 

36. Torse d'homme assis, la jambe gauche avancée. La jambe droite porte 
un ornement doré. Très beau style. H., 0,14. L., 0,08. 

37. Fragment de femme debout, drapée, tenant une patère à la main, do- 
rée presque en entier (Vénus?). H., 0,15. L., 0,06. 

38. Torse d'éphèbe, vivement incliné sur la gauchei Revers modelé, sans 
troQ d'évent. L'attitude rappelle TApollon Sauroctone. H., 0,08. L., 0,055. — 

39. Enfant assis, levant les deux bras, entièrement doré. H., 0,04. L.,0,04. 

4* Grotesques et caricatures. Ils sont extrêmement nombreux et de 
types très variés (3). 

(1) Un groape analogue est publié par M. Froehner, op. ci7., pl. XXI. 

(2) Une figurine de Vénus, analogue à celle de Psyché que nous venons de dé- 
crire, et provenant aussi de Smyrne, fait partie de la riche coUeclion de M. Camille 
Léeuyer. Une autre, de formes également très élancées, était exposée par M. Bellon 
la Troeadéro (gravée dans la Gazette des Beaux- Arts, 1878, p. 357). Comparer encore 
V Aphrodite et Eros, dans la collection de M. de Hirsch (Froehner, op, cit.f pl. III). 
Toutes ces figurines appartiennent au style de transition. 

(3) Voyex. pour des types analogues en terre cuite, Archaologische Zeitung, 1853- 
p. 246; 1855-56, pl. LXXVII. Froehner, Terres cuites de t Asie Mineure, pL XXXI, 



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MÉLANGES GRAUX. 



40. Tête d'acleur comique avec perruque peinte. H., 0,05. L., 0,05. — 41. 
Grande tète avec nez épaté. H., 0,065. L., 0,05. — 42. Grande tète d'homme, 
aux traits durs et expressifs, les cheveux longs et les yeux fermés. H., 0,065. 
L., 0,055. — 43. Tète de grotesque avec des traits de nègre. H., 0,06. L.,0,0o. 

— 44. Grotesque coiffé d'un bonnet à mailles. H., 0,065. L., 0,07.-46. Tête 
de grotesque, très allongée; le cou, long et mince, est percé de part en part 
à sa partie inférieure. H., 0,07. L., 0,0*. 46. Tète grotesque au regard de 
chien, colorée en vermillon. H., 0,06. L., 0,04.-— 47. Devant d'une tète comi- 
que avec cheveux dorés. H., 0,04. — 48. Tète de comique tirant la langue. 
H., 0,03. L., 0,035. — 49. Tète comique avec nez énorme, la bouche grande 
ouverte et de tout petits yeux. H., 0,03. L., 0,05. 

60. Grotesque à très grosse tète et très petit corps. Manquent les jambes. 
Revers modelé sans trou d'évent. H., 0,08. L., 0,05. —51. Grotesque chauve, 
portant les deux mains à son cou (pendu?). Sur la nuque, un anneau circu- 
laire pour suspendre la figurine. H., 0,08. L., 0,055. 

68. Tète d'homme à front fuyant, les cheveux hérissés. H., 0,055. L.,0,0i5. 

— 63. Tète de comique, avec la pupille creusée. H., 0,045. L., 0,04. — 54. 
Enfant à tète de nègre, courant. Il est vêtu d'un caleçon. H., 0,07. L.,0,04. — 
65. Grotesque couronné de lauriers, parlant. La tète est tournée à droite, le 
torse à gauche, les jambes et le bassin à droite. Très maigre avec une tète dé- 
mesurément grosse. Sans doute la caricature d'un orateur. Pas de trou 
d'évent. fl., 0,012. L., 0,05. 

La collection que j*ai étudiée comprend encore un certain nombre 
de statuettes fort singulières. Ce sont des femmes uues, d*une extrême 
maigreur, le ventre très proéminent et les mamelles pendantes. Le 
travail, soigné par endroits, est quelquefois si sommaire que Ton voit 
le modelé des jambes indiqué par de grossiers méplats. L*une de ces 
figurines (H., 0,13. L., 0,04) a une tète de négresse très caractérisée. 
Une autre est debout, les jambes serrées comme dans une gaine, avec 
Tattribut du sexe très accusé, ouvrant avec ses deux mains une fente 
verticale entre le bas de ses mamelles et le bas du ventre (H., 0,12. 
L., 0,04). Plusieurs autres enfin, analogues aux précédentes par l'exa- 
gération intentionnelle de la maigreur, sont représentées parturientes, 
cruribus utrinque sublevatis. J'indique ces sujets bizarres, sans tenter 
de les expliquer (1). Je me contente d'indiquer aussi quelques moules 
en terre-cuite de groupes érotiques, où des sympkgmata aussi hardis 
que ceux de Pompéï sont dessinés avec une rare perfection. 

Les figures d'animaux, en général si médiocres'dans les oeuvres des 
coroplastes grecs, paraissent avoir été traitées par les artistes de Smyrne 
avec une grande habileté. Je signalerai particulièrement (56) une tète 

XXXVI, XXXVII. Gaz. archéoL, 1878, p. 185, pl. XXXIU; Rayet, MonumenU, liv.i 
et 3; Stephani, Compte-rendu, 1866, p. 71 et 1878, pl. II; catalogue Pourtalès, n« 837 
et p. 153; catalogue Barre, no* 415-432; catalogue Sabattini, n»* 159 et 160, etc. 

(1) U faut peut-être y voir simplement des ànotooicaia , suivant la théorie de Ste- 
phani [Compte-rendUy 1865, p. 193). 




s. REINACe. — TERRES CUITES DE SMYRNE. 



de chien d'un très beau style (H., 0,07. L., 0,05), une tête de cheval 
harnaché (57) ressemblant à la tète du cheval du Mausolée, une 
lionne (58), un singe (59), un taureau marchant (60) d*un admirable 
modelé (H., 0,10. L., 0,07). Mais le plus remarquable fragment de ce 
genre est un cheval lancé au galop (61) dont il ne reste que le corps 
et le commencement des jambes. Il porte une couverture très riche et 
un collier. Dans le ventre du cheval, entre la sangle et les jambes de 
devant, est pratiqué un trou destiné à recevoir un soutien. Le bas du 
corps du cavalier est seul conservé : c'est un guerrier combattant, le 
torse tourné vivement vers la gauche, la jambe gauche un peu relevée. 
Le travail de ce morceau fait vivement regretter Tétat de mutilation 
où il nous est parvenu. 

Enfin, parmi les fragments très nombreux de la même collection, 
je citerai encore (62) une main de grandes dimensions (H., 0,045. 
L., 0,045), entièrement dorée et tenant l'extrémité d'une massue, dorée 
également. Cette main est modelée comme les meilleurs bronzes de 
l'époque grecque. Elle a sans doute fait partie d'une de ces statues 
d'Hercule, que prodiguait l'art des coroplastes de Smyrne, et dont les 
dimensions surpassaient encore celles des grandes figurines dont nous 
avons décrit les fragments. 

Sans doute, dans plus d'une collection parisienne, notamment 
dans celles de MM. Gréau, Lécuyer et Piot, on trouve des spécimens 
moins mutilés de la coroplastie de Smyrne et même quelques figures 
à peu près intactes que l'industrie des restaurateurs a respectées. Mais 
si je me suis complu à décrire en détail la présente collection, c'est 
qu'elle présente l'avantage inappréciable d'avoir été formée surplace, 
par un homme intelligent qui habite Smyrne depuis quinze ans, et 
qui a pu connaître, mieux que tout amateur étranger, l'origine exacte 
des fragments qu*il acquérait. 



L*essai de catalogue qui précède paraît présenter encore un autre 
intérêt, non plus seulement pour les amateurs de terres-cuites, mais 
pour les historiens de l'art grec en général. En considérant l'ensemble 
de la collection qui vient d'être étudiée (moinsjles figurines grotesques 
et les caricatures), on est obligé de reconnaître que les caractères do- 
minants qu'on y découvre sont les caractères mômes du grand sculp- 
teur de Sicyone. Ce que dit Pline des qualités distinctives de la sta- 
tuaire de Lysippe s'applique parfaitement aux terres-cuites de Smyrne : 
Statuariae arti plurwium tradùur contulisse capilhim exprimendo, capita 
minora faciendo quam antiqui, corpora gi^acilma sicciorarjue, per quae 
procerii4ZS stgr^us um major videretur. . . Propriae kujus videntur esse arguliae 



III 




MÉLANGES GRAUX. 



opemm cuslodUae in minimis quoque rébus (1). C'est particulièrement 
dans le rendu des cheveux et de la barbe, si minutieux dans les terres- 
cuites de Smyrne, que la parenté de ces figurines avec les statues de 
Lysippe parait sensible. Dans les unes comme dans les autres (en tant 
que ces dernières nous sont connues par des copies), on constate le 
môme naturalisme de bon aloi, la même recherche de Télégance et de 
la perfection corporelle. 

Remarquons, d'autre part, que les figures de femmes, si nombreuses 
dans la coroplastie asiatique et grecque, sont relativement rares dans 
celle de Smyrne ; or, Ton sait combien elles sont rares aussi dans le 
catalogue des œuvres de Lysippe (2). Le type qui prédomine, parmi les 
divinités, est celui d'Hercule, que Lysippe affectionnait particulière- 
ment et qu'il a reproduit un grand nombre de fois , dans bien des atti- 
tudes physiques et des situations morales différentes, au point que 
Ton a pu dire que le type traditionnel d'Hercule date de Lysippe, 
comme celui de Jupiter date de Phidias, et celui de Vénus de Praxi- 
tèle (3). Ainsi, entre la série des statuettes et celles des statues, il y a 
concordance non seulement pour le style, mais pour le choix des su- 
jets. La conclusion qui s'impose, c'est que la coroplastie de Smyrne 
s'est inspirée de préférence des types créés par Lysippe et son école, 
et que le jour où ses produits auront été réunis et publiés, il ne sera 
pas téméraire de leur demander des éclaircissements sur tant de sta- 
tues originales perdues à jamais. L'analogie, constatée dans l'ensem- 
ble, peut se poursuivre jusque dans le détail, à la condition toutefois 
d'user d'une extrême prudence. Il ne faut pas oublier, en effet, cooDune 
l'a démontré depuis longtemps l'étude des pierres gravées et des mon- 
naies, que l'imagination de l'artiste grec, môme le plus humble, ne 
perd jamais ses droits, et que s'il imite volontiers les types consacrés 
par des chefs-d'œuvre et pour ainsi dire mis en circulation, sa copie 
n'est jamais une reproduction servile.. mais se laisse modifier facile- 
ment soit par le caprice individuel, soit par l'influence d'œuvres voi- 
sines d'un autre temps et d'une autre école. Tout en s'inspirant de 
préférence des œuvres de Lysippe et de ses élèves, les coroplastes de 
Smyrne n'ont exclu ni les modèles de Praxitèle, ni môme, comme nous 
l'avons vu (n« 1), le type du Jupiter Olympien dû à Phidias. Us ont pu 
aussi user d'un certain syncrétisme, et rajeunir un type ancien par 

(1) N. H., 34, 8, 19, 65. 

(2) LûBKB remarque justement, Geschichte der Plastik^ t. I, p. 247 (3^ édition) 
que cette préférence pour les figures d^hommes s'explique par le choix du bronze 
comme matière exclusive de toutes les statues de Lysippe. Le bronze, qui se prête peu 
à la représentation idéale de la femme, convient au contraire admirablement à Té* 
tude naturaliste des types virils. 

(3) Sur les différents types d*Hercule créés par Lysippe, voyez Overbbck, Sckrift- 
quellen,n^* 1468-1477, et Geschichte der GtHechischen Piastik, l. II, p. 108 sq. (3« édi- 
tion). 




s. REINACH. — TERRES CUITES DE SMYRNE. 155 



rimitation d'un modèle nouveau ; il est même à présumer que les pe- 
tits bronzes, dont les surmoulages leur servaient de moules, ne repro- 
duisaient pas les originaux célèbres avec la fidélité toute moderne à 
laquelle nos réductions mécaniques nous ont habitués. 

Ces réserves faites, il est permis de supposer que nos figurines 
d'Hercule ont leur prototype dans VHercule assis de Tarente, dans 
VHercule amoureux {i)^ dans VHercule Epitrapezios (2), surtout dans les 
douze représentations d'Hercule de la célèbre série de compositions 
placée par Lysippe à Alyzia en Acarnanie. L'identité de THercule 
Famèse, qui est certainement une copie de Lysippe, avec le frag- 
ment 15 de notre catalogue, a été signalée plus haut. Bien que Ly- 
sippe n'ait point sculpté de Jupiter-Sérapis, il paraît vraisemblable 
que les- coroplastes du iv^ siècle , qui représentèrent ce type nou- 
veau (3), modifièrent le type traditionnel du dieu créé par Phidias, 
d'après les quatre Jupiters de Lysippe (4). En effet, dans nos figurines 
(sauf le n** 1), le traitement de la barbe et des cheveux en crinière, 
ainsi que l'enfoncement des yeux, empêchent de voir des répétitions 
du Jupiter d'Olympie. Le Jupiter d'Otricoli, qui passe pour une répé- 
tition libre du Jupiter de Phidias, révèle manifestement l'influence 
d'un type plus récent, qui ne peut guère être que celui de Lysippe (5), 
et se rapproche beaucoup de celui de nos têtes de Smyrne. — Les 
figures d'athlètes de Lysippe, dont la plus célèbre, TApoxyomène, 
nous est connue par une excellente copie (6), ont inspiré les beaux 
fragments 32 et 35. Les figures d'animaux, si remarquables dans 
la coroplastie de Smyrne, prennent un intérêt particulier quand on se 
souvient que Lysippe était célèbre comme sculpteur de chevaux, de 
lions et de chiens (7). Son taureau de bronze, décrit par Procope (8), 
peut être l'original de notre n* 60. Il serait facile de multiplier ces 
rapprochements, en comparant au catalogue qui précède la liste des 
œuvres de Lysippe qui nous sont connues par les textes anciens ; mais 

(1) Anthoi.gr., 11, 255, 4. 

(2) Martial, IX, 44. 

(3) Le type de Jupiter-Sérapis aurait été introduit dans Tart grec par Bryaxis 
(Clxm. d'Albz., Protrept.y IV, 47, p. 41, éd. Pott). Cf. Oybrbeck, Kunsimythologie, 
1, p. 56 ai 365; Brunn, Kùnstlergeichichte, I, p. 384. 

(4) Sur le Jupiter colossal de Tarente, voy. Ovbrbeck, Schriftquellen, i451-1453. 
Ljaippe fit encore un Jupiter en bronze pour Sicyone (Pausanias, II, 9, 6), un autre 
po«r Argot (Paus., n, 20, 3), un quatrième pour Mégare (Paus., 1, 43, 6). 

(5) Cette opinion paraît confirmée par la ressemblance des monnaies d*or de Ta- 
reste, portant la téte de Jupiter (Miontœt, 1, 136, 355) avec le Jupiter d*Otricoli 
(OmBSCK, Kwutmythologie, I, p. 99). La monnaie de Tarente reproduit probable- 
ment la téte du Jupiter de Tarente de Lysippe. 

(6) Voy. Jiut. d. InstiL, XXII, 1850, p. 223, et les Monumenti de la même 
aimée. 

(7) PuKB, N. H., 34, 8, 19, 63. 

(8) DeBeU. Goth.,lV, 21. 



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156 



MÉLANGES GRAUX. 



on risquerait^ malgré la justesse du point de départ, de tomber ainsi 
dans des hypothèses arbitraires. Ajoutons pourtant qu'on est bien 
tenté de reconnaître dans le n"* 61 la figure d'Alexandre combattant 
dans le groupe des cavaliers du Granique, surtout quand on remarque 
la ressemblance de ce fragment avec le bronze d'Herculanum (1) qui 
nous a probablement conservé uûe image de l'original de Lysippe(2). 



Ainsi, l'intérêt des terres-cuites de Smyrne, ou plutôt des rares 
fragments qui nous en restent, est tout différent de celui qu'inspirent 
à l'archéologue les terres-cuites autrement célèbres de Tanagre. Là, 
nous pouvons trouver presque à chaque pas des détails inédits et 
piquants sur la vie privée des Grecs au rv* siècle; nous y chercherions 
en vain des documents sur la statuaire de Praxitèle et de Scopas. 
L'industrie des coroplastes de Tanagre a vécu modestement à côté de 
l'art des sculpteurs contemporains, sans en subir l'influence immé- 
diate et sans lui faire d'emprunts directs. Même dans les répétitions 
nombreuses de l'Hermès Criophore (3), qui font penser à la statue 
célèbre de Calamis, il faut voir plutôt des productions parallèles à 
celles de la sculpture, que des œuvres inspirées directement par le 
chef-d'œuvre de l'artiste béotien. Le type du dieu criophore, national 
en Béotie et bientôt flxé par la tradition, a été reproduit d'une part 
par les sculpteurs^ de l'autre par les coroplastes; il y a eu rencontre, 
et non pas dérivation (4). 

(1) OvERBBCK, Griechische Plastik, 3« édit., p. 133, rapporte cette statuette à un 
original d'Euthycrate ; dans les éditions précédentes, il y voyait une copie de Ly- 
sippe, d'accord avec les autres critiques. 

(2) Parmi les têtes de grotesques, il en est qui rappellent le type de Socratc, 
dont Lysippe avait reproduit les traits (Dioo. Laercb, II, 43), et d^autres qui res- 
semblent beaucoup aux représentations connues d'Esope {Monumenti, vol. III, pl. XIV; 
ViscoNTi, Iconographie grecque^ pl. XII}, dont il existait un portrait célèbre par 
Lysippe (AnthoL gr., IV, 16, 35). 

(3) Martha, Catalogue de la collection de la Société archéologique ^ n«» 264, 
265, 923. 

(4) En général, les œuvres de la statuaire reproduites par la coroplastie sont 
extrêmement rares. On pourrait citer, comme dérivant peut-être d'originaux en mar- 
bre, les Niobides de Fusano (Minervini, Bulicttino Napolitano, 1847 ; cf. pour des 
groupes analogues en terre cuite, Stbphani, Compte rendUy 1864, p. 166), et les 
frontons de Tanagre publiés par M. Curtius {Académie de Berlin, mai 1878); encore 
n'est-il pas impossible de voir dans ces œuvres des productions indépendantes. L'i- 
dentification proposée par M. Heuzey {Gazette des Beaux-Arts, sept. 1875) entre 
la Déméter Katagousa de Praxitèle et le groupe fréquent d'une femme portant une 
autre femme sur ses épaules, est sujette à bien des objections (cf. Overbeck, Griech. 
Plastik, 3« édit., p. 169, note 44, et Raybt, Gazette des Beaux-Arts, 1878, p. 356, 
qui voit là un simple jeu d'enfants, l'é^eôptaafiô; , opinion qui parait confirmée par 
une caricature de la collection Barre, n^ 464 du catalogue de M. Frobhner). 



IV 




s. RElNACfl. — TERRES CUITES DE SMYRNE. 

Les choses se sont passées tout autrement en Asie (1), et surtout à 
Smyme (2). L'archéologue y trouvera sans doute, dans la riche série 
des grotesques et des têtes comiqueS; des indications nouvelles sur 
lliistoire de la caricature chez les Grecs; la série si nombreuse des 
tèles, exécutées avec tant de minutie, lui fournira les matériaux d'une 
étude sur la coiffure des anciens. Mais il y cherchera en vain ces scènes 
de genre, de vie de famille, d'intérieur, qui sont si fréquentes à Ta- 
nagre. L'art du coroplaste de Smyme rivalise avec celui du sculpteur : 
très souvent, il exécute ses moules sur des réductions de statues cé- 
lèbres, et, pour compléter l'illusion, il couvre ses figurines d'une cou- 
cbe de dorure, qui leur donne l'apparence de petits bronzes et en fait 
comme les bronzes du pauvre, les réductions à bas prix d'une époque 
où la sculpture en bronze était tenue en très haute estime. 

Pourquoi les modèles choisis de préférence ont-ils été ceux de Ly- 
sîppe? C'est ce que l'histoire même de Smyrne peut nous expliquer. 

On sait que cette ville, fondée à une époque très ancienne dans la 
dernière baie du golfe qui porte son nom, fut détruite par les Lydiens 
et resta presque déserte pendant quatre cents ans. A cette première 
période de l'histoire de Smyrne appartiennent quelques tombeaux 
archaïques, qui n'ont fourni aucun des objets énumérés plus haut. 
Après la mort d'Alexandre, Antigène la rebâtit à vingt stades au 
sad-ouest de son ancien emplacement, et, favorisée par sa position 
admirable, elle s'éleva rapidement à une très grande prospérité. A ce 
moment, la gloire et les œuvres de Lysippe remplissaient tout le 
monde grec. Lysippe avait été le sculpteur favori, le portraitiste attitré 
d'Alexandre (3) : après sa mort, ses fils et de nombreux élèves conti- 
nuèrent ses traditions (4). Lysippe a été un des rares artistes que la 
postérité ait continué à juger avec la même faveur que ses contem- 
porains. Tout art naissant, à la fin du iv* siècle, devait dériver de celui 
de Lysippe. Smyme venait d'être fondée alors pour la seconde fois. 
Les coroplastes de Smyme n'avaient pas, comme ceux de Tanagre, une 
longue série de modèles traditionnels qu'ils pouvaient, avec le progrès 
de Tart, modifier et embellir.- Obligés de produire en grand nombre 
ces petits objets de terre-cuite que réclamaient les demeures des vivants 

(1) Voir à ce sujet les justes remarques de M. Raybt, Gazette des Beaux- Arts, 
«m. p. 3«5. 

!2) A M JriIlJ^ les t^rpes de PrAzitèle sont assez fréquents, et ceux qu'on peut 
rapporter à Lysippe sont extrêmement rares. — M. Rayet a décrit dans son Catalogue 
(a* 120} un Éros analogue à celui de Praxitèle, et qu*il croit provenir de Smyrne ; 
iBais on sait que Lysippe avait aussi sculpté un Éros, et nous ne sommes pas cer- 
tains que les répliques en marbre de nos musées dérivent d'un des Éros de Praxi- 
tèle plat^t que de celui de Lysippe. 

(3) HoRACB, hpist., II, I, 239 sq.; Cic, adFam., V, 12, 13; Val. Maxim., VIII, 
*1, ext. 2. 

(4j Cf. OvBRBacK, Schriftquelten, 1516 sq. 



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1^ 



MÉLANGES GRAUX. 



comme celles des morts, ils devaient naturellement prendre pour 
modèles les œuvres de la plastique qui était alors en faveur. Voilà 
pourquoi la coroplastie de Smyrne, reflet de la sculpture contempo- 
raine, présente un intérêt exceptionnel, et peut fournir des indices pré- 
cieux sur beaucoup d'œuvres d*art qui n'existent plus. Combien il 
serait désirable qu'on en récueillît autre chose que des fragments, 
condamnés à se disséminer, sans profit pour la science, à travers des 
collections où le souvenir de leur origine se perd ! Il est impossible 
que les -rujjiêwpùxoi» procédant sans méthode^ n'aient pas laissé sur le 
Pagus un certain nombre de tombeaux encore intacts, qui fourni- 
raient des figurines entières. Malheureusement, il y a quelques années, 
le gouvernement turc a mis le Pagus aux enchères, et ces terrains 
si précieux pour l'archéologie sont tombés entre les mains de proprié- 
taires pour la plupart ignorants et soupçonneux, qui les ont plantés 
de vignes et n'y permettraient aucune recherche (1). Seul, le gouver- 
nement ottoman, s'il était bien inspiré, pourrait faire entreprendre 
par un archéologue européen des travaux reconnus si nécessaires. 
Espérons, sans trop y compter, que la Sublime Porte comprendra un 
jour combien il serait de son intérêt d'empêcher les fouilles clan- 
destines et de se former, presque sans dépenses, des collections 
archéologiques que lui envierait l'Europe. Le concours désintéressé des 
archéologues d'Occident ne lui ferait pas défaut pour une pareille tâche. 



P. S. — Depuis que ce travail a été écrit, le Musée du Louvre a fait 
l'acquisition d'une partie de la collection que nous venons de décrire, 
et qui appartenait à M. Alfred Lawson, contrôleur de la Banque Otto- 
mane à Smyrne» Les objets reproduits sur nos planches d'héliogravure 
sont entrés dans les collections du Louvre. D'autres du même genre, 
notamment d'importants morceaux en terre vernissée, ont été acquis 
par nous à Smyrne et viennent d'être déposés au Musée (nov. 1882). 

(1) Un Turc, propriétaire d*un tumulus sur le Pagus, a repoussé toutes les 
offres de M. Schliemann et a même refusé de lui vendre son terrain, à quelque prix 
que ce fût. 



SALOMON REINACH, 
Membre de l'École française d'Athènes. 



Athènes. 




SUR LA ROYAUTÉ HOMÉRIQUE 



oOx àyoïO^ icoXvxoipoev(v) * et; xoipocvoç éatco, 



lUadCy II, 203-5. 



Dans ces paroles d*Ulysse, adressées aux Achéens et accompagnées 
de coups de sceptre, les historiens modernes voient une preuve con- 
vaincante de la souveraineté absolue qu'exerçait la monarchie en 
Grèce au temps d'Homère. On affirme que dans ces vers Ulysse pro- 
clame d'une manière absolue le principe de Tautorité monarchique, 
et que la moindre opposition contre cette autorité aurait attiré des 
châtiments sévères sur le coupable. La brutalité avec laquelle Ulysse 
traite le malheureux Thersite et les paroles des Achéens qui en 
étaient témoins, si malveillantes pour la victime [ibid. vers 246-277), 
sembleraient confirmer la réalité de cet état des choses. C'est Aga- 
meomon qui , d'après les historiens en question , représenterait le 
principe de l'autocratie dans la société grecque du temps d'Homère (1). 

En réalité les vers de V Iliade cités plus haut n'ont point cette signi- 
fication. 11 est indispensable de constatertoutd'abordqueM. Buchholz 
traduit inexactement levers 203, car il introduit dans le texte grec le 
TSi^i jamais *' nimmer " et ne traduit point èv6à8'(e). 

L^aatorité du roi ou du basileus, dans Homère, devait pendant la 
guerre surpasser le pouvoir qu'il avait en temps de paix. C'est ce dont 
témoigne certain passage d'Aristote : xteivai yàp où xùpio;, si Sv tivt 

^loi S*Ô(Lir)p<K (2). L'adverbe èvôiSe, ici, dans la bouche d'Ulysse, fait 
aDosion à la puissance d'Agamemnon en temps de guerre seulement, 
nullement à celle qu'il possédait en temps de paix. Du reste le sens 
des paroles d'Ulysse doit être encore plus restreint, ainsi que cela 
ressort des vers au milieu desquels se trouve encadré ce passage, et 

(1) Voir 0. OaoTB, Hhfoire de la Grèce, traduite parSadons, II, p. 306; E. Cur- 
TTC», Griechiiche Geschichie, I, 129'; E. Buchholz, Die homerischen Healien^ 
Ldpng, 1881, II, p. 7. 

(t) PoUt., ra, 14 (Susemihl). Comparer Iliade, II, 391-393. 




160 



MÉLANGES GRAUX. 



des relations réciproques soit entre Agamemnon et les autres chefs de 
Tarmée, soit entre Alcinoiis et les autres rois (basilem) des Phéaciens 
dans Y Odyssée^ 

Quelques vers plus haut {tbtd,, vers 188), le poète parle de plusieurs 
basileus : iiv Ttva jièv faadfja , et dans le vers 250 Ulysse lui-môme 
défend à Thersite de diffamer les basileus en général : tû oOx h ^0LaCkri<Ki 
àvà oTcJp.' lyb>y àYopeùst;. Par conséquent Ulysse se contredirait s'il 
proclamait dans le cas qui nous occupe Tautocratie d'Agamemnon. 
Celui-ci ne porte aucun titre, ni dans Y Iliade ni dans YOdyssée^ qui le 
distingue des autres chefs qu'on nommait également basileus (1). 
Ulysse même répond avec violence à Agamemnon, quand celui-ci 
Taccuse d'inaction (//. IV, 350); et il lui fait des reproches plus mor- 
dants encore quand Agamemnon propose aux héros de quitter Troie 
et de retourner dans leûr patrie (XIV, 89). Dans un autre passage, 
celte même proposition d'Atride provoque une vive protestation delà 
part du héros Diomède (IX, 37), qui menace de rester devant Troie 
tout seul avec Sthénélos, même dans le cas où Agamemnon et les 
autres chefs quitteraient le champ de bataille {ibid. 46). Agamemnon 
ne peut contraindre Achille à ne pas abandonner Tarmée; la part que 
prendront les autres héros à la guerre contre Troie après le refus 
d'Achille est à ses yeux un honneur pour lui (//. I, 175. IV, 266), et il 
ne dit aucun mot qui sente la contrainte. En outre il engage Nes- 
tor à inspecter la garde de nuit et à lui recommander la vigilance, 
car, dit-il, les Achéens obéiront plus volontiers à Nestor qu'à tant 
d'autres chefs, fût-ce môme à Agamemnon {ibid. X, 57 : xcCvt,) ydp xc 
p£^i(rca utOoCaTo). Quand Ulysse accuse Agamemnon d'imprudence et 
de pusillanimité, celui-ci déclare qu'il ne prétend point forcer les 
Achéens à mettre leurs vaisseaux en mer, qu'il suivra le bon conseil 
de quiconque pourra le donner {tbid. XIV, 105). 

Dans la convocation de l'armée en assemblée, l'initiative n'appar- 
tient pas exclusivement à Agamemnon; c'est Achille et non pas Aga- 
memnon qui convoque l'agora dans le premier chant de Y Iliade (v. 51). 
Dans YOdyssée également Alcinoîis se rend au conseil organisé non 
par lui-môme, mais par les autres basileus des Phéaciens (Orf. VI, 5i). 
Dans un autre endroit il se nomme le treizième basilem de Schérie 
sans ajouter aucune épithète qui le distingue des autres douze basi- 
leus {ibid, Vlll, 391). Après l'apparition d'Ulysse dans le palais d'Alci- 
nous, c'est Échénéc, et non pas Alcinoiis, qui propose le premier de 
faire à l'étranger une réception digne de lui {ibid. VII, 155. Com- 
parer XI, 3i0). 

Ces données et ces considérations paraissent être suffisantes pour 
démontrer l'inexactitude de la traduction et de l'interprétation des 

(1) Voir ËBBLiNO, Lexicon Homericum, au mot pao'iXsil^c. 




MISTCHENCO. — LA ROYAUTÉ HOMÉRIQUE. 161 

vers de V Iliade cités plus haut. Agameinnon n*est point un chef dans 
le sens de roi féodal ou d'empereur. 

Sur le champ de bataille même, sa puissance est trop limitée pour 
pouvoir être égalée à l'autorité autocrate de ces derniers. La supé- 
riorité môme d'Agamemnon sur lés autres héros de Tarmée achéenne 
est, comme il ressort des paroles d'Ulysse, le résultat d'une conven- 
tion plus ou moins formelle, conclue préalablement par Agamemnon 
et les autres Achéens (//. II, 285. 339. IV, 267). 

Mais ce n'est pas tout. La conduite du bastleus, en temps de paix 
comme en temps de guerre, dépendait de l'opinion publique {^\lo\j 
, ^i^^) et était soumise à la censure du peuple. VOdystée nous fournit 
des indications claires sur ce qui réglait la conduite d'un bon bastleus 
comme chef du pays; ses principales qualités sont la piété, la justice 
et la mansuétude {Od. XIX, 109-114). La protection de la maison 
d'Ulysse contre le pillage et la violence des prétendants s'imposait 
aux habitants d'Ithaqii^ principalement par ce que, ces conditions de 
bon gouvernement, Ulysse les réunissait {Od. II, 230-234. Y, 8 ; com- 
parer IX, 5). Par conséquent l'absence de ces qualités dans un chef 
affranchissait le peuple de ses devoirs envers son chef {ib. III, 215. 
XVI, 95. 425. 376). Dans la bataille, le basileus devait faire preuve de 
bravoure, autrement il s'exposait à encourir, de la part des guerriers, 
la désobéissance (//. X, 129) et, de la part du peuple, le reproche de 
jouir d'avantages immérités, ainsi qu'on le voit par le discours de 
Sarpédon dans YlUade (XII, 310). En outre, le peuple peut obliger 
telle ou telle personne à prendre le commandement des troupes 
(Od. XIV, 237). 

Dans VOdyssée nous trouvons des témoignages suffisants qui prou- 
vent que le ba$ileus tenait du peuple son autorité môme : yépa; 6' iiTi 
Sf^itoç {$o>xfv (VII, 149; comparer ib. XI, 175). 

U ne manquait pas sans doute de personnes qu'affectaient vive- 
ment les injustices des basileus^ et qui exprimaient plus ou moins ver- 
tement le mécontentement général qui en résultait. Thersité devait 
être du nombre de ces orateurs populaires, de ces Gléons futurs. Dans 
VIBade Thersite est appelé l'ennemi acharné d'Ulysse et d'Achille, et 
pour cette raison il ne se lassait pas de poursuivre ces deux chefs 
plus vigoureusement encore que les autres (II, 213-221), ce qui ne 
lempèche pas de rester dans l'armée achéenne et de renouveler ses 
attaques contre les basiletis chaque fois qu'il s'offre une occasion favo- 
rable. Tout antidémocratique que soit la scène d'Ulysse et de-Ther- 
Hte, elle ne contredit nullement notre opinion si Ton tient compte de 
te grossièreté des mœurs à cette époque. Il suffit de rappeler une 
certaine rixe des Olympiens et des Olympiennes, rixe dans laquelle 
Athéné renverse Arès et Cypris, et où Héra porte des coups cruels à 
Ariémis (//. XXI, 390-496). Il est vraisemblable que le poète nerepré- 

MKLAMOBS ORAUX. 11 



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162 



MÉLANGES GHAUX. 



sente Thersite si hideux que dans le but d'ôter à cette scène autant 
que possible son caractère antidémocratique. Il semble que le poète 
lui-même ait pensé que tout autre personnage, exempt des défauts 
physiques de Thersite, Taurait été aussi de son humiliation. Cepen- 
dant les paroles suivantes d'Ulysse confirment suffisamment cette 
supposition : 



Selon le héros dlthaque, Thersite est le plus misérable de tous 
les Achéens, et par cette raison (TÛ) il n'a pas le droit de diffamer les 
basileus. 

Dans cette étude abrégée nous n'avons pas. eu certainement l'in- 
tention d'épuiser la matière, mais nous nous permettons de croire 
que nous sommes parvenus à démontrer Tinexactitude de l'interpré- 
tation des vers de V Iliade relatifs à cette question, et à montrer le peu 
de conformité qui existe entre les données des poèmes d'Homère et 
l'opinion qui domine dans la littérature actuelle sur le rôle d'Aga- 
memnon, et des basileus en général, dans la société grecque de cette 
époque lointaine. 



où yàp tyw <sio ^YjjiLl ^epcwSTtpov ^poTÔv âAAov 
TÛ oOx Sv ^txaCkr^cL^ àvà 9^6^ ?^(i>v àyopcuoi;. 



Hiade, II, 248-230. 



TH. MISTCHENCO. 



Kiev, 28 février (12 mars) 1882. 




•LE POÈTE TRAGIQUE CARCINUS 



ET SES FILS 



DANS LA PARABASE DE LA PAIX D*ARISTOPU ANE 



Dani la strophe de la parabase de la Paix (vers 775-795) le chœur 
parlant à la Muse Tinvite à prendre part à ses danses et à chanter les 
noces des dieux et les festins des hommes. « Car voilà les choses 
qui te furent toujours chères. Mais si Carcinus vient te supplier 
de danser avec ses fils, ne Técoute point. Ne va pas te faire leur cama- 
rade. M Et, après une série d'épithètes ridiculisant toutes, excepté la 
dernière, la taille exiguë des fils de Carcinus, le chœur ajoute : 
« Aussi bien leur pèi'e ne disait-il pas que la veille une belette avait 
étranglé le drame qu'il tenait contre toute attente (1). » 

L'cxègèsc de cette strophe avait déjà beaucoup embarrassé les an- 
ciens : on le voit à l'abondance des scholies qui en accompagnent le . 
texte et dont la diversité va souvent jusqu'à la contradiction. Cepen- 
dant, les remarques si nombreuses des scholiastes ne portent guère, 
sauf pour les deux vers de la fin, que sur la signification de tel ou tel 
mot : aucun ne paraît s'être occupé du sens général de ce passage, de 
ce qui en constitue l'idée comique. Pourquoi cette prière d'Aristo- 
phane à sa Muse de rompre tout commerce avec Carcinus et ses fils? 
quel rapport suppose-t-il par conséquent entre la Muse de la comédie 
et une famille vouée tout entière, nous dit-on, au culte de la tragédie? 
enfin pourquoi prend il à partie ces personnages-là de préférence à ^ 
d'autres ? C'est ce que les critiques anciens n'expliquent nulle part et 
qu*ils ne paraissent même pas se demander. Les commentateurs mo- 
dernes ne se le demandent pas davantage. Ils passent à^ côté du pro- 

f 1 ) Jè transcris ici le texte à partir du vers 787 : 




i64 



MÉLANGES GRAUX. 



blême, De s'arrêtent qu'aux points de détail déjà examinés parles scho- 
liastes et se bornent presque toujours à choisir entre leurs diverscs^ 
interprétations. Pourtmt la question vaut la peine d'être posée, car 
la réponse, que nous donne Aristophane lui-même, jette quelque jour 
sur l'histoire si peu connue du poète et de son théâtre. 

La Paix fut jouée sous l'archontat d'Alcée aux Grandes Dionysia- 
ques, autrement dit au mois de mars de l'an 421 . L'année précédente, 
aux Lénéennes, on avait représenté les Guêpes et le Proagon. Les 
Guêpes n'avaient eu que le second prix, ce que nous appellerions un 
succès d'estime. Or, dans l'acte bachique qui termine l'exodos de 
cette pièce, Aristophane avait montré les fils de Garcinus dansant un 
ballet. Pour rappeler les traits principaux de ce dernier acte, le vieux 
Philocléon entamait d'abord le fameux pas connu sous le nom de cor- 
daxy puis il défiait à cet exercice les TpaywSoC, c'est-à-dire, car l'expres- 
sion est élastique, soit les- faiseurs de tragédies, soit le personnel des 
représentations tragiques, acteurs ou choreutes. Au deuxième défi, 
on voyait arriver en dansant un des fils de Garcinus, 6 jtéaato;, le 
putné, comme on traduit ordinairement, le même personnage dont 
une double méprise des grammairiens fit plus tard le poète tragique 
Mésatus (1). Deux autres fils de Garcinus entraient à leur tour ; Aris- 
tophane ne les nomme pas non plus, mais à la manière dont il 
annonce le troisième et dernier, 6; n?iv TpaywSCav irout, nous recon- 
naissons une de ses victimes ordinaires : Xénoclès le tragique, le 
rival d'Euripide. Enfin Garcinus lui-même apparaissait : le mou- 
vement de la danse s'animait de plus en plus, et entraînait bientôt 
' le chœur tout entier, qui exécutait un hyporchème en quittant le 
théâtre avec les acteurs. 

Get exodos avait quelque chose de très particulier : le poète le re- 
connaît lui-même, car dans la dernière phrase où, par l'organe du 
corj'phée,il presse la retraite du cortège, nous trouvons cette parole si- 
gnificative : .••Ta^^O* ToijTO yàp oOSsC; Ttw itipo; SéSpaxtv x. t. à. « Vite, car 
personne n'a osé faire ceci jusqu'à présent». Si nous supposons que les 
spectateurs goûtèrent peu l'innovation dont Aristophane parle ici avec 
une fierté mêlée, semble-t-il, d'une certaine inquiétude, qu'ils ne saisi- 
* rentpastrèsbienTà-proposdece ballet de TpaywSoC formant un véritable 
hors-d'œuvre à la fin de la comédie, que la portée plutôt critique que 
vraiment dramatique de cette fantaisie leur échappa, et que l'exodos 
des Guêpes déconcerta et refroidit les juges au lieu d'enlever leurs 
suffrages au moment décisif; si en un mot, ce dernier acte fut la cause 
principale, sinon la seule, de l'insuccès relatif de la pièce, on com- 
prend la sortie bouffonne d'Aristophane contre Garcinus et ses fils 

(1) Voir SchoL ad Aristoph. Vesp, v. 1502. Voir aussi le pseudo-Euripide dans 
sa lettre à Céphisophon, § 2. 




( 



NICOLE. - CARCINUS ET SES FILS. m - 

dans la parabase de la Patx. C'est dans la parabase que le poète comi- 
que rappelle ses victoires passées, c'est là aussi qu'il se plaint volon- 
tiers de ses mécomptes, en les attribuant d'un ton plus ou moins sé- 
rieux à l'ingratitude et à la sottise du public. Cette fois Aristophane 
imagine de s'en prendre gaîment àCarcinus et à sa Famille. Si, l'année 
précédente, les Guêpes n'ont pas réussi, c*est que la Muse comique, 
cédant aux instances du père , avait accepté l'aide des fils pour le fa- 
meux ballet. 11 suppHe la Muse de ne plus commettre semblable 
faute. 

Aristophane a donc parlé des Carcinites dans la parabase de la 
Paix à cause du rôle qu'ils remplissent dans les Guêpes. Mais ce rôle, 
pourquoi le leur avait-il donné ? Pour le plaisir de faire danser la cor- 
dai, la moins grave des danses, aux fils d'un vieux poète tragique, 
dont l'un tout au moins était aussi du métier? Parce que la petite 
taille des Carcinites prêtait à rire ainsi que le nom de leur père Car- 
cinus, lequel, accentué d'une certaine façon, signifie écrevisse? Ces 
raisons assurément sont bonnes; mais les scholiastes en ont cherché 
• une autre. Us disent que les Carcinites s'étaient fait de la danse tra- 
gique une spécialité, et que leur père les employait comme choreutes 
ou danseurs lorsqu'on jouait ses drames (i). Les commentateurs mo- 
dernes tiennent ce témoignage pour digne de foi, et ils en tirent l'ex- 
plication qu*on trouve partout chez eux. Us pensent qu'Aristophane a 
simplement transporté de la tragédie dans la comédie les ébats d'une 
famille de danseurs, très connue du public athénien, et cela proba- 
blement après quelque échec récent d'une pièce de Carcinus ou do 
Xénoclès (2). 

Le dire des scholiastes ne méritait pas une aussi entière confiance. 
D'un côté, ils transforment couramment en faits positifs, en affirma- 
tions catégoriques, de simples conjectures explicatives,— et nulle part 
Qs n'ont plus largement usé de ce procédé que dans leurs remarques 
sur nos deux textes d'Aristophane, — d'un autre côté, avec ce que nous 
savons des chorégies athéniennes, on ne se figure pas bien comment 
les fonctions de choreute avaient pu devenir une sorte de propriété 
dans la famille de Carcinus, et comment s'y prenait celui-ci pour im- 
poser régulièrement aux chorèges le choix plus ou moins avantageux 
de ses fils. Il est fort probable que les scholiastes ont changé ici un 
fait accidentel en fait habituel, et que les Carcinites dansèrent cit chan- 

(1) Schol. ad Pac,, 778, ib. ad 788, cf. ad Vesp, 1502. Les Bcholiastes ne 
▼oai pas pourtant jutqa*à dire, comme tel commentateur moderne, que les Carcinites 
gagnaient leur vie en dansant. Voir p. ex. Droysen ad Pac, 1. 1. c. c. 

(2) VotrMeineke, Comic, Graec. Fragm, I, p. 514 sqq. Welcker, die^Tmgoed, 
éer Grieehen, p. 1016 sqq. Bode, Getchichte der Griech, Lit,, II, 2, p. 57. Bodo, 
Getckichte der Heilen. DkhtkunsU P- 485, et les notes au bas du texte des traductions 
de Drojseo, de H. Maller, etc. 



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i66 



MÉLANGES GRAUX. 



tèrcnl une fois dans une représentation organisée par leur tribu, une 
ou deux années avant 422, et où Ton joua une tétralogie de Carcinus. 
Le mauvais succès de cette représentation, pour laquelle la même 
famille avait fourni le poète et une partie de chœur, aurait inspiré à 
Tauteur des Guêpes Vidée do la scène qui termine cette pièce (1). Ce 
serait également à cette mésaventure des Carcinites et de leur père que 
Phérécrate aurait fait allusion dans le passage cité par le scholiastc 
d*Aristophane (2), et tiré de la comédie des Âyptoi jouée une année 
après la Paix. 

Un mot encore sur les vers 791-795 de la parabase de la Paix. Nous 
les avons transcrits et littéralement traduits plus haut. Voyons com- 
ment les scholiastes les expliquent. Carcinus ou Xénoclès avait composé 
un drame intitulé ol MOe;, les Rats, sur la réussite duquel Taul^ur fon- 
dait les plus grandes espérances. La pièce était tombée, et Aristophane 
flgure plaisamment la déception du poète en disant que la belette ou 
le chat lui avait étranglé ses Rats. Cette explication, qui n^explique 
rien d*ailleurs, a contre elle le texte même de ce passage (3) ; de plus 
elle se heurte àTun des faits les mieux connus de Thistoire littéraire. 
Le titre de Mue; ne peut convenir qu'à uoe comédie et jamais, îiu 
V* siècle, poète tragique n'en composa. On a proposé de lire Mtv^^e;, 
les Minyens, dans la scholie, qui n'offrirait dès lors plus aucun 
sens. D'autres hypothèses ont été faites. Voici la mienne. Ê^^civ 8pap 
équivaut ici à l'expression usuelle ^x^iv yà^o^, la même qu'Aristophane 
emploie un peu plus bas dans l'antistrophe (4), et qui signifie, en par- 
lant du poète dramatique, obtenir de l'archonte le concours indispen- 
sable des choreutes, et par cela même l'autorisation de faire jouer 
une pièce. Aristophane imagine donc que Carcinus, contre toutç 
attente, a vu sa demande agréée par l'archonte (tl/t Span^»), mais que 
la veille de la représentation, le chat ou la belette a étranglé son drame ; 
c'est-à-dire tous les Carcinites qui devaient diriger et compléter le 
chœur. Ainsi compris, le passage en question, qui fait immédiate- 
ment suite aux railleries d'Aristophane, sur la petite taille des Carci- 
nites, servirait à justifier ces railleries et à en prolonger l'effet, 

(1) Ad Vesp., p. 1509. K%i Kapxivovi {xév tiç f|V 6 8a>puxiou vilo;* f.cav dè oOtc^ 
Tpeî; Tive; piixpol xo(jLV)Tai tôts xal vûv elal fiixpol xal xotitirat, çiXapy^ot tôts iralôs; 
^iffocv SvTs; vûv çtXapxixctfTcpoi x. t. X. Entre autres corrections, Meineke propose çi- 
>.op/,oi et çtXopxixdÂtspoi, leçons évidemment bonnes. 

(2) Il se peut que Tépithëte de 6 {jifaaTo;, appliquée v. 1502 dos Guêpes au pre- 
mier Carcinite qui relève le défi de Philocléonf ait trait non pas à son âfe, lequel 
importe assez peu ici, mais à la place qu*il avait occupée dans le chœur tmgique 
pendant le chant du parodos. Ou sait que pour faire leur entrée les quinze choreutes 
se rangeaient xatà Çvyà, c'est-à-dire trois par trois, et que dans cette disposition 
les places du milieu étaient les moins honorables. 

(H) Où les mots icap* èXm$a; se rapportent non à iicay^at, mais à etxc ^6 dpâ(ta. 
(4) V. 801 sq. : X^P^^ f*^ M6p9(|io;^ 



|iT)6à McXavOio;. 




NICOLE. — CAHCINUS ET SES FILS. 



ce qu'annonce précisément le xalY<ip placé au conomencement de 
la phrase. Remarquons-le d'autre part: Dans la fable de ces nains 
étranglés par une belette, nous retrouverions à peu de chose près les 
plaisanteries de Philocléon dans Texodos des Guêpes. Quand il voit 
arriver le premier Carcinile, il s'écrie (v. 1503) qu'il n'en fera qu'une, 
bouchée; et plus loin (v. 1515), lorsque toute la famille est réunie, il 
dit à son domestique Xanthias de se préparer à la mettre en sauce. 
En même temps quil vient à l'appui de mon explication, ce rappro- 
chement prouve que dans la parabase de la Paix, d'un bout à l'autre 
de Kl strophe, c'est bien àl'exodos des Guêpes que se reportait la pen- 
sée d'Anslophane. 



J. NICOLE. 



Genève. 



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DE GICERONIS EPISTULARUM 



CODICE TURONENSI 



DISPUTATIUNCULAM SCRIPSIT 



LUDOVICUS MENDELSSOHN 



CAROLYS GRAYX , qua dliena bonarum litterarum studia fovebat 
bamanitate, eum de aliis rébus identidem percontantes nos Humquam 
deseruerit tum, postea quam novam Ciceronis ad familiares epistula- 
nim edilionem a nobis parari comperit, codicum Gallicorum illuc per- 
Unentium notitiam subministrare i>obis promptissima voluntate 
institoit. Ultimae autem illius litterae — ultra epistulare enim 
commercium ut consuetudo nostra non proeesserit acerbus viri optimi 
fecit casus — pertinebant maxime ad codicem Parisinum 17812 sive 
Nostradamensem 178, scriptum eum medio fere saeculo duodecimo 
(enentemque Ciceronis Academicorum priorum librum secundum, de 
Natora Deorum libros très, de^Fato opusculum, denique inde a folio 
51' epistularum libros octo priores usque ad verba : « Irapediendi 
moram » (VIII, 8, 6). Qui codex*ut ceteris in parlibus impune adhuc 
spematur, in epistulis tamen gravi cum editorum damno contemni 
dicendus est (1). Eas enim ex Mediceo libro 49, 9, quem codicum reli- 
caorom omnium patrem finxit Orellius, nec aetas codicis derivari pa- 
titur — Dulla enim ex Mediceo ante quarti decimi saeculi finem ducta 
sunl exempla — nec universa quae illic est verborum conformatio. 
Qoae talis est ut, etiamsi summa in re Parisinus non possit cerlare 
cam Mediceo, tamen singularibus in locis multis ille huic praestet 
sÎTe Tera scriptura servata sive expletis lacunis. Qu^m Parisini virlu- 
lem at uno saltem eoque luculentissimo probemus exemplo, servavit 

(1 ) Ubiu ezcipiendus est Fr. Hofmann, cui liber ex Th. Mommseni collatione in- 
•otttU. 




MÉLANGES GRAUX. 



illc quae IV, 12, 2 homoeoteleuto in Mediceo absorpta sunt verba: 
« uti medicos < ei mitlerem. Itaqiie incdicos > coegi. » 

lam autem Parisini similes octo priorum librorum codices cum 
duo reccDti mcmoria innotuerinl, aller Harleianus Musei Britannici 
2773 aller Turonensis 688, novo editori ante omnia id agendum erat 
ut quali neccssitudinis vinculo 1res illi libri in vicem iuncti essent li- 
quide constaret. Quod quidem negolium in Parisino ac Londinensi 
libris non nimium habuit difBcullatis : cilo enim patuil ad eundem 
quidem eos redire librum archetypum eumque non longe remotum, 
suum tamen utrique esse pretium suamque aucloritatem. 

Contra accidil in Turonensi codice. Quo de libro ut luto iam iudi- 
cari possit, Caroli Thurol factum est beneficio, qui eum protraxil, 
pervesligavit, variam denique epislularum scriplurajn ab Aemilio 
Châtelain diligenter excerptam docte prudenterque disceptavit (v. 
Thurot «Cicéron, Epislolae ad familiares. Notice sur un manuscrit du 
XII® siècle », ed. Parisiis a. 1874). Scriptus autem ille est aul exeunte 
s. XII aul ineunte s. xiii, et quamvis lacera eadem quae in Parisino ex- 
ianl Ciceronis opuscula tenet. Huius igitur codicis simul atque ration 
nés explorare coepi, quantopere ei disconveniret cum Londinensi 
tantopere convenire cum Parisino non potui non videre. Scilicet cum 
céleris in rébus anibo codices mirandum in modum conspirabant, 
tum Parisini mira'quaedamin primo libro verborum transposilio redi- 
bal in Turonensi (cf. Thurol p. 30). Quam simililudinem cum initie a 
fonlis communione repelendam esse putarem, pauUatim tamen, ut in 
conferenda ulriusque libri scriplura procedebam, eo adducebar ut 
Turonensem, qui dimidia fere saeculi parte Parisino est minor, ad 
exemplùm ex illo ipso Parisina ductum référendum esse mihi persua- 
derem. Quod ut etiamnum credam hae fere faciunl rationes. 

Ambo igitur codices cum multas habeanl lacunas lam verborum 
singularium quam versuum integrorum, ila tamen inter se differunt ut 
taies Turonensis defectus haud pauci sarciantur a Parisino, nuUus 
Parisini sarciatur a Turonensi (1). Umle eflicitur Turonensis fontem, 
quicumque fuit, non posse fuisse uberiorem Parisino. Iam vero haud 

(1) Non temere hoc adfirmo. Etenim Chatelainiana Turonensis collatio quan- 
tum vis accuràta cum hic illic, ut âc, dubitatiooi relinqueret locum, Turones ipse 
nuper adii et quidquid erat gravioris Parisinum inter et Turonensem discrepantiae 
meis oculis examinavi. Unde adparuit non esse in Turonensi, quae tamquam omissa 
non memorata erant apud Thurotum, a Parisino omissa verba haec : p. 93, âl Or.* 
« ni vererer », 93, 27 « praetereo », 123, 17 « quae quidem », 123, 40 « glortam », 
denique 61, 36 Turonensem aeque ac Parisinum « in factum », non « et in factum » 
habere. Porro quod pag. 11*4, 40 post a multi » in Turonensi additum est « alii »r 
lineis supra.» alii » positis ipse errorem suum notavit librarius. Denique aperta 
interpolatio eaque sat inticeta est quod p. 96, 38 (YI, 8, 1) : « huic meae rafiooi 
(« rogationi» Mediceus) potius ^quam rationi^» Turonensis liber habet : in ipso 
enim codicum nostrorum archetypo lacunam non fuisse expletam Medicei H&rieiaoi 
Parisini docet silentium. 




MENDELSSOHN. - CIC. EPIST. CODEX TURONENSIS. Hl 

exiguus eorum locorum est numerus ubi Turonensis scriptura prorsus 
mirifica per se non possit explicari, explicctur statim si adsîmuletur 
Parisinus. Velut IV, 11, 1 p. 62, 27 Or.* : «cum mihi C. Marcellus, fra- 
teramantissimus mei, non solum consinum daret, sed precibus quo- 
qiie me obsecrarel » , Turonensis cur « obsecraret » verbo non nimis 
l'gnoto suflfecerit ignoUim «obsectaret », nemo tam doctus erit ut do- 
cere possit, docebit Parisinus paullo curiosius inspectus. Huius enim 
librarius cum divise scripsisset a obsec raret », manus quaedam cor- 
reclrix paullo iunior arcu snpra « c » et « r » litteras posito coniunxit 
quidem cas sQd simul « r » lilterae fallacem « t d litterae similitudinem 
induit. 'Vel I, 2, 1 p. 4, 19 Or. : « eo die nos quoque multa verba feci- 
ibus maximeque visi sumussenatum commemoratione tuae voluntatis 
■ erga illum ordinem permovere », cur tandem pro « commemoratione » 
in Turonensi scriptum est « commemor » spatiumque sex litterarum 
vacuorn relictum ? Explanare ilerum potesl in partes vocatus Pari- 
sinus : habet enim « commemor atione » oblitusque est coniungere 
verba correclor. Porro V, 9, 1 p. 73, 19 : « si tuam consuetudinem in 
palrociniis tuendis serras, P. Vatinius cliens advenit » quod in Turo- 
nensi » Vatinius » abiit in « Vaticinius », aut fallit vaticinium aut 
nirsum eius hominis qui Parisinum corngendum in se suscepit fa- 
clum est peccato quamvis venia digno. Scilicet posuit quidem ille <( ci» 
supra « ti » litteras,* ai sonum nominis non nomen hominis corrigcre 
voluisse existimandus erat. Alterum vôcabuli portentum in Turonensi 
exstat I, 7, 8 p. 10, 4 : «gaudeo tuam dissimilcm fuisse fortunam, mul- 
tom enim interest utrum laus inminuatur an salus deseratur », pro 
« gaudeo tuam » enim illic scriptum est «gautuam ». Quid Parisinus? 
Habet « gautuam » inde ortum quod librarius post « gau n litteras in 
fine versus scriptas caudae oblitus proximumque versum a « tuam » 
Tocabulo inauguratus est. Quoin loco cum plane dormitaverit egregius 
ille corrector, « gautuam » illud Turonensis apud me quidem satis iam 
habet et explicationis et excusationis : quis enim potest saperc ultra 
« correctorem ? » Quod vero V, 5, 3 p. 70, 26 Giceronis cum C. Antonio 
expostulalio : « ego quae tua caussa antea feci voluntate sum adduotus 
posleaque constantia » in Turonensi ad banc redacta est exilitatem : 
« ductus posteaque constantia », eius rei culpam Parisini nec librario 
nec correctori recte dederis sed ipsifortunae : verbis enim «ego*— ad» 
unum in Parisino versum effici voluit. 

Salis credo exemplorum ad patefaciendam Turonensis originem. 
At vero, inquies, ita qui fieri potuit ut verba multa quae satis dilucide 
in Parisino scripta sunt et omiserit Turonensis librarius et tamquam 
omissa relicto spatio ipse sacpe significaverit? Potuit vero optime, si 
Turonense exemplum non ex ipso ductum sumamus fonle Parisino 
sed ex apographo quodam eius eoque interdum lectu tam difflcili ut 
plane desperaverit TuroAensis codicis librarius. Taie autem apogra- 



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m MÉLANGES GRAUX. 

# 

phon si medios inter Parisinum et Turonensem codices interponimus, 
etiam levés quaedam quae in vocabulorum aliquot scriptura inter 
utrumque codicem intercedunt discrepantiae satis iamhabereyidcntur 
excusationis (1). Ac ne is quidam cui cum maxime propter pams illas 
differentias Turonensis non videatur derivari potuisse ex Parisino, 
non poterit hune praeferre : nam cum in fine novem fere Orellianae 
edilionis paginis Turonensi est plenior, tum intégras habet quae 
inter p. 31, 35 et 55, 4 in hoc interciderunt epistulae. 

Postremo breviter significabo eam quam Leopoldus Delisle y. cl. 
animadvertit foliorum in secundo de Natura Deorum libro in Turo- 

(1) Quo facilius legenieB îpBÎ iodicare poftsint, integram utriusque codicis in sexta 
secundi libri epistula (Or.' p. 23,25) scriptorae discrepantiam componamas : 



ORBLLI 


PARISINUS 


TUROXBNSIS 


P. 98, 26. Yillium 


millium 


mîllîiim 


27 . mei 


meis 


meis 


99 ni nnn iiAPAPAtniii* 


ut nân iiAMirAiniiF 


ut non U6remur 


31. in te essent 


intéressent 


loiereoocuv 


33. nerecundius 


uerecundia 


11AI*A<*linf1ÎSI * 


H!) ftî mifiA 


si qua 


* si qua 


34. est 




om. 


3 A înirAniii 


JLU^CUUl, Il f/C 7X15 m 


om. spûtio vacuo reîicto. 


39. dubltavi 


dubitata (/ïn. vers,) ui 


dubitata ui 


40. esset maximum ma- 


maximum esset maxi- 


mflxîmiiiTiniiA (mmï lUA* 

UIMA AlU UIU^I Uw l^OOV. lut. 


ximeque 


Tniimnim 

lUUUIU Uv 


XlIUUlU Unf,j 


P. 94, 1. tantam 


tuam 


tuam 


2. Tel in remunerando 


om. 


om. 


6. quaerere 


inquirere 


inquirere 


7. suastantae 


sua stante 


sua stante 


7. quantae 


quanti 


quanti 


8. honos 


honos m. rec. ex bonos 


bonos 


12. liberalitatemque 


libertatemque 


libertatemque 


13. iuYentutis 


iuuentis 


iuuentis 


13. suffragiis studia 


suflTragiis posita studia 


suffragiis posita studia 


15. potentem at proba- 


potest approbatftm, a.sup. 


potest approbatam 


tam 


u a m, i 




16. etiam gratiosam 


etiam gratiosus 


et gratiosus 


16. OpU8 


operis 


operis 


17. proposui 


praeposui 


praeposui 


17. quidam 


om. 


om. 


19. me memorem 


memorem 


memorem 


22. et 


ut 


ut 


23. T. Annio 


.t. aniio, t sup, nam, rec. 


.t. anno 


24. benevolentiae 


beniuolentieque 


beniuolentieque 


26. ut 


et 


et 


26-27. te facile 


facile*te 


facile te 


27. laude mea 


laudem 


laudem 


28. cum ad te' 


quam in te hec 


quan in te hec 


32. impetraro 


impetraro 


impetrauero 


35. tuo 


tui 


tui 


35. posse 


om. 


om. 



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MENDELSSOHiN. — CIC. EPIST, CODEX TUROiNENSIS. 173 

nensi inversionem (v. Thurot p. 45 sq.), eandem esse in Parisinp no- 
vamque quandam quam ille in opusculo do fato scripto 10, S3 habet 
lectionem (« maluit igitur ») hic quoque exstarc. Ut mihi quidem valde 
videatur probabile ne in relicuis quidem Giceronis opusculis ullam 
esse Turonensis prae Parisino auctoritatem. 

L. MEiNDELSSOHN. 

Sciibebam Parisiis Kal. lun. a. 1882. 



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SUR 



UNE INSCRIPTION D'HALICARNASSE 



Dans ses récherches sur l'histoire de Talphabet grec, M. Kirchhoff 
a pris pour son point de départ une inscription d*Halicarnasse, qui a 
été étudiée par plusieurs savants avant et après lui, depuis M. Newton, 
qui la publia le premier, jusqu'à M. Riihl, de Kônigsberg, qui vient de 
faire paraître une étude sur cette inscription dans \e Philologus (1). 
L*édiûce de conjectures bâti par M. Kirchhoff au sujet des faits histo- 
riques avec lesquels Tinscription lui a semblé avoir un lien, et consé- 
quemment au sujet de la date de cette inscription, est en vérité fort 
peu solide. 11 suffirait de bien moins que des objections de M. Riihl 
pour 1 ébranler. 

Ce qui constitue la principale faiblesse, non seulement de Topinion 
émise par M. Kirchhoff, mais de celle aussi d'autres savants, y compris 
M. Riihl, c'est qu'aucun d'eux ne s'est occupé de fixer d'abord d'une 
manière assez complète la lecture de l'inscription ; ils ont tous laissé 
quelque lacune, si petite qu'on voudra, subsister dans des endroits 
importants, et même ils ont laissé passer quelques restitutions impos- 
sibles. 11 est clair, à mes yeux, qUe toute interprétation d'un texte 
obscur laissé dans des conditions pareilles manque de solidité. 

Je me suis donc occupé de lire avant tout correctement et complè- 
tement l'inscription. Aidé par les renseignements recueillis et complé- 
tés récemment par M. Riihl, j'ai réussi à établir la lecture suivante, que 
je donne en gardant soigneusement l'orthographe de l'original, et en 

(1) L*iii8cription se trouve aujourd'hui ^u Briiish Muséum. — Bibliographie: 
Newtoîi, ttUtory of dvtcoveries, etc., pl. LXXXV, pag. 23 et suiv., 671 et suiv.; Trans- 
•ctkmt of the R. Society of Hternture, IX (1870), p. 183 et suiv. ; Sauppe, Nachrich- 
tem von d, K. GeteUseh, ,d. Wiss, zu Gôttingen, 1863, p. 303 et suiv.; Kirchhoff, 
ShidieM sur Gefckickle des griech. Alphabets, 3«éd., p. 4 et suiv, ; JOrobns, De rébus 
Balicamassensium^ p. 23 et suiv.; Baubr, Heritdots Biographie, dans les Sitzungsbe- 
rickie d. Wiener Akad.^ LXXXIX (1878), p. 404 et suiv. ; KOhl, Herodotisches, dans 
W Pkitoiogus, XLI (1881), p. 54 et suif.; Inscripiiones graecae antiquissimae, Berlin, 
1W2, Q* StO. — Voir aussi Caubr, Delectus, n« 131. 



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176 MÉLANGES GRAUX. 

y ajoutant les accents tels qu'ils devraient être d'après Torthographe 
ordinaire (1). 

4 À).txapvaT[éa>]v xxl Ia).jiaxt- 

T]é(â)v xal AuY[Ôa]iiiç iv tÇ Up-Ç 

ayop-Ç |iïivô[; É]p|iaiûvoç iriji- 
5. icTY) lTra|iév[o è]irl AéovToç irpu- 

Tav[eu]ovTo[; t]o OatàTio; xa- 

ij 2ap['j<j<Jci]'XA[o t]o BctxuO.d) v£[<i>- 

ic]oi[ev t6]; |i[vyj]uLOva;. irap[a- 

8Côo[<JÔai] |it,[t6] yfjv iiï^Tt olx[{- 
10. a fot; |i.vy5|i[o<JjIv ItX kizoXui' 

vC8c(i) To Au[Y8i]jtio; ji.vTj|iove- 

ùovTo; xal [navjapLuoi to Kçtd^co- 

).).toç xal S[a>.ji]axiTécâ)v [trrj- 

ji.ov£u<$vTa>[v MEjya^iTtci) to A- 
15. çuàatoç xal [4>o]p}iC(i>vo( to n[a- 

vydTioç. i/jv 8[é ti]; Hli^ 8ixàî[e- 

(ïOai ic£pl Y^[ç ri] olxCwv iirixa).[eC- 

T(â) Iv dxTci) xa[l 8]éxa jiYialv dit' o t- 

à i($oç èY^ve[To]. v(5ji^ 8i xaTdlic[«- 
20. p vOv 6px(oi(7[ai TÔ]ç 8ixa<TTà( ^Tt- 

av ot |ivt5[JLo[v£ç t]l8éa)<jiv toOto 

xapT£pôv ïva[i. t^v] Si Ttç CaT£pov 

i'KiKCLki^ toO[to] to )(p<5vo tûv 

dxT<î> xal 8£xa [|nr)]va>v ^Tpxov Ivai t- 
25. û v£[io[jLévcj> [tJt^iy "^'^'^ ''^ ^^[^' 

CJa, 6pxov 8è t[ô;] Sixa^àç Vi|i.C- 

£]xTOV 8£Çaji[évo];. tôv 8à ^^pxov eÎ- 

v]ai iraptôvTo; [to è]v£0Tiqx(5T0ç. x- 

apTEpôç £Îvai y[r^^ x]al olxCa>v oÎTtv£ç 
^0. t(5t' eÎ)(^ov iiT£ À['7ro]).ci)vC8Y); xal Ilava- 

jlUYJÇ èli.VY)[JL<$[v£u]0V, fil OoTfpO- 

V à':7£i:épa^av. [tôv] vdjiov toutov 
Tiç 6i).Yi [auyjj^éai i[ irpo^Ta- 
i] 4^çpov [|i.i^ £]Ivai TÔV v<5[io- 

(1) Il est évident qu*il ne peut pas être question de psilose dans le dialecte de cette 
inscription. Sur les faits àit' o, xatduep, xat* oirep, voir G. Meybr, Herr Prof, van 
Wilamowitz-Môllendorf und die griechischen Dialekte, p. 10 et suiv. Ce sont des 
faits purement graphiques, ainsi que O = Ot, £ = £1. Dans cette inscription Tor- 
thographe est inconstante pour ce dernier cas ; on a Ivai et etvai. Dans une autre 
inscription de la même ville, que nous aurons occasion de mentionner, on trouve 
également to et toû. Je ne serais pas étonné si on trouvait dans une autre èaC o et 
àf * ou &9* ou. Du reste, même dans celle-ci, nous avons xaTdxcp et xddoSoç. 



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COMPARETTI. — INSCRIPTION D'HALICARNASSE. i77 



35. V toOtov, Tà i<5v[Ta] auTo vm^^^ui 
xal T(5ir<5).>.a)v[oç] elvai Upà xal a- 
Ofdv çeiiytv à[ti], 8è ij aÔT- 

citpiiaOat èiç' è[Ça]Y(i>Y^ xal |iy)8- 



40. a {là xd0o8ov [elvjai À^ixapv- 

U{i.icivTCiav T[p<$ir]iâ» i).(66cpov [tl- 
v»i 6; fiv TayTa \L[i\ irjapaPaCvirj xax' o- 
mp fà ^pxia èTdt[)(6ifj] xal <»)< yéypa'ïtT- 



45. ai 2v TÛ Àico^^[(i)vC]cj) ânixa^uv. 



Voici ce qu'il y a de nouveau dans ma lecture : 

L 7-9 on lisait 2a \[o ^rjo 8£ixut).a)vi[(â)]..ot..[TÔ]ç jivT(^|iova; [iVj icapa- 

W^yxi] xtX. Le nom 2apu<j<jw)i>.o a été restitué par M. Newton qui Ta 
trouvé parmi les noms cariens dans une autre inscription d'Halicar- 
oasse(l). H. Rûbl a facilement montré que Texprcssion toO; iivi^{iova<; 
xipaSifi6vat toîç {ivi^ jioatv ... Iicl |ivr,aov8t5ovTo; xt>.. est absurde et ne peut 
pas avoir de sens. Il a donc très justement suppléé irapa8C8o[<j0ai] au 
lieu de icapa8t8<5[vat] et a mis un point après jtvYîjiova;. Mais il ne s*est 
pas occupé de combler la petite lacune qui précède ce mot et a 
accepté comme bonne la forme du nom 86ixui).a>vé(i). Or il est clair 
que, pour compléter la phrase tà8e 6 cùXkoyo^ èpou).eî><jaTo... tou; avi^iio- 

il manque un verbe à Tinfinitif qui explique cét accusatif; et il est 
très essentiel de retrouver ce verbe, qui doit définir l'action des |i.vT^[to- 
^ réglée par cette loi, si nous voulons arriver à quelque chose de 
positif sur le sujet de cette inscription. Ce verbe était dans la lacune 
et il nous en reste les éléments v£..oi.., car on a eu positivement tort 
de bâtir Tétrange nom Bcixudwvéw sans remarquer que, 05ixuO.a) étant 
déjà un nom au génitif, on n'a aucun besoin de rallonger ainsi. Or, 
^tant donnés ces éléments et Tétendue des petites lacunes, il est im- 
possible de suppléer autrement que vt[ci)ir]oi[ev], verbe qui ne peut 
étonner ceux qui connaissent Tépigraphie grecque de l'Asie Mineure, 
et qui s'accorde avec une autre inscription d'Halicarnasse où les 
nwxoîai sont mentionnés (2). Et ce verbe jette une lumière nouvelle 
sur la signification totale de Tinscription, en éliminant tout ce qu'on 
en a dit jusqu'ici. 

L. 19-21. Par une circonspection que je crois excessive, M. Riihl a 
renoncé à combler la petite lacune ; d'autres, par une erreur qu'ex- 
plique la présence de l'I, ont cru reconnaître un datif dans 6^px(i>i. Le 
sens et la restitution ne peuvent faire doute. 

(i) Ssgûff» on art and archaeology, p. 447. 
(l) NsvTOK, EsMops, etc., page 427. 

MILAROIS ORAUX. 12 




178 



MÉLANGES GRAUX. 



Il est d'abord évident qu'il faut ici un verbe, un infinitif ayant valeur 
impérative, ainsi que dans les propositions suivantes. Le sens est 
clair : on fera prêter serment aux 8wta<rral d'après la formule établie 
dans la loi en vigueur, si toutefois les iivk^jiovcç sont d'avis qu elle soit 
acceptable et valide (I). Les exemples épigraphiques de prescriptions 
pareilles abondent i.ôpxiÇdvTwv tôv v<5{jLijtov ^^pxov (inscription de Crète; 
Le Bas, Revue de Philologie, I, 1845, p. 264 et suiv.), 8io|jL(5(jai tôv e?pxov 
TÔv v<5jjLiov (inscr. de Naupaktos; Cauer, Delectus, p. 112), iÇopxCwvSè 
xxl Ta; Upà; xxl tôv Up-îj xxtà tô ôtdlYP*i^l^* (inscr. d'Andania, ib. p. 19), 
etc., etc. Quant à I'Iwtx npoiYcypaiiaévov, il n'offre absolument rien 
d'étonnant, et il faut ajouter celui-ci aux nombreux exemples déjà 
connus de cet emploi, qui dans certains cas est justifiable, dans d'au- 
tres ne l'est pas, et est simplement dû à de fausses analogies. Ici on 
a suivi à tort, pour cette forme d'<5px<$(i), l'analogie des formes équiva- 
lentes dans certains verbes en w^w et on a écrit 6pxwi<jai comme on 
écrivait 8ta<jc5t<jai. (2). On pourrait môme attendre dans la ligne sui- 
vante £l8£(i)t<jiv , mais on ne peut pas trop insister sur des faits 
pareils dans une inscription qui nous donne tantôt eîv»t et tantôt.lvxt, 
tantôt A>.ixapvaTéti)v et tantôt A>.ixap[va]<j<ji(â)v, A>.ixapvTQ<j(T<5v. 

On peut facilement observer que, s'il manque quelque chose à la» 
fin de cette ligne, il ne manque au plus qu'une lettre, et môme il est 
très probable qu'il ne manque rien, non plus que dans les lignes 
suivantes. J'ai donc rejeté le supplément ô']Sv de Sauppe ou 
^T[oy 8'] îv de Riihl, et, plutôt que d'admettre r6T[£] fiv de Newton, 
j'ai cru préférable de lire simplement 6^txv, ou, si l'on veut, Sx' âv, qui 
donne parfaitement le sens de lorsque ici voulu. 

L. 41-45. On lisait, et M. Ruhl lit encore : Â).ixxpva«y<y£(i)v 8è tw(îtj|i.- 
iràvTwv t[out](i) â).&uOepov eîvai 6ç âv TauTx itapx^aCvYi xaT(Si7cp éipxi* 

fTa[{jLov] xal (î); y^ypai^Tai èv tw k'KoWtû'éitù èicixa)i£îv. Naturellement, d'a- 
près cette lecture, il fallait consiruire toOtco è>.tOÔ£pov £Îv«i ÈitixaX£tv, et 
M. Sauppe a eu parfaitement raison de se récrier sur l'usage insolite 
d'£)w£'j0£po; dans un sens pareil. Mais et lui, et M. Newton ensuite, 
ont eu tort de ne pas voir que le sens inusité d'âXEùôepo; n est ici 
qu'un résultat de la tournure donnée à la proposition par le supplé- 
ment t[oOt]w, et que par conséquent il aurait fallu chercher si un autre 
supplément ne donnerait pas au mot â>.£u6Epoi; sa valeur habituelle, 
à la proposition tout entière une tournure un peu plus grecque. 
Voilà pourquoi j'ai substitué T[p<$it](}), qui nous donne pour la lacune 

(1) M. Sauppe a eu tort sans doute (pages 323 et suiv.) de trouver, dans le neutre 
toOto, une objection contre Tunité de cette proposition^ que M. Newton avait fort 
bien devinée. 

(2) Voir Wecklkin, Curae epigraphicae, p. 45 et suiv. ; La Roche, dans la Zeit- 
schrift fur die oesterr. Gymnasien, 1865, p. 89 et suiv. ; Mbyer, Griechische Gram- 
maiik, § 115. 



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COMPARETTl. - INSCRIPTION D'HALICARNASSE. 179 



exactement le même nombre de lettres que t[out]w. On voit, sans que 
je le dise, qu'ainsi le mot è).&uôepo; reprend sa propre signification, et 
qu'il s'oppose au mot iceirp-vJaOai, dont Tidée domine à la fin de la pro- 
position antécédente. 

On a laissé passer sans s'y arrêter xat^nep, comme s'il pouvait être 
réquivalent de xa-à^ep (xaôaitep), oubliant ce qu'il y a d'étrange en 
cela et oubliant aussi que dans la ligne 19 on trouve xaTàirep et non 
xi?6xtp. Et cependant on n'a pas manqué de remarquer que dans ce 
texte représente souvent OT, et on a fort bien reconnu que l'AnO de 
la ligne 18 représente àic' ou (dç' ou). On aurait donc dû, ainsi que je 
le fais, reconnaître un fait pareil dans ce KATOUEP, et lire xa-c' oTcep 
(xaô' ouîcgp). On expliquera facilement ce génitif si on remarque qu'il 
s'agit d'^ipxta et si on se souvient des expressions opiSvai xaTà twv iça(- 
ô«v, x»6' Upûv, etc. 

Le supplément éTpxia 2Ta[[iov] est aussi étrange et insoutenable. Cet 
actif donne une idée beaucoup plus déterminée que l'ensemble de 
l'inscription ne nous permet de l'attendre. Après ce qu'on vient de 
lire, et qui est si impersonne), on est étonné de cet ifTaiiov, et on se 
demande : ^t? Si donc on croyait indispensable de reconnaître ici 
Texpression ^pxix Tijivetv, il vaudrait mieux substituer la forme plus 
impersonnelle èTdE[{tYi]. Mais je ne crois pas qu'il soit nécessaire de 
songer à cette expression. Nous avons ici une spécification, qui ex- 
plique TauTa jxYj itapaPa(vTf|, et nous dit que Tauta signifie : èirixa).eiv, 
d'après la loi présente en ce qui concerne les serments à prêter, et 
d'après la loi ordinaire (écrite dans le temple d'Apollon) pour le resté 
de la procédure. Voilà pourquoi, guidé par xal dx; y^ïp*^*^ qui suit 
immédiatement, j'ai préféré restituer M\x^ri], qui donne aussi pour 
la lacune le même nombre de lettres qu'£Ta[uLov]. 

Quant à l'interprétation de l'inscription, la difficulté n'est pas tant 
dans les détails que dans l'ensemble. 11 s'agit de trouver l'idée qui 
réunit et lie entre elles les différentes parties de icette loi. 

D'abord, la lecture que je viens d'établir nous dit qu'il s'agit de 
fonds appartenant aux temples. Gela résulte du verbe vecjTcoutv, et 
même sans ce verbe on aurait déjà pu s'en aviser en remarquant le 
litre d*ltpti, donné à l'àyopi dans laquelle cette loi a été décidée (1). 
Sans doute à l'époque de cette inscription ce n'était pas un titre 
oiseux, et on aurait tort de le rapprocher des expressions tspôç ^\lo^, 
Upà YtpovHrCa, Upà <juY*>.tiToç, Upà pou^.i^ qu'on trouve si fréquemment 
dans les inscriptions et les médailles, surtout en Asie Mineure, aux 
temps romains (!2). 

(1) La position du mot àYOfd est telle ici qu*on ne peut Tentendre, ainsi que le 
Test M. Saappe (p. 318 et suiv.), comme désignant un lieu : il indique la réunion 
l«Biie tel jour de tel mois. La valeur du mot est proportionnée à celle du mot ovX* 
Irf»;, et on comprend pourquoi ce n*est pas une ixxXvjata. 

(2) V. TiTTMAïCîc, Darslellung der griech. StaaUverfass.j pag. 477 et suiv. 




180 



MÉLANGES GRAUX. 



On s'explique fort bien ce titre si on suppose que c'était ufie des 
séances du (sùWoyot;, spécialement consacrée aux affaires religieuses, 
à l'administration des temples, etc. On sait qu'à Athènes la quatrième 
séance de chaque mois était consacrée aux tepà x.al Stsia (1). 

On voit qu'alors Salmakis et Halicarnasse avaient encore une ad- 
ministration séparée avec des fonctionnaires particuliers. Mais deux 
localités .si rapprochées avaient des intérêts communs; ils étaient 
traités dans les réunions d'un cùXkoyot;, où chacune des deux localités 
était représentée , et dont les décisions étaient sanctionnées par le 
dynaste; comme de raison, l'inscription même nous fait comprendre 
qu'Halicarnasse tient une position prééminente vis-à-vis de l'autre 
communauté plus petite. Parmi ces affaires auxquelles les deux loca- 
lités étaient également intéressées, il y avait celles des temples, qui, 
se trouvant, paratt-il, entre l'une et l'autre, touchaient par leur terrain 
ou leurs dépendances et propriétés aux deux territoires, en telle sorte 
que toutes les questions concernant leur administration, ou leurs in- 
térêts de toute nature, étaient du ressort du <ti5>.>.oyoç. L'inscription 
nous offre une loi {v<$|io(;, ligne 84) ; ce n'est pas toutefois une loi géné- 
rale et fondamentale, concernant le droit de propriété dans les États 
de Lygdamis; c'est une loi spéciale, du ressort de l'administration o^ 
dinaire, dans laquelle, par conséquent le dynaste n'agit pas de son 
autorité absolue, mais ne fait qu'unir son nom aux délibérations; et 
celles-ci ne sont pas celles d'un S-îip; ou d'une f^oiik-^, mais d'un 
simple <j'i>.>.oyoç, dénomination assez incolore qu'on s'explique dans 



Deux articles de cette loi semblent se trouver en contradiction. 
D'abord on dit qu'il est défendu de remettre les propriétés aux mné- 
mones tel et tel, ce qui fait penser que ceux-ci étaient les mnémones 
alors en charge; mais plus bas on dit que les propriétés doivent 
rester dans les mains de ceux qui les avaient durant la gestion de 
ces mnémones, el [iVi 0<rrepov àiceicépadav. D'où il résulterait que ces 
mnémoBes étaient alors sortis de chaîne. On* a cru éluder la difficulté 
en interprétant cet èiivY)^<5vtuov par « lorsqu'ils entrèrent en charge »; 
mais cela est impossible. On aurait dit IXa^ov, ou^ d'après le mode, 
à nous inconnu, d'élection de ces fonctionnaires, on aurait choisi un 
autre verbe de cette espèce. Telle qu'elle est, l'expression dit de la 
manière la plus claire et la plus nette que les mnémones mentionnés 
étaient alors sortis de charge. La seule manière possible, à mon avis, 
de résoudre la difficulté, est de corriger l'interprétation du premier 
passage. 11 ne faut pas, ainsi qu'on l'a fait jusqu'ici, rapporter la date 
it\ ÀirolcjvCSco) x-zX. au verbe icapa5{8o<j6ai, mais bien aux propriétés 
(ytjv, olxCa) et entendre « les terres et les bâtiments datant des mné- 

(1) V. ScHOEMANN, De comit. Aifiefi,, p. 297 et suiv. 



un État régi par un Tùpawo;. 




COMPARETTI. — INSCRIPTION D'H ALICARNASSE. 481 



mones lel et tel c'est-à-dire dont les titres de propriété, de location, 
ou autres datent de ces ronémones. 

L*expression est elliptique, et on ne s'est pas soucié d'ajouter un 
Twv devant ItI, qui aurait pu la rendre plus immédiatement claire pour 
nous ; mais elle n'est pas sans exemple. Ainsi dans une inscription 
d*Orchoménos publiée par M. Foucart(l), nous trouvons plusieurs fois 
mentionnées fà; uxcpajiepCa^ Tà<; âitl (ïp)(ovToç Stvoxp(T<i>, c'est-à- 
dire datées de cet archonte, ce qui est clair; mais dans un autre en- 
droit (ligne 157) de la même inscription nous trouvons xà; icpiÇtç xà; 
ibi^%ç NixatpiTYi xarca; itdlto; £evoxp(T(i) à'pj^ovToç, formule dans la- 
quelle la date ne se rapporte pas du tout, comme on pourrait le 
croire au premier abord, au participe l(u<7a( (èoO(ra<;), mais bien à icpa- 
(8^; et M. Foucart a traduit « ses poursuites en recouvrement contre 
la ville datant de Tarchontat de Xénocritos (2) ». 

L'expression n'était pas ambiguë pour les habitants d'Halicamasse, 
qui savaient fort bien que les mnémones mentionnés dans celte loi 
étaient sortis de charge, et savaient aussi mieux que nous comment 
les mnémones attachaient leur nom aux titres ou à certains titres 
de propriété. 

Mais le peu que nous savons sur les attributions de ces fonction- 
naires est déjà assez pour que nous ne soyons pas étonnés du fait 
que nous venons de remarquer. Déjà le passage d'Aristote, souvent 
cité, sur les mnémones (3), parle des àvaypa^aC qu'on faisait auprès 
d'eux. Mais une inscription d'une autre ville de. Carie, lasos, nous 
en dit encore davantage ; dans la liste des biens confisqués et vendus 
au nom de l'État, on y donne pour chaque lot le -nom des deux 
mnémones qui <juv£ir<6).T,(jxv (i). 11 y a cette différence qu'à lasos les 
mnémones sont nommés pour la circonstance et chaque lot mis en 
vente a les siens, tandis qu'à Halicarnasse nous voyons deux mné- 
mones figurer comme fonctionnaires et ne rester en charge que pour 
un temps déterminé, probablement d'une année. 

Le mot (ï8oç(i. 19) n'était connu que par la glosse d'Hésychius : 
îÔTijjLa^i «ôo;-<J«59wji.a, 8<$YHwt (5). Cette signification est parfaitement 
d'accord avec l'étymologie probable de ce mot, qui, d'après l'ano- 
logie de \ày(Oi, \à^oç, [liôo; etc., peut être rapproché du verbe dtvSivci), 
et pourrait être traduit en latin par placitum (ce qui est aussi la tra- 
duction usuelle de Sdypix). Ce n'est pas un v6|io<; ni un 4^<p(.9[ia émanant 

(1) Bulletin de eorresp, hellénique, 1879, p. 459 ; et 1880, p. 1 et suiv. 

(2) A la rigueur icpa|et; veut dire ici : « droit d^encaisser sur mandat de paye- 
BM( datant de .... » 

m PùlU,, VII, 8: iTtpa i*àpx^ icpi;Y)v àvoYp^evOat 8u xi. xi {8ia av(iLpôXaia xat 
xmi Xfiotcc ix imv &xaaTi)ptwv xxX. 

(4) Bulletin de eorresp* hellénique, 1881, p. 497 et suiv. 
l5) Voir Berok. Johrbucher fûr PhiloL, 1873, p. 37. 



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182 



MÉLANGES GRAUX. 



de Tautorité législative souveraine ; Hésychius emploie le mot 4'T^9wh^ 
dans sa signification plus générale et il définit 4^j<pC<x[i.aTa - yvôpLxi àpé?- 
xouaai. A8o( ne peut être ici qu*un acte de fonctionnaires spécialement 
chargés d'une branche de Tadministralion, acte que Tautorité centrale 
et supérieure ne faisait que sanctionner. D'après les circonstances 
dans lesquelles nous trouvons ce mot employé ici, il peut être inter- 
prété comme un acte de concession de terres et de biens fonds. 11 
s'agit, nous Pavons vu, de propriétés appartenant aux temples; nous 
ne pouvons pas dire si r&ôo; émanait des vecjTcotatt ou des [tvK^jtovE;; mais 
en tout cas il est positif que ceux-ci y avaient apposé leur nom. L'ex- 
pression TdSc v£<i)7coietv Tov>; [ivifi {iova<; nous montre les mnémones dans 
les rapports que leur charge leur attribuait avec la vewicoïC», sans tou- 
tefois les confondre nécessairement avec les vewiroXott qui sont nommés 
dans une autre inscription de la même ville comme garants de la vente 
des biens appartenant à trois temples. Dans l'inscription en question 
(qui nous donne une idée des richesses considérables de ces temples) 
les mnémones ne figurent pas, parce que ce n'est pas un contrat de 
vente, mais une simple liste de ceux qui ont acheté les biens des débi- 
teurs en retard, biens saisis et vendus au profit des temples qui étaient 
les créanciers. Probablement ces saisies et ventes eurent lieu en des 
temps différents, ce qui explique l'absence de toute indication de 
date dans la formule initiale (1). 

Nous ne pouvons pas définir exactement si M8o<; dont il s'agit éta- 
blissait une vente proprement dite, ou bien un bail, un fermage, 
une location, etc. Les expressions l^siv (1. 30) et 6 vejjLdjuvo; (1. 25) 
n'impliquent pas nécessairement l'idée d'une propriété absolue du sol, 
acquise par achat, mais s'appliquent dans l'usage général à celui qui 
détient ou exploite des propriétés dont il a la jouissance à un titre 
quelconque. Gela, pour ne citer qu'un exemple, se voit dans une 
inscription fort importante d'Éphèse (2); cela se voit aussi dans 
l'autre inscription d'Halicarnasse que nous venons de citer; nous 
trouvons là la distinction y^v iJiv aO-cd; eî^tv, -fi -Jiv ÀTwiÇioç. 

L'expression icapa8C8o(ï6at toTç jivK^ |jlociv a besoin d'éclaircissement 

(1) Celte inscription fut publiée par M. Newton dans sesEssays on art and archaeo- 
logy (London, 1880), p. 428 et suiv., et par M. HaussouUier dans le Bulletin de 
corresp. hellénique, 1880, p. 295 et suiv. Voici le commencement : Bso{. OtSs iicpCav 
TO icapà Toû '\ic6XX(i>vo; xai TÎi; 'AOtivaiiQ; xai flapOsvou y^*? olxCa; tûv ôçtiXôvwv 
ToX; OeoT; toOtoiç. ps^aiovv Se toù; Oeoù; t6v àfSiov xpôvov, ovfJLpepaioûv 6è toù; vew- 
Tcota; TÔ>v Oewv toO; àtei ovtqC; xal é^opxt'CevOat xarà Tdoxa. L*inscription parait un peu 
plus récente que celle dont nous nous occupons. 

(2) WooD, Discovenes at Ephesus; Inseripiiom fi*om the city and suburbs; p. 12, 
1. 13 : 6(101 — f^ouaiv Tà xtiQ|i.aTa xal vétiovtoct; il s*agit de biens détenus à de cer- 
taines conditions. Ainsi, dans une inscription d'Ithaque (C. /. G. 1926)^ à lx«*v xal 
xapicov|i.evo; n*est pas nécessairement le propriétaire du sol sacré, quoi qa*en dise 
Franz. 




COMPARETTl. — INSCRIPTION D*HALICARNASSE. 183 



Le cas d*une icxpiSo^ic est indiqué entre autres dans les tables d*Héra- 
clée, dans lesquelles, on le sait, il s*agit d*un bail à culture perpétuelle 
de propriétés appartenant à un temple : at tivi xa àWiù irapSâvTi Tàv 
yav, Sy xot a'iTol jtEjtto6cî>^ci)VTxi, 4\ àp-niawvTi -3^ dTcoSûvTi xàv âicixapirCav xtiX, 
(1, 106 et suiv.). Seulement, dans notre iitscription, ce cas est d'une 
nature spéciale, car il ne s'agit pas de la remise des propriétés à un 
ou plusieurs particuliers, mais aux mnémones, c'est-à-dire à des fonc- 
tionnaires publics qui interviennent dans les ventes ou autres adju- 
dications des biens publics et, comme on le voit dans la ligne 21, 
dans les contestations relatives à ces biens. Nous ignorons si com- 
plètement les institutions d'Halicarnasse et les conditions dans les- 
quelles celles-ci se trouvaient au temps exceptionnel de Lygdamis, 
que nous ne pouvons que nous adresser à l'inscription elle-même 
pour nous éclairer sur ce sujet. Si nous voulons, — et nous devons 
je crois le vouloir, — qu'il y ait quelque lien entre les différentes 
dispositions contenues dans cette loi, il nous faut supposer que 
celte icapiSo^ toi; |ivii5ji.o^iv, dont nous ignorons la forme, les condi- 
tions et la raison juridique ou traditionnelle, était ou pouvait être 
un subterfuge que la loi jusqu'alors avait permis ou toléré, par lequel 
les détenteurs de certaines propriétés, appartenant ou ayant appar- 
tenu anx temples, pouvaient réussir à échapper à toute contesta- 
tion légale. Probablement cette cession ou remise était simulée, 
et pouvait se réduire à une formalité, qui n'empêchait pas son auteur 
de jouir de son bien , et qui le mettait à l'abri des poursuites et 
même intimidait ceux qui auraient voulu âmx(z).eiv. C'est cet abus d'un 
côté et cette timidité de l'autre que le (r^Hoyo*; veut faire cesser par 
cette loi ou cette ordonnance adressée aux mnémones. 

Voici donc comment j'explique le sujet de l'inscription. 

Durant la gestion des mnémones mentionnés dans le texte avait 
eu lieu un fiSo;, ou même plusieurs actes de cette espèce, donnant en 
fermage (supposons cela) des biens fonds appartenant aux temples. 
Par un défaut déforme, ou pour d'autres raisons que nous ne sommes 
pas à même de déterminer, cet <SSoc avait produit des conflits d'inté- 
rêts et donné lieu à de nombreuses contestations; mais, par un pro- 
cédé abusif, les délenteurs des propriétés en question échappaient 
aux contestations moyennant une remise des propriétés aux mné- 
mones, acte d'où résultait un état de choses assez délicat et même 
dangereux pour qui aurait voulu intenter un procès. Ces abus furent 
pris en considération dans une des séances que le fs^Wo-^oi consacrait 
aux affaires de l'administration religieuse, et, pour les faire cesser, on 
prit les mesures indiquées dans la loi que nous avons sous les yeux. 
D'après celle-ci : est interdite toute remise aux mnémones des pro- 
priétés sacrées datant des mnémones mentionnés ; sont responsables 
de ces propriétés, devant la loi, ceux dans les mains desquels elles se 



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184 



MÉLANGES GRAUX. 



sont trouvées durant la gestion des ninémones mentionnés, à moins 
que dans l'intervalle entre cette gestion et la promulgation de la loi 
ils n'aient fait passer les propriétés dans d'autres mains. D'autre part, 
tous ceux qui auront des droits à faire valoir au sujet de ces proprié- 
tés, et qui voudront réclamer devant la loi, sont autorisés à le faire 
dans le terme de dix-huit mois (à dater du jour où r<Sâo; relatif à ces 
propriétés a eu lieu), ou mé^me après ce terme s'ils veulent; avec cette 
distinction pourtant que, pour les réclamations présentées avant le 
terme de dix-huit mois, on demandera que les SixadtaC prêtent ser- 
ment d'après les prescriptions et les formules établies dans la loi en 
vigueur, si toutefois les mnémones trouvent que ces prescriptions et 
formules soient valables pour le cas, tel qu'il se présentera; si les 
réclamations sont présentées après le terme indiqué, alors on deman- 
dera le serment tant au détenteur des propriétés contestées, qu'aux 
juges, auxquels on donnera un ViiiUxtov d'indemnité; et ces serments 
seront prêtés en présence de l'auteur de l'action judiciaire. 

Le isùXkoyo^ a prévu que les détenteurs des propriétés feraient leur 
possible pour faire abolir cette loi, et a ajouté une sanction qui est 
assez fréquente dans les lois et décrets des Grecs (1), mais qui est ici 
remarquable par une sévérité moins ordinaire. Tout homme qui vou- 
dra annuler cette loi ou en proposer l'abrogation (2) est condamné à 
la confiscation des.biens au profit du temple d'Apollon et à l'exil per- 
pétuel, et, si la valeur de ses biens n'atteint pas dix statères, il est 
condamné à être vendu comme esclave, sous condition d'exportation 
et sans pouvoir jamais revenir à Halicarnasse. D'autre part la loi 
encourage tous les citoyens qui en auraient le droit à poursuivre ou à 
réclamer ; elle leur garantit qu'ils ne courent aucunement le risque 
de perdre aucun des droits des libres citoyens d'Halicarnasse, pourvu 
qu'ils ne transgressent pas ce qui est ici prescrit, c'est-à-dire qu*ils 
procèdent aux poursuites en observant, pour les éipxix, ce qui est in- 
diqué dans la loi présente, et^ pour le reste, ce qui est indiqué dans 
la loi qui se trouve gravée dans le temple d'Apollon. 

On voit que le (jùWoyot: maintient pour les procès et réclamations 
la procédure ordinaire et renvoie pour celle-ci à la loi en vigueur, à 
l'exception de ce qui concerne les serments, un point très essentiel 
dans le droit ancien, comme on sait'; à ce sujet il fait une distinction 
entre ceux qui procéderont avant ou après le terme de dix-huit mois, 
à partir de la date de r<S8o;. Pourquoi ce terme et pourquoi cette dis- 
tinction? Voici ce que je suppose. Les mnémones étaient annuels et 
ceux dont il s'agit avaient fonctionné durant l'année précédente. Leurs 
successeurs avaient accepté durant un certain temps les remises abu- 

(i) Voir BoBCKH, Kleine Schriften, VI, 181. 

(2; DpoOviTat 4^9ov, 1. 33 ; les Athéniens disaient icpoTiOjvott yv(0{iy)v dans ce sens. 
Voir ScHOEM ANN, D« comiiiis Àth.<, p. 104 : c'est « proposer one délibération ». 




COMPARETTÏ. — INSCRIPTION D HALICARNASSE. 185 



sives des propriétés, de manière qu'ils en portaient la responsabilité. 
La nouvelle loi qui abolissait ces remises devait donc faire quelque 
distinction entre les réclamations qui auraient lieu durant la gestion 
des mnémones actuels, et celles qui auraient lieu durant celle de 
lears successeurs. En calculant la date où V&^oç avait eu lieu sous 
les mnémones précédents et la date de la loi présente, on trouvait 
qu'on terme de dix-huit mois était suffisant pour liquider toutes les 
affaires de cette espèce dans lesquelles les mnémones actuels avaient 
engagé leur responsabilité. Pour celles-ci on ne demandait le ser- 
ment qu'aux 8ixa<rra{ ; on ne pouvait pas en demander aux mné- 
mones qui, comme fonctionnaires publics, étaient déjà liés par le 
serment prêté lors de leur entrée en fonctions. D'après cela on de- 
vrait dire que les 5ixa<rra( à qui on demande le serment pour chaque 
cas étaient nommés pour la circonstance; mais on peut douter si 
cenx qu'on appelle ici Sixa^iTaC fonctionnaient comme juges ou comme 
témoins; dans plusieurs inscriptions de Mylasa nous voyons figurer 
les Sutx^aC comme témoins dans des ventes ou locations de biens 
fonds (1). Mais après dix-huit mois à partir de rsSo;, c'est-à-dire 
lorsqu'il y aurait d'autres mnémones dont les noms ne seraient pas 
engagés par des itapx8(5<ï£t; de cette espèce, le serment devait être 
prêté non seulement parles StxadraC, mais aussi parle détenteur des 
propriétés contestées, parce qu'alors le cas ne pourrait plus se pré- 
senter que ces propriétés fussent enregistrées sous le nom des mné- 
mones. 

Dans ce dernier cas, comme l'État était désintéressé et -qu'il s'agis- 
sait d^une contestation entre particuliers, les $ixx<r:aC avaient droit à 
une indemnité de la part des parties en litige. 

Il se peut que l'inscription continuât sur une autre face, ainsi que 
M. Rûbi croit pouvoir le supposer. Le TjXkofOi peut bien avoir ajouté 
d autres dispositions à celle-ci ; mais ce qui nous reste ofiTre un sens 
tout à fait complet et ne laisse rien désirer après le dernier mot lisible. 



Florence, février 1882. 

(I) Voir LbBas et Waddinoton, Inscriptions d'Asie Mineure, 414 : Bulletin de 
correspondance heUénique, V, pag. 107, 112(14), 118. 



D. COMPARETTÏ. 




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GoogI 



ANIMADVERSIONES CRITICAE ET PHILOLOGICAE 

AD EURIPIDEM 



Orkst. 11 ouTo; «puTcOsi né^oica, toO f<py, 

Oé^ôati* t( T(ïppY)T* àva[jteTp'i^(ja<jOaC [te 8eî; 

Delelo manifeslo glossemate vocis irdXsfiov, poetice eo sensu usur- 
patae, emendandum crediderim : 

Oé<70ai 8u£<mrj irdlejtov ^vti <ji>yy<5v<j) • 
<:^xa(Toi> tC TlppYjT' àva}icTpT5^a<r6aC [te 8eî; 

Necessario autem sentenlia postulat,, ut addatur xptCTot, quod fieri 
polestut legerit Pseudo-Lucîanus Amo7\ 53 extr., ubi editur : xal tî 

"îifpîlt xti. 

Vs. 73 Helena ad Electram : 

-rli^ltwv ôpéwic [JtTQ'fp^Ç 9ovtv>ç f <pu ; 

Non tantum soloece dictum est f^u pro f<puTe, sed longe aliud Hele- 
oam quaesivisse apparet ex Electrae responso : 

È\iyy], tC <joi ^iy^^H-' ^'^ ^ irapoua' 6p5< 
iv Suji^opai^t tdv ÀYa[t£|i.vovoç ydvov; 

▼el potias S<S{lov, ot ^egendum suspicor, sequitur enim : 

lyw H"-^^ àuirvoç, itdtptSpo; àO^Cco vexpu, 
vcxpô; Y^p oÎTo; oQvexa a[tixp5t; icvoij;, 
bà^iù* xt£. 



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188 MÉLANGES GRAUX. 

Non igitur inepte rogaverat id quod iuxta cum omnibus Graecis 
noverat (cf. 260 sqq.), sed, nisi fallor, hoc : 

Recens vulgatae scripturae testis Thomas Magisler neminem, 
credo, morabitur. 

Vs. 205 àyaiKK fmS' àTexvo; S t e ^Cotov A 

Si quis semel agnovit Si-n nihil esse praeter dittographiam trium 
primarum litterarum vocabuli praecedentis, facile mecum et numéros 
et sententiam corrigat scribendo : 

ày^H^o; è^rcl (Herm.) àttxvo; pCoTOv <^à6iov> à 

Vs. 289 el xaT 5[i|ixTa 

èÇi^<$pouv viv itY)Tép* tl XTeivaC ot ypVj, 

Non solum xaxfStpwvov est èxmvai praegresso in eadem senarii parle 
el xTeîvai, sed ipsa locutio èxTcCvsiv >.iTd; suspecta est. Quippe verba in- 
TeCvciv et à^roTcCvctv de longa oratione usurpari soient, non de precibus, 
quod sciam^ de quibus potius ivTe{veiv(quod tamen non raagis dici vide- 
tur) adhiberi posse credideris. Infra 382 translate dicitur : 

txiriQç, à(pO).).ouç <r:<5[ixT0ç èÇdtUTcov ^iTàç 

cuius metaphorae rationem aperit locus Iph. A. 1216 
lxeTY)p(av 8i ydvaaiv è^dLicTCj ^iOcv 

neque igitur recte eo exemplo utaris ad coniciendum : 
sed et lenius et melius conicias : 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 489 
ut legitar Elecl. 592 : 

àvcj^e X^P*î> ^''^ï} '*<5yov, tel >.iTà; 
Xitàc Oeou; xt£. 

Cl Phoen. 1373 T?ixcv dpi;. In genetivo yevtCou tojS' sine praepositione 
xpiS; apud verba precandi baerendum non est. Hec, 753 : 

xal aoO Y^vtCo'j Se^ia; V cOSaCjtovo;. 
Gorruptelae origo fallet neminem. 

Vs. 448 tkvX^ xatacpuYà; 2)(^et xaxcuv. 

Non temcre Hadvigius offendit in eo, quod spei tribuaturquod est spe- 
rantis, sed non admodum mihi placet viri praeclari coniectura : 

i; a' i)iiil<Vi xaTa^uy**!^ '^'^^^ xaxwv. 

Hihi venii in mentem : 

(5 VKtX^ V| [tiv xaïa^uyà; ?)(^eiv xaxûv 

obi, si VkKU magis.est opimoeifiduciaaliquid esse qudim spes 'aliquid fore, 
recte habet inûnilivus praesentis. Recte autem dicitur xotTatp'jyà; fyciv 
U tiva, ut infra est xaTaç'jyà; icout<jOai f; Tiva. Vs. 567 ; 

cl yàp yuvavxeç è; t<5S' -^jÇou^iv Opi^ou; 
àv8px; ^ovcOtiv, xaTaçpuyà; iioiou[iEvat 
èc t£xv» XTé. 

Verte : speramus nos in te habere malorum refugium* 

Vs. 508 tl T^SvS' àTtoxTcCvtiev 6[i(S).cxTpo; yuvi^, 

TOuSc icat; au juriTip* àvTaTCoxTsveï 
x£7C£i8* ô xcivou yevô[i.evo; ç6vcj> cp<5vov 
X'jdci, Trépa; ÔVj xaxwv itpo6ii^^£Tai ; 

Com praeseriim Orestes uxorem nondum habeat, necessarium vi- 
detar : 

tl t6v8' dicoxTtveî itoO* 6{i.6>.cxTpo; yuvt^ xt£. 



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«90 MÉLANGES GRAUX. 

Vs. 607 Tyndareus ad Orestem : 

jxaWov jx'àviÇeiç aôv è$€).8€iv (p<ivov. 

Sic edidit Dindorfiusex melioribus libris pro àvi4*£i;,quod recepit Por- 
sonus. Ut locus non est verbo àvàytiv, ita sententiao aptissimum est 
àvi^TTtiv, incendere, Sed manifesto vitiosum est futunim tempus, et re- 
quiritur : 

Vs. 673 matricida ad Menelaum : 

(0 icatpôç ^^ai{ie ôett, tôv xatà ^8ovô; 
6av<5vT' ÂxoOeiv Td6e 86x€i TcoTwjjiévYjv 
i}*u^7)v ôicép «ou Xfltl Xéytiv Ayà >.éya). 

Poterat Menelaus putare Agamemnonis umbram audire filii preces, 
sed qui, quaeso, existiniare poterat, eam eadem dicere quae filium, et, 
quod etiam absurdius, simul dicere et audire? Apage ineptias, et 
corrige sodés : 

xà>.éytiv àycîi Xéyci>, 

et cordi habere quae ego dico, Rarissimum in tragoedia verbum (solus 
usus est in superstitibus fabulis Aeschylus SuppL 751) facile fefellit 
librarios. Rarius quidem, sed ponitur tamen verbum àXéyeiv sine ne- 
gatione. Cf. Hom. //. IX 504, Orf. VI 268. 

Vs. 904 Apyçto; oOx Àpyeio;, T^vayxaaji.£vo;. 

Olim scribendum proposueram â^Y)xaa^évo;, quam coniecturam nuper 
repetivit Naberus in Mnemosyne. Gonferebam Aesch. Ag. 1217. 

Vs. 959 irpd^wTcov yYjv aôv ^a^^oCa' àcpôoyyoç cl, 

û; axtvaypLOÙç xal ydou; 8pajj.ouji.évY). 

Ineptum sane est 8pa|xou{x£vir), sed quod apte substituas frustra 
quaesiveris. Dubito vero num versus sit genuinus. Optime saltem 
abesse potest et facile potuit flngi propter subséquentes Electrae que 
relas : 

xaTip^o|i.ai aTtvayji.<5v xt£. 



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VâN UERWERDËN. — AD EURIPIDEIL lOi 
Ncc sane a poetastro aptius verbum pro isto 8pxpLou[uvo; requiriiaus. 

Vs. 819 TÔ xa^ôv où xa^<Sv,Toxla)v 

itupiysvtî Ttjtvtiv i:(iki\L% 
)^p<Sa, juXivôtTov 8è ^(Svw 
Ç(ço; a'jyà; àt).Coio SttÇai • 
TÔ 8' xu xaxoupyeïv à^éSeix pLaiv6).i; 
xxxo(pp6v(i)v T* àvSpcjv ^xpdvoia. 

firevis esse possum, cum videam Weilium iam intellexisse corrigen- 
dum esse t<58' et xxxoûpYwv, sed dubito num servari poterit vocula au. 
Malim ^erte per interrogationem 

xaxocpp<Sv(i)v T* dvSpûv ^apivoia ; 
iUud (facinus) nonne est makficorum vesana impietas cett. ? 
Vs. 1045 fSi ^Cki<xi\ & TcoOtivov lîJSiTrdv t' ?x*^^ 

Ingeniose Weilius, sed structura durissima : 

tÇ «t5 t' àSeX^ a' ^vo[tx xxl 4"^X^ H*^* 

et displicet tam vocula te istic posita quam ^vo{i.x pro quo cum Har- 
luDgio hic malim ^[tpLx. Conieci : 

çCXtxt', û TcoOtivôv •îJ8i(rr<Sv t' ?x<*>^ 
aî> ttJS' àStXçôv ^|i.^x xxl «J'^xV pi-^av, 

carissime, o tu qui desiderabile et dulcissimum habes fraternum 
mihi Tultum et concordem animum. Cf. supra : 

Keri tamen potest ut servato 5vojta scribere sufficiat 

Vs. 1639 i%t\ 6tol Tw Tï5«8e xa).XwTtt5|i.xTt 

Ê^Xtjvx; xxl <tpi5Y«< ÇuvTiYayov 
Oxvdtou; ï8y|Xxv, à; à7cxvT).oîev x^ovô; 



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192 



MÉLANGES GRAUX. 



Displicet hic nolio âcpQovo;, quae non nisi in bonam ptartem adhiberi 
solet, et ambabus arriperem, sicubi in codice repertum foret 

y S. 1686 de Helena ad astra sublata : 

fv8a lïap' Hpa 6' Apax^éou; 

4 forai fficovSat; ïvr.jxo; àtl, 

auv T*jv8ap{8ai( [toi; Aiôç utoi;] 
* vauTai; juSéouaa 9a>.àaoY|ç. 

Admodum mihi suspectum est inutile additamentum -coXç Aid;(alii codd. 
Zy)vo<;) utot; etiam propter formara utotç pro uléaiv. Ëuripides certe dedis- 
set xoîipowi Ai<5;. Quanto autem suavius ea verba omittentur I 

Andromacu. 56 son a ad eram : 

Sé^icoiv', èvci TOI Touvojx* oO (ptuy*** '^^^^ 
HTXtXy ^\ iiztLizt^ xal xaV oîxov ^iÇCouv 
TÔv «4v, TÔ TpoCaç V^vCx' àxoOjitv iciSov • 
eSvouç 8è xaWol ^ûvt( "^v tû aû 
xal vuv (pépouai aoi véouç •^ixo) Xdyouç, 
otxTtj) TG» acj* xt£. 

Ëuripides sane scribere poiuit e{>vou; 8' àe( <ïol xTi., quod coniecit Har- 
tung, sed tradita scriptura magis favet leniori correction! 

cQvouç S' èxti aol ^wvtC t' t^v tu) icdati. 

Cum enim ixet tantumdem valet quantum ^vCxa Iv TpoCa c!>xou{iLev, recte 
opponitur xal vOv. 

Vs. 74 Andromache: 

à7:(i)).d|XY)v àp', 0» tIxvov, xTevoOaC 

içaTi?ip It' èv Ae>.îpot<yi Tuyx^^^'' j^^^vwv. 

Neoptolemus non erat nomme, sed re, pater Molossi, nec xex^Yiiiivo; 
signiflcare potest arcessitus, nam id procul dubio in prologo vs. 50 sqq. 
significatum fuisset ab Andromacha, aut saltem aliunde apparerel. 
Scribendum suspicor : 

6 6è xexTY) pLivoç 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 193 

i. e., sed erus meus tuus pater cett. Noto usu 6 Staic^TYi; Attice vocatur ô 
«x'nfi|iivo<(i). Sed ferlasse praeterea scribendum lîanrip xt£. 

Vs. 100 xP'^i ^' outcot' eIiîuv oOôév' ^ia6iov ^pOTWV, 

^irci>; Tzt^iaoL^ V^pLépav ■JjÇti xiTo». 

Nescio an corrigendum sit ^xti, Neminem lealum vocare oporiet, ptius- 
quant videris, quomodo ultimo perfunctus die ad inferos descendeint, non 
deseensurus 5iV,ut arbilror. Non melius habet vulgata lectio quam si di- 

Ceres rplv iv îÔyi; 6xvou|X£vov pro 6av6vTa. 

Vs. 166 «aCpeiv Tt Scjjjia ToOpiov ix )(pucTfj^iTCi>v 

Proprium hac in re vocabrulum est ^aivstv, neque umquam in bono 
scriptore vidi (jictCptw sic usurpatum. An forte, cum olim legeretur : 

aliqais de métro temere sollicitas pro eo substituit aiceCpouaav? Ver- 
be ^aCvuv Euripides usus est fr. 388, /ph.A. 1515 et auctor Rhesi 73. 

Heler. 284 T<«i ToO Aiô^ Sè ^eyo^évci) Aio^x6pa> 

oOx â<JT<5v, 

Wilamo\ritz pro Aid; rescribi iussit 7caTp(5;, Schenkl pro Ato(jx(5p<i) 
coniecit x<5p« v ^poToXç. Verum videtur : 

Tcî) ToG Aiôç 6è T^eyopLévo) Si^gco xôpw xté. 

Infra 1643 Sta^ol 8é ae Aidaxopot xftAou[uv. TjpA. A. 768 xal tcjv iv 
ilOipi St^tfûv Aioaxoupcdv. Ad dualem cf. Or, 1555 Sia^otv >.edvToiv. 
/ofi. 23 Suj(jcî> 8pdxovTt. Phoen, 1371 Swkjo) arpaTriyw. HeracL 854 8t<j<j(î) 
ditfrépc. 

Vs. 323 à^V tjtol TciBou- 

Tdçov Xi7cou(5a T<SvSe <h5|jlji.iÇov x(5pTi, 
^evictp tt<jei icivra* TàXYjBfJ çpAaai 
f;^oua' âv oïxoiç TOÎffSt, tC p>.éicti; icp6aa). 

Madvig rectius interpungi iussit : x6pY). ôôevicep — 'cà>.Y|6Yi, <ppàaat, 
^ou^' — icp6<i«, ut 9pi<yai sit considéra, sed neque (ppdCcoBat Euripidi 

(1) Contrario tIUo nnpemme liberavi Cassium Dionem (62, 4, 3), cl. Tbuc. iv, 
3, in libro, qui inscribitur LecHones Rheno-traiectinae, Lugd. Bat.^ ap. E. J. 
BriU, pag. 92. 

MÂLAMOBS ORAUX. 13 



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i94 



MÉLANGES GRAUX. 



est considerare, sed tnteUegere , sentire (cf. Med. 655, Hec. 546), neque 
loco aptum videtur eiusmodi addilamentum. Yocem mendosam esse 
intellexit Hoimsoeth , sed quod substituit (taOetv a mutaiionis lenitate 
parum commendatur. Scribendum suspicor : 

aujiatiÇov (pro <iuji[i.iÇov) x^pt). 

£(x<pa (pro aacpo);) elSévai cum aliis tum nostro est in deliciis. Cf. 
Med. 94, 696, 963, 1066, 1362. Or. 259. Phoen. 1611. Hipp. 1331. cett. 

Vs. 377. Queritur Helena : 

^jxpLaTi ^a6p(j> ^X'^iH''^ StaCvei; 

Sic edidit Dindorfius ex leni Hermanni conieclura pro librorum 
lectionibus |xop<pa et Xtai^^^ sed posteriorem correctionem non inlel- 
lego. Nam quod voluisse videlur Hermannus Callistonem, quam haec 
verba spectant, mutatam in ursam novam formam plorare, id pugnat 
et cum sequentibus iloLWdl<x<5' à^Osa Iù-kt^ç et cum universa sententia, 
cum Gallisto Leda mullo felicior ab Helena praedicetur non ob aliam 
causam, credo, quam quod in ursam conversa perdidisset maloiHim 
memoriam et conscientiam. Itaque potius expectabam buiuscemodi 
• scripturam : 

à |i.op<p5ç Ôïjpôv Xaj^voyuCwv 

Quae — nacta eras. Loquitur enim de Callistone, ut de vetuslae 
fabulae muliere. 

Vs. 578 TÔ aw|x* 6|i.otov (sicl. pro iijtoiov), td 8è <ja(péç ji.' ditoatepei. 

Nimia moliuntur viri docti conicientes aut toO <ja<pou; 8' àwewpv 
(inepto aoristo Hartung) aut toO aacpoOç 8' àicodraTû (Schenkl). Nihil 
reconditius latet quam : 



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VAN HERWERDEN. — AD EDRIPIDEM. m 

scil. ôoxttv 6pav èpLY^v SipuxpTflt, quae facile suppleniur ex Helenae 
quaestione : 

où Y^p Xtù^aïayf 8à[tap0* 6pav Soxeîç ; 

Verte « stmi/é corpus, at vero dehortalur me certiiudo (evidenlia), quo- 
minus meam uxorem iniueri videar ». Menelao xô <ïa<pé; erat personata 
Helena, qaam Troia secum avectam nciodo reliquerai. 

ÀxoTpixtiv, non aliter quam irpo-rpéiceiv, régit infinitivum. Cf. 
Demosth. lx, 526. 

Vs. 654 Sà Sdxpua )^ap)jLOvâEv 'Rkio^ l^ei 

Deleto glossemate metrrco, nihil neque sententiae deeril neque 
numeris. 

Vs. 859 èx6a{vei adpLcov 

xXviOpo^v XvSévTwv . ^fiCy' • ^^^P '^^ cpeuxxéov. 

Wilamowitz eoniecit xtu^cet 8' d8(S<;, leniter, sed inepte; crêpant 
enim fores y non Umen. Nec tollenda asyndesia, quae commotion 
orationi accommodatissima est. Cil. (h*est, 1366 et Rhes. 566 ferme 
suspiceris 

XTU7C0V xXl5tlÇ 

ot ô<S}i(K, quod etiam ingratum est post S<5{a<i>v, sit deiicientis pedis 
sapplementum. 

Vs. 1378 6ç TÔ 8av<5vTi j^àpita St?^ Çuvexicovûv. 

^yfivi Ixicovâv corrigendum esse vidit Cobet. Sed non magis ferenda 
pessima forma (qua usi sunt seri Anthologiae poetae) x^^P^'^^ P^o 
Xif IV. Transponatur 

<Sk tt5 Oavdvn âviOtv ixicovûv x*?**^* 

Qqo facto melius ironica vox Irfit^ statim sequitur post 0(xv<$vti quo 
pertineU Re vera enim sibi, non mortuo, grates peragebal Menelaus. 

Vs. 1548 1^ vauv èxc&pouv Mtvé).€({> icovT(ajj.aTa 

fipovttc* 



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196 MÉLANGES GRAUX. 

Postquam olim proposai xTspCaiJiaTa, emendaiionem meam perfecit 
dilectissimus discipulus Ck)ENEN in dissertatione academica de mêla- 
phoHs apud tragicos^ qui deleto glossemate Mevé>.e({) verissime reposuit : 

Troad. 220 xal tàv AlTvaCav H<paC(rrou 

£ixe^(5v dpécov piaTép' àxoOca 
xapii^aeaBai «Tecpavoi; àpgTaç • xtI. 

• 

Ôpéwv, quod sciam, semper adhuc habitum est pro genetivo sub- 
staniivi quod est ^poç, sed primum permira est terrae montuosae 
àppellatio montium genetrix^ quasi monles sint terrae fructus vel 
proventus, secundo Sicilia non est asperior quam ipsa Graecia, tertio 
nulla est necessitudo inter montes et praemta vtrtulis, quae procul 
dubio spectant victorias Olympiae praesertim reportatas (anachro-^ 
nismos enim tragicos non curare constat) a principibus Siculis. His 
de causis punctum temporis non dubito quin fiât h. 1. àôloçdpou aui- 
malis mentio et interpretandum sit mulorum geneinx. Mulis enim 
Olympia vicit Psaumis Acronis filius Gamarinaeus 01. 82 (Pind. OL iv 
et v) et Agesias Sostrati f. Syracusanus 01. 77 {OL vi) et celebratus 
est a Simonide rheda mulari victor Anaxilas, Rheginorum tyrannus, 
origine Messenius ex Sicilia, cuius epinicii principium 

exstat apud Aristotelem Rhet. III, 2 et Heracl. Pont. Polit, c. 25. 
Cf. Bergk Zyr. 111, p. 1119, ed. 3tio, et Rutgers, Sexli lulii Afficam 
Ô>.u|i7:td8wv àvaypacpt^, p. 151. Cum autem praeter Siculos vix ulli, quod 
sciam, memorentur in hoc certaminis génère victores, sequitur prae 
ceteris mulis inclytos illos fuisse et mulis siculis nullos illa aetate 
fuisse praestantiores. 

Vs. 623 ïx^M^d 'KiiCkoK^ xàicexotl'àpLiQv vexpdv. 

Interpretantur alii xal àiçexoij'iji-nv, alii xal iîccxod'dlixYjv. Cum autem 
verbum x^TCTeaÔat, plangi, constanter careat praepositione , Nauck 
coniecit xài:ex).auaà|i.Y|v, sed quis quaeso id mutasset in xdwcxo^^diiLTjv? 
Cf. infra 788 sq. Si quid mutandum, lenius corrigas xiV ixo^à\Lri^. 

Vs. 964 el iï Tûv ôewv xpatcîv 



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VAN HERWERDEN. AD EURIPIDEM. 107 
Magis Buripideum videtur tô xp*Çîov — T68t, ut est Iph. A. 1017 : 

Sic Oreif. 426 : 

qui versus sine varietate laudatur a Plutarcho Mor, p. 548 D, 
|tA).ov est amctatio, 

Vs. 1025 èv icé7cX(i)v iptiicCotç, 

Ut Soph. fr. 400, i : 

).eirro<TiraOT(^T<i)v j(^Xavi$C(iiv èpeiiçCoiç. 

Nisi forte utroque loco poetae scripserunt IpeixCoiç, vocabulum 
olim oblitteratum, sed .aeque recte formatum ab èpeCxo», atque IpeCTc^ov 
ab ipcCicu). Non enim i^tiitta, sed èpeCxco de scindendis vestibus dicitur. 
Sic Aesch. Pers. 1060 : 

TcéicXov 8* Ipeixe xo).7c(av àxpLYj ^epûv, 

Vs, 1032 MevéXat, içpoy<5v<i)v àÇCw^ S($|xti)v te cûv 

^{«ai (1. TeCcat) 8i|iapTa, xà(ftXo^ T^^àç EXkdBo^ 

Verba sic posita sine articulo non possuat significare tôv iz^ài; 
ÉlXiSoç 4*^^^' amove a le Graeciae rept^ehensionem, sed sic debent 
iotellegi : amove a te, per Graeciam te oro, reprehensionem ^ quod 
tamen vix poeta voluisse videtur. Non magis vero verba sequentia 
rjyr^<; Ij^Opov; <pavt(^ admittunt interpretationem fortem te praebem 
contra inimicos^ sed si èj^Opot; sahum est, significant : cum mimicis tuis 
probaveris te fortem esse. Euripidem scripsisse suspicor : 

f^^ov 6t5Xû t\ tôyevViç Ipyoïç çave(;, 

i. e. et amove a te tgnaviae reprekemionem, qua premeris apud GraecoSj 
factti tuis probans fortem te esse et generosum. 

Vs. 1204 toi; Tp<5icoi; yàp al Tt5)(^ai, 

inr|8a><yi, xoùSelç «Otôç eÔTu^^ti tcotc. 



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i98 MÉLANGES GRAUX. 

Placet Bartholdi correctio sOtu^i^c àe(, sed etiam malien : 

xou7co6' aÔTo; eôtuj^t^k àcC. 

Cf. Phoen. 86 : XP'^i'' ^' <so<f6(; irécpuxaç oôx èôtv Ppotûv 
TÔv aùtdv àtl SuTcu^'îi xaOe<rcàvai. 

Vs. 1320 xdvtç 8' taa xairy^ TCTépuyi "ï^poi; alOépa 

dïoTov oTxcav ijjwSv [u Ôt^ati. 

Laboranti métro cum sententia facile subvenias scribendo : 

x(Sviç 8' t^ft xaiTvu) (pepopLivY) icpô(; alOépa xtI. 

ut sit trimeter iambicus, qualis est vs. antitheticus 1305 : 

Absurdum ictépuyi errore invectum videtur ex praegressis 
vs. 1300 sq. : 

TCTépuyi ôè xaTcvô; Tiç oO- 
pdvia iceaouaa 8opl xaraçOCvei yi, 

Quod in utroque loco occurrit substantivum xaiçvd; corruptelae 
ansam dédisse videtur. 

Medeae vs. 115. Queritur nutrix : 

tC 8é ao\j icatSt^ icaTpôç àpLic>.axCaç 

Sententia ferret primam personam, si ùm^oLkyd significare possel 
ô^epSéSoixa, aut aliquid eiusmodi. Gum non possit, nescio an sit 
reponendum ùm^aLkyti, scil. Medea, ad quam modo dixerat t£ To6<y8' 
îx^et;; Cf. mox chori verba ad nutricem, vs. 180 sqq. : 

àWà ^aiaâ viv 

SeOpo ic<Speuaov otxoiv 

2Ç(«), <pCXa xal ^iS' aQôa • 

aiteOaov, icpCv ti xaxûaai toùç elao) • 

TcévOo; yàp {isydXcoç t<58' 6p{i.2Tai. 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 499 
Verelur nutrix ne Medea ingenti dolore vesana liberos suos inler- 

Vs. 366 ït' tV ày^vt; Tot; vew^l vu|i.<pCoi<;, 

xal ToX^i xïjScuaaatv oO «piixpol tc^voi. 

Perioepte me iudice distinguuntur sponsorum cerlamina a socero- 
nim labonbuSf si quidem socer eodem fato quo sponsa periturus est. 
Reddatur poetae : 

ît' £t«' dytovE; toiç vewttI vu[i.<pCoi<; 

xal ToiTi XY|8er5«a«i xoO apiixpol 7:<Svo'.. 

In qua scriptura more Gfaecis perlàmiliari oO a\t.\x^oi simul pertinet 
praegressum substantivum ày^ve;. Saepius autem utraque notio 
coniuDgitur velqt apud Platonem in Phaedro p. 247 : Iv8x 8i?| 7c<Svoç tc 

Vs. 381 à).V £v Ti [101 Tcp^^avTs^ • el XY|(pÔYi<JO[i.ai 

Oavo0<jx Oy^-to) tôt; «jjloi; è^Opot; yi\<f>y. 
Cf. Aferr. f'wr. 285 : 

Vipix; 8' èicciSi^ 8ti ÔaveXv, 6vT(^<jxtiv j^pewv 
jjLY^irvpl xxTxÇxvOévTXç, èj^Opoîaiv yé^^wv 

lUic Ti6évxi et 8i8<Svxt yé>.(aTa eodem sensu usurpata vides, quo cum 
aliis oçliaxivtiv yéXwtdl Tivi dixit noster infra vs. 404 et 1049, nempe de 
eo qui ludibrio est inùnicîs, Alio sensu yéXwTx Tt6évai tivC dici solet de 
iis qui gestibus aut sermonibus spectantium vel audientium movet 
hiiarilatem, itaque signiflcat tisum movere. Sic legimus in lone vss. 
«172 sqq.: 

t060; icxpt>.Ocî)v icpéoêuç è; {i.é<Jov -reéSov 
7:p<58'jtix içpa^iwv • xté. 

el recUssime, ut hoc utar, Yulcanus Homericus diceretur yAcuv Setvai 
Toî; Saaoi; Ocot;. 

Contra y<^«Tx tCOe^aC (xtva) e^ ludibrio habere, Noster in Bacchis 
1079 : 

(o vedviSeç, 

lyco TÔv ôjjLaç xàji.è Tà|i.d t' 5pyix 
yi\a)v TiOépLSVov. 



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200 



MÉLANGES GRAUX. 



Cum aulem quicumque ludibrio est hostibus, praebeat iis ridendi 
materiem, non est cur soUicitemus locos ex Medea et Hercule, coni- 
ciendo illic 6avoOa' d<j)>.T^<jw et hic d<p>.<îvTaç pro SiSôvtxç, quod moneo ne 
cui accidat quod aliquando mihi accidisse conflteor. 

Sequuntur in Medea haec : 

Dudum est ex quo perspexi et monui (Mnemos. Y, 24 n. s.) depra- 
vatum esse eOOetav, neque eam rem fefellisse video novissiraum Euri- 
pidis editorem, Rud. Prinzium. Non vero hoc tantummodo offensioni 
est quod -fi 8tà çapjxàxwv 6Sd;- minus recta est quara i^ Sià toO Ç(<pou;, 
verum etiam quod non recte dicitur iXttv -riva T^vTiva8i?| ôôdv. Necessario 
sub corrupta voce delitescit, me indice, participium aliquod verbi 
,eundi\ sive loOaxv fuit, sive l^pTCou;Tav, sive QôoOdav, quod lenitate magis 
comraendatur quam reliqua. Placet igitur : 

Cf. mox 403 Spw* è; tô 8£tv<5v. Verte : optimum est nos eam viam ùigressas, 
qua moxime callemus, venem's eos interficere. 

Vs. 462 t:6\V ècpéXxctaC <puY>5 

xaxà Çiiv auT-Ç. 

Cùm è<j)é).xt(j6xi significet arf se {post se vel secum) trahef*e, non fert ad- 
ditum $ùv aurri. An fuit xdx' àÇuvT^OY)? 

Opposita notio auvy,Otiç legitur Aie. 41 et TîAes. 609, Soph. Phil. 894, 
903, TracL 88. 

Vs. 505 f^^Eiyàp oOtco. 

Portasse ubique apud veteres Atticos tam ante consonas quam ante 
vocales genuina est forma antiquior (quam analogia postulat) oCto»;. 
Nullura* certo me légère memini antiqui poetae locum, ubi numeri 
alteram scripturam requirant. 

Vs. 536 irpwTOv jjièv ÉX).(z§' àvtl ^xpêàpou ^Oovô; 

yaïav xiToixstç xal SCxyjv èirtaTacat 

v(5[i.ot; T£ j^pTjaOai jjLY) lîpd^ l'j^Ooç'jr dpiv, 

Quid quaeso lucramur Blaydesii coniectura, qui cl. Soph. PkiL 594 
pro )(à^iy reponi iussit xpdTo;? Nam Sophoclei loci longe âlia ratio est 



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VAN HERWEHDEN. — AD EURIPIDEM. m 

quam huius, ubi manifesto desideratur nexus grammaticus (de sen- 
tentia salis constat) in ter haec verba et praegressa. Portasse vera est 
varia leclio, commemorata ad h. 1. a scholiasta, 6pd<yei pro x*p^^» modo 
simul corrigamus : 

v^piotç Te xpî'iaOai, jjLYjxéT* l^j^Oo; Opàaei. 

In qua scriptura aptissîme SCxyi v6|i.ot; tc opponitur tô lo-^ùo; Opiaei. 
ACxT^v si quis retinere maluerit, per me licet. 

Vs. 885 iyù 8* àçpwv, 

XP'^i'^ }JL*Tttvai TwvSe TÛv ^ou).eu|i.dT(ov 
xal ^upiicepaCvEiv xal icapcsToLvai ^^^^^ 

Haud minus absurda quam haec librorum scriptura mihi videtur 
Lentingii coniectura memorata a Prinzio, xal ::ape<r:dvai "kz-^oX, Quasi 
vero de partu mulieris nondum nuptae (cf. pou).eu{i.àTwv) hic sermo 
esse possit. Neque aut sermonis ratio aut dicendi usus commendat 
Hartungi coniecturam icaptorivai "^^lyri, ut sit adiungere (tibi) uxorern. 
Equidem versum genuinum esse multura dubito, et Nauckium video 
dubilasse. 

V. 942 Med. ^ ^'àXkà «^jv xéXeuaov alTEi^iôat ita-cpô; 

las, iiili-ira, xal itcC^tv Ys.So^â^(«> <J<p' âycu, 
tîirep Y'Jvaixaiv Itci tûv â).\(i>v jiCa. 
Med. ^X).-if54'^l^*^ TO'jSé «01 xàytî) iç(5vou • 
iréii^d) yàp aOrÇ Swp' xt§, 

Prinzius^ qui satis audacter, deleto vs. 943, in vs. 942 pro au 
iAAd coniecit ÔijtapTa, ut violatam ab ipso stichomythiam resti- 
Uieret, vs. 945 cum scholiasta tribuit Medeae. Quod si recte fecit, 
debuerat sallem corrigere, quod in responso necessarium erat : 

eîwtp Y^vaixûv <Cy^^ '^^"^ |x{a, 

Qt adest particula v. c. in Electrae vss. 240, 581, et 638; et ubi non? 
Sed multum dubito num haec doctissimi editoris audacia felix prae- 
dicanda sit. Optime enim dictum est illud au 8' àXkà xtI., al tu sallem 
mrem tuam a paire petere lubes, quia lason Medeae roganti , ut ipse 
Creontero precibus adiret responderat : 

oOx ol§* îv $1 TCtC^aijtt, itetpâoOai 8è j^*/». 



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202 MÉLANGES GRAUX. 

Vs. 964 |jLt5 jjLO». <jù • ittCSeiv Sûpa xal 8toi>; >.<5yoc • 

jç^pu^ôç Sè xpe(<7a(i>v }i.*jpCci)v ^dywv BpoToi^. 
xtîvïjç 6 Sa{{jL(i)Vf xttva vOv avîcsi Ô£<Sç, 
véa TupavvEi • tûv 8' èjiiSv icaCÔwv cpuyàç 
•^'j/fi<; iv à).).aÇaC|xeO\ oO j^pu^oO jxdvov. 

Verba xeCvr,; — Tupxwsî misemme depravata esse lubens concedo 
Prinzio. Venit in mentem : 

véa Tiipotvvo; • tûv 8' Ijiûv icaCScuv çuyiç XTé., 

i7/o ff^uatur, quoniam nunc eam auget deus, nova reginal Quibus verbis 
Medea clandesiina ironia, quam tanto opère amant tragici, alludat 
tristi sorti quam aùrea illa corona mittenda sponsae lasonis parât. 
Cf. infra 1186 sq. 

Vs. 1142 èytî) U xaÙTÔç Viôovii; Gtco 

. Suspectum habeo <jOv propter sequens 5aa. Gonicci 

ut mox soquitur réxvwv <jûv. Cf. me ad /o«/s vs. 716 sqq. (pag. 169 edit. 
meae), ubi conieci : 

XanJ/Y)pà.inr|8a vuxTi7C<i).oi; ofjia <JU|i6àx)^oi; 
pro <$aa <ji>v Bixj^ai;. 

AlceST. 704 Pheres. el T^aa; xaxu>; 

ipet;, àxoù^çi 'T:o).).à xoO xaxd. 
Ghor. iCktita ^.éXexTai vOv Te xal Tà içplv xxxi* 
TcaO^ai Sé, irpéaSu, icaîSx ^ôv xaxappoOcjv. 

Vulgo reeepta est Wakefleldi coniectura tô icplv xaxd, sed cum 
inelcgans et auribus gravis est eiusdem vocabuli in eadem sede sine 
vi repetitio, tum aegre desideramus notionem quam decet. Expe- 
etabam : 

Tz'kzCbi Ai).sxTai vOv Te xal Tcplv^-Î) icpéicei>. 

Vs. 320 Ôet yàp ôaveiv ae • xal t(5Ô' oOx aupiov 

oOÔ* è; TpCTY^v |iot jJLïivoç lp5^STai xaxdv. 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 203 

Mors malum est^ et quidem gravissimum , sed neutiquam dici 
potest <j}xyJvo< xoixûv, quare repudianda mihi videtur haec lenissima 
Naberi correctio pro itY)vd(; xax<Sv. Donec igitur melius repertum sit, 
teneo quod olim proposui 

oû8' èç TpCtov jjLoi ç^YY^C Ip^sf^t xaxtSv. 
Cf. Hec, 32 TpiTaiov ^fj^Y^ ç^yï^^ ala)poù|xgvo<;. 

Ys. 234 ^4a<Jov orivaÇov, <2> <^epa(a 

Y^*^** [[tapaivo|i.évav] v(5^u> 
xaTà Y^k x^^^^*^^ 'î^*?' AtSav. 

Seclusum vocabulum pro genuino quod exciderit interpolatum 
Yidelur ope vs. 203 : 

çp8(vtt Y^P [tapaCvzTai v<5«(j). 

Nullo enim pacto iungi possunt cum sequentibus. Expectes fere 
xxTcpx^H-^^^^ v<5aw, ut est vs. 163 èYw y*P ^px^K**^ xa-rà x^ov<5<;. 
Cf. infra vs. 259 : àY<t |ié ti; — vexuwv èç aO>.oiv — WTepwTo; Al'8a;. 

Pieri etiam potest ut xaTcpxo^Uvav minus distincte scriptum a librario, 
incuius memoria haereret ille versus, habitum sit pro {i.apaivo{i.£vav. 
Utut est, requiritur etmdi aut descendendi verbum. 

Vs. 304 TO'jTOu; àvicxou 8e<yiï(STaç [èjtûv] 8($[ixjv. 

Prinzius « t^v âjjLcov S (cod. archet, deperditus librorum Laurenliani 
et Palatini) . suspectum ». Concedo. Procul dubio est glossema, 
qao deleto, restituatur parlicipium ^vtok; quod similis praegressae 
vocîs terminatio absorpsisse videtur : 

toOtou; ivdcxou Scoicdiac <^v'ca;> SdpLCJv. 

Quae est légitima structura verbi àvéxt<j6att. 

Vs. 832 àXkk a où tô cppiaai 

xxxoO ToaoÙTOu 8(u}i.x9iv Tcpoaxeijiévou. 
P. G. Schmidt coniecit : àWà aoO t<58* t^v çpàrjai. Non veto, modo 
praeterea corrigatur : 

àXkà adv t^S* -^v cppiaai 
Bam hoc demam Graecum est. Possis etiam cogitare de reponendo : 

àXkà cpsO TÔ [Lii cppdaat 



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204 MÉLANGES GRAUX, 

lit est apud Sophoclem PhiL 234 : 

çtu TÔ xal XaSeiv 

quamquam ibi (peu non est, ut h. 1., indignantis, sed gaudentis. 
HiPPOL. VS, 630 6 8' au Xaêàv àTYjpôv el; Ô(5jxou; <puTÔv 
xa>.ôv xaxC^b» xal Tté7c7.owiv èxicovtî 

Quia non semel id facit maritus, sed continuo, pro parlicipio 
aoristi iure expectamus praesentis participium. Mihî guidera apprimis 
plaeeret Oicex^^fwv, senstm effmdens, Aesch. Pers, 826 : 

5X>.a)v èpaoBel; 5).6ov ix^^fY^ •jtéyav. 

Cf. Soph. EL 1283, Xen. Hell. YI, 5, 50. Licuisse poetae, ubi opus 
esset, componere ad reliquorum analogiam verbum ôirexxetv, hodie 
quod sciara nusquam servatum, tuto statuere mihi videor. 

Vs. 685 oOx tÎTcov, où fffi; icpouvoYjdàpLYjv çpcvdç, 

atyav olai vuv lyc») xaxOvo|i.ai; 

Aliquanto expeditior locus erit, sic correctus : 

oôx tlicov, Ci^ afjç 7cpouvoY)«i|i.Y)v çpevd;, 
<jtY*^ ^^^'^ '^^'^ xaxOvo|i.at; 

Nonne, ante perspecta tm mente, silere te iussi cett.? Ex HCCHC 
primum flCHC, deinde mala correctione OY CHC factum videtur. Qui 
vulgatam tueatur, distinguât saltem : 

oOx tÎTCov (oO (Tri? icpouvoY)<jà[i.Y)v <ppev<5;) 
(jtyâv xt£. 

Vs. 715 2v $è icpoTpéicoua' lyà 

Schol. : MetaTpéwouaa, cpir)al, xal ';co).>.à Soxi{i.i^ouaa xal el; tcoX^.à juia- 
cpépouad jiou t^v yvcujj.Y|v, 8v {i<Svov lapta rîS^ au|i.cpopa; s5pov. 

Acule Weilius : Sv 8à icav <jTpé<pouff\ èyw 

eupetv Ti ^Ojxa TtSaSs ^jjL<popa^ fj^o). 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPÏDEM. 



20o 



Sed in posteriore versu praetulerim : 

at poeta per schéma Sophocleum, quo sacpe utitur, sic dixerit pro 
TjSpYixa. Voce db«(j|ia usus est Aeschylus Pfwn. 482. Possis etiam (nam 
in locis tam penilus depravatis omnia incertiora sunt) àxoç ti, vel ta{i.a. 
Quod enim hodie apud tragicos aut semel aut nusquam legilur ta{i.(z, 
foriuitum esse crediderim, quia admiserunt ladOaii, ta^K;, laTp<S;. 

Ys. 853 SixpudC {lou ^X^tpapoi 

GoUata antistrophe, optime Weilius transposuit . 

^).écpap9t Tjyjx, 

Sed nescio an simul correctum oportuerit 
xaTaj^uBttdC [lou xt£. 

Quod participium semel mutalo genuino verborum ordine librarii 
more suo rettulerunt ad proximum subslantivum ^).£cpapa^ ideoque 
mularunt in xaTax'j6£vTa. Nam xatayctTat xà 8ixpua, non Tà p)i<papa, ut 
arbitror. 

Hecub. vs. 245. llecubae quaerenti 

•îS^w 8è yovàtwv tûv tjwov Ta-Tctivô? ûv. 

respondet Ulysses : 

ôît' èvSavetv ye ooi; iciitXowi ;^etp* â|itjv. 

Schol. : ûdtt vcxpcuBtivai ûicô toO Séouç rf|v x^"^?^ K-^'"^» 
Weil : « Ma main, qui avait saisi tes vêtements, s'y mourait, ne pou- 
vait plus s'en détacher. » Quis non praeferat hanc interpretationem 
novissimae -Naberi coniecturae, quam ipse a me repertam repudiavi 
td ionem (ed. meae pag. 113), i{i.êa>.civ pro âvOxvtXv. Qua admissa, 
Ulysses prorsus nihil diceret, nam AitT<5[ji£vo; twv yoyii':(ù^ Hecubae, 
quae non nuda tetigisse probabile est, qui quaeso non poterat manum 
inicere eius vesti? Audaci quidem, sed haud inepta translatione, 
Eoripides censendus est 6xvctv usurpasse pro vapxti^at, torpere. 

Vs. 398 6\t,oXoL xw(jô<; Spudç iTicdx; Tt5<j8' S^ofioii. 



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206 



MÉLANGES GRAUX. 



Sufficiebat aut 6|iota (sic recte Reiske pro 6icdîa, nisi quod dédit ^rpi», 
qui accentus apud veteres Atticos ubique corrigendus) aut 6fic <»)<;. Ulud 
genuinum, hoc adulterinum. Corrigatur : 

ut olim, sed frustra adhuc, monui. 

Vs. 4H oiJicot' a^8t;, àXkà vOv wavOcraTov 

Quia ad vOv cogitandum ^po^opû^ non itpocrfS^'oiiai, virgula aut repetatur 
post icavu<rraTov, aut (quod melius respondere mihi videtur Graeci ser- 
monis indoli) prorsus omittatur. 

Vs. 919 i^àcii âv 8aXà[JL0^ Ixetto 

(Çu<rcôv S' èicl -KaaaàlQl) 
vaiiTav oOx£8' 6pûv ^i[ai).ov 
TpoCav b.i(£8*â[A6c6ûTa. 

Quo pacto servet aequilibrium hasta iacens in uno paxillo, difficile 
dictu est. Correxcrim igitur I-kI ;ta<y<jd>iîN. 

Vs. 836 zX |ioi yévoiTo (^^àffo^ èv ^pa^^Co^i 

xal^^ep^l xal x^iiaidi xxl icoSâîv ^datt.. 

In Mnemos, V, 27, aut xvTfi|iat<ji aut xû)>.ot«^ pro absurdo x<5- 
{i,ai<;i corrigendum esse dixeram. Priorem coniecturam nuperrime 
protulit Naberus Mnem. X, 139. Alteram propter mutationis lenitatem 
nunc ipse praefero. Quod ibidem vir doctissimus Anacreonti pro 
ti8eC; reddit SedcC;, dudum ita corrigendum esse monui in Antmad- 
versionibtis philologicis ad Theognidem , quibus accedunt Miscellanea 
eritica in lyricbs graeœs, Trai. ad Rh. ap. J. L. Beyers. 

Vs. 926 àxi^\Lo^aç il^ aôyàç. 

Nulla explicatio sufficit. Vox depravata. 

Vs. 1155 SXk%\. 8è xii^axx Bp-r^xCav 8e(6iicvai 

Bene Weilius <r:6\ifs\L% interpretatur de duabus hastis quas gerat Poly- 
mestor, recte intellegens nullam causam esse cur Troades veste homi- 
nem spoliarent. Scriptum tamen malim,quod vir egregius non iudicat 
necessarium, xifiaxt OpY^xCo). Sed prorsus ferri nequit novissima Na- 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 



207 



beri(J/ii. X, 140) coniectura xdv8uv 8pi(ixiov,quain tribus praeserlim 
de causis repudio. Nam primo xdvSuv Persicam^ non Tkracicam^ ve- 
stem esse constat, deinde haud apparat, cur mulieres eo nudaverint 
Polymestorem (quam enim causam profert vir doctissimus, a hoc 
agebant mulieres ut tyrannus manus e tunica manicata exsereret, » 
prorsus non intellego, si quidem potius ex illarum re fuisset eius ma-i 
nus tuDÎcae manicis impodire, quominus se ab earum impetu defen- 
dere posset), tandem ne sic quidem explicatur SCwtu^^ov <rc6M«|i^. 
Quamquam banc quidem difficultatem facile sustulisset distin- 
goendo : 

SXk(i\. Ô£ xavSuv BpijSxiov 8e&)[Aevai, 

Quod dicit Naberus admirationem hastae Thrackae barbaro suspieio- 
nis pienam vidert debuîsse^ non reputavit sermonem esse de antiquis 
heroinis, non de aequalibus poetae matronis Atticis, nedum de ho- 
dierois mulierculis. Non magis illorum temporum mores requirebant, 
ut Polymesior (quod suspicatur vir doctus propter vs. 1017 xàvSov U 
xiçrà xifMïévfcjv cpY|{i.Ca) arma, antequam captivarum tentorium intraret, 
deposuerit; quod vero gladium eius poeta non commemorat(hoc enim 
quoque argumento utitur Naber), inde neutiquam me indice sequitur, 
hastarum mentionem ab hoc loco alienam esse. Nam cum nemo mi- 
nutiosamistam ixp{6eiav a poeta iure postulabit, tum in pace nihil opus 
est ut regem plene arma tum fuisse sumamus. Geterum non gladium, 
$od «iwxpov tyx*'-?^^^^^ Restasse Thracés auctorest Herodotus(VII 75),ubi 
eonun ^ïxvoitaCxv describit. Tandem facilius dictu est quam probatu, 
quod Naberus contendit, non potuisse sese telo tutari in turba mulie- 
rain,et aliquantosaltemtutius inermem quam armatum virum robu- 
stum imbelles mulieres invadere mihi videntur. 

Quamdiu igitur non probabilior invpnta est loci non prorsus 
•expediti (hoc enim facile largior) emendatio, satins iudico hune locum 
aot non explicare aut confugere ad Weilii opinionem, qui (rcé>.i(i{ia de 
armis intellegi posse probavit 5t/p/?/icMwi vs. 659 i<iTo>.t(j[A£vov 8opC — 
et quidni <rr<S>.i9{Ax de armis usurpasset poeta , cum (iTo^ti quoque 
non minus de his quam de vestibus adhibeatur, idemque valeat de 
verbe Tril>.etv? Solito longior fui in refellenda Naberi coniectura, quia 
prima specie habet quod fallat imprudentes. 

ElectR. 54 b> vO^ [liXxivx, }^pu(7éci)v à^tpcov Tpocpé, 

iv f <58' ^i'oç Tû8* èçeSpeuov xdtpa 
«pipouffx i^iyâtÇ icoTa[ACaç [i£Tép^o[Aai, 

àlV 06ptv 8t(^(i>[i.tv AlyC^ou Ocoiç. 



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208 



MÉLANGES GRAUX. 



Optime Weil (ed. II) intellexit sententiam postulare ut dicat Electra 
« non sane qiio ostendam me eo vcnisse necessitatis, sed ut cett. » 
Dubito tamen num propterea corrigendum fuerit, ut fecit : 

oO Sif^ Ti XP^^*< < H"-' > TOddvô' àflptyjiévTiv. 

Nam et verba où ôt^ ti xtI. tam arcte cohaerent cum praegressis, ut 
post {i.tTép;^o)i.ai plene interpungi non possit, tum, ut eam sententiam 
quam merito postulat Weil nanciscaris, non necessarius est illatus 
a viro docto accusativus, siquidem structura verbi SeixvOvai cum 
nominativo participii est légitima, velut Orest, 802, icoOyàp ûv SeC^o) 91- 
Xo<; ; Portasse igitur scribere sufflcit : 

à>.V (î); Oêptv 8eCÇa>[jL€v AlyC^ou Ôeoiç. 
i. e. oO Sif^ Tt ((î); ScCÇwjtcv) XP^^*î to<j<5v8' àçtyjiivat, àVA.' cîx; xt£. 

Vs. 602 -ïi ic(£vt' àvcaxeud<j[j^8', ô<Ji:ep at Tt^x*^* 

Nihil huic loco prodest Schenklii coniectura ô^icip îv Ttixoi, quod non 
aptius est quam librorum lectio, quam haud scio an frustra litlerarum 
aliquam similitudinem venando tentemus. Quippe at x&^oli nihil aliud 
esse mihi videtur quam veteris lacunae supplementum,factum ab ali- 
quo, qui de fortunae statu sermonem esse intellegens, satis recte sic 
dici putabat pro â<3^cp elxô; toO; ToiaOta iceicovBfîTix;. Quibus deletis, aut 
fallor, aut d>îit«p celât antiquam lectionem à; icvip, î. e. w<; icaTt^p, ut 
olim fucrit : 

i. e. Iicsl TéSvYixcv 6 icarrip Vjjàwv. 

Vs. 1046. Clytaemnestra ad Electram : 

fxTetv', âTpé^ÔYjv -JivTcep tîJv i:opcuai|iov, 
irpôç ToO^ èxeCvu) iço^£|/.Couç • çCXwv yàp 
tCç ica-rp^; «ou [(p(5vov] èxoivcjvYjaé [lot; 

Inauditus et absurdus est accusativus pro genetivo iunctus cum verbe 
xotvwvEiv. Quantocius deleto sive glossemate sive supplemento, redde 
poetae : 

<pO.<»)v yàp &v 
tC; âv icatpô; doO tûv8' âxotv(ovTrj(j£ [lot; 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 209 
Qtm emm ex patris tui inimicis huius facinoris parliceps mthi fuisset? 

Vs. 1322 8tà yàp ÇeuyvOa'iÔH'-*? ^afp^<»>v 

Requiro formam femininam <p<5viat hic, et <povCaç in loco Andromachae 
▼s. 4019, ubi editurrcpovCo'j; àvSpwv (S|i.d).at. Constanler enimEuripides 
ea usus est, ubi metrum non postulat formam communem. Hec. 1077 
çovCav SatTa, Or. 973 <povCa 4^<po^, Phoen, 1568 ).ot6àv <povCav, Med, 
1390 90v(a ACxYi, Jroarf. 555 cpov(a ^od, ib. 819 çovCa alx|i.dt, ^'Z. 1297 
îcpiîw çovCav. Cf. 1304. Phoen, 1305 (pôvlat HeL 379 (povCatdt 

^iTfTxi^ Herc. fur. 3%^ (povCatdi cpi-cvavç. Altéra forma, me^ro coac^t^, 
osus eslAndr. 1002 

icixpûçSè icaTpôç çp(Svtov alT»^<jei Ôucyjv 

et similis ratio est locorum Iroad. 1317, /^e/. 72, 211, 485, 752. 

PhOBKISS. 45 ù); S' èice^dpsi 

ScplyÇ àpicayatat tcAiv è[^<îç t' oOx •JJv w4(Jt;, 
Kpicav à8c).çdç Tà[Aà XTrjpr5(j(j£ t ^^"/Ji- 

In proxime praegressis locaste Lai mortem narraverat. Quapropter 
nescio an, praesertim ubi novae nuptiae commemorantur, elegantius 
scripseris mutatione paene nuUa 

tt (cum) e^o t;ù/t«a «ssem. 

Adderem Graece dici solere mortuum oOxéT' elvai potius quam oOx 
t^^ai, nisi Helenae locus (vs. 285) mihi hoc argumentum eriperet. 

Vs. 55 tCxto) 8è 

xdpaç 8è Siwdt;* ti?iv jiiv i<jjÀTf^vY|v i:aTT?jp 
cov^puzjs, 'rfiv Sè wp^dOev ÀvTiydvrjv [èycu], 

Qoorsum, quaeso, tam putida diligentia? Nullus equideih dubito quin 
iyw sit deficientis pedis supplementum, quo deleto, suppleverim : 

v^y Sè ;tp(So6ev AvTiyôvYjv ^TOvtJ^.. 

i. e. T^^v 8à icp6d6ev yewTjSudav ÀvctyôvYiv (ita-crip àv^j^adev). Soph. 0. C. 
iî94 : yorÇ iceçuxùç ytpaCTepo^. Cf. supra vs. 12 

xaloOtfi 8' ioxâ(jTY|v ju, toOto yàp icaTV|p 
IBeTo. 

MÉLAN0B8 ORAUX. U 



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MÉLANGES GRAUX. 



Vs. 207 • i<5vtov x«Tà twJvtov ilâ^ 

Ta izXtùaoLGOL icepippuTcov 
Oicèp àxap7t{Tr(i)v iceSCcov 
2ixe>.Caç Zeç'jpou itvoat; 
t7C7cei5(javTo;, âv o p (zv oi 

Pleni sunt doctissimarum de difficillimo loco disputaiionum inierpre- 
tum commentarii, quas, quia parum aut nihil ils proficitur, non tan- 
gam, sed salis habeo significare falli me iudice eos qui àxapicC<TT(i)v 
iceSCcDv de fertilissima insula dici potuisse opinentur, sed verum vi- 
disse qui Euripidem imitalum Homericum OdWda dTpi^yeTo; ea verba 
de mari dixisse existiment. Hoc tamen si ita est, apparet depravatum 
esse tam icepippuTcov quam 2)ixEX(aç. Recepta praeterea ingcniosaWeck- 
leinii coniectura pro oOpavû , locum sic constituo : 

l<5vtov xaTà Tc^vTov èxi- 
Tot 'ïç).euffa«a i: ^ u p p u T 0) V 
S i X c X i x-a Zscpupoii irvoai; 
lirietùsavToç, iv à p [/. é v (>) 
xd).^i<iTOv xe).àâY|{i.a. 

Ad correctionem meam ico>.upp!5Ta)v cf. Aeschylus Suppl. 843 àvà itolû- 
p'jTov A),|i.Tf^evTa 7c<5vtov. Ad Sixe>.ixatç in^oaî; cf. Aesch.A^aiw. 641 8pij- 
xiai TcvoaC et 1418 BpTrjxCwv àyjji^Twv et Soph. Aw^. 589 Bpvlddawtv itvoaîç, 
quae similiter Boreae tribuuntur, atque SixcAtxal TcvoaC Zephyro, qui 
ventus secundus erat intrantibus sinum Corinthiacum. 

Vs. 387 xal ÔT^ èp(i)T(5 «pÛTOv wv XP^^*^ Tu^e^v. 

Manifesto ferri nequit Tu^ety, et valde abblanditur mihi duorum codi- 
cum lectio iia6£tv,qua recepta, corrigendum videtur: 

xal Sif^ <j' 2p<i>T(o • «pÛTov o5v XPti^'^ [i.a8etv, 
t( TÔ orépe^av iCaTpCÔo; ; ^ xaxôv piiyot ; 

SuppLic. 1070. Ëuadne deslliens de saxo inmariti rogum exclamai: 

xal ÔTrj itapeiTat «(S[i.a, dol-ji-èv oô çCXov, 
Vîpiiv 8s xal T(5 {uii1CtipotJ|i.iv(j) 3C<S<7ci. 
Ghor. là) yiSvat, 8sivôv fpyOV ctpy^^*^* 

Madvigium pro acopia coniicientem icTâj^a, satis iam refutavit Heimsoe 
thius. Nec tamen locus vitii immunisest, nam itapsT<jOai (i. e. icapa>.e- 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 211 

).d<s6ai) corpus dicitur senectute.morbo^ lassitwline, somno^ similibusque ; 
sed Euadne dicere debuit : 

i. e. xiTéppwrcai. Cf. Troad. 1011, Hel. 1630, Iph. T. 114, aliosque 
locos. 

Vs. 1074 lifi, <T/ixkioL Tdtôe icaOùv 

icdtvToXjÀOv 2pyov ^4^^^» TàXa;. 

Ô^ci, quia Iphis iam viderat, verbum esse nequit, itaque est substan- 
Uvam. Sed quonam pertinet? Non potest iungi cum i:dvTo).pv, 
ut sit visu, nam recte quidem diceretur icàvT^vajwv, visu miserri- 
mufHy vix recte audacissimum rmi, nec Latinum illud visu aliter 
Graece significari solel quam infînitivo verbi videndi (6pav, I8etv, dpàoOai, 
«po9iâi<j6av al.). Quominus vero iungatur cum icaôwv, impedit cum eius 
Terbi notio tum suspensus inde accusativus c^éT^^ia TiSe. His igitur de 
causis dubitari non posse videtur quin locus mendosus sit,etobIittera- 
tum fuerit verbum, quod poeta iunxerit cum ^^^ei. Quoniam vero Iphis 
atrocissimum spectaculum ipse vidit, Graecique poetae ea quae no- 
slris oculis usurpamus dicere soient d(pÔa).[Aoi;, ^\k^%<5i, 6pâ<;6ai, 
videndum est annon genuina poetae manus haec fuerit : 

1 1. c)^éT>.wt TàSe i:a0c6v, 

ot Ipyov glossema sit, quo adscripto tlhzt, perierit. Cf. Aeschyl. Agam. 
Wt: TÔ «(xvT^ToXjtov ^povtîv ji.«t£yv(«). 

Gtclop. 41 sqq. i^* [S^i [^-oi] yt^vaCiuv [làv icaTépwv, 
YEwaCwv 8* âx ToxdtSwv 
icql 81^ (toi vCffoev oxoicéXou^; 

xal 7coiY)pà [ioTdtva xtI. ; 

Recle Dindor&us « delevi voculas seclusas, maie hue retracta e sequenti- 
bos, sedpraeterea pro icî legendum putoicat». Deindepermire dictum 
est ôirtjvcjioç aàpa, pro quo vt5v£[to(; aïSpa expectes, ut est apud Aristo- 
phanem Avib, 778 

i. e. vv)vt|L{a. 

Vs. 195 Ul. àicolctt>.a[«v ydp, «S yipov • icoî ^uyeîv ; 

Sil. sY9«i> iciTpa^ Tii98', oSictp XiOoixi y^* 



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Ferri nequit yi. Non maie Kirchhoff coniecit ).âôoiT' ïdw;, sed suffi- 
cere videtur lenior correclio ^àôoiTi -ki^. 

Vs. 340 TT?iv 8' £[tYiv èyw 

oO ^a09O|i.ai 8pa)v e5 xixTs^Ccdv Te ai. 

Non sufficitlenis Hermanni correctio ci. Absurde enim poetausus 
est verbis où icaO^ofiai, nisi sic scripsit : 

où icaOtfO{iai 8pa>v e& xateodCcov ^ivouç. 

Cf. vss. 126, 366, 610. 

Vs. 578 sqq. sic constituendi : 

6 8' oOpavdç |i.ot Çu[A[jL8jÀetY|it'ivoç 8oxet 
t5 (pépsoGai, ToO Awîç tc tôv Opdvov 
>.£ii(j(j(i> TÔ Tcav Te 8atji.dv(»)v àyvôv déCaç. 

al XdpiTe; Tteipcjdî [i^. 

oOx &v çi).Tf^ffai[t' 

SXiç ravu[i.Tf^8Y)v t6v8' f^wv àvaTcaOaouiai 
xiXXtOTa VT?| Tàç XdpiTaç . -^iSoiiai 8é icwç 
Totç TcatStxotdi |i.a).).ov -Ji TaTç ôi^T^ediv. 

Nam deficiens rerum nexus docet versum 581 ex duorum versuum 
laciniis compositum esse. Ëbrius Polyphemus, deorum coenaeaccum- 
bentema deabus ad rem veneream sollicitari se putans^harum oscula 
récusai, nisi fallor, contentus deorum pincerna Ganymede, pro quo 
habet Silenum (obiter 539 repone formam titulis stabilitam pro 
Sedyjvé). Lacunae certa raiione expleri nequeunt. Possis v. c. <aiiTi/i 
8' À«ppo8CTY) at [i. e. xal at] XdtpiTeç icetpûdC \lz, OOx ôv <pCXi^(j(xijt* 
<; o08è <iuYxaTaxeC(jo|i.ai>, At poteris alia comminisci et ferlasse me- 
liora, sed semper incerta. 

Bacchar. vs. 752 &m 'Koki\Lt.oi 

èTceffitetfou^at ic i v t' à v w t e x al x d t o) 
Siécpepov "fjpTcaîiov jièv èx 8d[A(i)v Tixva*^ 
ÔTtÔGOL 8* èit* ûjjiotç fôeaav, oO 8e(Tji.o)v Qito 
icpoffe()(eT- o08' iTciTCTev è; |ié>.av icé8ov, 
)(a>.xd(; oO gCSy) poç XTé. 

Non liberos rapuisse Bacchas e domibus, quod per se parum credibile 
est, satis déclarant cum verba praegressa icdvT' fivw Te xal x(£tw Sviçepov 
tum sequentia omnia, praesertim vero Tocabula oO x^^^^^ 9C8yip<k. 



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VAN HERWERDËN. — AD EURIPCDEM. 



213 



Nec Tocula p-iv satis recte posita videtur. Aut omnia me fallunt, aut 
velus lacuna imperite expleta est. Expectes fere : 

icdtvT* àvo) Te xal xdT(i> 

Vs. 1056 i?lv 8' Syxoç ô^'CxpTipov, C§aat Stiêpo^^ov, 

^eOxaitfi <Tuaxid!^ov , EvOa MaivdSe; 
xaB-îJv'c', l)(ou(jat ^^eîpaç èv Tspitvot; Tcdvotç* 
at jièv yàp aÙTÛv Ô0p(jov èxXE^otirdTa 
xi(T(ib> xojj.Tf^Tiriv aSOi; èÇavéoreçpov, 
1061. at 8\ ixXiicoOdat icotxQ.' i:û).oi ^uyi, 
fax^^etov àvT£x>.at^ov à>.XTf^>.ai(; |i.é>.0(;. 

Aut pessime hune locum composait poeta, aut, quod longe probabi- 
lius, lacuna statuenda est in versu 1061 post voculas qX S\ nam etiam 
de bis poeta aliquid dicere debuit,undeapparereteas Ix^iv x^^P^^ èvTcp- 
xvoî; icdvoiî et ante verba èx>.iicoO<jat — ^uyà legi aliquid debuit, quo ea 
comparatio referri potuerit. Nam ad sequentia non pertinere mani- 
festum est. Madvigianam veroconiecturamat 8\i|i.ic>.éxou<jav icoixCX'ûç 
xi^i ^uyi {multipliées variosque serentes ordines) satis refutavit Heim- 
soethius, et quid poeta voluerit optime déclarât locus Orest. 45, SepCcov 
«sd xïiôx 8pojwiîo(;,7:(ô).o(;à(;àicô (6icô?)!^uYou.Quodautem Heimsoothconie- 
oit Tnk<txko7La pro icoixCXa, manifesto non aptum est iugorum epithe- 
toD.Aptuoi foret xa[A7:tjV,ut iM^awirvadixerunt poetae Latini, sed litte- 
ranim ductus'parum similes sunt, et longe praestat non soUicitare 
librorum scripturam. Quidni enim iuga coloribus variegata fuisse pute- 
mus? Vs. 1359 displicet ixXe).oiir<îTa, quia non thyrsus, sed hedera de- 
fecerat. Expectabam èx^>.oiiç(5To<; xt<j(joO. Vereor enim ut èx>.e>.oiitôTt 
safBciat. Nam alia hedera opus erat quam ea quae defecerat. 

Vs. 1207 8è TaOrri (y' aôrÇ KiFChh.)^^^?^ T^vSe 6' £ÏXo|i.£v 

^copC^ Te 8v)pôç àpOpa 8u<popTf^aa[iev. 

lu Weckleinianaconiec turax<*>p^'^^ Y <^^^po; displicet metri fulcrum 
particula yt, et praetulerim Wilamowitzii coniecturam x*»*P^ '^^ 8opC- 
^oç. Ipse conieci : 

Vs. 1373 Ôe tv yàpTOi ttJvÔ' alxCav 

AuSvixro; àvaÇ toOç doùç, icàTep, elç 
olxou; Içepcv. 

Equidem requiro 8eivT?iv xtI. i. e. ttvr^ -fiSeVi alxCa è<rc{v, & TcàTep, -fiv Ai<5- 



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244 MÉLANGES GRAUX. 

vudoç tlç Toî)ç ooîx; otxouc Içcpcv. Sed etiam malim : 8ctvi?|v <;8£ivàç> 
xté., deleto fà^xot.. Praeterea hic et ubique requiro atxeiav. Cf. 
Elmsleius ad 0, C. 748. 

HerCUL. fur. 31 o5 TaOTÔv ^vo}i.x icat; icaTpôc xex).Y}iiivoc 

xTcCvti Kpiovra. 
Elegantius scriberctur : 

o5 TotOrôv dvojiot icaTpl icottç xex).iQ(i.£voç. 

Vs. 368 ÇûvovSc nrjvudç 6 xa^^XiSCvaç 

{iQixpaC t' Ipoupai iccSCcav àxa picot 
xal nY|>.ii8e( Otpàicvai xt£. 

Perinepte fertilissima Thessaliae arva vocantur IxapTioi. Troad. 214 

fàv n Y) V c 1 «[/.vàv (0 p a V 
xpTrjm8' Ô>.ûjÀ7co'j xaX>.(ffTav 
^X6(j> PpCOciv çiji.av Vjxouc' 
£Oôa).eï T* sOxapiceCa. 

Euripidem scripsisse suspicor : 

(f.axpaC t' àpoupott «sSCov t' Avaupou. 

Cf. infra in eodem carminé vs. 389 sq. : 

Tàv Te niq>.ià8' àxTàv 
ÀvaOpou icapà mrjYaç xxé. 

Vs. 418 Tàv TE |iuptdxpavov 

ico^r5(povov xOva Aipva; 
GSpav èÇeicùp(i)<3£v 
^é).sai Tc à[i,(p£6a'Xe. 

Numéros curavit Heathius rescribendo à[À(pé6Qi>.>.e, sed nec comAiodum 
est statim post UcTtupoxrcv imperfectum tempus positum pro aorislo, 
neque non nimis audacter dictum videtur Tàv 58pav — pé>.e<jiv (i|jL(pé6at>.£ 
pro hydrae venenum sagittis illevit, Itaque videndum an corrigendum 
sit 

comparatis praeter Homericum à|i(ptjAi(ja(j6£ (Orf. 20, 152) verbis irspijAit- 



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YAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 2i5 

Ttiv, àiïO|tdtTrtiv, lx|jLdTTciv, àvajtdrcetv. Ita sententia tovetsagùtis suis hydram 
(se. bydrae vulnera) abstersiL 

Vs. 494 ^-nÇov, l\^ï xâv <ïxià (pdtvYiOC j^oi. 

a), tç yàp è>.8<ov txavd<; Sv yévoto • » 
xaxol yàp ^éy', oÎTéxva xxeCvou^i ^i. 

Dao ultimi versus, sive genuini sunt sive spurii, quales hodie leguntur 
scribi non potuerunt. Conieci 

axtà yàp £).6<î)v xtI. • • 

et deinde cum Piersono legerim 

xaxol ydlp el<Jtv oÎTixva XTtCvoudt di. 

Interpolatos tamen eos esse credo cum'Dindorfio^etquidem abeo qui 
explicare vellet, sed non satis intellegeret, cur anxia mulier x^v oxtd 
dixerit. 

Vs. 503 {jLixpà jtèv Tà tou ^Cou 

IÇ V^liépaç Iç vOxTa |1y| Xui:oi5|i.£vot. 
ÈÇ ViiUpac dictum pro il ttù Graecum non est. Legendum arbitror : 

80 i^jiépa; âçvûxTa ji.y| >.uiiO!5[Àevot. 

Av' VijUpaç noto ususignificat per ^o/wiw diem. Cf. Bacch. 1006 àsl ïtX xà 
xiAà pcov ipLxp èç vuxTot T'eôaYoOvT' eudsêsiv.Prequenlissimam esse ùtrius- 
que praepositionis confusionem pauci ignorant. 

Vs. 678 Sti toi Y^P'*'' àoiSô; 

xe>.a8c5 Mva jioi'jvav 
^Tt Tàv fipax^éouç 
xaX^Cvixov de (8(0 
içapi TE Bpdiiiov olvo8<5Tav 
:iapà Te ;^éAuoç lircaTévou 
jAo).itàv xal ACêuv aOA*5v. 

KcAoi6â pro xe>.x8tt olim ego et nuperrime Scbenkl correximus, deCSw 
pro ixC^w Elmslei est emendatio. Sed vel sic nondum omnia expedita 
sunt, Nempe exeraplo caret ellipsis vocabuli coSt^v post verba Tàv ftpa- 
x>ioy; xalL>.{vixov , nec quisquaul [Ao>.in^v ex sequentibus audiri posse 
iore contendat. Insuper vero aptum non est ^Ck^ld Mva[Ao<3ijvay, quia 



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2i6 



MÉLANGES GRAUX. 



chorus non Musarum matris^ sed Herculis laudes cantu celebrare di- 
cendus est. Sed procul dubio chorus significare voluit, se adhuc cantu 
celebrare praeclof^arum Herculis victoHarum memoriam, pajtocuvav ',h 
Hpxx).êou; xal).(vtxov. Propterea igîtur locum sic distinguo ; 

Iti toi yépwv àoiÔôç 
xc).(z$6!) • j/.va|i.oaiJV3iv 
ÎTt Tàv flpax^éo'j; 
xaX).{vucov àetôci) 
icapd TE Bp(i{i.u>v olvoSôtav 
Tcapà Te X^^*"<^î lirTaT(5vou 
jjLol'ïcàv xal AC6i>v aOX<5v • 
oi>:t(i) xxTaTcaOaouiev 
Mo'jiaç, at |i.*£)^6peu^xv. 

Pro xaTairijTouLîv cliam malim xaTaicaïiofAEv, 

Vs. 809 xpsC««wv [toi Tupavvoç ?<puç 

•î^ Su^jyévei' àvdtxTwv 
51 vO V i aopav çpatvei 
Çi9Y)cp^p(i>v àywvwv 
âJ|i.t).Xav, £1 TÔ ÔCxaiov 
6eoî; It* àpé<;xEi. 

Hespondent his in antistropha : 

xk-^^fz* eOyaOei xc)^dS(j> 
cpLàv -ïtdXiv è|i.à TcC^Tj 
airapTwv tv a y^vo; Içivrj 
jç^a^xaffitîôwv ).^)^oç, 6^ yav 
Téxvwv Téxvotç [tcTajJLcCÔEt 
Bt^êai; Updv cpûç 

ubi aut cum Pixio transponendum yévoç tv' èçdvtj, aut, deleto tva, legen- 
dum • 

^TcapTÛv yévoç 'îpiivY|. 

Gravius laborant strophica, quae nuper sic tentavit SchenkI : 

xpe(9<ïa)v jJLOi TÙpavvo; l^u 

Su<jyévEt* àvaxTOs" 
Ôv vuv èat^vTa xaCvEtç xtI. 

Qui optime reposuit àvaxTo<;, sed sequentis versus numeri maie l'e- 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 217 

spondent versui antithetico, et maie habet praesens xaCvei<; pro ncces- 
sario futuro. Melius certe haberet huiusmodi Glyconeus : 

Çv vuv èff iwv xaveîç xt£. , 

Sed etiam lenius corrigendum suspicor : 

xpeCdffwv [1.01 Tiipavvo; ï^ik; 

Su^jyévet' à V a X T ç , 
5lv vOv iijtàv (pavei 
Çtçptlçdpwv I; àycivwv 

Senlentia haec est : superior mihi tu^ o Hercules, es ignavia régis, quam 
nuncveniens ad gladiomm'certamen speclandam praebebit, si adhuc ius(t- 
tia cordi est dus. 

Vs. 869 d[i.iryoà^ S'oO (Jw^povCÇct, -caOpoç èç i|i.6o).Tf^v, 

SeTvx ^uxôÎTai 8è Kv^pa; àvaxaXûv Tà^Tapràpou. 

Melius sine acceotu scribetur taOpec <![>; è(; è{A.6o>.Yiv, ut mente supplea- 
tur e praegressis oô ccaçpovCÇet ài^icvoi;, nam, sin minus, è|i.6o>.Tfiv non 
babet, quo referatur. Praeterea^ quia tiuxatai pertinet ad eandem ima- 
ginem, longe malim : 

8ctv» [AuxaTaC Te Kïjpx; àvaxa).c5v Tà; Tatpxdtpou. 

Vs. 943 [AO)(^Xoùç Sucé^aç 8', KuxXwitwv ^aOpa 

^oCvtxi xav(5vt xal tOxoiç i^pjj.od|i.éva 
^TpcTCTu avSi^pcj) 9uvTpiaiva)<3(i>icd)w'.v. 

Depravalum videtur (rcpeirrû, quod non potest significare curvum, ut 
interprelantur. Est enim tortus. Aptum fuerit : 

^Ttppû <7v8i^pui xtI. 
i. e. rigido ferro. SuppL 711 : 

icatôtç, et [i.Y| a5(T^aeT£ dteppov 8 4 pu 
OTcaptûv T<58' àvSpûv, oî^^etai Tà Ila'X^.diôo;. 

Similiter apud Latinos rigidus ensis, rigida hasta, fugidum cornu, rigor 
flttri, saxorum, similia. Vocabulo saepe usi sunt tragici, sed plerumque 
sensu translato. 
Sequuntur haec : 

âx Touôe pxCvwv, SppLat'oOx î^^wv 
Iça^e, 8C«ppO'j 8* elaiêaivsv àvTuya. xxè. 



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2i8 MÉLANGES GRAUX. 

Neque haeçlibrorumscriptura neque Dionis Ghrysostomi lectio aû-roO 
8è paCvwv aptam praebet sententiam. Contexlus requirere videlur 
TotaOT* à'kùtùy, sive (lenius) àlaCvwv, modo àXaCvwv sic usurpatum 
Orest. 531 et /ph. T. 284 vitio careat. 

Vs. 1002 à^V ^XBcv elxàv 6pav l<pa(veTO 

na).).àç, xpaSaCvoud' ^Xl?^ ÏT^Ck^^tù x£ap. 

Gonieci : àXV ifS^Oev, tlxd^oudtv (î»ç âçaCveTo 

na>.^à(;, xpaSaCvoud' ^YX^^ eiî).oçoçx6p7i. 

Vs. 1092 xal irvoàç Ô£p[Aà^ icviw 

[i.eTip(7i\ oô ^£6aia, icveupidvcov àico. 

Frustra haec tentantur. Adiectiva enim pluralia neutrius generis 
persaepe apud poetas funguntur adverbiorum vice. 

Vs. 1288 Y^^^^^ mxpotç xévrpoiTi x^yjSouj^oiî jtevoi. 

Mihi quidem minus evidens quam ipsi est novissima Naberi conie- 
ctura>.ot8opoi5[Acvot. Quidquid sub depravatayoce latet, ratio habenda 
es t substantivi xévTpoK?*., u t babuitKirchhoffius couiciens pouxo).otjpLevoi, 
et habui ipse olim proponens xepTopt^jievoi. Utique requiritur verbuni 
metaphoricum. 

Vs. 1 270 jx^x^ou; oC; JtXyjv t( 8et ^éysiv ; 

;to{ouç Tcpôç ^ ).éovTaç \ TptC(i>[ÀdlTou; 
FTjpudvaç t\ rCyavra; TeTpadxeX'ï) 
xevTa'jpoic).yiOYi iç<5>.e[Aov oOx èÇi^vuiia; 

Ilpôç pro icot' Hartungio debetur, ryipu<5vaç pro Tu<pwv(x; Elmsleio, 
TSTpa<jx£).7i pro T£Tpa(jxe>.£Ï(; Reiskio. Sed praeterea laborat iroleitov, pro 
quo requiritur exercitus vel tw^bae notio. Gonieci : 

■5^ T£TpaW£Ati 

X£VTaup07cXYl8^ CT<5>.ov iyù) oôx iÇ-ï^vuaa; 

Gf. yuvaixoir).Tri6T?)<; S\i.Cko<; Aesch. Pef*s, 124, et ÇuT^Aoyoi Y^vaixoir^TiÔEW 
Alcesl, 951 sq. 

Hkracl. vs. 1018 Ch. :rapatvé<jat 50t <j|i.vxp6v, À>.xjn(5vïi, OéXu, 
TÔv àv8p' àcp£ivai t<îv8\ iizti izélu Soxfit. 
Alcm. tC 8\ 6avYi t£ xal izàXti ic£t0t5|i;£6a ; 
Ghr. Tà ^.ûat' âv £tY) ''içû; t(x8^ ouv Y£vt^(j£Tai ; 

His auditis (in quibus obiter poetae reddas ^i8c6[i.£0a), erigimus aures 



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VAN HERWËRDEN. — AD EURIPIDEM. 2i9 

expectamusque ^avoupyCac Euripideae i^t<5v v. (i<5(pic[i.a. Sed videsis quam 
absurde nodum solvat heroina : 

AIciD. iyà StSàÇci) ^aSCci)^ • xTavouda yàp 

T(5v8\ cÎTa vïxpdv toÎ^ [A«Te>.8oO<Ji cpC^wv 
8c6c(i) • TÔ yàp <jûjà' (?) oôx àictffTTf^ <ja) ;^OovC* 
o^TOç 5è Sciaei tV|v SCxtjv ôavùv lji.oC. 

Eiusmodi ineptiae^ ut condonentur mulieri vindictae cupiditate 
insanienti, prorsus incredibile est talia probari a choro, qui tameft 
constare flogitur e civibus Atheniensibus, dicit enim in fabulae exitu 
(1053) 

TaOTa SoxtT jjiot . xtI. 
Iphig. Aul. 520. Agamemnoni dicenti : 

td jtotvTUcôv icav ^£pji.a (pi).<5THJL0v xaxdv 

respondet Menelaus : « 

xoô8£v yE ^^pTj^ôv oô8è XP^'^'-H^*^^ xapdv. 
HesychiasxpTa «tô ç • xp-ï^tîtftoç. Deleto glossemate, poetae reddiderim : 
xo08év ye ^piQ^dv <o{Jicot' o08a[AoO> icap(5v. 
Vss. 528 sqq. sic constituerim : 

oOxoGv 8oxci( viv (rrdtvr' iv Apysioi? [lédotç 

Àp?itji.i8i 8t5<jetv ; oô Çuvapicà(jaç «jTpatdv, 
aè xâtt' àicoxTcCvavTaç ÀpysCouç xdpYjv 
<3<pd^av x€).eu<rei ; 

Dedî 8oxtu; — Stiotiv ; pro 8i5x€t — SO^civ cum Musgravio, deinde où — 
Tuktùm\\ pro 6; — xs>.£0<Ki. Praeterea pro xàta ^'^^^^H^^S quo laedilur 
nota Porsoni lex, scripsi xàt' àveûxoH'-a^* Possis etiam xax' ^zu- 
<si^Y^y, Verbum àvcù-^e<j6ai, quod Cobetus Hipp. 891 restituit pro àTztù- 
X««Oai, significat reiraetare votum. 
Ys. 1338. Iphigeniae dicenti : 

Si T£xo5«a pt'îi'ccp, àv8pwv ^^^.ov el(jop<5 icé^.ot^ 



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m MELANGES GRAUX, 

respondet mater secundum cod. Flor. : 

dum Palatinus habet k-^iXkid pro icaî8\ û et y' a m. 2. Hinc Weilius 
rescripsit : 

«in eo falsus quod «SXoxo^ necessarium putavit, nam optime habet daU- 
vus commodi ^ sine eo additamento. Multo lenius Hermannus : 

TÔv ye rÇ; 0£d<; icatSa, Téxvov, o» au StOp' âXi^AuOaç. 

Sed :rxt8x glossema esse prodit Palatini codicis scriptura. In utra- 
que coniectura maie oblitterata est nccessaria vocula Té, qua omissa, 
ineptissime Glytaemnestra pro virorum turba, quam videre se dixerat 
fllia, substituit unum Achillem. Scripserim igitur : 

T^v Te TÎji; Oeaç ye, Téxvov, w <jO SeOp' èXi^).uOaç. 

Vs. 1345. Achilli dicenti: 

8e Cv' èv ÀpytCoiç ^ootTai ; 

Glytaemnestra respondet : 

T(va ^oTi^v; <rï)[i.aivé |ioi. 

Alii interpretantur tCv» poVjv T^éyetç ; alii tCv» foif^v poûdiv, hoc sane 
rectius, nisi distinguendum est T(va; ^oVjv «jT^jiaivé jioi. Quod si non 
voluit poeta, quidni scripsit : 

tCç ^ok^; (njjiawé jtoi? 

Non necessarium esse in tragico sermone articulum plurima pro- 
dunt exempla, velut mox 1357 : 

àW èvixwiiTQV xexpay{ioO. 

IPHiG. Taur. 798. Chorus ad Orestem : 

Çeiv', oO 8(.xa(ci)ç tî^Ç ôeoO tt?|v icp6aito).ov 
jç^paCvetç àOCxTOiç icepi6a^u)v TcéicXoiç X^P** 

Si ic6pi6aXwv sanum est, requiro aut x^P^^J X^P^» si x^p*» ^po<î- 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 221 

êiUv, cil. Med. 1254, i283; Aie, 308; Iph.A. 951, veHm6a).(iv, utalii 
diierunt. Verbum autem facilius corrumpi potuit, quod haec ante- 
ceduDt : 

ut Harklandus coniecit pro ^{ib); à^KTTu). Vide tamen annon praestet 

at iam Madvigîum correxisse yideo, et 

Qoin enim sororem invenisset, nullus iam dubitabat Orestes, et 
Dulla est in pronomine emphasis. 

Vs. 937 t( xP**5h^ 8p(£<j(i)v ; ftjTÔv -îi (nytoiievov. 

Ita poeta cogentibus numeris dicere sibi permisit pro (jtyTritdv, 
quemadmodum Sophocles, 0. C. 1527, scribere ausus est : 

pro xtvTiTd. 

Vs. 1186. Thoas ad Iphigeniam : 

<Ji) 8' cl; t6 Tri; ôeo'j y* H^veu^aç slxdTCi);. 

Annotât Weilius : « É^éveuda^; semble venir ici de Ixveuew « se détour- 
ner vers » plutôt que de âxvEÎv « se sauver à la nage ». Dubito propter 
versum vicinum (1181), ubi Iphigenia dixerat : 

xal vGv xaôeXdav 8£>>eap i[h<) ji.oi çpevûv 

ita ut probabile videatur eandem imaginem, sumtam a piscibus, con- 
tinuari. Eodem modo intellego locum Cyclopis vs. 576, ubi Poly- 
pfaemus : 

loi) loO, 

6ç iÇévcu^a ji^y^ • xvi. 



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222 



MÉLANGES GRAUX. 



i. e. \L6yuii<s<û^^ et Hipp. 470 (loco non temere suspecto Barthoido 
et 823. Sensu longe diverso usurpatur èxvtôeiv Phoen. 920, et infra 
1330. Marklandi coniecturam èxveveuxdtatç pro ixiçeicveuxfSToc rectis- 
sime repudiavit Geelius in Pkoenissarum loco li5i. Ibidem in vss. 
i268 sqq. : 

àW àvôp' àpCdTO) xal xaffiy^tw céôcv 
i<i SàvaTov èxveOovTe xeaXO^aC 8et 
Çi>v [tTr|Tpl rÇ (jYi |AT?j tcpôç à\>.i(^).oiv Oaveiv. 

mihi quidem valde suspectiim est participium , nam etiam quam 
vira verbo èxv£i5ew ibi tribuunt re^'^enrfi (itaque = vcOew), eadeiuve- 
nibus ad mortem caeco impetu ruentibus et properantibus satis apla 
non est, et admodum placeret mihi verbum, quod aut properare aut 
ruere signiftcet. Illud quaerenti sese offert iyxoyoOyxt, quo verbo 
praeter alios tragici nsi sunt pro <Jit6ù8etv, Euripides, Bec. 507 et Herc. 
f. 521, Sophocles, Aiac. 811, 988. Trach, 1255, Aeschylus, Pf-om, 962, 
nisi forte hoc obstat, quod èyxoveXv absolute usurpari solet, itaque 
dubium videri potesl num recte dicatur tp^o^^tXy tU ôavaTov. Ruendi 
notionem requirenti placere possit iicicEùovTe, ut de furioso Hercule 
est in cognomine fabula vs. 1001 : 

xàvOévSc wp^ç yi^owxo^ iTciceùei ç6vov. 

Cf. Phoen. 220. AaêéTw Sè xal àXXoç. 

Rhes. V. 710 sqq. Ope huius loci'et Hecub. 289 sqq. depravatissi- 
mum Troadum locum 284 sq. sic tentare lubet : 

Ôç çaïvE (pro icàvTa) TàxeTOev Iv8à8^' 

eIt' f |i.o>.' (pro àvTiiraV) a56iç ixevffe, SmctO^^w yktô^otx 

Vs.776 i/liiuaaS' aOtoT; |iy| 7ce).(iÇe<TÔat «rpaTcj). 

Una exempta Miterula, scripserim i/lOda, quo verbo (àuTEÎv) tragici 
(et ipse fihesi auctor vs. 668) etiam in diverbiis utuntur, dum alterum 
verbum non nisi in melicis adhibetur et semper habet Doricam for- 
mam àizinû, Epicorum est i^icOco. Non legi apud Euripidem verbum 
àmieiv insignis error est Dindorfii in lexico Sophocleo s. v. Quinquies 
cnim, quantum scio, eo usus est : Hec. 155, Or. 1253, SuppL 800, 
Troad. 1304, Bacch. 982. Aoristus àôdatt legitur SuppL 800. 

Vs. 970 xpuiCTÔç 8' âv àvTpoi<; tîJç ôicapyûpou j^ôovôç 

àv0pa>lto8(z((i.(i>v xeC(TeT(zi ^).éic(i>v <pào(, 
Bàxxou icpoçvSnr); (Lycurgus) ô<jt8 llayyaCou icéxpotv 
^xYjae tfep6ç tov«iv £l8($<jw ôedç. 



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VAN HERWERDEN. — AD EURIPIDEM. 223 

Ferri non posse â<rrc intellectum est, scd parum arridet Heimsoethii 
coniectura cItSc. Yenit in mentem : 

là n^YY*''^^ Xéica; xt£. 

cl. Ts. 921, ut vulgata lecUo a glossatoribus depravata sit. Sed fortasse 
uterque versus est spurius. 

Iph. Tacb. vs. i393 sqq. Haec adumbrata videntor ex nono libro 
Odysseae, ubi similiter navis Ulyssis fugientis Gyclopa fluctibus ad 
Httus repellitur. Etiam in verbis est aliqua similitudo. Compares 
velim (vs. i396 sq.) verba Euripidea 

cum Homericis i, 485 : 

Quod apud Homerum efflcit iacta aPolyphemo xopu^if^ ^peoç |i.eYâ).oio, 
apud poetam tragicom facit Scwôç i).0(i)v àve^toç. Apod hune, ut apud 
illom, fugientibus infestus est Neptunus. Ys. 1415 : 

n6vT0u ô' àvàxT(i)p ï^wSv t' âicwrcaTtt 
^{jLvôç IloaeiScuv, Ilc^oicCSaïc S* IvavTCo;, 

sed placatur a Minerva (1444) : 

nec Diana, praesertim mitigata Iphigeniae precibus vss. 1397 sqq., 
rmaginis suae raptum ulciscitur. 

H. VAN HERWERDEN. 



Traiedi ad Rhenum, m. Junio 1882. 



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SUR UN ARTIFICE 



DE MODULATION RYTHMIQUE 



EMPLOYÉ PAR LES POÈTES GRECS 



u Le terme modulation, dit un musicien moderne, ne veut pas 
simplement dire changement de ton ; il sous-entend aussi une transi- 
tion par le moyen de laquelle on passe d*un ton à un autre ; c*est dans 
la manière d^effectuer les transitions que consiste Tart de moduler (!).>> 

Cette distinction élémentaire ne s'applique pas seulement aux mo- 
dulations tonales, mais aussi aux changements de mode, de genre, de 
mouvement, de mesure, do caractère (^Ooç), bref, à toutes les modifi- 
cations harmoniques et rythmiques que les anciens réunissaient 
sous le nom de (u-ra^oXaC. Partout, à côté des effets parfois saisissants 
dos à la simple juxtaposition de deux formes musicales différentes, 
viennent se placer les impressions plus douces, plus tranquilles, que 
produit le passage savamment gradué d'une forme à Tautre. Les an- 
ciens connaissaient les effets du premier genre : les assertions de leurs 
Ihéoriciens (2) et un simple coup d'œil jeté sur le conspeclus melrofum 
d*Qne tragédie ne permettent pas d'en douter. En est-il de même de» 
effets du second genre, des modulations proprement diles? Écartons 
les modulations harmoniques, sur lesquelles ni les auteurs ni les débris 
insignifiants delà musique grecque ne nous renseignent suffisamment. 
Restent les métaboles rythmiques. Ici l'abondance des matériaux auto- 
rise un peu plus de confiance, et l'auteur du dernier manuel allemand 
de métrique n'hésite pas à résoudre la question par l'affirmative. 
« Dans lés strophes qui présentent un mélange de plusieurs rbythmes, 
dit-il, les poètes ont cherché à ménager la transition entre les diffé- 

(1) Rkbeh, Traité (tharmonie, 2» éd. p. 43. 

(2) Voyez ee que dit Plularque du nome trimère dont la première strophe se 
chauitait sur le mode dorien, la seconde sur le phrygien et la troisième sur le lydien 
(De Mut, 8). Comparez le célèbre passage de Bbbthovbn, Symphonie héroïque, 
!»• partie, p. 13 (éd. Winkler). 

MCUiNOBS GRAUX. 15 




226 



MÉLANGES GRAUX. 



renls et périodes par des intermédiàires bien choisis (1). » Cette 
matière serait intéressante à élucider dans le détail, car outre les 
lumières qu*on y trouverait sur Tart des poètes grecs, on serait amené 
dans plus d'un cas à suspecter certaines corrections au texte des tra- 
giques, inspirées par le désir irréfléchi de réduire au minimum le 
nombre des rythmes employés dans un même morceau, sans souci 
des formes intermédiaires. Je me contente aujourd'hui d'attirer l'atten- 
tion sur un procédé singulier et peu connu dont les poètes paraissent 
avoir fait usage dans ce genre de modulations. 

On sait ce que dans la musique moderne on appelle modulation 
enhcu^monique. Par suite de Fadoption de la gamme tempérée, certains 
accords, notamment celui de septième diminuée, peuvent s'écrire de 
plusieurs façons, tout en produisant sur un instrument à tempéra- 
ment un son identique. Ainsi le même accord s'écrira indifféremment : 









1 €>— 1 


1 © — 1 






k tt - 






e— 





































Chacune de ces formes appartient à une gamme différente. On peut 
profiter de cette circonstance pour passer facilement d*une de ces 
gammes à l'autre, eir envisageant l'accord de septième tour à tour 
sous ses différentes faces. Les notes restent les mêmes; mais leur 
nom, leur physionomie change, et l'oreille se trouve transportée brus- 
quementy mais sans violence, dans un nouveau milieu tonal. Cet arti- 
fice, dont l'abus est réprouvé par les auteurs sévères, n'en est pas 
moins d'un fréquent usage, et riche en effets inattendus. 

L'analogue de ce procédé se trouve dans la rythmopée grecque. 
Plusieurs des mètres anciens, grâce aux solutions, aux contractions 
multiples, à l'emploi des syllabes irrationnelles et des longues de plus 
de deux temps, sont, comme disent les Grecs, 7co>.u(ïxTQH.aTi<rcot au plus 
haut degré. Il en résulte que parfois un membre de phrase, envisagé 
en lui-même et indépendamment des mesures précédentes qui en dé- 
terminent le caractère, peut être scandé de diverses manières, appar- 
tenir en apparence à plusieurs systèmes rythmiques. Bien entendu, 
il ne suffit pas pour cela que la succession matérielle des syllabes soit 
susceptible d'interprétations variées ; il faut encore que la distribution 
des temps forts et des temps faibles, autrement dit des ictus métriques, 
s'accommode elle-même de ces diAcrses interprétations (2). Une fois 

(1) CuaiST, Metrik der Griechen und Romer, 2« éd., p. 637 (§ 709). Il y aurait dei 
réserves à faire sur la suite de ce passage et les exemples cités. 

(2) Ainsi jamais le Iribraque ne pourrait servir de transition entre Hambe et le 
trochée, ni le spondée ou le procéleusmatique entre le dactyle et Tanapeste. Mais 



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THÉOO, REINACH. — MODULATION RYTHMIQUE. 227 



ces deux conditions réalisées, le poète pourra profiter de cette diver- 
sité d'interprétations possibles pour choisir celle qui le conduira là 
où il veut aller. C'est comme un carrefour où aboutissent plusieurs 
routes, séparées partout ailleurs par d*épaisses broussailles. Une même 
combinaison de brèves ei^de longues, répétée exactement deux fois, 
mais avec une intention différente, prendra au gré du poète une phy- 
sionomie nouvelle et déterminera une modulation. L'auditeur a voyagé 
sans s'en apercevoir, et, quand il s'en aperçoit, le tour est joué. Ainsi, 
ici comme dans notre modulation enharmonique, c'est grâce à un 
hermaphrodite musical, à un Janus à double ou triple visage, que 
s'opère un changement de décor inattendu. 

Je neveux citer que trois exemples de -ce procédé. Le premier est 
tiré d'un chœur des Suppliantes d'Eschyle, vers 418 et suiv. Ce chœur 
se compose de deux couples de strophes et d'antistrophes ; le premier 
couple est écrit dans le rythme crétique (péonique), le second dans 
le rythmée dochmiaque. Voici comment s'opère la transition (vers 429 
sq. — 416, éd. Weil). 

àiçà Pp*t£<i)v (1) pCa t' àyojtévav SCxa^, x. t. "X. 

— u — -[[u uy t» 

U UU U |u UU U 

Le premier %ù\o)f de la deuxième strophe, continuant le rythme de 
la strophe précédente , débute par un crétique et peut être scandé 
tout entier dans le rythme sesquialtère ; mais si l'on isole les six 
dernières syllabes, on a un dochmiaque parfaitement régulier. Profi- 
tant de cette identité et de l'impression qu'elle a dû nécessairement 
produire sur l'auditeur, le poète répète exactement, deux fois de suite, 
le dessin de ces six syllabes, et affirme par là même la modulation 
dans le rythme à huit temps, qui continue jusqu'au bout de la strophe. 

Second exemple. La nàpoSoç de YCh^este d'Euripide, morceau célèbre 
dans l'antiquité, débute ainsi (vers 140 sq.) : 

TiOete jjLT?^ xTutcevT',... 
Les trois premières mesures forment une tripodie trochaïque 

— u — u :J 
qui se rattache par son rythme au dialogue ïambique précédent. Le 

«Uns les pi«cU de plus de 4 temps, où U existe à côté de Vicius principal un ou 
piBsieQrs ictus teeoodaires, dont Timportaoce relative n*e8t pas exactement déler- 
niiaée, la confusioD des formes hétérogènes devient plus facile. 
(1) Ce mot a U valeur d'un ïambe. 



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228 



MÉLANGES GRAUX. 



demi xûaov suivant, où la comparaison de Tantistrophe montre que la 
première syllabe d* tx^oc est prise comme brève, peut être ramené au 
même type, ou bien être scandé comme un dochmiaque (i) : 

uu u — ^ LJ ou u uu — u — 

Le poète répète identiquement quatre fois de suite le dessin de ces six 
syllnbes, sans prendre parti pour Tune ou Tautre interprétation, mais 
en permettant à Toreille de se familiariser avec la coupe dochmiaque; 
ce n'est qu'au vers i44 

que la modulation se trouve décidément accusée ; cette préparation 
graduelle, combinée probablement avec une danse de demi-caractère, 
la rend si douce qu'elle est presque insensible. 
' Troisième exemple. Dans la nipoSoç des Ackamiens d'Aristophane, 
le chœur entre en scène en se précipitant à la poursuite de Dicéopolis 
et prononce d'abord quatre tétramètres trochaïques bien connus. Puis 
il continue ainsi (vers 241 sq.) : 

(ppo08o(. ot[toi TàAa;, 

TÛV tTÛV TÛV l{téjV ! 

oOx àv èi:' èji'îjç yt veénfjTOÇ, ^t' lyta (pépwv, x. t. \. 

Le dernier vers est un tétramètre péonique, et tout le reste de la 
strophe est dans ce rythme. Il y a donc eu une itcTaSoX-fj , et ce sont 
les dimèlres intermédiaires qui ont servi de transition. Or ces dimètres 
peuvent se mesurer à volonté dans le rythme crétique ou dans le 
rythme trochaïque, en adoptant te schéma du ditrochée, si fréquent 
dans la tragédie, — u _J pour — u — u. Qui ne voit que le poète 
musicien a dû tirer parti de cette ambiguïté pour donner à ses pre- 
miers créliques une valeur effective de six temps et diminuer insensi- 
blement la durée de la dernière longue de manière à moduler dans le 
rythme péonique? Cette interprétation s'accorde à merveille avec le 
sens du morceau. Le chœur est essoufflé de sa course, il n'en peut 
plus, et sa fatigue se peint à la fois dans le .rythme haletant qu'il 
emploie et dans la diminution graduelle de la durée du mètre. Presque 
partout où Aristophane associe ainsi les ditrochées aux péons, — et 
celte combinaison est fréquente, — la transition est formée par des 
xûXa purement crétiques et la même explication devra être admise (2) 

(1) Le seul ictus vraiment fixe du dochmiaque parait être celui de la seconde 
longue (àp). Voyez Christ, op, cit., p. 435. 

(2) Elle est pleinement autorisée par ce qu^Héliodore nous apprend de la durée 
incertaine du crétique (Schol. ad Hephaestîon., p. 197). 



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THÉOD. HEINACH. — MODULATION RYTHMIQUE. 229 



Je pourrais multiplier les exemples de cet artifice. On le retrouve 
notamment dans le mélange des xiûka îambiques et dochmiaques des 
xo|i{iol tragiques, dans le passage du mètre ïambique au bacchiaque 
(Pindare, Olymp. 2). Mais je n*ai voulu que signaler un fait, et non en 
épuiser les conséquences. 

Je ne puis m^empécher de faire observer, en terminant, qu'outre 
Tanalogiç déjà signalée de nos modulations enharmoniques, notre 
musique moderne offre des exemples de transitions rythmiques opérées 
par des moyens semblables. Dans un des plus beaux nocturnes de 
Chopin (1), entre autres, la première partie, écrite dans le rythme 
binaire, se relie au trio y écrit dans un rythme à cinq temps, par une 
petite transition en tempo rubato où l'exécutant peut faire pressentir 
la mesure nouvelle qui va venir. N'est-ce pas l'exact pendant des 
dimètres équivoques de la nàpo8o(; des Acharniens? C'est une nouvelle 
épreuve de^ confirmations que nos théories actuelles sur la musique 
grecque peuvent trouver dans les ouvrages des compositeurs modernes 
qui ont écrit naïvement, sans souci d'imitation érudite. L'art est éter- 
nel et même les artifices ont la vie dure. 

(l) Nocturne en fa dièze, op. 13. 



THÉODORE REINACH. 



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GoogI 



SUR LA FORME DE QUELQUES NOMS GÉOGRAPHIQUES 

DE LA 

PÉNINSULE IBËRIOUE 




La yraie forme du nom de ce fleuve nous est offerte par Strabon 
(3, 3, 4, Oùaxoùa), comme il est prouvé par la forme moderne Vouga 
{Vauga- dans les documents en bas latin antérieurs au xii* siècle). 
Comparer auga, forme populaire, pour agm, lat. aqua. Il faut donc 
corriger les formes Vacca, Vagia dans Pline (4, 21, 35, 413). S*il y a 
ici un nom qui se rattache aux langues celtiques, il faut comparer 
pour la terminaison Addua, Mesua, etc. Voir Zeuss-Ebel, Gramm. celt., 
p. 764. La racine se retrouverait dans ^«//o-t;act[comp.^e//o-t;{â7^^e//o- 
venu, etc.] (Caes.), Vacus (Steiner, n* ^936), Vaco {tbid., n» 115), Vacalus 
(Caes., B. G., nr, 10, i ; Glueck, Die bei C. J, Caesar vork, kelttscken 
Namefiy p. 16, 1). 



Serra da Estrella est le nom moderne de cette montagne de la 
Losilanie ; il n'y a que le nom de lieu Aramenha qui paraisse se ratta- 
cher à Ermifdw. Je crois que dans Ép[i.ivCov ^poç (Dio Cassius, 37, 52, 53), 
Hermnius nums (Caes., B, Alex., 48, 2), Taspiration est aussi peu jus- 
tillée que dans les noms Hercynia, Belvii, Belvetii) etc. (voir Glueck, 
p. 10); s'il est permis d'y voir un nom d'origine celtique, il est com- 
posé de er et d'un thème mino-. La particule er, qui sert à renforcer 
la signification, est le premier élément d'Er-cunia {Bercynia); comp. 
kymri er-^hynu « elevare », er^hymadu elevatio )),er-rfrym(er -h rrym) 
« compactas » (Zeuss-Ebel, p. 895). La racine cun se retrouve dans le 
kymri cwn <c altitude, altus » , eunu « exsurgere », etc. , et peut-être dans 
les anciens noms Cunetion [It. Ant,), Cuno-bellinus, Cunotamus, etc. 
(Zeuss-Ebel, p. 92,860; Oueck, p. 11), Conembriga {*Conenobriga), etc. 



Erminius mons. 




232 



MÉLANGES GRAUX. 



Le thème minch- serait dérivé de la racine min du lat. pro-min-eo, e- 
min-eoy im-min-eo, men-tu-^n, mon-ti-. Voir Pictet, Origines, P, 147. 
Gorssen, Krit. Nackir,, p. 79; Ueber Ausspracke, etc. II, 29 (cf. Cur- 
tius, Gf-undzuege, n* 413). Il y a en kymr. menyd, mont, en comique 
menith, en armor. menez (Ebel, Beitraege zur vergl. Sprackforsch,, H, 
158; d*Arbois de Jubainville, Bévue celtique, II, 207; I, 94; Mém., Soc. 
de ling,, IV, p. 272). Comp. encore Min iticum, lieu de la Gaule (flei7rae<ye 
zur vergL Sprachforsch., III, 418, Zeuss-Ebel, p. 806), Vindo-mined 
(mons albus, Zeuss-Ebel, p. 132). *iFr-mmos, d*où la forme adjective 
Erminius, aurait donc la môme signification que ^Er-cunos, d'où Er- 
cunia, Ercunius, c'est-à-dire très élevé, celui gui est très élevé. 

lacca. 

îaxxx (Plol. 2, 6, 67) ville dans la Tarraconaise ; laxxYjvoC (Strab.; 
Ptol., 2, 6, 72), peuple de la Tarraconaise, dont le territoire est nommé 
laxxYjTavCa (Slrfib., III, 4, 10). Sur les variantes de ces noms et la 
question géographique qui s'y rattache, voyez E. Hiibner {Hermès, l, 
337-342), qui établit que lacca n'était pas une ville des Vascones, comme 
le dit Ptolémée. La forme moderne du nom, Jaca, prouve jusqu'à 
l'évidence que lacca est une bonne forme : le j moderne représente 
régulièrement l'ancien i, j; le double ce est représenté par c; s'il y 
avait dans la vieille forme un simple la forme moderne serait plutôt 
Jaga (cf. Diez, Gramm. des langues rom., trad. fr., I, 237-8 et 226). Il 
se présente une explication possible par le celtique. L'irlandais ic, ice 
« salus, salutis », iccthe « salvatus », « sanatus », le kymr. mod. iach 
a sanus », Varm. jechet,jachet proviennent, d'après Zeuss-Ebel, p. 49, 
d'un proto-celtique *ya<^<^«' Fick [Zeitschrift fur vergl.Sprachforschungy 
XX, 173-4) y compare le grec àxoç qui peut représenter un ancien 
*jaxo{. M. Stokes, à qui a peut-être échappé ce rapprochement de 
Fick, dit dans son glossaire d'Oengus [On the Calendar of Oengus, 
p. ccLxxiv) : « xcc, s. f. salus, gen. %cceZ\ 49, 225, w. iach, from isaccâov 
isancà (cf. lio(i.ai from l(Tao(tai, see Fick I, 30). » Il y a là une question 
que nous ne sommes pas à même de résoudre. Comp. encore Jecora 
« fluviolus » (BoU., Sept. 5, 617; Zeuss-Ebel, p. 779). Nous ne rappe- 
lons pas le nom Salus Julia, attribué à une ville de l'Espagne an- 
cienne, à cause des doutes d'E. Boecking (yVo^ dignitat. 248*). 

Allotriges. 

kXk6':^\.yt^ et non kXk6^vft<i est, je suis porté à le penser, la vraie 
forme du nom du peuple dont il est fait mention dans Strabon (III, 
3, 7). Allobriges est une mauvaise forme pour Allobroges; Allotriges 
porte les traits d'une forme celtique composée de allot-^riges; comp. 



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GOELHO. GÉOGRAPHIE IBÉRIQUE. 233 



Durotriges, peuple de la Britannia (Ptol., 2, 3, i9) = *durotoriges, 
dont réléroeni durot se retrouve dans Duroiix [comp. Calitix] (Glueck, 
p. 70), Durotineum (Zeuss-Ebel, p. 808). 

Les thèmes alloty durot ^ pour allolo, duroto{comp. Lugoto-rix, Caes. 
B. G., V, 22, 2) sont dérivés de allo, duro, comme lugoto de lugo (comp. 
Lugnlunum pour *Lugo-dunum, Lugetus = irland. Lugith, Glueck, 
p. 75), Senotum de seno (comp. Senones, etc.). 

On retrouve allo dans Allobrox (Horat., Epod. 16, 6; Juvenal., 7, 
21, 41), plur. AUob}*ôge${L\v.^ Plin., Mêla, etc.), = kymri all-fro «alie- 
nigena». Sur brog « terra, regio»,voy. Zeuss-Ebel, p. 90, 137, 207, etc. 
Allo correspond au grec â>.>.o;, lat. uliui. Le nom hispanique Allucim 
[Corp. inscrtpt. lat. II, n"737, 2465, etc. [Allugius], et Dion Cassius, 
57, 44) rappelle le lat. Alienus, Tallem. Anderst. 

Le second élément de Allotriges, Durotriges, — riges, — est le plu- 
riel de rix, et correspond au lat. rex, reges (Zeuss-Ebel, p. 20; Glueck, 
p.2n.). 



On a identifié quelquefois les Autrigones de Mêla, III (i, 10), Plin. 
(III, 3), Ptol. (II, 6, 7), avec les Allotriges de Strabon ; ces noms sont, 
D0Q8 le croyons, de formation bien diverse. On peut voir dans Autri- 
gones un dérivé de Autricum, qu*on ne rencontre pas dans la pénin- 
sule, mais que nous avons dans la Gaule ; sur ce nom voyez Zeuss- 
Ebel (p. 799), d*Ârbois de Jubainville {Rev. celtique, I, 471). 



Autrigones. 



F. ADOLPHO GOELHO. 



Lisbonne, 28 mars 1882. 




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LES MOTS GRECS 



DANS LE LIVRE BIBLIQUE DE DANIEL. 



La table ethnographique de la Genèse nomme Yâwân parmi les 
fils de Japhet (ra.*») (i). Pour tout TOrient, Ioniens (Weç, làovcc) est 
deyenu synonyme de Grecs ; les cosmographies sémitique et arienne {ï) 
paraissent avoir appliqué aux deux lignes de côtes qui se font face, 
séparées et réunies par les nombreuses îles de la mer Égée, le nom 
de rioDie, de la province située sur les confins occidentaux de TAsie 
Mineure, dont la pointe avancée forme un cap aux contours irrégu- 
liers dans la direction de THellade. Les Grecs eux-mêmes étaient infor- 
més de la confusion qui, chez les barbares, avait été établie entre eux 
et les « Ioniens aux longues robes » (3). « Les Athéniens, dit Hérodote, 
n'ignoraient ni ne voulaient admettre pareille appellation, et même, 
aujourd'hui encore, la plupart d'entre eux semblent offensés qu'on la 
leur applique (4). » 

(1) X, 2 (cf. le passage parallèle / Chroniques, i, 5). Les autres exemples bibli- 
qaes du mot sont: Genèse, x, 4 (cf. / CAr., i, 7); haïe, lxvi, 19; tzéchiel^ xxvii, 
13;ioé/, rv, 6 (D^^Vn « les fils des Ioniens»); Zacharie^ ix, 13; Daniel, viii, 
31 , oâ Alexandre le Grand est désigné comme ?]Sd u le roi des Ghrecs » ; x, 20, 
oà il est appelé ]V yO « le chef des Grecs », qui domine XlIsSo « le royaume 
de Grèce > (xi, 2). Tous les documents épigraphiques et littéraires sur cette an- 
eteane désignation ont été savamment réunis et commentés par M. B. Stade dans sa 
monographie intitulée : De populo Javan parergon patrio sermone conscriptum 
(Oissae, 1880, in-l). 

(2) A. Pictet, les Yavanas et les Ioniens, dans les Origines indo-^0*opéenneSf 2* éd. 
f Paris, 1877), I, p. 76 et suiv. 

(3) liove; iXxtxÎTbrvc; , Homère, Iliade, xiii, 685. Sur la connaissance qu*avaient 
las Grecs du nom que leur donnaient « les barbares », on peut comparer les très in- 
téressants passages réunis par Gesenius dans son Thesavrvs philologicvs criticvs lin- 
fvste kebraeae et ehaldaeae Veteris Testamenti (Lipsiae, 1829-1858), p. 587 b. 



(4) I, 143. 




236 



MÉLANGES GRAUX. 



Le rédacteur de ces vieilles généalogies bibliques, où chaque peuple 
est incarné dans une personne, poursuit en ces termes : « Et les fils 
de Yâwân furent Élîschâh (ny^SK), Tarschîsch (Ttf'tf^n) (1), les Kittites 
(d^pd) et les Rôdànites (D^nVi) (2). » Nous croyons reconnaître rÉolide 
{•f\ AlokLii) (3), la colonie ibérienne deTartessus (TotpTYi<j(5;), les Cypriotes 
habitants de Gitium (ol RtrratXoi) (4), les Rhodiens (ol f*<5ôioi). Innom- 
brables sont les identifications qui ont été proposées pour ces termes 
géographiques plusieurs fois répétés dans TAncien Testament, et la 
littérature, qui les concerne, fournirait matière à toute une bibliogra- 
phie. 

La conquête d'Alexandre en 332 av. J.-C. rendit prépondérante 
rinfluence grecque en Palestine. La grammaire hébraïque opposa à 
la domination macédonienne son inflexible résistance, comme précé- 
demment elle Tavait opposée à la domination persane. Mais le voca- 
bulaire recueillit un petit nombre de termes .étrangers importés avec 
des conceptions nouvelles, qui n'avaient point d'équivalent dans la 
langue nationale. C'est la part, pour faible qu'elle soit, des éléments 
grecs dans le livre de Daniel que je veux essayer de dégager et de 
délimiter. 

La date ett le lieu de la composition du livre de Daniel sont fixés 
avec une certitude absolue : c'est un écrit palestinien (5), de 169 ou 
168 avant Tère chrétienne. Gomme dans Ëzra, deux idiomes y alter- 
nent : l'hébreu et le dialecte araméen, qu'on est accoutumé d'appeler 

(1) Le texte des Cht^onxques, I, i, 7, porte Tarschischâh (n^^^Ç), dans le bat 
de faire rimer les noms des quatre fils deux par deux. 

(2) C*est la leçon des Chroniques qui a été substituée ici à celle de la Genèse, oit 
Ton lit les DôdAnit^ ( O^f'n ) . Les Septante et le Samaritain ont déjà eu dans 
la Genèse le texte tel que nous avons cru devoir le restituer, à 1*exemple de 
M. Ed. Reuss et de M. B. Stade, op. laud., p. 9. Et pourtant, dit M. Rêuss, « les 
Dôdànites ont fait penser tour à tour aux Dardaniens ou Trolens, et à Dodone, soit 
aux Illyrient. >t Voir la Bible, 3* partie de VÀncien Testament : CHistoire sainte et 
la loi^ I (Paris, 1879}, p. 331. Ajoutons que dans Ézéchiel, xzvii, 19 et 20, Yiwin 
et Dedàn se suivent à un verset de distance. 

(3) Ce serait Tancien nom de Carthage, d*après M. B. Stade, op. laud,, p. 8 
et 9. 

(4) C*est aujourd*hui la ville de Lamaca. Elle est représentée par soixante^ix- 
buit inscriptions phéniciennes (no 10-87) dans la première livraison, récemment pu- 
bliée, du Corpus InscriptUmuni Semiticarum (p. 35-100). Ézéchiel, .xxni, 6, men- 
tionne les « Uesdes Citiens », W^TO "IJH» 

(5) En dehors du point de vue linguistique, qui est décisif, le contenu du cha- 
pitre fx, relatif à Jérusalem, est fait pour lever les doutes qui pourraient subsitUr i 
cet égard.- 




H. DERENBOURG. — MOTS GRECS DANS DANIEL. 237' 



le chaldéen biblique. Qui plus est, Fauteur n*a point été fàohé d'étaler 
sa science de polyglotte en émaillant son exposition de mots persans 
et grecs. M. Haug a, dans une savante monographie, recherché Téty- 
mologie des premiers (i) ; c'est aux seconds que je voudrais consacrer 
cette courte notice. 

Le roi Nabuchodonosor (i^nD^s^ Neboukadnéssar) avait érigé une 
statue d'or, qui devait être inaugurée en présence de tous les digni- 
taires du royaume. Le héraut chargé de « proclamer avec force » 
lés ordres du roi est nommé m]^"^d kârôzâ\ transcription habituelle en 
araméen du grec xfipu^ (S). Voici les paroles que le héraut prononça 
devant la noble assemblée : « Peuples, nations et langues I Au moment 
où vous entendrez la voix du cor, de la flûte, de la cithare, de la sam- 
boque, du psaltérion, de la cornemuse, en un mot, de tous les instru- 
ments d'accompagnement, vous vous jetterez à terre, et vous vous 
prosternerez devant la statue d'or qu'a érigée le roi Nabuchodo- 
nosor (3). » 

Les sons démodés du kinnôr et du *ougdb, dont la Bible fait 
remonter l'invention presque aux origines de l'humanité (4), ont 
cette fois cédé la place aux accords d'un orchestre exotique, dont 
voici la composition : 

Le cor toig kamff. Le sens propre de ce mot est « la corne n 
d*un animal; il est ainsi employé dans le livre même de Daniel (vu, 
7, 8, 20^ 21, 24). Partout où il a pénétré, il a été ensuite appliqué par 
extension à l'une on l'autre variété des instruments à vent. L'ana- 
logie du grec xipai; (xipoLToi;) peut être invoquée; mais elle a été cer-* 

(1) Dans Ewald, Jahrbûcher der Biblischen Wissenschaft, V (1853), p. 151-164. 

(2) Daniel, iil, 4. Le Terbe dënominatif, qui en a étë tiré par une formatioii tiDute 
•éBÛtiqiie, et qui est fréquent dans le chaldéen des Targoumim (versions de la Bible) 
«t du Talmud, ainsi que dans le syriaque chrétien, est déjà employé dans un 
exemple de Daniel, y, 29 : ^î*pn hakerizou. Le sens est celui du grec xY)pv99tt> , 
• proclamer par la voix du héraut. » 

(3) Daniel, lu, 5. Le u>âw, que j*ai traduit par « en un mot », est souvent ainsi 
employé par Pauteur du livre de Daniel, lorsqu^à la fin d'une énumération il résume 
Us objeu dont il a énoncé le détail. C'est ainsi que m, 2 : MTJ^^D si- 
gmBerait « en un mot, tous les dignitaires du royaume » ; m, 21 : pH^^sSl « en 
«a mot. tous leurs vêtements » ; ni, 27 : >'^3ini « en un mot, tous les con- 
Millm intimes du roi », etc. Un emploi identique de la copule wâw n'est pas sans 
osnpie en hébreu; ainsi Exode, xxii, 9. 

(4) Genê$e, rv, 21. L'activité infatigable de M. Oraetz s'applique à tous les sujets: 
ît vient de consacrer on article étendu au rôle de la musique dans le temple de Jé- 
nttlem. Voir Monatschrift fur Getchichte und Wissenschaft de» Judenihums, 1881, 
>* € et KrHiMcher Commeniar su den Psaimen (Breslau, 1882), I, p. 64 et suiv. 



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238 



MÉLANGES GRAUX. 



tainement contrebalancée par Tusage constant en hébreu de ^^f) 
kérén dans le sens propre de <c corne » (i). La forme latine cornu 
aurait-elle contribué à cette transformation de xlpa^, alors que la plu- 
part des autres noms grecs demeuraient intacts? G*est peu probable; 
car Rome n*est entrée qu'un siècle plus tard sur la scène de TOrient 
juif pour y jouer son rôle habituel de conquête présente et de des- 
truction du passé* 

î"* La flûte KTl^pV'rarD maschrôkUà\ Ainsi que kamâ\ ce mot est le 
résultat d*un compromis entre la racine hébralco-araméenne piv 
schdfri^ <c siffler » et le grec ^pty^. Préfixe et terminaison sont sémi- 
tiques ; mais le corps du mot schrôkî présente avec (rôpiyS une ressem- 
blance d'autant plus frappante que, même dans les noms propres, un 
sckin hébreu (sck) «st toujours Téquivalent d'un sigma grec. Les deux 
versions des Septante et de Théodotion portent Tune et Tautre (r^pty^; 
disons cependant que, d*après une tradition grecque rapportée dans 
VOnonuuticon de PoUux (IV, 9, § 15), ce genre de pipeaux aurait eu 
pour inventeurs deux Mèdes. 

3* La cithare otT)}: katros, avec la variante DTn^fD kilâros (2). L'éty- 
mologie grecque, qu'on a souvent contestée pour les deux premiers 
mots, a été cette fois adoptée généralemenU C'est x(6(xpK, un doublet 
poétique de xi6ip<x (3). 

4"^ La sambuque M33^ sabbekà\ On appelle de même en grec une 
sorte de harpe aa{têuxY), ai(jL6u^ (aà^êuxo;), Ça{i60xY), peut-être aussi 
la{iêOxY). De quel côté est l'emprunt, c'est ce qu'il est difficile de déter- 
miner. Ni Athénée, Deipnosopkistes (rv, 23), ni Strabon, Géographie 
(x, § 17), ne croient à l'origine grecque de cet instrument, qui avait 

(1) Une fois méme{Josué, vi, 5), iét*én désigne une espèce de trompette, à 
c^té du vocable usité en hébreu y^Vûi schôfàr. Dans le chapitre m de Daniel, Ténu- 
mération des instruments revient aux versets 5, 7, 10 et 15, pour quelques-uns avec 
de légères variantes, qui seront relevées à propos de chacun d*euz. Le texte de Da- 
niel vient enfin d*étre publié avec critique par S. Baer (Lipsiœ, 1882), qui textum 
masoreticum accuratissime expressit, e fontibus masorjf codicumque vaHe iUustravit, 
adumbrationem chaldaismi biblici adjecit, C*est à cette édition que sont empruntées 
toutes mes citations de Daniel. 

(2) Tel est le ketlb^ c*est-à-dire la leçon indiquée par les consonnes prises en 
elles-mêmes, indépendamment des voyelles, dont elles ont été pourvues dans les 
quatre exemples de ce même mot, tandis que la Massore préconise les quatre fois la 
suppression du yôd et la vocalisation fatras. Le texte doit être ainsi lu (kerV)^ et 
c^est ce contraste entre la lecture et Torthographe que Therméneutique biblique 
nomme un kerf^kelib « ce qui est lu, ce qui est écrit. » 

(3) Gesenius, ThesavrvSf etc., p. 1215 a, a groupé un certain nombre d*exemples 
araméens, où la terminaison en os a été substituée à une formation grecque en te. 



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H. DERENBOURG. — MOTS GRECS DANS DANIEL. 239 



fiii fortune à Rome sous les mains de séduisantes sambucims et 
mmbucisirùs. En parlant d'elles, Scipion le second Africain dit dans 
Macrobe, Saturnales (III, xiv, 6) : « Docentur prsBstigias inhonestas, 
cuqa cinedulis et sambuca psalterioque eunt in ludum histrionum. » 
Gomme dans Daniel, la sambuque y est jointe à 

5* Le psaltérion ^^^D9 psantêrin. La terminaison en în, qui au 
premier abord rappelle le pluriel araméen, répond généralement à 
la lenpiMÎâon tov dans les transcriptions néo-hébraïques et ara- 
méennes de mots grecs. Ainsi, non seulement pruDS 4'<3iX^piov (1), 
mais encore ^nivP? tanhêdrin (2), ouvéSpvov, ^>*n9i9M tpâpôdin, ôicoic6- 
itov, etc., etc. (3). 

6* La cornemuse iTS^D^d soumpdneyâk (4). C'est le grec <ruii(p(i>v(a, 
qae, du reste, toutes les anciennes traductions ont reproduit avec une 
rare unanimité, aussi bien les Septante que Théodotion, la Yeneta 
que la Yulgate. D'après un fragment de Polybe consei*vé dans Athénée, 
Deipnoiophistes (x, 52), Antiochus Épiphane témoignait une prédilec- 
tion marquée pour cet instrument, à l'époque même où était composé 
le lirre de Daniel. On suppose que la cornemuse avait été nommée 
au}&9Mv(a parce que le son y est obtenu à Taide de deux anches, qui 
doivent produire pour l'oreille une « symphonie » d'accords concer- 
tants (5). 

Kn dehors de n^râ xîipuÇ (mi xtjpûwew) et des six noms d'instru- 
ments de musique, la partie cha^déenne de Daniel (u, 4 b — vu) pré- 
sente quelques mots paraissant provenir de souche grecque. Ce sont 
les suivants : 

a) D|rU9 pilgâm « parole », qui ne se rencontre également que 



(1) L*i) a aatai laissé sa trace dans la variante ]>^Ç3D9 psantértn (v. 7). 

(S) Noos en avons tiré le mot êonhédrin qui est devenu français, et qui ne se rat- 
tache «m grée •w a pio v que par Tent^emise de la forme araméenne. Cette filiation 
s éoÉkappe à M. Tjttré et aussi à son excellent collaborateur pour les « mots d*ori- 
giae orientale », If. Marcel Devic. 

(1) Toute une série de rapprochements de ce genre a été réunie par Oesenius 
Tkemvrvs, etc., p. 1116 b. M. Dozy a constaté que les auteurs ou les copistes arabes 
•ploient également dans leurs transcriptions de mots latins une terminaison M à 
U place de us. Ainsi Romanus serait devenu RomàiUn, Alvitm aurait été transformé 
ta Àhntin. Voir Dosy, Recherches sur l'histoire et la littérature de VEspagne pen- 
4aK le wso^en âge, 3« éd. (ISSl), I, p. i04. 

(I) Ainsi aux v. 5 et 15. Le mot est omis au v. 7; il se présente au v. 10 avec 
«a âetié ^êpfdme^ nXimkeri' M^3910 souppônegd'. 

[Zi PorcelUni, L^xiam t*hius latimtatis, s. v., connaît un instrument nommé sym- 

mm, et compare la sampogna des campagnes italiennes. 




240 



MÉLANGES GRAUX. 



dans Ezra et dans la littérature la plus moderne dlsraël (1), pcul 
être un dérivé de Tancien persan (pehlvi) pcUgam, en persan modi rne 
paigam, peut-être aussi un équivalent du grec oOéyuLix (3) ; 

b) «hrs pef^^k (3), si Ton admet Tinterprétation d'Ewald 4. 
d'après lequel ce mot serait le grec icfraooc « chapeau » ; 

c) M33>on haminekâ\ avec la variante Nd^:!pn kammkâ\$) « collier > , 
évidemment le grec (MivKixY);, avec une aspiration prosthétique qui 
pourrait égarer, si Ton ne possédait d'autre part la forme N^TÇmtît;. 
dans la version chaldéenne de la Bible et dans le Talmud ; 

d) yyo sârekin (6), pluriel seul usité d'un singulier ?po fàni ' 
a préfet, magistrat» ; probablement une réunion de fonctionnain^s 
qui siégeaient toujours ensemble, comme les membres d'un tribunal 
ou d'un grand conseil, ce qui fait penser aux archontes (ipx^^O 
peut-être, si l'on veut expliquer la sifflante initiale, au composé 
«uvipj^ovTtç (7) ; 

e) dahâwân, un fiicaÇ tlpYjjiivov (8) que la Yulgate traduit paf 

(1) Danielt m, 16; nr, 14; Ezra, iv, 17; v, 7, 11; vi. 11; Esther, hïfi; BccU* 
«ùi#/e, Yiu, 11. 

(2) D'après M. Joseph Halévy, Recherches critiques sur l'origine de la civilisé- 
tian babylonienne (Paris, 1876), ce mot répondrait plutôt à «oTCtayiLa, forme do- 
rienne, qu'il suppose pour ^oaraYiia. 

(8) Dante/, m, 21, où le ketlb est pn>#»Ç? petUchéhân et le *erl' ]Vï^ 
patteschéhân, 

(4) Die Propheten des Alten BundeSy 2« éd., III, p. 476. Les Septante et Tanbe 
traduisent par : h leurs tiares », ce qui est analogue. M. Paul de Lagarde tire V^ÇS 
de Pindien pa^iiça^ pattlça. Voir Symmicta^ l, p. 60. 

(5) Celle-ci au keH\ Daniel, v, 7, 16, 29. Les Septante portent A i&cviâxi|; i 

(6) Daniel, vi, 3, 4, 5, 7, 8. 

(7) Haug a expliqué ce mot par le persan. Voir loc, cil,, p. 162. A côté H<' 1« 
forme M3*p sarkà' dans le targoum d*Onkelo8, les targoums de Jérusalem conntii- 
sent le singulier ^31D sarkân « prince, souverain que J. Leyy, ChaldUisches 
Wôrterbuch, II, p. 191 «, compare avec dtpxw^* 

(8) Daniel, vi, 19. Je n'ignore pas que Texégèse moderne est entrée dm 
tout autre voie et qu'on est à peu près d*accorJ pour traduire aujourd'hui : • tt 3ct 
concubines, il n'en laisse point entrer chez lui. w Je citerai, parmi lee partisans 
cette interprétation : Oesenius etC. von Lengerke (1835)*; Hitzig (185#) avecnnel^ 
gère variante (il traduit par Dimen); Kranichfeld (1868); Keil (186h); Ed. ReuM 
(1879). Et pourtant, en dehors de Timportance qu'on doit attacher à des tradocûooc 
presque contemporaines du livre, la comparaison du passage hébreu {Daniel, x, 3} : 
« ni chair, ni vin n'entrèrent dans ma bouche » me fait voir ici également : « Et 




H. DERENBOURG. — MOTS GRECS DANS DANIEL. 241 



cibij les SeptaDte par â$i<T{juxToi, Tarabe par « des mets », et que je pro- 
pose de rattacher à quelque dérivé de la racine ISw « manger », con- 
formément à la tradition des versions, d'autant moins suspecte pour 
Daniel qu'elle est plus voisine de la composition même. 
Sous toute réserve aussi, j'ajouterai à la fin de cette liste 
/) La comparaison qui a été tentée entre l'énigmatique n^u^ nebtz- 
bâh^ employé deux fois et deux fois joint à ^|ng « des présents » (i), 
et le grec y6\t.us\ui « monnaie » avec une permutation d'ailleurs plau- 
sible entre Vm et le b. C'est par « des récompenses » que d'après le 
contexte traduisent anciens et modernes. 

Dans la partie hébraïque de Daniel (i— ii, 4 a et vm— xii), j'ai relevé 
aussi quelques mots, qui sont susceptibles d'être rattachés au grec, 
sans que pour aucun d'eux il soit possible de produire un certificat 
d'origine indiscutable. 

!• Dans les D^OTIS partemîm (i, 3), que l'on rend par « des nobles », 
je crois reconnaître des içp6Tt[i.oi avec Gesenius (2), à moins que l'em- 
prunt n'ait été fait au mot persan de la même racine et de la même 
formation, ainsi que le suppose Ewald (3). 

2* Les x6)k n>9S lapptdê êsch (x, 6) « torches enflammées » sont dans 
la version des Septante des >.a(jLicdèe; itupd*;. lté redoublement du pê 
hébreu corrobore la vraisemblance de l'identité entre v^h lappîd et 
Xûi|txdU (>Aii.icd8o(;). Mais on ne peut nier d'un autre côté la force de 
l'objection qui oppose à cette étymologie l'emploi de VBh lappid à 
tous les âges de la littérature hébraïque (4). C'est peut-être le grec 
« briller » avec tous ses dérivés , qui serait d'origine sémi- 
tique. 

3® U est d'usage de rendre D^JO^p mikmannîm dans nn^n >2iDpo 
^yv] (xi, 43) par «les trésors ». Ainsi ont fait la Vulgate et le 
syriaque; les Septante et l'arabe ont rappelé le sens de la racine 
sémitique kâman en y voyant des « cachettes ». Quant aux com- 
mentateurs modernes, ils sont aussi unanimes pour traduire des 
« trésors » que muets sur leur système de dérivation. J'imagine 

■MU, il n*en laissa point entrer chez lui. » Qu*on n^invoque point contre ce sens 
riantilité de la répétition, après qu'il a été question du jeûne ; ce serait méconnaître 
le stjle prolixe du lirre de Daniel. D'ailleurs, les concubines y sont appelées d'un 

Umt antre nom nanS uhéndh (v, 2, 3, 23). 

(1) Daniel, n,%; v, 17. 

(2) Geschickte der hebraUchenSprache und Schrift (Leipzig, 1815), p. 64. Dans le 
Tkesmrrvs (p. 1135 a), Gesenius est moins affirmatif. Le mot se retrouve (Esther^ 1, 
3; Ti, 9). M. Joseph Halévy Ta également rapproché de icp6xi{&ot, op, laud.^ p. 262. 

(I) Die Propheten, etc., III, p. 470. 

(4) Genèse, xv, 17 ; Exode, xx, 18; Juges, vu, 16, 20 ; xv, 4, 5; Isme, lxii, 1, etc. 

idELAWas ORAUX. 16 



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242 



MÉLANGES GRAUX. 



que pour eux mtkmanmm signiûe des a réserves», comme Thébreu 
DOQçç matmônîm, où le premier radical seul diffère, et comme 

TarabepU^i dhakhffirou. Pour ma part, j'incline à signaler ici un 

phénomène analogue à celui que j'ai décrit plus haut à propos de 
xri^pYlUO maschrôkîta. Peut-être avons-nous de nouveau une for- 
mation sémitique greffée sur un vocable indo-européen. Ainsi que 
devant auptyÇ, le formatif précède cette fois un mot grec, qui me 
semble être x£1|i.y5Xix. Une confusion volontaire ou inconsciente 
avec ^îDD « cacher » peut avoir motivé la substitution du noun hébreu 
au lambda grec dans la syllabe finale (1). 

4"" Lorsque dans Daniel les anciens traducteurs étaient arrêtés par 
un vocable qui ne leur était pas familier, ils faisaient comme les 
premiers épigraphistes : à n'en point douter, ils avaient devant eux un 
nom propre qu'il suffisait de transcrire. C'est ainsi que WStj appadnô 
dans ^à^SH ^Sn« (xi, 45) est devenu ÊçotSavdç des Septante, Apadnus 
de la Yulgate. Le syrien et l'arabe traduisent « dans la plaine », sans 
tenir compte du suffixe possessif. Tout le monde est d^accord aujour- 

d'hui pour comparer l'arabe fadanom et pour rendre l'expres- 
sion par « les tentes de son palais ». Or, le vieux mot paddan, 
qui, dans la Genèse (2), désigne la « plaine » de l'Aramée, paraît avoir 
émigré en Grèce, où il se retrouve dans les formes -ïreSCov et r,ihv 
pour reparaître dans Daniel avec un âléf prosthétique. Je n'hésite 
pas à rapporter le suffixe au complexe entier et à traduire ; v Et il 
dressera ses tentes de la plaine. » 

5° Hitzig, dans son commentaire sur Daniel (3), a comparé le fonc- 
tionnaire inférieur, chargé de veiller à l'éducation et à l'entretien de 
Daniel, ainsi que de ses compagnons, et appelé l?Sï3n hammélsar (i, n) 
ou, sans l'article, mélsar, h Mokoaaôç, laconien Moko<s<s6^. Puis Mo>.ow6ç 
est rapproché de xokocaôç, où est renfermée l'idée de grandeur, comme 

(1) Bien entendu, ^133 kammôn {Isaïe, xxviii, 25 et 27), xuti.tvov, u cumin », ne pré- 
sente qu^une ressemblance accidentelle. Il faut le comprendre parmi ces mots nom- 
breux exprimant des objets naturels, et qui appartiennent au fonds commun des fa- 
milles sémitique et indo-européenne. Gesenius a fait un dépouiUemeDt très exact et 
très complet de la Bible au point de vue de ces concordances antérieures à la marche 
séparée de chaque groupe et de chaque langue. Voir sa Geschichte der hebrûûchen 
Spvache, p. 65-68. M. E. Renan a repris le même sujet dans son Histoire des langues 
sémitiques (4o éd.), p. 204-210, et y a imprimé, comme partout, la marque de son tact 
merveilleux et de sa science encyclopédique. 

(2) XXV, 20; XXVIII, 2, 5, 6, 7; xxxi, 18; xxxiii, i8; xxxv, 9; xlvi, 15; xlviii,7. 

(3) Dos Buch Daniel, dans le Kurzyefasstes exegetisches Handbuch zum AUen Tes- 
tament, p. H et suiv. 



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H. DERENBOURG. — MOTS GRECS DANS DANIEL. 243 



dans rhébreu an rab « grand », qui est ensuite devenu synonyme de 
« maître » (rabbin). Tout cet éciiafaudage est plus habilement que 
solidement construit, et point n*est besoin d'en démontrer la fragi- 
lité (1). 

Peut-être aurait-on pu étendre le terrain de ces minutieuses 
investigations à tout TAncien Testament, en remontant le courant 
depuis Daniel, le plus jeune de tous les livres qui ont été admis 
dans le Canon, jusqu'aux plus anciens documents, comme le chant 
de Deborah, quelques fragments de la Genèse et un petit choix de 
Psaumes. La récolte de mots grecs fût devenue de plus en plus mince, 
et aurait fini par être tout à fait nulle, à mesure qu'on les eût recher- 
chés au milieu d'un hébraïsme plus parfait et plus archaïque. On n'en 
serait pas moins étonné, croyons-nous, des surprises auxquelles con- 
duiraient de telles recherches menées de sang-froid, sans crainte des 
conclusions, avec une sereine et implacable impartialité. L'antiquité 
supposée du Cantique des Cantiques (2) aurait le plus à souffrir d'une 
pareille étude, poursuivie par des savants détachés de tout préjugé 
apologétique (3). Mais, dût-il même être rajeuni de quelques siècles, 
le Cantique en resterait-il moins le poème par excellence de l'amour 
printanier? Le nard de la brune Soulamite en exhalerait-il moins son 

(1) M. Joseph Halévy, op. iaud., p. 262, compare le grec |ivX(rt0p6; a meunier ». 
11 a également proposé une étymologie grecque pour 213X13 patbâg (Daniel^ i, 5, 8, 
13, 13; XI, 26), qu'il rapproche de icoti^syiov^ forme dorienne de icpoofayiov (cf. 
p. 240, note 2). 

(2) Même alors qu*on nie Tauthenticité du Cantique et qu'on se refuse à le con- 
sidérer comme ToeuTre du roi Salomon, on en place d'ordinaire la composition vers 
le X* siècle avant notre ère. D'après nos conclusions, la date ne saurait être anté- 
Hevre à la conquête macédonienne, qui eut lieu en 332. La beauté et la richesse du 
ttjle rappellent celui des psaumes de cette époque, et le Cantique me paraît écrit 
dans les premières années de la domination grecque, à la fin du iv^ siècle avant l'ère 
chrétienne. Sans entrer dans le détail, je citerai p^lÇti^ appiryân {Cantique, m, 9), 
qœ les Septante rendent par Tidentique çopctov a litière », et pardés (ibid,, 
rr, 13) «jardin qui reproduit les consonnes et la vocalisation de icapo8eiffoc. A pro- 
pos du prenûer de ces deux mots, qui existe dans le Targoum sous la forme 
po9ajdnâ\ sans Vdléf prosthétique (Levy, Chaldaisches Wôrterbuch, II, p. 290 a), 
«t dans le Talmud sous la forme écourtée pouryâ\ M. Michael Sachs parle 
de • lliébren moderne du Cantique ». Voir ses Beitraege zur Sprach- und Alter- 
thMm$f0r$chmng. Àus jûdischen Quellen (Berlin, 1852-54), II, p. 69. 

(3) If . Oraets a mené cette démonstration avec une impitoyable rigueur de lo- 
gique dans son livre intitulé : Das Hohelied ûbersetzt und kritisch erlâutert (Leipzig, 
it7l, in-8)- A son Kohélet (Leipzig, 1871, in-8), le même auteur a joint (p. 179-184 
«a appendice qu'il a dénommé Grûcismen in Kohélet. 




244 



MÉLANGES GRAUX. 



parfum enivrant (1)? Tous les amateurs du beau et de lUdéal cesse- 
raient-ils de s'associer à son royal amant pour demander : « Quelle 
est celle qui apparaît comme Taurore, belle comme la lune, pure 
comme le soleil, redoutable comme un bataillon de guerriers (i)?» 

(!) Cantique^ i, 12. Sur T)\ nard « nard » (vxpSo;), voir LAw^AramàtscheP/lan- 
xennam^ (Leipzig, 1881), p. 368. 
(2) Cantique, 10. 

UARTWIG DERENBOURG. 



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NOTES SUR LES ANQENNES IMPRESSIONS 



DES CLASSIQUES LATINS ET D'AUTRES AUTEURS 



CONSERVÉES AU XV^ SIÈCLE DANS LA LIBRAIRIE ROYALE DE NAPLES 



Notre ami regretté Charles Graux, dans le livre qu'il a consacré au 
fonds grec de FEscurial, a merveilleusement montré combien il im- 
porte de déterminer les origines des anciennes collections bibliogra- 
phiques. Le goût passionné qu'il avait pour ce genre de recherches 
m'autorise à dédier à sa mémoire des notes, encore incomplètes, sur « 
une des premières collections de livres imprimés que la France ait 
tirées de l'Italie. Il s'agit d'un morceau de la Bibliothèque des rois 
aragonais de Naples, particulièrement riche en éditions des classiques 
latins, exécutées au xv* siècle dans les principales villes d'Italie. 

Cette Bibliothèque qui jouissait d'une grande et légitime considé- 
ration parmi les lettrés de la Renaissance, fut en grande partie l'œu- 
vre de Ferdinand I", qui occupa le trône de Naples depuis l'année 
1458 jusqu'en U94. Il est possible que Charles VIII s'en soit fait li- 
Uvrer une partie, lors de la conquête du royaume de Naples en 1495; 
nous savons, en effet, qu'il rapporta de Naples et fit déposer au châ- 
teau d'Amboise onze cents livres, imprimés ou manuscrits, les uns 
sur papier, les autres sur parchemin (1). Mais la partie la plus con- 

(1) La (ait est attesté par an inyentaire du mobilier d*Anne de Bretagne, dans 
Uqnel noos lisons : a Et est assavoir que ou dit inventoire, vers la fin, y a urnç ar- 
ticle contenant que plusieurs livres, tant en parchemin que en papier, à la main et . 
ea mosle, tant de esglise que autres, qui estoint ou dit chasteau d'Amboise, ont 
«sté bafllez et livrez par le dit Raymon de Dezest au dit maistre Jehan Benard, 
contenant les dictz livres, en nombre unze cens quarante, de toutes sortes, apportez 
deNapplet, sans estre autrement spécifiez. Desquieulz livres la déclaration sera 
(aicte par le menu ou chappitre des livres. Aussi y a ou dict inventoire ung autre 
iaventoire declairée par le menu, qui sera escripte ou dict chappitre, des livres 
autreffois apportez de Nantes. » (Bibl. nat., ms. français, 22335, fol. 65.) — Un autre 
passage du même document {iàid., fol. 53) promet « la declaracion des... livres en 
latin, £rancoys, italien, grec et esbrieu... appartenans à la royne duchesse...; » 
nalbeureiuement cette déclaration par le menu n*a pas été rédigée, ou du moins 
n*a pas encore été retrouvée. — Quant à' Tinventaire antérieur, auquel fait allusion 




246 



MÉLANGES GRAUX. 



sidérable de la librairie du roi Ferdinand resta entre les mains de 
ses héritiers. Le dernier roi de la dynastie aragonaise, Frédéric lU, 
ia fit transporter en France, où il vint terminer sa vie à Tours, le 
9 novembre 1504. 

Le cardinal Georges d'Amboise choisit dans la collection napoli- 
taine environ iiO volumes, vraisemblablement tous manuscrits, qu'il 
n'eut guère de peine à se faire céder par le malheureux Frédéric, et 
qu'il fit installer dans son château de Gaillon. Il en existe un catalo- 
gue spécial, intitulé : Aultre libmine achaptée pai* momeignevr du roy 
Fédéric. A l'aide de ce catalogue, j'ai pu reconnaître plus de trente 
manuscrits d'une exécution remarquable, qui, après avoir été con- 
servés pendant près d'un siècle à Gaillon, furent déposés au Cabinet 
du roi, au Louvre, du temps de Henri IV, et incorporés sous le règne 
de Louis XV dans les collections de la Bibliothèque royale (i). 

Une portion plus considérable de la librairie de Naples fut vendue 
à Louis XII par la veuve du roi Frédéric» Cette vente, dont le souvenir 
était complètement effacé en France, nous a été récemment révélée 
par la publication faite à Naples d'un journal du cardinal d'Aragon. 
On y voit que, dans une visite au château de Blois, en 1517, le cardinal 
remarqua les livres du roi Ferdinand, achetés, disait-il, de l'infortunée 
reine Isabelle après la mort du roi Frédéric : « Quelli di re Ferrando 
comprati in Franza da la infelicissima regina Isabella do poi la morte 
di re Federigo (2). » Nous n'avons point le catalogue des livres que 
la reine Isabelle vendit à Louis XII. 

J'ai indiqué ailleurs (3) les signes d'après lesquels on peut recon- 
naître, à la Bibliothèque nationale, plus de 256 manuscrits qui vien- 
nent de la librairie de Naples, et dont beaucoup peuvent être cités 
parmi les chefs-d'œuvre de l'art italien du xv* siècle. 

L'amour des princes aragonais pour les beaux manuscrits ne les 
empêchait pas d'apprécier à leur valeur les produits des ateliers typo- 
graphiques auxquels nous devons la plupart des premières éditions 
des classiques latins. Ferdinand P% qui encouragea puissamment l'in- 
troduction de l'imprimerie dans ses États, ouvrit largement les portes 
de sa bibliothèque aux livres imprimés; il en fit recueillir un grand 
nombre, sortis des presses de Rome, de Venise, de Foligno, de Flo- 
rence, de Milan, de Trévise, de Naples, de Mantoue, de Vérone, de 
Padoue\ de Brescia, de Parme, de Vicence et d'Aquila. Un seul détail 

le texte ci-dessus transcrit, il avait dû être dressé à Amboise, au mois de septembre 
1498, « par maistre Jehan Benard, conteroleur, et Raymond de Dezest, bailly du 
dict Heu; » voyez le même ms., fol. 58 v«. Ces textes ont déjà été indiqués par 
M. Le Roux de Lincy, dans la Biblioth. de l'École des Chartes, 3« série, I, 167 et 168, 
et dans Vie de la reine Anne de Bretagne, II, 34. 

(1) Voy. le Cabinet des manuscrits, I, 217 et suiv. 

(2) Ârchivio storico napolitano, I, 114. 

(3) Le Cabinet des manuscrits, I, 238. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 247 



suffit pour montrer quelle était la richesse de la collection : dans les 
débris que nous en possédons, il n*y a pas moins de vingt volumes 
exécutés par les premiers imprimeurs romains, Conrad Sweynheim et 
Arnold Pannartz. 

Plusieurs des volumes imprimés de la librairie de Naples pou- 
vaient rivaliser avec les manuscrits les plus délicats, tant les enlumi- 
neurs mettaient de soin à en décorer les frontispices ! J'en ai remar- 
qué environ 180, dont il m*a paru intéressant de dresser la liste, en 
relevant les particularités qui m'en ont fait reconnaître Torigine. 

J'ai déjà signalé (1) quelques-unes de ces particularités à propos 
des manuscrits de la librairie de Naples ; mais l'examen des livres im- 
primés jettera une lumière encore plus complète sur les caractères 
distinctifs des volumes qui ont appartenu à la dynastie aragonaise. 
Ces caractères sont : 

1. Les armes du roi Ferdinand, soigneusement peintes au bas d'un 
des premiers feuillets; elles consistent en un écartelé : au i et 4, Ara- 
gon ; au S et 3, tiercé en pal, Hongrie, France et Jérusalem. Elles 
sont ainsi figurées dans les volumes n*» 5, 9, H bis, il tet*, 45, 55, 57, 
61.62,75. 86, 91, 109, U\ bis, 127, 129 bis, 131, 132, 143, 145 et 162. 
Dans un volume, le n* 110, l'écartelé est ainsi disposé : au 1 et 4, 
tiercé en pal, Hongrie, France et Jérusalem; au 2 et 3, Aragon. — 
Le mot BGX inscrit dans les n"^* 18 et 163 n'a pas une signification 
moins claire que les armes royales. 

n. Des armes que j'attribue à Alphonse, duc de Calabre, fils du 
roi Ferdinand : écartelé, au 1 et 4, d'argent à la croix de sable, au 
2 et 3 Aragon (n** 17 et 119) ; ou bien encore, écartelé, au 1 et 4, Arai 
gon, au 2 et 3, d'argent à la croix de sable (n*^149). — Alphonse aimait 
les antiquités, comme les livres; le 20 octobre 1483, le cardinal Fran- 
çois de Gonzague lui légua une cornouille sur laquelle était gravée la 
tête de Jules César (2). 

ni. Des armes que j'attribue à un autre fils du roi Ferdinand, le 
cardinal Jean d'Aragon, mort en 1485. Ces armes, qui sont peintes sur 
une dizaine de volumes (les n«* 3, 29, 38, 47, 71, 74, 78, 104, 111, 
140 et 160), consistent en un écartelé semblable à celui du roi : au 1 
et 4 Aragon, au 2 et 3 tiercé en pal, Hongrie, France et Jérusalem ; ou 
bien au 1 et 4 tiercé, au 2 et 3 Aragon. Elles sont timbrées tantôt d'un 
chapeau noir (29, 38, 47, 78, 104 et 140), tantôt d'un chapeau rouge 
(3, 71, 111 et 160). U semble que, dans le n*^ 74, on ait voulu après 
coup passer au rouge le chapeau et les glands, qui avaient d'abord été 

(1) Le Cabinet des manuscrits, I, 218 et suiv. 

(3} m Item jare leg&ti relinquo ill. princîpi et exc. domino domino Alphonso de 
AngoDÎa, daci Calabrite, etc. qoabdam corniolam meam magnam, in qua insculpta 
ett (aciee Jnlii Cmaria. » E. Muntz, le Musée du Capitale, p. 9 (Revue archéologique, 
KBBée 1SS2). 




248 



MÉLANGES GRAUX. 



peints en noir. — Le mot Çardenale, que j'ai relevé sur le n^4, me 
paraît aussi désigner le cardinal Jean d*Aragon. 

lY. Le nom et quelquefois les armes d'anciens possesseurs dont 
les livres arrivèrent entre les mains du roi Ferdinand P' soit par don, 
soit par héritage, soit même par confiscation. En voici la liste, sur 
laquelle figurent plusieurs noms que je laisse aux historiens et aux 
bibliographes italiens le soin d'expliquer plus complètement : 

1* Secretario ou lo Secretario. Il s'agit d'Antonello Petrucci (l), se- 
crétaire et premier ministre de Ferdinand I". Cet homme d'État, qui 
devait son élévation à sa culture littéraire, fut condamné pour crime 
de lèse-majesté et périt misérablement le 15 mai 1487. La notesecte- 
tario se lit sur les volumes 7, 13, 35, 52, 54 bis, 63, 65, 77, 82, 84, 85, 92 
et 136. Sur cinq de ces volumes (n** 13, 35, 65, 77 et 88), on remarque 
un écu d'argent à l'aigle de sable, ce qui constitue sans doute les armes 
d'Antonello Petrucci. Gomme on rencontre également l'aigle de sable 
sur un fond d'argent dans les volumes 30, 118 et 128, je suis porté à 
attribuer ces trois volumes, soit à Antonello, soit à un membre de sa 
famille.— Les notes mises à la fin des volumes 118 et 146, pour rap- 
peler que « Johannes Antonius Petrutius, cornes Policastri », avait lu 
l'histoire de Tite-Live et les lettres de Pline, sont [Probablement d'un 
fils d'Antonello ; la note inscrite à la fin du Pline est du 7 novem- 
bre 1481. 

2^ Gransenescarco. Cette note, que j'ai relevée dans les volumes 11, 
13, 34, 54, 134 et 165, désigne le grand sénéchal Pietro di Guevara, 
qui, lui aussi, fut accusé d'avoir conspiré contre l'autorité de son 
maître. 

S'» Gelormo d'Abroso. — 88. 

4* Message Alexandro ou Messere Alexandro Veneceano. — N** 57, 
162. 

5" Duca de Amerfe.— N* 142.— Le duc de Melfi est indiqué par les 
historiens comme ayant pris part à la conspiration d'Antonello Pe- 
trucci. 

6° Duca d'Asscolo. — 56, 150. 

7« Cont. de Camula, Comii. de Carinula. — 44, 51, 83. — Le 
comte de Carignola était un fils d'Antonello Petrucci. 

8^ Cont. d. Ducente, Lo conte d. Docent, — N»« 6, 8, 12, 41, 121. 

9« Messere Lanczalao, — 88. 

10* Mess, Johan Lxrino. — 54 bis. 

(1) Entre autres témoignages des goûts littéraires d* Antonello Petrucci, je ci- 
terai une phrase de la dédicace que Giuniano Maggio mit, en 1475, au commence- 
ment de son grand dictionnaire : u Antonelli quoque Petrucii, clarissimi honestis- 
tt simique viri, secretarii tui, hortatu ad hoc ipsum me contuli, quem litterarum 
n erudita peritia non minus reddidit prœstantem, quam incredibilis singuUrisque 
m prudentia magnum efTecit et illustrem. » 




L. DELISLE. ANCIENNES IMPRESSIONS. 249 



11* Prencepe d. Vesengnano ou Vîsengnano. — N" 141, 154, 155, 
156. — Girolamo Sanseverino est encore un des personnages qu'on 
accusa d'avoir trempé dans la conspiration d'Antonello Petrucci. 

V. Le mot Iniitulato, suivi d'un nombre en chiffres arabes, puis 
de la lettre f, et d'un second nombre également en chiffres arabes. 
Ainsi : Intiltdato ^9 f. 57 dans le n' 73; — Intitulato 59 f. 39 dans 
le n» 61 ; — Intitulato 59 f. 79 dans le n» 8H; — Intitulato 74 f. 4^^ 
dans le n* 62; — Int. 94f.85 dans le n» 67. 

YI. Des cotes ou des notes mises par des mains italiennes et rap- 
pelant : 

Soit on numéro d'ordre ou de placement : xx//, dans le n^ 46 ; — 
/ tab. F, dans le 12; — II tab. xviii^ dans le n® 4; — primo almario, 
dans le n* 127. 

Soit une division bibliographique : Jus civile (n® 6). — Morali 
(n* 88). — Vulgari no xriiu (n® 163). — Vulgari theologi no xviin{n? 165). 

— Vulgari historici no xiii (n~ 157 et 158). —A li vurgale (n" 23 et 42). 

— Ad grammalicam attinet (n* 54 bis). 

Soit un titre d'ouvrage : 3 Constituciones rengni (n* 6). — Decama- 
ron (n* 23). — Oratione de Tullio (n* 33). — 8 Constituciones rengni (n° 41). 

— La Commedia d. Dante (n* 42). — Lusio Fiore (n* 52). — Comento dele 
pisiole de T. Petrus de MoVnis (n» 67). — Colibeti de Scoto. Petrus de 
Molinis (n* 76). — Questiones sancti Thome de veritate. Joan Marco (1) 
(n* 145). 

YII. Des cotes tracées probablement par une main française et 
composées d'un nombre en chiffres romains, soit seul, soit précédé de 
la lettre A ou de la lettre 6, et généralement suivi d'un parafe ayant 
une certaine analogie avec un grand 8 ouvert par le bas. On peut rat- 
tacher ces cotes à trois séries, et les tableaux suivants font voir par 
quels volumes imprimés se trouve représentée à la Bibliothèque na- 
tionale chacune des trois séries (2) : 

(1) Il B*agit sans doute d^un écrivain célèbre du xv* siècle, Oiovanni Marco Ci- 
aieo di Pal ma, sur lequel on peut consulter le Cabinet des manuscrits, III, 360. 

(2) J^ai indiqué dans le Cabinet des manuscrits (I, 224) la place qu'occupent dans 
ces mêmes séries une vingtaine de manuscrits conservés à la Bibliothèque natio^ 




250 



MÉLANGES GRAUX 



Première série. 





... 36 




. . 104 


CLXY.. . . 


• 




... 66 


IIII"XIII.. . 


. . 27 


CLXVIII. . . 


. . 119 


XXVIII. 


. . . 73 


IIII"XVIII. . 


. . 102 


CLXXVI. . . 


. . 31 




... 161 


IIII"XV1II. . 


. . 159 


CLXXIX. . . 


. . 108 


XXXI. 


. . 99 bU 




. . 83 


ciin"iii. . . 


. . 46 




... 126 




. . 54 


cini"mi.. . 


. . 168 




. . . 3o 




. . 143 


CUI1"VI. . . 


. . 156 




... 30 




. . 163 


CIIII"VII.. . 


. . 65 




... 32 




. . 19 


ciiii"vin. . 


. . 128 




... 28 




. . 144 


cnii"ix. . . 


. . 14 




... 81 




. . 145 


CIIII"XI. . . 


. . 62 




... 123 




. . 47 


ciiii"xn . . 


. . 6 




... 49 




. . 113 


ani»xiiii. . 


. . 139 




... 93 




. . 117 


CCI ou II«. . 


. . 61 




... 97 




. . 37 


ii^^iiii.. . . 


. . 57 




... 13 


CIVIL. . . 


. . 69 


n^xLix. . . 


. . 110 




... 99 




. . 129 


ii«Lvni. . . 


. 26 bis 




... 115 




. 79 


1I«LXVI. . . 


. . 71 




... 96 




. . 80 


II^^LXX. . • 


. 129 6is 




... 95 




. . 138 


II^LXXVII . . 


. . 44 




... 68 




. 72 


I1«LIXIX. . . 


. . 3 




... 92 




. . 1 


II«IIII"II . . 


. . 106 




... 136 






I1«UII"V.. . 


. . 2 




... 48 




. . 123 


ii«nii"x.. . 


. . 84 




... 7 




56 


1I« llll" XI. . 


. . 107 






CLXII.. . . 


. . 169 








... 54 




. . 150 







Deuxième sétne. 









34 


LXXIII.. . 


. . 9 




. ; 24 




. . 43 


LXXIII.. . 


. . 85 




. . 4 




. . 124 


LXXVI. . . 


. . 17 




. . 155 


XLVIII.. . 


. . 16 


LXXVII. 


. 63 6ts 




. . 29 






LXXIX. . . 


. . 12 






LV. . . 


. 113 5ts 


IIII"II . . 


. . 141 




. . 90 




. . 74 


IIII"X.. . 


. . 39 


XXIIII. . . 


. . 116 




. . 41 


ini"xiii. . 


. . 88 




. . 59 




. . 154 


III1"XV. . 


43 bis 


XIVII. . . 


. 21 et 22 




. . 164 


iin^îxvii. . 


. • 50 


XXXVI. . . 


. . 67 






IIII^XIX. . 


1 1 quater 


XXXVflI. . 


. . 121 




. . 53 







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L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



254 



Troisième série. 



Bi. . . . 








LXIIII. . . . 


. 105 






XXVIH.. . . 


. 26 


LXIX 


. 112 








. 89 


LXXIf. . . . 


. 114 






XXXII. . . . 


. m 


LXXVII. . . 


. 151 






XXXVIII. . . 


. 70 


IIII"IIII. . . 


. 160 


XV.. . . 


. . 10 


XXXIX. . . . 


. m 


IIII"IX. . . 


18 


XXI. . . 


. 25 et 40 






III1"X.. . . 


. 166 










im^xviii. . 


. 63 















Vill. Une note en latin, indiquant la place du livre sur les tables 
d'une bibliothèque. Voici quelques-unes de ces notes : Tabula juris 
civilis in medio liber XII (n» 6). — Tabula juris civilis ad terram; sunt 
die due (n*» 41).— Tabula eloquentie m medîo, liber F/(n« 100).— Tabula 
eloquenite in medio liber XIIII (n*» 54 bis). — Tabula eloquentie in medio 
ad terram; sunt alie (n** 35). — Tabula poetice ad terram; sunt alii 
(n* 167). — Tabula poetice in medio liber XXV (n« 101). — Tabula philo- 
sophie liber VI {n^ 26 bis). — Tabula II philosophie liber VII (n<» 11 tei^). 
— Tabula II philosophie liber X (n« 29). — Tabula historié III versus 
hostium ad terram liber XXI (n» 1 52).— Tabula historié III versus hostium 
in medio Uber XX (nM33). — Tabula historié in medio versus hostium 
Hber VI {n« 43 bis). — Tabula artis militaris II II versus fenestram in 
medio liber VIIII (n* 119). — Tabula artis militaris Illl ad ten^am; 
suni alii (n* 123). — Tabula artis militaris IIII ve7'sus fenestras ad ter- 
ram pro historia; liber est alius (n« 79). — Tabula I medicine liber XIII 
(n* 92). — Tabula II medicine libe?* XXIX (n« 115).— Ces notes se rap- 
portent sans doute au placement des livres dans la librairie de Blois (1) 
au temps de Louis XII. Elles peuvent, dans tous les cas, donner une 
idée du plan suivi vers le commencement du xvi' siècle pour ranger 
les livres dans une bibliothèque. On en jugera par le relevé suivant, 
dans lequel j'ai essayé de grouper les indications relatives à chacune 
des grandes divisions mentionnées : 

Tabula juris civilis in medio. — 6, 14, 16. 

— ad terram. — N» 41. • 

Tabula eloquentie in medio. — N«» 14 bis, 37, 100. 

— ad terram. — N" 33, 36, 130. 

— iii média terra. — N« 34. 

— in medio ad terram. — N* 35. 

(1) Une main, qui parait contemporaine du roi Louis XII, a tracé le mot BLOYS 
» les hm 16, 164 et 165. 



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252 



MÉLANGES GRAUX. 



Tabola poetice in medio. — N<» 88, iOi, 103. 

— ad terrain. — 65, 84, 167. 

— in terra. — N~ 87, Ul. 
Tabula philosophie. — N<» 26 bis. 
Tabula n philosophie. — N<»* ii ter, 29. 

Tabula hbtorie III versus feoeslram in medio. — N<* ill. 

— versus hoslium in medio. — N<» 5, 21, 22, 43 bis, 80, 433, 

136, 137. 

— versus hostium ad terram. — N*» 51, 63, 81, 91, 12!, 

152, 160. 

Tabula artis mililarisin média. — N<» 27, 161. 

— IIII ad terram. — N« 123. 

— IIII versus fenestram (1) in medio. — N** 50(2), 119, 

120, 120, 135, 146-148, 153. 

— IIII versus fenestram in terra. — 52, 79 (3), 134. 
Tabula I roedicine. — N«» 92. 

— n — N« 115. 

Peu des volumes que j*ai reconnu avoir fait partie de la librairie 
de Naples ont conservé leur reliure originale. J'en puis cependant 
signaler plusieurs, et notamment les Décrétâtes et le Sexte, qui sont 
décrits plus loin, sous les n®' 58 et 25 ; ces deux volumes sont revêtus 
d'une peau estampée avec ornements dorés d'un assez bon effet Au 
temps du roi Ferdinand, le soin de faire relier les livres de la Biblio- 
thèque royale était confié à Baldassarre Scariglia (4), et c'est peut-être 
à ce bibliothécaire qu'il faut attribuer les notes consignées dans trois 
volumes pour avertir le relieur de la façon dont il devait accomplir sa 
besogne (5). 

La plupart des livres de Naples ont été reliés à neuf depuis leur 
entrée à la Bibliothèque du roi, quelques-uns du temps et auxarmesde 
Henri II, beaucoup en maroquin rouge sous le règne de Louis XIV. 
Les relieurs français en ont rogné les marges et enlevé une partie des 
anciennes gardes, ce qui a fait souvent disparaître les marques de pro- 
venance. Voilà pourquoi la liste que j*ai dressée n'est pas plus consi- 
dérable. J*aurais certainement pu la grossir d*un assez grand nombre 
d*articles, si je ne m'étais pas fait une loi d*en exclure tout volume qui 
n*offrait pas une preuve matérielle de son origine napolitaine ; mais je 
suis persuadé que presque toutes les impressions italiennes du xv* siè- 
cle qui se trouvaient dans Tancien fonds du roi, tel qu'il fut inventorié 

(1) Quelquefois fenestras. 

(2) La note du 50 ajoute, après in medio, les mots pro historia. 

(3) U y a pareillement dans la note du n» 79 les mots pro historia après ad 
terram, 

(4) Voyeî Camillo Minieri Riccio, Cenno storico délia Accademia Alfonsina (Na- 
poli, 1875, in-8), p. 2 et 11. 

(5) Le texte de ces notes est transcrit plus loin, articles 25, 58 et 99 bis. 



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L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



253 



en 162^ par Nicolas Rigault et en 1645 par les frères Dupuy, venaient 
de la collection dont les principaux volumes furent cédés à Louis XII 
par Isabelle, la veuve du roi Frédéric III. 

1. La Marguerite poétique d*ALBERt d'Eyb. 

Souscription finale : c< Summa oratonim omnium , poœtarum , hystorico- 
rum ac philosophonim, || auloritates in unum colleclœ per clanssiraum 
Tinim Albertum de Eyb, || ulriusque juris doctorem eximium, quœ Margarila 
pocelica dicitur, fœH||ciler ûnem i^depla est, anno a nalivitale Domini mille- 
simo quadringente||simo octuagesimo, décima quinta mensis Julii. » 

In-folio. — N* 6822 de Hain. 

Au haut de la première page préliminaire, la cote C xliii. — Sur la page 
blanche qui précède, la note Tabula paeiice in medio || liber XVI. 
S* Z 1727 du catalogue. 

2. Ouvrage d'AiBERT le Grand sur les animaux. 

Souscription finale : « Hoc presens Alberti Magni de rerum proprie ta||tibus 
opus impressum per egregium virum || dominum Simonem Nicolsii de Luca 
httjus la||boratorii dum Rome anno Domini millésime \\ CGCGLXXVIII, ponti- 
ficalus Sixti anno VU, die vero secun||da mensis Aprilis. || Finis Alberti Magni 
de animalibus. » 

In-folio. — N« 545 de Hain. 

Au haut de la première page la cote ii^iiii^^v. 

N* R 147 du catalogue. 

8. Ouvrage d'AiBERT le Grand sur les animaux. 

Souscription finale : « Finit féliciter opus Alberti Magni philoso||phi de 
animalibos, et impressum Mantue per || Paulum Johannis de Butschbach ala- 
manum, || Maguntinensis'diocesis, sub anno Domini mille ||simo quadringen- 
tessimo septuagesimo nono, die || vero duodecima Januarii, régnante ibidem 
felilcissime illuslrissimo domino domino Friderico de || Gonzaga marchione 
terdo. » 

In-folio. — N<» 54G de Hain. 

La première page du texte est soigneusement enluminée; au bas de cette 
page, les armes du cardinal d'Aragon. — Sur le premier feuillet de la table 
préiiminaire, là cote ii^xix. 

N* R 146 du catalogue. 

4. Commentaire d*AMEROiSE de Gora sur lafègle de saint Augustin. 

Souscription finale : « Finis conunentariorum super canone divi Aurelii 
AagusUni, || omnium doctorum parentis, a révérende pâtre Ambrosio theo||logo 
Chorolano, civi Romano, uuiversi (sic) ordinis Eremilarum Sanc||li Augustini 
prière generali, editoris (sic) et impressoris Rome, a magistro || Géorgie Herolt 
de Bamberga, divo Sixto quarto ponlifice maxime se||denle, anno IX sui 
pootificatos, die octava Decembris MGGGGLXXXI. » 

In-foHo. — N« 5683 de Hain. 




254 



MÉLANGES GRAUX. 



Au commencement, sur le recto d'un feuillet de garde, le moi cardenak et 
la cote 11 ta. xviii. — Au bas de ravantrderuîer feuillet, la cote A vin. 
Reliure originale, en bois recouvert de cuir noir estampé. • 
N« H U5 de Tinventaire de la Réserve. 

5. L'Histoire d*AifMiEN Marceltjn. 

Souscription finale : « Ammiani Marcel Uni irapressio hystoriographi dignis- 
simi II Rome facta est, totius orbis terrarum reginœ olim et imperatricis, || 
arte maiima et ingenio per dignissimos impressores Georgium || Sachsel de 
Reicbenhal et Bartbolomeum Golsch de Hohenbart, || clericos, anno Do- 
mini MCCCCLXXIIII, die vero VII || Junii mensis, pontlûcatu vero Sixti divina 
providentia pape j| quarti, anno ejus tertio. » 

In-folio. — N«» 926 de Hain. 

La première page du texte est soigneusement enluminée; sur la niar^e 
inférieure, on y a peint les armes du roi Ferdinand. — Au haut du feuillet 
préliminaire, qui contient l'épltre de A. Sabino, se lit la note : Tabula kislo- 
rix III versus hostium || in medio, || liber XIX. — Au bas de la dernière page 
du texte, la cote iiii"x. 

J 352 de Tinventairè de la Réserve. 

6. Apparat d*ANDRÉ dlsERNiA sur les constitutions du royaume de 
Sicile. 

Souscription finale : u Ëzplicit apparatus compositus per eximium || legom 
interpretem ac doctorem celeber||rimum dominum Andream de Ysemia super | 
constitucionibus regni etc. jj 



Hoc Martinus opus mire fecit (sic) ordine condi 
Sumptibus et cartis bibliopola suis. 

Sistus hoc impressit, sed bis tamen ante revisit 
Egregius doctor Petrus Oliverius. 

Ai tu quisquis émis, lector studiose, libellum 

Letus emas, mendia nam caret istud opus. 



Neapoli sub Ferdinandi || régis invictissimi aureo || seculo et augusta pace 
Il MCCCCLXXII. » 

In-folio. — N« i 6248 de Hain. 

Au commencement, sur le recto d*un premier feuillet laissé en blanc, on 
lit ces mots : lo conte d. Docent. — Jus civile ; et sur le verso de ce même 
feuillet : 3 constituciones rengni. — Au haut de la première page du ieiie : 
Tabula juris civilis in medio : \\ liber XIL — Au bas de la page qui contient 
la souscription rapportée ci-dessus se voit la cote C iiii"xii; d!où Ton peut 
supposer que l'exemplaire n'a jamais renfermé le Répertoire à la fin duquel 
est le nom de « Sixtus Riesinger », 

N« F 638 de l'inventaire de la Réserve. 

7. La Somme des confesseurs, par saint Antonin. 

Souscription finale : » . . . Qui me scribebat Ge. Lauer nomen habebat, h 
Rome versatus tune, sed Herbipoli natus. || Anno milleno quater C. Sep. que 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



255 



(quoque?) deno ||Bis uno juncto, sed mense subfebruo, || sub quarto Sixto pon- 
tifice zeraphico ». 

In-qaarlo. — N<» 1174 de Hain. 

Au bas de la dernière page la cote nii^vi. — Au haut du recto du feuillet 
blanc qui est en tête, le mot Secretario» 
N* D 5069 de l'inventaire. 

8. Le Confessionnal de saint Antonin, en italien. 

Titre mis en capitales rouges sur la première page : « Omuis niortaliuni 
cura. » 

Souscription finale : « Finis libri Gonfessionalis beati Autouini archi||epi- 
scopi Florentini, stempati Neapoli per Jo||hannem Adam de Polonia, cum lit- 
teris et in||strumentis nobilis vin Nicolai Jacobi de Luci||feris de Neapoli*, sum- 
ptibus vero ac impensis || ntriusque eorum mutuis, die prima Februarii, || anno 
salutis millesimo GGCGLXXYIII, fœliciter. || Laus Deo. » 

In-quarto. — N» 1222 de Hain. 

En tète de la première page : cont, d. DucerUe. 

fs* D 5077 de T inventaire. 

9. Tradaction d'AppiEN par Pier Gandido. 

Souscription finale : « Explicit Gelticœ historiœ liber perbrevis, Laus im- 
mortali Deo. 



Hic est Alexandrinus Appianus, 
A Gandido, lingu» latinœ patrono, 
Romanus ; hune impressit et Vindelinus, 
Qaem Spira nobilis parens Dœdalei 
ProdQxit ingeni faceti lœpidique. 



Carmen est Raphaelis Zouenzonii Istri poetae. || MGGGGLXXII. » 
In-folio. — N« 1306 de Hain. 

La première page du texte est soigneusement enluminée ; la marge infé- 
rieure contient les armes du roi Ferdinand. — A la fin du volume, la cote A 

LXXIII. 

N* J 183 de r inventaire de la Réserve. 

10. La première partie de rHistoire d*AppiEN, traduite en latin par 
Pier Gandido. 

Souscription flnale : «Appiani Alexandrini sophistœ Romanorum liber 
finit 8 qui Gellicus inscribitur. Traductio P. Gandidi. || Impressum est hoc 
opns Veneiiis per Bemardum Picto||rem et Erhardum Ratdolt de Augusta, 
ma com Petro || Joslein de Langencen, correctore ac socio. Laus Deo. || 
M.CCCC-LXXVIL » 

Grand in-qaarto. — 1 307 de Hain. 

Au haut de la première page du volùme, la cote B xv. 

N* J ISi de r inventaire de la Réserve. 




256 



MÉLANGES GRAUX. 



11. La seconde partie de THistoire d*AppiBN, traduite en latin par 
Pier Gandido. 

Souscription finale : « Appiani Alexandrini sophistœ Romanonim liber 
finit U qui Mithridaticus ioscribitur. Traductio P. Candidi. || Impressum est 
hoc opusVenetiis par Bernardum Picto||rem et Erhardum Ratdolt de Augusta, 
una cum Petro || Joslein de Langencea, correctore ac socio. Laus Deo. || 
MCCCCLXXVII. >» 

Grand in-quarto. — «307 de Haio. 

Au bas de la dernière page du volume, qui est restée en blanc, se lit le nom 
Gransenescarco. 

J 187 de rinventaire de la Réserve. 

11 bis. Œuvres d'AaiSTOTE, commentées par Averroès; édition 
donnée àPadoue, de 147S à 1474, par Lorenzo Ganozzo de Lendi- 
nara. Premier volume. 

A la fin de la première partie de ce volume on lit la sonscription suivante: 
« Nove translationi de phjsico auditu et veteri, ab || Averoi Cordubensi com- 
mentâtes summi Aristote!|lis philosophi, ex Stragjra Grecie oppido, Nicoma-|| 
chi raedicine artis professoris fllii, Deo favente finis impositns est. » Cette 
partie correspond au i683 de Bain. 



Le second feuillet de ce volume a été soigneusement enluminé ; au bas 
de la page sont peintes les armes du roi Ferdinand. 
N« R 356 de Tinventaire de la Réserve. 

11 ter. Œuvres d*ARiSTOTE, commentées par Averroès. Second 
volume. 

Souscriptions relevées à la fin des différentes parties de ce tome U : 
fo u Nove translationi librorum de celo et mundo sive de motu || et veleri, 
ab Averoi Cordubensi commentate, summi pbi||losopbi Ari., ex Stragyra Gre- 
cie oppido, Nicoma||chi medicine artis professoris filii, Deo favente maximo, (| 
finis impositus est nobilis Vincentini Joannis Pbi||lippî Anreliani et fratrom 
impensa, opéra vero atque || ingénie Laurentii Canozii Lendenariensis, im^ 
preOsse Patavii anno Cbristi optimi MGCGGIII et LXX, m nonas Marcii. » 
(Hain, n. 1691.) 

29 u Nove translationi librorum de generatione et corru||ptione, ab Averoi 
Cordubensi commentate, summi || philosopbi Aristotelis ex Stragyra, Grecie 
oppido. Il Nicomacbi medicine artis professoris filii, Deo ojlptimo maximoque 
favent^ finis impositus est, nobilis || Vincentini Joannis Pbilippi Aurelianiet 
fratrum impen||sa, opéra vero atque ingénie Laurentii Canozii || Lendena- 
riensis, impresse Patavii, anno Cbristi || optimi M CCCC IllI et LXX, quarto 
decimo kalen||das Julii. v (Hain, n. 1691.) 

3« « Nove translationi librorum metheororum jj et veteri secundum quar- 
tum librum solum, ab Ave||roi Cordubensi commentate, summi phiio||sophi 
Aristotelis ex Stragyra, Grecie || oppido, Nicomacbi medice artis pro||fessoris 
filii, Deo optimo maximoque fa||vente finis impositus est, nobilis Vincentini |! 



In-folio. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 257 



ioannis Philippi Aareliani et fratrum iin||pensa, opéra vero alque ingenio 
Lau||rentii Canozii Lendenariensis, împresHse Patavii anno Ghristi optimi |i 
MCCCC quarto et LXX, octaTO kalendas Julii. » (Hain, n. 1696.) 

4* « Nove translationi librorum metallphysice etyeteri, ab Averoi Cor||du- 
bensi commentate, sommi philo||8ophi Aristotelis ex Stragyra Gretie oppi||do 
Nicomachi medicine artis proUfessoris filii, Deo fayente maximo, fi||nis im- 
positus est, nobilis Vincen || tini Johannis Pbilippi Aureliani et || fratrum 
impensa, opéra yero atque || ingenio Laurentii Canozii Lendena|| riensis, 
impresse Patayii, anno Cbri||9ti optimi MCCCC III et LXX, m kalendas Fe- 
braarii. » (Hain, n. 1738 et 1739.) 



Au bas de la première page du texte sont peintes les armes du roi Ferdi- 
nand. — Sur un des feuillets blancs qui sont en téte du volume se lit la note 
Tabula II philosophie Hber VIL 

N« R 3.57 de l'inventaire de la Réserve. 

11 quater. Philosophie naturelle d*ARisT0TE. Voyez plus loin, 
p. m. 

12* Traduction du Commentaire sur les épi très de saint Paul, 
attribué à Athanase. 

Souscription ûnale : « F. Cristoforus de Persoua, Romanus, prier Saucte 
Balbins de || Urbe, traduxit anno Domini MCCCCLXIX, pontificatu || Pauli 
pontificis maximi anno quinto. Et per ingeniosum || virum magistrum Udalri- 
cum GaUum, alias Han, alamanum || ex Ingelstat, civem Wienensem, non 
calamo ereove stilo, sed no||ve artis ac solerli industrie génère Rome impres- 
sum anno in||camationis dominice MCCCCLXXVII, die vero xxv mensis 
Jaijnuarii, sedente Sixto divina providentia papa IIII. » 

In-folio. — 1902 de Bain. 

Au haut de la première page imprimée, la cote A lxxix. — Sur le recto 
de cette page, le nom cent. d. Ducent. et la cote I Tab, V. 
N« C 282 de l'inventaire. 

18. La Cité de Dieu de saint Augustin. 

Souscription finale : « Aurelii Augustini doctoris || egregii atque episcopi 
Ypponensîsdecivilltate Dei liber vicesimus secundus explicit || contra Paganos. 
Snb anno a nativitate || Domini M CCGCLXVII, pontiflcatus || Pauli papee secundi 
anno ejos tertio, || tertio régnante Romanorum imperatore. || Frederico, indi- 
ctiooe XV, die vero || duodecima mensis Junii. || Deo gratias. || God. || Al. » 

In folio. — 20^6 de Hain. 

Exemplaire enluminé avec soin. — Au bas de la première page du texte, 
éca d'argent chargé d'un aigle de sable. — Au haut de la première page des 
feuillets préliminaires, la cote lxvi. 

La reliure en maroquin rouge aux armes du roi, qui date de la fin du 
xvin* siècle, a dA faire disparaître d'anciennes gardes sur lesquelles Boivin 
avait lu le mot Secretario, et la note : Ce livre ci appartient au roy François 
premier de ce nom, 

C 476 de l'inventaire. 

mélamois oraux. 17 



In-folio. 




258 



MÉLANGES GRAUX. 



. Un second exemplaire (n? G 477 de 1* inventaire) se termine par nue note 
manuscrite très curieuse, qui est ainsi conçue : «Hune librum de civitaleDeil) 
emitsibi et Georgio nepoti || suo Leonardus Dathus, episcopus || Massanus,de 
propria pecunia, aureis || octo et grossis duobus papalibus, ab || ipsis Theuto- 
nicis Romœ commorantibus, || qui bujusmodi libros inuumeros non scri||bere 
sed formare soient, anno || salutis MGCGGLXVII^, mense || novembrio. » 

14. Commentaire de Bartole sur le Gode. 

Souscription finale : « Explicit lectura super Godice édita per ||.dominiim 
Bartbolum de Saxo Ferrato || famosissimum legum doctorem, anno || 



Sixtus Riessinger. » 

In-folio. — 2539 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la note C iiii^ix. — Au bant de la première : 
Tabula juris civilis in medh \\ liber VIIIL 
N<> F 456 de l'inventaire de la Réserve. 

16. Commentaire de Bartole sur les trois derniers livres du Code. 

A la ûn du volume : « Et sic est finis bujus lecture || trium liberorum (sic) 
Codicis D. B. || Sixtus Riessinger. » 
In-folio. - - N« 2556 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé. — En marge de la première page 
est la note B xui. — Au bas de la même page sont peintes des armes : bandé 
• de sable et d'or^ avec un grand I et une flècbe en sautoir. 
F 91 de rinventaire de la Réserve. 

16. Commentaire de Bartole sur la première partie du Digeste 
vieux. 

Souscription fmale : «Explicit lectura domini Bartoli de Saxo Fer||raU) 
super prima parte Digesti veteris. Deo gratias. 



Sixtus Riessinger. » 

In-folio. — 2579 de Hain. 

Au haut de la première page la cote A xlviii et les mots In tabula juris 
dvilis in medio \\ liber I, 

F 451 de l'inventaire de la Réserve. 



M.CCCC.LXXI. 



Quas cernis mira Sixtus Theotonicus arte 

Parthenope impressit composoitque notas, 

Ut que vel magnis namerosa volumina haberi 

Sumptibus haud poterant copia larga foret. 



Quisquis émis, mira Sixtus theotonicus arte 
Impressit libros composuitque novos. 

Hos bonus et prudens doctor jurisque peritus 
Corrigit Aputheus nobilitate paris. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



17. La Défense de Platon par Bessarion. 
Souscriplioo ûnale : 



tt Aspicis illustris lector quicunque libellos» 

Si cupis artificum nomina nosse, lege. 
Aspera ridebis cogoomina teutona; forsan 

Mitîget ara musis inscia verba virum. 
Conradus Suuejnheym Araoidus Pannartzque magistri 

Rome impresserunt talia multa simul. 
Petras cum fratre Francisco, Maximus ambo, 

Huic operi aptatam contribuere domum. » 



In-folio. — N» 3004 de Hain. 

La première page du texte est soigneusement enluminée; au bas de cette 
page sont peintes des armes que je crois pouvoir attribuer à Alphonse, duc de 
Caiabre, flis du roi Ferdinand : écartelé, au i et 4, Calabre, d'argent à la croix 
de sable; au 2 et 3, Aragon. — A la fin du vplume est la cote A lxxvi. 
R 24 du catalogue. 

18. Première partie de la version italienne de la Bible. 

Souscription ûnale : « Finita e la Biblia vulgare, a laude del omnipoten||te 
Oio et de la sua madré virgine Maria, et a con||solatione dele genti, rubricata 
per me fratre Ma||rino de Venetia, del ordine de Predicatori, delà sa||cra 
pagina humile professore, sequendo la expo||sitione de Nicolo de Lira et deli 
altri doctori, de||chiarando summarie quello che contengono li || capituli, 
^anto la brevita dele rubriche patischo||no, in Venetia impressa, da maestro 
Antonio Bo||lognese, régnante Sixto quarto pontiflce ma||ximo, ac Andréa 
Yendramino incly to principe || imperante, nel M CCCC LXXVil. » 

In-folio. — No 3151 de Hain. 

Au haut de la première page, contenant le registre du volume, se lit la 
cote B urt*»ix. — Sur la page blanche qui est à la fin, le mot rex, 
N» A 357 de l'inventaire. 

19. Seconde partie de la version italienne de la Bible. 

Souscription finale : « Finisce la Biblia, spécule delà christiana fede, || dili- 
gentemente correcta et emendata, et in Ye||netia con summa vigilantia de 
maestro Anto||nio Bolognese impressa, Sixto quarto ponti||flce maximo ré- 
gnante, ac Andréa Yendramino || inclyto principe. M CCCC LXXVIL » 

In-folio. — N« 3151 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la cote C vii. 

N« A 337 de Finventaire. 

20. Version italienne de la Bible. 

Souscription mise à la fin de la première partie : « Ad || laude de Dio et 
de la I! sua madré ver||zene Maria, et de la || martore (sic) sancta Ktarina (sic) ||, 
fltjnisse la prima parte de la biblia. || Impressa per maistro Gabriel de Piero || 
de Tririso. || M.CCCC.LXXVII, a di xxvi || novembre in Veneta (sic). » 

Souscription mise à la fin de la seconde partie : « A laude de Dio et de la 




I 



260 



MELANGES GRAUX. 



sua maire || vergene Maria , et de la luartire || sancta Catariua fu inipres||so 
questo velume {sic) ne || Talma patria de || Venecia per || maisiro || Ga||briel de 
Piero TnYisano, régnante Si||sto || quarto || pontifice max||imo, et Andréa J 
Vendramino, inchlito || duce de Yenetia, ne gli anni || de la salutifera incar- 
natione del || figliol di Feterno et omnipotente Dio. || M.CCGC.LXXVII, a di xv|| 
Zener. » 

In-folio. — 3^52 de Hain. 

Au haut de la première page du volume, qui contient le registre, se voit la 
cote B I. 

A 356 de l'inventaire. 

21. Les Généalogies des Dieux par Boccace. 

A la ûn, petite pièce de vers, dont les deux derniers sont : 



Vient ensuite la souscription : u Yenetiis impressum anno salutis M GGGG LXXil. || 
Nicolao Throno duce foelicissimo impe. » 
In-folio. — ]N« 3315 de Hain. 

A la suite est relié le Traité de Boccace sur les montagnes, etc.; édition de 
Venise, 1473 (voyez plus loin, n« 22). 

Les deux ouvrages étaient réunis dans la bibliothèque du roi deNaples;ils 
formaient un volume, au commencement duquel avait été écrite la note : 
Tabula historié IH versus hostium || m medio liber VIII; et à la fin la cote : A 
XX vu. 

N« Y 22 du catalogue. 

22. Traité de Bocgagb sur les montagnes, les forêts, etc. 

Souscription finale : « Jo. Boccatii, viri clarissimi, de montibus, silvis, || fon- 
tibus, lacubus, stagnis seu paludibus et de || diversis nominibus maris opus 
diligcntissime || impressum finit. Venetiis, idus Januarii GGGG LéXXIII. h 

In-folio. — N» 3326 de Hain. 

Relié à la suite des Généalogies des Dieux, édition de Venise, 1472 (n<^3315 
de Hain); les deux ouvrages devaient déjà être réunis dans la bibliothèque du 
roi de Naples. Voyez plus haut l'article 21. 
Y 22 du catalogue. 

23. Le Décaméron de Boccace. 

Édition sans date, enregistrée par Hain sous le n^ 3270. 
In-folio. 

Au bas de la dernière page, on lit ces mots : Decamaron a lîvurgale. 
N'o Y* 978 du catalogue. 

24. Le Sexte de Bonifâce YIIL 

Souscription finale.: « Sexti libri Decretalium opus perutile enucleatius 
emeudatum atque || castigatum, impensa industriaque singulari Nicolai Jenson 



« H80C Vindellinas signis qui impressit ahenis, 
Se tibi commendat familiamque suam. » 




4 



L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



261 



gallici, Vellnetiis, impressum, féliciter explicit, dimpiadibus Domiiii iiostri 
^sall Christi M.GGGC.LXXIX, doqo calendanim Decembris. >» 

In-foUo. — N« 3598 de Hain. 

Sur la dernière page, la cote A iiii. 

Reliure originale, en bois recouvert de cuir estampé. 
E 91 de l'inventaire. 

25. Le Sexte de Bonifacb Vin. 

Soascription finale : « Sexti libri decretalium opus perutile, enucleatius 
emeodalltum atque castigatum, impensa industriaque singulari Bertho||lomei 
de Alexandria Andreeque de Asula sociorum, Vene||tiis impressum, féliciter 
eiplicit. Anne salutis dominice M.||CGCG.LXXXni, pridie calendas Octobris. » 

In-folio. — N» 3606 de Hain. 

A la suite est reliée l'édition des Clémentines, datée du 30 octobre 1483. — 
Voyez plus loin l'article 40. 

La réunion des deux ouvrages forme un volume en tête duquel est la cote 
B m. Sur un feuillet blanc du commencement on lit les restes d'un avertis- 
sement au relieur : « Et volse legare qui denante cinque fogli de carta, et 
derietro a FulUmo cinque altri fogli, et volse coprere tucto de una pelle de 
colore marrochino, et volse bene stampare ; et le chiudende se vol mectere de 
soclo dala pelle, et le corregecte vole essere de quella medesima pelle cbe 
lera coperto et vole essere doppie. » 

Reliure originale, en bois recouvert de cuir estampé, avec ornements d'or. 
E 29 de l'inventaire. 

26. Le Trésor de Brunetto Latini. 

Souscription finale : « A Triviso a di xvi decembrio M CCCC LXXllII. » 
In-folio. — N« 4009 de Hain. 

Sur la page blanche qui fait face à la première page de la table prélimi- 
naire, la cote B xxviii. — Au recto d'un premier feuillet de garde, le mot 

N* Z 2285 du catalogue. 

26 bù. Commentaire de Gaietanus de Thienis sur la Physique 
d'Arislote. 

Souscription finale : « Finis recollectarum Gayetani de Tyenis || phyloso- 
phi preclarissimi super libris octo Phy|sicorum Aristotelis, ad laudem Dei. 
Amen. » 

In-folio. — Hain, n* 15496. 

Au haut de la première page, la cote u^lviii. — Sur la feuille de garde 
du commencement, la note Tab, philosophie liber VL 
N* R 198 du catalogue. 

27. Les Commentaires de César. 

Soascription finale : « Anno Christi M CCCC LXXII, die vero xxv mensis 
Augustin II Rome in domo Pétri de Maximis. » 
In-folio. N* 4214 de Hain. 




MÉLANGES GRAUX. 



Au bas de la dernière page imprimée , la cote iiii"xiii. — Au haut de la 
première page du texte, la note Tabula artis miUtaris in medio || liber lll 
N« J 239 de Tinventaire de la Réserve. 

28. Les Commentaires de César. 

Souscription finale : t< Impressum Venetiis, opéra et expensis Octaviaoi 
Scoti Modoetiensis, || M CCCC LXXXII, xn kalendas Septembris. » 
In-folio. — 4218 de Hain. 
Au haut de la première page du texte, la cote xlii. 
N« J 263 de l'inventaire de la Réserve. 

29. Œuvres phitosophiques de Cigéron. 
Souscription mise à la fin de la première partie : 



Anno Ghristi M.CCCG.LXXI, die vero xxvii mensis || Aprilis, Rome in domo 
magnifie! viri Petrî de Maximo. » 

Souscription mise à la fin de la seconde partie : « Aspicis illustris lector...,» 
comme plus haut, article 17, avec la date : « M.CCCG.LXXl. || die xx Septem- 
bris. » 

In-folio. — 5231 de Hain. 

Première page soigneusement enluminée ; au bas de la page sont peintes 
les armes d'un prélat de la maison d'Aragon; au haut de cette page la cote 
A XIX. — En tête du volume, feuillet blanc sur lequel on a ajouté à rencre 
rouge la liste des traités contenus dans le recueil ; au-dessus de cette liste, la 
noie Tab. Il philosophie liber J. 

N« *E 15 de l'inventaire de la Réserve. 

30. Les livres de Cigéron « De Oratore. » 

Souscriptiofi finale : « Finiti et continuât! sunt supradic||ti libri MarciTullii 
Ciceronis, Rome per me || Ulricum Han de Wienna, anno || Domini millesiroo 
quadringente||simo sexagesimo octavo, die quin||ta mensis Decembris. » 

In-quarto. — 5099 de Hain. 

Première page soigneusement enluminée. Au bas de cette page, écu chargé 
d'un aigle de sable sur fond d'argent. Au haut de la même page, la cote xxxix. 
Première partie du n® X 1782 du catalogue. 

31. Autre édition du même ouvrage de Cigéron. 

Titre mis en tête du second feuillet, le premier étant resté blanc : « M. T. 
Ciceronis ad Quintum fratrem in libros || de orMore prefatio incipit foeliciter. » 
Aucune souscription à la fin. 

Petit in-folio. — Non mentionné par Hain. — Cest, je crois, sans raison 
que Clément a cru pouvoir identifier ce volume avec l'édition de 1485, men- 
tionnée par Hain, sous le n» 5107. 



« Hoc Conradus opus Suuenheym ordine miro 
Arnoldusque simul Paonartz, una œde colendi, 
Oente (heotonica, Rome expediere sodales. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS, m 



Eo téle de la première page du texte, la cote clxxvi. 
Seconde partie du n« X 1782 du catalogue. 

32. Discours de Gicéron. 

Souscription finale : « Aspicis illustris lector, etc. » comme plus haut, 
article 17, avec la date « M. CCCC. LXXI. » 
In-folio. — N» 5121 de Hain. 

Sur la première page, qui contient la lettre de Jean André, évèque d'AIe- 
ria, la cote zl. — Au bas de la première page des Discours, un écu, d'azur à 
trois bandes contrebretessées d'or. 

N* X 420 de Tinventaire de la Réserve. 

83. Discours de Gicéron. 

Souscription finale : « Expliciunt orationes Tulii Ciceronis diligenter emen- 
dat«, et per Nicolaum G. Vene||liis imprsese. Anno Domini M. CCCC. LXXX, 
die X Martiî. » 

In-folio. — N« 5124 de Hain. 

Sur la dernière page laissée en blanc, le nom Gransenescarco. — Sur la 
page blanche du commencement, les notes Oratione de TulUo, et Tabula 
eloquentie ad terram. || Simt alie. — Au haut de la page signée a 2, la cote fi m. 

N* X 423 de l'inventaire de la Réserve.. 

34. Les Philippiques de Gicéron. 
. Souscription finale : 

« An8«r Tarpeii, castes Jovis, unde quod alis 

Constreperes f Oallus decidit. Ultor adest. 

Udalrieus Gallus, ne quem poscantur in usum, 
Edocuit pennis nil opus esse tuis. 

Inprimit ille die quantum non scribitur anno. 

Ingénie, haud noceas, omnia vincit homo. » 

In-qoario. — N» 5134 de Bain. 

Sur le recto du premier feuillet on lit cette note : Tabula eloquentie in 
média terra. || Sunt cUie, — Au verso de ce feuillet, la cote A xl; on avait 
d'abord écrit A xx. — Au verso du feuillet qui contient le registre du volume, 
on distingue le mot Gransenescarco, dont le relieur a enlevé la meilleure 
partie. 

N« X 4947 du catalogue. 

35. Les Lettres familières de Gicéron. 

Titre mis à la main, en tête de la première page : « Marci TuIIii Ciceronis 
epistolamm familiarium || liber primus fœliciter incipit ad Lentulum. » 
Souscription filiale : 

« Hoc Conrados opus Suueynheym ordine miro 
Amoldusque simul Pannarts, ona œde colendi, 
Oente theotonica, Romœ expediere sodales. 



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itfÉLÀNGES GRAUX. 



In domo Pétri de Maximo. M. CCGG. LXVII. n 
In-folio. — 5162 de Hain. 

Exemplaire enluminé avec soin. — Au bas de la première page, écussoa 
chargé d*un aigle. A gauche de cet écusson, le mot Secretario. — Au haut de 
la même page : Tabula eloquenHe in medio ad terram. || Sunt aUe, — A la fin, 
la cote : xxxvi. — Les deux premières pages sont couvertes de notes inter- 
linéaires. 

Z 560 du catalogue. — Exposé dans la Galerie Mazarine, sous le n* 80. 

36. Les LieUres familières de Cicéron. 
Souscription finale : 



« Emilianus auctor Pulginas et fratres una 
Ignegio (sic) prestante viri Numeister et auctor 
Johannes Almanus, recte qui plura peregit, 
TuUi ducenta nuper pressere yolumina recte, 
Qaœ viserai probus episcopus Aleriensis ; 
Fulginei acta vides et laribus Emiliani. h 



In-foho. — 5160 -de Hain. 

Au haut de la première page, la note : Tabula eloqucntie ad terram. || Stml 
alie. — Au bas de la dernière page, la cote ung avec le paraphe caractéristi- 
que. 

Z 563 du catalogue. 

37. iTes Lettres familières de Cicéron, avec le commentaire de 
c( Hubertinus clericus Grescentinas. » 

Souscription finale : « Yenetiis per Baptistam de Tor||tis M GGGG LXXXU, 
die II xxiiii Maii. » 

In-folio. — N« 5189 de Hain. 

Au haut de la première page du texte (feuillet signé A nu), la cote ciu. 
— Sur le feuillet blanc qui est en tête du volume, la note Tabula elaquentie 
in medio, \\ Sunt aUe, 

N« Z 571 du catalogue. ^ 

38. Lettres de Cicéron à Brutus, etc. 

Souscription finale : « Impressum Rome opus in domo Pétri et Francisci 
de Maximis, juxta || Campum Flore, presidentibus magistris Gonrado Suueyn- 
heym et Ar{{nol()o Panartz, anno dominici natalis M GGGG LXX, sanctissimi 
domini nostri domini || Pauli II Veneti pontificis maximi anno YI, urbe et 
ecclesia florente. » 

lu-folio. — N<» 5213 de Hain. 

Sur la première page, les armes d'un prélat de la maison d'Aragon. 
Exemplaire formé par le mélange des feuillets de deux exemplaires diffé- 
rents. 

N<» Z 596 du catalogue. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 1265 



89. GEuvres de Glaudien. 

Souscription fioale : « Finis operum Cl. Claudiani, quœ non minus || ele- 
gtDterquam diligenler impressit Jacobus Dusen||sis, milesimo quadrigente- 
simo octogesimo secan||do, sexto calendas Junii. Vicentiœ. »> 

In-folio. — N« 5370 de Hain. 

An haut de la première page da texte, la cote A iiii^x... » 
iVY 1501 du caUlogue. 

40. Les GLéMBiiTiNES et les Extravagantes. 

Souscription placée à la fin du cahier G : u Clementinarum opus perutile 
eauclealius castigatum elima || tumque impensa atque diligentia singulari 
fiartboloniei de Ale||xandria Andreeque de Asula sociorum, Venetiis impres- 
smn felici||ter explicit. Anno salutis christiane M GCCC LXXXIII» tertio ca||- 
leodas Novembris. » 

In-folio. — N« 543* de Hain. 

Relié à la suite du Sexte, édition de 1483. — Voyez plus haut, Tarticle 25 \ 
N« E 20 de l'inventaire. 

41. GoasTiTUTiONS du royaume de Sicile. 

Souscription finale : « Expliciunt capitula, constituciones, necnon confirma- 
llliones constitutionum et capitulorum regum || predecessorum regni Sicilie, 
per illostrissimum || ac serenissimnm Ferdinandum, Dei gracia regem || Sicilie, 
Jbemsalem et Hungarie, éditas. || Ut igitur unifersitates et loca terrarum 
hujos fe||licis regni ampliis {ik) possint preconiis decorari, || et in unaquaque 
Uira justicia debito ordine mi||nistrari possit, et unicuique jus reddi suum, 
•U||tasque subditorum in amena pace et tranquilli||late subsistât, constitu- 
(iones et capitula reg||ni domiuus Sixtus Riessinger, in karacterum || arte 
ingeuiosus, et dominus Franciscus de Tuppo, pre||dicti régis Ferdinandi scriba, 
infimas senrulus jj legumque studens, maturo desuper habito con||silio, omni 
dOigencia adbibita, ad honorem et || laudem invictissimi régis Ferdinandi, 
propriis II sumptibus emendate imprimere curanmt. || Anno Domini mille- 
simo CCCC LXXV, || die septima Augusti, pontificatus Sixtt quarti. » 

In-folio. — y 5665 de Hain. 

Sur le feuillet blanc qui est au commencement du volume on lit les mots : 
h c^mt. d. Ducent, et Tabula juris dvilis ad terram ; \\ Sunt alie due. — Au 
r^no de ce feuillet : 8 constituciones rengni. — Au haut de la première page 
du texte, «e lit la cote A lx. 

F 637 de l'inventaire de la Réserve. 

42. La Divine Comédie de Dante. . 
Souscription finale : 



« Nel mille quatre cento septe et due 
Nel quarto mese adi cinque et sei 

Questa opéra gentile impressa fue 

lo maestro Johanni Numeister opéra dei 

Alla decta impressione et meco fîie 
El Falginato Bvangeliita mei. » 




2èé 



MÉLANGES GRAUX. 



In-folio. — 5938 de Hain. 

Au bas de la, dernière page, la cote A lxix. — Au bas du verso deU 
mèïtiç page, la note : La commedia d. Dante; a\\li vurgale. 
Y 3436 du. catalogue. 

43. La Divine Ck)inédie de Dante, avec le commentaire de Ben^e- 
nuto d*Imola. 

Souscription finale : 



« Finita e V opra del inclito et divo 
Dante AUeghieri Florentin poeta, 
La cui anima sancta alberga lieta 

Nel ciel seren ove sempre il fia vivo. 

D'Imola Benvenuto mai fia privo 
D*eterna fama che sua mansueta 
Ljra opero comentando il poeta, 

Per cui il texto a noi e intellectivo. 

Christofal Berardi Pisaurense detti 

Opéra e facto indegno correctore 
Per quanto intese di quella i subjetti. 

De Spiera Vendelin fit il stampatore 
Del mille quattrocento e settanta setti 
Correvan gU anni del nostro signore. 



Finis. » 
In-folio. 

En téte de la première page, la cote A xlv. 
Reliure aux armes et aux marques de Henri II. 
Y 3437 du catalogue. 

43 bis. DiOGÈNE Laerce, avec une épitre préliminaire adressée par 
(( Ëlius Franciscus Marchisius » à « Oliverius Carrafa çardinalis Nea^ 
politanus. » 

Souscription finale : « Finis pbilosophorum vita (sic). >» 

In-folio. — 6196 de Hain, qui indique ce livre comme antérieur à Tan* 

née 1475 et comme imprimé probablement à Rome. 

Au bas de la dernière page, la cote A ini**xv. — Au haut de la première 

page : Tabula historiœ in medio versus j| hostium liber VL 
R 451 de l'inventaire de la Réserve* 

44. Ouvrages du grammairien Diomède. 

Souscription finale : c< Nicolaus Jenson gallicus. 4) 
In-folio. — 6214 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote ii<^lxxvii. — Sur la page blanche de 
la fin, le nom CorU, de Ccainula. 

Exemplaire relié aux armes et aux marques de Henri II. 
X 402 de Tinventaire de la Réserve. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 267 



46. Commentaires de Domizio Galderino sur Martial. 

Souscription finale : « Domitii Calderini Veronensis commentarii in M. Va- 
lerium II Martialem cum defensione finiunt. Impressi Rome per ma||gistrum 
JohaDoem Genssberg, auspicio et favore excellentis || domini Johannis Âloisii 
Tuscani de Mediolano advocati con||cistorialis, anno salutis M CCCC LXXIIlIy 
die vero Martis XXII || mensis Marcil, sedente Sixte UII pontifice maxime. » 

Grand in-quarto. — N« 4235 de Hain. 

La première page du texte est soigneusement enluminée ; sur la marge 
inférieure, les armes du roi Ferdmand; au haut de la môme page, hi cote 

B xviii, et une note dont le relieur a coupé ia première ligne : liber XL 

— Les feuillets préliminaires ont fait partie d'un exemplaire portant le timbre 
« Bibliothecœ Portiunculœ » ; c'est sans doute Van Praet qui les a fait ajouter 
pour combler une lacune de l'exemplaire du roi de Naples. 
Y 1*22 du catalogue. 

46. Commentaires de Domizio Calderino sur Martial. 

Souscription Anale: « Domitii Caldermi (sic) Veronensis commentarii in 
H. Valerium Martialem || cum defensione flniunt. Impressi Venetiis opéra et 
impendio Johannis de || Colonia Agripinensi at Johannis Manthen de Gerre- 
tzem, qui una fi||deliter degentes eosdem impressores ad hoc duxerunt. Anno 
salutis M II CCCC LXXIIU. » 

In-folio. — N«» 4236 de Hain. 

Au recto du premier feuillet, qui est blanc, la cote xxik — Au haut de la 
première page de Touyrage, la cote ciiii^iii. 

Exemplaire relié aux armes et aux marques de Henri II. 
N«Y 1387 ducaUlogue. 

47. L*Hisioire ecclésiastique*d*EusÉBE. 

Souscription finale : « Millesimo CCCC LXXVl, die xv jj Maii, P. M. Sixti 
quarti, anno ejuj || quinto, completnm est hoc opus Rpme. » 
In-folio. — N«» 6740 de Hain. 

Au commencement, sur la page qui contient l'épltre de Johannes Philippus 
deLignamine, se voit la cote cviii. — La première page du texte est soi- 
gneusement enluminée; on y a peint les armes d'un prélat de la maison d'A- 
rtgon. 

H 35 de l'inventaire de la Réserve. 

48. Traduction de la Préparation évangélique d'EusÈBE. 

Souscription finale : « Eusebii Pamphilii de evangelica prœparatione opus, 
a doctissimo utriusque || lingusB interprète, Géorgie Trapezuntio, e grœco in 
latioum versum, Micha||el Manzolinus Parmensis exactissima impressit dili- 
genlia Tarvisii, anno jj humanitatis Christi M. CCCC. LXXX, pridie idus Janua- 
riu. n 

In-folio. 

Au bas de la dernière page, la cote iiii^v 
C 120 de l'inventaire. 




268 



MÉLANGES GRAUX. 



49. Le traité de Fkstus sur la langue latine. 

Souscription finale : « Finis Pompei Festi quem || Pomponias conrexit. || 
Vale qui legens. H. G. » 

Grand in-quarto. — 7037 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote uni. 

Première partie du X 96 de Tinventaire de la Réserve. 

50. Les Histoires de Flavius Blondus. 

Soascri()tion finale : « Finis hîstoriarum Blondi, quas morte preventas non 
complevit, cum tamen intérim Romam instaoratam tribus || libris, Italiam 
illustratam libris VIII, et Romara triumphantem libris X absolvent, impres- 
sarum Vene||liis perTbomam Alexandrinum, anno salatis M GCGC LXXXIIII, 
IIII kalendas Julii. » 

In-folio. — N« 3249 de Hain. 

Au bas de la dernière page de T Abrégé qui termine le volume se lit la cote 
A ini"xvii. — Au verso du feuillet blanc qui est en tête, la note ; Tabula artis 
militaris llll versus fenestras || in medio pro historia. \\ Liber est aliw. 

Reliure originale, en bois recouvert de cuir estampé. 

N® K 4 de rinventaire de la Réserve. 

51. L'Histoire de Florus. 

Édition sans lieu ni date, in-folio, enregistrée par Hain sous le n« 7197, 
et attribuée à François de Hailbrun ou à Nicolas Jenson. 

Note mise au haut de la première page du texte : Tabula historié îll versus 
hostium II ad terram. Liber XVI. — A la fin, sur un feuillet blanc, le nomCoit/. 
de Camula. 

N* J 4282 de l'inventaire de la Réserve. 

52. L*Histoire de Florus. 

Édition sans lieu ni date, in-folio, enregistrée par Hain sons le n* 7198. 

An haat de la première page'da texte, la note Tabula artis militaris lUl 
versus fene\\stram in terra, || Liber IIIL — Sur le feuillet blanc qui précède, le 
nom du possesseur Secretario et celui de Tauteur Lusio Fiore, 

N» J 428i de Finventaire de la Réserve. 

53. Traité de François, cardinal de Saint-Pierre ès Liens, depuis 
pape sous le nom de Sixte lY, sur les futurs contingents. 

Souscription finale : « Explicit tractatus de futuris contingentibus. 
M CGCG LXXIII, pontificis maximi Sixti quarti || anno ejus secundo. » 
In-folio. — N« 14800 de Hain. 
Au bas de la dernière page, la cote A lxzi. 
D 295 de Finventaire. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



269 



64. Le livre des hommes illustres de François Pétrarque, en italien. 
Souscription à la fin de la table préliminaire : 



« Illustres opère hoc vîros perire 
Francisci ingenium vetat Petrachœ (sic) 
Non scripto, calamo, anserlsve penna 
Antiquarius istud aere Félix 
Impressit, fuit innocens Ziletus 
Adjutor sociusque rure Polliano 
Verona ad lapidem jacente quartum 



MCCCC LXXVI, Il kalendis octobris. » 
iD-folio. — N« 12808 de Hain. 
Au haat de la première page, la cote cvi. 
J de l'inventaire de la Réserve. 

64 bis. Galleottus Hartias de Nami. Réponse aux objections de 
Georges Merula. 

Souscription finale : a Galeotti Marcii Namiensis Refutatlo obje||ctonun 
in libram de homine a Géorgie Alezan |[drino quem Merulam appellat, ad il- 
lostnlis^mom principem Federicom ducem Ur||bini, finitur fœUciter. || Im- 
pressmn est opos Venetiis mirabili arte || ac diligentia per Jacobum Rubeum, 
na|lione gallicum, hujas artis peritissimnm , an||no incamationis dominice 
miJlesimo GCGG || LXXYI, Andréa Vendremino inclyto duce || Venetiarum. || 
Laus omnipotenti Deo. » 

Io4«. N« 7436 de Hain. 

Sur le recto du premier feuillet, resté en blanc : Tabula eloquentie in me- 
Ho 11 Hber XHII. — Au baut de la première page du texte : Ad grammaticam 
oUmet. — Au haut du verso du dernier feuillet : Mess. Joan. Lirino, — et : 
Stcfttofio, 

N« R i083 du caUlogne. 

66. Dictionnaire de Giuniano Maggio. 

Souscription finale : « Juniani Mail Partbenopei ad || invictissimum regem 
Ferdinandum || liber de priscomm proprietate || verbornm finit. || Editum 
opus sub fœlicissimo Ferdinando rege inclitœ Neapolis. || Impressere Matbias 
Morarus impressor solertissimos et venera||bilis Monachus Blasius theologus 
îir integerrimos. Opus edi||dit Junianus Maius Parthenopeus , cum annus 
siecularis celebra||retur, orbis fere terrarum bominum insolentia, prœter 
Ittliam, Il hello turbulentissimos esset M. GGGG. LXXV. » 

In-folio. — N» 40339 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé pour être présenté au roi Ferdinand. 
- Au bas de la première page du Dictionnaire, les armes du roi Ferdinand. 
~ Au bas de la page préliminaire, qui contient la dédicace, petite miniature 
ronde, dont le sujet est la présentation du livre au roi. 
X 4 32 de l'inventaire de la Réserve. 

66. Morales de saint Grégoire. 

Souscription finale : c Expletum est opus istud Moralium || beat! Gregorii 




270 



MÉLANGES GRAUX. 



pape, impressum Rome, || apud Sancium Marcum, anno a nati||vitate Domiai 
et eodem jubileo mille Hsimo quadringentesimo septuagesimo || quinto, die 
quinta mensis septembris, || sedente Sixlo HII pontifice maximo, || pontifica- 
tus sui anno quinto. » 

lû-folio. — 7929 de Hain. 

Au bas de la dernière page du texte, la cote clx. — Au bas du dernier 
feuillet blanc, le nom : Duca d'Asscolo, 
N<» C 635 de Tinventaire. 

57. Traduction italienne des Dialogues de saint tiRÉGOiBE. 

Souscription flnale : « Opus presens de sancto Gregorio papa hic Gnem 
facit, Il quod sui bonitate impressiouem Veneliis habuit, impen||sis Johannis de 
Colonia et Johannis Manthen de Gher||retzem. M GCGC LXXV. » 

In-folio. — 7975 de Hain. 

La première page esl soigneusement coloriée. — Au bas de cette page 
sont peintes les armes du roi Ferdinand. — Au haut de cette page la cote 
— Au haut du verso du feuillet blanc qui termine le volume, le nom 
messeresAlexandro Vemceano, 
G 667 de l'inventaire. 

58. Les Décrétales de Grégoire IX. 

Souscription finale : «Explicit féliciter nova Decretalium compilatio Grego- 
rii, perfectius ac enucleatius castiga||ta emendatave, pulchrioribusque Utte- 
rarum caracteribus impresa (sic), Mediolani, per Jo. An. de Honajjte, impensis 
nobilium virorum dominorum Pe. An. de Gastelliono et Ambrosii de Gajmis, 
Il Mediolanensium, olympiadibus dominids M. GGGG. LXXXII, tertio decimo 
kalendas Januarii, régnante || Joanne Galeazio Sfortia, Vicecomite, Mediolani 
duce sexto invictissimo. » 
. In-folio. — N« 8013 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote B xxu. — Au commencement et à la 

fin, sont des recommandations destinées au relieur : « el quale se vol 

coprere i tucto de pelle verde, et bene stampare, et le chiudende se vol ponere 
socto la pelle, et le correggiette volo 'essere doppie et de quella medesima 
pelle que sera coperto el libro. — Recordéve mastro legare qui derietro cin- 
que fogli de carta. » La reliure originale subsiste; elle consiste en ais recou- 
verts de cuir estampé, avec ornements dorés. 

No E 26 de Tiaventaire. 

59. Le roman de Guerino Heschino. 

Souscription finale: «Lo infelice Guerino dito Meschino fiolo de dio Marte 
Il de sangue reale de Franzia magnifico et || valleroso capitanio qui felice- 
mente || lo libro suo fomito e in Padua || a di XXI de Avrille || M GGGG || 
LXXIII. Il Bartholomeus de Valdezôchio ci vis Patavus || Martin us de Septem 
Arboribus Prutenus. F. F. » 

In-folio. — 8139 de Hain. 

A la fin du volume, au bas de la dernière page du texte, la cote A xxvi. 
Y« 852 du catalogue. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



274 



60. Le roman de Guerino Meschino. 

Souscription finale : « El lîbro de lo iofelice Guerino dito Meschino, ma- 
gniflco et ge||neroso capitanio qui felicemente finisse. In Venexia. || A di xxii 
de Novembre. || M. CCCC. || LXXVII. || inclito Venetiarum duce Andréa Ven- 
dramino. Q Gerardus de Flandria impressit. » 

In-folio. — N® 8 1 4 1 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote cxlv. 
V 853 du catalogue. 

61. Premier volume 4e la Somme de Henri de Suse, évôque d'Ostie; 
édition de 1473. 

In-folio. — N» 8959 de Hain. 

Au bas de la première page sont peintes les armes du roi Ferdinand. — 
A la fin, la note Intitulato 59, f» 39. Au bas du feuillet qui contient le registre 
du Tolume, la cote ca on ii^, 
E 54 de l'inventaire. 

62. Second volume de la Somme de Henri de Suse. 
Souscription finale : 

« Monstrans obscuras juris dissolvere || curas 
Explicat antiquas hec no||va somma plicas. 

Pro somme 8um||mo ait régi gloria Christo. || 

Hanc ego correxi sommam Baptista || Johannes 

De Làncis, Sizti tempore poDti||fici8. 
Perlege secoros, mendosam ne time sommam. 

In cotis verax verjlsibos et parafis. || 

Presens hujus somme Hostiensis pre||clarunL opus aima in urbe Roma, 
toti||us mnodi regina et dignissima im||peratrix (sic), que, sicut pre ceteris 
arbibus || dignitate preest, ita ingeniosb vins || est referta, non atraménto 
plnmali calo||mo (sic) neque stilo ereo, sed artificiosa qua||dam adinventione 
imprimendi seu carac||terizandi sic effigiatum, ad Dei laudem || industrie- * 
que, est consumatum per ma||gistros Udalricum Gallum almanum || et Simo- 
Mm Nicolai de Luca, anno Domini || millesimo quadringentesimo septua||- 
fesimo tercio, die vero nltima men||sis Aprilis. » 

In-folio. — N« 8959 de Hain. 

Au bas de la première page, les armes du roi Ferdinand. — Au bas de la 
dernière, la cote Intitulato 74. f. 42, et la cote ciiii"xi. 
fi* E 54 de llnventaire. 

68. La traduction latine de FHistoire d'HÉRODOTE par Lorenzo délia 
VaUe. 

Souscription finale: nilerodoti Halicamassei, patris bistoriœ, traductio e 
gnKo in II latinom habita per virum eruditissimum Laurentium Valensem 
singolarem || nostris temporibus civem Romanum, sub Nicolao V summo pon- 
liflce. I.Venetiis impressnm est hoc opus per Jacobum Rubeum, natione Gai- 



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272 



MÉLANGES GRAUX. 



liBcam, anno Domini M CCGC LXXIIII, Nicolao Marcello, duce Venetiarum. » 
In-folio. — 8^9 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote JB iiii^xviii, et la note Tabula historié 
îlî venus hostium || ad terram liber IL — Sur le feuillet blanc qui précède, le 
nom lo secretario. 

J 17 de rinventaire de la Héserve. 

63 bis. HlÉROCLÂS. 

Souscription finale : « Hieroclis philosophi || et ^ctiss. in aureos || versos 
Pythagorae o||pusculum prestantiss. , || et religipni H cristianae || conseuta- 
neum, hic feljliciter completum est, || ac per ingeniosum virum || Arnoldum || 
Pannartz || Romae impressum, in || domo clari civis Pétri || de Max. || anno 
incamati i| Terbi M GCGG || LXXV, die xxi || septembris, sedente || Sixto DU, || 
apno II ejus || V. » 

In4«. — 85 io de Hain. 

An bas de la dernière page, la cote A lxxvii. 

N* R 60^ du catalogue. 

64. Les Odes, les Épodes, le Chant séculaire et PArt poétique 

d*H0RACE. 

In-folio. — Édition qu'on suppose avoir été donnée à Rome, vers Tannée 
1475, par Barthélemi Guldinbeck. — 8899 de Hain. 

En tête du premier feuillet la cote iin^^i, — Au bas de la dernière page 
le mot Qransenescarco. — Reliure aux armes et aux marques de Henri II. 

N« Y 979 du catalogue. 

65. Œuvres d*HoRACE. • 

Souscription finale : « Hoc opus Horatii emendatissimum impressum est || 
opéra et impensis Philippi de Lavagnia, civis Medio||Ianensis, anno a natali 
christiano M GGGG LXXVI, || die xvi Februarii. Amen. » 

In-folio. — 8870 de Hain. 

Première page soigneusement enluminée. — An bas de cette page, éeo 
d'argent chargé d'un lion de sable. — Au haut de la même page, la cote 
cim^^vii. — Sur le recto du feuillet blanc placé en tête du volume, le nom 
Secretario, et la note : Tabula poetice ad terram \\ Est alius. 

N« Y 978 du catalogue. 

66. Œuvres d'HoRACE. 

Souscription finale : « Impressum Venetiis per magistrum Bemardiuuni de 
Tridino ex Monte ferrato, anno salutis M GGGG LXXXVI. ». 
In-folio. — N« 8884 de Hain. 
Au bas de la dernière page, la cote xxiiii. 
Y 980 du Catalogne. 

67. Commentaire de « Hubertinus clericus Crescentinas » sur les 
Lettres familières de Cicéron. 

In-folio. Sans lieu ni date. 37 lignes à la page. Lettres rondes. 




L. DELISLE, — ANCIENNES IMPRESSIONS. 273 



Au haut de la première page la cote A zxxvi. — Au bas de la dernière 
page, la cote Int. 94. f. 85. — Au verso de cette même page, la note : Comento 
dele pistok de T. Petrus de Molinis. 

fs* Z 570 du catalogue. 

68. La Légende dorée de Jacques de Yoragine. 

Souscription finale : « Explicit perutile opus fratris Jacobi de || Avoragine, 
de legeodis sanctorum, impressum Vene||tiis per magistrum Christoforum 
Arnoldum an||no Domini M CCCC LXXVIII , vivente duce An||drea Vendra- 
miao. » 

In-folio. 

Sur la page qui contient le registre du volume, on voit la cote lxxv. 
H 96 de l'inventaire de la Réserve. 

69. La Légende dorée de Jacques de Yoragine. 

Titre hiitial : « Reverendissimi fratris Jacobi de Yoragine || Genuensis arcbi- 
episcopi, ordinis Predicatorum, sanctorum || ac feslorum per totum annum. » 
Souscription finale : « Venetiis, tertio nonas Novembris 1488. » 
In-quarto. 

Au bas de la dernière page, la cote cxvii. 
N» H 1003 de finventaire de la Réserve. 

70. Le premier livre des Défenses de la théologie de saint Thomas, 
par Jean le Chevreuil. 

Souscription finale : « Liber primus defensionum théologie divi docto||ris 
Thome de Aquino in primo Sententiarum, editus || per eximium veritalis 
schole professorem firalrem || Johannem GapreoIi,Tholosanum, ordinis Predica*- 
torum, Il anno Domini millesimo quadringentesimo nono,|| quo legit Sentenlias 
Parisius, féliciter explicit. || Impressus Venetiis per Octaviauum Scotum || 
Modoetiensem. anno salutifere incarnationis || M.GCGG.LXXXIII. » 

In-folio. — N«» 4410 de Hain. 

En tète de la première page, la cote JB xxxviii. 

>*• D 60 de r inventante. 

71. Le troisième livre des Défenses de la théologie de saint Tho- 
mas, par Jean le Chevreuil. 

Souscription finale : « Liber tertius defensionum théologie divi doctoris || 
Thome de Aquino in tertio Sententiarum, editus per exi||mium veritalis schole 
professorem firalrem Johannem Ca||preoli,Tholosanum, ordinis Predicatorum, 
anno Domini millesi|| mo quadringentesimo nono, quo legit Sentenlias Pa||risius, 
féliciter explicit. Impressus Yenetiis per Octa||vianum Scotum Modoetiensem, 
aono salutifere in||carnationis M.CGGC.LXXXIII. » 

In-folio. — 4410 de Hain. 

La première page est soigneusement enluminée. — Au bas de cette page 
«ont peintes les armes du cardinal d* Aragon. — Au haut de la môme page, 
la cote ii*Lxvi. 

V D 60 de Finventaire.* 

MBLANOSS ORAUX. 18 




274 



MÉLANGES GRAUX. 



72. Le quatrième livre des Défenses de la théologie de saint Tho- 
mas, par Jean le Chevbeuil. 

Souscription flnale : « Liber quartus defensionum théologie divi doctorisH 
Thome de Aquioo in quarto Sentenliarum, editus per eximium || veritatis 
schole professorem fralrem Johannem Capreoli, || ThoIosanum,ordinisPredica- 
torum, anno Domini millesimo || quadnngentesimo Irigesimo secundo, félici- 
ter explicit. n Impressus Venetiis per Octavianum Scotum Modoetiensem, anno 
salutifere incamationis || M.GGCC.LXXXIin. » 

In-folio. — No 4410 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote cxxxvii. 

N® D 60 de l'inventaire. 

73. La Pratique médicale de Jeait Hesub. 

Souscription finale : « Pétri Apponi medici clarisHsimi in librum ioaonis 
Me||sue addilio féliciter finit. || Impressa Neapoli per domi||num Bertoldum 
Rying de Ar||gentina, anno Domini M.GGGG.HLXXV, xix die mensis Januarii. » 

In-folio. — NMl,il7 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote xxviii. — Au bas dé la dernière, la 
cote intUulato 29 f, 57. 
N* Te" 46 du catalogue. 

74. Commentaire de Jean Scot sur le quatrième livre des Sen- 
tences. 

Souscription finale : c< Johannis Scoti in quartum Sententiarum opus pre- 
clarissimum, || céleris théologie voluminibus emendatius ac || castigatius exscri- 
ptum. Idem autem diligentissime || recognovit Thomas Anglicus, sununos in 
theolo||gia magister, impressionique Venetiis deditum est || ductu et irapensa 
Johannis Golonie AgripHpinensis sociique ejus Johannis Manthen de Gher-|| 
retzhem, qui una fldeliter degunt et cuncta || ad communem utilitatem pera- 
gunt. » 

In-folio. — N« 6416 de Hain. 

La première page est soigneusement enluminée. Au bas de cette page sont 
peintes les armes d'un prélat de la maison d'Aragon. Il semble qu'on ait voulu 
après coup passer au rouge le chapeau et les cordons, qui avaient d'abord été 
peints en noir. — Au verso du premier feuillet, resté en blanc, la cote A ux. 

N® D 27 de l'inventaire. 

75. Commentaire de Jean Scot sur le premier livre des Sentences. 

Souscription finale : « Explicit scriptum super primum Sententiarum, e^- 
tum a II fratre Johanne Duns, ordinis Fratrum Minorum, || doctore subtilissimo 
ac omnium theologo||rum principe, per excellentissimum sacre the||ologîc 
doctorem magistrum Thomam Penketh || anglicum, ordinis heremitarum 
sancti Augustiniin fa||mosissimo studio Patavino ordinarie || legentem, maxima 
cum diligentia emendatum. jj Impressum Venetiis, expensis et man||dato 
Johannis de Golonia sociique ejus || Johannis Manthen de Gherretzem, jj anno a 
natali christiano 1477, die vero || 26* Julii. » 

In-folio. — N* 6416 de Hain. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



275 



La première page est soigneusement enluminée. — Au bas de cette page 
sont peintes les armes du roi Ferdinand. 
N« D 27 de Tinventaire. 

76. Questions de Jean Scot sur le second livre des Sentences. 

Souscription finale : « Expliciunt questiones Johannis Scoti, theo||logi acu- 
Ussimiy sacri Minoruni ordinis, super secundo || Seutentiarum, ab excellentis- 
sirao sacre théologie || professore Thoma Penket anglico ex Here||mitanorum 
ede ingenti diligentia emendate et |i per magistrum Albertum de Stendael 
impresse. || Anno Domini M GGCC || LXXIllI. » 

In-folio. — 6426 de Hain. 

Au haut de la première page de la table préliminaire, la cote JB xuiii. — 
Sur la page blanche qui termine le volume, les mots : Colibeli de Scoto. Pelrus 
de Molinis, 

N* D 29 de l'inventaire. 

77. Premier volume des Lettres de saint Jérôme, de Tédition dont 
le second volume se termine par cette souscription : 

Eusebii Hieronymi doctoris eximii secundum epistolarum explicit volumen. 
Il Anno Christi M .GGCG.LXVUI, indictione pnma, die vero xiii mensis || Decem- 
bris, pontiflce maximo Paulo régnante secundo, anno ejus quinto. || Rome in 
domo magniÛci viri Pétri de Maximo. 

In-folio. — N* 8551 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé. — Au bas de la première page du 
texte, écu d'argent chargé d*un aigle de sable. — Au haut du recto du pre- 
mier des dix feuillets préliminaires, le nom Secrelario, 

G 424 de l'inventaire. Au premier volume qui vient d'être indiqué. Van 
Priet a joint le second volume d'un exemplaire venu de Vérone, et qui porte 
tu commencement une note ainsi conçue : « Ista prima pars epistolarum divi 
Hierooimi est canonicorum regularium congregatlonis Salvatoris Lateranensis, 
1 deputata usui illorum canonicorum ejusdem congregationis commorantium 
io monasteno Sancti Leonardi de Monte Donico in || suburbiis Veronae posito, 
sed in primis domini Gelsi Maphei, Veronensis canonici et professi ipsius 
ordinis, qui ean[\ || émit anno Domini 1470. Quare id ea legentes prO ipso 
Dominum deprecari dignentur etc, » 

Les deux volumes de l'exemplaire de Vérone forment aujourd'hui le tohie I 
de Touvrage inventorié sous le C 425 et le tome II de l'ouvrage inventorié 
sons le n« G 424. 

78. Deuxième partie des Œuvres de saint Jérôme. 

Souscription Onale : « Impressum Rome opus in domo Pelri et Fraucisci- 
de Maximis, juxta campum || Flore, presidentibus magistris Gonrado Suucy- 
heym et Amoido Panartz, anno || Domini nalalis M.GGGG.LXX, sanclissimi 
domini nostn domini Pauli II Veneti pontifîcis || maximi, anno VI, urbe et 
ecdetia Ûorente. » 

In-folio. ^ 8552 de Hain. 




Î76 



MÉLANGES GRAUX. 



Exemplaire soigneusement enluminé. Au bas de la première page du 
texte les armes d*un prélat de la maison d* Aragon. 
C 425 de Finventaire. 

79. L'Histoire de la guerre judaïque, par Josèphe. 

Souscription flnale : c< Impressit clams ac dîligentissimus || artifex Arooldus 
Pannartz, || natione germanus, || in domo viri nobilis || Pétri de Maximis, 
civis Romani, anno || incarnati Verbi MCCCGLXXV, || die vero xxv Noverabris, 
Il sedente Sixio IIII || pontificc maximo, anno !| ejus || V. || Platyna emeodant. » 

In-folio. — «457 de Hain. 

Sur la première page, la cote cxix, et la note Tabula artis .milUcais UU 
vei'sus fenestras \\ ad terram pro histofia. Liber est alius. 

Les marges sont couvertes de notes, dont Torigine est expliquée par 
Tobservation suivante, tracée à la fln du volume, à Tencre rouge : « Finis 
historiœ, quam ego B. de Bent., in furno Sancli Vincentii inmerito carcera- 
tus, légère complevi octavo kalendas Octobres, anno Domini MCCCCLXXXVif. 
existentibus mecuni sociis et fratribus mibi dilectissimis nobilibus virisLudo\ico 
Spallutia de Vigiliis illustrissimi quondam principis Altemurœ secretario, et 
Antonio Campano, e^*' quondam Murconi comitis cancellario; in qua si qaid 
circa margincs libri vel inepte vel non nota dignum notavi, dolori injusti car- 
ceris venia non negetur, quoniam eam magis ad animi occupationem et tem* 
oris lapsum quam ad studium et intelligentiam legi. In omnibus tamen 
anipotenli Deo, Patri, Filio et Spiritui Sancto et beatœ Virgini, qui me et 
^rœfatos solios meos ab boc et omni alio carcere libèrent, sit laus, booor et 
gloria. Amen. » 

H 6 de l'inventaire de la Réserve. 

80. L'Histoire de Justin. 

Souscription finale : » Anser.Tarpeii, etc. » Comme plus baut, article 3(4. 
lu-folio. — N« 9646 de Hain, qui rapporte la publicaQon de ce livre aox 
années 1470-1471. 

A la fin de l'exemplaire» on lit la note suivante : « Reverendus pater domi- 
nus Pbilippus Barbaricus, patiicius Venetus, apostolice sedis prothonotahos 
numerarius, largitus est realiter bunc librum conventui Sancti Francisci trans 
Tiberim. Non veudatur ncc alienelur, sed remaneatin perpetuum ad usum frà- 
truni Saiicli Francisci degenlium per tcmpora in dicto conventu. » 

Au baut de la première page, la cote cxx et la note Tabula historié lU 
versus hostium \\ in medio, \\ Liber XXL 

J 335 de l'inventaire de la Réserve. 

81. . Histoire de Justin. 

Souscription finale : « Impressum Mediolani per Christoforum Valdafcr 
Butispouensem || anno Domini MCCCCLXXYI, kalendis Junii. » 
In-folio. — N« 9650 de Hain. 

Au baut de la première page, la note : Tabula historié IH versus hostium || 
ad te mm, \\ Liber est alius, Au bas de la dernière page, la cote xlui. 
N« J 1242 de Finventaire de la Réserve. 




L. DELISLE. 



— ANCIENNES IMPRESSIONS. 



277 



82. Les Institutes de Justinien, avec Tapparat. 

Souscription finale : « Presens harum institutionum prcclanim opu$|| 
aima in urbe Roma, totius mundi regina et || dignissima impératrice, que 
sicut pre ceteris|| urbibus dignitate preest, ita ingeniosis viris || est referta, non 
alrameDto, plumali calamo, || neque stilo ereo, sed artificiosa quadam adin- 
Tenijlione imprimendi, seu carccterizandi {sic) sic efOgiHatum, ad Dei laudcm, 
iodastrieque est consuma||tuin per Udalricumr Gallum Alamanum, alias || Han, 
ex iogelstat, civem Wienensem, et correc||tum tam in textu qnam in glosa per 
eximinn et pre||claram juris utriusque doctorem dominam Garolum||de 
Alexandris de Perusio, anno Domini || MCGCCLXXV, xviiii kalendas Augusti, 
seljdente Sixto IIII pontifice maximo. » 

In-folio. — N» 9495 de Hain. 

An haut de la première page, le mot Secretario. — Au bas de la dernière, 
la cote cLxv. 

N* F 393 de l'inventaire de la Réserve. 

83. Les Satyres de Juvénal, avec le commentaire de Domizio 
Calderino. 

Souscription imprimée à la fin du texte des Satyres : « Junii Juvenalis 
Aqainatis Satyrarum libri impres||si Vincentie diligentissime per magistrum 
Henricam || liberanum, anno Cbristi MCGCCLXXX. » 

In-folio. — N« 9690 de Hain. 

An verso du dernier feuillet le nom : Comit, de Carinula. 
Y 1335 du caUlogue. 

84. Les Satyres de Juvénal, avec le commentaire de Domizio Cal- 
derino. 

Souscription finale : « Venetiis per Baptistam de ||Tortis MGGGGHLXXXII, 
die m AugusU. » 

In-folio. — N» 9692 de Hain. 

Sur la première page laissée en blanc, la note : Tabula poetice ad tetram, 
HSwtf oHi, — Au-dessus de cette note, je crois distinguer les restes du mot 
Secretario^ dont le relieur a enlevé la meilleure part. — Au haut du verso de 
la même page, la cote ii«ini"x. * 

.V Y 1336 du catalogue. 

85. Lactance. ' 
Souscription finale : 



In domo Pétri de Maximo. M.GGGG.LXVIll. » 
In-folio. 

Exemplaire enluminé avec soin. — An bas de la première page du texte, 



« Hoc Conradus opas Suueynheym ordine miro 
Amoldusque simuï Pannartz, una ede colendi, 
Gente Theotonica, .Home expediere sodales. 




278 



MÉLANGES GRAUX. 



écusson d*argeDt chargé d'un aigle. — Aa haut de la première page des 
feuillets préliminaires, le mot Secretario, et la cote A Lxxin. 
C 347 de l'inventaire. 

86. Sermons sur les Saints, par Léonard de Utino. 

Souscription finale : « Expliciunt sermones aurei de Sanctis || per totum 
annum, quos compilavit magister || Leonardus de Utino... || Predictorom ser- 
monum opnsculum Vene||tiis extat irapressum per Johannem deCo1onia|| 
sociumque ejus Johannem Manthen de Gher||retzem, qui ejusdem laboratori- 
bus in expensts || providerunt. MCCCCLXXV. » 

In-quarto. — 16,132 de Hain. 

La première page est soigneusement enluminée. Au bas de cette page sont 
peintes les armes du roi Ferdinand. — Au bas de la dernière page, la cote Bi. 
D 5166 de l'inventaire. 

87. La Pharsale de Lugain. 

Souscription finale : « Impressum est hoc opus anno a nativitate Christil 
M.CCGC.LXXVII, die xiiii mensis Mail. » 
In-folio. — 10,233 de Hain. 

Sur la première page, qui est restée en blanc^ se lit la note : Tabula poe- 
iice in terra, || Est alius. — Au haut du verso de la même page, la cote fi uvi. 
Y 1275 du catalogue. 

88. Les Dialogues de Lucien: Charon; Timon; Palinurus; Alexan- 
der, Annibal et Scipio ; Charon ; Venditor. 

In-quarto. — Peut-être le n® 10,269 de Hain. 

Au bas de la première page, laissée en blanc, le mot MorcUi. — Au haut de 
la page suivante, la note Tabula poeiice in medio || liber viiu. — A la fin, sur la 
dernière page qui contient le texte sont les deux cotes : Intitolato, 5g* /. 79' 
et A ini^xiii. — Au verso de la môme page, les notes : Gelormo d. Abroso^ 
et Credo chisto libro sia || d. messere Lanczalao, 
1909 du catalogue. 

89. Œuvres de Macrobe. 

Souscription du fol. ùxxix : « ^acrobii Aurely Theodosii, viri consularis et 
illustris, Saturnaliorum libri impressi Vene||tiis, anno Domini M.CCCC.LXXXXIl, 
die xxviiii Junii. » 

In-folio. — 10,429 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote B xxxi. 

N»Z218 du catalogue. 

90. Les Épigrammes de Martial. 

Souscription finale : « Impressum Venetiis, impensis Joannis de Cololinia 
sociique ejus Joannis Manthen de Gherretzem. || MCCCCLXXV. » 
In-foUo. — NM 0,8 12 de Hain. 
Au verso du premier feuillet, la cote A xxii. 
No Y 1388 du catalogue. 



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L. DBLISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 279 



91. Chronique Martinibnnb, contiùaée par Jean-Philippe de Ligna- 
mine. 

Titre mis en tôle de l'ouvrage, après une longue épltre dédicatoire adres- 
sée ao pape Sixte IV : « Incipit crononica (sic) summorum || pontiflcum impe- 
ratomroque ac || de seplem eetatibus mundi ex sancto || Hjeronimo, Eusebio 
aliisque Ti||ris eruditis excerpta... » 

Souscription finale : c< Romœ, in domo nobilis viri Johannis || Philippi de 
Lignamine Messanensis sanctissimi domini || nostri familiaris, hic libellus 
impressus est anno || Domini M CCCCLXXIilI, die xiiii mensis Julii, || pontifi- 
ctto Sjxti nn, anno ejus tertio. » 

hi-quarto. — N» 10,857 de Hain. 

Au bas de la première page du texte sont peintes les armes du roi Ferdi- 
nand. — Sur le feuillet blanc qui est en tète on lit : Tabula historié III versus 
kostium II ad terram liber xix. Dans cet exemplaire on a essayé de faire dis- 
paraître un passage injurieux pour le roi Ferdinand. Dans la phrase qui va 
être reproduite, on a biffé les mots qui sont ici imprimés en caractères ita- 
liques : « Jaeobus Nicolai Piccinini Qlins, cornes Castri Novi inclitus,... a 
Ferdinando rege Neapolitano in convivium amice accersitus, inter epulas, quasi 
e$ca alleetuSy prehenditur atque carceri mancipatus, ibidem incerto raortis 
génère interiit vin kalendas Julii. » 

N* G 1 100 de rinventaire de la Réserve. 

92. Les Paiidectes de « Hatheus Silvaticus medicus de Salerno. » 

Souscription finale : « Explicit liber Pandecta||rum quem Angélus Cato 
Snpinas || de Benevenio, philosophus et medicus, || magna cum diligentia et 
emendateimprijlmendum curavit in clarissima et nobi||lissima atque prestan- 
tissiroa duldssimaque || civitate Neapoli, regum, ducumjj procerumque maire, 
prima Aprilis, || MCCCCLXXIilI. H Idcirco excelso Deo gracias agamus. » 

In-folio. — N« I5,i94 de Hain. 

Au haut de la première page, la cote iiu^H. — Au haut du reclo du feuillet 
blanc qui précède, le nom SecreiariOf et la note Tabula I medidne \\ liber xiu. 
No Te 44 du catalogue. 

98-97. Les Postilles de Nicolas de Lire sur la Bible. 

Exemplaire divisé en cinq volumes. In-folio. Édition de Venise, en 1484, 
non mentionnée par Hain. 

93. Premier volume, finissant par la souscription : «Postilla fratris Nicolai 
de Lyra super librum Josue finit. » — Au bas de la dernière page, la cote lxii. 

94. Deuxième volume, finissant par la souscription : « Explicit liber He- 
ttcr. » — Au haut de la première page, la cote JB viir. 

•3. Troisième volume, finissant par la souscription : « Explicit liber Eccle- 
siasticus. » — Au bas de la dernière page, la cote lxxh. 

96. Quatrième volume, finissant par la souscription : « Explicit secundus 
liber Ma||chabeorum. » — Sur la dernière page, la cote lxxi. 

97. Cinquième volume, dans lequel, à la fin de TApocalypse, se lit la sous- 
cription :« Exactum est Venetiis insigne hoc ac inusitatum opus Biblie, una cum 




280 



MÉLANGES GRAUX. 



poslilliâ venerandi || viri ordinis Minorum fratris Nicolai de Lynsi, cumque 
additionibus per venerabilem episcopum || Paulum Burgeosetn edilis, ac repli* 
cis magistri Matlhie Doriock, ejusdem ordiuis Minorum || fratris el theoligi (lie) 
optimi ; charactere vero impressum habes jucundissimo imp«isaque curaqae || 
singulari oplimorum Jobannis de Colonia, Nicolai Jenson socionimqae, olym- 
piadibus || dominicis anno milesimo quodringentesinio [sic) octiiagessimo 
(sic) primo, pridie calendas sextiles. » — Sur la dernière page, à la Gn du 
registre, la cote lxiiii, 

A 805 de l'inventaire. 

98. Grammaire de Niccolô Perotti. 

Titre initial : « Nicolai Perotti ad Pirrum || Perottum nepotem ex fra||lre 
suavissimum rudimen||ta grammatices incipiunt.» 

Souscription finale : « Régule grammaticales reverendissimi patris ac 
domini {| domini Nicolai Perotti, archiepiscopi Sypontini, viridoctissi||mi atque 
eloquentissimi absolute sunt fœliciter, Neapoli || impresse anno salutis 
MCGCGLXXX, sexto kalen||das Marti as. » 

In-quarto. — N« 12664 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la cote c, suivie du paraphe qui caractérise 
la plupart des cotes de la librairie de Naples. 
N« X 605 du catalogua. 

99. La Corne d'abondance, de Niccolô Perotti. 

Souscription finale : « Explicit preclarum opus Nicolai Perotti eruditissimi 
viri Gornu copiœ seu commentariorum linguœ lalltinœ. Impressum Venetiis 
per Bernardinum de Goris de Gremona M GGGGXGII, die xxv Maii. » 

In-folio. — N« «2700 de Hain. 

Au bas de la dernière page (foi. cccvii verso), la cote lxx. 
N» X «37 de l'inventaire de la Réserve. 

99 bis. NoNius Marcbllus, Varron et Festus Pompeius. 

Souscriptions qui sont à la fin de chacune des trois parties du volume : 
« Nonii Marcelli peripatetici Tiburticensis compendiosa docirina ad Û|iliam 
de proprietate sermonum, impressa Brixiœ MGGGGLXXXIII, xviiJulii. » — 
2® %< ...Impressum Brixiœ per Boninum de Boninis de Ragusia et ïfi||niatuiD 
Delsera Florentinum socios, anno Ghristi MGCGG LXXXIII, die xvi Junii. » — 
« Impressum Brixiœ. per Boninum || de Boninis de Ragusia, anno Domini 
MGGGG LXXXIII, xviii die mensis Junii. » 



Au bas de la dernière page, la cote XXXI. — Sur les feuillets de garde, 
au commencement et à la fin, un ancien bibliothécaire napolitain a tracé ces 
deux notes, pour servir d'avertissement au relieur : « Qui denante se vol le- 
gare quindeci fogli dé carta. — Qui derietro se vol legare diece fogli de 
carta. » 

Reliure aux armes et aux marques de Henri II. — Le volume a jadis porté 
à la Bibliothèque du roi les cotes DGGLXI et 562 ; il est aujourd'hui conserré 
à la Bibliothèque Mazarine. 



In-folio. 




L. DBLISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 281 



100. Commentaire d*OGNiBUONO de Lonigo sur TOrateur de Gi- 
céron. 

Souscription finale ; « Finis€ommentarii Omniboni Leonicenî rhetoris prœ- 
stantissimi in Marci || Tallii Oratorem^ quod Vicentiœ non minus accurate est 
emendatum || quam diligenter impressum, anno Salvatoris M.CGCC.LXXVI, || 
Dodeciroo caIendasJandarii,Xisio summo pontiûce atque Andréa Yendramino, 
Il Yenetiarum principe optimo. » 

In-folio. — No 10030 de Hain. 

Sur la première page, restée en blanc, on distingue quelques mots d'une 
note italienne comento d, Ogni,,. — Au-dessous de cette no|e, la mention : 
Tabula eloquentie in medio \\ Liber VL 
X 325 de Tinventaire de la Réserve. 

101. Commentaire d'OGNiBUONO de Vicence surLucain. 

Souscription finale : « Yenetiis, M CCCC LXXV, xii kalendas Augusti, || ezi- 
«tente Yenetiarum duce Petro Mocenico. » 
In-folio. 

Au haut de la première page blanche du volumoi la noie : Tabula poetice 
in medio || Uber XXV. 

Reliure aux armes'et aux marques de Henri II. 
Y 1300 du catalogue. 

102. Traduction du Traité d'OaiGÈNE contre Celse. 

Souscription finale : « Origenis contra Gelsum finis, quem Christophorus 
Persona, || Roman us, prior Sanctœ Balbinœ de Urbe latine grœceque peri||tis- 
simns cum fide e grœco traduxit et emendavit ; magister vero || Georgius 
Herolt de Bamberga Romœ impressit, anno in||carnationis Domini millésime 
quadriugenlesimo octogesimo || primo, mense Januarii, régnante Sixto quarto 
pontiûce maxi||mo, anno ejus decimo. » 

In-folio. 

Au bas de la page qui contient le registre du volume, la cote lui^^xviii. 
N* C 90 de rinventaire. 

103. Second volume incomplet de l'édition d'OviDK publiée à Rome 
en 1471 par Conrad Suueynhem et Arnold Pannartz, décrite par Hain 
sous le n» 12137. 



Au haut de la première page, la cote B xxxn, et la note Tabula poetice in 
»««o 1 liber XXI. 

V Y 1 1 H du catalogue. 

104 et 105. Œuvres d'OviDE, en deux volumes. 

Souscription finale : « Hujus opéra omnia, Medea excepta et triumpho 
CcHsaris et libelle illo pontica lingua composito, quœ || incuria temporum 
perieraat, Jacobus Rubeus natione || gallicus honestissimo loco natus ad uti- 



lu-folio. 




282 



MÉLANGES GRAUX. 



lilatem viven||liuni necnon et posterornm iropressit. || Nicolao Marcello dace 
inclyto Venetiarum. || M CCCC LXXnil. » 
In-folio. — N« «2138 de Hain. 

Volumes enluminés avec soin. — Les armes d*un prélat de la maisoD d'Ara- 
gon sont peintes au bas de la première page du premier volume ; la cote 
iiii"xn est en tête de cette page. — Au haut de la première page du tome 11, 
la cote B lxuii. — Les deux volumes sont reliés aux armes et aux marques de 
Henri IL 

Y im A du catalogue. 

106. Les Fastes d'OviDE. 

Titre mis en tête de la première page en lettres gothiques : « Nasonis 0?i- 
dii Fastorum liber pn||mus fœliciter incipit. » — Souscription finale : « Finis VI 
Fastorum Ovidii || ad Ti. Cesarem Germanicum Aug. » 

In-quarto. — Lettres rondes, i7 ou 18 lignes à la page, sans réclames el 
sans signatures. 

Au haut de la première page, la cote ii«ini"ii. 

N«Y 4io3du catalogue. 

107. Dictionnaire de Papias. 

Souscription finale : « Imprcssum Mediolaui per Dominicum de Ves||polaie, 
anno Domini M CCCC LXXVI, die xii || mensis Decembris. » 
In-folio. — N<» 12378 de Hain. 

Au commencement, sur la page qui contient les vers de Bonino Mombrizio, 
se voit la cote ii«ini"xi. 

X 52 de l'inventaire de la Réserve. 

108. Les Lettres de Phalaris. 

Souscription finale : «Phalaridis tyranni Agrigentini || epislole ad illustrera 
principeni Ma||Iatestam per Franciscum Aretinum || translate féliciter expli- 
ciunt. » 

In-quarto. — Probablement le n* 12883 de Hain, qui attribue cette édition 
à Sixtus Riessinger, de Naples. 

Au haut de la première page, la cote clxxix. 
N« 1 543 du catalogue. 

109. Traduction italienne des lettres de Phalaris. 

In-quarto. — Caractères ronds, 27 lignes à la page. 
Au bas de la première page, les armes du roi Ferdinand. 
Z 543 du catalogue, deuxième partie du volume. 

110. La traduction italienne du Traité d'agriculture de Pierre de 
Crescentiis. . 

Souscription finale : (dmpressum est hoc opus Ploren||tie per me Nicho- 
laum, diocesis || Yratislaviensis, die || xv mensis Julii, || anno Domini 



MliCCCC LXXVni. » 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 283 



In-folio. — N« 5837 de Hain. 

Exemplaire soigneasement enluminé. — Au bas de la première page du 
texte, les armes du roi Ferdinand, écartelé, au i et 4 tiercé en pal, Hongrie, 
France et Jérusalem ; au 2 et 3, Aragon. — Au haut de la môme page, la cote 
ii^xux (on avait d'abord rais ii<»xlv). 

y S 270 du catalogue. 

111. Les Vies des papes par Platina. 

Souscription fînale : « Excellentissimi historici Piatinœ in vitas summorum 
pontificum ad Sixtum || IIII pontiiicem maximum preclarum opus fœliciler 
explicit, aecurate casligatum, || ac impensa Johannis de Golonia Agripinensi 
ejasqoe socii Johannis Mathen || de Gheretzem, iti idus Juuii (sic) impressum, 
anno salulis Chris tianœ M CCCC||LXX1X. Laus Deo. » 

In-folio. — N« 13045 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé. Au bas de la première page du 
texte sont les armes du cardinal d'Aragon. — Sur la première page blanche, 
U note : Tabula historiœ III versus fenestram \\ in medio \\ Liber YIIIL 

N* H 63 de Tinventaire de la Réserve. 

112. Traduction latine des œuvres de Platon par MarsileFicin. 

Souscription finale : « Impressum Florentie per Laurentium Venetum. >» 
In-folio. — N« 13062 de Hain. 
Au haut de la première page, la cote B lxix. 
R 10 du catalogue. 

118. Les Comédies de Plaute. 

Souscription finale : « Plautinœ viginti comœdiœ, linguœ latinœ deliciœ, 
magna ex parte emen||datse per Georgium Alexandrinum, de cujus erudi- 
tione et diligentia in||dicent (ne) legentes. Impressœ fuere opéra et impendio 
Joannis de Colonia || Agripinensi atque Yindelini de Spira. || Yenetiis 
MCCCCLXXII, Nicolao Throno principe || jucundissimo et duce fœlicissimo. » 

In-folio. — N» 13074 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la cote cxi. 

Reliure aux armes et aux marques de Henri II . 
Y 594 du catalogue. 

113 ln$. Les Comédies de Plaute. 
Autre exemplaire de la même édition. 

Au bas de la première page du texte sont peintes les armes du roi Ferdi- 
nand. ~ Au bas de la dernière page, la cote A lv. 

Reliure aux armes et à la marque de Henri II. — Ce volume a jadis porté 
à la Bibliothèque du roi les cotes ccccxxxii et 236 ; il est aujourd'hui conservé 
i la Bibliothèque Mazarine. 

114. L*Histoire naturelle de Pune. 

Souscription finale : «Caii Plynii Secuodi naturalis historiœ libri triceslHmi 




284 



MÉLANGES GRAUX. 



seplimi et uUimi finis, impressi Parmœ, ducta et || impensis mei Stephani 
Coralli Lugdunensis M CCCCULXXVI, régnante invictissimo pnncipe Galcaceo 
Mallria Mediolani duce quinto. >» 
In-folio. — 13091 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé. — Au haut de la première page, la 
cote B Lxxii. 

N« S 7* du catalogue. 

115. L*Histoire naturelle de Pline. 

Souscription finale : « Caii Plynii Secundi naturalis hystoriœ liber tricesi- 
mus septimus et uUimus finit. || Parmœ impressus opéra et impensa Andreœ 
Porliliffi, anno nativitatis Domini M||CCCC LXXXI, octavo idus Julii, régnante 
illustrissimo principe Joanne Galeazo || Maria duce Mediolani. » 

In-folio. — N» 13094 de Hain. 

Au haut de la première page (signée : a 2) la cote lxx. — Au haut du recto 
du feuillet blanc qui précède, la note Tabula II medicine || liber XHX. 
N« S 8 du catalogue. 

116. Traduction italienne de THistoire naturelle de Pune. 

Souscription finale : « Opus Nicolai Jansonis Gallici, || impressum || anno 
^ salutis M CCCC LXXVI, || Venetiis. » 
In-folio. — N<» 13105 de Hain. 
Au bas de la dernière page, la cote A xxuii. 
N« S 22 du catalogue. 

117. Traduction itaHenne de THistoire naturelle de Pline. 

Souscription finale : « Opus magistri Philippi Veneti, impressum an||no 
salutis M CCCC LXXXI, Venetiis. » 
In-folio. — NO 13106 de Hain. 
En tête du feuillet signé a 2, la cote cxi. 
S 23 du catalogue. 

* 118. Les Lettr/es de Pline. 

Souscription finale : « Absolutum opus epistolarum C. Plinii Ju||nioris, 
Neapoli, millesimo quadringentesi||mo septuagesimo sexto, mense Julii. Il 
Impressit Mathias Moravus, vir singularis injjgenio et arte. Recognovit Junia- 
nus Mains jj Parthenopeus, rhetor publicus, summa cura || summaqne dili- 
gent ia. » 

In-folio. — NM 31 11 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé. — Au bas de la première page est 
peint un écu d'argent à Faigle de sable; à droite et à gauche de Técu, sont 
dorées les initiales I et A. — Au bas delà dernière page on lit : « Ego Jo. An- 
tonius Pet. || Die vu* mensis Novembris, || M CCCC LXXXI, periegi || Neapoli 
omnes epistolas Pli||nii diligentissime, non tamon || omnes emendavi...» 
Z 646 du catalogue. 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 



285 



119. Les Vies de Plutarquk, traduites en latin, tome I. 

Souscription de la table mise en tête du volume : «Anser Tarpeii, etc. >' 
comme plus haut, article 34. 
In-folio. — N» 13125 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé; au bas de la première page du texte 
sont peintes les armes dWlphonsc, duc de Galabre, écartelé, au i et 4 d'argent 
à la croix de sable ; au 2 et 3, Aragon. — Au haut de la première page, con- 
tenant la préface de Gampanus, la cote CLxvni, et la note Tabula artis mili- 
taris ini versus || fenestram in medio. || Liber VIIIL 

N« J 95 de llnventaire de la Réserve. 

120. Les Vies de Plutârque, traduites en latin, toitle II. De la 
même édition que le volume précédent. 

In-folio. — N* 13125 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé. Une place, destinée à recevoir des 
armes, est restée en blanc au bas de la première page. Sur un feuillet de 
garde au commencement, la note Tabula artis militaris Ull versus fene\\stras 
in medio, \\ Est alius, 

J 96 de Finventaire de la Réserve. 

121. Les Vies de Plutarque, en italien. 

Souscription finale : « Finisce la prima parte délie vite de Plutarcho, tra- 
dacte per || Baptista Alexandre de Riete, et stampate || in Aquila adi xvi de 
septembro MGGGG LXXXII || per maestro Adam de Rotuuil alamano || stampa- 
tore excellente, con dispesa del || magnificho signore Lodovicho || Torto et 
delli speclabiii ho||mini ser Dominicho de || Montorio et de ser || Lodovicho 
de CaBmillis de Asculo || ciptadino de || Aquila. || LausDeo. Amen. » 

In-folio. — N» «3132 de Hain. 

A la fin de la dernière page, la cote A xxxvm. — Au haut du recto du 
feuillet blanc qui est en téte, le nom : cont, d, Ducent, 
J 110 de l'inventaire de la Réserve. 

122. PoMPONius Mêla. 

Souscription finale :« Pomponii Mellœ cosmographie liber || explicit. || 
Veueliis, xv noveuibris M.GGGG.LXXVII. >> 
In-quarto. — N« 11015 de Hain(l). 

Au haut de la première page du texte on lit : Tabula historié III versus 
kostiwn II ad terram liber et est alius. 
V G 2015 de finventaire de la Réserve. 

123. QCUITE CURCB. 

Souscription finale : « Finis Gestorum Alexandri magni, que Q. Gurtius || 

(1) L'édition enregistrée par Hain sous le ii« 11012 ne parait différer de celle-ci 
que par la suppression de la souscription finale et par de légères modifications de 
composition. Notre volume G 2016 de la Réserve répond à Tétat décrit par Hain 
tous le n* U 012. 




286 



MÉLANGES GRAUX. 



Rufus Yir Romanus litieris maodavil, et Pomponitis || nostro tempore correût, 
ac Georgius Laver impressit. » 
In-foUo. — 5879 de Hain. 

Note mise à Tencre rouge, sur un feuillet blanc qui termine ce Tolume : 
a Q. Curtius (plusieurs mots effacés), quem emi quom (sic) studerem annoDo- 
mioi IIMCCCC LXXII*^, etatisque mea; xix<*, ducato uno et carlenis qnattaor. » 

Au haut de la première page, la cote clviii, et la note Tabula arlis mUi- 
taris lUI ad tenam. || Sunt alii. 

N® J 80 de rinventaire de la Réserve. 

124. Les Institutions de Quintiuen. 

Souscription finale : « Quintiliani, summi rhetoris et eloquentissimi, decla- 
mati||ones exactissime recognitas Lucas Venetus, Dom'mici filius, || ingeniosus 
artifex, diligenter impressit, Venetiis, anno sa]u||tisM.CCCC.LXXXI,nii nouas 
Augusti. » 

In-folio. 

Au bas de la dernière page, qui contient le registre, la cote A xlv. 
N® X 334 de l'inventaire de la Réserve. 

125. Les Sermons de Robert Caracgiou pour le Carême, en 
italien. 

Souscription finale : « Finisse el Quadragesiroale dd ve||nerabile magislro 
Roberto, fa||cto a complacentia e devotione || de la sacra majesta del re Fe- 
ran||do. || Nel mille quattrocento settauta || sei, a di ultimo di septembrio. || 
Finis. » 

In-folio. — N« 4445 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la cote xlvi. 

N» D 635 de Tinventaire. 

126. Sermons de Robert Garacciou. 

Souscription finale : « Geleberrimi théologie magisti'i^necnon sa||cri elo- 
quii preconis fratris Roberti, episcopi || Aquinensis, ordinis Minorum pro- 
fessoris, sermones || quadragesimales, de adveutu et de timoré || judiciorum 
Dei, cum quibusdam aliis annexis, || féliciter expliciunt. || Impressi civitate 
Venetiarum per Octavia||num Scotum Modoetiensem, || MGGGCLXXXII, pridie 
kalen||das Februarii. » 

In-quarto. — N» 4463 de Hain. 

Au haut de la première page imprimée, la cote xxxiii. 

N<> D 5<74 de Tinventaire. 

127. Les Sermons de Robert Caraccioli pour TAvent. 

Titre mis en tête de la première page des sermons : « Ruberti de Licio, ex 
ordine Minorum, || in theologia peritissimi, vcrbi Dei in || hac etate oratoris 
eloquentissimi, predi||cationes a prima dominica de adventu || quottidie inclu- 
sive usque ad quartam et || de festivitatibus a nativitate Domini usque || ad 
epiphaniam, cum nonnullis aliis suis || predicationibus, féliciter incipiunt. » 



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L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 287 



In-qaarto. — Édition non mentionnée par Hain. — Caractères gothiques ; 
deox colonnes ; quarante lignes à la page. 

La première page est soigneusement enluminée; an bas de cette page sont 
peintes les armes du roi FerdinaDd. — Sur la page blanche de la fin, les mots 
primo almario. 

iV D 5181 de Tinventaire. 

128. Le Miroir de la vie humaine , par Rodrigue, évèque de 
Zamora. 

Souscription finale : 

« Edidit hoc, lingne clarissima norma latine, 

ExceUi ing^nii vir Rodoricus opus. 
Qui norme angelica est castos bene fidus in arce, 

Sub Panli Veneti nomine pontiflcis. 
Claret in Italici Zamorensis episcopus ausis 

Eloquii, it superos gloria paria Tiri. 

Hoc Conradas opas Saueynheym ordine miro 
Amoldusque simul Pannarts, una ede colendi, 
C^te theotonica, Roma expédiera sodales. 

\n domo Pétri de Maxime M CCCC LXVIII. » 
hi-folio. — N« 13939 de Hain. 

La première page est soigneusement enluminée. Au bas de cette page est 
peint on éco d*argent à Taigle de sable. Au haut de la même page, -la cote 
aui^vni. 

R 469 da catalogue. 

129. OEavres de Salluste. 

Souscription finale : u Yenetiis per Baptistam de Toitis || MCCCCLXXXI, 
die xim Decembris. » 

in-folio. — N« 14211 de Hain. 

An haut de la première page, la cote cxviii, et la note : Tabula artis mili- 
Uarii nu versus fenes\\tram in medio, \\ Liber XL 
N* J 283 de l'inventaire de la Réserve. 

129 bis. Œuvres de Sénèque. 

Souscription finale de la première partie : « Sub domino Blasio Romero 
mooacho Popnleti philosophe ac theologo celebri est im||pressum hoc opus 
in dvitaie Neapolis, anno Domini M LXXIIHl (sic), divo Ferdinando re||gnante. » 

In-folio. — N« 14390 de Hain. 

Au bas de la première page, qui est soigneusement enluminée, sont peintes 
les trmes du roi Ferdinand. — Au haut de cette même page, la cote ii<^lxx. 
M R 4i5 du catalogue. 

130. Les Lettres de Sénèque. Édition sans lieu ni date, enregistrée 
par Hain sous le n"" 14397 

lo-foUo. 



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288 



MELANGES GRAUX. 



Au haut de la première page, la note : Tabula eloquerUie ad ierram, | Stmt 
alii, 

N« Z 675 du catalogue. 

131. Commentaires de Seryius. 
Souscription finale : 



« In commune bonum mandasti plurima formis, 

Ralisponensis gloria Cristophore : 
Nunc etiamdocti das commentaria Servi, 

In quibus exponit carmina Virgilii, 
Divulgasque librum qui ràrior esse solebat, 

Ut parvo pretio quisque parare queat. 
Hune emite, o juvenes : opéra carbonis ad unguem 

Correctus, veslris senrlet ingeniis. 



M CCCC LXXI. » 

in-folio. — 14705 de Hain. 

Première page soigneusement enluminée; la marge inférieure conlieut les 
armes du roi Ferdinand. 
N<» Y 809 du catalogue. 

132. Poème de Siuus Itaucus. 

A la fin, notice sur Tauteur, qui se termine par les mots : « ... Opas jam 
neglectum Pomponius re||cognovit, anno Domini MGCGGLXXI, vi calendas|| 
Mai, Rome. » 

Grand in-quarto. — 14734 de Hain. 

Sur la première page, qui est soigneusement enluminée, on voit les armes 
du roi Ferdinand, et la cote A m. 
t N« Y 1313 du catalogue. 

133. La Géographie de Strabon. 

Souscription finale : « Strabonis Amasini scriptoris illustris geographiœ 
opus finit, quod Joannes || Yercellensis propria impensa Tiventibus posterisqoe 
exactissima diligentia || Imprimi curaTÎt. Anno salutis MGGGGLXXX, seplimo 
kalendas Sep^mbris. » 

In-folio. — No 15089 de Hain. 

Exemplaire dont les marges sont couvertes d'annotations. — Au haot do 
feuillet signé a ii, la cote B lvih, et les mots : Tabula historié lll versus ho- 
stium II in medio. Liber XX. 
G 17 de rinventaire. 

134. SuÉTONB. 

Souscription finale : « Aspicis illustris lector, etc., » comme plus haat, ar- 
ticle 17, avec la date « M.CCCC.LXX. >> 
In-folio. — N'o loH6 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé. — Au haut du verso du premier 
feui^t, la cote B xxxix. — Au bas de la première page du texte, sur an écu 




L. DËLISLE; — ANCIENNES IMPRESSIONS. 289 



d'azar, un lion et une épée peints au naturel. — An hant de la mêmé page, la 
note : Tabula arHs miUiaris ini versus fene\\stras ad terram. \\ Est alius. — A 
U fin, SUT le Terso da dernier feuillet resté en blanc : Gransenescarco. 
IV^ J 316 de FinTeutaire de la Réserve. 

135. Suétone. 
Souscription finale : 



MCCCCLXXI. » 

In-quarto. — N* 15117 de Hain. 

Au haut de la première page : Tabula artis miUtaris milUaris (sic) nn\\ 
venus fenestras in medio. \\ Sunt alii. 
N* J 1241 de rinyentaire de la Réserve. 

136. Suétone. 

Souscription finale : « Aspicis iUnstris lector, etc., » comme pins haut, ar- 
ticle 17, avec la date : « M.CGCC.LXXII. H die xvii Septemhris. » 

In-folio. — 15118 de Hain, qui donne pour date le 27 septembre au lieu 
do 17 septembre 1472. 

Au haut du feuillet blanc qui est au commencement du livré, le nom Se- 
eretorto, et les mots : Tabula historié UI versus hostium \\ in medio. Est (Uius, — 
A la Ûn, la cote iiii^iii. 

J 320 de Tinventaire de la Réserve. 

187-139. SuÉTONR et les écrivains de THistoire Auguste. Édition 
de 1475. Exemplaire divisé en trois volumes, probablement depuis 
Torigine. 

137. Tome I. A la suite d'une épltre de Bonus Accui^ius Pisanus à « Gic- 
dms Simoneta >», le texte de Suétone, précédé d'un titre imprimé au verso du 
feaillet4 : « In hoc co||dice continen||tur Caius Suetoni||us Tranquillus de XII 
LCaesaribns, AeliusSpartia||nu8, Julius Gapitolinus, Aelius La||mpridius, Tre- 
▼diius Pollio, Fla||vius Vopiscns, Eutropius || et Paulus diaconus, || de regûm • 
ae imperllatorom Roman||orum vita. » — Souscription finale de la première 
partie : « Ifediolani impressum per magistrum Philippum de Lavagnia, || 1475, 
^ 20 Jnlii. » 

138. Tome II (faussement intitulé au dos tome 111). A la suite de quatre 
feuillets préliminaires, on lit ce titre au haut d'un feuillet signé A 2 : « In hoc 
eodice continent ur || vitae diversorum principum et tyrannorum a divo Ha|| 
dnano usque ad Numeria||nnro a diversis scriptoribus || compositae. || Spar- 
tiani vita HadrianL.. » 

139. Toine III (faussement intitulé au dos tome II). Contient le texte d'Eu- 
trvpe et de Paul Diacre, se termine par la souscription m Informatum est 

MÎULIIOBB ORAUX. 19 



« Hoc ego Nieoleos gailas cognomine Jenson 



Impressi. Mine quis neget artit opus ? 
Ai tibi dam legiiur docili Suetonius ore, 
Artificis nomeu &c, rogo, lector ames. 




290 



MÉLANGES GRAUX. 



hoc opus per magisimm Philippum de Lavagna, ao||no a nativitate ChrisU 
MCCCGLXXV, undecimo kalendas Januari||as, Mediolani. » 
In-foUo. — 14561 de Hain. 

Dans le tome I, au haut de la première page du texte : Tabula kUtorie UI 
venus hostium in \\ medio. || Liber XVL 

Dans le tome II, au haut de la première page la cote cxxvi. 

A la fin du tome III, la cote ciiii^^xiiii. 

N«* J 321 , 323 et 322 de TinTentaire de la Rèserre. 

140. Les Comédies de Térbiige. 

Souscription finale : u Aspicis illustris lector, etc., » comme ploshaat, ar- 
ticle 17, moins les deux derniers vers, et arec la date : « M.GGGC.I^XXII, Il 
die X Decembris. » • 

In-foUo. — N« 15373 de Hain. 

Première page soigneusement enluminée. — Au bas de celte page, les 
armes d'un prélat de la maison d'Aragon. — Au haut de la même page, la 
cote B xxYii. 

N« Y711 du catalogue. 

141. Les Comédies de Térgnce. 

Souscription finale : « Terenlii Aphricani poète comici comédie |j finiuDt 
fœliciter. Impresse Neapolianno salujjtis MGGGGLXXXI,xxviiidie Maii. » 
In-folio. - NO 15382 de Hain. 

Sur le recto du premier feuillet, qui est resté blanc, on lit la note : Tabula 
poetice in te[rra], \\ Sunt ahï, et le nom : Precepe d. Vesengnano, — Au haat 
de la première page du texte, la cote A iiii'^ii. 

N® Y 646 du catalogue. 

142. Les Comédies de Térence. 

Souscription finale : « Terentii Aphri poète comici come||die finiunt fœli* 
citer, per Johannem jj Hugonis de Gengenbach. » 
In-folio. 

Au bas du verso du dernier feuillet se distinguent les restes des mots : 
Duca de Amerfe. 

N® Y 647 du catalogue. 

143. Partie de la Somme de saint Thomas connue sous le titre de 
« Secunda secundse ». 

Souscription finale : « Finit secunda secundc illuminati doctojjris sancU 
Thome de Acquino, impressa || hac in urbe Roma, toUus mundi regioa jj ac 
dignissima impératrice, per egregios || viros Sjmonem Nicolay Lncensem et 
majlgistrum Udalricum Gallum alamanum, jj anno Domini MCCGGLXXIIHJ 
die prima mensis Octobris, sanctissi||mi domini nostri Sixti pape quarti pon- 
ti||ficatus anno quarto. » 

lo-folio. — N* 1461 de Hain 



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L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 29Li 



La première page est soigneusement enluminée. — Au bas de cette page, 
les armes du roi Ferdinand. — Au haut de cette page, la cote cvi. 
N» D 1 14 de rinventaire. 

144. La troisième partie de la Somme de saint Thomas. 

Souscription finale : « Expliciunt additiones tertio partis Summe || sancti 
Thome de Aquino de ordine Fratrum|| Predicatorum, impresse ductu ac im- 
pendio || providorum virorum Jo. de Colonia Jo.que || Mathen de Gheretzem 
sociorum, amio || salutis dominice MCCCCLXXVIll**, pridie || idus Madii. Laus 
Deo. » 

In-folio. — xV 1469 de Hain. 

An haut de la première page, la cote cvii. 

N« D 117 de rinventaire. 

145. Questions de saint Thomas. 

Souscription finale : m Impressit Rome ingeniosus vir Ai*noI||dus Pannartz^ 
nalione germanus, in do||mo clan civis Pétri de Maximis, anno incar||ti (sic) 
Veri>i M.CCCC . LXXVI, die irigesima mensis || Januarii, sedente Sixto IIIl pouti- 
fice maximo, || anno ejus Y. » 

In-folio. — N« 1420 de Hain. 

La première page est soigneusement enluminée. — Au bas de cette page 
sont peintes les armes du roi Ferdinand. — Sur la page préliminaire, où se 
troove la lettre de « Joannes Franciscus Yenetus », on voit la cote cvii. — 
Sur la page blanche qui est en tête du volume, une main exercée a tracé les 
mots : Quetiiones sancti Thome de veritate. \\ Joan Marco. 

N« D 123 de rinventaire. 

146-148. Les Décades de Tite-Livb. 

Souscription finale : a Aspicis illnstris lector, etc., » comme ci-dessus, ar- 
ticle 17. 

In-folio. — N» 10128 de Hain. 

Exemplaire divisé en trois tomes. — Au haut de la première page, la cote H 
et la DOte : Tabula oi'tis miUtaris Ull versus fene\\stras in medio, Sunt alii. — 
A la fia du tome 1, qui renferme beaucoup d^annotations, on lit cette note : 
• Jo. AdL Petrut. comes Policastri perlegit. » 

N** J 210-212 de rinventaire de la Réserve. 

149. Autre exemplaire de la même édition de Tite-Liye. 
In-folio. — N» 10128 de Hain. 

Exemplaire coupé en deux vokimes et soigneusement enluminé. Au bas de 
la première page du texte sont peintes les armes d'Alphonse, duc de Calabre : 
éeârtelé, 1 et 4 Aragon, 2 et 3 d'argent à la croix de sable. 

N«« J 213 et 214 de l'inventaire de la Réserve. 

160. Les Décades de Tite-Liye. 

Souscription finale : « Anser Tarpeii, etc., » comme plus haut, article 34. 
In-folio. — N« 10129 de Hain. 



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292 



MÉLANGES GRAUX. 



Exemplaire soigneusement enluminé, coupé en trois volumes. — Âa bas 
de la page finale, la cote clxiii. — Sur le deuxième des feuillets blancs qm 
sont à la fin dn tome 111, se lit le nom : Duca éT Asseoie. 

N«* J 215-217 de l'inventaire de la Réserve. 

151. La première décade de TirB-Liys, de la même édition qae 
Tarticle précédent. 

In-folio. — 10129 de Hain. 

An haut de la première page, la cote JB lxxvii. 

N« J 218 de rinventaire de la Réserve. 

162. Autre exemplaire de la première décade de Tite-Live, delà 
même édition. 

In-folio. — N* 10129 de Hain. 

Exemplaire soigneusement enluminé, mais mal conservé. — An haut de la 
première page, la note : Tùbula kUUnie ttl versus hosHum || ad ierrm, \\ li- 
ber XXL 

J 625 de Tinveulaire de la Réserve. 

168. La troisième décade de Tite-Liye, de la même édition que 
les articles précédents. 

In-folio. — N« 10129 de Hain. 

Au haut de la première page, la note : Tabula artis militaris îlîl m medio 
Il versus fenestras. \\ Suni alii. 

N* J 219 de l'inventaire de la Réserve. 

164. La première décade de Tite-Liye, en italien. 

Volume dépourvu de souscription, parce que, dans la pensée des impri- 
meurs, il ne devait pas être séparé de celui qui suit. 
In-foiio. — 10144 de Hain. 

Au bas de la dernière page du texte , la cote A lx. — Au haut du verso do 
feuillet blanc qui termine le volume, le nomprenctpe d. Visengnano, 
J 237 de l'inventaire de la Réserve. 

166. La troisième décade de Tite-Live, en italien. 

Souscription finale : « Décades ambe cum sequenti quarta || in uno volo- 
mine impresse fuerunt in ur||be Romana, anno Ghristi millesimo || quattuor- 
centesimo (sk) sexagesimo {pour septuagesimo) sexto, se||dente Xisto quarto 
pontifice maximo. » 

In-folio. — 10144 de Hain. 

Au bas de la dernière page du texte, la cote A xi. — Sur le feuillet blanc 
qui est en tête dn volume, le nom prencepe d, Vesengnano. 
N« J 238 de Tinventaire de la Réserve. 

188. La quatrième décade de Tite-Liye, en italien. 
So«scriptioQ finale : « Régnante il sanctissimo et beatissiflmo padre Xjsto 




L. DELISLE. — ANCIENNES IMPRESSIONS. 293 



pontifiee maximo, || in nel qninto anno del suo felice || pontiflcato, a di XXX 
di maggio, in || Del anno dalla incarnatione di Chn||sto MGGGGLXXVI fu im- 
pressa Il la présente deca in nella citia di || Roma, appresso al palaiio di San 
Marco. » 

In-folio. ^ N« 1014^ de Haîn. 

An bas de la dernière page dn texte, la cote ciiu^vi. — En tête du pre- 
mier feuillet blanc placé an commencement du volume , le nom Tprence^e d, 
Vesmgnano. 

N« J 239 de TinTentaire de la Réserve. 

157. La première décade de Tite-Live, en italien. 

Souscription finale : « Hanc Titi Livit Patavini bistorici decadem || de rébus 
•b urbe condita foris domique ge||stis, a Petro Madio correctam atque emenda- 
lltam, Antonios Bononiensis imprimendi arlipcio celeberrimus artifex summa • 
com diljligentia Venetiis impressit. » 

In-folio. — N« 10143 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la cote A xlix. — A la fin, sur le bois qui 
forme le plat de la couverture : Yulgari kiitariei no. Xttl. Reliure originale, 
en bob recouvert de cuir estampé. 

V J 240 de rinventaire de la Réserve. 

158. La troisième décade de Tite-Liye, en italien. 

Souscription finale : « Finisse la terza decha de Tito Livio patavino || delà 
sêconda guerra carthaginese, impressa in Yene||tia da maistro Antonio da 
Bolognia, régnante || Sixto quarto pontifice maximo ac Andréa Yenjjdramino 
prmdpe integerrimo imperante. M.GGGG.LXXVIII. » 

In-folio. — N« 10145 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la cote A xx. — Sur le feuillet de parchemin 
eollé contre le plat de la fin, la note : Vulgari hist<nici no. XÏU. 
Reliure originale en bois recouvert de cuir estampé. 
M J 241 de l'inventaire de la Réserve. 

168. Traduction italienne des Décades de Trre-LiYB. 

Souscription finale : <c Finita la quarta Deca de Tito Livio padova||no hysto- 
rieo dignissimo, irapressa per maestro || Octaviano Scoto in la dictione de 
Sixto quarto || pontifice maximo ac Joanne Mozenico principe || celeberrimo 
aelMCCGGLXXXI, a di xxvni de Giu||gno, in Venetia. » 

In-folio. — N« 10146 de Hain. 

Au haut de la première page de la table préliminaire, la cote iin^xvin. 
N* J 243 6<f de l'inventaire de la Réserve. 

160. Les neuf livres de Touvrage de Valère Maxime. 

Souscription finale : « Opus Valerii Maximi, cum Omniboni Leoniceni viri 
pratantissimi exaaminata (sic) in||terpretatione, féliciter explicit. Impressunn 
per Johannem de Foriirio et socios ejus, regnan||te inclito domino Jobanne 




294 



MÉLANGES GRAUX. 



Mozenico , principe Venetiarum, anno Domini MGCGGLXXXII, || die xvm Jn- 
oii. » 

In-folio. — M 15786 de Hain. 

La première page du texte est soigneusement enluminée. — Au bas de 
cette page sont peintes les armes du cardinal d*Aragon. — Au haut de la page 
préliminaire, qui contient Tépltre de « Raphaël Regius », la note Tabulahisto- 
rie III versus hostium || ad terrant. Liber L — Au haut de la première page de 
la table, la cote B iiii^tiii. 
Z i70l du catalogue. 

161. Les neuf livres de l'ouvrage dé Yalère Maximb. 

Souscription finale : « Opus Valerii Maximi cura nova ac pneclara Oliverii 
Arzignanensi || vin prœstantissimi examinata iuterpretatione. ImpressnmVene- 
tiis, Il arte et impensis Bemardini de BenaUis,anno salutis || MGGGGLXXXYllI, 
dieviiu Novembris. Fœliciter finit. » 

In-folio. — 15790 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la cote xxx. — Au haut de la première page, la 
note Tabula arlis militaris in medio, \\ Hber 17. 
Z 1206 du catalogue. 

162. La YiE, la mort et les miracles de saint Jérôme, en italien. 
Souscription finale : 



n Qui si contien del glorioso e degno 
Hieronymo la vita el bel finire 
Chel fece a nostro exemplo per salire 
Con verde palma nel beato regno. 

Quem legis impressus dum stabit in sere caracter, 
Dum Don loDga dies vel fera fata prement, 

Candida perpetuse non deerit fama Cremonse, 
Phidiacum hinc superat Bartbolomeus ebur. 

Cedite chalcographi : millesiraa vestra figura est, 
Archetypas fingit solus ai iste notas. 



MGGGGLXXIll. Nicolao Truno du||ce Venetiarum régnante, impres||sam fuit 
hoc opus foeliciter. » 

In-quarto. — N« 8637 de Hain. 

La première page est très soigneusement enluminée; on y a peint les ar- 
mes du roi Ferdinand. — Au bas de la dernière page du texte, la cote B xi. — 
Au verso de cette page le nom : Messet^e Akxandro. 

N« H 976 de l'inventaire de la Réserve. 

163. La Vie de saint Jérôme, en italien. 

Souscription finale : « Fin de la vita et del transite et de || molli miraculi 
de lo excellentissi||mo doctore Hieronymo. || Impressa in Trevisio per lo dili- 
gente Il homo maestro Michèle Manzolo || da Parma nel anno MGGCCLXXX, |J 
a di xxviiii del mese de marzo, regnan||te lo inclito principe de Venetia // 
Jeanne Mocenico. >» 




L. DELISLE. ~ ANCIENNES IMPRESSIONS. 



295 



In-qqarto. — N« 8642 de Hain. 

Ao bas de la dernière page la cote cvi. — Au haut do recto du premier 
feuillet laissé en blanc, le mot Rex. — Sur le papier collé contre le plat de la 
fin, la cote : Vulgari no. XVmL 

Reliure originale en bois recouvert de cuir estampé. 
H 598 de l'inventaire de la Réserve. 

164. Les YiBS des Pères, en italien. 

Souscription finale : « Finiscono le vite de sancti patri, con || ogni diligentia 
impresse da maestro || Gabriel di Pietro da Trivisio, in || Venetia, ne gli anni 
dil Signore cur||rente M CCCC LXXV, régnante misser || Pietro Mozenico prin- 
cipe di Ye||netia. » 

In-folio. — 8615 de Hain. 

Première page soigneusement enluminée. Au haut de cette page , la cote 
A Lxvii. — Sur le papier collé conti'e le plat du commencement, le mot Bloys, 
Reliure originale en bois recouvert de cuir estampé. 
N* H 1 16 de l'inventaire de la Réserve. 

166. Les Vies des Pères, en italien. 

SoQscription finale : « Explicit vita sanctorum patrum. || Hermannus Lich- 
tensten Colo||niensis, probatissimus librarie || artis exactor. Impressum Vi||cen- 
tie aono Domini MCCCCLXXIX. » 

In-folio. — 8620 de Hain. 

Les enluminures de la première page sont restées à Tétat d*ébauche. 

Sur le dernier feuillet le mot Gransenescarco, — Sur le papier collé contre 
le plat de la fin, la cote Vulgari theologi no. XVIUI. — Sur le papier collé 
contre le plat du commencement, le mot Bloyi. 

Reliure originale en bois recouvert de cuir estampé. 

N* H 117 de l'inventaire de la Réserve. 

166. Les Vies des Pères, en italien. 

Titre : « Vita di sancti padri vulgare historiata. » Souscription finale : « A 
lande e gloria del omnipotente Idio et de la gloriosissima ver||gine Maria, qui 
finisse le vite di sancti padri vulgare, hystoria||le e stampate nel aima citta de 
Venetia per Gioanne dicho de||ca de Parma, ad instantia di Luchantonio di 
Ginnta florentine, || sotto gli anni de la nostra redemptione MCGGGLXXXXIII, 
II a di m di februario, sotto el ponlificato de Alexandre sexto, re||gnante Au- 
gustino Barbadigo inclito principe de Venetia. Finis. » 

In-folio. — N« 8625 de Hain. 

An Terso du premier feuillet, la cote fi iiii^^x. 

N* H 118 de l'inventaire de la Réserve. 

167. CEavres de Yibgilr. 

Souscription mise à la fin de la partie préliminaire : 



« Quem legis impressns dam stabit in sere caracter, 
Dnm non longa dies vel fera iata prement, 




t96 



MÉLANGES GRAUX. 



Candida perpeluœ non deerît fama Cremonse. 

Phidiacum hinc superat Bartholomœas ebur. 
Cedite chalcographi, miUesima vestra figura est, 

Archetypas fingit solus at iste notas. 



Finis. Il MCCCGLXXn, Nicolao Truno || principe Venetiaram regnan;|te, qoae 
in hoc vojllumine continen||tur fœliciter || impressa || sunt. » 

Sur le feoillet blanc qui est en téte on lit cette note : Tabula poetice ad 
ierram. Sunt aUi. 

N« Y8i1 du catalogue. 

168. OBavres de Virgile. 

Souscription finale : « Prœsens hœc Virgilii impressio poetœ || clarissimi in 
aima urbe Roma facta || est, totius mnndi regina et dignissima || impératrice, 
quœ, sicut prse cœteris ur||bibus dignitate prœest, ita ingeniosis || virb est re- 
ferta, non atramento, plumali || calamo neque stylo 8?reo, sed artiflciosa || 
quadam adinventione imprimendi || seu characterizandi opus sic effigiaturo || 
est, ad Dei laudem industriœque est con||sumatum perUdalricum Gallam et|| 
Simonem de Luca, anno Domini || MCCCGLXXllI, die Tero un || mensis No- 
yembris, pontiflcatu vero || Sixti divina providentia pape quarti, || anno ejas 
tertio. » 

In-folio. 

Au haut de la première page, la cote cnii"iiu. 
N« Y 8i2 du caUlogue. 

169. Œuvres de Yibgile, avec le commentaire de Servius. 

Souscription finale : « Omnia hœc volumina qaœ Virgilius Maro, || vates 
eminentissimus, composuit, una cum || Servii Honorati graminatici commeo- 
tariis, ac || ejusdem poeiœ vita, mira quadam arte ac di||ligentia impressa 
sunt Venetiis , per Jacobum || Rubeum , natione gallicum , anno Domini 
M.CGGC.LXXV, mense Januarii, || Petro Mozanigo, inclyto duce Veneliarom. » 

In-folio. 

Au haut du premier feuillet, la cote clxii. 
N«Y 814 du catalogue. 



11 quater. Philosophie naturelle d^AaisTOTE. 

Souscription finale : « Expliciuut opéra Aristotelis de naturali philoso- 
phia, impres||sa Venetiis, duce inclito Jeanne Mocenico, per magistrum Phi-Il 
lipum Venetum, ejusque impensis, diligentissime emendata, anno || Domini 
roillesimo GCCG LXXXII, pndie nonas Aprilis. » 

In-folio. ~ N^> 1682 de Hain. 

Au bas de la dernière page, la cote A iiii^xix. 
R 54 du catalogue. 



ADDITION. 



LÉOPOLD DELISLE. 



Paris. 




CAHPIDOCTORES ET C4HPIDUCT0RES 



Les éditeurs sont souvent embarrassés lorsqu'ils rencontrent dans 
un texte latin le moi campidocior on campiduct(n\ Les uns maintiennent 
lorthographe campidocior, qui est celle des inscriptions, disent-ils, les 
autres n*osent changer Torlhographe campiductor que leur fournissent 
les manuscrits (1). Stewechius, dans son commentaire sur le chap. xiii 
du livre I de Végèce, fait de doctor une forme archaïque de ductor (2). 
Forcellini (revu par de Vit) renvoie du mot campiductor à campidocior, 
M. Masquelez, dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines 
de Saglio, fait de campiductor une variante de campidocior. Seul, 
Ducange, dans le Glossarium mediae et infimae lalinitatis et dans le 
Glossarium mediae et infimae Graecitatis, distingue les deux mois et 
leur donne un sens différent (3). Nous croyons que Tétude des in- 
scriptions et des textes donne raison à Ducange, et quMl est possible 
d'établir une distinction chronologique eu même temps qu'une dis- 
tinction de sens entre les deux mots. ^ 

L Campidoctor (4). 

Toutes les inscriptions connues où figure le campidoctor sont anté- 
rieures au rv* siècle, et relatives à des prétoriens, une seule exceptée. 
Nous connaissons un campidoctor de la première cohorte prétorienne, 

(I) Voir la longue nota de Montfaucon, Œuvre* de saint Jean Chrysostome^ 
Utmrn n, p. 519. U expoee les embarras des critiques; depuis lors, la question ne 
semble pas aroir été éclaircie. 

(S) Dociore* pro ductores à^yaixS»^ scriptum erat. F/. Vegetius Renatus et alii 
Kriptoret de re militari, Vesaliae, IS^O, tom. II, p. 44. 

(3) An mot campidoctor les réviseurs de Ducange renvoient à Forcellini ; mais 
ils eonservent des articles spéciaux pour campiductor et en grec pour xa|iictSovxTwp. 

(4) On écrit aussi en deux mots campi doctor. 




MÉLANGES GRAUX. 



mentionné dans une inscription érigée par lui en l*hoDDeur de 
Némésis. 



NEMESI 

SANCTAE 
CAMPESTRI • PRO SA 
LVT E ' D OMINORVM 
NN- AUCC-P-AELP-F- 

AELIA • PACATVS • 
SCVPIS QVOD COH DOC 
TOR • VOVERAT • NVNC • 
CAMPI • DOCTOR-COH Î 
PRPVSOMNIO- ADMO 
NITVS* POSVIT- L • L- 



C. ï. L. VI. 533. 

Neraesi sanctae campeslri, pro salute Dominoram n(ostrorum]Âug(astonim], 
P(ublius) Ael(ius), P(ublii) f(ilius), Aclia, Pacatos, Scupis (i) qaod coh(ortis) 
doctor voverat, nunc campi doctor coh(orlis) 1 pr(aetoriae) p(iae) ?(iDdicis) 
somnio admonilus posuii l(aetus), I(ibens). 

Un autre campidoctor, figurant dans un lalerculus de prétoriens, 
semble à MM. Bormann et Henzen appartenir à la même cohorte (S}. 
Trois autres campidoctores appartiennent, l'un à la cohorte vu (3], 
Tautre à la cohorte vin (4), le troisième à la ix* (5). Un seul fait excep- 
tion, avons nous dit, c'est celui qui est mentionné dans Orelli [3496], 
et qui appartient aux équités singulares. 

La nature des fonctions des campidoctores nous est indiquée par le 
nom même qu'ils portent. Ils enseignent le métier des armes à des 
dis(fèntes. Les soldats qui sont à leur école s'appellent armaturae (6). 
C'est ce que nous apprend Végèce dans son Epitoma rei milUaris 
I. 13 (7). «lUo exercitii génère quod armaturam vocant, et campido- 

(1) Il faut rapprocher Aelia de Scupis^ ces deux mots forment le nom de AeH» 
Scupis, ville de Moesie supérieure, domicile de P. Pacatus. On trouTe un exemple 
d*un cas semblable pour Aelia Aquincum, C. /. t. VIII, 2826. 

(2) Eph. epigraphica, vol. IV, p. 331. L'inscription est publiée au même endroit 
sous le numéro 896. c. 

(3) Orelli, 3495. 

(4) C. /. X,., V, 2, no 6886. 

(5) VI , 2697. 

(6) Comme Texercice lui-même. 

(7) Éd. Teubner, p. 16; cf. II, 23; III, 26, vers la fin. 




BEURLIER. — CAMPIDOCTORES ET CAMPIDUCTORES. 299 



ctoribui traditur, imboendus est tiro, qui osus Tel ex parte servatur. 
Constat enim etiam nunc in omnibus proeliis armaturas melius pugnare 
qoam ceteros. » lis devaient également exercer les troupes déjà in- 
struites pour les maintenir dans la régularité des mouvements. Yegèce 
parle ici d'un usage antérieur à Tépoque où il écrit. De son temps 
l'enseignement du campidoctor est négligé. Le scholiaste ancien (1) 
de Juvénal nous aide à retrouver les traces du campidoctor à Tépoque 
deDomitien. Dans la satire Y, vers 155, Juvénal parle du soldat 



Le scholiaste met en note « ab birsuto — a sene magistro — Gapella 
campidoctore n . Ce Gapella était un campidoctor conmi des habitants 
de Rome, et ses fonctions sont nettement décrites dans les vers du 
poète. Dans la satire YI, vers*â6i, Juvénal se moque de la femme qui 
fait de Tescrime : 



Le scholiaste ajoute : « ictus monslratos — a lanista gladiatoribus ut 
militibus a campidoctare ». 

Il est de toute évidence qu'il a toujours dû exister des instruc- 
teurs dans Tarmée romaine ; peut-on concevoir une armée où l'on 
n'exercerait pas les soldats? Nous n'avons donc pas à chercher les 
preuves de cela; qu'il nous soit permis toutefois de citer un texte du 
Panégyrique de Trajan (2) qui nous montre le changement survenu 
dans le mode d*instruction du soldat romain. Pline félicite l'empereur 
d'assister lui-même aux exercices qu'il appelle meditatio campestris, 
et d'y prendre part. « Hac admiratione dignus imperator non videretur, 

si inter Fabricios, et Scipiones, et Camîllos talis esset Postquam 

vero studiom armorum a mauibus ad oculos, ad voluptatem a 
labore translatum est ; postquam exercitationibus nostris non vete- 
ranorum aliquis, cui decus muralis aut civica, sed Graeculus mogister 
assistit, quam magnum est unum ex omnibus patrio more, patria 
virtute laetari. » N'est-il pas permis de conjecturer qu'au temps des 
Fabricius et des Scipions, quand les vétérans instruisaient les jeunes 
troupes, rinstructeur ne portait pas de nom spécial, et de voir le 
campi doctor dans ce Graeculus magister qui enseigne la parade plus 
que le métier des armes. Il me paridt de la même famille que Vhirsu- 
te Capelia. 

(1) Le scholiaste ancien de Juvénal est du iv^ siècle, mais il a conservé les traces 
d*«ne émdition sérieuse et plus ancienne. La meilleure éditioif est celle d*0. Jahn, 
de i 851 (Juvenalis opéra cum êcholm veteribus recensuit et ementlavit 0. Jahn, Berlin, 
«851, pages 171 à 385.) 

(2) Panégyrique, xin. 



Qui tegitur parma et galea, metuensque flagelli 
Discit ab hirsute jaculum torquere Gapella; 



Adspice que fremitu moDstralos perferat ictus. 




300 



MÉLANGES GRAUX. 



. II reste à déterminer la place du cùmpidoctor dans la hiérarchie 
militaire. M. Henzen le place au moins au même rang que le centurion, 
immédiatement au-dessous du tribun (1). L'argument qu'il donne 
repose sur Tinscription d'Orelli 3496, reproduite au Corpus, II, 4003 (S): 



MARTI CAMPESTRI SAC 

PRO SAL 
KiP • M • AVR • COMMOb 
AVC • ET • EQVIT • SINC 
T • AVREL_^ DECIMVS 
1 • LEO . VII • C . FEL 
PRAEP • SIMVL • ET 
CAMP • DEDIC • K • MART 
MAMERTETRVFOCOS 



Marti campestri sac(rum) pro 8al(ate) imp(eratoris) M(arci) Aur(elii) Corn- 
modi Augusti eteqnit(am) sing(ulariuro),T(itas), Aiirel(ius] Decimus c(eDtario) 
]eg(ionis) septimae G(eminae) fel(icis), praep(osîtas) simul et camp(idoclor), 
dedic(avit) k(alendis) Marl(iis). Mamert(ino) et Rufo co(n]s(nlibn8). 

Nous devons faire remarquer que nous sommes ici en présence 
d'une exception. Getle inscription est la seule qui mentionne un cm- 
pidoctor dans le corps des équités singulores. Peut-être ce personnage 
après avoir été centurion dans une légion, est-il passé de là dans le 
corps des singulares, par conséquent Tavancement n'est pas cod* 
forme aux règles ordinaires. Peut-être aussi, et c'est Texplication 
que donne M. Mommsen (3), s'agit-il d'un centurion légionnaire, dé- 
taché pour être praeposiius et campidoctor d'une troupe d'équités singu- 
lares, tout en conservant son grade. Une autre inscription mentionne 
le passage d'un légionnaire dans une cohorte prétorienne, et il n'est 
pas dit qu'il ait été centurion; de plus, dans la cohorte prétorienne, 

(1) Annales de l'Institut archéologique de Borne, année iS50, pp. 43 et 44: 
« Campidoctof* non eara carica diverea dal exercitator, e siccome qui sotto Tedremo, 
essere slati centurioni ascritti al numéro de singolari coH* ufficio di exereitatores... 
— Gli esercitatori di singolari erano di dignità prossima a* tribuni. » M. Henxei 
assimile les campidoctores aux exereitatores en faisant observer que le premier tiue 
est plus particulièrement donné à des instructeurs d^infanterie, le second à des 
instructeurs de cayalerie. a Del confronte de monumenti non troppo firequenti di 
esercitatori, rilevasi che queUa carica esistera solo nella cavalleria, mentrs nellA 
fanteria sembrano essere stati chiamati doctores o campidoctores. » Ibid., p. 44. 

(2) 182 après Jésus-Christ. 

(3) « Malim sic explîcare ut centurio legionarius item fuerit praepositns equitnm 
singularium simul et campidoctor eorum. » C. f. L., t. II, p. 547. 




BEURLIER. — GAMPIDOGTORES ET GAMPIDUGTORES. 301 



il est marqné comme faisant partie d*une centurie, il n'est donc 
pas d'un grade égal ou supérieur à celui du centurion. Yoici le texte : 

AVR ELIASEIR COH 
CAMPPIDO I OR COH 
Llllll PRAEr $ MAR 
Cl • N AIIO PAN QVI 
VIX AN LX E MILI 
IAVI1 IN LEGIONE 
ANN X ET IN PRAET 
A-NN XXV 

G- L L. VI. Î697 (1). 

Aorfelios) Eliaseir [ou Aurel(iu8) laseir] coh(orti8) camppid octor [sic] coh(orti8) 
nonae praet(oriae), c(eDtariae) Marci, Qatio(ne) Panno[nius) qui Tix(it) an(nis) 
sexaginta e(t) militavit in legione ann(is) decem et in praet(oria) ann(i8) viginti 
quinque. 

Le personnage mentionné dans Tinscription que je viens de citer, 
D*a été soldat que dix ans dans une légion, il est par conséquent peu 
vraisemblable qu'il ait été centurion. Il n'y a donc pas lieu de supposer 
que la mention de son titre ait été négligée. 

De même, sur lè laterculus reproduit dans YEphemeris epigra- 
pUca (3), un campidoctor figure au nombre des officiers d'une centurie 
immédiatement avant l'optio, et, par conséquent, au-dessous du cen- 
torion. 

La conclusion à tirer de tout ceci c'est que probablement le mot 
tmfAdocior désigne plutôt une fonction qu'un grade. Ainsi, dans 
l'armée française, le mot instructeur peut s'appliquer à un caporal, à 
on sergent, à un capitaine. L'inscription citée en premier lieu dans 
ce mémoire (3) montre toutefois que le titre de campidoctor était 
précédé d'un titre inférieur, celui de cohortis doclor. 

n. Campiductor. 

A partir du iv* siècle aucune inscription ne mentionne de campi- 
doctor, mais nous voyons paraître dans une inscription cbrétienne 
d'Afrique un titre différent, celui de campiductor. Cette inscription est 
dédiée à Vitalius, magùter mtUtum, sous le règne de Tibère Gon- 

(1) L*infleripUon est du m* siècle. On Toit que le graveur est ignorant et mal- 
habile, les lettres sont mal faites. Les T en particulier affectent les formes les plus 
biiarres. 

(J) Vol. IV, p. 331. 

(3) C. /. L., VI, 533. 



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302 



MÉLANGES GRAUX. 



stantin (578-582) (1). Elle mentionne parmi ceux qui ont fait la dédi- 
cace un campidvct[or]. Est-ce une simple faute, comme il arrive parfois 
dans les inscriptions africaines, où l'o est remplacé par un v? Les 
textes nous empêchent de le croire. En effet, nous trouvons men- 
tionnés dans les auteurs grecs antérieurs, des officiers romains, dési- 
gnés sous le nom de xxji^iSoiSxTopct;. Saint Jean Chrysostome, dans sa 
lettre au pape Innocent (2), blâme les évèques, ses persécuteurs, qui 
n*ont pas honte de marcher « xapiiciSoOxTopac àvtl Svaxdvcjv icpov)Yoi<ivou; 
{XovTtç ». La transcription grecque ne laisse aucun doute sur la vraie 
orthographe du mot latin. Les campiductores existaient encore au temps 
de l'empereur Léon (3), qui nous indique et leur nom et la nature de 
leurs fonctions. Le campiductor est celui qui conduit la marche; son 
nom est synonyme de 68y)y(S(;, guide (4). Il doit marcher en tète de la 
troupe avec le commandant et le mandator qui est chargé de trans- 
mettre les ordres. Ces fonctions sont, on le voit, bien dilTérenles de 
celles du campidoctor. 

La place hiérarchique du campiductor semble être avec celle du 
mandator au-dessous du tribun (5). Le terme employé par Léon pour 
désigner le commandant est vague : <ipx«>>v ; mais un passage de 
Maurice cité par Ducange, désigne le tribun, et place le campiductor 
au troisième rang, après le tribun et le vicaire (6). Le campiductor est 
donc un officier dont Texistence est incontestable, et il n'y a pas lieu 
de remplacer toujours ce mot par le mot campidoctor, quand il se 
présente dans un texte. Le sens général et la date doivent déterminer 
le mot à choisir. 

Ainsi, dans Lampride ( Vita Alex. Sev. 52), nous lirons : « Quin 
continetis vocem in belle contra hostem, non contra imperatores 
necessariam ? Certi campidoctores (7) vestri hanc vos docuerunt contra 
Sarmatas et Germanos ac Persas mittere non contra eum qui, etc« » 
Au contraire, dans le texte d'Eucher {Passio Martyrum Agaunensium\ 

(1) C. /. L,y VIII, 1. 1, 4354. 

(2) Édition des Bénédictins, II, p. 519. 

(3) Léon VI, de 886 à 911. 

(4) Twv Iv noUftoi; TaxTixûv avvTO|Lo; TrapaSoai;. Ed. Meursias. Leyde, 1612, 
in-4, VII, 34. ''E(iirpo90(v 6à toû \UtÙKOM iccp»catov9cv , ô |iav$aTwp xal ô xaiLin2o«- 
xTwp ^yovv ô 63y]yô;. (L*ouvrage de Léon est extrait d'auteurs plus anciens.) 

(5) Ibid,, VII, 55. Kod tl inàv Tayiia itnl xà YU|ivaC6(ttvov, tdv tow TayiiaiTo; fipx**^ 
l|iicpoîv6tv ictpiicaTetv |&eTà iierviàtupo; xal xa|iici6ovxtwpoc. Cf. chap. xit, § 67 : 4 
xaiimSouxTwp, yJyovv 6 tov; toicovc ipovvwv, vat ô iiflrvSetTup, i (liv liri toù; tôkov; 
6dY]YÛv, i tï xà (lav^âta YvcofiiQ toû âpxovTo; StSovç. Cf. Maurice, XII, H. [Mauricias 
Tiberius. 582-602.] 

(6) Gloss, Graec, au mot xatticiSouxTcap : Mauric, c. viii : 6icou (Uv tpt^ovvov 
Ytvvoîov xal 9p6vi(tov xal xaià x<^P^ |&ax*90a*. duvdjicvov Sicou dè pixdpiov xal xa|L«i- 
dovxTwpa. 

(7) C'est la leçon de l'édition Teubner et de l'édition de Jordan et Eyssenhardi 
(Weidmann). M. Masquelez, article Campidoctor déjà cité, lit à tort campiductor. 




BEURLIER. — CAMPIDOGTORES ET GAMPIDUCTORES. 303 

nous lirons : « Gum Exsuperio ut in exercitu appellant, campidu- 
ctore (1)». Dans Ammien Marcellin, xv, 3, 10 : « Marinus [tribunus] ex 
caa^idoctore». Si Ton supplée Tribunus, il faut probablement eampi- 
ductor; mais tribunus est une hypothèse, et rien n'oblige à changer le 
texte des manuscrits ; de môme xxi, 5, 7. Au livre xix, 6, 2 : « horum 
campiductoribus ut fortium antesignanis yy ^ ces aniesignani sont bien des 
6^yo( et par conséquent des campiductores. Dans Yégèce, ii, 23, il s*agit 
certainement de campidoetores (2), il faut rejeter la leçon campiductores 
de fl; de même, m, 26 (3). Dans un autre passage (m, 8) (4), il y aurait 
lieu à hésiter entre la vulgate campidoctoribus et la leçon campiducto- 
ribus de n ; la Tulgate semble toutefois préférable parce qu'il $*agit 
d*an ofQcier inférieur au centurion, et d'exercices de fortifications 
volantes. Au liv. m, 6, je suis frappé de la ressemblance du texte : 
«Praeponendi sunt exercitatissimi campidoetores vicaHi vel tribuni([}i\ 
alaeriores retardent et pigrius incedentes adcelerare compellant », avec 
les passages indiqués de Léon et de Maurice. Les campidoetores sont 
associés comme les xa[i.7ci8otSxTopc<; aux vicarii et aux tribuni et sont bien 
des éSrjYoC. Je ne serais pas éloigné de proposer campiductores. Une 
remarque toutefois m'en empêche, c'est la suivante: peut-être les 
campiductores sont-ils les anciens campidoetores dont le nom a été 
modifié en même temps que changeaient leurs fonctions? Le texte de 
Yégèce servirait alors de transition et marquerait l'époque où les 
fonctions étaient déjà changées sans que le nom le fût encore. Enfin 
dans rinscription chrétienne de Julia Concordia qui figure au Corpus, 
t. V, 2, 8773, où est mentionné un CAMPED • NVMERI BATAOR. 
La date me porterait à lire CAÎAPEDuctor numeri bata(v)orum. 

(1) RuncART, Acta smcera, éd. de Ratisboone, 1859, p. 218. 

(2) Armatorae qnae sub eampidoctore sunt. 

(3) Ad armatiirae exercilationem, cujus campidoetores vel pro parte exempta 
ÎBieUexisM gandent, etc. 

(4) SiognUe centuriae, diTidentibos campidoctoribus et principiis, accipiunt 
pedataras, etc. 



E. BEURLIER. 




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INVENTAIRE SOMMAIRE 



DES MANUSCRITS GRECS 

DES BIBLIOTHÈQUES 

IIAZARINE, DE L'ARSENAL ET DE SAINTE-GENEVIÈVE, 
A PARIS. 



L'ifwentaire sommaire des manuscrits grecs des bibliothèques Maza- 
rme, de F Arsenal et de Sainte-Geneviève contient la notice de quarante- 
quatre manuscrits. J*y ai ajouté la description d'un précieux manuscrit 
des œuvres attribuées à saint Denis TAréopagite. Ce manuscrit, au- 
jourd'hui conservé au Musée du Louvre, fut apporté de Gonstanti- 
nople, en 1408, à Tabbaye de Saint-Denis, par Manuel Ghrysoloras, au 
nom de l'empereur Manuel Paléologue, qui quatre ans auparavant 
avait visité la même abbaye (i). 

La bibliothèque Mazarine possède vingt manuscrits grecs, venus la 
.plupart de la bibliothèque de l'Institution de l'Oratoire (n** 3, 4, 6, 7, 8, 
10, H, 12, 13, 14), un autre (n* 5) provient du Séminaire de Saint-Ma- 
gloire, dirigé également par la congrégation de l'Oratoire; deux enfin 
(n** 1 et 16) se trouvaient autrefois à l'abbaye de Saint-Denis. 

Les manuscrits grecs de la bibliothèque de l'Arsenal sont au nombre 
de seize (2), dont trois (n"^ 10, 11, 15), viennent aussi de la bibliothèque 
du Séminaire de Saint-Magloire, à laquelle ils avaient été légués en 1661 
par le P. André de Berziau ; les autres ont appartenu aux différentes 
bibliothèques de Saint-GermainAles-Prés (n*K), des Augustins déchaus- 
sés (n* 14), des Carmes de la rue de Yaugirard (n** 1, auparavant de 
Horault de Boistaillé), de l'Oratoire (n^" 12), de la Sorbonne (n"" 5), du 

(1) Cf. Félibien, Histoire de Cabbaye de Saint-Denis, p. 317. 

(2) Sur cet seixe maDOiicriU, il y a cinq volumes imprimés avec notes manu» 
scritM. 

MÉLAXOM O&AUX. 20 



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306 



MÉLANGES GRAUX. 



collège Louis-le-Grand (n"* 6), de Tabbaye de Royaomont (n* 3), des 
Jésuites d'Anvers (n« 16) (1). 

La bibliothèque de Sainte-Geneviève ne contient que huit manuscrits 
grecs, qui paraissent tous provenir de Tancienne abbaye de Sainte- 
Geneviève. L'un d'eux (n"" 1) avait été légué à cette bibliothèque par 
l'archevêque de Reims. Letellier (mort ^en 1710); un autre (n* 3) a 
été écrit pour le cardinal Charles de Lorraine (1554-1574) par Con- 
stantin Palseocappa. 

Plusieurs de ces manuscrits portent en effet soit le nom -du . co- 
piste qui les a exécutés, soit indication de la date à laqueUe-iis ont 
été écrits, et, parmi ces mentions, reproduites ci-dessous, deux 
seulement figurent dans la Griechische Palaeographie de M. Gardthau- 
sen (2) : 

Angélus BcpYT^xio; : Georgius Pisides, xvi s. Maz. 2. — GéoY^ius Ge- 
mistus, XVI s. Ars. 14. — Manuel Phile a. 1566. S.-Gen. 8. 

Antonius Seneca Cyprins : Theodorus Mopsuestenus, xvui s. Ars. 9, 
cryptogr. {Gardth.) 

Bartholomœus Comparinus de Prato : Xenophon, Florentiae, xv s. 
Maz. 12. 

Constantinus Palœocappa : Hierocles, etc., xvi s. S.-Gen. 3. 
'Georgius Hermonymus : Epist. et Evang., xv s. Maz. 1. — Liturgia, 
XV s. Maz. 6. — Aristoteles, 1450. Maz. 7. — Hymni, xv s. Ars. 15. 
Michael Apostolius : Mich. Apostolius, xv s. Maz. 12. 
Sedulius Scotus : Psalterium, ç. a. 818. Ars. 8. {Gardth.) 
S.-Gen. 5 : Evangelia, a. 1283. 

A côté de ces manuscrits datés, un certain nombre d'autres méri- 
tent d'être signalés. Parmi les manuscrits de contenu ecclésiastique, je 
citerai le manuscrit 16 de la bibliothèque Mazarine, qui contient la 
Messe grecque de Toctave de Saint-Denis; le Psautier de Sedulius 
Scotus, manuscrit n^ 8 de la bibliothèque de l'Arsenal, le plus ancien 
manuscrit grec daté, dont on trouvera ci-joint un fac-similé (3) ; un 
manuscrit des Actes et Épttres des apôtres, avec l'indication des stiques; 
enfin un précieux manuscrit, malheureusement incomplet, des lettres 
de saint Basile. 

(1) Un certain nombre de manuscrits de Tancienne bibliothèque des Jésuites 
d* Anvers sont aujourd'hui conserrés parmi les manuscrits du Supplément grec de 
la Bibliothèque nationale. 

(2) Je n*ai pu utiliser ces manuscrits pour le Supplément aux listes de copistes et 
de manuscrits datés de la Qriechische Palaeographie, que j'ai donné dans la Bik^ 
théque de l'École des Chartes, 1881, t. XLII, pp. 555-589. 

(3) J'espère compléter dans un prochain numéro de la Bibliothèque de rScok 
des Chartes la savante notice que Montfaucon a consacrée à ce manuscrit dans M 
Palxographia grseca, pp. 235-247. 




OMONT. — MANUSCRITS GRECS DE PARIS. 307 



Parmi les autres manuscrits il faut mentionner : à la bibliothèque 
Mazarine, des collections des œuvres de Synésius (n® 3), des Épistolo- 
graphes grecs (n^ 4), des œuvres d'Hermogène (n® 8) et des œuvres 
morales de Plutarque (n^ 9) ; à la bibliothèque de TArsenal, un ma- 
nuscrit de Diophante {n? 7), un exemplaire de Plutarque avec correc- 
tions autographes d'Amyot (n® iï) ; enfin à la bibliothèque de Sainte- 
Geneviève des manuscrits de Polybe (n* 4), Euripide (n* 7), et un 
magnifique manuscrit de Manuel Phile, orné de miniatures, et copié 
par Ange Vergèce. 

En terminant, je dois rapporter à Charles Graux la pensée première 
de cet Inventaire ; il devait, en effet, rédiger la noticè des manuscrits 
grecs de la bibliothèque Mazarine. Et si ces quelques pages ne sont 
pas trop imparfaites, c*est à ses leçons que je le dois, c'est à ses entre- 
tiens sur la paléographie grecque, qui feront toujours regretter, à ceux 
qui les ont suivis, un maître si éminent et un excellent ami. 



1. (208) (1). — Epistouee et Evjingeua, cum latina transcriptîone, pro festis 
Natiritatis Christi, Dedicationis ecclesiœ, Paschœ, Pentecostes et sancti 
DioDjsii. 

2. — Fol. 23 : De grmca pronmHoUione et œnjunctionibus aliquot littera- 
mm. — Fol. 23^ : a Alphabetîtm secundum veteres AUicos, — Alphabetum 
$ecundum modemos Grxcos. » ^ Copié par Georges Hermonyme. 

XV* siècle, parchemin, 24 feuillets à 2 colonnes, 282 sur 290 millimètres, 
reliore veaa estampé. — Abbaye de S, Denys. 

t. (588). — Sancti Cranxi [Gborgii Pisiois] opas sex dierum. 

« ToO Iv dtyCoK icaTpd; i^{mI>v KupCXXou àp)^u7ciax<57cou ÀXcÇav8peCaç axi-^oi 
ix[i.^ixol icivu 4'wx^çe^eî<; fô |UYa>.tîov rîjç SuvoEjuwç toO 8eou Ix tîJ; toO 
xavTÔç XT(9t(t>< xal tûv dvTâv Iv aÙTu) à(nép(i>v $Y)>.a8r| (noi^eCcov, 2^(u(i>v, çu- 
Tôv xt 7L%\ >.{6<i>v xal TÛv iÇ-îji; liciScucviiovrcç xal icpôç Sto^pciav tl^ayaytSv- 
-«ç. » — Copié par Ange Vergèce. 

XVI» siècle, papier, 75 pages, 230 sur 15î5 millimètres, rel. basane. — 
{8an$ indieatiùn de provenance.) 

8. (6il). — Stnbsh Cyrenœi opuscula : Calvitii laus (p. i), -^Dion (p. 35), 

(I) La numéro mis entre parenthèses est la cote réelle du manuscrit; le numéro 
d'oÀire qui U précède ne se rapporte qu*au présent Inventaire. 



H. Omont. 



BIBLIOTHÈQUE MAZARINE 




308 



MÉLANGES GRAUX. 



— Aegyptius, uwb de proTidentia libri II (p. 76), — Sermo de dono 
astrolabii ad Pœoniain (p. i34), — de iusomniis (p. 143),— de regno 
(p. i79), — Epislolœ (p. 923), — Homilia I (p. 381), — Homilia II in per- 
vigilio natalis DomiDÎ (p. 382), — CoDsUiutio sive elogium Anjsii (p. 383). 

2. — P. 384 : Epistola Amasidis, Aegjptiî régis ad Polycratem Sami 
tyrannom (Herodot., 111, 40). 

3. — P. 385 : Lysidis Pylhagorici epistola ad Hipparchom. 

xiv-xv* siècles, bombyc, 386 pages, 215 sur 145 millimètres, rel. veaiL 

— « Institutionis Parmensis Oralorii D. Jesu. » 

4. (61 1 , a). — GoLLBcno Epistolarum. 

Epistolœ Phalaeidis (fol. 1), — Bruti (fol. 41), — Apollonii (fol. SI»*), 

— PythagorjE ad Hieronera uoa (fol. 63^), — Anacharsidis (fol. 64), — 
Aeschinis rhetoris (fol. 66^o), — Chionis (fol. 75^), — Ecripidis (fol. Sô*»), 

— DioGENis (fol. 90^«), — Cratetis (fol. 97), — Lysidis ad Hipparchum una 
(fol. 99), — Meuss^ una (fol. lOO^^*), — Mylb una (fol. ICI), — Theahos 
(fol. 102), — MusoNii ad Pancratidem una (fol. lOo), — Platonis (fol. 108). 

2. — Fol. 146^«: Platonis definitiones. 

3. — Fol. 149^ et 189 : l>e Aoc quod dicitur aut Plaio PhiUmem sequitur 
aut Philo Platonem, « Ô Ôcôç où Sixdaaç Vk&tX.,, » 

4. — Fol. 151 : Epistolœ Heracliti, — Hippocratis (fol. 159^»), — Dio- 
NYSii sophislœ Antiocheni (fol I76^<>). 

5. — Fol. 183 : Gallinici Petrœi iu patina Romœ. 

6. — Fol. 183 : Adriani sophistie declamationum fragmenta quatuor. 

7. — Fol. 186^«: De Cleonne et Aristomene, ex Diodoro Sjcclo (VIII, 
10-12). 

8. Fol. 188^®: Dionis Chrysostomi epistolœ. 

XV!* siècle, parch., 190 feuillets, 205 sur 140 millimètres, rel. veau. — 
c< Instituiionis Parisiensis Oratorii D, Jesu. » 

6. (725). — MissALE, e liturgia sancti Joannis Ghrysostomi. — Au fol. 1 : 
« ÈypatpY) ûwapou^a wap' i[it)0 AxaxCou UpojjLOvd^ou toO St)vi(5>.ou, èv {JLt)^ 
lou^Cou i6', ,*X^y'" (^^63). — Sur le v* figure en pied de S. Jean Chryso- 
stome. 

XVII* siècle, pap., 19 feuillets, 234 sur 180 millimètres, rel. veau. Pein- 
tures. — « Oratorii Sammagloriani, » 

6. (727). — « Missa S. Joannis Chrisostomi, » latine. — Fol. 32 : « AsiToup^^ 
àyCou iwAyyou tou Xpu«o<n6jtou. » — Gopié par Georges Hermoiiyme. 

XV* siècle, parch., 72 feuillets, 192 sur 128 millimètres, rel. veau. 
* Peintures, avec écu d'un abbé : d'or à trois pals de gueules. 

7. (1228). — Aristotelis de anima libri IH. — A la fin : « t T<5 twv dcYafiwv 
icapo^ev 8eû X^P^« ^ ÉpuiaivtSpLCi) 8è yp^^^vri 8oç auTtp XOTp«mv alTOuvn 
aovicapairrb>pLdlta»v. » (Georgius fJermonymus.] 



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OMONT. — MANUSCRITS GRECS DE PARIS. 



2. Fol. 48^ : Anonymi epilogos [prolegomena] in Aristotelis libros do 
anîma : « Tûv mpl ^'^X'^^ KpayjtaTeu^apivcov... » 

3. Fol. 52: Thbmistii paraphrasis librorom Aristotelis de anima. 

4. Fol. H3: Cleombdis circnlaris doctrinœ de sublimibus libri 11. — A 
la fin : « Éypdt^pT^ Iv Siciptri, ««TcjiPpCw lv8. i8', !Tii^<;7Dve' (6959 =1450, 
sept.). 

5. Fol. 179 : Abistoteus de mniido. 

6. Fol. 192^*: Aristotelis de virtalibus et vitiis. # 

7. Fol. 196 : Aristotelis definitio virtutam et vitiornm, «x ejus Mora- 
libas. 

siècle, pap., 200 feuillets. 222 sor 146 millimètres, cartonné. — 
« buHlutionis Paris. Oraiorii D. Jem, 

8. (1231). — Aphthonii sophistœ progymnasmala (fol. 3^), — prœmittuntur : 
Prolegomena rhetoricœ: «TV ^Tj-ropocV 8ta<p<5pu)ç... » — sequitar (fol. 30^) : 
Ouomodo dignoscetnus partUiones: « Èàv à8Y)iov •?[ xat* oôdCav... >» 

2. — Fol. 31 : Hermogenis ars rhetorica, — de inventione oratoria 
{foL 84^), — de formis oratoriis (fol. 124^<>), — de eloqaentia methodns 
(fol. 192^). 

3. — Fol. 201 : Theophrasti cbaracteres (I-XV). 

4. — Fol. 205 : Isocratis adversas sopbistas oratio. 

5. — Fol. 209 : Diogeniani vulgarla proverbia. 

6. — Fol. 221 : Posidippi et Metrodori epigrammata duo. 

7. — Fol. 222 : Cassis prcecepta moralia. 

8. — Fol. 222 : Diogenis responsa. — Les 6-8 ont été écrits posté- 
riearement au reste du manuscrit. 

xv« siècle, pap., 222 feuillets, 220 sur 145 millimètres, cart. — « Insti^ 
tuiionis Parisiensis Oratorii D. Je$u. » 

9. (1232). — Plutarchi Châeronensis oposcula moralia : De virtute et vitio 
(fol. I), — puomodo quis suos in virtute seutire pôssit profectus (fol. 5^), 

— de capienda ex inimicis utilitate (fol. 19), — de amicorum multitudiiie 
(fol. 28^), — de bis qui sero a numine pnniuntur (fol. 35), — de fortuna 
(fol. 65), — de tuenda sanitate prœcepta (fol. 69), — Preecepta gerendœ 
reîpnblics (fol. 91), — de curiositate (fol. 132), — Qua quis ratione se 
ipsnm citra invidiam laudare possit (fol. 145), — de cohibenda ira (fol. 158), 

— de tranquillitate animi (fol. 176), de vitioso pudore (fol. 197^o), — 
de fratemo amore (fol. 212). 

2. Fol. 235 : Libanu sopbistœ ad Aoatolium epistola [DLI]. 

xiY* »ècle, bombyc. et pap., 236 feuillets, 238 sur 155 millimètres, cart. 

— (Sans indicatwn de provenance.) 

10. (1233)% — Epictkti manuale (cap. vi-lxxix). 

% — FoU20 : SrapLicii commentarius in Epicteti manuale. 




310 



MÉLANGES GKAUX. 



XVI* siècle, pap., 217 feuillets, 214 sor i53 millimères, parch. — €lnstir 
iutionis ParisiensU Oratorii D. JesU, >» 

11. (1234). — SiMPLiai commentarius in Epicteti manuale. 

xvi« siècle, pap., 129 feuillets, 280 sur 198 millimètres, rel.ïeau. — 
(Même Tpm>enance que le précédent,) 

m 

IB. (1235). — MiCHAEUs AposTOUi proverbiorum ceniuriœ XXI (aufogr.)* 

2. — Fol. iOi: Pbdacii Dioscobidis alexipharmaca ettheiiaca. 

3. — Fol. 146: Xbnophontis rhetoris memorabilium libri IV. — A la 
fln:« Éypdt^Y) icap' Ij/loG BapOo>.o{i.aiCou Ko|i.icap(vou, toO Ix toO npdlTou,ivt^ 
♦}.ci)pevT(«. » 

XV* siècle, pap., 198^fenillets, 208 sur 146 millimètres, cart.— Fol.146: 
« Liber D. Grimani car. S. Stephani, » puis « InsUtutUmis Paris, Oratcrh 
D, Jem, » 

18. (1297). — Procopii Cœsariensis de bello Persico libri II, — de bello Vao- 
dalico libri U (fol. 95^), — de bello Gotbico libri I iniUum (fol. i72«»). 

XVI* siècle, pap., 172 feuillets, 270 sur 196 millimètres, i-el. veau.— 
« Institutionis Parisiensis Oratorii D. Jesu, » 

14. (1298). — ATHENAGORiB Atbeuiensis apologia, vel legatio pro Christianis. 
XVI* siècle, pap., 66 pages, 250 sur 178 millimètres, parch. — « Insiitit' 
tionis Parisiensis Oratorii i>. Jesu, » 

16. (1310). — Philonis Jndaei vita Moysis. 

XIV* siècle, bombyc, 34 feuillets, 166 sur 121 millimètres, cait. — (Sof» 
indication de provenance,) 

16. (1387, c). — <c MissA in octava S. Dionysii Areopagitœ » (p. i-34 de l'édi- 
tion de 1777, in-12), avec musique notée. 

XVIII* siècle, parch., 12 feuillets, 760 sur 598 millimètres, rel. veau.— 
[Abbaye de Saint-Denys.] 

17. (2077). — « Eaahkika. Gilecanica, hoc est ex variis âutboribus giwcis cx- 
cerpta. » 

xvii* siècle, pap., 435 feuillets, 235 sur 165 millimètres, rel. veau. — 
{Sans indication de provenance,) 

18. 2148, a). Sancti Athanasii expositio sytnboli, et fldei (fol. 1^<»). 

2. — Fol. 3^ : JosBPHi Brybnnii de divina operalione et de lamine w 
monte Thabor, — Disputatio Deum esse simplicem et omnis cQmpositioim 
expertem (fol. 5^), — de adversis et cur eveniant (fol. 7), — de proces- 
sione spiritus sancli (fol. 7^*). . * 



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OMONT. 



— MÀÎiU&CKitS GRECS DE PARIS. 



31J 



3. Fol. 14: Maici EocKfia epistola ad Georgiam Scholarium gralula- 
toria qaod a Latinis desciverit (fol. 44), — Professio fldei (fol. 13), — ad 
Latinos rasponsio de igae porgatorio (foK 18), — epistola encyclica de 
synodo Florenlina non suscipienda(fol. 23^®). 

4. — Fol. 27 : Gbnnadii de igne purgaiorio libri 11, — sammaria re- 
sponsio ad objectiones Lalinornni circa purgalorium (fol. 52), — brève 
scriptom adversas Latinorum opinlonem (fol. 60), — de angelis adversas 
sententiam Argyropuli (fol. 61). 

o. Fol. 64'* : Theophanis, Mediœ metropolitœ, quod anima non ab hu- 
maoo semioe oritar sed a Deo ipso infanditur (64^). 

6. Fol. 70 : Gknnadii ad Theophanem epistola de anima rationali, — 
Fragmentum é primo ejusdem libro de anima (fol. 82^^), — « bomilia de 
sacramentali corpore Domini nostri Jesu Cbristi, » cum latina inlerpreta- 
tione (fol. 86 et 98), — apologia pro Cbristianoram religione ad Moham- 
medem II (fol. 108), — animadversiones ad Josepbum monacbumin librum 
Gemisti Plethonis (fol. 120^*), — ad eumdem tractatus tertius de prœde- 
sUnatione (fol. 13r<>). 

7. Fol. 141 : Kclogœ e variis Gbegoru Palaile capitibus. 

8. Fol. 152 : Gregorii Cyprii liber adverses Beccum, palriarcbam Gon^ 
stantinopolitanum, qnem in Latinorum castra transivisse criminatur. — 
Copies des manuscrits grecs de la Qibliotbèque nationale, n<^' 1327, 1292, 
1294 et 364 (olim 2502, 2958, 2959 et 2935). 

xvii« siècle pap., 152 feuillets, 185 sur 140 millimètres, cart. — (Sans 
indication de provenance,) 

19, (2374). — « ToG (laxapuatdtou... Nektapiot icpd; Tàç icpoaxoj/Li^twa< ôé«iç 
«xpà Twv tv iepoooXiijiot^ ^paxiSpcov 8ià lléTpou toG auTcov (latrropoç icepl rîiç 
ipx^ç ToO iciica àvriffTi^ç... — Év TmIiù TÎjç MoT.Sapiai, ^ax^P' (1682). 
— Copie de l'imprimé iu-folio. 

ivui* siècle, pap., Xn-217;pages, 236 sur 180 millimètres, cart. — 
(Stiu indication de provenance.) 

80. (2503). — « Platonis divini pbilosopbi florilegium, Caroli de Henaut, in 
inagno consilio senatoris et decani, alcedonium opusculum,... exaratum 
grsco et romano caractère, propria manu, anno 1712. » 

2. — Fol. I : « Bibliotbeca Altica polyantbea, sive pulchra quœvis et 
selecta e grscorum libris Caroli de Henaut, in magno consilio senatoris et 
decani, alcyoniam opusculum,... tam latine quam grœce perscriptum, pro- 
pria manu, aqno 1712. » 

xviii* siècle, pap., 171, 172 et 166 feuillets, 210 sur 160 millimètres, 
rel. parcb. — (Sans indication de provenance.) 



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MÉLANGES GRAUX. 



BIBLIOTHÈQUE DE L*ARSENAL 



1. (8400). — BiBUOBUM pars, corn glossis margînalibus. 

« Bip^Cov ^(Sjuvov -xoLkoLiô^. È nvidiç (I), — ÈÇoSoç (33^*»), — Awi- 
Tix<5v (58^*), — 'ApieuLoC (80), — AtuTtpov<5|i.iov (95^), — •lti<Jou; Ni^ 
(H9), — KpixaC (133) , — *Poù% (155), — BaidattÔv a' (158^), — Bi- 
(jatiûv (190) , — Bar<ji^tiûv y' (216), — Bacxatiûv 8' (250), — Bxpi- 
>.tiiw)li£v(iiv a' (280); — Ilapat^tMcoii^vwv (207^). » 

xiY« siècle, bombjc, 339 feuillets, (les feuillels i-9, 146-155 et 194-198 
ont été refaits au xvi« siècle, sur papier), 302 sur 222 millimètres, rel. vean. 
— Au fol. 1 ; « Ex bibliotheea Jo. HurauUii Boistallerii; emi ab Andm 
3 aur, » ; plus bas : « Donum clarissimi viri dnû Meliandj in sencUu GaUiarm 
prœsidis, ConverUus S. Joseph Parisini CarmeHtarum discale. » 

2. (8401). — « TpHTOPior xor NAziA5ZHNor Tor Beoaotot fiicavrot. — Év Bmi- 
\tlcL, àva>.b>{i^ti 'IwAwoy -cou ÉpâayCou, » (1550), in-fol., rel. veau. 

Exemplaire avec corrections et notes manuscrites, « maii 22, 1629 >». 

8. (8402). — « Platonis omnia opcra, commentariis Procli in Timœiim et 
Polilica. — Basileœ, apud Joan. Valderum, 1534, » in-fol., d. rel. 

Exemplaires avec notes manuscrites en latin ; u Ex bibliotheea EegalU 



4. (8403). — « Omnia Themistii opéra, hoc est, paraphrases et orationes. Au- 
XANDRi Aphrodisiensis Ubiî duo de anima et de fato unus. — {A la fin)'- 
VeneliLs, in aedibus hœredum Aldi Manutii et Andreœ Asolani, 1534, » 
in-fol. 

2. — « Jo. XjRAMiiATici Philoponi commeutarius in lib. III. Aristotelb de 
anima, cum emendationibus mss, ad margiiieni ex optîmo codice vet., 
quas ab ill. viro Jo. Vinc. Pinello habui Patavii. — (A la fin) : Venetiis, in 
œdibus Bartholomœi Zanetti Casterzagensis, 1535, » in-fol., rel. veaa. 

Exemplaire avec notes manuscdtes, provenant de la BibHothéque de 
Sorbonne. 

5. (8404). — « Oratorum veterum orationes : Aeschinis, Lysi£, ANDcaoïs, 
Is.Ei, DiNARCHi, Antiphontis, Lycurgi, Herodi et aliorum. — (S. /.), excad. 
Henr. Steph., 1575, » in-fol., rel. veau. 

Exemplaire avec notes manuscrites. Sur les plais du volume armes avec 
légende : « Ex donis nobilissimi DD. Leonardi Tardi» et « SigiL BibUot. Cw»- 
ven, et colL S, August. Paris, » 

6. (8405). — « ErKAEiAor crot^^^ttwv ^t^X. ,ie', Ix tûv B^cavoç auvouffvwv. EUtoO 



Montis. » 




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OMONT. — MANUSCRITS GRECS DE PARIS. 313 



aÔTou Td icpâxov £ÇtjYti|wlTcov IIpoKAor 8'. — Basileee, apud Joan. Her- 
ya^um, 1533, >» ia-fol.» rel. parch. 

Exemplaire avec notes manuscrites, portant le cachet de Tancien Col- 
lège de LauU-le-Grand. 

7. (8406). — DioPHANTi Alexandrin! Arithmeticorum libri VI et de numeris 
polygonis liber I. 

Fol. 1 : « AiotpdvTou 'A).eÇav8p^(i)ç àpi6{iT)Tix(5v irpcStov... » — Fol 280^® : 
« Ato^àvTou ÀXe^av$p^(ii; icepl ico7.uYtûvo)v àpiOpov. » — A la fln, note con- 
temporaine : « Hic liber reperitur Venetiis in bibliotheca divi Marci cum 
Cieomede, ^04. » — Parait copié par Christophe Awer. 

xvi« siècle, pap., 31^ pages, 332 sur 230 millimètres, rel. veau. — Au 
fol. i: a Ex ms. Aymonis Prusti a Catnpo Burgo, Reg. cons. et antecess. Au- 
relim. » 

8. (8407). — PsALTERiUM, cum canticis. 

Fol. 1 : « Vaathpiow. ^^aaikos to) Aâa upoiton... » — Fol 5o : ^^a).u.ol 
pv' xaC l8i6ypa^oç.) 

«... Euj^àç 0w.tycj a(j.apT<i>).ô^ icpotÇô,, 
XhaÛaioz.. £k.6ttoz. jtù, ftpaya. » 

2. Fol. 55«» : Cantica. « Primum canticumExodi. » — Fol. 56*o : « II. Can- 
ticam Deuteronomii. » — Fol. 58*® « III. Canticum Abbacuc. » — Fol. 58^ : 
H IV. Oralio Annae. » — Fol. 59'o : « V. Canticum Esaiae. » — Fol. 60*o : 
« VI. Oratio Azariae. » — Fol. 60^® : « VII. Hjmnus trium puerorum. » — 
Fol. «i*« : « VIII. Canticum Jonae. » — Fol. 62'» : « IX. Canticum Mariae. » 
— Fol 62«> : « X. Canticum Zachariae. » — Fol. 63'o : « XL Oratio Simeo- 
nis. >» — Fol. 63**» : Oratio dominica. — Fol. 63'® : Symbolum Nicœnum. 

3. — Fol. 64'*» : Orphei, Sibylue, Apollinis, Hesiodi, Mercurii Trisme- 
Gisn testimonia et vaticinia de Christo, grsece et latine. 

]x« siècle, parch., 66 feuillets, 222 sur 146 millimètres, rel. veau. — 
Sur le dernier fol., qui manque aujourd'hui, se trouvait une note, repro- 
duite par Montfaucon (Palœographia grseea, 1708, p. 236) : « Iste liber est 
beati Nicolai in Prato Virdunensi, » (xv« s.) et plus bas : « Anno salutis 
Ckrisiianw 1503, die prima novembris, apostolica sede bis eodem anno yer 
Alexandri VL et PU lU. Romanorum pontificum obitum pastore carente, liber 
hic Psahnontm ex bibliotheca monasterii divi Nicolai de Prato extra muros 

Virdunenses, miM Johanni Colardo, praeposito beatœ Marise Magdalenœ et 
ardUdiaeono de Vepria^ Virdtmensium ecclesiarum ejusdem sedis apostolicx 
protonotario, precario datus est : quem quidem restitm dedma mensis decem- 
bris 1503., anno primo sanctissimi D, N. D. Julii papx IL 6eh> x^P^^ * 

^tov. Joan. Colardi. » 

9. (8408). — Tbeodori Mopsuesteni commentarius in duodecim prophetas. 

« 8eo$capou AvTvoxiwç ipjitjvtCa tlç toOç icpocpi^faç. » — ÔoYjé (1), — 
(34^) , — ÀjMiç (46), — Ôp8ioO (71'»), — Iwvfiç (76^), — MtxocCac 



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m MÉLANGES GRAUX. - 

(86^^), — Naoûj/L (108), — À|i.paxoûit (420), — SoçotCoç (ISO'*), - Ay- 
Y*toç (141), — ZaxfltpCfltç (150^*»), MaXaxCa< (194). — A la fin: 

[ÀvTc&vioç 6 Zcvtxà^ Kuirpia)^.] 

xvin* siècle, pap., 2i 7 feuillets, 225 sur ilO millimètres, rel. veaa. — 
Ancien 298, c 



10. (8409).— EvANGELiA quatuor, eum Eusebii canonibus, pnefetionibas ol 
capitulis. 

Fol. 2 : « Kàvovcc Tf5ç tûv tOayY*^^^*^^ ffuji.^vC»ç. » — Fol 8'*: « EOiy- 
yAiov xottà MatOotiov. m — Fol. 64 : « xotTà Mapx<Sv. » — Fol. 98: « xatà 
Aouxav. » — Fol. 157 : « xaxà iwAwïjv. » 

xu« siècle, parch., 199 feuillets, 210 sur 460 millimètres, rel. veau. Pein- 
tures. — Au fol. 2 : « Oratorii Sammagloriani, ex dono palris de Bersiau, 
0. D, J., 4661. » (A. 48.) 

11. (8440). — ACTA ET KPISTOUB AP08T0L0RUM. 

Fol. 4 ; « IlpdÇeic tôv àyCcov xal icaveu^Cpicav àico^Awv. » — Fol. 34 : 
« Êiri<JTo>.i?i ToG ày^ou àico<rc<5Xou taxcj^ou. » — Fol 59 et 65 : É'jciTro>.«v"fou 
àyCou xal xopuçotCou àico<rc<SXou Il^Tpou. » — Fol. 68^0, 74^<> et 75: c Êirwro- 
\ckX toO à^Loit ididwou toG ©coXdyou. » — Fol. 76 : ÉirwTO^i?i toOSa àScXçoO 
iaxw^ou. )) — Fol. 77'o : IlaOXou àwo<xT<5Xou èirierroXal i^'. » — A la fin de 
la plupart des Épitres se trouve Tindication du nombre des sHquet ou 
versets : 

laxa>6ou gtCj^oi «Jtp'. 

riaOXou icpôç Ptù\Laio\)^ ^iyo\ tx'. 

— irpd; KoptvOCouç a' — 0)6'. 

— icpôç KopivôCou; P' — cpt^'. 

— icpôç rQi>.dTac — «t^/' 

— icpôç ÊçeaCouç — Ttf'. 

— lïpô; 4>i).t?:TCti«{ouç ^ — OT)'. 

— -ïcpôç Ko).a9ateiç — &f^\ 

— icpôç 8t<jaXovixeîç a' — pt^y'. 

— lïpd; 8coa).ovixeic — pç'. 

— -repô^ Ti{t^6tov a! — (sX, 

— irpô^ Ti|i<5etov — po^'. 

— icpô; TCtov — l^C. 

. — Tcpp< ÉPpàiouç — — .4^^'.. ^ 



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OMONT. — MANUSCRITS GRECS DE PARIS. 315 

A la saîle de cette note des stiquei quelques épltreâ^ présentent encore 
des indications complémentaires : 

« naTÎ>.ou icpdc KopivOCouc a'..., à^aywdnjtiç t\ ntxf^éikdKSL 6', {lapTvpCat 
lî'. — «pô; Kopiv8(ouc P'.-., àvayvwwtç 8', x«çd>.ata t', jtaptupCai ta'. — 

dh^otyvca^i^ p', xeçdXawt t'. » 

XII* siècle, parch., 189 feuillets, 216 sur 155 millimètres, rel. veau. — 
Au fol. 4 : « Oratorii Sanumgloriani, ex dono A. P. de Berziau, P. 0. D. J. » 
(A, 19.) 

13. (S411), — IlAOTTAPXor ic(xpd>.lY)>.a Iv pCotç ÉOi^t^vwv Tt xal *Pa>ji.aC«v ji.6'. 
— (A la /lit) : Venetiis, in œdibus Aldi et Andreœ soceri, 1519, » in-fol. rel. 
Teau br. est. 

Exemplaire arec notes manuscrites de Jacques Amyot. On lit sur le 
premier folio de garde : « Plutarque de messîre Jacques Amyot, vivant 
evesque d'Auxerre, grand aumosnier de France. — Rapporté de Melun, 
le samedi xnn* jour de novembre 1 609, par mon nepven M" Pierre Regnault, 
procureur du Roy au siège presidial dudit Melun. » — « Oratorii Parisien- 
$is T. 14. » 

18. (8412). — « HoMEHi Ilias, (I-Vn, 37),... cura Ob. Gipbanii J. C. — Argen- 
torati, excud. Theodosius Rihelius. » — (S. d.), in-8«, rel. parchemin. 

Exemplaire avec notes manuscrites. . 

14. (8413). — « Éx TÛv -^tcoYpa^ixûv ptp>.(6)v icspl tûv tîJ; olxou[Ai- 
vTjç o^(«^TCi>v 2m$iopO(i>Oèv iiapà FEapnor rEMizror toî3 n>.i^Oa>vo^. » — 
Copié par Ange Vergèce. 

XVI* siècle, pap., 26 feuillets, 154 sur 106 millimètres, parch. Pein- 
tures. — « Bibliotecœ Augtutinianorum minoris œnverUus reginas Margaritœ 
VaksisB, in Suburbio San-Germani de Pratis. » — « Ex dono Domini Augentii^ 
professoris regU, » 

15. (8414). — Hymni in honorem beatœ Mariœ. 

« îjtvo^ dbci8tTro( rfi; ôictpayCaç Ototéxou l^^wv olxouc xax' à>.cpdpY)- 
TOV x8'. 

"Ayy^^oç icpwTocrdTrj; oôpâiv66ev Ù 'rcavO|i.VTjT« jiYjTep... poôvra;. 

À]ûiv)lot>ïa. » Copié par Georges Hermonyme. 

xv« siècle, parch., 49 feuillets, 176 sur 122 millimètres, veau est. — 
« Ex Ubris Oratorii Sammaglorianif ex dono domini de La Poterye, » 

16. (234). — Sancti Basiui magni epistolœ XXIII-CCCLX. 

hic^: {Ep. 23 = 203, edBenedy 1730, p. 301, c) «..-.<m)pC2;ouai xal ot 



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aie 



MÉLANGES GRAUX. 



d<pOa\{ioC. . . » — Desinit : « TÇ'. rpt^yopCou Nù«<rri<; àSe^foû Ba<n\cCou ictpl twv 
àm<$vT(i>v elç itpo96Xu(ia. ÉiceiSi^irep i^pcarv^aa^.... miyxpC^i Yvûvai... » 

XI* siècle, parch., 276 feaillets, 228 sur ili millimètres, rel. parch. ^ 
« Joan. SambueiPannonii Tima.f emptus Lutetix, 7, d, 1561. », plus bas: 
« Collegii societatis Jesu, Antverpm, 1599. » 



1. (1). — « HoROLOGiUM arabico-grcBcum ad usum Ghristianoram Annenonim.» 

xv* siècle, bombyc, 231 feuillets, 152 sur 105 millimètres, rel. orient. 

— « Ex bibliotheca qmm... S. Genovefm Paris, testamento legavit Car. JfoM- 
pt. Letellier archiep. Rememis. » 

2. (2). — « Kovi Testamenti libri omnes. — E theatro Sbeldoniano, 1675, » 
in-8*, rel. veau et cart. (2 vol., p. 1-396 et 397-642). 

Exemplaire interfolié, avec notes mss. {Sans indicatiùn de praoenana.) 

3. (2 bis). — « HiEROCus de providentia. » 

2. Fol. 27 : ce Maximi Ttrh oratio quid Deus sit ex Platonis sententia, — 
an Uceat eum ulcisci qui nobis injuriam intulerit? (fol. 34), — quo discri- 
mine adulator ab amico separetur (fol. 38^®). » 

3. Fol. 43 : « Origenis de iibero arbitrio, — qnœ bona, qnœ rursus mala 
sunt (fol. 64), — de fato (fol. 72), — quando et quibus quœ sumuntnr 
ex pbilosophia disciplinas utiles sunt ad enarrationem divinœ scriptnr» 
(fol. 91''), — quod volentibus in errorem non impelli in veritate perd- 
pienda et scriptura intelligenda necesse sit scire disciplinas rationales 
(fol. 94**), — ad pbilosopbos gentilium simplicem scriptorse sermonem 
exagitantes (fol. 96), — ad eos qui dicunt non propter bomines sed pro- 
pter animalia ratione carentia universum mundum et bomines procreatos 
esse (fol. 109'*). » (Philocaliœ, ed. Paris. 1619, cap. 25, 20, 22, 13-15 et 19.) 

4. Fol. 131^<» : « Nemesu de libero arbitrio, — quœ sint in nostra pote- 
state (fol. 133^<>), — quamobrem cum libero arbitrio creati simus (fol. 136^, 

— de voluntario et involuntario (fol. 139^*>), — de invito (fol. 140), —de 
invito per ignorantiam (fol. 141^^^), — de voluntario per ignoranUam et 
vim (fol. 143), — de electione (fol. 144*«), — quibus de rébus consultemas 
(fol. 146*»), — de providentia (fol. 149), — quibus in rébus sit providentia 
(fol. 154), — de fato quod in astris est (fol. 163'o), — de iis qui dicunt 
electionem eorum quse agimus in nobis eàse, eventum autem refferunt ad 
fatum (fol. 166^<»), — quomodo Plato fatum dicat (foU 167^).» {Ed. Oxon., 
1671, cap. 39-41, 29-34, 42, 44, 35 et 38.) — Copié par ConsUntin Palœo- 
cappa, pour le cardinal Cbarlesde Lorraine (1555-1574). 

XVI» siècle, pap., V-170 feuillets, 420 sur 280 millimètres, rel. veau. 
Peintures. — « £x libris S. GenovefsB Parisiensis, 1753. » 



BIBLIOTHÈQUE DE SAINTE-GENEVIÈVE 




OMONT. — MANUSCRITS GRECS DE PARIS. 



317 



4. (7). — PoLTBii MegalQpolitani excerpta librorum VII-XIX. — Fol. 142 : a Iltpl 
Myiliaç y> (lib. X). 

XVI* siècle, pap., 142 feuillels, 320 sur 205 millimètres, rel. parch. — 
« Ex bibUotkeea S. Genovefae Parisiensis, 1674. » 

5. (34). — EvANGELiA quatuor. — FoL 230. « ÉxXoY<iSe< fwv 8'eOaYY«^i<rrûv.» 

— A la fin souscription de 5 lignes à Fencre ronge, en grande partie 
effacées, on lit à la dernière ligne : 

« ÉtcXcuoSy) flcapôv TtTpa8uaYY^7.iov jiyjvI oeiCTe(i.^p(cj), tv ftit ^Ç^'tjP', 
IvSixTvÛvoc if'. » (6792, = de J.-C. 1283, sept.) 

xin* siècle, parch., 241 feuillets, 200 sur 150 millimètres, d.rel. Peintures. 

— m Ex Ubris S. GenovefiB FarisiensU, 1753. » 

6» (35). — EpisTOLiE apostolorum. 

Fol. 1 : « IlaOXou toO àicocrdXou iictaroXatC. » — Fol. 110^®: « Éiciaro^i^i 
Tou àyiou àicoTcAou taxtipou. » — Fol. Ho'®: « ÉiriTcolal toO àyCou Ilé- 
Tpou. » — Fol. 124'® : « ioxiwou à'KO(r:6\o\j èitiTToXaC. » — Fol. 131^ : 

XTi« siècle, parch., 132 feuillets, 178 sur 120 millimètres, rel. veau est. 
Peintures, aux armes : d*azur au chevron d'argent, à trois coq[uilles d*or. — 
« BibUoth. S. GencvefiaB Parisiensis. » 

7. (36). — EuaiPiDis Hecnba et Orestes, cum scholiis. 

Fol. : Vita Euripidis : « EOpMcCôti; uWç Mvifi<jTApYou ^ Mvirj<jap;^(5ou.. . » 

— Fol. 3^: « EU àYOL\\L(i Eôpiw(8ou. » — Fol. 4 : « Exi^Tj. » — Fol. SS'® : 
« ÔplTOïc- » — Fol- 122'®: « fità^taKç 4>oiv(<j<jwv. » 

Fin du xnr* siècle, bombyc, 123 feuillets (les feuillets 1, 6 et 7, 15 à 
19, et 52 ont été refaits sur papier), 210 sur 148 millimètres, rel. orient. 

— « ExHbris S. Genovefm Parisiensis, 1753. » 

8. (37). — Manceus Phile de animalium proprietate. « Tou (To^oiTatou Ma- 
wunfil ToO ^%\r^ orCj^ov ïa|i.p[ucol] irpô; tôv auToxpàTopa Mij^anf^X tôv Uakou^- 
Xoyov xEpl l^wwv l8i6TifjToç imrjvûv, ^ep<TaC(i>v ts [xa£] 2vO$p<i)v. » — Avec 
110 figures d*animaux admirablement peintes. — A la fin : « Ti\o(; <;6v 
etY» ,*9Ç<;' (*566) ÎTcu "AYyt>.o; [BtpYiîxtoc]. » 

xvi« siècle, pap., 1-63 feuiUets, 240 sur 160 millimèti^es, rel. veau est. 
Peintures. — Ex libris gravé avec la devise : MfSy^ àWà, icoTi, » puis « Ex 
Ubris S. QencvefiB Parisiensis, 1753. » 




318 



MÉLANGES GRAUX. 



MUSÉE DU LOUVRE 

S. DioNTSii Arbopagitjs opéra, cum scholiismarginalibas. FpL 3 : c DCvo^ 
TÎjç pcp^ou Tou àyCoM AtovuoCou toO AptoicaYtCtou. — Ilepl oOpotvCou Upap- 
YColç xeçdXotia u (foL 7). — Ilepl 6t(wv dvo|i4T<i>v x€<piXaia ly' (fol. So"). 

— Iltpl Ixx^.Yjotaotvxî'iç Upap^^Cotç JUtptAaia ^' (fol- 174). — Iltpl pffTixrj; 

Oeo^oyCa; xtçi^aia c' (fol. 203) Éiiwrro^al 8éxa ■ irpôç Tâtiov 8', — rpdç 

A(ap(S6eov a', — lîpd; Iwiratpov a', — iup6< IloXùxapirov a', — icpô; AT)|t6- 
çi>.ov a', — -ïcpdç TCtov a', — icpdç tôv 6c(i>>.oyov tb>àvvY)v xal eôaYY5).i«T/,v 
(foL 2i2). » 

FoL 237 : « t Td luapdv pip>.Cov àice^rà^Yj icapà tou û<Jnfj>.OTàT0u p*w<- 
7.é<i>{ xal aOtoxpdTopo; ^oijiaCcov xupoO Mavoinq^. tou na^aio^^^YOU eU '^o [jlo- 
vaam^piov ToO Ay^Q'^ AiovuaCou toO Iv IlapuoCii) tîjç 4>paYYt*ç Fa^^atCaç àico 
ttJ; Kcovotavcivouic^Xed)^, Si* ègioO MavouV^^. tou Xpuao).(k)pa icejKpOévro; icpi- 
o^ea)^ icapà tou slpYjjjiévou ^aviXéca^, Irti dicô xtCoccjc x(S9[j.ou lÇaxio)^iXu>ffîû 
twcaxo9io9T(5 xal 8exdT(j>, àità oapxcSccu^ 8à tou KupCou ^iXuxrrij) TSTpi- 
xo(iio<rr(s> dySdc^ (6916 = de J.-G. 1408). 

ô<rct< elpYjjjiévoç pa^iXtOç i^>.6e icp^Tcpov tlç tô Ilapâ^iov «p^ Itôv na- 
aàp(i>v. » 

XI* siècle, pareh., 237 feuillets, 272 sar 200 millimètres, rel. en ivoire 
et orfèvrerie. (Sauzay> Musée de la Benaissance. Notice des Ivoires, n* 53). 
Miniatures : (fol. i) représentant S. Denis TAréopagite debout, revêtu des 
habits pontificaux avec le pallium, bénissant et tenant un livre fermé ; — 
(fol. 2) autre miniature, reproduite dans Labarte, Hist. des arts industriels, 
1864, album, tome II, pl. 88, représentant Tempereur Manuel Paléologue 
(1391-1425), rimpératrice Hélène, et ses trob fils Jean Paléologue, empe- 
reur de 1425 à 1448, Théodore et Andronic (1). — « Ex thesauroregalismo- 
nasterii S. Dionysii in Francia, » Cems. est ainsi décrit dans 17nveniaire(/u 
trésor de Saint-Denys de 1739 : a LX. Un livre manuscrit grec, contenant 
' les œuvres attribuées à S. Denis TAréopagite et les commentaires de S. 
Maxime, la couverture d'argent ornée de petites figures d'ivoire et enrichie 
de pierres précieuses, lequel manuscrit, suivant une inscription étant eD 
fin, a été donné par Tempereur Manuel Paléologue et apporté de sa part à 
S. Denis en 1408 par Manuel Chrjsoloras, son ambassadeur en France. * 

— Dibl. nat., carton coté provisoirement 1271. 

(1) Ces deux miniatures se trouvent également reproduites dans le Giossairelê' 
tin de Ducange et accompagnent sa Dissertation sur les monnaies des empereurs de 
Constantinople. 



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OMONT, — MANUSCRITS GRECS DE PARIS. 319; 



INDEX ALP^ABÉTIQUE 
A. Arsenal, M. Mazarine, S.- G. Sainte-Geneviève, 



AcACius, hieromonachus tqû £t)viôXou, 
copiste dn ms. M. 5. 

Aj>miANX7S sophista , Declamationum 
fragmenta quatuor, M. 4. 

Aeschinbs, orationes, c. notis mss. A. 5. 

Abschinbs, Epistolse, M. 4. 

AuDLAMDBR Aphrodisieusis, de anima 
lib. II et de fatolib. I, c. notîs mss. , A. 4. 

Alpkabetum secundum veteres atticos 
et modernes grsecos, M. 1. 

Amasis, Aegypti rex, Epistola ad Poly- 
cratem (ex Hérodote), M. 3. 

Amtot (Jacques), Plutarchi vitœ paral- 
lèle, cum notîs mss., A. 12. 

Aji ACHAKSis, Epistolœ, M. 4. 

Amdocidbs, Orationes, c. notis mss. , A. 5. 

Amobuts BcpY^to;, copiste des mss. 

M. 2; A. 14 ;S.'G. 8. 

Ahoictxus, Epilogtts in Aristotelis lib. 
de anima, M. 7. 

— Prolegomena rhetoricœ et quo- 
modo dignoscemus partitiones, M. 8. 

Ahtipbom, Orationes, c. notis mss. A. 5. 
AKToinvs Seneca, copiste du ms. A. 9. 
Apbtbokits, Progymnasmata, M. 8. 
Apollo, Testimonia de Christo, A. 8. 
Apoixoxtus Tyanensis, Epistolœ, M. 4. 
AporroLius (Mich.), Proverbia, M. 12. 
AusToioDfE (De Cleonne et), M. 4. 
AjusTOTifuis, de anima 1. III, de mundo, 

— de Tirtutibtts et yitiis, definitio virtu- 
tum et TÏtiorum, — Anonymi epilogus 
in Aristotelis lib. de anima, M. 7. 

Athakasius (S.), Expositio symboli et 
fidei, M. 18. 

Athxhaooras, Legatio pro Christianis, 

M. 14. 

BAKTHOLOMjnjs CoMPARiNUS, de Prato, 

copiste du ms. M. 12. 

Basiuits (S.), Epistol», A. 16. 

(Angélus), copiste des mss., 
M. 2; A. 14; S. G. 8. 
BibUa : Oenesis-Paralipomenon II, A, 1 ; 

Psalterinm, c. canticis gr.-latinis, A. 8; 

N. Test., cum notis mss., S.-G. 2; 

Erangeli* A. 10 et S.-G. 5; 

Actas et eptst. apostolorum, S.-G. 6. 
Barro», Epistobe, M. 4. 



Brtennius (Joseph), Opuscula, M. 18. 
Cantica (voyez : Biblia, Psalterium), A. 8. 
Calunicus, In patria Romœ, M. 4, 
Cassia, Prœoepta moralia, M. 8. 

Chion, Epistolœ, M. 4. 

Ch&tsoloras (Manuel). Ms. du Louvre» 
Chrysostomus (S. Joannes), Liturgia 

lat.-gr., M. 6 — Cf. M. 5. 

Cleomedes, Circularis doctrinœ de subli- 

mibus Ub. II, M. 7. 

Cleonne (De Aristomene et), M. 4. 
CoMPARiNus (Barthol.), cop. dums. M. 12. 

CONSTANTINUS PALiBOCAPPA, COpistS dU 

ms. S.-G. 3. 

Crates, Epistolœ, M. 4. 

Ctrillus Alex. (S.), V-Georoius Pisides,^ 
Opus sex dierum, M. 2. 

DiNARCHUS, Orationes, c. notis mss. A. 5. 

Dio Chrtsostomus, Epistolœ, M. 4. 

DioDORus SicuLUS, de Cleonne et Ari- 
stomene, M. 4. 

DiooENBS, Epist., M. 4;— Responsa, M.8. 

DiooENiANUs, Proverbia, M. 8. 

DioNTSiL's Antiochenus, Epistolœ, M. 4. 

DiONTSius Areopagita, Opéra, Louvre; 
Missa in oct. S.Dionys. Areop.,M. 16. 

DiopHANTUS, Arithmeticorum libri VI 
et de numeris polygonis lib. I, A. 7. 

DioscoRiDEs, Alexipharmaca et The- 
riaca, M. 12. 

*E>Xi}v(xà. Grœcanica, M. 17. 

Epictetus, Manuale, M. 10; — Voyez : 
SiMPLicius, M. 10 et 11. 

EpùioUe^ et evangelia pro festis, M. 1 . 

Epistolarum (CoUectio), M. 4. 

EucLiDES, Elementorum libri XV, cum 
notis mss., A. 6. 

EuoENicus (Marcus), Opuscula, M. 18. 

EuRiPiDES, Epist., M. 4 ; — Hecuba, Ore- 
stes et argum. Phœnissarum, S.-G. 7. 

EusBBius, Canones evangeliorum, A. 10. 

Evangelia (Epistolœ et) pro festis, M. 1. 

GEMisTU8(Georg.) ,0rbi8 descriptio, A. 1 4 . 

Gbnnaoius, Opuscula, M. 18. 

Georo. Gbmistus, Orbis descriptio, A. 14. 

Georoius Hermonymus Spartanus, co- 
piste des mss. A. 15 ; M. 1, 6 et 7. 

Georoius PisiDEs, Opus sex dierum, M. 2. 



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320 



MÉLANGES GRAUX. 



Oboroius SchoUriua.— Voy. Oinnadics, 

M. 18. 

Grsecanica^ •EXXtjvtxi. M. 17. 

Greoorius ('yprius. Liber adversua 

Beccum patriarcham C P., M. 18. 
Grboorius Nazianzenus (S.), Opéra 

omnia, cum notis mss., A. 2. 

Orboorius Ny8seDU8(S.), Epistolœ,A.16. 
Grboorii Palam^ (Eclog»), M. 18. 
Hbnaut (Carolus de), Bibliotheea attica 

et PlatooU florilegium, M. 20. 

Hbracutus, Epistolse, M. 4. 

Hermoobnbs, Ars rhetorica, etc., M. 8. 
HeRmonymus Spartanu8(Georgiu«), cop. 

des mst. A. 15 ; M. 1, 6 et 7. 

Hbrodotus, Epistol» Amasidis, Aegypti 



régis, 



M. 3. 



Herodbs, Orationes, c. AOtis mss., A. 5. 
Hesiodus, Testimonia de Christo, A. 8. 
HiBROCLBS, de Providentia, S.-G. 3. 
HiPPOCRATBS, Epistolœ, M. 4. 

HoMBRUS, Iliad., I-VII,c.noGsmss. A.13. 
Horologium arabico-grœcum, S.-G. 1. 
Hymni in honorem B. Virginis, A. 15. 
JoANNES Chrysostomus (S.), Lîturgia 
lat.-gr., M. 6.-Cf. M. 5. 

JoANNES Philoponus, CommentaHus in 
1. III Aristot.de anima,c.notis mss. A.4. 
Joseph Bryennius, Opuscula, M. 18. 
ISiBUs, Orationes, cum notis mss., A. 5. 
IsocRATES, Oratio advers. sophistas, M.8. 
LiBANius, Epistola ad Anatolium, M. 9. 
Liturgia. — Voyet : EpisloUe et Evan- 
gelia; Horologium; Hymni; Joannes 
Chrysost. (S.); Missa; Psalierium, 
Lycurous, Orationes, c. notis mss. A. 5. 
Lysias, Orationes, cum notis mss., A. 5. 
Lysis, Epistola ad Hipparchum, M. 3 et 4. 
Manuel Chrysoloras, ms. du L'ouvre, 
Marcus Euoenicus, Opuscula, M. 18. 
Manuel Philb (^oy. Phile), S.-G. 8. 
Maximus Tyrius, Opuscula, S.-G. 3. 
Meussa, Epistola, M. 4. 

Mbrcurius Trismeoistus, Testimonia 
de Christo, A. 8. 

Metrodorus, Epigramma, M. 8. 

MicHAEL Apostolius (voy. Apostolius), 

M. 12. 

Miniatures et Peintures : A. 10, 11, 14; 

— M. 5, 6; — S.-G. 5, 6, 8. 
Missa in octava S. Dionys. Areop., M. 16. 
Missale e liturgia S. Jo. Chrysost., M. 5. 
MoYsis (Vita).— V. Philo Judœu8,M. 15. 
MusoNius, Epistola ad Pancratidem,M. 4. 
Myia, Epistola, M. 4. 

Nbctarius Hierosolymit. (S.), Respon- 



sio ad objectiones Pétri de principttn 
Pap», M. 19. 

Nembsius, Capita Yaria, S.-G. 3. 

ORioENBs,Philocali£ecapitaTaria,Sw-G.3. 

Orpheus, Testimonia de Christo, A. 8. 

Paljbocappa (Constantinus), copiste du 
ms. S.-G. 3. 

PALAMA(voy. Grboortos Palama), M.iS. 

PALiBOLoous (Manuel), ms. du Louvrt. 

Phalaris, Epistolœ, M. 4. 

Philb (Manuel), de animalium pro- 
prietate, S.-G. 8. 

Philo Judœus, Vita Moysis, M. 15; — 
Aut Plato Philonem sequitor aot 
Philo Platonem, M. 4. 

Philoponus (voy. Joannes Philop.), A. 4. 

PiNELU (G.-V.), Joannis Philoponi 
comment, in lib. III Aristotelis de 
anima, cum notis mss., A. 4. 

Plato, Omnia opéra, cum notis mw. 
A. 3; — Definitiones, M. 4; - Epi- 
stolœ, M. 4 ; — Aut Plato Philonem se- 
quitur aut Philo Platonem, M. 4; — 
Platonis florilegium Caroli de He- 
naut, M. 20. 

Plbtho (y. Gborgius Oemistus), a. 14. 

Plutarchus, Opuscula moralia, M. 9; 

— Vit» parallelœ, avec notes mss. 
de J. Amyot, A. l2. 

PoLYBius, ExcerptaUbb.VII-XlX,S.-0.4. 
PosiDipPUS, Epigramma, M. 8. 

Proclus, Commentarius in Euclidem, 

cum notis mss., A. 6. 

Procopius Cœsariensis, de bello Pcrti- 

co lib. n ; de b. Vandalico Ub. U, M.13. 
Pronuntiatione grseca (de), M. 1. 
Psalterium, c. Canticis, gr.-lat., A 8. 
Pyth AGORAS, Epist. ad Heronem, M. 4. 
Sedulius Scotus, copiste du ms. A. 8. 
Seneca (Antonius), copiste du ms. A. 9. 
SiBYLLA, Testimonia de Christo, A. 8. 
SiMPLicius, Commentarius in Epicteti 

manuale, M. 10 et il. 

Stichométrie du N. Testament, A. U. 
Synbsius, Opuscula et Epistolse, M. 3. 
Theano, Epistolœ, M. 4. 

Themistius, Opéra, c. notis, mss., A. 4; 

— Paraphrasis librorum Aristolelit 
de anima, M» ^' 

Theodorus Mopsuestenus, Commenta- 
rius in XII. prbphetas, A. 9. 

Theophanes, quod anima non ab hu- 
mano semine, sed a Deo, 18* 

Thbophrastus, Characteres, M. 8. 

Vbrobcius (voy. B(pYT|ittÇ(), A. 14; M. 2 î 
• S.-0.8. 



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RECHERCHES 



SUR UN MANUSCRIT CÉLÈBRE 



DE SIDOINE APOLLINAIRE 



Le savant Achille Slatius possédait à la ûn du xvi* siècle un manu- 
scrit très important de Sidoine Apollinaire, dont Texistence nous 
est attestée par des témoignages imprimés et manuscrits. 

Savaron semble être le premier qui en ait tiré profit; il a eu pour 
son édition de 1599, sinon le manuscrit lui-même, du moins une liste 
des variantes (i) principales. 

La Bibliothèque de TArsenal, à Paris, possède une édition de Si- 
doine (Basle, 1542), dont les marges sont recouvertes de variantes pré- 
cédées d'une précieuse indication que Ton regrette de ne pas trouver 
plus souvent dans ces sortes d'annotations : « Andréas Schottus con- 
toli cum ms. Jo. Amaritonis et Cl. Puteani I. G. Parisiis anno 
OD. I3.LXXVI11... Descripserat Romae doctissimus Puteanus, a. 
1571, varias lectiones ex ms. Achillis Statii, qui fucrat Latini La- 
tinii